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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 18:34

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Je vous retrouve après une plus longue absence qu’à l’accoutumée, mais il en sera désormais de même pour les articles à venir. En effet, mes activités et mes autres aspirations ne me permettant plus d’être aussi constant dans mes publications comme cela est le cas depuis dix longues années ininterrompues, je ne vous retrouverai donc plus systématiquement chaque mois et me dirigerai plutôt vers des publications bimestrielles voire même, au gré de mes possibilités ou encore au fil des opportunités qui se présenteront à moi. Je vous remercie d’ores et déjà pour votre compréhension et pour votre fidélité. Aujourd’hui, je reviens vers vous avec article relatif à la .224 Valkyrie (calibre .224). C’est est une excellente cartouche à longue portée et au léger recul tant pour les tireurs TLD que pour les chasseurs.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

C’est bien connu, année après année, les fabricants de munitions tentent constamment de sortir des nouvelles cartouches avec l’objectif qu’elles soient les plus révolutionnaires et les plus performantes du marché. Quid novi ? Et bien, une des petites dernières qui est sortie est la .224 Valkyrie. L'histoire de cette .224 est enracinée dans le tir de compétition TLD. En effet, alors qu’avant sa sortie, les cartouches comme la .308 Winchester, la 6.5 Creedmoor ou encore d’autres issues des « Wildcat cartridges » dominaient la compétition à longue distance, et bien que ces cartouches étaient fort utiles, il y avait néanmoins une demande croissante pour obtenir une cartouche pouvant être tirée à partir d’une petite plate-forme de type AR-15, légère, à faible recul, et qui pouvait encore rester précise et efficace à 1000 mètres, voire plus.

 

Pour répondre à ce besoin, Federal Ammunition, l'une des sociétés de munitions des plus prospères au monde, a mené des recherches à partir de sa cartouche 6.5 SPC pour se diriger vers un tout nouveau design en amincissant le cou pour qu'il contienne une balle plus petite. Cependant, dès le début, ils ont entrepris la construction d’une cartouche capable également d'utiliser des balles plus longues, plus lourdes et plus aérodynamiques.

 

L'idée originale était de se rapprocher des vitesses de la .22-250 avec une cartouche qui fonctionne dans un « AR » léger ou dans un fusil de sport moderne (MSR) en utilisant des balles de chasse et qu’elle pousse également des balles plus lourdes (80 à 90 grains) à 2700 ou 2800 fps à destination des tireurs de précision et de compétition.

 

La .224 Valkyrie utilise le même diamètre de balle que la 5,56 × 45 mm OTAN avec un boîtier plus grand et rétréci à du 6,8 SPC, permettant d’y loger des balles plus lourdes et qui partent à une vitesse initiale plus élevée. Et tandis que les cartouches à action longue nécessitent généralement une plateforme de type AR-10, avec un verrou de 6,8 SPC et un canon de .224, la .224 Valkyrie quant à elle, est compatible avec l'AR-15 qui est plus compacte.

 

 

 

 

Finalement, c’est en 2018 que les ingénieurs balisticiens de chez Federal ont sorti leur nouvelle cartouche officiellement dénommée la .224 Valkyrie et que celle-ci a été présentée en janvier 2018, lors du SHOT Show à Las Vegas. La .224 Valkyrie a connu un succès immédiat et depuis lors, elle n'a fait que gagner en popularité dans le monde entier. Beaucoup de tireurs TLD commencent d’ailleurs à la préférer à la 6.5 Creedmorr.

 

Ceci dit, comme nous l'avons noté en début d’article, certaines cartouches encore utilisées aujourd'hui ont parfois plus d'un siècle d'histoire derrière elles. Mais la .224 Valkyrie qui est sortie en 2017-2018 en a très peu. Pour cette raison, et singulièrement en Europe, les amateurs de tir sur cible et/ou certains chasseurs hésitent encore à l’adopter. Au lieu de cela, ils attendent plutôt de voir si elle va vraiment gagner en popularité car si ça ne devait pas être le cas, ils craignent de se retrouver coincés avec un fusil pour lequel les munitions resteraient rares et chères. Mais il semble qu'avec une telle précision et sa puissance sur de longues distances, elle est quand même normalement appelée à se vulgariser davantage. Bien évidemment, la pandémie due au Sars-CoV-2 et les fermetures à répétition de nos stands qui en découlent ne devraient pas contribuer à son développement à très court terme !

 

Enfin, pour la petite histoire, les Valkyries étaient des jeunes filles de la mythologie nordique qui servaient le dieu Odin qui régnait sur le royaume d'Asgard. Odin envoya des Valkyries sur les champs de bataille pour choisir la moitié des tués qui étaient dignes d'aller dans la vie après la mort dans un magnifique palais à Asgard appelé Valhalla (« salle des tués »). Les morts de Valhalla étaient considérés comme des héros et faisaient l’objet de somptueuses fêtes par les Valkyries. « Valkyrie » signifie donc : « sélectionneuses des tués », nous pouvons donc supposer que la connotation à peine voilée du terme employé est que la cartouche .224 Valkyrie était vouée à aller sur un  champ de bataille, et de… « choisir les morts » avec sa précision et puissance à longue portée ?! Pour terminer l’anecdote, on signalera quand même que l’armée américaine s’y est fortement intéressée.

 

 

 

 

La cartouche

 

 

 

Depuis octobre 2017, c’est l’enthousiasme général autour de ce nouveau calibre fourni par Federal et dont la balle de 90 grains reste supersonique à plus de 1300 m !  Il occasionne moins de recul que le 6,5 Creedmoor, lequel porte c’est vrai, de plus grosses balles (130-140 grains) avec la même trajectoire et la même tenue au vent, mais avec des munitions bien moins chères, et le tout sur les bases mécaniques d’un AR-15.

L'idée d'un .224 rapide (.223 ou 5,56 mm) n'est pas nouvelle, elle existe depuis des décennies et la Valkyrie se situe d’ailleurs entre la .223, la .22-250 très rapide, et la .22 Nosler, qui sont deux versions différentes du même concept. Lors de sa mise sur le marché, la cartouche .224 Valkyrie était connue sous un autre nom :  la 30 Remington / 6.8 SPC. Cela signifie qu'il s'agit d'un 6.8 SPC qui a été légèrement réduit et qui contient une balle de calibre .22. La .224 Valkyrie a exactement le même diamètre que les .223 / 5,56.  

Cela a donc conduit à une balle très similaire à la .223 Remington, mais avec un boîtier plus court, légèrement plus large et une balle plus longue et surtout avec une vitesse beaucoup plus grande et un coefficient balistique plus élevé. En fait, il s'agit du boîtier parent de la .30 Remington / 6.8 SPC réduit à un calibre .224 et d’ailleurs, les magasins du 6.8 SPC existants fonctionnent avec la Valkyrie dans un AR-15.

Idéalement couplée avec un canon de 21 pouces au pas de rayures de 1:7 pouces, la .224 Valkyrie utilise la même quantité de propulseur que la 6,5 SPC mais l'utilise pour lancer une balle plus légère. Le résultat est une ogive au vol long et rapide qui peut, avec une précision relative et une énergie soutenue, frapper une cible à 1000 mètres ou plus. La balle possède un coefficient balistique (BC) élevé et alors qu’elle a été conçue pour offrir une précision à longue portée, avec une gamme de cartouches de qualité match avec des jaquettes plus épaisses, des amorces sensibles et/ou des balles Sierra, elle est vraiment une option très attrayante pour la pratique du TLD.

Les munitions d'usine .224 Valkyrie de Federal sont chargées avec la Sierra MatchKing 90 grains dont le BC en G1 est de .563, ce qui est légèrement supérieur à celui de la balle ELD Match 6,5 mm 130 grains d'Hornady qui est utilisée dans le 6.5 Creedmoor. La nouvelle balle ELD Match à 88 grains d'Hornady a un BC de 0,545 et est chargée dans les munitions .224 Valkyrie de la société.

Federal proposait à l’origine quatre chargements : la .224 Valkyrie 90 grains, Gold Medal Sierra MatchKing, 60 grains, Nosler Ballistic Tip Varmint, 90 grains, Fusion MSR et la American Eagle TMJ75 grains.

Elles sont plus chères que les autres cartouches .224, mais de nos jours, les performances de ces munitions sont encore à peu près inégalées.

 

 

La cartouche et ses caractéristiques intrinsèques

 

 

 

Le boîtier de la .224 Valkyrie est basé sur le 6,8 SPC Remington, réduit au calibre .22. Le diamètre du corps de la .224 Valkyrie est le même que celui du 6,8 SPC, donc des chargeurs 6,8 SPC sont nécessaires pour la Valkyrie. L'épaule de la Valkyrie est quelque peu repoussée pour donner aux balles beaucoup « d'espace ogive » pour savoir recevoir de longs projectiles. L'une des vertus de la Valkyrie est que la longueur totale maximale de la cartouche (COL) est de 2,26 pouces afin qu'elle puisse rentrer dans un chargeur « AR ».

SAAMI l'a répertorié avec une pression moyenne maximale (MAP) de 55.000 psi sur sa fiche technique, et après tests, pour les vitesses initiales suivantes :

•          60 gr à 3300 ips

•          75 gr à 3000 images par seconde

•          90 gr à 2700 ips

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

 

Dimensions de la .224 Valkyrie :

•          Diamètre de la balle: .2245 pouces

•          Diamètre de la jante: 0,422 pouces

•          Longueur du boîtier: 1,6 pouces

•          Longueur totale: 2,26 pouces

•          Taille de balle: de 60 à 90 grains

 

Spécifications de la cartouche .224 Valkyrie :

•          Cartouche parent : 6,8 SPC

•          Capacité en eau : 31,2 grains remplis à la bouche de la douille

•          Amorce : small rifle

•          Limite de pression : 55,000 PSI

•          Taux de rayures : 1: 7

 

 

Ses caractéristiques résumées :

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

De G à D, une.223 Remington, la. 22 Nosler et la .224 Valkyrie

 

 

Ici, une boîte de Federal Premium Gold Medal 90 gr Sierra MatchKing HP

 

 

 

 

Ici, une boîte de Hornady Noire 75gr BTHP

 

 

 

Ici, une boîte Hornady ELD Match 88 gr avec une pointe en polymère

 

 

 

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

De nombreux chasseurs européens ne savent probablement pas grand-chose de la .224 Valkyrie et ceci est parfaitement compréhensible puisque finalement, elle n’est apparue qu’en 2018 aux USA et ce, environ un an après que Nosler n’ait sorti sa .22 Nosler. Cette dernière fera probablement l’objet d’un article du blog à paraître dans les mois qui viennent.

Le calibre .224 Valkyrie est conçu pour le tir à longue distance tout comme pour la chasse à longue distance. En effet, qu'il s'agisse de cibles en acier, en papier, ou encore pour la chasse au varmint ou encore pour un plus gros gibier de taille petite à moyenne, il est polyvalent. Il a été développé pour imiter la balistique à longue portée du très populaire 6.5 Creedmoor, mais dans un boîtier plus petit, avec la réduction correspondante du recul et des coûts de mise en œuvre inférieurs. Il s'intégrera confortablement dans les fusils AR-15, bien que la firme Federal souligne qu'il est également extrêmement efficace dans les carabines à action courte.

 

En plus de fabriquer des munitions adaptées au tir à longue distance, Federal a également choisi de fabriquer une gamme de munitions pour cette cartouche adaptée à la chasse au gros gibier et qui fonctionne toujours bien dans un fusil de sport moderne. Mais la plupart sont des carabines à verrou destinées à la chasse au varmint utilisant des balles de 55 grains ou des balles plus petites alors que peu utilisent des projectiles plus lourds (60 à 90 grains) comme la .224 Valkyrie.

Certaines charges offrent également une amélioration modeste des performances par rapport au .223 Remington pour la chasse aux prédateurs et au varmint.

Bien que l'utilisation d'une cartouche de calibre .22 pour chasser le gibier de la taille d'un cerf (en particulier avec des balles plus légères) soit encore un sujet quelque peu controversé, la charge de 90 grains est l'une des meilleures options sur le marché. La charge de 90 grains est acceptable pour les cerfs au-delà de 225 mètres. Cela étant dit, il n’est certainement pas recommandé de tirer un gros gibier à 500 mètres avec cette cartouche ! Néanmoins, et bien que le tir habile et expérimenté soit toujours requis, les chasseurs pourront avoir plus confiance en leurs tirs et viser un gibier qui se trouve plus éloigné d’eux.

En fait, des munitions plus grosses se déplaçant à des vitesses plus rapides vont inévitablement fournir plus d'énergie à l'impact. Ceci est crucial pour les chasseurs, mais aussi pour les agents des forces de l'ordre et les militaires qui comptent tous sur leurs munitions pour frapper rapidement et fort. La balistique terminale est donc un facteur important pour les chasseurs qui cherchent à neutraliser leurs proies en un seul coup de feu.

Cette cartouche devrait permettre des neutralisations rapides et éthiques du gibier dans la " normale " des distances de chasse (moins de 300 mètres). Au-delà, elle y sera certes encore ultra précise, mais avec un impact déjà « limite »  au plan de l’éthique: 841 Joules à 500 m et de 500 à 1000 m !

Mais ce qui est aussi différent en comparaison avec d’autres cartouches, c’est le niveau des fournitures car les sociétés de fabrication de munitions fournissent une gamme assez étendue pour la .224 Valkyrie. Alors que Federal a bien entendu lancé sa propre cartouche, Hornady, quant à elle, fabrique également une charge ELDM de 88 grains, et d'autres firmes s'alignent également. Les fabricants de carabines ont fait de même et notamment plusieurs fabricants d'AR tels que : Diamondback, Mossberg, CMMG, Radical Firearms, Stag Arms et Savage Arms (entre autres) produisent tous actuellement des fusils chambrés dans le calibre .224 Valkyrie. De plus, si vous possédez déjà un AR-15, vous pouvez simplement demander à votre armurier de le modifier au lieu d'acheter une toute nouvelle carabine, ce qui non seulement vous permettrait d'économiser de l'argent, mais vous permettrait aussi d'utiliser la plupart de votre équipement actuel.

Comme la .223 Remington, la .224 Valkyrie est également une très bonne cartouche varmint. Pour cette raison, Hornady propose la .224 Valkyrie dans le cadre de sa gamme de munitions Varmint Express. Chargée d'une balle V-Max de 60 grains à 3300 pieds par seconde, il s'agit d'une charge de chasse de varmint très précise et extrêmement plate à toutes les distances pratiques. Attention, ces balles à grande vitesse et à expansion rapide ne conviennent pas à la chasse au gros gibier, mais elles sont absolument dévastatrices pour les varmints et les prédateurs.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

La principale source de la renommée de la .224 Valkyrie est qu'elle reste supersonique (plus rapide que la vitesse du son) bien plus longtemps que toutes les autres cartouches à action courte. En fait, elle surpasse même plusieurs cartouches à action longue. Pour rappel, une balle qui se déplace plus vite va évidemment toucher sa cible beaucoup plus rapidement. Et donc, étant donné que la balle se déplace si rapidement dans les airs, il y a beaucoup moins de temps pendant lequel elle pourrait être affectée par des éléments extérieurs tels que des vents de travers et la gravité en général, et donc au final, elle sera plus précise.

Plus important encore, la cartouche a été spécialement conçue autour d'une balle Sierra MatchKing (SMK) 90 grains avec un BC élevé et à 2700 ips, ce qui était une performance absolument inouïe pour une cartouche de fusil de calibre .22 qui s'adapte à une plate-forme AR-15 … surtout à cette l'époque !

Comparées à d'autres cartouches couramment utilisées dans les fusils de style AR-15, ces longues et super-aérodynamiques Sierra MatchKing conservent exceptionnellement bien l'énergie, sont très résistantes à la dérive au vent et ont une trajectoire très plate à longue portée. En effet, Federal annonce que cette charge est supersonique au-delà de 1300 mètres et vante sa cartouche comme étant une excellente option pour engager des cibles à plus de 1000 mètres !

À 1000 mètres avec un zérotage fait à 100 mètres, la MatchKing 90 grains sortant de bouche à 2700 fps chutera de 392 pouces, déviera de 93 pouces dans un vent de travers de 10 mph, et vous permettra d’espérer réaliser des groupes de 10 pouces ! Mais attention, si vous voulez vraiment tirer avec votre .224 Valkyrie à 1200 mètres, vous devrez nécessairement opter pour un canon long (24 pouces, par exemple). Pour couronner le tout, la cartouche permet tout cela tout en ne générant que très peu de recul.

 

 

Sa balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

L'intérêt pour le tir de précision à longue portée a connu une croissance considérable au cours des dernières années. Dans le même temps, la popularité des fusils de style AR-15 a considérablement augmenté auprès des  tireurs sur cible ainsi d’ailleurs que chez les chasseurs à longue portée. Sans surprise, les grands fabricants de munitions et de fusils ont développé un certain nombre de nouveaux produits afin de satisfaire ce nouveau segment de marché souhaitant des capacités de précision à longue portée dans une plate-forme AR-15.

La douille de la .224 Valkyrie offre beaucoup de capacité et couplée à une arme dotée d’un pas de rayure du ultra-rapide de 1:7 pouces, elle permet effectivement de pousser de longues balles, plutôt lourdes à des vitesses qui restent supersoniques à 1300 mètres, voie même au-delà.

Bien entendu, vos performances dépendront fortement du produit spécifique tiré ainsi que du fusil que vous utiliserez. Cependant, lorsque vous regardez les statistiques balistiques de la .224 Valkyrie, vous constatez immédiatement que c'est une sacrée cartouche, rapide et énergique. Elle offre une trajectoire plate avec la plupart des munitions manufacturées et des fusils standards d’usine vendus partout dans le commerce. Ceci dit, si vous êtes un as du rechargement, vous pourrez encore augmenter sa précision.

Mais comme déjà dit, c'est la vitesse à longue distance pour laquelle elle maintient des vitesses supérieures à 1500 ips, qui distingue cette cartouche de la plupart de ses concurrentes. Cette vitesse qui se traduit par des trajectoires plus droites et plus d'énergie d'impact est due en grande partie à l'excellent coefficient balistique de la balle.

 

Jetons un petit coup d’œil sur ses performances balistiques :

 

 

 

 

Source : shooterscalculator

 

Ici, le drop comparatif de la .224 Valkyrie avec des cartouches concurrentes

 

Nous constatons au vu de ce graph que jusqu'à 125 yards, les drops de la 6.5 Grendel 123 gr SST, 5.56 NATO 56 gr GMX Superformance, la .224 Valkyrie 90 gr Fed Fusion SP et .300 Blakout 135 gr FTX restent pratiquement identiques. Ce qui est normal, vu cette faible distance, mais dès les 150 yd, ces balles vont commencer à suivre une trajectoire différente et singulièrement, la .300 Blackout qui va chuter drastiquement dès les 250 Yards. Par la suite, les trois autres auront un drop pratiquement similaire avec une quasi égalité entre la .224 Valkyrie et la 6.5 Grendel. Evidemment, ces balles ne sont pas tout à fait comparables puisque leur poids est différent.

 

 

Résultats au stand

 

 

 

 

La .224 Valkyrie affiche une vitesse supersonique encore au-delà de 1300 mètres ainsi qu'un recul d'environ 50% inférieur à celui d’un .308 Win. Offrant plusieurs charges à des fins multiples, Federal et Hornady ont toutes deux pris la relève avec la performance de leurs balles. La .224 Valkyrie est ainsi capable de produire une précision sous le MOA quand elle tirée dans un bon fusil comme par exemple, le CMMG Mk4 DTR2 (cliquer le lien pour voir la vidéo) et avec un canon de 24 pouces.

A titre d’exemple aux USA, la cartouche est devenue un choix très intéressant pour pratiquer le tir de compétition PRS (Precision Rifle Series). En effet, pendant les compétitions PRS, les tireurs doivent rapidement engager des cibles dans une gamme de distances et au-delà de 1000 mètres. La compétition est chronométrée, mais la performance ne se limite pas qu’à performer en tirant simplement de petits groupes de coups bien placés. La capacité de faire des tirs de suivi rapides et de corriger rapidement les ratés est également extrêmement importante, en particulier dans des conditions venteuses. Les tireurs ne peuvent pas non plus utiliser des balles plus grandes que des 0,308 ″ ou encore avec une vitesse supérieure à 3 200 pieds par seconde. Pour ces raisons, les cartouches à haute vitesse (jusqu'à un certain point), le tir plat, l'alésage moyen et les cartouches à recul doux avec une longue durée de vie du canon ont un gros avantage dans ces compétitions.

Cela dit, les cartouches comme le 6 mm Creedmoor, le Lapua 6x47 mm, le 6XC, le 6.5 Creedmoor et le 6.5 × 47 Lapua présentent tous des avantages substantiels par rapport à la 224 Valkyrie en termes de trajectoire et de résistance à la dérive du vent. Et il faut bien le dire, les munitions de .223 Remington, bien qu'extrêmement populaires, n'ont tout simplement jamais atteint ces distances avec grande précision et constance.

Bref, vous l’aurez compris, si vous tirez régulièrement à des distances d'environ 1000 mètres ou si vous prévoyez de le faire à l'avenir, considérez qu’un AR-15 au calibre .224 sera un excellent investissement pour obtenir une plus grande précision par rapport au calibre .223 et une plate-forme plus légère par rapport aux cartouches à action longue. En plus, je me dois de mentionner le fait qu’un .224 Valkyrie a également tendance à coûter moins cher que les cartouches comparables à action longue.

En revanche, si vous ne tirez jamais à plus de quelques centaines de mètres comme c’est le plus souvent le cas dans nos stands européens, vous pourriez probablement ne rien gagner (ou presque) à passer à la .224 Valkyrie et il serait alors peut-être préférable d’attendre un peu que les prix baissent tant pour les fusils que pour les munitions.

 

Voici un groupe de 5 tirs centré en un demi pouce avec une Nosler 70 gr à 100 yards

 

 

Quatre coups autour d’un seul trou de l’équivalence d’une brûlure de cigarette!

 

 

 

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

 

 

 

Federal a conçu la .224 Valkyrie pour qu’elle soit une cartouche au vol rapide et qui maintient sa vitesse et une trajectoire bien droite jusqu’à une distance de 1000 mètres. Bien que de nombreux tireurs ne tentent même jamais de tirer à cette distance, d'autres trouveront cette distance non seulement agréable, mais aussi très efficace d’utiliser ce type d’arme.

 

La .224 Valkyrie est une cartouche très bien conçue mais qui n’offre finalement que des avantages marginaux par rapport aux cartouches similaires comme la .223 Remington et la .22 Nosler. Car bien qu'elle offre des avantages indéniables dans certains domaines (comme le tir à très longue distance), les petits avantages qu'elle comporte par rapport à des calibres plus établis comme le .223 Remington ne sont probablement pas assez importants pour justifier ce changement pour la plupart des tireurs TLD ou des chasseurs. L'une des plus grandes forces de la .224 Valkyrie est sa capacité à utiliser efficacement des balles de 90 grains tout en fonctionnant de manière fiable dans une plate-forme AR.

 

Cela dit, si vous aimez la .308 Winchester et que pour une raison quelconque, vous n'avez pas sauté dans le train en marche du 6,5 alors, vous adorerez la .224 Valkyrie, ne serait-ce que parce que ses trajectoires sont similaires et que vous n'aurez pas à passer un temps fou à calculer vos paramètres de dérive au vent et qu’in fine, elle vous coûtera moins cher.

 

De même, quiconque ayant acheté un 6,5 mm Creedmoor au cours de ces cinq dernières années est un client privilégié pour passer à la .224 Valkyrie. Non, le calibre .224 Valkyrie n'est pas aussi bon que le 6,5 mm Creedmoor en termes de balistique externe, mais si vous voulez tirer à peu près aux mêmes distances à un coût nettement inférieur et avec moins de recul alors, vous adorerez probablement le .224 Valkyrie.

 

Grâce à son adoption dans les fusils de sport modernes (fusils de type « AR »), vous pouvez également le tirer à des allures rapides et si vous êtes comme moi, cela signifiera plus de plaisir au stand et de meilleures chances de succès dans une compétition.

 

Maintenant, si vous aimez le tir à longue distance et que vous souhaitez également utiliser cette cartouche pour pratiquer un peu de chasse sur le côté, alors la .224 Valkyrie aura tout de suite beaucoup plus de sens. D’autre part, si vous êtes le genre de personne qui souhaite tirer avec toutes les performances possibles et exploiter tout le champ d’utilisation d'un calibre donné, alors procurez-vous un .224 Valkyrie. C'est une petite cartouche fantastique et je suis sûr qu'elle vous ravira.

 

 

 

 

Voici une série de liens et de vidéos relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

 

http://bulletin.accurateshooter.com/2017/12/valkyrie-video-fest-new-224-valkyrie-unveiled/

https://www.federalpremium.com/224-valkyrie.html

https://www.thefirearmblog.com/blog/2017/10/06/ar-15s-creedmoor-224-valkyrie-vs-22-nosler-6-5-grendel-modern-intermediate-calibers-025/

https://www.tacretailer.com/gear/224-valkyrie-new-cartridge-long-run

https://sierrabullets.files.wordpress.com/2018/03/224-valkyrie1.pdf

https://www.americanfirearms.org/best-224-valkyrie-rifles/

http://bulletin.accurateshooter.com/2020/04/load-data-for-224-valkyrie-optimizing-the-cartridge/

https://www.hornady.com/ammunition/rifle/224-valkyrie-88-gr-eld-match#!/

https://www.ronspomeroutdoors.com/blog/ride-federal-224-valkyrie

https://www.bisonops.com/2018/04/13/224-valkyrie-ballistics/

 

 

 

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 18:11

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

L’article précédent était consacré au calibre 6,5 Grendel (calibre .264), et alors que certains d’entre vous m’ont écrit pour me remercier pour cette parution, d’autres m’ont également demandé s’il était possible de sortir un complément relatif à la comparaison de cette 6,5 avec d’autres cartouches concurrentes telles que la .308 Winchester, et/ou avec la .223 Remington, ou encore avec la 6.5 Creedmoor. Bel exercice, s’il en est ! J’ai néanmoins tenté de relever ce défi et voici le résultat via ce petit article.

J’attire votre attention sur le fait qu’il n’y aura pas de publication en janvier 2021 et vous souhaite, d’ores et déjà, de très bonnes fêtes de fin d’année malgré la morosité ambiante et l’année catastrophique que nous venons de vivre. Puisse l’année nouvelle nous permettre de revivre quasi normalement et de permettre également la réouverture de nos stands pour que nous puissions enfin reprendre nos entraînements !

 

 

 

 

 

Bonne lecture et mes meilleurs vœux à tous.

 

 

 

Nous avions vu qu’Alexander avait choisi le boîtier du 6 mm PPC comme modèle pour la conception de sa cartouche, mais rétréci afin d’accueillir des balles standards de 0,264 pouce de diamètre. Il avait été bien inspiré puisqu’il s'est finalement avéré être bien adapté à ses besoins. En effet, la plupart des dimensions du boîtier 6,5 mm Grendel restent similaires à celles du boîtier parent 6 mm PPC et la forme de base de la PPC a été conservée. La longueur totale de la cartouche est de 2,255 pouces et le diamètre de la balle est toujours de 0,264 pouce (6,5 mm). Selon son cahier des charges, la nouvelle cartouche devait fonctionner en toute sécurité avec un faible recul avec une action de type AR15 et être alimentée via un magasin destiné habituellement aux petites cartouches tout en faisant en sorte que la balle offre de la haute précision et spécifiquement avec des armes de type AR. Un autre impératif était qu’elle devait surpasser les performances de la cartouche native de 5,56 mm OTAN / .223 Remington.

Contraints par la dimension des chargeurs, les concepteurs de la Grendel ont décidé d'utiliser un boîtier plus court et de plus grand diamètre pour un obtenir un volume de poudre plus élevé tout en laissant de la place pour des balles longues, profilées et donc, à coefficient balistique élevé (BC). Selon le matériau de leur étui et de la balle, les cartouches 6.5 Grendel pèsent de 14,7 à 17,8 grammes (227 à 275 gr) devant nécessairement rester légères pour être utilisées au combat. Alexander avait suggéré une solution standard sous la forme de la Lapua HPBT Scenar 123 grains. Ce n’était pas un choix opéré au hasard puisque tirée avec un canon de 20 pouces, la balle poussait à 2600 fps avec un BC de .527, en conséquence de quoi, il n’était pas nécessaire de démarrer très vite pour être efficace au final. En effet et au surplus, avec une Scenar, une arme équipée d’une canon de 20 pouces génère suffisamment de vitesse pour rester supersonique à 1 200 mètres !

Notons également le diamètre du col de l’étui de la Grendel est le même que celui des .220 PPC russes en 7,62 × 39 mm et 6,5 mm. Ce diamètre est plus grand que celui de la 5,56 × 45 mm OTAN, ce qui nécessite l'utilisation d'une action AR-15 non standard. L'augmentation du diamètre du boîtier entraîne de facto une petite réduction de la capacité des magasins de taille standard M16 / AR-15. Un chargeur Grendel avec les mêmes dimensions qu'un chargeur STANAG de 30 coups contiendra 26 cartouches de munitions Grendel de 6,5 mm. Ses partisans affirment que finalement, la Grendel est une sorte de «  terrain d'entente » entre la 5,56 × 45 mm OTAN de et la 7,62 × 51 mm OTAN puisqu’elle conserve une plus grande énergie terminale à des distances plus étendues que l'une ou l'autre de ces cartouches en raison de son coefficient balistique plus élevé.

Une analyse rapide montre que le calibre 6.5 Grendel est effectivement un candidat légitime pour remplacer toute la famille de fusils M4 / M16A2, y compris les fusils SDM-R et SAM-R, la famille de fusils de tireurs d'élites désignés pour une escouade améliorée, et ceux de tireur d'élite désignés par le tireur d'élite M110.

On notera que, libéré des contraintes imposées avec cette plate-forme, une conception de cartouche de 6,5 mm plus polyvalente et efficace restait pourtant possible. Malheureusement, cette nouvelle cartouche n’était pas prévue à l’origine pour les fusils de match des tireurs sur cibles mais plutôt pour des armes militaires à plate-forme AR15, ce qui était forcément d'une utilité limitée pour les chasseurs et les tireurs de précision. C'est pourquoi une autre approche a été adoptée par A-Square et Remington qui a abouti sur le  6,5 mm-08 A-Square et  qui a été commercialisé sous le nom de .260 Remington. Puisque dès le départ, cette cartouche a été conçue en gardant à l'esprit qu’elle devrait être chambrée dans des fusils civils à action courte normale (longueur .308).

Néanmoins, pour la chasse, la 6.5 mm Grendel peut s’adresser à des animaux de la taille d'un cerf et ce, jusqu'à des distances de tir d’environ 300-400 mètres et donc, au-delà de la portée effective de toute munition de chasse en .223 Remington. Mais l'efficacité à la chasse a été rapidement éclipsée par la précision surprenante de la Grendel sur cible. En effet, d'excellents groupes peuvent être réalisés sous le MOA (à 100 mètres) et cela n’a évidemment pas échappé aux tireurs de précision de l’époque.

 

Comparaison des dimensions de la Grendel avec ses calibres concurrents

 

 

 

 

 

Ici, la Grendel et deux de ses calibres concurrents directs

 

 

 

 

 

Comparaison de la 6.5 Grendel avec la .308 Winchester

 

Comme le .30-06, le .308 Winchester et le 7.62x51mm NATO ont tiré une balle de .308 pouces.  Le 7,62x51 mm et le .308 Winchester ont tous deux atteint cette performance avec un étui beaucoup plus court (51 mm contre 63 mm) en raison des progrès de la technologie des poudres intervenus après le développement du .30-06. Bien que le .30-06 reste très populaire parmi les chasseurs de gros gibier, le .308 Winchester a également gagné en popularité au cours des décennies suivantes et est maintenant l'une des cartouches de fusil à percussion centrale des plus populaires et les plus couramment utilisées au monde.

 

La 6.5 Grendel à gauche et la .308 Winchester à droite

 

 

 

Alors que la plupart des chasseurs connaissent le .308 Winchester en tant que cartouche de chasse et de tir sportif, la 6.5 Grendel n'est pas aussi connue ni aussi largement utilisée en tir de précision. Cependant, alors que la plate-forme AR continue de gagner en popularité parmi les tireurs sportifs, les choses sont en train de changer, car de plus en plus de tireurs recherchent de bonnes cartouches à utiliser dans un fusil de sport moderne et ceci, notamment pour pratiquer le Mid-Range ou encore le TLD.

Pour ce qui concerne les chasseurs US, ils ont plusieurs choix à leur disposition pour les cartouches AR et parmi celles qui fonctionneront dans un AR-15, la 6.5 Grendel est sans doute l'une des plus utilisées. De même que la .308 Winchester est de loin la cartouche la plus populaire utilisée dans la plus grande plate-forme AR-10. Les deux cartouches ont de solides performances, mais chacune a également des forces et des faiblesses bien distinctes.

La 6.5 mm Grendel a trois grands avantages par rapport à la .308 : un poids plus léger, un recul plus faible et des munitions moins chères.

  • Un poids plus léger, ce qui signifie moins de fatigue au moment de tirer ;
  • Un recul plus faible, ce qui signifie plus d'attention au placement des coups ;
  •  Des munitions moins chères, ce qui signifie plus de pratique et un meilleur placement des coups.

Pour ce qui concerne le recul, le recul libre généré par une Grendel lançant une balle de 123 grains à 2350 fps à partir d'un fusil de sept livres n'est que de sept livres et demi. Comparez cela aux 17 pieds-livres produits par une .308 Winchester crachant une balle de 150 grains à 2800 fps et vous commencerez à réaliser le merveilleux avantage de la Grendel pour les tireurs qui ne peuvent pas tolérer un recul important.

Dans le même temps, même s'il utilise des balles plus légères, le calibre 6.5 Grendel a également un léger avantage sur le .308 en termes de densité de section de balle.

Voici la comparaison des drops tirée de Gundata.org pour une 123gr Hornady AMAX/SST et une 168gr Sierra Match King (SMK)

 

 

Le drop supérieur est celui de la .308 et celui du bas, la 6.5 Grendel

 

La différence n’est pas énorme.  La Grendel tombe d’environ 10 pouces de plus à 800 mètres. La .308 dérive d’environ 2 pouces de plus dans un vent de travers de 10 mph. À 800 mètres, la vitesse est identique, même si la balle de la .308 démarre 100 ips plus rapidement. C'est parce que la balle de 6.5 Grendel est plus aérodynamique. Donc, sauf si le tir à très longue distance est votre objectif, il n'y aura pas beaucoup de différence entre les deux cartouches, sauf en recul. En effet, la 308 a le double du recul de la 6,5 Grendel !

La densité sectionnelle (SD) est une mesure du rapport du diamètre d'un projectile à sa masse. Toutes choses égales par ailleurs, un projectile plus lourd d'un calibre donné sera plus long et aura donc une densité de section plus élevée et pénétrera par conséquent plus profondément que les projectiles de masse et de densité de section plus faibles. A titre d'exemple, les balles de .264 " en 123 grains et des 129 grains ont respectivement des densités de section de .268 et .281. Ceci se compare favorablement aux balles de .308 en 150 grains, 165 grains et 180 grains qui ont respectivement des densités de section de .226, .248 et .271. Mais, le .308 Winchester utilise des balles de plus grand diamètre. Par conséquent, il a environ 36% de plus de surface frontale qu’avec une 6,5 Grendel (0,0745 contre 0,0547 pouces carrés). La 6.5 Grendel est aussi plus aérodynamique et voyage donc beaucoup plus vite que la .308 à 1000 mètres et ce, bien que son projectile démarre beaucoup plus lentement qu'une balle de .308 en sortie de bouche.

Pour ce qui concerne la chasse par exemple, une balle plus grosse fera un plus grand trou, causera plus de dommages aux tissus et entraînera plus de pertes de sang au gibier. Le .308 Winchester peut utiliser des balles beaucoup plus lourdes, ce qui l’aide à transporter plus d'énergie en aval. Combinés au plus grand diamètre et à la surface frontale des balles utilisées par la cartouche, les chasseurs ont un tout petit peu plus de marge d'erreur dans le placement du tir par rapport à une 6.5 Grendel, mais frappent plus fort. Ces caractéristiques sont bien évidemment utiles lors de la chasse au gros gibier.

Mais ne vous y trompez pas, la 6.5 Grendel reste une bonne cartouche de chasse avec des performances terminales exceptionnelles sur de nombreuses espèces de gros gibier. C'est juste que la .308 Winchester est meilleure dans ce rôle. Les deux cartouches font absolument le travail si vous faites votre part de travail également, et il n'y a pas de différence gigantesque entre elles au niveau balistique, du moins, à une distance égale ou inférieure à 300 mètres. En fin de compte, la 6.5 Grendel est plus que suffisamment puissante pour chasser les « varmints » ainsi que le gibier de taille moyenne comme le cerf, à courte et à moyenne distance.

En conclusion, on retiendra que la .308 Winchester tire des balles de plus gros diamètre et plus lourdes à une vitesse plus rapide que la 6.5 Grendel. Pour cette raison, la .308 Win. a une trajectoire plus plate et une énergie cinétique nettement plus conservée que la 6.5 Grendel dans tous les champs de chasse classiques à distance moyenne. Cependant, la 6.5 mm Grendel occasionne beaucoup moins de recul. Les chasseurs « très actifs » apprécient davantage le poids plus léger d’une 6.5 Grendel, en particulier lorsque les chasses ne permettraient qu'un poids limité pour les déplacements tels que ceux liés à la chasse en montagne. C'est aussi un plus de transporter des fusils qui pèsent moins et des munitions si vous êtes sur une longue chasse. Pour l’emport, la munition 6.5 Grendel pèse moins lourd et nécessite aussi moins d'espace que les munitions de .308 Winchester, ce qui est également un avantage déterminant sur le terrain. Mais lors de la comparaison de ces deux cartouches, il est important de se rappeler que la 6.5 Grendel a été conçue pour offrir de meilleures performances sur un AR-15 en .223 Remington, ni plus ni moins.

 

 

Comparaison de la 6.5 Grendel avec la .223 Remington

 

Réalisant que beaucoup de gens aimaient l'AR-15, mais que la cartouche .223 Remington n'était pas le meilleur choix pour chasser le gros gibier, les concepteurs se sont mis à développer un certain nombre de cartouches de plus gros calibre qui étaient plus puissantes que la .223 Remington, mais qui fonctionneraient toujours bien dans les fusils AR-15 tant appréciés des américains. Raison pour laquelle, la 6.5 Grendel est devenue une alternative légitime à la 5.56mm. En effet, parfois mal orthographiée, la 6.5 Grendal ou la 6.5 Grendel est nettement plus puissante que la .223 Remington ainsi que la cartouche 5,56 mm OTAN puisqu’à 600 mètres, la 6.5 Grendel transporte encore plus du double de la puissance d’une .223 Rem. Il ne faut pas oublier non plus qu’à l’origine, la Grendel a été conçue pour tenir un nouveau rôle sur les champs de bataille pour les soldats qui sont désignés comme étant « tireur d'élite ». Et oui,, la Grendel est également plus précise que la .223 Remington lorsqu'elle est tirée sur des cibles situées à 500 mètres et au-delà !

 

A gauche, la .223 Rem, et la 6.5 Grendel à droite

 

 

 

 

Comparaisons des caractéristiques :

 

6.5 Grendel

Marque: Hornady V-MAX

•          Taille de la balle: 2,26 pouces

•          Diamètre de la balle: 0,264 pouces

•          Longueur du boîtier: 1,52 pouces

•          Poids de la balle: 95 gr

•          Énergie (par 200 mètres): 1612 pi-lb

•          Vitesse (par 200 mètres): 2764 fps

•          Énergie en sortie de la bouche: 2297 pi-lb

•          Vitesse initiale: 3300 fps

 

.223 Remington

Marque: Sierra MatchKing

•          Taille de la balle: 2,26 pouces

•          Diamètre de la balle: 0,224 pouces

•          Longueur du boîtier: 1,76 pouces

•          Poids de la balle: 77 gr

•          Énergie (par 200 mètres): 869 pi-lb

•          Vitesse (par 200 mètres): 2,255 fps

•          Énergie en sortie de la bouche: 1265 pi-lb

•          Vitesse initiale: 2720 fps

 

La cartouche de 6.5 Grendel est très polyvalente puisqu’elle fonctionne extrêmement bien pour les applications de tir à longue distance, tactique, la chasse à la « varmintée » et la chasse au plus gros gibier. Alors que la 5,56 mm (ou .223 Remington) avec son standard AR15 a été conçue pour la chasse aux coyotes (aux USA) ou pour d’autres petits prédateurs, pour tout gibier plus grand, il lui manque malheureusement de puissance et sa précision souffre également sur plus longue distance. Même avec des balles de chasse lourdes, elle n'est pas un excellent choix pour tirer sur des sangliers pesant jusqu'à 300 livres.

Une différence significative entre la 6.5  Grendel  et la .223 Remington est aussi que la 6.5 Grendel tire plus facilement dans le vent car ses balles ont un coefficient balistique (BC) plus élevé. Le BC des .223 Rem étant d'environ 0,400, tandis que celui des 6,5 Grendel est de l'ordre de 0,510.

Mais incontestablement, la .223 Remington fait « un travail » de manière assez fiable à 100 mètres car elle avait été conçue à l’origine pour le combat rapproché et qu’elle a aussi un faible recul. La 6.5 Grendel, quant à elle, arbore un étui plus court et plus grand pour un volume de poudre plus élevé tout en laissant de la place pour des balles longues, profilées et à coefficient balistique (BC) plus élevé, mais en gros, les deux munitions ont à peu près la même performance au-delà de 600 mètres. On rapellera toutefois que la Grendel a plus de deux fois d'énergie, même à une distance de 600 à 700 yds, tandis que la .223 commence à baisser considérablement et plus rapidement à partir de 600 yds. Ajoutons à cela que la 6.5 Grendel vole sur une trajectoire plus plate que la .223 Remington et offre des munitions plus longues avec un diamètre plus gros (densité de section), mais aussi et surtout, elle offre plus de puissance et une meilleure pénétration que son aînée.

En calibre 6.5 Grendel, on trouve des munitions chargées en usine avec des balles allant de 90 à 130 grains, tandis qu’en .223 Remington on a des poids de balle allant de 36 à 77 gr. Mais le gros avantage de la .223 Rem, c'est qu'elle est beaucoup moins chère que la 6.5 Grendel.

 

Avantages et inconvénients de la 6.5 Grendel

 

AVANTAGES

•          Plus de puissance de feu

•          Plus d'énergie et plus d'autonomie

•          Coefficient balistique plus élevé

•          Meilleure résistance au vent

•          Meilleure pénétration

 

LES INCONVÉNIENTS

•          Coûteuse

 

Avantages et inconvénients de la .223 Remington

 

AVANTAGES

•          Bonne précision

•          Bonne performance dans les combats rapprochés (militaire)

•          Idéal pour la chasse au petit gibier

•          Prix plus abordable

 

LES INCONVÉNIENTS

•          Faible coefficient balistique

 

En conclusion, dans la comparaison directe entre la  6.5 Grendel et la .223 Remington, le gagnant est la 6.5 Grendel car, bien qu'elle soit plus chère, elle possède une meilleure résistance au vent, un coefficient balistique plus élevé, et est idéale pour les tirs à plus longues distances avec de meilleures options de rechargement que la .223 Remington. La 6,5 Grendel dispose d'un large choix de poids de balle avec plus d'énergie terminale que les 7,62 et 5,56 mm, et est meilleure lorsqu'il s'agit déjà de tirer à plus de 300 mètres, mais si vous ne tirez qu'à 100 mètres, la .223 fera bien le travail. (Voyez aussi, ci-après dans l’article, les drops comparatifs avec les autres calibres).

 

 

Comparaison de la 6.5 Grendel avec la 6.5 Creedmorr

 

Il est important de se rappeler que la 6.5 Grendel a été conçue pour augmenter les performances des fusils AR-15 et que d’'autre part, la 6.5 Creedmoor est basée sur la .308 Winchester pour le tir sur cible à très longue distance. À bien des égards, les 6.5 Grendel et Creedmoor dépassent la .308 Winchester, mais comme déjà dit, les deux cartouches ont été créées avec des objectifs très différents, et bien qu'il existe un croisement de performances, elles ne sont quand même pas interchangeables. Les concepteurs des deux cartouches ont réussi à atteindre leurs objectifs, mais cela signifie également qu'il y a un grand écart de performances entre le 6.5 Grendel et le 6.5 Creedmoor, tout comme il y en a un avec le .223 Remington et le .308 Winchester. Et il ne fait aucun doute qu'une partie du regain récent de popularité du 6,5 mm Grendel est due à la montée en puissance du 6,5 mm Creedmoor.

La 6.5 Creedmoor utilise des balles dans la gamme de grains 95-160 et les 120, 129, 140 et 143 grains sont les projectiles les plus courants pour ce calibre. La 6.5 Grendel, en revanche, utilise des balles plus légères et d’environ 130 grains. Les 120 et 123gr sont les projectiles les plus courants pour cette cartouche.

 

La 6.5 Creedmoor (à gauche) et la 6.5 Grendel (à droite).

 

 

Comme vous pouvez le deviner en regardant les cartouches elles-mêmes, il y aura aussi une assez grande différence dans leur balistique. De nombreux tireurs poussent la 6,5 Grendel au-delà de la barre des 1000 yds, mais ce n'est pas exactement la gamme de distance où elle excelle. En gros, la 6.5 Grendel est très bonne jusqu’à 800 mètres puisqu’elle travaille en fonction de sa plus petite capacité de poudre et de sa sélection de balles plus légères par rapport à la 6.5 Creedmoor, et donc la performance de la Grendel reste inférieure à la moyenne par rapport à la Creedmoor.

Une différence notoire au niveau des fusils est que la 6.5 Creedmoor se retrouve principalement dans les fusils à verrou, et bien qu'il existe maintenant de nombreuses options AR-10 sur le marché, l'AR-10 n'est certainement pas l’équivalent de l'AR-15, même s'il partage le même système, mais la plupart du temps, l'AR-10 est plus lourd et plus long que l'AR-15. Cela dit, les deux tiennent une place dans le monde du tir moderne.

On ajoutera qu’il est important de savoir que les cartouches 6.5 Creedmoor et les munitions 6.5 Grendel ne sont pas interchangeables ! En effet, même si le diamètre de la balle est identique, la taille et la forme du boîtier sont différentes. Avec sa longueur plus longue et son boîtier plus grand, la Creedmoor peut générer des vitesses initiales plus élevées et lancer des balles plus longues et plus lourdes. Le seul inconvénient est que cela génère plus de recul. La Creedmoor utilise des balles de gros calibre. Cela rend la cartouche idéale pour un gros gibier de la taille d'un cerf. Bien que les deux balles aient une gamme similaire de poids de balle, la balle de 6,5 mm Creedmoor est toujours plus aérodynamique.

 

Performances balistiques

Cela devrait maintenant vous paraître évident qu’elles sont différentes à presque tous les égards. La 6.5 Creedmoor est 300 fps plus rapide que la Grendel. La cartouche de 6.5 Grendel convertit l'AR en une arme à feu de chasse, ce qui lui permet de tirer des balles modernes à des distances courtes à moyennes. Alors qu’au contraire, la 6.5 Creedmoor est basée sur la .308 Winchester et a été conçue pour être tirée dans un grand châssis (AR-10 / .30). Cela la rend 300fps plus rapide dans tous les domaines par rapport à son homologue 6.5 Grendel. À des distances de 300 mètres ou plus, la 6.5 Creedmoor dépasse légèrement la 6.5 Grendel en termes de performances et de précision. La vitesse plus élevée minimise également la durée pendant laquelle le vent peut modifier le point d'impact. À 500 mètres, avec un vent de 10 mph, la 6,5 Creedmoor dévie de 21,5 pouces et la Grendel de 25,4 pouces. Dans les deux cas, ça reste une performance impressionnante dûe notamment à leur excellent coefficient balistique. Quant à la trajectoire réelle, avec un zérotage à 100 yds, la balle lancée par un fusil au calibre Creedmoor tombe de 12,4 pouces sous le réticule de la lunette à 300 yds. La Grendel, quant à elle, tombe de 16,3 pouces.

 

Comparaison balistique des 6,5 mm – Tableau des distances-vitesses-énergies et drops

 

Données balistiques tirées de shooterscalculator en utilisant une Hornady SST 129 grains avec un coefficient balistique de 0,530. Les données sont basées sur deux fusils utilisant un canon de 20 pouces pour garantir des performances comparables.

 

 

 

La Creedmoor remporte le match du tir à longue portée avec brio. Et puisque les deux cartouches utilisent la même balle, il s'agira nécessairement de mettre plus de poudre derrière l'une pour pouvoir la faire fonctionner plus que l'autre. Néanmoins, si la Creedmoor utilise environ 50% plus de poudre que la Grendel, elle n'offre pas 50% de performances en plus. La Grendel peut encore « gérer » le 1000 mètres, voire un peu plus, mais elle perd rapidement la probabilité de toucher avec précision et ne parvient pas à rivaliser avec la Creedmoor lorsqu’elle vole au-delà des 800 mètres. Dans les faits, la 6.5 Creedmoor, quant à elle, tire encore facilement à environ 1 200 mètres, tandis que la Grendel se situera plutôt entre les 500 et les 800 mètres. En sortie de bouche, la Creedmoor fournit 19% de vitesse et 42% d'énergie en plus. À 1000 mètres, la Creedmoor fournit 16% de vitesse et 35% d'énergie en plus, et elle perd également environ 31% de moins à 1000 mètres par rapport à la Grendel. Enfin, s’agissant de sa tenue au vent,  à 1000 mètres avec un vent de travers de 10 mi / h à 90 degrés par rapport au tireur, la Creedmoor dérivera d'environ 83 pouces avec une charge de 129 grains et la Grendel dérivera, quant à elle, de 108 pouces. Cela se traduit par une réduction de 25% de la dérive du vent.

 

En conclusion :

Les deux sont parfaites pour la compétition à longue distance et la performance de leur tir à plat les rend également adaptées à la chasse au gros gibier, où le poids du fusil est souvent un critère important quand il est indéniable que le placement des coups est essentiel pour ne pas perdre l’animal. Mais si le gros gibier à moyenne et longue distance fait partie du plan de chasse alors, les poids des balles 6,5 Grendel plus légères pourraient faire la différence mais hélas, limiter la portée effective. Alors que la 6.5 Grendel a atteint son objectif, à savoir donner aux chasseurs de gros gibier une précision extrême avec une plate-forme AR,  la 6.5 Creedmoor permet de tirer un projectile avec une grande précision sur très longue distance même lorsqu'il est chambré dans une plate-forme à action courte.

Les 6.5 Creedmoor et 6.5 Grendel profitent tous deux d'un coefficient balistique qui favorise la précision des matchs gagnants, à longue distance. C’est aussi la raison pour laquelle ces deux cartouches connaissent un grand succès dans les matchs de tir à longue distance.

Avec la Grendel, vous pouvez vous attendre à avoir de petits groupes stables dans la plage de 0,35 MOA en Mid-Range et restera bonne jusqu’à 800 mètres tandis que la Creedmoor produira des groupes plus serrés à des distances plus longues (environ 0,4 à 0,6 MOA) et jusque 1.200 mètres voire même, davantage. Alors que la 6.5 Grendel cède beaucoup à la 6.5 Creedmoor en termes de balistique, cela est particulièrement vrai sur les longues distances. Ceci dit, la 6.5 Creedmoor a toujours une meilleure balistique aussi à moins de 300 mètres, mais la différence entre elles est beaucoup plus petite à une distance plus courte.

La 6.5 Creedmoor est une cartouche de tir modérément puissante et relativement « plate » qui est également assez résistante à la dérive du vent. Bien qu'elle ait plus de recul que la 6.5 Grendel, le recul de la 6.5 Creedmoor restant quand même nettement plus léger que celui d’une .308 Winchester et donc, la plupart des tireurs et chasseurs peuvent le gérer sans trop de problèmes.

Le rechargement manuel est courant pour les deux cartouches, et les composants de rechargement sont facilement disponibles. De plus, la Creedmoor et la Grendel utilisent les mêmes balles de diamètre .264 que d'autres cartouches telles que la .264 Winchester Magnum, le Mauser suédois de 6,5x55 mm et la .260 Remington. La cartouche Creedmoor a une pression moyenne maximale de 620 000 psi tandis que la Grendel a une pression moyenne de 52 000 psi.

Les deux cartouches fonctionnent bien dans des canons de 20 et 22 pouces, mais les canons qui tirent la 6.5 Creedmoor ont une durée de vie plus courte (selon le poids de la poudre et du grain employés) qui se situe entre 2500 et 3000 coups, … au-delà, on risque de perdre trop de précision. Quand on sait qu’il est très facile de tirer 2000 balles ou plus en un an environ, cela risque de ne pas trop plaire aux tireurs sportifs sur cible. Gardez à l'esprit que pour la Creedmoor, ce temps arrive jusqu'à 66% plus vite que pour la Grendel. Puisque la Grendel a une durée de vie canon d’environ 5000 coups. Cependant, un chasseur de cerfs, quant à lui, trouvera sans doute la cartouche Creedmoor très utile.

Il est vraiment difficile de choisir un gagnant pour la précision entre la 6.5 Grendel et la 6.5 Creedmoor. D'une part, la 6.5 Creedmoor a plutôt été conçue pour le tir de compétition TLD et peut tirer des balles très longues et aérodynamiques. D'un autre côté, la 6.5 Grendel a également été largement utilisée par des tireurs de compétition et a également un avantage du point de vue du recul. En fin de compte, les deux cartouches sont des options viables pour le tireur passionné qui a besoin d'un avantage compétitif en matière de tir à la cible ou d’ailleurs de chasse au gros gibier. Une façon de voir les choses est de se dire que la Creedmoor est la grande sœur de la Grendel et qu’elle est capable d'efficacité sur de plus longues distances tandis que la Grendel peut fournir des performances similaires mais à une distance plus courte.

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

On peut en quelque sorte dire que la 6,5 mm Grendel atteint un point balistique idéal avec un vol de balle optimal et d’ailleurs bien mieux que les balles trapues utilisées par d'autres cartouches tout en fournissant deux fois plus d'énergie à la cible et en limitant considérablement la dérive du vent.

 

Mais en regardant leur vitesse initiale, on remarque que la Grendel est un peu plus lente que la .308 ou la 6,5 Creedmoor lorsqu'elle est tirée à une distance de cent mètres. Cependant, la vitesse de la Grendel commence à se « rattraper » à 200 ou 300 mètres. Puis, à 400 et 500 mètres, la Grendel dépasse les .308 en vitesse. Ce résultat va se maintenir avec l’énergie de distance supplémentaire. Et en plus, la cartouche de 6,5 ​​Grendel bat la .308 en ce qui concerne l'accessibilité, le poids, l'équilibre, le coefficient balistique, sa meilleure résistance au vent et ce, avec un recul plus faible. Pour ce qui concerne sa comparaison avec ses autres concurrentes, je vous propose une analyse de balistique comparative, à travers deux graphs (drops et énergie-recul) qui vous permettront de vous forger une idée sur ces différents calibres :

 

 

Voici le graph des drops tirés sur shooterscalculator pour chaque calibre avec des cartouches de :

 

6.5 Creedmoor bthp american gunner 140gr

 

.308 Win A-max-black 168 gr

 

 6.5 Grendel eld-match-black 123gr

 

.223 Remington bthp match 75gr

 

Ici, le drop comparatif de la Grendel avec des cartouches concurrentes

 

 

La 6.5 Creedmoor donne « le coup de grâce » à ses concurrentes en se situant au-dessus (courbe verte) des autres drops au-delà des 500 yds, avec un coefficient balistique plus élevé que celui de la 7,62 mm OTAN et une vitesse comparable à celle du 5,56 mm, la .264 surpasse facilement à la fois la vitesse et la rétention d'énergie, la planéité de la trajectoire et la résistance au vent. Cependant, hormis pour la .308 Win (bleue), sa charge propulsive considérable produit un recul beaucoup plus élevé que les autres calibres intermédiaires. Dans ce graph, et contrairement à un autre exemple pris dans l’article, la 6.5 Grendel (orange) suit pratiquement la même courbe que la .223 Rem (mauve) jusque 600 yds. Les différences se font nettement ressentir au-delà des 750 yds où la 6.5 Creedmorr et la .308 Win (dans une moindre mesure !) vont poursuivre leurs trajectoires avec plus de précision et d’énergie, et ce sera singulièrement le cas pour la 6.5 mm Creedmorr jusqu’à 1.200 mètres, voire davantage !

 

Vous trouverez également, ci-dessous, un tableau comparant les énergies de recul de différentes balles de la même plate-forme de tir hypothétique de 3,175 kg (7 lb).

 

 

 

En conclusion, et comme je le fais dans pratiquement dans toute mes études de calibres sur le blog, je vous conseillerai de d’abord prendre connaissances des caractéristiques intrinsèques de chacune de ces cartouches (que vous trouverez dans ma table des matières) et des armes qui les tirent, et d’établir également votre analyse multicritères en fonction de vos desiderata, besoins spécifiques et du domaine d’utilisation dans lequel vous compter tirer cette cartouche avant de porter votre choix. Exemple, si vous êtes chasseur et que vous voulez chasser des animaux plus gros comme des cerfs ou des chèvres de montagne, la 6.5 Grendel est faite pour vous. À 300 mètres, elle aura plus du double de l'énergie cinétique d'une cartouche .30-30, et presque 4 fois l'énergie d'une charge de chasse d’une .223 Remington envul 75 grains. D’autre part, un fusil « Grendel » de chasse est léger et pratique ce qui est un avantage considérable puisqu’il peut être porté toute la journée et tiré debout ou à partir d'une position appuyée à la hâte. Si vous êtes un tireur sur cibles et que vous comptez vous équiper pour pratiquer le TLD à plus de 800 mètres alors, la 6.5 Creedmoor est faite pour vous. Si maintenant, vous êtes un tireur sportif ou récréatif qui souhaite s’essayer au Mid-Range, la .308 Winchester voire même, la 5.56 Rem resteront des valeurs sûres et pas trop chères pour vous lancer.

 

 

 

Voici une série de liens et de vidéos relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

https://www.65grendel.com/forum/forum.php?s=319ad2b489e8d523ae3449f1e2dcf1db

 

https://www.rifleshootermag.com/editorial/6-5-grendel-evolution/84008

 

http://shootersnotes.com/grendelmania/bullet-design-considerations-key-dimensions-etc/

 

https://www.shootingillustrated.com/articles/2016/9/6/65-grendel-and-65-creedmoor-cartridges/

 

https://www.mcarbo.com/6-5-creedmoor-ballistics-chart.aspx

 

https://thegunzone.com/6-5-grendel-vs-6-5-creedmoor/

 

https://68ics.wordpress.com/2013/11/10/6-5-grendel-ballistics-123-grain-lapua/

 

https://www.jprifles.com/document_pdfs/GANG%20of%2065%20GRENDELS%20_129.pdf

 

https://huntingheart.com/6-5-grendel-hunting/

 

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=o6DwVFVc3LY

https://www.youtube.com/watch?v=q1ZaKVYxk4Q

https://www.youtube.com/watch?v=66AfOvNLsCY

https://www.youtube.com/watch?v=XJQ4GmQ98WE

https://www.youtube.com/watch?v=ElzHeCetP0o

https://www.youtube.com/watch?v=VzSWlYjY_Sg

https://www.youtube.com/watch?v=fOlLBXq2iVs

https://www.youtube.com/watch?v=x3BpkSmdSLc&list=PLxpu9qX_67rsl22VAixx6GrK5YzmIofoX&index=89

 

 

 

 

 

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Bonnes fêtes à tous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 15:21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Un plaisir en vaut un autre, ce mois-ci et à la demande de certains d’entre vous et singulièrement de Thierry qui se reconnaîtra, je reviens vers vous avec article relatif au calibre 6,5 Grendel (calibre .264).  La 6,5 mm Grendel a été conçue initialement pour le combat mais aussi comme une cartouche pour le tir de précision à longue portée avec des fusils de type AR15 et, dans une moindre mesure, comme cartouche de chasse mais à la base, essentiellement destinée au marché américain.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

 

Les deux dernières décennies ont vu une augmentation spectaculaire de la popularité des cartouches de calibre 6,5 mm aux USA et dans le reste du monde alors qu’il y a déjà plus d'un siècle que les chasseurs et les tireurs en Europe ont adopté le calibre 6.5 pour la première fois ! Cependant, tout cela a changé rapidement les comportements d'achat d'armes de chasse et de celles qui sont choisies pour pratiquer le tir de précision car encore aujourd'hui, les tireurs découvrent les avantages du 6,5 mm pour pratiquer le TLD. Ceci dit, une vraie balle de 6,5 mm mesurerait 0,256 de diamètre, mais ce n'est pas le cas avec ces balles. Au contraire, ce sont des cartouches allongées de calibre .264. Néanmoins, et bien que cela puisse sembler louche de l'appeler 6.5 alors que ce n'est pas vraiment le cas, ces balles ont de puissants coefficients balistiques et des vitesses de départ élevées qui se traduisent forcément par des trajectoires plus plates.

Au départ, la cartouche 6,5 mm Grendel (6,5 × 39 mm) a été conçue par Bill Alexander, Arne Brennan et Janne Pohjoispää pour améliorer la puissance et la portée du fusil AR-15. C’était à la fin de la guerre froide et pour faire concurrence au célèbre calibre soviétique que Alexander présente une arme qui réponde à toutes les exigences des tireurs à longue portée et à ceux qui voulaient obtenir plus de performance d'un AR-15, Bill (Alexander) est l'un des nombreux ingénieurs talentueux qui a longuement réfléchi à une solution. La spécialité d'Alexander se situait dans le blindage et l'armement des principaux chars de combat. Il a travaillé à partir d’une base qui était celle du 6 mm PPC, intrinsèquement précis puisque déjà utilisé comme cartouche de compétition Bench-Rest et qu’il s'intègre facilement dans un magasin d’AR. D’autre part, Brennan avait déjà lui aussi étudié le 22 PPC et le 6 mm PPC à la recherche d'une cartouche de compétition et de chasse plus performante. En 2000, il avait également développé une « Wildcat » en  6.5 PPC et ce, justement pour être tirée un AR15 modifié.

Alexander a décidé d’augmenter le diamètre jusqu'à 6,5 mm, de raccourcir le col, de déplacer l'épaulement vers l'avant, et a créé ce que lui et beaucoup d'autres considèrent encore comme la cartouche AR la plus polyvalente et la plus précise disponible : la 6,5 mm Grendel. En effet, la capacité interne a été augmentée en déplaçant l'épaule vers l'avant et les épaisseurs de paroi dans le collet et l'épaule ont été augmentées pour fournir un étui plus robuste capable d'être alimenté dans un fusil semi-automatique. Enfin, la conicité externe du boîtier a été ajustée pour une alimentation fiable dans le magasin de l’AR.

Il a donc finalisé les dimensions de ce qui est devenu l’étui définitif en étroite collaboration avec des balisticiens de chez Lapua (le fabricant de munitions finlandais) et notamment, avec Janne Pohjoispää. Un prototype de fusil 6,5 mm Grendel a été achevé et testé en 2003. Les ingénieurs de Lapua ont aidé Alexander à apporter des modifications destinées à optimiser le boîtier pour une utilisation avec des balles de 107-130 grains qui comprenaient un épaulement plus long et un cou plus court. Nota bene : la firme Lapua, quant à elle, utilisait déjà l’étui russe .220 alors que la .220 Swift est une cartouche « vintage » fabriquée en 1934.

Bill Alexander (d'Alexander Arms) et Janne Pohjoispää ont donc conçu la 6.5 Grendel en 2003 en tant que cartouche haute performance intermédiaire à longue portée pour l'AR-15. L'idée était d'obtenir une cartouche qui frapperait plus fort, qui serait plus précise, avec un potentiel plus important que la 5.56 OTAN, mais aussi avec un recul modéré et nécessitant une modification minimale de la plate-forme AR ... et ce challenge, ils l’ont remporté brillamment puisque le 6.5 Grendel a remis à plat la question de l’armement léger dans les unités militaires et policières du monde entier.

En effet, dévoilée pour la première fois en mai 2003 au centre d'entraînement de Blackwater en Caroline du Nord, la 6.5 Grendel a surpassé le 7.62 NATO sur la distance et ce, avec moitié moins de recul. De plus, l’AR en 6,5 mm Grendel s'est avéré être très léger permettant ainsi un maniement rapide et précis. Toujours supersonique à 1200 yds, la 6.5 Grendel a livré une balistique externe supérieure au 7.62 NATO. Fiabilité absolue, balistique externe et terminale supérieure à l'état de la technique de l’époque, précision exceptionnelle dans une plate-forme légère M16 / AR-15, c'est ce qui semblait être le summum de ce qui pouvait être réalisé avec le châssis M16 / AR-15.

La 6.5 Grendel n'est donc pas une série de compromis, mais plutôt le mariage parfait de la fonction mécanique, de la balistique interne, externe et terminale, …  le tout fonctionnant en parfaite harmonie ! En outre, un AR-15 chambré en 6.5 Grendel offre une capacité de chargeur similaire (26 coups) et un recul identique à un AR-15 standard.

Alexander a donc déposé le nom et les spécifications peu de temps après et la « Grendel » a ainsi cessé d'être une « Wilcat » pour se transformer en une cartouche de production. Le nom de la « 6.5mm Grendel » était une marque déposée détenue par Alexander Arms jusqu'à ce qu'elle soit sous licence pour permettre à la cartouche de devenir une SAAMI institutionnalisée, et c’est finalement en 2004 que la 6,5 mm Grendel est entrée définitivement et durablement dans le monde du calibre .30. Alexander Arms propose lui-même des munitions de 6,5 mm Grendel chargées de balles Speer TNT varmint 90 grains, des balles de chasse à pointe balistique Nosler 120 grains et des balles de match Lapua 123 grain Scenar.

 

 

La cartouche

 

 

L'origine de la 6.5 Grendel remonte donc au 7.62x39 soviétique puisqu’elle trouve ses origines en la .220 russe également connue sous le nom de 5,6x39 mm. Développée en Union soviétique dans les années 1950 comme cartouche de chasse, elle-même basée sur le 7.62x39mm. Le .220 russe est également l’étui parent des célèbres .22 PPC et 6mm PPC. La boucle est bouclée ! La cartouche 6,5 mm Grendel a une tête de boîtier de 0,441 pouce de diamètre et une longueur de boîtier de 1,524 pouces. L'épaisseur est de 0,059 pouce, ce qui est nettement plus épais qu'une 5,56x45mm et cela contribue à sa fiabilité. L'angle d'épaule est de 30 degrés et les amorces « small » et « large rifle » ont été utilisées par différents fabricants. La longueur totale de la cartouche est de 2,260 pouces.

Des projectiles de 80 à 160 grains peuvent être utilisés dans son étui, mais ils fonctionnent mieux avec des ogives situées dans la gamme des grains 95-123. Les balles plus lourdes que les 130 grains ont tendance à consommer trop de sa capacité et la vitesse a tendance à être plus faible. La cartouche 6.5 Grendel contient un volume de poudre capable de lui faire atteindre des vitesses de plus de 2800 FPS. Les spécifications SAAMI indiquent que la cartouche peut avoir une longueur totale (balle comprise) comprise entre 2,135 et 2,260 pouces. L'étui Grendel est un ajustement parfait entre la poudre et la balle. A titre d’exemple, un essai avec la plupart des charges maximales de poudre étant légèrement comprimées avec six poudres et six balles chargées ont produit des écarts de vitesse pour la plupart entre 15 et 30 images par seconde. Les spreads de vitesse allaient de 3 à 12 ips en utilisant de la poudre Accurate 2460.

Les poids de balle dans la gamme de grains 100-123 sont particulièrement bien adaptés à la taille du boîtier 6.5 Grendel et peuvent être poussés à des vitesses comprises entre 2 400 et 2 900 pieds par seconde à partir de canons standard de 16 à 24 pouces. Obtenir toutes ces performances à partir d'une cartouche qui ne mesure que 2,26 pouces de long et qui s'insère dans un magazine AR15 est vraiment incroyable.

Pour le tir à la cible à longue portée, ce calibre est juste sur les talons de son grand frère le 6.5 Creedmoor et le .308 Winchester avec une superbe précision jusqu'à 1000 mètres. Le 6.5 Grendel est de plus en plus disponible avec une très grande variété de poids de balle, allant des 90 à 139 grains. Dans une variante en un poids des plus légers, on pourra trouver une charge en acier de 100gr chez Wolf, tandis que la charge « phare » est la  Sierra MatchKing Grendel 123gr qui pèse 17,8 grammes (275 grains) et qui est l'une des cartouches les plus lourdes que l’on trouve sur le marché.

Mais la gamme des munitions s'est également étendue et diversifiée au cours des dernières années, avec des Federal Premium, des 130 grains Bergers, des 90 grains TNT, des 120 grains OTM American Eagle. Hornady propose une sélection variée avec leurs ELD 123 grains, les SST 123 grains et leurs BTHP American Gunner 120 grains. Les tireurs de précision apprécieront également les offres d'Alexander Arms utilisant des BT Nosler 120 grains.

Pendant des années et ce n’était pas dû au hasard, à peu près le seul endroit où vous pouviez acheter un fusil 6.5 Grendel était chez Alexander Arms, mais depuis pas mal de temps, Ruger et Howa notamment, ont chambré des fusils à verrou pour le calibre 6.5 Grendel et de nombreuses entreprises comme Palmetto State Armory construisent des fusils AR15 complets dans ce calibre. Ceci dit, si vous avez déjà un fusil AR15, et si la loi sur les armes de votre pays vous le permet, vous pourrez tout simplement le modifier avec un assemblage 6.5 Grendel AR15 adapté à vos besoins.

 

La 6.5mm Grendel avec une ogive 123 gr. Lapua Scenar

 

6.5-Grendel Hornady 123 grains SST

 

 

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Longueur de l’étui: 1,515 pouces (La 6,5 Creedmoor est à 1,920 pouces)

Longueur totale de la cartouche:   2,250 pouces (identique à .223 Remington.)

Diamètre de la tête: .441 pouces

Diamètre du corps de base: 0,439 pouces

Angle d'épaule: 30 degrés

Taux ou pas de rayures: 1: 8 ou 1: 9

Vélocités à travers un canon de 24 pouces:

•          Balle 100 grains: 2745 images par seconde

•          Balle à 120 grains: 2520 images par seconde

•          Balle à 130 grains: 2400 images par seconde

•          Les balles de 140 grains pénètrent trop profondément dans l'espace de poudre

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Ici, la douille et son culot

 

La longueur de la douille est de 39 mm, son diamètre est de 0,445 " et sa capacité est de 35,0 grains d'eau, soit environ 32,5 grains de poudre.

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

 

 

 

De G à D: 140 grains SMK 100 gr Scenar 120 gr NBT 136 gr Scenar LNote 120 gr Scenar

 

 

 

A gauche, une .260 Rem. à côté, la 6.5 Grendel

 

 

 

De G à D : une 6.5 Grendel, une 6.5×47-Lapua et une .308 Winchester

 

 

 

Ici, un AR15 en 6.5 mm Grendel accompagné de diverses boîtes de cartouches

 

 

 

Ici, une boîte de boîte de 6.5mm Grendel HPBT Match en 123grains

 

 

 

Ici, une boîte de Hornady Eld Match en 123gr

 

 

 

Ici, une boîte de PPU (Prvi Partizan)

 

 

 

 

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

 

Le 6.5 Grendel offre une capacité de portée extrême pour la chasse, la compétition et les applications tactiques. Ces gammes vont bien au-delà de celles précédemment réalisables avec l'arme de style AR-15 et qui vous fourniront la puissance d'un 243 Winchester. Le 6.5 Grendel a la flexibilité de passer des balles de varmint légères de la classe des 90 grains, qui offrent une superbe précision pour la compétition et le tir au petit gibier, à des balles de compétition de poids moyen de 108 à 120 grains, puis à des balles de 130 et 140 grains, idéales pour le tir tactique à plus longue portée. Avec une 100 grains, la 6,5 Grendel atteint 2745 fps et avec une 130 grains, vous obtenez encore un 2400 fps réel.

Les chasseurs de cerfs vous le diront, les vitesses qu’offre la Grendel devraient en faire le meilleur ami des chasseurs au moyen gibier car elle reste au moins à 1000 fps à 300 mètres, ce qui est deux fois plus que la grande majorité des calibres que les chasseurs de cerfs utilisent. A titre d’exemple, la AMAX produit de très bonnes performances sur le cerf. Un placement correct des coups permet de neutraliser l’animal rapidement et sans cruauté. Étant donné que la plupart des cerfs sont prélevés à +/- 100-200 mètres, on peut dire qu'il n'y a aucune différence effective entre la .308 Winchester et la capacité de la 6,5 Grendel à ces distances.

En bref, ceux qui préfèrent avoir une arme éprouvée et qui veulent chasser du gibier moyen à gros ou encore qui exigent un fusil court et pratique trouveront un ami fidèle en le 6.5 Grendel. Les tireurs qui aiment tirer sur des cibles à longue portée ou qui aiment la chasse à la « varmintée » avec un fusil à faible recul et qui prévoient de tirer exclusivement à partir de positions fixes seront également ravis. Le 6.5 Grendel est plus léger, ce qui signifie moins de fatigue après avoir transporté le fusil pendant des heures. Avec moins de recul, cela qui signifie moins de tressaillement et en plus, il coûte moins cher à tirer que le .308, ce qui signifie aussi que vous pouvez vous entraîner plus avec le même budget.

En regardant d’un peu plus près les performances d’une AMAX 123 grains d'Hornady, avec un zérotage fait à 200 mètres, votre « up » lunette pour 300m est de 1,1 mil, et à 500 m, vous aurez besoin de 3,7 mil. La dérive au vent dans un vent de 10 mi / h à pleine valeur à 500 m n'est que de 23 pouces, ou de 1,1 mil. Ainsi, malgré une vitesse initiale modérée issue d’un canon court de 12,5 pouces, cette charge fonctionne encore étonnamment bien à plus de 500 mètres. Mais là où une Grendel sortant d’un canon de 12,5 pouces brillera vraiment, ce sera à moins de 200 mètres. A tire d’exemple, bien qu’avec une vitesse de 2308 fps avec un BC G1 de 0,510, cette charge permet d’encore conserver une vitesse de 1865 fps à 300 mètres et fournit toujours un impressionnant 950 pi-lb.

Une excellente arme utilisée à l’avènement de la 6,5mm Gendel mais qui le reste encore aujourd’hui est le fusil à verrou CZ modèle 527 qui est basé sur l'ancien fusil Brno Fox fabriqué dans les années 1980. CZ a introduit le 527 en Europe en 1989 et quelques années plus tard en Amérique du Nord.

 

 

 

La société tchèque de CZ fabrique une action Mauser 98 de micro-longueur, auparavant disponible uniquement en .223 Rem, 7,62 × 39 et .22 Hornet, mais en 2017, ils ont ajouté une version d'usine 6.5 Grendel. Léger et pratique sur le terrain, ce CZ dont le chargeur en acier détachable de la carabine contient cinq cartouches 6,5 Grendel devait être un fusil capable de tirer jusqu’à 1000 mètres en tir de précision, mais aussi être utilisée sur une distance de 300 mètres pour des gibiers comme des cerfs, des sangliers, des coyotes, etc.

 

Le CZ 527 American Bolt-Action 6.5 Grendel est un fusil mince et beau en acier et en noyer.

 

 

Les balles qui « tirent le mieux » dans le fusil CZ 527 sont: (1) Berger 100-grain Match BT Target, (2) Norma 100-grain BTHP, (3) Nosler 120 Ballistic Tip, (4) Sierra 120 Pro-Hunter, (5 ) Hornady 129 SST et (6) Cible Berger 140 BT.

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

Le coefficient balistique très élevé et la densité de section de la balle de calibre .264 en font un excellent choix pour les tireurs sur cible à longue portée et les chasseurs (du moins, les américains). Comme déjà signalé, la 6.5 Grendel était destinée à être utilisée dans un fusil de type AR-15 pour offrir une balistique semblable à la .308 Winchester avec moins de force, mais bien conçue pour retenir l'énergie sur de longues distances.

A titre d’exemple, un tir réalisé avec une Lapua Scenar de 123 grains avec un coefficient balistique de 0,547 et une vitesse initiale de 2600 FPS offre une précision exceptionnelle jusqu'à 1200 mètres. À 600 mètres, son tir tendu permet d’atteindre sans problème des cibles de la taille d'une balle de tennis. C’est donc avec une précision extrême et une balistique terminale formidable que la 6.5 Grendel d'Alexander Arms était devenue pratiquement imbattable avant l’arrivée de la Creedmoor.

 

Sa balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Tableau balistique d’une 6.5 Grendel  123 grains ELD Match

Source : shooterscalculator

 

Tableau balistique d’une 6.5 Creedmoor Hornady 147 grains ELD Match

 

Ici, le drop comparatif de la Grendel avec des cartouches concurrentes

 

Nous voyons clairement en examinant ces courbes que, bien qu’avec une ogive de 123 grains, la Grendel suit pratiquement l’allure de la Creedmoor et que celles-ci surpassent toutes les autres à partir de 600 yards. Néanmoins, c’est la Creedmoor qui l’emporte sur plus longue distance.

 

 

 

Résultats au stand

 

 

 

Le 6.5 Grendel a été conçu pour être utilisé dans un fusil de type AR-15 pour offrir une balistique similaire au .308 Winchester, avec moins de recul. Cette balle permet un tir « plat » et utilise une balle de diamètre 6,5 mm de diamètre qui est intrinsèquement précise et à coefficient balistique élevé. Sa densité de section et son coefficient balistique se prêtent à exceller à des distances plus longues et sa courte longueur lui permet d'utiliser certaines des balles de match les plus longues et les plus lourdes, ce qui fait de ce calibre l'un des meilleurs choix pour le tir à longue distance à partir d'une plateforme AR. Avec une bonne sélection de balles, ce calibre n'est pas non plus en reste sur le terrain.  

En effet, une balle de 6,5 mm de diamètre offre le type de coefficient balistique qui se traduit souvent par des groupes plus serrés sur la cible qu’avec les autres projectiles d'armes légères. Les 6.5 Creedmoor et 6.5 Grendel présentent un profil aérodynamique très intéressant et par conséquent, on retrouve de plus en plus des carabines dans ces deux calibres sur les lignes de tir TLD. Néanmoins, avec sans doute le phénomène de mode jouant, c’est surtout la 6.5 Creedmoor qui attire actuellement le plus l'attention, alors que de nombreux amateurs découvrent que parfois, et surtout si c’est pour tirer à moins de 800 mètres (comme c’est le plus souvent le cas dans les stands européens), que c’est la Grendel qui est la mieux adaptée à leurs activités de tir. Ceci dit, attention, si les cartouches partagent le même calibre, elles sont loin d'être identiques en termes de performances et même de taille.

La 6.5 Grendel pourrait être poussée à 1000 mètres. Mais la plate-forme AR avec son canon court n'est vraiment pas idéale pour ce genre de tir à très longue distance. Fondamentalement, on dira que la 6.5 Grendel est conçue pour ceux qui veulent une cartouche qui a une portée utile plus longue que celle de la 5.56 mm, mais qui n'est pas aussi lourde qu'une .308 Win. ou aussi spécialisée qu'une 6.5 Creedmoor.

 

Voici un groupe centré en un pouce avec une 136 Scenar à 100 yards

 

 

Ici, un autre carton de 10 coups à 100 yards

 

 

Ici, 18 coups réalisés à la CZ 527 à 100 yds

 

 

 

Ici, une cible réalisée à 200 yds avec un AR 10

 

 

Ici, une cible réalisée à 300 yds

 

 

Ici, un groupe réalisé à 400 yards

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

 

 

A l’origine, la Grendel a été conçue comme une cartouche de combat. Son but était de battre les performances balistiques des 5,56 OTAN / .223 Remington dans des fusils AR-15 et pour qu’elle génère plus de puissance que la .223 Rem. en raison de sa capacité de poudre légèrement plus grande et des balles plus lourdes et aux BC plus élevés. Elle vient combler l'écart entre les 5,56x45 mm et 7,62x51 mm OTAN.

 

C’est donc une petite cartouche compacte et efficace spécialement conçue pour les carabines à plate-forme AR-15, mais son léger recul et ses performances balistiques étonnamment efficaces la rendent idéale pour les tireurs sensibles au recul, ou encore pour ceux qui veulent pratiquer le TLD ou pour ceux qui ont besoin d'un fusil de chasse léger pour le gibier moyen, et dans la limite du raisonnable, de la taille d'un cerf (surtout pour les USA). La Grendel est une excellente cartouche et sans doute l'un des principaux candidats à la cartouche la plus performante pour une plate-forme de type AR.

 

Ceci dit, si vous utilisez votre fusil à des distances inférieures à 800 mètres (99% des cas) et que vous recherchez une trajectoire plus plate qu'avec une .223 Remington standard ou que vous pourriez aussi l’utiliser occasionnellement à la chasse, la 6.5 Grendel serait un très bon choix et notamment grâce à ses cartouches performantes dont la balistique des munitions d'usine est très bonne et qui sont assez populaires pour que vous n'ayez aucun problème à trouver ces munitions manufacturées dans toute bonne armurerie.

 

 

 

 

 

Voici une série de liens et de vidéos relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://www.thetruthaboutguns.com/precision-firearms-enterprise-mod-6-5-grendel-rifle-gun-review/

https://www.gunmann.com/65-grendel-vs-65-creedmoor-vs-68-spc/

https://ultimatereloader.com/2015/09/04/6-5mm-grendel-308-ballistics-for-the-ar-15/

https://rifleshooter.com/2018/02/6-5-grendel-loads-in-a-howa-miniaction/

https://www.cip-bobp.org/homologation/uploads/tdcc/tab-i/6.pdf

https://www.midsouthshooterssupply.com/dept/reloading/rifle-brass/6-point-5-grendel

https://www.shotbusiness.com/story/news-briefs/amend2-introduces-first-65grendel-polymer-magazines/

https://www.grendelhunter.com/

https://www.lapua.com/cases/6-5-grendel/

https://www.65grendel.com/forum/

https://ultimatereloader.com/tag/6-5-grendel/

https://www.gunsandammo.com/editorial/alexander-arms-65-grendel-highlander-pistol/367891

https://www.hodgdonreloading.com/data/rifle

https://press.hornady.com/assets/pcthumbs/tmp/1410994454-2017-Standard-Ballistics-Chart.pdf

https://www.federalpremium.com/ballistics-calculator

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=M_9us2y4B9g

https://www.youtube.com/watch?v=36XhNfFKmEs

https://www.youtube.com/watch?v=gMica4pOMek

https://www.youtube.com/watch?v=-HcV-aSFBVQ

https://www.youtube.com/watch?v=DWtEBX66bxk

https://www.youtube.com/watch?v=ElzHeCetP0o

https://www.youtube.com/watch?v=XJQ4GmQ98WE

 

 

 

 

 

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 12:56
La .225 Winchester Super Short Magnum (WSSM)

 

 

Chers lecteurs,

 

 

 

C’est avec une certaine émotion que je rédige aujourd’hui cet article du début de l’été 2020, car après avoir non seulement passé le cap des 2.500 millions de visiteurs uniques, c’est une autre barrière symbolique que mon blog vient de franchir : celle de ses 10 ans d’existence !

 

C’est donc avec une grande fierté que je partage avec vous cet évènement puisqu’il s’agit d’une longévité qui n’est pas si courante que cela pour un médium « on line », et singulièrement lorsque celui-ci ne traite principalement que de sujets relatifs au tir de précision liés à l’arme d’épaule et qui n’intéressent finalement qu’un segment de lecteurs plutôt restreint de notre société, et qui plus ailleurs, est aussi souvent et malheureusement décrié par tous ceux qui ont une aversion totale pour les armes à feu.

 

Ce passage des 10 ans est également le moment particulier qui m’est donné pour vous remercier, vous tous mes lecteurs, que vous soyez fidèles, inconditionnels comme certains, ou encore occasionnels, parce que c’est vous qui avez fait de ce blog ce qu’il est devenu. Il a évolué constamment depuis sa première mise en ligne, et alors qu’il ne réunissait que quelques dizaines de lecteurs à ses débuts, il a atteint la statistique mensuelle de plus de 40.000 visiteurs uniques, et ce notamment, lors de la période de confinement !  Bref, quelques 150 articles/pages plus tard, il est devenu une référence en matière de tir de précision sur la toile et auprès de la communauté des tireurs sportifs ou récréatifs francophones, et en cela, je ne peux donc que les remercier pour leur fidélité et leur confiance !

 

Je remercie également les centaines de personnes qui m’ont écrit des commentaires, émis l’une ou l’autre remarque technique, adressé des messages de sympathie ou tout simplement témoigné leur intérêt pour le blog ou encore pour un sujet traité. A contrario, et dans une époque où tout est devenu matière à contestation, polémique et attaque gratuite, je n’ai jamais reçu le moindre message négatif ni haineux.  Probablement est-ce dû à la manière objective dont je traite mes sujets notamment, en écartant d’emblée tous les aspects péjoratifs qui pourraient être liés à l’utilisation des armes à feu. Tout cela m’a également bien encouragé et permis de vous offrir du contenu de qualité.

 

Enfin, beaucoup ne le savent pas, mais sachez que j’ai consacré quelques 2.000 heures de mon temps à la rédaction de ces articles. Raison pour laquelle, à la reprise de septembre et parce que je souhaite me consacrer aussi à d’autres choses, je ne publierai plus autant ou du moins, plus à la même fréquence. Je vous remercie d’ores et déjà pour votre compréhension.      

  

Une autre précision que je tenais à porter à votre connaissance, c’est que mon blog ne me rapporte absolument aucune rentrée financière puisque je suis inscrit depuis le début en version « free » et qu’il m’aurait fallu être en version « Premium » pour en tirer quelques fruits, … ce que je n’ai jamais souhaité !  Dès lors, les publicités qui y apparaissent et qui peuvent parfois vous déranger sont celles qui soutiennent uniquement Overblog. Par conséquent, ce n’est que par pure passion et tout à fait bénévolement que j’anime ce blog depuis 2010.

 

Bien entendu, il me revient également de remercier toute l’équipe d’Overblog de m’avoir hébergé gracieusement et permis de publier pendant toutes ces années.

 

L’article du mois est consacré à l’étude de la .25 Winchester Super Short Magnum (WSSM) ou encore la dénommée : .25 WSSM - 6,5 x 42 mm. Attention, comme chaque année, je ferai un break pour la période de vacances et ce, jusqu’à la troisième semaine de septembre.

 

Encore merci, bonne lecture, et bonnes vacances à tous !

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

A l’origine, Winchester et Browning se sont associés pour créer une nouvelle version plus courte du célèbre étui WSM (Winchester Short magnum). Le nouveau projet de « super court » devait être basé sur des principes de conception qui ont conduit et contribué au succès de la discipline Benchrest comme avec le 6 mm PPC et le 6 mm BR Remington.

Et c’est en 2003 que les premières cartouches de cette conception telles que les .223 et .243 Winchester Super Short Magnums (WSSM) ont été introduites. Ces calibres ont donc poussé un pas plus loin le concept révolutionnaire de magnum court qui avait commencé avec le .300 Winchester Short Magnum, devenant ainsi les cartouches manufacturées à la vitesse la plus élevée disponibles à l’époque. Les vitesses impressionnantes du WSSM sont obtenues en plaçant une balle légère sur un boîtier court, « gros » et volumineux. Ce concept de base a abouti à des vitesses initiales d'environ 4 000 fps pour le .223 WSSM avec certaines charges, par exemple.

En 2004, Winchester et Browning ont annoncé l'introduction d'une troisième cartouche à ajouter à leur famille Super Short Magnum, la .25 WSSM. Le plus récent et le plus grand membre des calibres de la famille des WSSM, qui est le .25 WSSM incarne donc la philosophie du « court mag » et du « super court ». Le concept magnum super court avait aussi pour but de fournir et permettre des performances « magnum » dans un fusil à action courte.

Le nouveau .25 WSSM a été une surprise pour beaucoup, car tout le monde pensait que Winchester (Olin) baserait son nouveau calibre .257 Magnum sur le boîtier WSM plus long. Cet étui a une capacité de poudre tellement réduite qu'il est devenu impossible de fournir des performances magnum réelles à la nouvelle cartouche .25 WSSM. De nombreux chasseurs se sont également demandé pourquoi les concepteurs de la .25 WSSM n'ont pas préféré une .25 WSM basée sur la douille de la .270 WSM, et si on ajoute à cela le fait que les versions .223 et .243 ont très tôt acquis la mauvaise réputation d'éroder rapidement les canons, finalement, aucune de ces cartouches n'a vraiment réussi à conquérir une large part de marché. Cela est probablement dû en partie au fait que les trois cartouches avaient aussi des performances similaires aux cartouches populaires existantes à l’époque.

 

 

La cartouche

 

 

 

La .25 Winchester Super Short Magnum est une cartouche de carabine à percussion centrale, et comme nous l’avons vu, elle a été développée en partenariat avec Browning Arms Company et Winchester munitions. Celle-ci a été présentée au public et fait ses débuts en 2004. En effet, Winchester a considérablement revu la forme des cartouches « magnum » grâce à l'introduction en l'an 2000 des Winchester magnums courts et aussi par la suite avec les familles de magnums super courts.

La .25 WSM devait fournir des performances supérieures à la .300 WSM en termes de puissance d’arrêt et de savoir s'approcher du .338 Winchester Magnum sans pour autant générer un recul « punitif », mais surtout, de permettre de réduire considérablement le poids de l'arme pour se rapprocher des caractéristiques des fusils ultra-modernes. 

La nouvelle cartouche magnum court de .257 pouce a fait ses débuts dans le fusil Winchester modèle 70 à verrou que nous connaissons bien. Le pas de rayure pour la .25 WSSM est normalement de 1 à 10, permettant ainsi l’utilisation d’une bonne gamme de balles. La .25 WSSM est une cartouche commerciale basée sur le boîtier de la cartouche .404 Jeffery, mais en le raccourcissant et le rétrécissant jusqu'au calibre .257 et en affinant l'angle des épaules à 30 degrés.

Conçue pour être utilisée dans des fusils à action plus courte, la .25 WSSM utilise un étui court et gros pour tenter d’égaler la balistique de la .25-06 avec 14 % de poudre en moins en ayant moins de recul. La conception courte et épaisse améliore davantage la balistique intérieure de ces cartouches. L'étui de la .25 WSSM est également un demi-pouce plus court que celui des boîtiers Winchester Short Magnum utilisés pour les cartouches .300 WSM, 7mm et .270 mais avec une balle équivalente chargée à la longueur totale maximale de la cartouche SAAMI, la douille a une capacité de plus de 20% inférieure à la .25-06 Remington. Et bien que le .25 WSSM soit annoncé comme équivalent au .25-06 sur le plan balistique, il reste toutefois inférieur. Cela a été vérifié notamment lorsque les deux cartouches sont chargées à des pressions similaires et testées dans des carabines avec des canons de même longueur. Ceci dit et globalement, il n'y a quand même pas beaucoup de différence entre la .25-06 et la .25 WSSM.

Le but du concept magnum super court était de fournir des performances « magnum » dans un fusil à action courte, mais son boîtier a une capacité de poudre tellement réduite qu'il est devenu impossible de fournir à la nouvelle cartouche .25 WSSM des performances réelles d’une vraie magnum. Néanmoins, il s'agit du plus gros calibre de la gamme WSSM (à l'exception des Wildcats) et qui est le plus apte que ses pairs pour chasser du plus gros gibier comme le cerf et le sanglier, par exemple.

Cela dit, le fusil conçu pour tirer avec ce calibre est plus petit, plus léger, plus compact et donc, plus facile et/ou rapide à manipuler. De plus, les actions de ces fusils Winchester et Browning super courts offrent plus de rigidité, ce qui maintien la précision tout en inhibant les vibrations éventuelles. Par conséquent, les avantages d'une action courte et robuste combinés à des vitesses extrêmes à partir d'un très petit boîtier pouvaient sembler être très attrayants pour tous ceux qui aiment tirer sur de plus longues distances avec des trajectoires extrêmement plates et voyager « léger » comme par exemple, pour chasser en Montagne. Malheureusement et malgré cela, la FN n'a pas pu augmenter les ventes de ses fusils Winchester. Les magnums courts étaient la dernière tentative de relance de ses ventes. Cela signifiait la fin de la production du fusil à levier traditionnel M94 et la fin du célèbre modèle 70 dans tous les calibres, y compris les WSM et WSSM.

La production de fusils modèle 70 dans les calibres WSSM a donc brusquement cessé en 2006 lorsque Winchester a fermé son usine de New Haven, dans le Connecticut. En 2008, lorsque Winchester a recommencé à fabriquer des modèles 70 en Caroline du Sud, l'action Super Short n’était plus très présente non plus.

En ce qui concerne les cartouches WSSM, Olin fabrique toujours ces munitions, mais ni la division Browning de la FN ni sa division subsidiaire Winchester ne sont à nouveau disposées à produire des fusils dans ces calibres. La seule chose qui maintient les WSSM en vie, ce sont bien les munitions produites par Olin. Aucun fabricant ne produit de fusils WSSM et ce, bien que les fabricants d'armes à feu spécialisés soient capables de construire ces WSSM.

Néanmoins, il existe encore actuellement des chasseurs inconditionnels de ces calibres qui sont très satisfaits des résultats, principalement aux États-Unis, et qui possèdent et tirent toujours des WSSM. Le .25 WSSM est d’ailleurs resté définitivement un favori parmi les fans de WSSM, mais finalement, il est aussi le plus difficile à trouver.

Les charges d'usine actuelles de Winchester Olin incluent la Nosler / Combined Technologies à 3470 ips, la la Ballistic 115 gr à 3060 ips, la Nosler Accubond 110 gr à 3100 ips, et pour ceux qui ont un budget plus limité, la 120 grains pointe souple (PEP) à 2990 ips. Attention, ces vitesses ont été mesurées à partir d’un canon d'essai de 24 pouces tandis que les fusils réels de ce calibre ont généralement des canons de 22 pouces.

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

 

 

 

Sa comparaison avec les autres cartouches WSSM

De gauche à droite, la famille des cartouches WSM et WSSM: .223 WSSM , .243 WSSM ,

.25 WSSM , .270 WSM , 7 mm WSM , .300 WSM , .325 WSM .

 

 

La .25 WSSM juxtaposée à d’autres cartouches comparables

Ici, et de gauche à droite, la .25-WSSM,-25x47,-25-Creedmoor,-25-308-AI,-&-257-WBY

 

 

Ici, la famille des WSSM, et de gauche à droite,

la .223-WSSM, .243-WSSM, .25-WSSM, .270-WSM, 7mm WSM, .300 WSM, .325 WSM

 

 

Ici, la douille

 

La cartouche

 

 

 

Ici, une boîte de Winchester 120 grains

 

 

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

Les calibres WSSM étaient très populaires au début des années 2000. Ils sont moins répandus aujourd'hui, mais offrent toujours des performances exceptionnelles. En effet, le .25 WSSM aurait des balistiques extérieures égales aux cartouches plus longues du même calibre. Selon Winchester, la balistique du .25 WSSM est égale à la balistique des cartouches .25-06, mais avec 14 % de poudre en moins et moins de recul perçu.

Les vitesses impressionnantes du WSSM sont obtenues en plaçant une balle légère sur un boîtier court, gros et volumineux. Ce concept de base a abouti à obtenir des vitesses vertigineuses.

Quelles sont les principales raisons de cette performance ?

  • La forme courte et grosse des douilles WSSM produit une combustion de poudre plus uniforme, offrant ainsi une vitesse de tir homogène et une meilleure précision ;
  • De plus, parce que la combustion est très efficace, un fusil avec un canon de 22 pouces plus court et plus rigide peut être utilisé tout en atteignant malgré tout des vitesses élevées ;
  • Avec la plupart des fusils à chambre WSSM, l'action est également très courte, ce qui offre une meilleure précision.

En effet, pour assurer la fiabilité de l'alimentation, les cartouches WSSM ont leur longueur totale ramenée de 2,36 pouces. Pour cette raison, une taille d'action ultra-courte a été conçue pour le fusil A-Bolt II de Browning. L'action super courte n'est pas seulement plus courte, elle est également plus rigide, plus rapide à faire défiler et aussi plus légère. Cela donne aux fusils WSSM un avantage déterminant quant à leur précision. En plus, ils sont plus faciles à épauler, plus rapidement et avec un canon plus léger, le poids total de l’arme s’en trouvant ainsi réduit afin qu'ils soient plus faciles à transporter. Raison pour laquelle, les fabricants de calibres WSSM produisaient souvent de bons fusils de montagne, très polyvalents.

 

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

Voici l’exemple d’un tableau balistique pour la balle Winchester Ballistic Silvertip 85 grains :

Longueur du canon du fusil: 24 pouces.
Diamètre de la balle: 0,257 pouce.
Poids de la balle: 85 grains.
Coefficient balistique des balles: .333.
Fusil avec lunette zérotée à : 200 mètres.

DISTANCES :

A la bouche

50 yds.

100 yds.

200 yds.

300 yds.

400 yds.

500 yds.

VITESSE BALLE :

3,470 fps.

3,309 fps.

3,155 fps.

2,864 fps.

2,590 fps.

2,333 fps.

2,090 fps.

ÉNERGIE BALLE :

2,272 ft.lbs.

2,067 pi-lb

1,879 pi-lb

1,548 ft.lbs.

1266 pi-lb

1,027 pi-lb

824 pi-lb

BULLET DROP :

- 1,8 ″

- 0,1 ″

+ 0,9 ″

0

- 5,1 ″

- 15,4 ″

- 32,2 ″

Ici, un tableau balistique comparatif de différentes cartouches

(Vitesses, énergies pour des distances de 100 à 500 Yards)

 

 

Ici, les drops comparatifs de deux .25 WSSM en 85gr et en 115gr

Ici, sur une trajectoire à longue distance mesurée jusqu’à 500 Yds, nous observons pratiquement le même drop à courte distance pour les deux balles et en particulier, jusqu’aux environs des 250 Yds. Puis, nous commençons à voir la 115gr tomber un peu plus vite, ce qui est normal, vu son poids.

 

 

Rechargement

 

De nombreux chasseurs se sont demandés pourquoi les concepteurs de la cartouche .25 WSSM n'ont pas opté pour une .25 WSM basée sur la douille de la .270 WSM ?!  Car malheureusement, la Wildcat .25 WSM est une cartouche incroyablement sensible à la pression qui présente de graves problèmes de pression avec non seulement des charges « chaudes » ou élevées mais aussi avec les charges de démarrage. Pour le rechargeur manuel qualifié, la recharge de ce calibre ne présente aucune difficulté, la seule chose vraiment difficile est de récupérer les données de rechargement officielles et de trouver facilement des douilles.

La .25 WSM reste une cartouche exceptionnelle à travailler, sauf que pour le novice, le rechargement manuel d'une .25 WSM peut occasionner de nombreux risques car le .25 WSSM est non seulement très sensible à la pression, mais aussi aux changements de type de poudre et de forme de projectile.

Ceux qui veulent s'essayer à ce rechargement peuvent trouver sur le net ou, s'ils ont de la chance, retrouver les anciennes publications de Winchester, Hodgdon et IMR et VECTAN. Les poudres qui semblent garantir une plus grande précision en termes de performances et de constance seraient les :  Hodgdon H 322 - H 380 - H 4895 - H 4831SC, IMR 3031 - IMR 4895 - IMR 4350, Winchester W 760 et Vectan Tubal 5000 - Tubal 7000.

Quoi qu’il en soit, et comme pour le rechargement de toutes les munitions, les principes fondamentaux de prudence et de sécurité doivent être respectés que ce soit pour la .25 Winchester Super Short Magnum ou pour les autres cartouches. Il est d’ailleurs tout à fait déconseillé de le faire soi-même à moins d’être un rechargeur très expérimenté !

 

A titre d’exemples, voici quelques tables trouvées sur le site de Barnes :

 

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

La cartouche de .25 WSSM, chargée dans un fusil léger à action super courte, est la combinaison « idéale » pour le chasseur aux varmints, et pour les autres gibiers moyens puisqu’il est sensé dépasser les performances du 7mm-08 Remington. C’est donc globalement une cartouche de chasse polyvalente.

Étant donné que le .25 est le plus gros calibre des WSSM, il est aussi le plus capable de gérer un gros gibier comme un cerf et un sanglier. Mais, les .25 sont surtout idéales pour les espèces de cerfs de taille légère à moyenne. Par conséquent, la cartouche .25 WSSM a atteint son objectif en tant que cartouche « très plate » de tir varmint et comme excellente cartouche pour le cerf.

Les projectiles des munitions .25 WSSM varient généralement de 75 à 120 grains, et elles peuvent atteindre respectivement des vitesses de 3700 pieds par seconde et de 2900 pieds par seconde (1128 et 884 m / s). Parmi ces charges, la 85 grains à 3 470 ips (1 058 m / s) est mieux adaptée au « varminting » qu'à un gibier moyen. Cependant, cette balle est efficace sur le gibier jusqu'à 60 kg.

La 110 grains et la 120 grains sont les meilleurs choix parmi les charges d'usine pour toute chasse au gibier pesant entre 80 et 200kg. Qu'il s'agisse de chasser les varmints ou le gibier moyen, il s'agit donc d'un projectile polyvalent capable de traiter des animaux jusqu'à la taille du cerf rouge et du cerf mulet.

Le calibre .25 WSSM neutralise proprement le gibier moyen jusqu'à 300 mètres et au-delà avec un recul très faible pour le tireur jusqu’à une distance de 400 mètres et ce, avec pas mal d'énergie disponible à la cible. Sur ce point, signalons quand même que le .25-06 a un avantage de neutralisation à une distance supérieure de l’équivalent de 50 et 100 mètres.

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

La .25 WSSM a une balistique similaire à la .25-06 mais dans une douille beaucoup plus courte. Et donc, en termes de performances, on pourrait dire qu’il s'agit d'un clone de la .25-06 Remington. Elle est également presque identique à la version améliorée de la .257 Roberts.  Avec un bon nettoyage du canon, un réglage de la détente et une bonne technique de tir, les carabines (en quelque sorte) peuvent donc quand même produire une très bonne précision. Maintenant, il est clair qu’il faudra rechercher une vitesse très rapide pour obtenir la meilleure précision et, ce seront donc des charges manuelles visant à obtenir les meilleures performances qui permettront la meilleure précision. Exemple, en utilisant une balle Hornady A-max 75 grains qui pourra atteindre une vitesse de 3600fps.

Enfin, l'inconvénient du WSSM (et du non-super WSM légèrement plus long) est que les fusils chambrant cette cartouche ont moins de capacité en munitions et que par ailleurs, ils « brûlent » rapidement les canons. Ce qui n’est pas rédhibitoire pour le monde de la chasse, mais qui se trouve quand même beaucoup plus ennuyeux pour pratiquer le tir sportif !

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Ici, un 1 groupe de 6 coups exécutés sur cible située à 100 Yds

Ici, il n’y a pratiquement qu’un gros trou !

 

Autre carton toujours réalisé à 100Yds

 

 

 

 

 

Conclusion

Winchester avait considérablement revu la forme des cartouches Magnum grâce à l'introduction en l'an 2000 des magnums courts et plus tard, des familles de magnums super courts. En 2003, les premières cartouches issues de cette conception, les .223 et .243 Winchester Super Short Magnums (WSSM), ont été introduites. Le .25 WSSM a été ajouté à la famille en 2004. L’étui de la .25 WSSM qui est presque qu’un pouce plus court, ce qui permet d’utiliser une action courte existante telle que celle utilisée par la famille de cartouches .308 Winchester. La .25 WSSM, comme toutes les cartouches ultra-courtes, est conçue pour offrir les mêmes performances qu'une cartouche « pleine longueur » mais tirée à partir d'un fusil à action courte.

Ceci dit, aucune de ces cartouches n'a réussi à conquérir une large part de marché. Cela est probablement dû en partie au fait que les trois cartouches avaient des performances similaires aux cartouches populaires existantes. De plus, les versions .223 et .243 ont très tôt acquis la réputation d'éroder rapidement les canons.

 Les cartouches Super Short étaient encore si nouvelles qu'elles n'avaient même pas eu le temps de devenir populaires alors que Browning a rapidement abandonné ses fusils chambrés en .223, .243 et .25 WSSM. Aux U.S.A, très peu de fusils de type AR sont encore actuellement chambrés en .25 WSSM, par exemple.

Tout cela est bien dommage, car bien qu’il existe encore actuellement un petit groupe de chasseurs, principalement aux États-Unis, qui possèdent des fusils et tirent des WSSM, et qui en sont très satisfaits des résultats, ce qui n’est certainement pas le cas en Europe. Pourtant, le calibre .25 WSSM est resté définitivement un favori parmi les fans de WSSM car la .25 WSSM reste une excellente cartouche et qu’elle ne mérite pas la triste histoire qu’elle a connu puisque son introduction s’est suivie de son retrait presque immédiat alors que le monde de la chasse commençait seulement à apprécier ses très grands avantages. En effet, la combinaison de la cartouche et du fusil adapté à la tirer devaient ravir les jeunes apprentis chasseurs qui désiraient s’essayer à la discipline de manière « soft » pour qu’ils puissent gagner en confiance. D’autre part, le fusil Winchester M70 aurait pu être construit avec, non seulement une action réduite, mais également avec une crosse réduite, encore mieux adaptée aux jeunes tireurs. Mais avec des « si », vous connaissez le reste de l’histoire … .

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

https://load-data.nosler.com/load-data/25-winchester-super-short-magnum-wssm/

https://www.shootersreference.com/reloadingdata/25-wssm-winchester-super-short-magnum/

https://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2014/11/25WSSM.pdf

https://www.rcbs.com/rcbs-how-to-reload/rcbs-reference-tables.html

https://www.iammo.com/ammunition/rifle-ammo/coefficient/0.35/caliber/.25-winchester-super-short-magnum/mode/list/show/96

https://huntforever.org/2016/03/07/on-the-lighter-side-part-1/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=TpVecUhgRQ4

https://www.youtube.com/watch?v=Ln0BpbopIo4

https://www.youtube.com/watch?v=X5rQUDjMi5A

https://www.youtube.com/watch?v=u3C-QaNQGvQ&list=UUOmJvqMEBKgQ8UJk714-UXA&index=17

https://www.youtube.com/watch?v=9z1QvhCEwRw

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 13:13
La .223 Winchester Super Short Magnum (WSSM)
La .223 Winchester Super Short Magnum (WSSM)

 

 

Chers lecteurs,

 

Après avoir consacré six articles consécutifs à l’influence des facteurs environnementaux sur la précision en TLD, et en espérant ainsi avoir été complet sans pour autant avoir su être tout à fait exhaustif, je vous propose de revenir à l’étude de l’un ou l’autre calibre / cartouche, certes un peu moins connu ou n’étant pas forcément dédié au TLD, mais pas pour autant moins intéressants et notamment pour nos amis chasseurs. Ce mois-ci, je vous propose l’étude de la .223 Winchester Super Short Magnum (WSSM).

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

La .223 Winchester Super Short Magnum est communément connue sous le nom de la .223 WSSM ou sous certains synonymes tels que la 5.7mm WSSM, ou la 5.56x42mm, la 5.7x42mm, la 5.7x42mm WSSM ou encore la XCR 06 042 010.

Historiquement parlant, elle est l'une des représentantes d'une nouvelle génération de munitions créées par Winchester en 2001. À l'origine, cette cartouche devait s'appeler la .223 Winchester Short Magnum , et avait été conçue comme une rivale au puissant .224 Weatherby Magnum. Dans la volonté de ses créateurs, il devait s'agir d'une cartouche pour les ongulés de petite taille (chamois, chevreuil et éventuellement le cerf), capable cependant de frapper avec une énergie cinétique résiduelle élevée et à des distances impensables pour d'autres munitions commerciales à base de balles de diamètre identique de l’époque.

Introduites en 2003, les cartouches 223 et .243 WSSM ont été créées par Winchester. Au cours de la phase de conception de la .223 WSSM, il a été constaté que le pas de rayures d'origine de 1:12 ne stabiliserait pas la balle PowerPoint de 64 grains. Pour remédier à ce problème, Winchester a adopté le pas de 1:10 qui allait s’avérer idéal pour une variété de projectiles lourds de calibre .224

Au départ, la .223 WSSM a été bien accueillie et les ventes de fusils dans ce nouveau calibre sont restées stables. En 2004, Winchester a sorti la .25 WSSM, puis en 2006, la société s'est délitée, mais les fusils pour tirer les .223 et les .243 Winchester sont actuellement toujours disponibles auprès de Browning, mais leur disponibilité future reste malgré tout difficile à déterminer.

 

 

La cartouche .223 WSSM / 5,7 x 42 mm

 

 

 

Il s'agit d'un dérivé partiel du calibre .300 WSM obtenu en recoupant le boîtier de la cartouche 404 Jeffery et en rétrécissant le collier jusqu'à permettre l'introduction d'un projectile d'un diamètre nominal de 5,56 mm (.224 "). La longueur totale de la cartouche est de 2,36 pouces, un demi-pouce plus court que la longueur de 2,80 pouces des cartouches à action courte existantes jusque-là.

Le .223 WSSM (Winchester Super Short Magnum, 5,56 × 42 mm) est aussi basé sur le nouveau concept qui a été introduit à l’époque avec la discipline de tir Benchrest. La nouvelle .223 WSSM représente aussi une étape importante dans la vente des cartouches commerciales de calibre .22 semblables en performances à une .220 Swift alors que ce n’est qu’en 1965 que le dernier gros calibre commercial de calibre .22 a été introduit avec le .22-250 Remington et que ce genre de boîtiers sans ceinture dominaient jusqu’alors le marché des calibres .22 à ultra-haute vitesse.

Alors que la .223 Remington est une sorte de .222 Remington « stéroïdée », la .223 WSSM est un concept entièrement différent : boîtier beaucoup plus court et plus gros. Membre d'une famille Winchester introduite il y a plus de dix ans,  cette cartouche était si courte qu'une nouvelle action devait être développée pour elle. Winchester l'a donc appellée l'action super courte. Bénéficiant d'un solide soutien de l'industrie, la .223 WSSM a été introduite en 2002 par la Browning Arms Company, Winchester Ammunition et Winchester Repeating Arms Company. La .223 WSSM était ainsi destinée à offrir un nouveau niveau de performances et de précision à longue portée à la famille des calibres .223 et c’est d’ailleurs ainsi que la cartouche et les fusils Winchester fabriqués spécialement pour elle ont remporté une certaine popularité parmi les « varminters ». 

 

Les caractéristiques originales du prototype et du cahier des charges de cette cartouche semblaient être les suivantes :

  • Diamètre maximum de la balle = 5,69 mm (.224 ")
  • Longueur maximale de la cartouche assemblée (OAL) = 72,64 mm pour rentrer dans une action courte
  • Longueur maximale du boîtier de la cartouche = 53,34 mm, mais attention, il doit être coupé et taillé à 53,10 mm exactement
  • Angle d'épaule = 35 °
  • Diamètre du collier = 6,43 mm
  • Pression de fonctionnement (moyenne maximale) = 4500 bar (450 MPa), mais certaines sources indiquent une pression de 4200bar (420 MPa)
  • Type d'amorces = Large Rifle Magnum
  • Pas de rayure typique (commercial) = 1 tour en 8 " pour des canons de 560 - 610 mm (22 - 24") avec des balles de 40 à 70 grains.

 

Pendant la phase de prototype, des armes ont été préparées pour commencer l'étude pratique et les premières tables de rechargement ont été lancées à l'aide de poudres Winchester 760 et WXR. Seulement, il a été vite constaté que certaines choses n'allaient pas dans la bonne direction puisque dans la phase de réalisation finale, des tests pratiques ont mis en évidence les problèmes suivants :

  • le chauffage du canon était élevé même après quelques coups, surtout en été
  • l'usure du canon était très élevée
  • certaines balles avaient tendance à se désagréger lors du passage à l'intérieur du canon, ou juste après le début de la phase de vol vers la cible
  • contrairement à ce qui s'est passé avec la .300 WSM, et contre toute attente, la précision n'était pas si  élevée qu’espérée.

Cela a conduit à repenser le système thermo balistique de la cartouche par les techniciens Winchester et il a donc été décidé de ne pas se limiter à un rétrécissement du col, mais d'opter pour une réduction de la longueur du boîtier de la cartouche. Cela faisant, ils sont donc passés du concept de " Short Magnum " à celui de " Super Short Magnum ".  Sur le plan conceptuel, la nouvelle cartouche avait des similitudes marquées avec le PPC 6 mm ou encore avec le 6mm BR Remington, car contrairement à son ancêtre (le .300WSM), il a été structuré de manière à accueillir une colonne de poudre encore plus courte. Cette disposition de poudre a été préférée pour assurer une qualité de combustion supérieure et, du moins en théorie, une meilleure précision. A cela il faut ajouter que cette disposition de la poudre devait normalement contribuer à réduire le recul perçu par le tireur.

 

Principal inconvénient de la cartouche :

Il y a un consensus pour dire que les fusils au calibre .223 WSSM ont parfois quelques problèmes d'alimentation, de précision, de fort recul de l'arme et surtout, de durée de vie du canon.

En effet, en raison de la forte pression que la cartouche développe et de la température de combustion élevée de la poudre, le tir entraîne une usure accrue du canon, ce qui est d’ailleurs typique de toutes les cartouches à petit et moyen calibre à grande vitesse et donc, les performances d'usure des calibres WSSM sont souvent égales à celles des 22-250, par exemple.

Normalement, les signes d’usure apparaissent après environ 500 tirs, mais il y a des cas connus dans lesquels quelques 300 tirs étaient suffisants pour endommager ledit canon, surtout si l'arme avait été utilisée avec des cartouches rechargées à pleine charge. Mais en réalité, la cartouche .223 WSSM ne serait impitoyable pour l'usure des canons que lorsqu'elle est chargée à la main pour obtenir des vitesses extrêmes, mais heureusement, toutes les munitions d'usine n'atteignent pas ce point d'usure extrême.

Mais avec des canons chromés, la résistance à l'usure est doublée et il convient également de noter que Browning n'a jamais vendu de fusil en .223 WSSM sans canon chromé. Grâce à cela, la durée de vie du canon est donc susceptible d'être d'environ 1000 coups avec l’avantage supplémentaire que la surface lisse des fûts chromés facilite considérablement leur nettoyage. Cette cartouche ne devrait pas être tirée à raison de plus de 3 coups entre les nettoyages totaux du canon et ledit canon doit idéalement être laissé à refroidir entre chaque tir pour maintenir une précision de premier ordre. On comprend dès lors que ces fusils sont davantage destinés à la chasse plutôt qu’au tir sur cible.

 

 

Ses dimensions définitives (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques définitives sont  :

 

  • Diamètre maximum de la balle = 5,69 mm (.224 ")
  • Longueur maximale de la cartouche assemblée (OAL) = 59,94 mm
  • Longueur maximale de l'étui = 42,42 mm, mais pour le rechargement, il sera coupé à 42,20 mm
  • Longueur au-dessus de l'épaule de l'étui à cartouches (typique) = 35,71 mm
  • Longueur de l'étui à cartouches sous l'épaule (typique) = 29,21 mm
  • Angle d'épaule = 28 °
  • Diamètre du collier = 6,91 mm
  • Diamètre à la base de l'épaule = 13,82 mm
  • Diamètre à la base du corps = 14,10 mm
  • Diamètre du fond = 13,59 mm
  • Pression de fonctionnement (moyenne maximale) = 4500bar (450MPa), mais certaines sources indiquent une pression de 4200bar (420 MPa)
  • Type d'amorces = Large Rifle Magnum
  • Pas de rayures standard (commercial) = 1 : 8 pour des canons de 560 - 610 mm (22 - 24") avec des balles de 40 à 80 grains.

 

 

Ici, la douille avec ses dimensions

 

 

 

 

Ici, la comparaison de sa douille avec celle d’une .223 Rem

 

 

 

L'apparence de la cartouche .223 WSSM est très originale car elle est dotée d’un étui en forme de bouteille inhabituellement court et épais. Cependant, cette forme inhabituelle s'est accompagnée de quelques avatars plutôt graves car, l’étui trop court a provoqué des cas fréquents de « collage » dans la chambre et dès lors  aussi entraîné sa mauvaise extraction. Cela se produit, apparemment, parce que l'axe de l’étui au moment de son envoi est situé loin de l'axe du canon, et puisqu’il est presque cylindrique, la balle au premier moment de l'alimentation n'est pas dirigée vers l'entrée de la chambre.

 

Voici la comparaison de ses dimensions avec celles de ses concurrentes.

 

La 8 est une 223-Remington; la 9 est la .223-WSSM; la 10 une .243 Winchester; la 11 est une .243-Winchester-Improved (Ackley); la 12 une .25-06;-la 13 une .270 Winchester et la 14 est une .308 Winchester.

 

 

 

Ci-dessus, et de gauche à droite, une .223-WSSM comparée à une .243-WSSM et puis, une .25-WSSM

 

 

 

 

Ici, deux boîtes de cartouches Winchester

 

 

 

 

Ici, une boîte de HSM 55 grains

 

 

Rechargement :

 

Les calibres WSSM sont chargés en usine à proximité de la pression moyenne maximale autorisée, ce qui signifie que les reloaders ne seront probablement pas en mesure d'améliorer en toute sécurité les vitesses espérées. Cependant, il est possible d'égaler approximativement les vitesses publiées avec des recharges maximales soigneusement assemblées en utilisant des balles de 55 grains tirées dans des fusils avec des canons de 24 ".

Ceci dit, le rechargement de la .223 WSSM ne présente pas de difficultés pratiques particulières. Mais, les munitions commerciales (munitions d'usine) ne sont disponibles que dans les armureries les mieux stockées, car à l'heure actuelle, elles ne sont plus aussi répandues que les autres munitions de chasse qui sont sur le marché depuis plusieurs décennies. Pour ceux qui veulent acheter des étuis, ceux-ci sont produits par Winchester et sont disponibles dans les armureries spécialisées dans les articles de la recharge.

Les amorces sont des « Large Rifle Magnum » et en ce qui concerne les poudres (voir, ci-dessous, dans la balistique de la cartouche) l'un des propulseurs les plus appropriés est de la N-560. Plus généralement, toutes les poudres chimiquement apparentées au N-560 sont d'excellentes candidates pour recharger le calibre en question. Une autre poudre qui permet d'obtenir des résultats très intéressants est la MRP.

Certains disent qu'ils n'utilisent pas de déclencheurs de type Magnum car ils pourraient développer des pics de pression très dangereux pour l'arme ou le tireur. En effet, si la recharge n'est pas effectuée de la manière la plus scrupuleuse, des signes dangereux de surpression ont tendance à se produire de manière inattendue. Pour cette raison, il est également essentiel de peser les doses avec un soin extrême et d'approcher les doses maximales avec beaucoup de prudence. Consultez bien vos tables de rechargement ! Attention, le sertissage est l'une des opérations les moins claires et les moins connues de tous ceux qui se consacrent au rechargement et donc, il est préférable d'agir comme suit :

  • ne jamais effectuer l'insertion et le sertissage en une seule opération mais en deux opérations différentes et avec deux matrices différentes ;
  • si vous avez des doutes, ne sertissez jamais les balles sans la rainure de sertissage afin de ne pas les endommager.

Ceci dit, il convient de rappeler que presque toutes les munitions commerciales destinées à la chasse présentent une balle maintenue en place par un sertissage ferme. La raison réside dans le fait que, comme les fabricants de munitions ne sont pas en mesure de créer des cartouches optimisées pour chaque arme individuelle, ils préfèrent fabriquer des cartouches de quelques dixièmes de mm plus courtes que la normale sur lesquelles ils appliquent un sertissage très ferme. De cette façon, les producteurs de munitions obtiennent des résultats qui leur permettent d’être sûrs que leurs cartouches seront bien chambrées dans n’importe quelle arme car étant plus courtes que la normale, les cartouches entreront partout et au surplus, ils sont sûrs d'avoir une combustion uniforme car avec le sertissage, la pression augmentera uniformément avant que la balle ne quitte l’étui de la cartouche.

Quoi qu’il en soit, et comme pour le rechargement de toutes les munitions, les principes fondamentaux de prudence et de sécurité doivent être respectés que ce soit pour la .223 Winchester Super Short Magnum ou pour les autres cartouches. Il est d’ailleurs tout à fait déconseillé de le faire soi-même à moins d’être un re-chargeur très expérimenté !

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

Lors de la création de cette nouvelle munition, la tâche principale a été résolue à savoir, obtenir une cartouche de petit calibre, mais avec une vitesse de balle initiale maximale, ce qui offrirait une trajectoire exceptionnellement plate. La combinaison d'une balle légère de petit calibre avec une charge de poudre puissante dans un boîtier de cartouche relativement grand a fait de cette nouvelle cartouche l'un des leaders parmi toutes les cartouches de ce calibre en termes de vitesse de balle et ce, jusqu'à 1300 m / s voire, plus. L'avantage incontestable de la cartouche .223 WSSM était donc sa trajectoire de balle extrêmement plate et sa très grande précision sur courte et moyenne distance.

Pour la petite histoire, la désignation .223 est clairement une référence au très populaire .223 Remington. C'est pratiquement encore la cartouche de calibre .22 la plus rapide au monde avec des vitesses atteignant    4 400 pieds par seconde obtenus avec les bons choix de poudre et la balle de 55 grains. En d'autres termes, la grande capacité du boîtier ainsi que le petit poids et le diamètre de la balle fournissent des vitesses initiales d'environ 1 341 m / s. On notera que jusqu'à l'introduction de la .223 WSSM en 2003, c’était la .220 Swift qui était la cartouche commerciale la plus rapide au monde. Les performances balistiques des munitions produites commercialement basées sur les 40, 60 et 75 grains sont respectivement de 4 352 ips (1 326 m / s) pour 40 gr, 3 733 ips (1 138 m / s) pour 60 gr et 3 378 (1 030 m / s) pour 75 gr. Dans les carabines sportives, une perte de 70 images par seconde (21 m / s) est courante par rapport aux résultats des tests effectués par les fabricants.

En termes de performances, la .223 WSSM génère des vitesses nettement plus élevées que d'une .223 Remington, et même plus élevées que celles de la .22 - 250 Remington d'environ 50 m / s. Certaines sources bibliographiques indiquent que le .223 WSSM est capable de fournir des performances comparables à celles du .243 Winchester avec moins de recul et moins de poussière, tandis que d'autres, de façon plus réaliste, affirment que cette similitude en termes de performances n'existe qu'au niveau théorique. En utilisant des canons de 66 cm, les vitesses à la sortie de bouche, avec les balles lourdes de 77 grs peuvent facilement dépasser 1000 m / s avec certains propulseurs particulièrement adaptés au chargement de cette munition (par exemple, de la Norma MRP, Vihtavuori N-560, Vectan SP-12 et autres). Cependant, en utilisant des canons d'une longueur comprise entre 56 et 61 cm qui sont typiques de la chasse, les vitesses seront considérablement réduites. Quelle que soit la vérité, la cartouche a été conçue pour avoir une pression maximale moyenne de 4500 bars.

Les projectiles de 60 grains et plus obtiennent d'excellents résultats avec des poudres à combustion moyenne lente telles que l'IMR 4350. Les vitesses de travail sûres à partir d'un canon de 24 pouces atteignent les 4000 fps avec des projectiles à 50 grains, 3900 fps avec des balles à 55 grains et 3750 fps avec des  balles de 60 grains. Et pour ce qui concerne les ogives de 55 grains, la .223 WSSM produit des résultats optimaux lorsqu'elle est chargée de poudres de la gamme 4064 Varget.

La Varget s'est avérée être une excellente poudre pour des balles allant de 40 à 60 grains, et l'IMR 4350 a donné les meilleurs résultats avec des balles plus lourdes. Notez que la meilleure précision de la .223 WSSM a été rapportée en utilisant des charges légèrement inférieures au maximum admissible.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une carabine Winchester Model-70 en .223-WSSM

 

 

C’est clairement une cartouche de chasse aux varmints et qui convient au tir à moyenne distance de varmint et au gibier léger à peau mince et on ajoutera que c’est une bonne cartouche combinée à un recul léger. La balle de 55 grains est destinée à la chasse aux varmints, tandis que celle de 64 grains est plutôt conçue pour la chasse au petit et moyen gibier. Mais elle n'est pas bonne pour le gibier moyen à plus de 200 mètres. La .223 WSSM sera chambrée dans des actions de fusil super court, comme le fusil à verrou Browning, le Super Short Magnum A-Bolt et les armes à feu Winchester, la Winchester Super Short Magnum modèle 70 (photo, ci-dessus), ce qui améliore la rigidité et la précision. Cette cartouche était la solution au problème de savoir mettre de la puissance « Magnum » dans un fusil à action courte. Il s'agit d'une cartouche courte, mais elle est également « obèse » ce qui permet d'utiliser des niveaux de propulseur Magnum qui offre une balle avec beaucoup de puissance pour sa taille, tout en gardant une action courte.

Jetons maintenant un œil aux chiffres de Winchester pour les charges varmint de la .223 WSSM. Il y en a deux, une balle à pointe balistique suprême à 55 grains et une balle à pointe molle pointée Super-X à 55 grains. Aux USA, les deux sont recommandés pour les chiens de prairie, les marmottes et les coyotes. En général et pour l’Europe, nous dirons que cette cartouche pourra être utilisée pour les mêmes animaux qui sont « humainement » prélevés avec une balle de 55 grains telle qu’une .22-250 ou encore une .220 Swift.

Indépendamment de l'effondrement de la marque Winchester, Olin continue néanmoins de produire des munitions d'usine de marque Winchester pour la .223 WSSM. Les charges d'usine incluent une 55 grains à 3850 fps, la Silvertip balistique à 55 grains également à 3850 fps et la balle à pointe souple Power Point à 64 grains à 3600 fps.

Alors que les deux charges d'Olin de 55 grains sont conçues pour le varminting, la charge de 64 grains est conçue pour être utilisée sur du gibier léger à moyen dans les pays/régions où la .22 peut être utilisée légalement. Par exemple, dans la plupart des états des États-Unis, il est illégal d'utiliser la .223 WSSM sur un gibier moyen. Cette balle est mieux adaptée au gibier pesant de 40 kg jusqu'à 60 kg et ce, pour un maximum de sécurité. En effet, la charge d'usine Winchester Super-X .223 WSSM avec la balle Power Point 64 grains est tout simplement inadéquate pour tirer les cerfs, quelle que soit d’ailleurs la vitesse à laquelle elle peut être entraînée ou par n'importe quelle cartouche de calibre .22 jamais produite.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Bien que la conception du boîtier de la .223 WSSM soit radicalement différente des cartouches traditionnelles, les performances sont sensiblement les mêmes que celles des autres .224 à ultra haute vitesse telles que la .220 Swift, la .22-250 et la .22-243. Toutes ces cartouches sont capables de pousser des projectiles de .224 ” à des vitesses supérieures à 4000fps, et toutes sont capables d'une précision exceptionnelle lorsqu'elles sont tirées à partir d'une plate-forme bien appropriée.

En utilisant des munitions commerciales et des armes de production industrielle conventionnelles, à moyenne portée (+/- 200 mètres), vous pourrez obtenir des groupes moyens de 7 à 8 cm de diamètre. Ce qui est tout à fait suffisant pour une arme de chasse, mais non satisfaisant pour le tir de précision sur cible.

Avec des munitions commerciales de la meilleure qualité, dans les cas les plus chanceux, elles tomberont dans un groupe de 5 cm de diamètre et ce, toujours à 200 m. C’est là que le rechargement personnalisé de vos munitions devient donc extrêmement important si vous voulez avoir les meilleurs résultats jusqu’à 200 mètres.

 

Voyez plutôt :

 

Ici, une cible réalisée avec une V-Max 40 grains - 5 coups à une vitesse de 4406 fps

 

Ci-dessus, un beau groupe de 4 coups placés à 100 Yds

 

 

 

 

La balistique comparative en quelques chiffres :

 

 

 

 

Tableau de balistique comparative avec les paramètres de ses principales concurrentes

Caliber

Bullet Weight

Overall Cartridge Length

Muzzle Velocity

Trajectory at 300 yds (100yds zero)

Muzzle      Energy       (Ft. Lbs.)

 

Ballistics Comparison for 223

223 WSSM

55 grains

2.36"

3,850 fps

-4.4     

1,810

223 Rem.

55 grains

2.26"

3,240 fps

-10.3

1,282

22-250 Rem.

55 grains

2.35"

3,680 fps

-7.3

1,654

Ballistics Comparison for 243

243 WSSM

55 grains

2.36"

4,060 fps

-3.9

2,013

243 WSSM

95 grains

2.36"

3,250 fps

-5.7

2,258

243 Win.

55 grains

2.71"

3,910 fps

-6

1,867

243 Win.

95 grains

2.71"

3,100 fps

-10.3

2,021

 

Vitesses et énergies en sortie de bouche, drops 300 yds avec zérotage à 100yds et dimensions

 

De ce tableau, il ressort qu’elle est la plus rapide des .223 et de la 22-250 Rem et qu’elle est celle qui fournit le  plus d’énergie, et qui tire « le plus plat ».  En comparaison aux .243, elle reste pratiquement la plus rapide par rapport aux 95 grains. Par contre, s’agissant de l’énergie déployée, et à part pour la 55 grains, elle est inférieure aux .243, même si elle reste très proche d’une .243 WSSM à 55 grains.

 

 

Ici, le graph comparatif du drop d’une 55 gr (bleue) avec  celui d'une 64 gr Winchester.

 

Il ne vous aura pas échappé que les deux cartouches voient leur drop « chuter » dès les 150 yards. Les mêmes drops devenant problématiques à partir des 300 yards avec un léger avantage à la 55 grains.

 

 

 

Conclusion

 

La 223 Winchester Super Sort Magnum est une cartouche de carabine à percussion centrale développée en partenariat avec Browning Arms Company et des munitions Winchester, faisant ses débuts et présentée au public en 2003. La nouvelle cartouche magnum courte de .224 ″ a fait ses débuts en étant chambrée dans le fusil modèle 70 de Winchester.

En général, la cartouche .223 Winchester Super Short Magnum est devenue une munition assez populaire, et en particulier aux États-Unis, grâce à laquelle, ils ont commencé à produire une large sélection d'armes dans ce calibre. Celle-ci est donc devenue une munition assez populaire, notamment auprès des « varminters.

La cartouche 223 WSSM atteint des performances similaires aux meilleures « wildcats » et même au niveau des cartouches manufacturées, on peut affirmer qu’elle offre aux chasseurs et tireurs de varmint de super performances en calibre .22 car cette  WSSM tire plus plat et frappe plus fort que ses rivales.

Vu l’usure des canons qu’elle occasionne, personnellement, je ne la recommanderai certainement pas aux tireurs sportifs ou récréatifs sur cible. Par contre, elle reste très attrayante pour les chasseurs qui ne tirent pas des milliers de cartouches comme les précédents.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://press.hornady.com/assets/site/hornady/files/obsolete-data/223-wssm.pdf

https://www.yumpu.com/fr/document/read/10635451/223-winchester-super-short-magnum-lhs-germany-gmbh

http://www.tiropratico.com/CIP/Commission%20Internationale%20Permanente/223winssm.pdf

https://load-data.nosler.com/load-data/223-winchester-super-short-magnum-wssm/

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=11

https://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2018/04/223-WSSM.pdf

https://www.ableammo.com/catalog/ammo_charts/Winchester_Ammunition_Ballistic.pdf

https://swfsa.org/articles/Rifle%20Trajectory%20Table.pdf

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=WnqsPEV3Ywg

 

https://www.youtube.com/watch?v=8oXo2lntYfs

https://www.youtube.com/watch?v=MsxXfGHlgUA

https://www.youtube.com/watch?v=VxdZyFNVw78

https://www.youtube.com/watch?v=hmcGpcmr54A

 

 

 

 

 

 

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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 09:34

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Le mois précédent et dans le cadre de ma série d'articles relatifs à l'influence des facteurs environnementaux sur la précision en TLD, nous avons analysé l'influence du vent sur notre précision. Mais, ce chapitre n'aurait pas été complet sans également passer en revue les outils classiques pour l’estimer ainsi que les instruments d'aide à la décision qui sont aujourd'hui à notre disposition pour améliorer cette estimation. Bien entendu, pour optimiser nos chances d'améliorer considérablement la qualité de nos tirs, ces technologies doivent être accompagnées d'un ensemble de bonnes pratiques. Ces matières feront l'objet de ce sixième volet sur le thème.

 

 

 

 

Bonne lecture.

 

 

 

Les outils classiques et la technologie utiles à la précision en TLD.

 

 

 

Nous l’avons vu, à la parfaite maîtrise de l’arme et de ses cartouches, vient s’ajouter une capacité qui consiste à savoir évaluer le vent avec précision et constance. Apprendre à lire le vent et à en évaluer sa vitesse et sa valeur est une compétence en soi, mais en TLD, juger les effets du vent est souvent semé d'embûches.

 

Comment estimer le vent pour les tirs à longue distance ?

Alors que le vent à courte distance est un facteur important à prendre en compte, son importance augmente quasi de façon exponentielle, et au plus la distance est longue, au plus il devient un critère déterminant à prendre en compte. Ainsi, lorsque vous tirerez déjà à trois ou quatre cents mètres, connaître le facteur vent (autour de vous et autour de votre cible) deviendra vital, et si vous n’y prenez pas attention, vous risquez bien de gaspiller énormément de temps et surtout beaucoup de cartouches en ratant systématiquement vos tirs tout en restant frustré de ne pas comprendre d’où vient le problème !

 

Discutons de quelques façons de le faire :

 

1.  Déterminer les informations sur le vent à l'ancienne

 

Le premier consiste à déterminer combien il y a de vent.

L’échelle de Beaufort (de Sir Francis Beaufort (UK Royal Navy), qui l'a développée en 1805) est un ancien standard de mesure de la vitesse du vent qui fournit une série d’indications, d’observations (combien de feuilles bougent, si la mer est calme ou ondulée, etc.) pour nous aider à estimer la vitesse du vent, mais cela peut parfois être inexact à moins que le tireur n’ait une excellente connaissance de la pratique des observations et en adoptant une échelle de mesure précise.

Si vous devez évaluer les conditions de vent loin de votre position de tir, vous pouvez calculer la vitesse et la direction du vent de différentes manières. Il existe de nombreux outils, indices utiles dans pratiquement tous les environnements pour vous fournir les informations dont vous avez besoin pour vous forger une idée parfois d’ailleurs très précise sur l’influence qu’aura le vent sur votre tir. Mais même si vous deviez viser à partir d’un parking géant sans herbe, sans arbuste, sans poussière ou sans arbres, vous devriez toujours pouvoir déterminer la vitesse du vent.

Vous pouvez utiliser l'herbe, les arbres, les arbustes et les débris posés au sol, les toiles d'araignées pour vous aider à estimer la vitesse et le sens du vent en fonction de la manière dont ces divers objets se déplacent en réaction à son action. Par temps calme, et à titre d’exemple, vous pouvez également regarder et utiliser de la fumée s’il y en a dans votre champ de vision. Si vous constatez un mouvement de fumée minime sur le côté, la vitesse du vent est probablement inférieure à 3 mph (4,8 km/h).

D’autre part, si vous avez une bonne lunette de tir, ou mieux encore, une longue-vue d'observation, vous pouvez également utiliser le mirage qu’elle va vous renvoyer pour estimer la vitesse du vent. Le mirage est l’effet de « vague de chaleur » que vous voyez sous la forme d’air « bougeant » lorsque votre objectif n’est plus au point. Comment cela ? Et bien, regardez à travers la longue-vue vers votre cible et déconcentrez-vous un peu jusqu'à ce que vous voyiez un miroitement. En regardant ces « vagues », vous pourrez voir la direction dans laquelle le vent les souffle. En l'absence de vent, les lignes ondulées seront orientées verticalement comme le montre la première figure à gauche dans le schéma, ci-dessous.

 

 

 

L’utilisation d’un mirage optique :

L'horizon est l'un des meilleurs endroits. Une inversion de température crée ce motif visuel et nous donne un mouvement que nous associons à la vitesse du vent. Le plus gros problème est que les modèles de mirage s'aplatissent vers les 12 mph (12,9 km/h) par rapport à leur valeur réelle totale. Il est donc difficile d'utiliser le mirage pour déterminer avec précision la vitesse du vent lorsqu’il fait vraiment grand vent. Mais même dans des vents plus forts, le cosinus du vent de la ligne cible nous montrera la quantité totale de vent du vent réel affectant la trajectoire de vol de la balle. Nous verrons cela, un peu plus loin dans cet article.

Cela signifie que si le vent souffle à 16 mph (25,75 km/h) à partir de 11 heures, et est un vent de demi-valeur (voir la signification dans l’article précédent), le mirage réel sera de 8 mph (12,9 km/h).

Pour revenir à la visualisation d’un mirage, la façon dont j'utilise une lunette d'observation (spotting scope) est de regarder dans la direction de la cible et puis de tourner ma dioptrie, ou la bague de mise au point, jusqu'à ce que je me concentre sur une zone plus proche de la cible. J'essaie alors de trouver du mirage à cet endroit-là. Ensuite, je me concentre sur le mirage sur la cible pour confirmer la vitesse du vent tout en observant le mouvement de la végétation pour la direction et la vitesse pour essayer de confirmer ce que je vois. Si toutefois le mirage est difficile à voir à ce stade, je pousse alors la lunette d'observation au-dessus de la cible jusqu'à l'horizon pour voir si je peux y détecter enfin ledit mirage.

On retiendra que si les vagues du mirage basculent à 45 degrés de gauche à droite alors, cela indique une direction du vent de gauche à droite à environ 3 à 5 mph. Si les ondes du mirage sont horizontales, cela indique que la vitesse du vent est au moins de 8 à 10 mph. Sachez enfin que des vitesses de vent plus élevées indiqueront toujours un « mirage » horizontal.

Petit conseil, soyez prudent lorsque vous vous concentrez sur de plus grandes distances. Si vous allez trop loin, vous pouvez inverser le rayon convergent ou inverser la direction du mirage dans l'optique. Ensuite, vous devrez inverser mentalement la direction, mais la vitesse restera toujours bonne. Attention, parfois certains pensent que le vent a changé de direction alors que le vrai problème est que le mirage a en fait basculé dans l'optique elle-même.

Pour être complet, et puisque nous parlons d’effet d’optique, il y a un autre facteur environnemental dont nous devons prendre en compte lors de la visée à longue portée et qui est la lumière ou dit autrement, la qualité et la quantité de lumière qui éclaire notre cible. Bien qu'une certaine quantité de lumière tombe sur notre cible tout au long d'une journée, son intensité et son effet sur notre capacité à « voir » la cible est clairement en constante évolution.

Il y a un vieil adage chez les tireurs TLD qui dit :

« Light Up - Sights Up  -  Light Down - Sights Down »

 

En effet, si vous regardez les cibles placées à 100 mètres, ci-dessous:

Plus vous vous éloignez de la cible, moins il y a de la définition dans le cadre de la cible.

 

 

Maintenant, imaginez regarder ces cibles à 300, 400 ou 500 mètres ou que celles-ci seraient plongées dans l'ombre !

Voici ce que vous pourriez voir :

 

 

 

Enfin, voici maintenant ce que vous pourriez voir à 914 mètres ou 1000 yds :

 

 

Il n’est pas difficile de comprendre que les conditions d'éclairage changeantes auront certainement un impact sur notre précision. Vous (et/ou votre observateur) devrez être attentif(s) au moment où la lumière aura changé et de saisir l'opportunité de modifier vos paramètres de visée.

En effet, si vous tiriez sur la cible de gauche (voir l’illustration, ci-dessus) et que soudainement le soleil se levait et illuminait votre cible de sorte qu’elle ressemble à la cible de droite, les paramètres de visée que vous utilisiez quand la cible était dans l'ombre, devraient idéalement revus et vous devriez maintenant « tirer bas » sur la cible illuminée.

L'inverse est également vrai. Si vous tiriez sur la cible à droite et que soudainement un nuage passait au-dessus de votre cible et la projetait dans l’ombre, les paramètres de visée que vous utilisiez sur la cible éclairée vous faisaient tirer très haut sur la cible ombragée et devraient être revus et modifiés.

De combien en haut ou en bas, difficile à dire exactement. A ma connaissance, il n’existe pas d'estimation, ni de méthode scientifique pour calculer ce changement. Mais à titre d’exemple, à 1000 mètres, même un petit changement sur la ligne de tir peut représenter un gros changement lorsque la balle atteint la cible. On devra donc impérativement en tenir compte en TLD !

 

Repères et comparaisons des vitesses du vent :

De 3 à 5 mph (4,83 - 8,05 km/h)

Dans cette plage, vous sentirez une brise régulière mais légère sur votre visage. Veillez à vous concentrer sur ce que vous ressentez sur vos oreilles, à moins qu'elles ne soient dissimulées sous un bob. Si vous êtes capable de voir le mirage (schéma, ci-dessus), les lignes de vagues suivront approximativement l'angle représenté par les positions 5 et 11 heures (ou 7 et 1 heure).

De 5 à 8 mph (8,05 - 12,9 km/h)

Les arbres peuvent vous aider … regardez si les feuilles bougent continuellement, mais pas les branches. Les lignes de mirage, quant à elles, seront orientées à un angle d'environ 45 degrés.

De 8 à 12 mph (12,9 - 19,3 km/h)

Alors que le vent se lève au-delà de la scène des feuilles en mouvement, regardez au sol. Entre 13 et 20 km/h , des objets comme le papier, les feuilles mortes et la poussière commenceront à se déplacer sur le sol.

De 12 à 15 mph (12,9 - 24,14 km/h)

Dans cette plage, les branches, les petits arbres et les arbustes commencent à bouger et à se balancer.

De 15 mph à plus (+ de 24 km/h)

Les plus gros arbres et branches bougeront. Et donc, hélas, ce sera un jour terrible et difficile pour tirer sur les cibles situées à longue et très portée !

 

Ici, un tableau indicatif et relatif à l’échelle de Beaufort

 

 

Une méthode courante d'estimation de la vitesse du vent est également de regarder un drapeau flottant. Le tireur détermine alors l'angle entre le pavillon et le mat, en degrés, puis le divise par 4. Dans l’exemple, ci-dessous, le résultat donne une vitesse approximative en miles par heure de 15mph soit, 24 km/h.

 

 

 

Qu'en est-il de la direction du vent ?

Connaître la vitesse du vent, c'est seulement une très bonne indication. L'autre caractéristique est donc sa direction. Bien que vous puissiez avoir une idée de la direction prise par un drapeau comme ci-dessus, il est plus difficile d’obtenir un angle précis par rapport à votre ligne de visée. Vous devrez donc utiliser d’autres indicateurs. L'herbe est un bon indicatif car il est facile de voir la direction dans laquelle elle se penche sous l’action du vent. Les petits arbres et arbustes fonctionnent s'il y a suffisamment de vent, et la fumée est excellente, s'il y en a dans la région. Si vous n’avez pas d’indice en vue, vous pourrez toujours faire le coup du vieux golfeur en lançant des brins d'herbe ou de légers débris dans l’air pour voir dans quel sens ils tombent.

Quoi qu’il en soit, il est toujours conseillé aux débutants de prendre des notes méticuleuses à chaque essai, lors de leurs tirs avec les conditions de vent, les corrections tourelles / réticule faites ainsi qu’un croquis topographique et un diagramme avec les groupements obtenus en fonction des réglages de la lunette accompagnés des relevés des conditions de tir : pression atmosphérique, la distance, les paramètres de la lunette, position du drapeau, ... .

 

2.   Améliorer sa précision à l'aide d'un anémomètre 

 

Comme nous venons de le voir, les techniques classiques ne sont pas toujours aisées pour apprécier et mesurer l’action du vent. Or, le tireur doit pouvoir rassembler facilement les données dont il a besoin pour ne pas avoir à centrer sa concentration sur des tâches qui ne sont pas liées à sa visée.

Heureusement, de nos jours, il existe des outils technologiques de plus en plus sophistiqués qui vont nous faciliter cette tâche. L'outil le plus fondamental est l’anémomètre de type « Krestrel » qui permet de mesurer la vitesse du vent à la position du tireur. Cet appareil, à moins qu'il ne contienne également un calculateur balistique comme, par exemple, le Krestel 5700 Elite, sera idéalement couplé à l’utilisation d’un logiciel, d’une application sur smartphone/d’un calculateur et/ou aux tables de tir (abaques).

 

 

 

Une des possibilités des plus simples serait d’être renseigné sur le vent en utilisant l’anémomètre d’une station météorologique située à proximité du champ de tir, mais malheureusement, peu de stands de tir n’en ont installé et donc, une jauge de vent, un anémomètre digital voire même, une petite station météo de poche est l’outil incontournable qui devrait faire partie du matériel TLD dans tout bon drag bag. A fortiori, indispensable pour une utilisation dans une situation tactique ou dans une situation de chasse, l'utilisation de ladite jauge contribuera au succès de vos tirs sur le terrain.

Ceci dit, même si un anémomètre portable haut de gamme peut sans doute constituer un investissement rentable pour un opérateur tactique surtout lorsque des vies sont en jeu ou encore pour des chasseurs en situation de chasse à longue distance, et c'est là que la robustesse entre également en jeu, mais cette dépense importante pourrait être tout à fait superflue si le but du tir ne réside simplement qu’à percer des trous dans une cible en carton et ce, uniquement pendant une demi-heure le dimanche.

 

Ici, des tireurs d’élite à l’entraînement avec un Krestel

 

Un reproche que l’on entend souvent à propos de ces anémomètres à main est qu’ils ne vous donneront les données de vent que sur votre position de tir, et non à la cible ni d’ailleurs, dans l’espace entre deux. C’est vrai qu’en général, il n’y a pas souvent aisé de juger avec précision la vitesse du vent directement sur la cible. Cependant, si vous avez des données précises sur la ligne de tir, vous serez mieux en mesure de faire une estimation précise du vent et donc, après calcul, de la chute de votre balle. Parfois, certaines zones auront des drapeaux indiquant la vitesse et la direction du vent entre le tireur et la cible, voire même à côté de la ligne de cibles, mais dans d’autres circonstances, le tireur devra simplement baser son estimation sur la réaction de l’environnement au vent sur la cible, mais dans les deux cas, des données précises contribueront toujours à assurer le succès des tirs.

 

 

Un petit vent peut causer de gros ratés !

Que vous utilisiez une technologie comme un anémomètre électronique ou que vous l’estimiez manuellement pour ensuite l’encoder dans une application balistique, ces données précises sont indispensables.

Des outils tels que les indicateurs météorologiques, les ordinateurs balistiques et les télémètres laser sont également extrêmement utiles et sont devenus maintenant monnaie courante tout en étant étonnamment abordables pour ce qu'ils font. La plupart de ces outils sont suffisamment fiables pour une utilisation sur terrain difficile. Nous allons d’ailleurs examiner l’un ou l’autre de ces outils technologiques par la suite.

Un des meilleurs outils pour apprécier le vent est probablement un Kestrel Applied Ballistics associé aux données que vous avez collectées sur votre arme, par le biais de chronogrammes et de tables balistiques. Bien entendu, et comme nous l’avons déjà vu, d'autres facteurs environnementaux affecteront vos performances, notamment la quantité de lumière solaire, l'altitude et les précipitations.

 

Le Kestrel (ici le modèle 3500) capture les conditions de vent exactes à la position du tireur.

 

Ce petit appareil astucieux à la taille d’un smartphone mesure les conditions météorologiques en temps réel, notamment la vitesse et la direction du vent. Bien que l'appareil dispose d'une notice importante pour comprendre toutes ses fonctions, il reste simple d'obtenir les mesures de base du vent. Il suffit de le diriger contre le vent et de laisser le mode capture s'exécuter. Si vous n'êtes pas sûr de la direction du vent, continuez de le déplacer jusqu'à ce que vous obteniez une lecture maximale de la vitesse pendant que le vent semble stable. Il capturera les vitesses de vent minimales, maximales et moyennes, donc si vous prenez les mesures entre deux rafales, vous aurez une lecture de cette brise constante entre les rafales.

Pour un montant d’environ 225€, c’est une véritable petite station météo complète que vous aurez en main. En appuyant sur un simple bouton, vous obtiendrez toutes les conditions nécessaires pour vous permettre de changer de stratégie de tir, de réduire les risques et d'assurer la sécurité. Bien entendu, si vous n’êtes pas un fan de Krestel, pour pourrez toujours trouver ce type d’appareil (et même moins cher) sur le marché asiatique, mais attention aux compatibilités Bluetooth avec les applications balistiques de vos smartphones.

A titre d’exemple, le Kestrel 3500 Pocket Weather Meter accumule toutes les données météorologiques et les lectures barométriques sur une période de trois heures, même si l'appareil est éteint. Une flèche de tendance indique si la pression est en hausse, stable ou en baisse. Ces données peuvent être utilisées en association avec les calculs de stress thermique et de refroidissement éolien de l'unité, fournissant ainsi des données environnementales en temps réel ainsi que des prévisions prédictives. Pour ceux qui ont des exigences à opérer dans l'obscurité, le Kestrel 3500NV (avec un étui olive terne) est disponible avec un rétro-éclairage rouge de faible intensité pour préserver la vision nocturne.

 

L’appareil vous fournira les mesures suivantes :

 

La vitesse du vent courant/rafales de vent maximum/vitesse moyenne du vent (mph, km/h, ft/min, m/s, noeuds et Beaufort) ;

La température/refroidissement éolien (en Fahrenheit et Celsius) :

La pression barométrique (en inHg et hPa (MB)) ;

La tendance de pression ;

L’altitude (en pieds et mètres) ;

Le point de rosée ;

L’humidité relative.

 

Avec les gammes de mesures suivantes :

Vitesse de l'air: 0.6 à 60 m/s.

Température: -10 à +55°C.

Humidité de l'air: 0 à 100%HR.

Pression atmosphérique: 10 à 1654.7 hPa (0.14 à 24 PSI).

Altitude: -2000 à +9000m.

 

En fait, le Kestrel est suffisamment intelligent que pour savoir de quelle direction le vent souffle. Vous pouvez également le diriger vers votre cible pour capturer cette donnée directionnelle. Avec ces deux informations, l'appareil connaît l'angle et la vitesse du vent par rapport à votre tir. En supposant que vous ayez saisi vos informations sur les munitions, le reste est automatique. Le Kestrel vous indiquera le nombre exact de clics, de mils ou de minutes d’angle à régler pour tenir compte du vent !

Mais il existe des modèles encore plus sophistiqués. Exemple, le Kestrel 5700 Elite avec balistique appliquée. Mais celui-ci vous coûtera environ 700€. Oui, c’est un budget, mais voyez l’engin par vous-même :

 

Le Kestrel 5700 Elite

 

Le Kestrel 5700 Elite Weather Meter est livré avec une solution logicielle (Applied Ballistics Elite). Cette combinaison avec les mesures de vitesse du vent, de direction et de densité d'air très précises offre des solutions de réglages d'élévation et de dérive pour une meilleure précision de tir à longue portée.

L'application gratuite de Kestrel LiNK Ballistics vous permet de construire et de gérer vos profils de fusil/balle et de les télécharger sur le Kestrel 5700 Elite en choisissant parmi une bibliothèque de modèles de Drag Bullet personnalisés pour les solutions de gamme transsonique et subsonique les plus précises disponibles.

Vous pouvez configurer l'appareil pour qu'il fonctionne de l'une des deux manières préférées, soit en tant que station météo autonome et solveur balistique, soit vous pouvez l’utiliser avec un appareil compatible, un smartphone, une tablette ou un télémètre et exécuter le solveur balistique via l'appareil secondaire.

L’appareil peut également être combiné et monté sur un mini trépied Kestrel pour avoir une solution de surveillance balistique autonome sur pied que vous pouvez positionner à la cible sans quitter votre position de tir. L'application LiNK Ballistics vous permet même de configurer plusieurs cibles.

 

Ici, la station sur son trépied

 

Il existe deux versions de Kestrel 5700 Elite:

Les données standard Kestrel 5700 Elite peuvent être transférées à l'aide du câble de transfert de données USB K5000 à un appareil Windows/Mac. La version LiNK Kestrel 5500FW a une connectivité Bluetooth qui vous permet de transférer des données sans fil vers un appareil iOS (iPhone, iPad) ou un smartphone ou une tablette Android lorsque vous êtes à portée de l'application Kestrel LiNK Ballistics appropriée.

Vous pouvez également transférer des données sans fil vers un ordinateur Windows ou Mac à l'aide du dongle USB Bluetooth Kestrel optionnel. Les données peuvent être consultées en direct sur l'application jusqu'à 100 mètres (ligne de mire).

Les unités compatibles LiNK peuvent être également couplées sans fil avec des télémètres laser compatibles Bushnell Elite 1 mile CONX, pour intégrer de manière transparente les données cibles dans la solution balistique pour une vitesse.

Attention, pour rappel, comme pour tout solveur balistique, les résultats que vous obtiendrez seront aussi bons que les données que vous y entrerez. Bien sûr, l'avantage de la solution Kestrel est qu'elle rassemble pour vous toutes les données environnementales en temps réel.

 

Caractéristiques techniques du Kestrel 5700 Elite avec Applied Ballistics & LINK :

 

Utilise les modèles personnalisés de la bibliothèque de coefficients balistiques Applied Ballistics ;

Mesures précises des traînées de projectiles ;

Permet de stocker jusqu'à 30 profils d'armes (et de munitions) ;

Possibilité d'enregistrer jusqu'à 10 cibles ;

Calcule les solutions complètes de tir à longue distance ;

Sélection du coefficient balistique G1, G7 ou courbes Customs AB lors du calcul d'une trajectoire ;

Obtient les données de coefficients balistiques AB pour plus de 225 balles ;

Mesure jusqu'à 15 paramètres environnementaux ;

Possibilité d'établir la corrélation entre le logiciel et vos propres trajectoires, basée sur les impacts observés à longue distance ;

Calcule et ajuste la dérive gyroscopique, le saut aérodynamique et l'effet Coriolis ;

Mesure la vitesse du vent ;

Indique la température et calcule la température ressentie ;

Indique l'humidité relative ;

Indique l'indice de contrainte thermique ;

Indique la température du point de rosée ;

Indique le taux d'humidité ;

Indique la pression barométrique et mesure la pression atmosphérique ;

Indique l'altitude et calcule la densité d'altitude ;

Prend en compte la direction du vent grâce au compas intégré ;

Indique le vent de travers, ainsi que les vents de face et vents arrières.

 

 

 

Conclusion

 

Ce mois-ci, nous nous sommes retrouvés autour d’un sujet déterminant pour la réalisation d’un tir précis en TLD. En effet, parmi tous les paramètres qui modifient ou influent sur le trajet de la balle et/ou de la précision (distance à la cible, humidité, pression atmosphérique, …) auxquels les tireurs qu’ils soient d’élite, simples chasseurs ou tireurs TLD doivent être très attentifs à l’influence du vent, l’analyser et appliquer les corrections nécessaires aux tourelles de leur lunette (ou de corriger directement au réticule) avant d’appuyer sur la détente.

Tous les aspects du vent sont importants. Que ce soit à votre position, à mi-chemin et directement à la cible, lors de la lecture du mirage ou de la végétation, il faudra prendre en compte toutes les informations disponibles pour effectuer le tir. Tout se décompose en volume (vitesse), valeur (cosinus) et terrain. De nombreux outils et technologies existent pour rassembler ces données indispensables.

Analysez le vent dans une approche étape par étape, testez le comportement de votre fusil dans toutes les conditions de tir et configurez correctement votre lunette en prenant note de tout cela pour la prochaine fois où vous rencontrerez des conditions similaires et surtout, ne tenez rien pour acquis. Ceci dit, lorsque vous tiendrez compte de chaque variable et que vous prendrez votre temps pour traiter les informations nécessaires, les vents ne vous paraîtront plus ou pas si compliqués.

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 19:23

 

 

 

Le mois dernier, je vous avais proposé l’étude de l’impact effets atmosphériques et/ou météorologiques tels que la pression atmosphérique, l’humidité, la densité de l’air et la pluie sur la précision en TLD. Ce mois-ci, et même si vivons dans une ambiance « NBC » et que nous ne sommes peut-être pas prêts de sitôt à retourner au stand, je vous ai préparé un article dans lequel nous allons examiner l’impact de l’action du vent sur la précision des tirs réalisés à longue distance.

 

 

 

Bon courage, veillez bien sur vous, et bonne lecture.

 

 

 

 

5ème partie – L’influence de l’action du vent sur la précision en TLD.

 

 

 

Précédemment, nous avions vu que les variables environnementales affectent la densité de l'air, qu’un air plus dense provoque plus de traînée sur une balle et que d’autre part, la diminution de la température ou l'augmentation de la pression atmosphérique se traduit par une variation de la densité de l'air. Nous avions également parlé de la notion de l'altitude-densité (la combinaison de la pression barométrique, de la température et de l'humidité), car elle déterminera la facilité avec laquelle une balle se déplacera dans l'air.

Enfin, les conditions météorologiques peuvent également modifier la facilité avec laquelle une balle se déplacera dans l'air. Bien entendu, vous ne pouvez pas contrôler ces conditions météo et bien que la gravité soit constante, le vent lui, ne l’est pas !

En effet, l'altitude-densité augmente à mesure que la pression barométrique diminue, ce qui diminue la résistance de l'air, mais une chute de pression au baromètre peut également indiquer une tempête imminente, ce qui signifie une augmentation du vent qui aura ses propres effets sur un tir à longue distance. Tous les tireurs savent que dès que la balle quitte le canon de leur carabine, tout mouvement d'air la fait dériver et il est même communément admis qu'un vent de travers de 8km/h (soufflant directement perpendiculairement au tir) peut, à titre d’exemple, faire dévier la trajectoire d'une .308 Win. jusqu' à 3 pouces (76mm) sur une ciblée placée à 300 mètres. Mais, juger les effets du vent pour un tir à moyenne ou à longue distance est semé d'embûches et de nombreux tireurs grimacent immédiatement à l'idée de se confronter au vent, a fortiori en TLD. En effet, imaginez le « carnage » occasionné à votre précision sur une distance de 1000 mètres lorsque le vent peut souffler dans plusieurs directions sur toute la trajectoire de la balle !

En fait, le vent n’est pas quelque chose de dramatique quand il est stable et prévisible. C’est-à-dire finalement tant qu’il agit comme une constante et non comme une variable. En effet, dans ce cas, nous pouvons calculer son effet sur le vol de notre balle et procéder aux ajustements lunette nécessaires pour le compenser en conséquence. C’est quand le vent est imprévisible, en rafale et irrégulier qu’il fait des ravages sur la précision de nos tirs. Et donc, le vent peut occasionner toute une gamme d'effets qui peuvent faire dévier la balle. Bryan Litz (balisticien) l’a très bien compris et c’est pourquoi, il écrivait dans son livre Applied Ballistics For Long Range Shooting : « Je crois que l'étude de la nature de la déflexion du vent devrait être la plus haute priorité pour les tireurs à longue portée ». C’est tellement vrai !

 

 

 

La dérive du vent est l'effet d'un vent de travers pendant le vol de la balle. La dérive du vent est généralement exprimée en pouces, ou en MOA. Le MOA est une valeur importante pour ajuster avec précision les lunettes de visée. Ce qui cause la dérive du vent est la traînée. La traînée fait tourner la balle dans le vent. Ainsi, la traînée pousse la balle sous le vent, ce qui fait que les balles suivent le vent, avec un effet un peu moins important par vent de face ou vent arrière. Le plus souvent, la dérive est latérale, mais dans de rares occasions, comme lorsque vous tirez parallèlement à une montagne très escarpée avec un vent fort qui monte ou descend, le vent peut aussi pousser votre balle verticalement et cela donnera lieu à ajuster également votre tourelle en élévation.

 

Illustration des impacts sur cible d’un tir réalisé dans un vent d’Est soufflant à 3 heures

          De la cible 1, sans vent - tir plein centre, jusqu’à un vent de 16km/h - cible 6, avec l’impact hors cible

 

Un vent de travers parfaitement perpendiculaire à la trajectoire de votre balle est généralement appelé vent « à pleine valeur », car il exerce la plus grande dérive possible. Un vent droit face à vous ou venant de derrière vous est appelé « aucune valeur » car il n'a aucun effet ou presque sur le trajet de la balle.

Un vent oblique à 45 degrés, de droite ou de gauche, n'a pas une valeur de moitié, mais une valeur de trois quarts. Il a un effet de 75%, même si l'angle n'est qu'à mi-chemin entre aucun effet et plein effet. L'effet n'est pas proportionnel à cause de l'aérodynamique d'une balle en vol.

Autre exemple, une fois que le vent ne fait plus que 15 degrés à droite ou à gauche, on n’utilisera déjà plus qu’un quart de la valeur du vent lors de la compensation. Nous verrons tout cela en détail par la suite.

N.B. : Les tireurs Bench-Rest utilisent quant à eux, des valeurs encore plus fines, divisent et calculent le vent pour une visée encore plus exacte.

Un vent contraire augmentera légèrement la vitesse relative du projectile et augmentera la traînée et sa diminution correspondante. Un vent arrière réduira la traînée et la chute de balle. Mais dans « le monde réel » des tireurs, les vents soufflant parfaitement de face ou par l'arrière sont très rares, car le vent est rarement constant en force et en direction, et interagit normalement avec le terrain sur lequel il souffle. Cela rend souvent difficile la visée ainsi que les corrections à apporter, surtout sur très longue distance !

Cependant, le vent n'est pas suffisamment constant pour maintenir une vitesse et une direction constantes de votre position de tir à l'emplacement de votre cible. De plus, il change constamment, souvent de seconde en seconde, tout comme sa vitesse. Pour ajouter à la complexité, il n’est pas rare que les conditions de vent se modifient sur toute la distance de votre tir. Il peut souffler dans une direction opposée vers le bas. Il peut y avoir des tourbillons et des tourbillons tout le long de la trajectoire de votre balle qui perturberont vos tentatives de vous y adapter. Et donc, sur les terrains obstrués, qu’ils soient artificiels ou naturels, la vitesse et la direction du vent peuvent être complètement différentes et ce, de votre position de tir et à la cible.

 

Mais dans quelle mesure le vent affecte-t-il le vol d'une balle lors d’un à longue portée ?

 

 

 

Voici un exemple de tirs réalisés à 400m au calibre .308 Winchester Sierra HPBT Match 168 gr. dans un vent de 33 km/h et tourbillonnant. On distingue clairement le « spread » des coups en fonction des rafales de vent. Passant d’un match 10 à un 7 et de gauche à droite !

 

Répartition des 15 tirs réalisés avec une.308 Win SIERRA HPBT Match 168 gr.

 

 

En comparaison, et dans les mêmes conditions de tir et même distance, mais avec des tourbillons, voici une cible réalisée avec un plus petit calibre comme le .243 Winchester avec des Sierra HPBT Matchking 95gr. On voit immédiatement que les coups sont distribués de manière encore bien plus erratique avec un spread passant du match 10 à un 2 et ce, en tournant tout autour du centre !

 

 

 

Considérons un autre exemple très simple. Supposons que nous visions une cible mise à 1,000 Yds avec un 0,308 Win. S'il y a un vent constant de 3,2 km/h se déplaçant perpendiculairement de côté et même sur toute la distance de tir, on peut s'attendre à ce que la balle dérive d'environ 11 pouces (+/- 28 cm) de côté.

Toutefois, si le vent soufflait à 8 km/h, la dérive serait alors de 41 pouces, c.-à-d. à 104cm ~= 1 mètre ! Cela signifie qu'une estimation incorrecte du vent de seulement 5 km/h peut entraîner une perte de précision de 30 pouces sur le côté. Et c’est avec un vent encore modéré, car si le vent soufflait à 32km/h, on observerait un mouvement latéral de la balle de 120 pouces, c.-à-d. de 305 cm ou encore de plus de 3 mètres !

Alors, si on ajoute à cela que le vent n’est presque jamais constant. Pire encore, qu’il pourrait souffler dans des directions complètement différentes et sur des distances différentes comme il n’est pas rare d’avoir un vent de travers, de gauche à droite et puis, dans un sens de travers opposé de droite à gauche à la cible, je vous laisse imaginer que pourrait-être la déviation de la balle !

Par conséquent, apprendre à lire le vent et à en évaluer la vitesse et la valeur est une compétence à acquérir absolument pour tout sportif qui veut devenir un bon tireur TLD. Si vous faites attention aux conditions atmosphériques et que vous maîtrisez bien votre fusil et que vous connaissez bien le comportement de votre cartouche, les ajustements en élévation et en dérive sont prévisibles et répétables. Mais le vrai « must » sera de savoir « jauger » le vent et de s’y adapter en « live ».

 

L’influence du vent

 

 

 

Comme nous venons de le voir, de mauvaises conditions météorologiques peuvent entraîner une « maladresse » au tir, et il vous faudra de réelles compétences pour « matcher » coup après coup lorsque le vent souffle. Pour savoir vous adapter à de telles conditions, vous devrez d'abord avoir une bonne compréhension de deux facteurs relatifs au vent : sa direction et sa vitesse.

Sa direction

La direction du vent peut être déterminée assez rapidement par l’observation de la façon dont les éléments l'environnement bougent, se déplacent autour de vous. S’il y a des drapeaux ou tout ce qui peut y ressembler ou encore, des éléments de feuillage dans la scène à observer, la direction est immédiatement apparente, mais si vous êtes sur le terrain, vous devrez utiliser la nature à votre avantage et être autrement perspicace.

Regardez comment les arbres bougent, ou l'herbe, les feuilles ou la poussière. De là, vous pourrez déterminer la direction du vent et vous préparer à le compenser. Donc, par exemple, si le vent va d'Est en Ouest et que vous faites face au Nord avec votre arme, vous devrez viser plus vers la droite, à l'Est, pour le compenser. Il suffit de retenir la règle toute simple que les vents de droite pousseront la balle vers la gauche, et vice versa.

Sa vitesse

La vitesse peut également être déterminée par les drapeaux ou la nature. Si vous sentez une légère brise souffler sur votre visage alors, sa vitesse devrait se situer entre 3 à 8 km/h, si les feuilles des arbres soufflent et se déplacent, c'est 8 à 12 km/h, si la poussière monte, c'est du 13 à 20 km/h, et si les petits arbres se courbent et se balancent, le vent oscille entre 20 et 25 km/h.

 

Les valeurs du vent

 

 

Après avoir déterminé la direction et avoir fait une estimation de la vitesse du vent, vous devrez attribuer une valeur à votre vent. Le système des valeurs que nous allons voir fonctionne à l’aide d’une représentation graphique d’une horloge dont les heures seront couplées à un coefficient, d’une valeur qu’il faudra utiliser pour établir notre calcul qui conduira à rectifier le tir via les réglages lunette adéquats (nbre de clicks à mettre aux tourelles).

Conçue par l'armée, l'horloge de valeur est une méthode facile pour se souvenir des valeurs de vent. Votre fusil sera toujours sensé pointer vers midi. Si le vent souffle face à vous et directement de douze heures vers 6h, ou de vos six heures à vos 12h, vous n'aurez aucune valeur à tenir en compte, et aucune correction du vent n'est nécessaire (0.00). En effet, la pointe de la balle ou sa base a une petite section transversale par rapport à la zone du côté de la balle.  Un vent sans valeur n'aura aucun effet sur la trajectoire horizontale de la balle.  Maintenant, un vent de face à 12 heures augmentera la traînée sur la balle, ce qui entraînera un point d'impact inférieur sur la cible, mais cela n'affectera pas votre réglage de la dérive.

 

Règle :

  • Un vent qui souffle vers vous, un vent de face, est un vent de 12 heures ;
  • Un vent arrière qui souffle dans votre dos - votre six - est un vent de 6 heures ;
  • Un vent venant de votre droite, soufflant sur votre gauche, est un vent de 3 heures.
  • Et un vent qui souffle de votre gauche est un vent de 9 heures.

Si le vent est compris entre 10 et 11 h, 1 et 2 h, 4 et 5 h, et enfin, 7 à 8 h sur votre horloge de valeur, vous aurez ce qui est considéré comme étant une demi-valeur et nécessitera une correction de 0,5. Grosso modo, cela affectera la dérive de moitié autant qu'un vent de pleine valeur.

Si le vent vient de 9 heures, vent qui poussera la balle vers la droite et vers le bas (Plus la vitesse du vent est élevée, plus l’impact de la balle sera bas et vers la droite sur la cible), ou de 3 heures, c'est une valeur complète (1), et nécessitera le plus de correction puisque le vent affecte tout le côté de la balle en descendant. Un vent de pleine valeur poussera la balle dans la direction du vent, mais il changera également le point d'impact vertical. Un vent fort de pleine valeur détournera la balle de façon beaucoup plus spectaculaire, même à courte portée. Un vent de 3 heures entraînera quant à lui, un impact de la balle vers la gauche et vers le haut. Il montera en diagonale sur la cible, mais pas autant qu'un vent de 9 heures qui déplace la balle en diagonale dans la direction opposée. C'est parce que la balle tourne contre le vent.

Un vent de 12 heures augmentera la traînée sur la balle, ce qui la ralentira. La balle mettra plus de temps à atteindre la cible par rapport à un vent calme. Cela entraînera la chute du point d'impact sur la cible.

De même, un vent de 6 heures poussera contre la base de la balle, ce qui augmentera légèrement la vitesse de la balle. Un vent arrière fera grimper la balle verticalement sur la cible par rapport à une condition de vent bénigne ou faible.

Enfin, il faut savoir également que la déviation par le vent est une fonction linéaire directe de la vitesse du vent.

Remarque : La plupart des canons sont usinés avec une torsion à droite (vous pouvez acheter un canon avec une torsion gauche, mais dans la plupart des cas, votre canon fera tourner la balle dans le sens des aiguilles d'une montre). Pour les tireurs à longue portée, cela provoquera un phénomène appelé spin-drift, où la balle dérivera naturellement vers la droite sur la distance.

Il est important de savoir quelles sont ces valeurs pour obtenir une mesure précise et des réglages fins qui aboutirons à vous assurer un tir précis.

Le principe : pour tirer avec précision dans le vent, compensez en visant dans la direction d'où vient le vent. Au fur et à mesure que la balle se déplacera vers le bas, elle dérivera vers votre cible. Mais pour que cela fonctionne, vous devrez cependant savoir exactement dans quelle mesure le compenser.

Notez que bien que les angles pour 8 et 10h soient les mêmes, les valeurs sont un peu différentes. Cela tient compte du fait qu'un vent de 10 heures est également partiellement un vent de face et ralentira un peu plus la balle. Mais c’est totalement académique, car le nombre que vous attribuez à la vitesse du vent restera une supposition !

 

Finalement, pour simplifier les choses, le major (US) John Plaster explique dans son cours comment déterminer les valeurs du vent et effectuer vos tirs à longue distance avec des vents différents de manière très simple :

 

 

 

Afin d'interpréter et d'appliquer correctement la compensation du vent, vous devez déterminer l'angle du vent, et sa façon dont il va influencer la balle pour déterminer la quantité de dérive à régler sur votre lunette. Un vent arrière ou vent de face n'aura aucune valeur comme nous l’avons vu, ci-dessus, car il n'a pratiquement aucun effet sur le vol d'une balle. Un vent de travers direct, qui souffle de 90 degrés dans la trajectoire de la balle, est appelé un vent « complet » car le plein effet du vent sera ressenti.

Un vent oblique de 45 degrés, de droite ou de gauche, n'a pas une valeur de moitié, mais bien une valeur de trois quarts. Il a un effet de 75%, même si l'angle n'est qu'à mi-chemin entre aucun effet et le plein effet. Mais, une fois qu'il ne fera plus que 15 degrés à droite ou à gauche alors, déjà un quart de la valeur du vent devra être utilisé lors de la compensation. Simple, non ?

Notons également que dans les matches de précision PRS et F Class, les meilleurs tireurs peuvent détecter un changement de vent de 1 mph (1,6 km/h) et s'ajuster si nécessaire, mais généralement, c’est uniquement au niveau de leur poste de tir et pas aux cibles.

 

Exemples de calcul

 

Rappel relatif à la Minute d’Angle (MOA) :

Une minute d'angle (MOA) est un terme de mesure qui équivaut à 1 pouce (25,4mm) à 100 yds. Cet angle s'étend avec la distance. C’est ainsi que le même MOA correspond à 2 pouces à 200 yds, 3 pouces à 300 yds, et ainsi de suite.  La plupart des lunettes utilisent les réglages tourelle en hauteur et en dérive avec un incrément de 1/4 MOA par click à 100yds. C’est-à-dire, qu’il faut faudra mettre (tourner) 4 clicks pour obtenir 1 MOA.

Si nous nous servons du tableau, ci-dessous, pour le tir d’une 7.62 NATO en 173 grains et

 

On notera que la compensation sur toutes les tables reflète une pleine valeur.

 

que par souci de simplification pour ce premier exemple, nous dirons que le cadran est à 90 degrés, et que comme nous l'avons vu, qu’il s’agit donc d’une pleine valeur « full value » : vent avec un coefficient de 1.  Avec une vitesse de 5 mph (8 km/h) et, si vous estimez que votre cible est située à 600 mètres alors, en regardant dans le tableau ci-dessus, on constate que la correction à apporter est de 16.0 pouces. Si votre lunette de tir comporte un bouton de dérive réglable, vous composerez donc l'équivalent de 16 pouces pour 600 mètres, et si vous avez un bouton de réglage à 1MOA, vous réalisez que 1 MOA est égal à six pouces à 600 mètres et donc, vous diviserez 60 par six, ce qui équivaut à dix, et vous cliquerez donc pour arriver à mettre 10 MOA sur votre lunette (au ¼ MOA= 4 clicks pour 1MOA) soit, en tournant 40 clicks au total après quoi vous pourrez tirer une balle d’essai.

 

Si maintenant, nous nous servons du tableau, ci-dessous, pour une .308 Win. BTHP Match en 168 grains :

 

 

Si vous savez que le vent est de 15 mph (24 km/h) et qu’il vient d’une direction oblique à 45 degrés et que la distance à la cible est de 800 mètres. Le tableau indique que la correction intégrale (avec coeff = 1) serait de 96,1 pouces, mais attention, nous n'utiliserons que les trois quarts (0.75) de cela car on sait que le vent est en oblique à 45 degrés ! Dès lors, les trois quarts des 96 pouces valent 72 pouces. Par conséquent, si vous avez un bouton de réglage à 1MOA, vous réalisez que 1 MOA est égal à huit pouces à 800 mètres et donc, vous diviserez 72 par huit, ce qui équivaut à neuf, et vous cliquerez sur neuf MOA à votre lunette soit, 36 clicks. 

Retenez que finalement, le plus facile et important à connaître est la liste qui correspond à 10 mph car une fois mémorisée, il sera plus facile de calculer mentalement puisqu’à peu près tout peut être divisé ou multiplié lorsque vous commencez par un facteur 10.

Notez que la compensation double quand la vitesse du vent double. En effet, la compensation nécessaire pour un vent de 20 mph est le double de celle d'un vent de 10 mph, tout comme cinq mph est la moitié de celle de 10 mph. Mais attention, les différences de distances ne sont pas proportionnelles : une compensation de 600 yards vaut bien plus du double de celle de 300 yards. En effet, plus la balle va loin, plus elle ralentit et plus l'effet s'aggrave.

 

Formule permettant de déterminer la déflexion du vent subie par un projectile

 

Il existe une formule qui permet de déterminer la déflexion du vent subie par une balle donnée, pour un projectile lorsqu’il se déplace. La formule est finalement très simple, mais il faudra utiliser les unités correctes : les pieds/secondes.

D = la déviation latérale en pieds

W = la vitesse du vent en travers en ft / s

T = le temps de vol en secondes (Le « vrai » temps de vol)

R = la distance en pieds (1 pied = 0,3048 mètre)

V = la vitesse initiale en ft / s

Alors, on aura la formule :   D = W (T - R / V)

 

NB: Pour convertir les ft/s en m/s à  1 pied/seconde = 0,3048 mètre/seconde

       Et aussi : 1 Yard = 3 pieds

                     : 1 mille par heure = 1,61 km/h

                     : 1 pouce = 25,4 mm

 

Application de la formule 

Prenons l’exemple d’une .22 tirée en TLD à une vitesse V de 1100 ft / s (335,28 m/s), selon les tableaux balistiques, le temps de vol T est de 1,39 seconde à une distance R de 400 Yds. Ainsi, la déflexion D du vent en pieds à 400 Yds (1.200 pieds) en raison d’une vitesse W de vent de travers de 20 mph (29,333 ft / s ou 32,2km/h) serait de : 29,333 x (1,39 - 1200/1100) = 8,77 pieds ou 105,2 pouces soit, 2,67 mètres. Oui, vous avez bien lu, une déviation de 2,67 mètres !

Divisez cela par 4 x 1,0472 et vous obtenez 25,1 minutes d'angle, ce qui correspond à ce que l'on observe dans la pratique. L'expression (T - R / V) est généralement désignée par le terme de « délai », c'est-à-dire le temps nécessaire pour que la balle soit retardée par l'air d'atteindre la cible, au-delà du temps qu'elle aurait pris dans le vide. Il est clair que la déflexion du vent est le produit de la vitesse du vent et du temps de retard.

 

Voici aussi la méthode USMC

 

 

Pour calculer les changements à opérer pour adapter la visée au moment du tir dans le vent, l'USMC a eu recours à cette méthode de réglage de la dérive après avoir déterminé la direction et la vitesse du vent, on va utiliser la formule suivante :

 

Plage à 100 m. Vitesse x dans MPH / 15 (Le 15 est une constante mathématique) = MOA réglage latéral

 

Par exemple, votre cible est située à 300 mètres de vous, et il y a un vent de 10 MPH, alors on aura :

 

3 x 10 =  30  /  15 = 2 MOA  

 

Cliquez dès lors ces 2 MOA en fonction de la configuration tourelle de votre lunette dans la direction du vent.

 

Il s'agit d'une bonne formule, sauf que celle-ci ne garde sa bonne précision que seulement jusqu’à 500 mètres voire, un peu moins (100-500 mètres diviser par 15).  En effet, lorsque votre cible est plus éloignée, la constante mathématique doit varier, comme indiqué ci-dessous :

 

  600 mètres:    Diviser par 14 au lieu de 15, puis pour :
  700 mètres:    Diviser par 13 
  800 mètres:    Diviser par 13 
  900 mètres:    Diviser par 12                                                                                                      1000 mètres:    Diviser par 11

 

 

Petit conseil pratique pour mieux tirer dans le vent

 

Les tireurs professionnels vous diront de ne pas faire des pauses lors d'un vent constant et que vous obtiendrez de bien meilleurs résultats en tirant dans un vent prévisible plutôt que d’attendre en espérant qu'un court instant de calme dure assez longtemps pour que votre balle atteigne la cible.

Les fortes rafales nécessitent de synchroniser votre tir. Lorsque vous êtes confronté à deux vents, essayez de chronométrer votre tir pour qu'il soit tiré pendant le vent le plus lent ou avec le moins de rafales ou encore avec le vent le plus éloigné afin qu'il y ait moins d'effet néfaste et un résultat plus prévisible. (Cela devient assez complexe, mais la raison pour laquelle il faut préférer de tirer à travers un vent plus éloigné est qu'il y a moins de temps de vol restant pour être affecté par le vent.).

 

 

Quid de la déflexion par le vent des balles de chasse ?

 

 

 

De par sa nature même, la chasse à longue distance dans le vent requerra peut-être moins de connaissances et d'expérience que pour le TLD de compétition. Voici pourquoi …

En effet, par nécessité de ne pas tarder trop pour ne pas laisser fuir le gibier, les calculs du vent pour la chasse doivent donc être relativement simples, idéalement utilisés par réflexe, par instinct et avec un traitement de l’information basé sur des règles et une expérience simples plutôt que des formules compliquées à retenir ou des calculs complexes. C'est dans des moments pareils que la notation de vos paramètres dans un carnet de tirs avec vos conditions de tir lors de chasses antérieures peut vous aider grandement. En fait, plus le vent affecte le vol de balles tôt, plus son effet sera amplifié. Ainsi, la règle empirique N° 1 pour la chasse à longue distance est la suivante : le premier tiers de la distance représente 30% d'impact, le deuxième tiers est de 40% et le dernier tiers représente 30% du vent. En termes simples, les deux premiers tiers du parcours de la balle représentent 70% de l'impact du vent.

Règle N°2, le chasseur devra, si possible, approcher le gibier et positionner rapidement sa carabine dans le sens d’un vent de 6h ou de 12h, dans une « zone neutre » (un vent sans valeur est un vent qui n'aura aucun effet sur la trajectoire horizontale de la balle) pour annuler ou presque ses effets afin de mettre un maximum de chance de son côté. Pour être clair, cette zone neutre se situe approximativement entre 337,5 et 22,5 degrés pour les vents contraires, et entre 157,5 et 202,5 degrés pour les vents arrière. Cela signifie que les directions du vent qui peuvent provoquer une déviation importante des balles se situent généralement entre 22,5 et 157,5 degrés avec un vent soufflant de droite à gauche, et entre 202,5 et 337,5 degrés avec un vent soufflant de gauche à droite et que 22,5 degrés de chaque côté de zéro ou de 180 degrés est une zone neutre au vent, dans le sens où un vent qui souffle à ces angles ne déviera généralement pas suffisamment une balle pour nécessiter des ajustements de visée latérale à des portées de tir normales.

Le chasseur qui voudra tirer par vent fort à longue distance peut aussi simplifier sa vie en choisissant des cartouches et des charges qui résistent à la déviation latérale des balles. Cela implique de choisir une cartouche et une charge qui équilibrent le mieux la vitesse, le poids et le coefficient balistique des balles puisque qu'une combinaison cartouche / charge qui a les attributs d'une vitesse élevée, d'un poids de balle relativement lourd, et d'une balle à BC élevé résiste mieux au vent qu'une cartouche / charge BC plus lente, plus légère et plus faible. Mais pour la chasse à courte distance dans le vent, on ne devrait se soucier ni de sa force ni, de sa direction.

 

 

Conclusion

Depuis le début de cette série d’articles consacrés aux éléments susceptibles d’influencer la précision des tireurs TLD, nous avons vu que dès que la balle quitte et s'éloigne du canon de l’arme, les effets de l'atmosphère et de la gravité deviennent « dramatiques » pour sa précision. Rappelons que le coefficient balistique (ou chiffre BC) des cartouches employées va avoir une importance déterminante sur la précision obtenue car il s’agit de leur capacité à vaincre la traînée atmosphérique ainsi que la dérive au vent. Ce cinquième chapitre avait justement pour objectif d’étudier l’effet du vent sur la précision de nos tirs en TLD. La déviation du vent fait référence à l'effet physique des courants d'air qu'une balle est obligée de combattre lorsqu'elle se dirige vers une cible. Le vent peut provenir de n'importe quelle direction et l'effet sur la balle peut varier considérablement en fonction de la densité de l'air, de l'humidité, de la température et d'autres conditions atmosphériques.

Et nous savons (ou découvert) que même si le vent est probablement l'excuse la plus courante pour les tirs ratés à longue portée, nous pouvons néanmoins et dans une certaine mesure, le contrecarrer par certaines techniques prédictives et de calcul au lieu de ne s’en tenir que d’aller tirer que par beau temps pour ne pas gaspiller des cartouches. En effet, les tireurs qui prétendent vouloir faire du TLD feraient bien mieux se forcer de s’exercer à tirer dans la brise et d’en tirer des leçons afin d’acquérir une meilleure maîtrise. Le mois prochain, nous continuerons sur le sujet et verrons qu’est-ce que la technologie et certaines précautions ou techniques peuvent nous apporter pour améliorer notre précision. 

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 12:53
 L’influence des facteurs environnementaux sur la précision en TLD 4ème partie  –  L’influence d’autres paramètres météo.

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Le mois dernier, je vous avais proposé l’étude de l’impact de la température sur la précision en TLD. Nous allons cette fois examiner l’impact que peuvent avoir certains autres effets atmosphériques ou météorologiques tels que la pression atmosphérique, l’humidité, la densité de l’air et la pluie sur la précision des tirs réalisés à longue distance.

 

 

 

 

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

4ème partie – L’influence des autres paramètres météo sur la précision.

 

 

 

Nous avons déjà vu que les variables environnementales affectent la densité de l'air. Un air plus dense provoque plus de traînée sur une balle. La diminution de la température ou l'augmentation de la pression atmosphérique se traduit par une variation de la densité de l'air.

La pression atmosphérique (et pas nécessairement l'altitude) peut modifier la densité de l'air. Il est vrai que les hautes altitudes ont généralement un air moins dense. Cependant, les conditions météorologiques peuvent modifier la pression atmosphérique à la même altitude et provoquer la même pression atmosphérique à différentes altitudes. Par conséquent, une mesure de la pression atmosphérique réelle sera plus importante que la hauteur de votre point d’ascension.

La « pression barométrique », quant à elle, est une mesure de la pression atmosphérique qui a été corrigée comme si le lieu de la mesure était pris au niveau de la mer. La pression barométrique est utile lorsque vous comparez les conditions météorologiques dans les rapports météo ou de points géographiques éloignés. La pression de la station, quant à elle,  est utile lorsque vous essayez de déterminer la densité de l'air car il s'agit d'une valeur qui n'a pas besoin d'être corrigée pour l'altitude.

On notera que les effets de la pression atmosphérique et de la température peuvent s’annuler partiellement. Aux altitudes plus élevées, la pression atmosphérique et la température sont souvent plus basses qu'aux altitudes plus basses.

Les variables environnementales qui affectent la trajectoire d'une balle sont les suivantes :

1. La pression de l'air ;

2. La température (que nous avons étudiée le mois dernier) ;

3. L’humidité ;

4. Le vent (que nous étudierons lors du prochain article).

Il existe également des éléments appelés « dérive de spin » et l'effet Coriolis (et Eötvös) qui peuvent également modifier le trajet de votre balle. Cependant, nous réserverons leur éventuelle étude pour des articles ultérieurs.

 

L’influence de la pression atmosphérique

 

 

 

A longues distances, la pression atmosphérique modifie le vol de la balle et son impact pourrait être plus important que vous ne le pensez. Mais, comment la pression atmosphérique influence-t-elle la trajectoire d'une balle ?  En résumé, on peut dire que :

• Un air plus dense ralentit une balle, exposant ainsi à plus d'effets de gravité ;

• Plus la pression atmosphérique est élevée, en raison de l'altitude ou des conditions météorologiques, plus l'air se  densifie ;

• Pour la visée, la pression barométrique est finalement peu utile ;

• Les calculateurs balistiques sont souvent nécessaires et précieux pour comprendre et tenir compte des effets de la  pression atmosphérique sur une balle.

Dans les articles précédents, nous avons vu en quoi la gravité et le vent sont les deux principales variables qui affectent le trajet de votre balle. Mais, d'autres variables environnementales ont également leur importance. Cependant, elles ne modifient que l’effet de la gravité.

Ce qu’il faut en retenir, c’est que certaines variables peuvent modifier la densité de l'air et qu’une balle ne voyage pas aussi bien dans un air plus dense / plus épais :  un air plus dense = balle plus lente = impact plus faible sur une cible.

Par conséquent, une balle ralentit plus rapidement dans un air dense et épais que dans un air moins dense et plus mince. En effet, une balle qui ralentit davantage prendra plus de temps pour atteindre une cible et sera davantage déplacée de sa trajectoire d'origine par la gravité et le vent.

Nous allons explorer chacune des trois variables qui affectent la densité de l'air individuellement, car chacune est extrêmement importante à comprendre.

 

Explorons d’abord l’effet de la pression atmosphérique :

Les prérequis

Plus la pression d'air est élevée, plus l'air est dense. La pression de l'air va changer en fonction de certaines conditions météorologiques et de l'altitude. En règle générale, la pression atmosphérique est d'autant plus basse que vous êtes au-dessus du niveau de la mer et inversement. En effet, l’air a une certaine masse et est entraîné par la gravité. A des altitudes plus élevées, il y a moins de molécules d’air qu’aux basses altitudes. Comparez cela à la pression de l'eau. Plus vous allez bas dans l'eau, plus la pression est élevée. Cependant, il n'est pas toujours vrai qu'une altitude plus élevée entraîne une pression atmosphérique moindre. Les conditions météorologiques peuvent également avoir un effet. Typiquement, quand une tempête arrive, la pression atmosphérique baisse.

La pression atmosphérique qui est mesurée est généralement qualifiée de « pression barométrique ». La pression barométrique, dont vous entendez probablement parler dans votre bulletin météorologique local est utile dans la vie quotidienne et pour anticiper les conditions météorologiques avant votre séance de tir. Ce n'est toutefois pas utile pour établir les paramètres de visée à longue distance car ce que nous voulons connaître est la pression réelle de l'air à travers de laquelle notre balle va voler.

Au lieu de s’attarder sur la pression barométrique annoncée en général, il vaut mieux concentrer son attention sur la pression mesurée sur notre mini « station météorologique » qui nous accompagne et qui nous donnera la mesure réelle de la pression de l'air à l’endroit spécifique où on se trouve lors de votre séance de tirs.

Effet de la pression atmosphérique sur la trajectoire de votre balle

Il n'y a pas de changement « standard » relatif à la vitesse et au trajet de chaque balle en raison des changements de pression atmosphérique. De plus, on sait que les balles de vitesses initiales différentes, de forme aérodynamique et de poids différents se comporteront toutes différemment. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que malgré le comportement différent des balles individuelles, l'effet net est toujours le même :  moins de pression atmosphérique entraînera une balle plus rapide. A une altitude plus élevée, l'air diminue, causant moins de résistance et lorsque vous descendez à l'air "plus lourd ", votre frappe (énergie) diminue.

Pour illustrer ce propos, voici un exemple :

 

Altitude

 

A niveau de la mer

À 2500 pieds

À 5 000 pieds

Bullet Drop (pouces)

1 670,93

1 638,94

1 608,62

Bullet Speed ​​(FPS)

782

797

810

Énergie retenue (foot pounds)

736

764

790

 

Comme vous pouvez le constater dans ce tableau, et par rapport à la balle tirée au niveau de la mer, la balle tirée à une altitude de 5 000 pieds a une trajectoire de 62,31 pouces plus plate, 28 pieds par seconde plus rapide, et possède 54 livres d'énergie supplémentaire à l'impact. C’est pourquoi, il est si important de remettre " à zéro " sa carabine une fois revenu en plaine après avoir été tirer à haute altitude.

Conclusion, l’équation est donc :

Plus de pression d'air = air plus dense = balle plus lente = impact plus faible sur la cible

Pour déterminer comment la pression atmosphérique modifie le trajet de votre balle, vous devrez utiliser un logiciel balistique ou un calculateur. Il existe de nombreuses applications disponibles sur votre smartphone qui peuvent calculer cela pour vous, et certains fabricants de rifle scopes fournissent également des logiciels libres. A titre d’exemple, je suis un grand fan de l’application Strelok Pro pour smartphone qui tourne à merveille et qui est d’une grande précision … si tant est que le logiciel est bien configuré avec vos paramètres (type de lunette, cartouche tirée, etc.) et que vous y entriez les paramètres de tir exacts (vitesse de la balle, …)..

Un autre concept à connaître est que l'air froid et sec crée plus de résistance à une balle en vol que les conditions chaudes et humides. Ces considérations environnementales doivent être prises en compte lors de l’encodage de vos paramètres de tir dans votre application avant même de pratiquer la visée à longue distance.

En enregistrant l'effet de la gravité sur votre balle à différentes distances et à une certaine pression atmosphérique, vous pourrez ensuite ajuster la pression atmosphérique dans les différentes solutions logicielles pour voir les changements que celle-ci aura sur le trajet de votre balle. En fait, il existe de très bon outils (Krestel, …) que vous pouvez emporter sur le terrain et qui mesureront la pression de l'air à votre emplacement et qui calculeront automatiquement les corrections à apporter à votre réglage lunette.

Malheureusement, ce n'est pas si simple et limité à ces mesures. Vous ne pourrez pas simplement regarder la pression atmosphérique et vous en contenter. D'autres variables vont également entrer en ligne de compte et affecter la densité de l'air tout comme la température qui va souvent occasionner l’effet opposé de la pression atmosphérique. Mais pour faire simple, rappelez-vous que les températures plus froides entraînent un air plus dense et donc, des balles plus lentes.

 

L’influence de l’humidité

 

 

Concomitance de la température, de l’humidité et de l’altitude

Une balle se déplace plus lentement et tombe donc plus rapidement dans un air dense. Selon cette logique, plus il y a d'humidité dans l'air, plus le tireur doit mettre une élévation importante. Cependant, à des altitudes plus élevées, l’air devient plus mince, ce qui accélère le mouvement de la balle et le tireur doit donc soustraire ensuite l’altitude. Les balles peuvent également voyager à des vitesses plus élevées les jours chauds, mais seulement s’il y a peu ou pas d’humidité. La température des munitions a un effet similaire : les balles chaudes voyagent plus rapidement que les balles froides et leur température doit être prise en compte lors du réglage de l'élévation également.

L’humidité

De nombreux tireurs pensent que l'humidité (c.-à-d. la quantité, le taux d'humidité dans l'air et non la pluie !) peut avoir un impact sérieux sur la précision. En théorie, l'air contenant un degré d'humidité élevé doit forcément être plus dense que l'air sec. En conséquence, il doit occasionner plus de résistance à une balle en vol que l'air sec. Mais le fait est que la quantité d'humidité dans l'air n'a pratiquement aucun effet sur la précision des balles. C'est parce qu'une molécule d'eau pèse moins qu'une molécule d'air sec. Et oui, l'air humide est en réalité moins dense que l'air sec. En fait, quand on dit que l'air ambiant a 100% d'humidité (c'est-à-dire qu'il retient autant de vapeur d'eau qu'il peut à sa température actuelle), il ne contient toujours que 4% d'humidité !

A titre d'exemple, regardez les chiffres obtenus avec cette configuration :

Calibre = .45-90

Vitesse = 1300 pieds par seconde

Distance = 1 000 mètres

Coefficient balistique = .400

 

Niveau d'humidité

 

 

0%

50%

100%

Bullet Drop (pouces)

1,629.66

1 626,88

1 624,12

Bullet Speed ​​(FPS)

800

801

802

Énergie retenue (foot pounds)

769

772

774

 

D'après les chiffres ci-dessus, la trajectoire de la balle devient plus plate (avec moins de chute - drop), elle se déplace plus rapidement (vitesse plus élevée) et contient plus d'énergie lors de l'impact à mesure que l'air devient saturé d'humidité.

Par conséquent, malgré ce que pense la plupart des gens, l'effet balistique est opposé auquel ils s’attendent :

Une balle se déplace plus facilement dans l'air humide et donc, la densité de l'air diminue à mesure que l'humidité augmente. Et, aussi fou que cela puisse paraître, plus il y a d'humidité dans l'air, moins l'air est dense et donc, une augmentation de l'humidité entraînera une balle plus rapide et une diminution de l'humidité entraînera une balle plus lente.

On peut ainsi en conclure que bien que ce soit la moins influente des trois variables environnementales, l’humidité a effectivement une influence sur la trajectoire de votre balle, mais que le changement d’humidité est le facteur qui aura de loin le moins d’effet. Par exemple, un changement d'humidité de 100% à zéro ferait qu'une balle n'atteindrait que 3 pouces de moins à 1 000 mètres, il n'y a donc pas besoin de se prendre la tête avec cette variable !

Néanmoins, si vous passez d'un climat désertique à une zone très humide, vous pouvez vous attendre à ce que votre point d'impact augmente. Une règle qui est généralement admise est que vous pouvez vous attendre à un changement d'environ 0,5 MOA pour chaque changement d'humidité de 20%. Ce qui pourra être négligé par nos amis chasseurs qui tirent à courte distance.

Le concept d'altitude-densité

L'altitude-densité est un chiffre normalisé qui représente l'effet cumulatif des trois variables environnementales. Il s'agit d'un chiffre calculé à partir d'un ensemble de conditions « standard » (pression, température et humidité) au niveau de la mer, puis représentant les trois comme étant l'altitude à laquelle vous devez être confronté pour connaître vos conditions actuelles. Essentiellement, si l'effet net des variables résulte en un air plus mince, votre valeur d'altitude-densité sera plus élevée car avec ces variables « standard » supposées, vous devrez être à une altitude plus élevée pour faire l'expérience d'un air plus mince.

En utilisant l'altitude-densité, vous pouvez enregistrer vos données d'altitude nécessaires pour atteindre certaines cibles à votre altitude-densité actuelle. Ensuite, lorsque vous changez d'emplacement ou que les variables d'environnement changent, vous pouvez regarder quelle est la nouvelle altitude-densité.

Bien sûr, vous aurez probablement besoin de commencer avec un calculateur balistique pour collecter et confirmer vos données d’altitude. Cependant, vous pouvez enregistrer vos nouvelles données pour cette nouvelle altitude-densité. Ensuite, chaque fois que vous rencontrez cette altitude de densité identique similaire (que ce soit en raison de votre changement d'altitude réel ou de l'effet net de l'évolution des variables d'environnement), vous pourrez référencer les données que vous avez enregistrées pour cette altitude-densité et commencer à viser et donc, oui, vous devrez toujours vous soucier de l'environnement. Cependant, en utilisant le concept de l'altitude-densité, vous pouvez réduire toutes les variables à une seule valeur à suivre, ce qui est sensé simplifier les choses.

 

L’influence de la pluie, du grésil et de la neige sur la précision

 

 

 

Pour ce qui concerne les conditions de tir, la pluie, la grêle et la neige peuvent nuire gravement à votre visibilité et vous mettre généralement mal à l'aise si  l’eau coule dans vos yeux et votre visage. Lorsque vous regardez à travers votre lunette, il est difficile de maintenir une bonne image de visée avec des gouttes de pluie tombant sur vous et l'oculaire. Sans parler de la réduction +/- forte de la visibilité de la cible. Bien sûr, il va sans dire que toutes vos optiques doivent être étanches. Votre lunette d'observation, votre télémètre, votre lunette de visée doivent au minimum tous être classés comme résistants à l'eau et antibuée. En « Mid-Range » et par exemple, jusqu’à 400m, la situation reste gérable si toutefois la luminosité reste correcte, mais au-delà de cette distance, ça devient vraiment problématique quand un rideau d’eau s’abat tel un écran entre vous et la cible.

Mais alors, que se passe-t-il au niveau de la balistique et de la précision sous ces conditions ?

On entend tout et n’importe quoi sur ce qui se passe lorsqu'une balle vole sous la pluie. Jusqu'à présent, il y a eu peu de travaux publiés sur le sujet. L’hypothèse la plus courante qu’on entend est qu'une onde de pression se forme sur le nez de la balle supersonique et repousse quoi que ce soit et que donc, l'eau ne touche jamais la balle. En effet, selon cette assertion, lorsque la balle quitte le canon, elle se déplace à des vitesses dépassant largement celle du son. Étant donné que la balle se déplace plus rapidement que la vitesse du son, celle-ci crée une onde de choc supersonique autour d'elle.

Cette onde de choc entourant la balle est le résultat de la forte compression de l'air à l'extrémité la plus avant de la balle lors de sa découpe dans l'air. À mesure que la balle avance, une vague d'élargissement d'air comprimé s'échappe en diagonale de la pointe de la balle. Les flancs de la balle créent une forme d'onde conique. Étant donné que la balle a son propre cône de protection autour d'elle, dispersant l'air à la manière d'un cône, les particules d'eau ne toucheront jamais la surface de la balle car elle est déviée par l'onde de choc supersonique.

Le problème réside alors lorsque la balle devient subsonique, ou est dans l'état de vol transsonique. Alors que la balle passe du supersonique au subsonique, le « cône protecteur » autour de la balle, en commençant par le nez, commence à retomber vers la queue de la balle, exposant ainsi la balle aux particules dans l'air. Les données enregistrées concernant la façon dont la pluie affectera la balle ont été quelque peu difficiles à recueillir en raison du fait que les performances de la balle de supersonique à subsonique sont presque imprévisibles ou difficilement mesurables.

La neige agirait de la même manière que la pluie, bien qu’avec la neige, le résultat de températures plus basses devrait être aussi pris en compte.

On entend également dire que même si l'eau frappe la balle, elle se déplace trop vite et a suffisamment de masse pour qu'une goutte n'ait aucun effet. Mais en fait, les deux hypothèses sont fausses.

Pour essayer de vérifier cela et d’approcher ce type de phénomènes, une équipe de balisticiens (de l'EMRTC) a observé et effectué des tests de tirs sous la pluie pour Guns & Ammo TV aux USA et il en ressort que l’effet est beaucoup plus important qu’on ne pourrait le penser !

Les gens de l'EMRTC disposaient d’instruments puissants pour filmer une balle frappant une goutte de pluie pour savoir exactement ce qui se passe quand une balle frappe une goutte en la filmant à grande vitesse.

La configuration de la caméra était spécifique pour travailler selon une technique appelée « technique Schlieren » pour savoir détecter les différences de densité de l'air. Elle filmait également à environ 70 000 images par seconde, de sorte qu'elle pouvait capturer tout ce qui se passait avec des détails incroyables. La carabine de test était chambrée en .308 Winchester et tirait des balles Hornady 125 grains GMX. La caméra était réglée pour filmer à quelques pouces devant la sortie de bouche.

Cette expérience a permis de comprendre la raison pour laquelle il y a eu un changement si énorme dans le vol de la balle sous la pluie puisque de fait, la balle a frappé une grosse goutte d'eau peu de temps après avoir quitté la bouche du canon de l’arme pendant l’expérience. La chute a également touché la moitié supérieure de la balle, ce qui lui a permis d'exercer une influence maximale sur le vol ultérieur de ladite balle.

Cette expérience a donc mis à mal les mythes qui circulaient jusqu’alors. Le premier selon lequel la pluie ne touche jamais la balle. C'est certainement le cas. Ce n'est que lorsque la goutte ronde a touché l'ogive de la balle qu'elle s'est rapidement fragmentée. Une onde de choc s’est également formée sur la goutte de pluie qui s’est désintégrée. La vague provenant de la goutte de pluie est entrée en collision avec l'onde de choc du nez de la balle et l'a fait changer de forme. D’autre part, toute perturbation de l'onde de pression du nez de la balle entraînera donc une certaine déviation en vol, et cela aussi  ça a été capté par la caméra. Lorsque les deux vagues se sont mélangées, l'onde de choc de la balle a ondulé, la rendant moins stable en créant ainsi plus de traînée.

Cela signifie-t-il que les tireurs doivent se soucier de tirer sous la pluie ? Et bien pas vraiment car même sous une pluie assez importante, la probabilité de toucher une goutte avec une balle reste assez faible. Cependant, preuve en est qu’il y a quelques cas où cela vaut la peine de se souvenir de cette étude.

Personnellement, je me souviens d’avoir fait un très bon tir en .223 Rem à 400m sous une pluie battante et je n’ai vraiment pas eu l’impression d’avoir perdu plus de précision que dans les conditions de tirs habituelles par temps sec. C’était également l’impression que partageait un ami qui tirait également à la .223 Rem au pas de tir qui jouxtait directement le mien.

Néanmoins en TLD, le même type de tir risque d’être beaucoup plus vulnérable à l'influence de la pluie et risque de donner des résultats quasiment catastrophiques. Au final, on recommandera quand même d'éviter les tirs à longue distance sous une pluie forte et régulière. Tout impact avec une ou l’autre goûte modifierait dès lors suffisamment le vol de la balle pour que le tir soit beaucoup moins bon que par temps sec.

 

 

Conclusion

 

Ce quatrième chapitre avait pour objectif d’approfondir quelque peu les effets de certains phénomènes météorologiques dont certains peuvent influencer considérablement la précision de nos tirs en TLD, et nous y avons découvert que le temps de vol d'une balle à une certaine distance n'est pas une constante. Les variables environnementales peuvent permettre à une balle de mieux conserver sa vitesse ou encore de la ralentir davantage, entraînant ainsi un temps de vol différent. Le mois prochain, nous verrons que la même chose peut être dite voire même, amplifiée en considérant l'effet que le vent peut exercer sur une balle et sa trajectoire.

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

 

 

 

https://www.accurateshooter.com/technical-articles/ballitics-altitude-and-air-pressure/

https://gundigest.com/more/how-to/firearm-training/ballistics-air-temperature-bullet-flight

https://www.riflemagazine.com/long-range-variables

https://outdoorsolutionscorp.com/long-range-shooting-variables/

https://www.gunwerks.com/blog/long-range-pursuit-2/post/bullet-drop-compensators-5

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=socvpNPi6DA

https://www.youtube.com/watch?v=VqOqZBRZsj8

https://www.youtube.com/watch?v=oAuduag0g1k

https://www.youtube.com/watch?v=FgI98keskKo

https://www.youtube.com/watch?v=-_O_au3lJJs

https://www.youtube.com/watch?v=t89B2S5b10E

 

 

 

 

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 12:36
L’influence des facteurs environnementaux sur la précision en TLD - 3ème partie – Les facteurs externes – La température.
L’influence des facteurs environnementaux sur la précision en TLD - 3ème partie – Les facteurs externes – La température.

 

 

Chers lecteurs,

 

Pour clôturer 2019, je vous avais proposé le second volet de ma série d’articles consacrés à l’influence des facteurs environnementaux et autres sur la précision en TLD. En ce début d’année et dans les mois qui viennent, nous allons examiner l’impact que peuvent avoir certains effets atmosphériques sur la précision des tirs réalisés à longue distance. Aujourd’hui, nous allons analyser celui de la température.

 

Bonne lecture.

 

 

3ème partie – L’influence de la température sur la précision en TLD. 

 

 

 

 

Pour rappel, en vol, les forces principales qui agissent sur le projectile sont la gravité, la traînée et le vent.  La gravité transmet au projectile une accélération vers le bas, le faisant ainsi finalement tomber. La traînée ou la résistance de l'air décélère le projectile avec une force proportionnelle au carré de la vitesse (ou du cube, ou même de puissances supérieures de v, en fonction de la vitesse du projectile). Quant au vent, il fait dévier le projectile de sa trajectoire. Pendant le vol, la gravité, la traînée et le vent ont un impact majeur sur la trajectoire de la balle et doivent être pris en compte lors de la prévision de son déplacement.

Mais pour des distances et des temps de vol moyens à plus longs, outre la gravité, la résistance de l'air et le vent, il convient de prendre en compte plusieurs autres variables et facteurs externes. Cela peut paraître trivial ou évident à dire, mais plus les distances sur lesquelles vous tirez sont grandes, plus il est essentiel de surmonter lesdites variables externes pour assurer ou maintenir votre chance de succès d’un tir au but.

Comme nous l'avons déjà vu, il y a une différence entre la trajectoire théorique d’une balle dans le vide et sa trajectoire réelle dans l'air où sa traînée aérodynamique est d’ailleurs causée par l'air. La traînée est principalement due à la densité de l'air et vous ne serez pas surpris d'apprendre que les variations de la densité de l'air entraînent également des variations du point d'impact vertical.  

La densité de l'air est principalement affectée par la pression barométrique et la température. Elle est également affectée par les variations d'humidité, mais au final, pas tant que cela, la raison étant que la vapeur d'eau est beaucoup plus légère que l'air. Cela peut paraître surprenant, mais la vapeur d’eau a un poids moléculaire de 18 alors que l’air, qui composé d’environ 75% d’azote et de 25% d’oxygène, a un poids moléculaire moyen d’environ 29.

La gamme des variations de pression atmosphérique et de température susceptibles de se produire lors de tirs réalisés dans nos contrées est néanmoins assez large. La pression atmosphérique peut varier entre environ 960 et 1070 mb et les températures atmosphériques susceptibles d’être rencontrées seront généralement comprises entre -10° et 40° C. Il est peu probable que les extrêmes de pression et de température se produisent en même temps, mais on peut néanmoins s’attendre à une plage globale de densité de l’air variant jusqu’à 15%.

Pour vous donner une idée des corrections d'élévation nécessaires à apporter pour tenir compte de ces variations atmosphériques, de telles variations suffisent pour que l'angle d'élévation à 300 mètres varie de 5 minutes entre les jours les plus favorables et les moins favorables !

Et il y a même une règle de base que les anciens utilisaient déjà pour corriger cela : pour chaque différence de 6,5 degrés par rapport à la température à laquelle vous avez mis à zéro, vous pouvez vous attendre à une baisse de 0,5 à 1,0 moa. Donc, si vous avez mis à zéro lorsqu’il y avait 21 degrés et que vous allez chasser dans une région beaucoup plus froide par la suite et où il fait -34° quand vous êtes arrivé, vous avez une différence de 55 degrés ! Cela devrait signifier que votre point d'impact sera +/- inférieur de 4,25 à 8,5 moa. Ceci dit, cette règle empirique vous donne un écart trop important pour vous aider si vous devez effectuer un tir de 300 mètres !  Le mieux est donc de toujours encoder la nouvelle température dans votre calculateur balistique et de régler votre carabine sur le site, en fonction des conditions climatiques dans lesquelles vous y chasserez.

Du point de vue de la densité de l’air, les jours « favorables » seraient ceux où les pressions basses et des températures élevées se produisent en été. Les jours « défavorables » se rencontreraient là où y a de la haute pression et de la basse température comme lors de beaux jours calmes en hiver.

Donc, gardez à l'esprit que les effets atmosphériques tels que la température, l’humidité, la pression barométrique, et le vent lorsque nous tirons un match à longue portée, seront des paramètres dont nous allons devoir tenir compte pour ajuster la visée tout au long du match pour faire face aux conditions changeantes, et parfois même, au coup par coup !

Connaître l'effet que les facteurs météorologiques ont sur la précision et utiliser habilement ces informations lorsque nous ajustons ces changements à nos visées peuvent faire la différence entre manquer complétement la cible, par exemple, en raison d'un changement de vent, ou de rester bien au centre de la cible et même de performer avec des « 9 » et des « 10 » tout au long de notre séance de tirs. Je connais personnellement un vieux briscard qui a réalisé une série de « 10 » consécutifs, tout au long de ses 20 tirs à 400m (mid-range) sur cible SIUS 310 (ISSF 300m), il y a juste une vingtaine de jours d’ici. Je pense qu’en l’espèce, nous pouvons le qualifier d’excellent tireur … non pas pour ses facultés physiques ou visuelles (il vient de fêter ses 90 ans !), mais bien grâce à son expérience, sa maîtrise et le fait qu’il ait tout compris en matière de tir à longue distance.

 

L’influence de la température de l'air et de la cartouche

 

 

 

La température de l'air peut modifier la densité de l'air. L'air plus chaud est moins dense. Par conséquent, des températures plus élevées entraînent des temps de vol plus courts, en raison de la réduction de la traînée. Des températures plus élevées peuvent également entraîner des balles plus rapides car la poudre dans une cartouche plus chaude brûle généralement plus vite et produit des vitesses de balle initiales plus élevées.

En général, toutes les poudres sont peu ou prou affectées par la température, certaines plus que d’autres. Cela signifie que la température de la munition et la température de l'air ambiant importent. Par exemple, laisser les munitions au soleil ou dans une chambre chaude peut augmenter la température de la cartouche, même si la température de l'air ambiant n'a pas changé.

Ceci dit, les effets de la température et de la pression atmosphérique peuvent s’annuler partiellement. Aux altitudes plus élevées, la pression atmosphérique et la température sont souvent plus basses qu'aux altitudes plus basses.

 

 

 

 

Température ambiante

 

La température ambiante de l'air a un effet inverse sur la densité de l'air. À mesure que la température de l'air augmente, sa densité diminue.

Cela peut créer un effet d'équilibrage des altitudes changeantes. Généralement, lorsque vous montez en altitude, la pression atmosphérique diminue (toutes choses étant égales par ailleurs). Cependant, plus vous montez, plus la température baisse. Par conséquent, une élévation accrue entraînera probablement moins de pression atmosphérique (entraînant une balle plus rapide dans un air moins dense), mais également une baisse des températures (entraînant une balle plus lente dans un air plus dense).

En fait, la température de l'air pourrait même être la variable environnementale la plus importante car elle est souvent négligée, et que dans des conditions atmosphériques très variables, elle jouera un rôle important, voire même déterminant dans le degré de précision obtenu ! Lorsque vous êtes conscient des effets sur l'environnement et que vous « zérotez » votre fusil à une altitude donnée avant de tirer à une altitude différente, vous ferez en sorte de ne pas oublier de prendre en compte la différence de pression atmosphérique. Cependant, lorsque vous n'avez pas plus été au stand de tir depuis un bon moment, il est assez courant d'oublier de prendre en compte la différence de température par rapport à laquelle vous aviez « zéroté » et collecté vos données quelques mois plus tôt, et lorsque votre fusil et vos munitions ont fonctionnés à une toute autre température et que vous aviez réglé en fonction des conditions de l’époque. Alors que déjà d’une semaine à l’autre, nous savons tous qu’il nous faut adapter quelque peu notre visée, même si en général, il ne s’agit que de quelques clicks de lunette à ajuster.

 

Mais au fond, quelle différence cela peut-il faire ?

Voici un exemple concret :

Si vous tirez des balles de .308 Winchester Federal Champion en 175 grains qui sortent de la bouche de votre fusil (« zéroté » à 100m) à environ 2 600 pieds par seconde, un jour d’hiver où il fait 12,8 degrés Celsius, vous pouvez vous attendre à une chute d’environ 223 pouces de 100m à 800 mètres. Mais si toutefois, vous ne reveniez plus tirer au même endroit et avec les mêmes réglages avant qu'il refasse 35 degrés (+/- 23° de différence) en été, et que vous vous attendiez donc à faire un ajustement de votre lunette pour tenir compte du drop des 223 pouces de votre balle, qui était tombée à 800 m à l’époque, vous rateriez votre cible d'environ 10 pouces, soit de 25,4 cm ! Un petit conseil pour ceux qui possèdent un calculateur balistique du type Strelok Pro, je les invite à s’adonner à quelques simulations du genre pour mesurer pleinement les effets de la variable température. Ils seront très certainement surpris des résultats obtenus !

 

 

 

 

 

Température de la cartouche

 

L'autre influence et qui agira sur la vitesse de balle, c’est celle qui est due à la température qui est liée à celle de la poudre dans votre cartouche. Cette variable est unique car elle ne change pas uniquement avec la température de l'air extérieur et les conditions météorologiques, mais elle peut changer même si l'environnement est exactement le même. Si vous tirez plusieurs coups et que vous chauffez la chambre de votre fusil, puis que vous laissez le coup suivant reposer pendant un moment, vous pouvez augmenter ainsi la température de votre poudre.

Une température plus élevée, plus chaude crée une poudre plus chaude et à combustion plus rapide. Cela se traduit généralement par des vitesses plus élevées en sortie de bouche.

L'importance d'une poudre plus chaude dépend du type de poudre que vous utilisez et de la combinaison balle / cartouche que vous tirez. Certaines poudres seront plus affectées par les changements de température, mais en général, toutes les poudres sont affectées par la température. Simplement, certaines ne sont pas aussi sensibles que d'autres. Il n'est pas nécessaire d'utiliser une poudre dite « insensible » à la température. Bien sûr, cela peut aider (surtout si vous ne voulez pas / ne savez pas comment tenir compte des changements de température). Tout ce dont vous avez besoin de faire, c’est de suivre le comportement de votre fusil et de vos munitions à différentes températures. L’idéal serait que vous mesuriez tout cela à l’aide d’un chronographe pour enregistrer la sensibilité de vos munitions aux changements de température, les objectiver et noter tout changement d’impact dû à la température.

Depuis plus de trois cents ans, l'homme s'efforce de trouver sa cible dès son premier coup de fusil, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une bête, en conflit ou en temps de paix. Cette habileté dans l'art du tir est l'un des sujets les plus médités et les plus discutés dans les communautés des tireurs professionnels ou pas. Il existe des faits, des opinions et des histoires couvrant un large éventail d’éléments expliquant l’écart entre le point visé avant que le percuteur frappe l’amorce de la cartouche et le moment où le projectile frappe sa cible. C’est une préoccupation majeure pour ceux qui se trouvent sur le terrain, ou le théâtre des opérations.

 

 

 

Il est indéniable que tout ce qui vient d’être dit préalablement est scientifiquement fondé et que la mesure de ces variables et la mathématique ont permis de modéliser ces phénomènes, qui de fait, ont été rendus davantage intelligibles, compréhensibles aux tireurs professionnels tels que les marksmen et autres tireurs d’élite afin de leur permettre d’augmenter considérablement la probabilité d’atteindre leur cible du « premier coup », et qu’il s’agisse d’ailleurs d’une cible située à 200 mètres ou encore à 2 000 mètres.

La technologie n’étant d’ailleurs pas laissée en reste avec l’avènement des calculateurs balistiques qui sont devenus de précieux outils d’aide à la décision. On rappellera que ces professionnels, de par les nécessités de leurs missions et de leur propre sécurité, règlent leurs armes et tirent le plus souvent « à froid » car le premier coup doit le plus souvent être déjà décisif ! Leurs armes n’ayant pas le temps de monter en température. En effet, ces tireurs n’ont probablement pas auparavant enregistré, au millimètre près, chaque coup « froid » des 50 précédents tirs, ni enregistré la température ambiante à chaque fois que ce coup a été tiré, ni encore « chronographié » le même lot de munitions à différentes températures pour pouvoir interpoler une balle. Souvenons-nous des tireurs qui étaient engagés en Afghanistan, par exemple.

Et pourtant, un changement de température peut affecter la trajectoire ou la " trajectoire de vol " de la balle de deux manières bien connues.

Tant que l'altitude, la pression barométrique et l'humidité restent constantes, une augmentation de la température de l'air provoquera une trajectoire plus plate en raison d'une densité de l'air plus faible (moins de collisions avec des « particules d'air » par unité de longueur de vol).

La même augmentation de température provoque également une combustion plus rapide de la poudre à base de nitrocellulose à l'intérieur de la cartouche, ce qui produit environ quatre fois le décalage du point d'impact (POI) par rapport à la seule température de l'air.

Mais tenant compte de la faible variation de trajectoire avec la variation de température des munitions (taux de combustion de la poudre), il existe une variation de POI plus importante et plus notable qui affecte le tireur de précision. Mais, le fait est que les variations de température entraînent des variations de POI et que, dans une certaine mesure, ces variations peuvent être interpolées et cartographiées et qu’il n’existe actuellement aucun système de calcul balistique portable prenant en compte ce facteur. Pour le moment, il incombe entièrement au tireur de compenser ces variations. C'est précisément à cause de ce type de variation que le "zéro canon" est pratiqué par certains tireurs d’élite. Pour le franc-tireur ou le tireur d’élite des opérations spéciales opérant dans des environnements extrêmes, cela peut non seulement éliminer une partie du doute sur lui-même ou sur son arme, mais aussi améliorer ses chances d’atteindre ce très important « premier coup ».

Nous noterons enfin que nos amis chasseurs se trouvent également souvent dans la situation dans laquelle un seul coup doit être décisif, non seulement parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de tirer plusieurs coups au risque de voir disparaître instantanément leur gibier dans la nature, mais aussi pour savoir prélever le gibier visé de la manière la plus éthique possible.

 

La température affecte donc notre tir de plusieurs manières différentes

 

 

 

 

En résumé, on peut dire que :

 

a) Elle affecte la trajectoire de la balle ;

La température de l'air peut également modifier la densité de l'air. L'air plus chaud est moins dense. Par conséquent, des températures plus élevées entraînent des temps de vol plus courts, en raison de la réduction de la traînée. Des températures plus élevées peuvent également entraîner des balles plus rapides car la poudre dans une cartouche plus chaude brûle généralement plus vite et produit des vitesses de balle initiales plus élevées. Un simple fait physique déjà étudié dans nos études secondaires nous a appris que l’air chaud est plus « mince » ou moins dense que l’air froid. En conséquence, une balle rencontre moins de résistance et consomme moins d’énergie lorsqu’elle se déplace du pas de tir vers la cible par une journée chaude, par rapport à une journée plus froide.

b) Elle affecte la température du canon ;

Un deuxième effet résultant de la température de l'air extérieur chaud ou froid est lié à la température de votre canon pendant le tir. Par une journée relativement fraîche (10 degrés), l’air extérieur est capable d’absorber plus de chaleur rayonnant du canon à une vitesse supérieure qu’il le ferait lorsque la température de l’air est de 32 degrés, par exemple. Ce qui entraînera quelques effets secondaires nocifs tels que +/- d’encrassement du canon, qui peut à son tour, entraîner une perte de précision importante. Même par une journée à météo « modérée » (+/- 15 degrés), le canon peut devenir vite trop chaud pour tenir sa précision tout au long de votre tir de 20 à 30 cartouches successives, sans délai de repos pour son refroidissement. Nous connaissons tous ce genre de situation où après 10 ou 15 coups consécutifs, nous obtenons des résultats erratiques qui vous amènent à vous demander pourquoi vous faites subitement un « 6 » alors que vous finissiez juste une série de « 9 » ou de « 10 » !

c) Elle affecte les munitions que nous utilisons ;

La température des munitions a un effet quasi similaire. Les balles chaudes voyagent plus rapidement que les balles froides et leur température doit être prise en compte lors du réglage en élévation.

En particulier, on sera attentif au fait que l'excès de chaleur peut faire des ravages sur les munitions. Les munitions chargées à la main qui n'ont pas été correctement stockées ou protégées des sources de chaleur extérieures ou des rayons directs du soleil peuvent subir une détérioration significative de leurs performances. Même si vous avez pris les mesures appropriées pour garder vos munitions au frais avant de vous rendre sur la ligne de tir, vous pouvez placer des munitions à la lumière directe du soleil ou les laisser enfermées dans une carabine chaude pendant une période prolongée, ce qui peut entraîner des pertes de précision en vol. Pour illustrer ce type de  situation, alors que je venais de tirer une quinzaine de cartouches avec ma carabine, je me souviens du conseil de retirer la cartouche que j’avais chambrée avant notre conversation de quelques minutes avec une responsable de tir pour ne pas obérer le reste de mes résultats réalisés auparavant à température constante … c’était effectivement un conseil judicieux puisque la cartouche chambrée avait eu le temps de monter beaucoup plus en températures que celles qui avaient été chambrées lors des coups précédents !

d) Elle affecte les performances du tireur.

Garder le tireur au frais et à l'aise est également un élément important de l'équation de la précision globale. Si le tireur devient « surchauffé » ou déshydraté, non seulement sa situation devient inconfortable, mais ses sens et aptitudes physiques s’en trouvent également affectés car sa vision se détériore à mesure que l'humidité des yeux et du cerveau est attirée par la chaleur extérieure, la sueur qui coule sur le front peut causer des problèmes de vision, une hypertension artérielle et/ou une augmentation de la fréquence cardiaque résultant d'une faible teneur en eau de l'organisme ainsi que de la fatigue, une faiblesse, des douleurs au bas du dos, des inflammations, maux de tête, etc., peuvent contribuer à diminuer sa vigilance et surtout, sa précision ! Rester complètement hydraté pendant un match est très important pour le tireur. Conservez beaucoup d'eau en bouteille (sans boissons gazeuses) à portée de main. Buvez souvent pendant la journée et n'attendez pas d'avoir soif. À ce moment-là, vous êtes déjà déshydraté. Il n'est pas rare que certains tireurs boivent de 4 à 8 bouteilles d'eau au cours de la journée de compétition.

 

 

Conclusion

 

Ce troisième chapitre avait pour objectif d’approfondir quelque peu un des éléments qui influence la précision de nos tirs en TLD, et nous y avons découvert que la température pouvait effectivement jouer un rôle important parmi les autres paramètres de balistique extérieure auquel les tireurs doivent absolument rester attentifs sous peine de voir obérer leur précision. D’autres aspects interviendront tels que la pression atmosphérique, l’humidité, la densité de l’air, le vent, etc.  Ces autres variables seront également étudiées dans des articles à venir. Je vous fixe donc rendez-vous au mois prochains pour découvrir la suite.

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

 

 

 

https://www.gunsandammo.com/editorial/rifle-shooting-and-temperature-effect/247890

 

https://www.americanhunter.org/articles/2013/6/28/how-much-does-temperature-effect-bullet-impact/

 

https://hackaday.com/2019/11/05/how-ammo-temperature-will-affect-shooting-accuracy/

 

https://sierrabulletsblog.com/2016/08/22/does-temperature-affect-point-of-impact/

 

https://ronspomeroutdoors.com/blog/air-temperature-changes-bullet-trajectory/

 

https://bulletin.accurateshooter.com/tag/bryan-litz/page/2/

 

https://bulletin.accurateshooter.com/tag/applied-ballistics/

 

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=yHxAeFHFX8I

 

https://www.youtube.com/watch?v=uFrOwyRbDGA

 

https://www.youtube.com/watch?v=aWg92Nuob3A

 

https://www.youtube.com/watch?v=NeGseLFpHks

 

https://www.youtube.com/watch?v=-efBi9Vz0fU

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 17:42

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Le mois dernier, je vous ai proposé le premier volet que j’avais qualifié de B.A.-BA et relatif aux prérequis à maîtriser avant de passer aux quelques articles successifs qui sortiront ces prochains mois au sujet des facteurs environnementaux et des variables qui ont un impact sur la précision en TLD.

Pour ce second volet, nous allons passer en revue les concepts de base en balistique avec la notion de coefficient balistique et commencer à aborder des éléments de balistique extérieure, l'effet de la gravité sur le trajet d'une balle ainsi que sa vitesse initiale. Prendre le temps de comprendre les bases de la balistique va certainement améliorer vos compétences en tir.

 

En vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année,

 

 

 

Bonne lecture

 

 

 

Comprendre ce qu’est le coefficient balistique de votre balle.

 

 

Pour rappel, la balistique externe s’occupe de tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine et avant qu'elle n'atteigne sa cible. Elle correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice » et n’est alors plus soumise qu’à la force de la pesanteur et aux frottements. En d’autres termes, le comportement de la balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement et notamment de sa capacité à vaincre l’effet de ces variables. Le coefficient balistique est une des variables qui va participer peu ou prou à la bonne tenue de la balle le long de sa trajectoire. Nous avions également vu dans une définition succincte que le coefficient balistique était la mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité, selon une norme définie, et généralement avec le modèle standard G1 ou G7.

L'équation pour déterminer le coefficient balistique est : la densité de section / facteur de forme.  Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. Le " BC " signifie « coefficient balistique » et désigne en fait l'aérodynamique de votre balle.

La densité d'une balle est un rapport de sa masse et de sa section transversale. Simplement, les grosses balles et les balles légères sont moins denses que les petites et lourdes. A titre d’exemple et pour mieux comprendre :  une balle de ping-pong est moins dense qu'une bille.

La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme. Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent. 

Enfin, nous avions terminé en précisant qu’une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu’avec une ogive arrondie à base plate. En termes simples, il s’agit de la forme de la balle. Certaines formes de balles fonctionnent mieux à longue portée car elles ont tendance à avoir une forme plus aérodynamique.

En fait, si vous vous y intéressez davantage, vous découvrirez qu’il existe plusieurs projectiles standards différents (voir, ci-dessous) avec des mesures différentes et chacun mesure la traînée d'une manière différente.

 

Ici, un projectile de type G1 versus un G7

 

En fait, les standardisés sont :

 

•   G1 ou Ingalls (base plate avec ogive de calibre 2 (émoussé) - de loin le plus populaire)

•   G2 (projectile Aberdeen J)

•   G5 (queue de bateau courte de 7,5 °, ogive tangente longue de calibres 6,19)

•   G6 (base plate, ogive sécante de calibres 6)

•   G7 (queue de bateau longue de 7,5 °, ogive tangente de calibres 10)

•   G8 (base plate, ogive sécante de calibres 10)

•   GL (nez en plomb émoussé)

 

Le G1 est le standard le plus ancien et reste toujours le plus utilisé. C'est une classification qui date du début des années 1900, et donc à l'époque, le G1 était représentatif des balles de fusil. Il est toujours le plus couramment utilisé car l'industrie ne s'est toujours pas adaptée aux plus modernes. En outre, l'utilisation du modèle G1 donne des coefficients balistiques plus importants, … ce qui semblent donc meilleurs en termes de marketing. L'inconvénient est que le BC devient incohérent lorsque la vitesse change.

Il y a actuellement une forte demande émanant des experts du TLD pour inciter l'industrie à migrer vers la norme G7. Le G7 est plus représentatif de l'état actuel des cartouches. Il délivre des BC certes plus petits, mais qui sont plus cohérents tout au long de la vitesse de la balle, et donne donc une représentation beaucoup plus précise du BC.

 

Comparaison des ogives

 

La conception de l’ogive ronde (comme ci-dessus en 7x57) abaisse le BC et crée plus de traînée par rapport à une 7 WSM plus pointue et moderne.

Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour pratiquer le TLD car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

Chaque balle a donc son coefficient BC, et dans la plupart des cas, vous pouvez trouver son coefficient inscrit sur votre boîte de munitions ou encore via le site du fabricant. Ce nombre est essentiel car vous en aurez besoin pour calculer la trajectoire (chute de balle) de vos tirs. Attention, ce n’est pas un chiffre statique car il change sur la gamme de vitesses. Mais normalement, retenez que plus le nombre est élevé, moins le projectile subira de traînée. Ceci dit, un coefficient balistique plus élevé ne signifie pas nécessairement que c'est une meilleure balle. Le BC vous aidera à déterminer la portée effective d'un projectile en tenant compte de la traînée. La traînée créée par la balle dépend d'un certain nombre de facteurs, notamment du poids et de la conception du projectile. Le coefficient balistique, et dans une certaine mesure la traînée, elle-même.

Le caractère aérodynamique d’une balle a un effet appréciable sur sa vitesse lorsqu’elle se dirige vers la cible et donc retenez que :

•  Plus une balle est efficace, mieux elle conservera sa vitesse.

•  Cela signifie qu'elle sera également moins affectée par les variables externes.

•  Le BC d'une balle est calculé par un modèle basé sur sa densité et sa forme.

•  Le coefficient d’une balle diffère selon que le modèle de traînée G1 ou G7 est utilisé.

En effet, le modèle de traînée G1 est basé sur une balle de type « Spitzer » stéréotypée (à nez pointu) et à base plate. Le modèle de traînée G7, qui gagne en popularité, est basé sur des options plus aérodynamiques avec une base en queue de bateau (elle diminue à l’arrière).

A titre de comparaison, un BC correct pour une balle basé sur le modèle de traînée G1 se situera dans la plage allant de 0,5 à 0,6, alors qu’avec la même balle, le BC basé sur le modèle de traînée G7 sera dans la plage de 0,2 à 0,3. Cette différence entre les deux modèles pour une même balle tient au fait que la performance d’une ogive efficace sera bien meilleure que celle du modèle G1 et légèrement supérieure à celle du modèle G7.  Je vous ai mis des liens en annexe pour en apprendre davantage sur ces notions. Je ne peux que vous conseiller d’aller visiter ces pages internet pour en savoir plus.

En résumé, ce qui est important à retenir sur le coefficient balistique :

•  Il décrit comment une balle surmonte la résistance de l'air en vol.

•  Plus le coefficient de balistique est élevé, meilleure est la performance.

•  La performance d’une balle dépend également du fusil avec lequel elle a été tirée.

•  Pour évaluer cette performance, vous devrez mesurer sa vitesse initiale et celle à la cible.

Enfin, nous verrons de manière plus approfondie dans le prochain article que l'ajustement au vent est contrôlé par le coefficient balistique de la balle (BC).

Petit conseil :

Ne recherchez pas systématiquement ou directement le BC le plus élevé en premier lieu car ce paramètre à lui seul ne sera pas forcément significatif pour améliorer vos résultats en TLD, choisissez d'abord la balle, la "dragée" qu'avalera le mieux votre propre canon, c'est à dire, celle qui tirera le mieux avec votre carabine et puis, par essais-erreurs, recherchez d’autres ogives au BC plus élevé pour voir s’il y a encore moyen de peaufiner, d’améliorer davantage votre précision.

 

 

 

En vol, les forces agissant sur le projectile sont la gravité, la traînée et le vent présent (nous y reviendrons). La gravité transmet une accélération vers le bas au projectile, le faisant tomber de la ligne de mire. La traînée ou la résistance de l'air décélère le projectile avec une force proportionnelle au carré de la vitesse (ou du cube, ou même de puissances supérieures de v, en fonction de la vitesse du projectile). Le vent fait dévier (dérive) le projectile de sa trajectoire. Pendant le vol, la gravité, la traînée et le vent ont donc un impact majeur sur la trajectoire du projectile et doivent être pris en compte lors de la prévision du déplacement dudit projectile.

 

La résistance de traînée et sa mesure

 

 

Les modèles mathématiques servant à calculer les effets de la résistance à l'air ou la traînée sont assez complexes, et pour les modèles mathématiques simples, peu fiables au-delà de 500 m, la méthode la plus fiable pour établir des trajectoires reste toujours une mesure empirique. Sans vouloir être trop « complexe » , examinons donc d’un peu plus près les aspects techniques :

Modèles de courbe de traînée fixes générés pour des projectiles de forme standard

L'utilisation de tables de balistique ou d'un logiciel de balistique basés sur le modèle de traînée Siacci / Mayevski G1 introduit en 1881, est comme nous l’avons vu, encore la méthode la plus couramment utilisée pour travailler avec la balistique externe. Les balles sont décrites par un coefficient balistique qui associe la résistance à l'air de la forme de la balle (le coefficient de traînée) et sa densité de section (fonction de la masse et du diamètre de la balle).

Physiquement, la décélération due à la traînée que subira un projectile de masse m, de vitesse v et de diamètre d est proportionnelle au BC, 1 / m, v² et d² . Le rapport entre l'efficacité balistique et le projectile standard G1 consiste en un calcul avec une balle d'un diamètre de 1 livre (454 g) et d'un pouce (25,4 mm) avec une base plate, une longueur de 76,2 mm (3 pouces) et d’une courbe tangentielle de rayon de 2 pouces (50,8 mm) pour le point. Le projectile standard G1 est issu du projectile de référence standard "C" défini par le fabricant allemand d'acier, de munitions et d'armements Krupp en 1881. Le projectile standard de modèle G1 a un coefficient de centrage de 1.  La Commission française de Gavre a alors décidé d'utiliser ce projectile comme premier projectile de référence, en lui donnant le nom de G1.

Les balles de sport, avec un calibre d compris entre 4,50 et 12,7 mm (0,177 à 0,50 pouce), ont un G1 compris entre 0,12 et un peu plus de 1,00, 1,00 étant le plus aérodynamique et 0,12 le moins. Les balles à très faible traînée avec 1,10 g peuvent être conçues et fabriquées sur des tours de précision à commande numérique (CNC) à partir de tiges de matériaux mono-métalliques, mais elles doivent souvent être tirées à l'aide de fusils fabriqués sur mesure avec des canons spéciaux.

La densité de la section est un aspect très important d’une balle. Elle correspond au rapport entre la surface frontale (demi-diamètre de la balle au carré, fois pi) et la masse de la balle. Étant donné que, pour une balle donnée, la surface frontale augmente avec le carré du calibre et la masse avec le cube du diamètre, la densité de section augmente de manière linéaire avec le diamètre de l'alésage. Puisque l’on combine la densité de forme et de coupe, un modèle de demi- échelle du projectile G1 aura un BC de 0,5 et un modèle d’échelle de quart aura un BC de 0,25.

Etant donné que différentes formes de projectiles réagiront différemment aux changements de vitesse (en particulier entre les vitesses supersoniques et subsoniques), un « gilet » (jacket) stabilisateur fourni par le fabricant de balles sera un moyen stabilisateur représentant la plage de vitesses commune de cette balle. Pour les balles de fusil, ce sera probablement une vitesse supersonique, et pour les balles de pistolet, ce sera probablement une subsonique. Pour les projectiles qui traversent les régimes de vol supersonique, transsonique et subsonique, le BC n’est pas bien approximé par une seule constante, mais est considéré comme une fonction BC (M) du nombre de Mach M.  Ici, M est égal à la vitesse du projectile divisée par la vitesse du son. Pendant le vol du projectile, M diminuera, et donc dans la plupart des cas, le BC baissera également.

La plupart des tables balistiques ou des logiciels prennent pour acquis qu'une fonction de traînée spécifique décrit correctement la traînée et donc les caractéristiques de vol d'une balle en fonction de son coefficient balistique. Ces modèles ne font cependant pas la différence entre les types de balles : coupe à plat, spitzer, queue de bateau, très faible traînée, etc. Ils assurent une fonction de glissement invariable comme indiqué par le BC publié. Ces modèles de courbe de traînée résultants sont appelés courbes de traînée Ingalls, G1, G2, G5, G6, G7 (utilisées par certains fabricants pour les balles à très faible traînée), G8, GI et GL.

Certains concepteurs de logiciels balistiques, qui ont basé leurs programmes sur le modèle Siacci / Mayevski G1, donnent cependant à l’utilisateur la possibilité de saisir plusieurs constantes différentes G1 pour différents régimes de vitesse afin de calculer des prédictions balistiques plus proches du comportement de vol réel des balles par rapport aux calculs qui n’utilisent qu’une seule constante BC.

Modèles de traînée plus avancés :

 

Le modèle Pejsa

Outre le modèle de traînée traditionnel Siacci / Mayevski G1, il existe d’autres modèles de traînée plus avancés. Le modèle balistique alternatif le plus important est probablement le modèle présenté en 1980 par le Dr Arthur J. Pejsa . M. Pejsa affirme sur son site Web que sa méthode était toujours capable de prédire des trajectoires de balles de fusil (supersoniques) comprises entre 2,54 mm (0,1 pouce) et des vitesses de balle comprises entre 0,3048 m / s (1 ft / s) et 914,4 m (1 000 yds) par rapport à des dizaines de mesures réelles.

Le modèle Pejsa est une solution analytique qui n’utilise pas de tables, ni de courbes de traînée fixes générées pour des projectiles de forme standard. La méthode Pejsa utilise le coefficient balistique à base G1 tel que publié et l’intègre dans une fonction de coefficient de retard de Pejsa afin de modéliser le comportement au retard du projectile spécifique. Puisqu'elle utilise efficacement une fonction analytique (coefficient de traînée modélisé en fonction du nombre de Mach) afin de faire correspondre le comportement de traînée de la balle spécifique, la méthode Pesja n'a pas besoin de s'appuyer sur une hypothèse préfixée.

Outre la fonction mathématique du coefficient de retardement, Pejsa a ajouté un facteur supplémentaire de constante de pente qui rend compte du changement plus subtil de la diminution du taux de retardement de différentes formes et tailles de balles. Il varie de 0,1 (balles à nez plat) à 0,9 (balles à très faible traînée). Si ce facteur constant de décélération est inconnu, une valeur par défaut de 0,5 permettra de bien prédire le comportement de vol de la plupart des balles de fusil à fusil du type Spitzer moderne. À l’aide de mesures de tir d’essai, il est possible de déterminer la constante de pente pour une combinaison système balle / fusil / tireur particulière. Grâce à cela, le modèle de Pejsa peut facilement être adapté au comportement de traînée d'un projectile spécifique, permettant ainsi de meilleures prévisions balistiques pour les portées supérieures à 500 mètres. Certains développeurs de logiciels proposent des logiciels commerciaux basés sur le modèle de traînée de Pejsa, améliorés afin de prendre en compte les effets normalement mineurs (Coriolis, dérive gyroscopique, etc.) qui interviennent pour les tirs à grande distance (TLD). Les développeurs de ces modèles améliorés de Pejsa ont conçu ces programmes pour les prévisions balistiques supérieures à 1 000 m.

 

Le modèle à 6 degrés de liberté (6 DOF)

Il existe également des modèles balistiques professionnels avancés tels que PRODAS. Celles-ci sont basées sur des calculs à 6 degrés de liberté. La modélisation DOF nécessite des informations aussi plus élaborées, une connaissance des projectiles utilisés et une longue durée de calcul sur ordinateur, ce qui est peu pratique pour les tireurs non professionnels et sur le terrain, où les calculs doivent généralement être effectués à la volée. Et donc, le 6 DOF est généralement utilisé par les organisations militaires qui étudient le comportement balistique d’un nombre limité de projectiles à vocation militaire.

 

Les mesures radar Doppler

Des mesures radar Doppler sont nécessaires pour l’établissement précis des effets de résistance ou de résistance de l’air sur les projectiles. Les militaires et quelques fabricants de munitions utilisent les radars Doppler Weibel 1000e pour obtenir des données réelles sur le comportement en vol des projectiles qui les intéressent. Les mesures radar Doppler, à la fine pointe de la technologie, permettent de déterminer le comportement de vol de projectiles aussi petits que des plombs pour fusils à air comprimé dans un espace tridimensionnel avec une précision de quelques millimètres. Les données recueillies concernant la décélération du projectile peuvent être dérivées et exprimées de différentes manières, telles que des coefficients balistiques (BC) ou des coefficients de traînée.

Nous n’approfondirons pas davantage cette matière. Néanmoins, il était important de vous présenter succinctement ces autres modèles.

 

 

 

Nous savons maintenant que la gravité et le vent sont les deux principales variables qui influent sur le trajet de votre balle. Plus ils agiront longtemps sur votre projectile, plus ils auront d'effet. Par exemple, votre balle ne tombe pas plus loin à cause de la distance (la balle ne sait pas combien de temps elle parcourt), mais plutôt parce qu'il faut plus de temps pour atteindre une cible plus éloignée, et donc plus de temps pour tomber en raison de la gravité.

 

Les effets de la gravité

 

 

 

Les balles ne se dirigent pas en ligne droite vers la cible. Si elles le faisaient, les tirs à longue distance seraient tellement faciles à exécuter et les tireurs n’auraient même plus besoin de s'exercer et donc, tirer sur une cible située à 1 mètre de distance ou à 1 000 mètres serait exactement la même chose. Et donc, à la réflexion, c'est peut-être une bonne chose que les balles ne se déplacent pas en ligne droite sinon, où serait encore le plaisir de pratiquer le TLD ? Après tout, maîtriser le tir à longue distance est si enrichissant ! Donc, quand une balle quitte un fusil, de nombreuses variables changent son chemin. L'effet le plus important sur le trajet d'une balle est également le plus facile à prendre en compte : la gravité. 

Sur de courtes distances, jusqu'à 100 mètres, un tireur peut aligner un coup, appuyer sur la détente et, tous autres facteurs pris en compte, frapper de la même manière ou presque ce qui apparaît dans sa ligne de mire. Au-delà de 100 mètres, la balle commence à tomber le long de sa trajectoire au moment où l'attraction de la gravité commence à avoir un effet plus important. Le tireur doit ensuite viser au-dessus de la cible pour pouvoir la toucher. Cette distance entre la cible et le point visé par le tireur s'appelle l'altitude. Plus vous vous éloignez de votre cible, plus l'altitude est élevée.

Un ancien tireur d’élite des forces armées américaines, avait calculé que l’altitude requise pour toucher une cible à 3 540 mètres avec un fusil de calibre .50 serait de 137 mètres, et disait :  " Choisissez dès lors un endroit placé à 137 mètres au-dessus de votre cible pour l’atteindre ". Heureusement, l'ajustement en fonction de l'élévation est automatisé à l'aide des calculateurs et/ou autres applications balistiques et réglable via la tourelle d'élévation de votre lunette (rifle scope) sur le fusil. Cela permet au tireur de viser directement sa cible et de continuer à tirer par au-dessus avec sa balle. Par conséquent, maîtriser la gravité est devenu assez facile à faire. Cependant, pour de très longs coups en TLD, vous devrez tenir en compte beaucoup plus la dérive que de la chute de balle. En effet, comme la gravité est prévisible, si vous connaissez les conditions atmosphériques et la vitesse exacte de votre cartouche, alors vous pourrez également calculer sa trajectoire et savoir corriger la dérive également assez facilement.

On notera que l’effet de la gravité sur un projectile en vol est le plus souvent appelé le drop (la chute) de la balle. Il est aussi important de comprendre l’effet de la gravité lors de la mise à zéro (zérotage) et la remise à zéro des composants (tourelles de lunette, en général) de visée d’un fusil. Pour planifier la chute de balle et de la compenser correctement, il faut comprendre la forme de sa trajectoire qui est parabolique. La distance à laquelle l'arme est mise à zéro et la distance verticale entre l'axe du dispositif de visée et l'axe de l'alésage du canon. Ce sont des concepts qui peuvent paraître anodins, mais ils sont primordiaux pour savoir comment régler sa lunette de tir. J’essaierai d’y revenir plus tard dans un article à paraître.

De nombreux tableaux et graphiques balistiques montrent une augmentation de la trajectoire à des distances plus courtes que celle (loin de zéro) utilisée pour la visée. Cette apparente "montée" du projectile dans la première partie de sa trajectoire est relative uniquement au plan de visée et ne constitue pas réellement une montée. Les lois de la physique dictent que le projectile commencera à être abaissé par la gravité dès qu’il quittera l’appui du canon, et ne pourra jamais dépasser l’axe dudit canon. La "montée" apparente est provoquée par la séparation du plan de l'axe du dispositif de visée et de l'axe de l'alésage du canon, et du fait que le projectile quitte rarement l'alésage de manière parfaitement horizontale.

Dès lors, votre canon est incliné vers le haut même si votre viseur (lunette) regarde directement la cible et par conséquent, la trajectoire initiale de votre balle est une ligne droite inclinée vers le haut.  La balle, en raison de la gravité, commence immédiatement à tomber par rapport à son trajet initial, et au plus elle voyage longtemps, au plus la balle tombe plus vite et plus loin de son trajet d'origine. C’est ce qui rend la trajectoire en forme d’arc jusqu’à la cible.

Si une arme à feu est mise à zéro à 100 mètres (par exemple), le plan de visée horizontal et le trajet du projectile doivent se "croiser" à cette distance. La ligne de visée doit être ajustée pour se croiser avec la trajectoire du projectile à 100 mètres.

Finalement, on retiendra que l'effet de la gravité sur le trajet d'une balle a un effet démesuré sur sa trajectoire de vol, mais que la gravité peut être facilement surmontée pour obtenir un tir précis et que :

• La plus grande variable de précision à prendre en compte est la gravité.

• La gravité commence à tirer la balle au moment où elle quitte le canon.

• Il faudra déterminer la chute de balle à chaque distance pour prévoir le trajet de balle (si lavitesse reste constante).

Par conséquent, atteindre avec précision une cible, en particulier à longue distance, requiert essentiellement la maîtrise de deux compétences :

1) Déterminer la direction dans laquelle une balle doit être tirée de manière à ce qu'elle frappe la cible.

2) « Tirer » sur la balle dans la direction précise requise.

La première compétence consiste à connaître le chemin que prendra la balle pour atteindre la cible. Ceci est maîtrisé avec des connaissances, des notions de calcul et en identifiant correctement certaines variables telles que la distance, le vent et la température - tout dépend des conditions de l'environnement.

La deuxième compétence consiste à tirer avec le fusil quand il vise exactement où il doit être. Ceci peut être maîtrisé avec beaucoup de pratique et l'utilisation appropriée des principes fondamentaux du tir.

 

La vitesse d'une balle

 

 

 

La distance à laquelle une balle tombe à cause de la gravité dépend en partie aussi de la vitesse à laquelle la balle se déplace. En effet, la vitesse de la balle a cependant un effet sur le degré de chute de la balle avant qu'elle ne frappe une cible donnée en raison du temps nécessaire pour atteindre la cible.  En effet, les objets tombent sous l'effet de la gravité à une vitesse d'accélération de 9,8 m / s ^ 2. Cela signifie qu'une balle tombera à une vitesse de 9,8 m / s à la fin de sa première seconde de chute et augmentera ensuite sa vitesse de 9,8 m / s supplémentaires pour chaque seconde supplémentaire écoulée. Par conséquent, une balle ne tombe pas seulement plus loin au fur et à mesure de son déplacement vers la cible, elle tombe plus loin / plus vite à chaque seconde supplémentaire ! 

Cela signifie qu'une balle qui peut atteindre une cible dans la moitié du temps tombera moins de la moitié de la distance d'une balle qui prend deux fois plus de temps pour atteindre une cible. En fait, elle tombera plus dans la seconde moitié de son vol).

La balle vole, et tous les 100 mètres, elle tombe de plus en plus. Ce n'est pas seulement à cause du fait que la balle tombe plus vite, plus longtemps, c'est aussi parce que la balle ralentit en raison de la résistance de l'air. Par exemple, la balle parcourt de 100 à 200 mètres beaucoup plus rapidement que de 900 à 1 000 mètres.

Bonne nouvelle, une fois que vous avez déterminé les paramètres de votre balle pour chaque distance, vous pouvez enregistrer ces informations dans un carnet de tir (DOPE) et les utiliser à nouveau ! En effet, la gravité affectera votre balle de la même manière, où que vous soyez, tant que votre balle se déplacera à la même vitesse.

Pour résumer quelque peu et jusqu’à présent, nous savons que trois variables déterminent la vitesse d'une balle avant d'atteindre la cible :

1. La vitesse initiale de la balle

2. L'efficacité de la balle

3. Les variables externes et environnementales (nous y viendrons dans les prochains articles)

 

 

 

Nous l’avons déjà vu, lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale v ) et lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre.

Bien que la gravité et le vent soient les principales influences sur la trajectoire d'une balle, il y a certainement d'autres facteurs à prendre en compte. L'un d'entre eux est la vitesse de balle initiale.

Comment la vitesse de balle initiale joue-t-elle dans la balistique externe?

•  La vitesse de la balle ne diminue ni n'augmente les effets de la gravité.

•  Cela donne simplement plus ou moins de temps à la force pour agir sur le projectile.

•  Trois facteurs déterminent la vitesse : la vitesse initiale, son efficacité et les variables environnementales.

•  Un canon + long permet une balle plus rapide, mais cela ne signifie pas plus de précision.

•  La température peut également affecter la vitesse.

Espérons donc qu’après ce qui a été dit, nous avons dissipé le mythe selon lequel une balle rapide résiste en quelque sorte à la gravité. Au lieu de cela, une balle rapide atteint simplement la cible plus rapidement et a donc moins de temps pour tomber. En outre, plus une balle met longtemps à atteindre une cible, plus elle tombe de manière exponentielle.  A titre d’exemple, une balle de .308 Winchester, pour une configuration donnée, ne tombe que de 4 pouces (10,16 cm) entre 100 et 200 mètres, mais de presque 100 pouces (2,54 m) entre 900 et 1 000 mètres. La balle tombe plus quand elle s’éloigne davantage parce qu’elle se déplace plus lentement (il faut plus de temps pour couvrir la distance), et elle tombe aussi plus rapidement.

Lorsque nous parlerons du vent dans un prochain article, vous verrez que la durée pendant laquelle une balle est exposée au vent (temps nécessaire pour atteindre la cible) a également un effet direct sur sa trajectoire.

 

 

Conclusion

 

Ce second chapitre avait pour objectif d’approfondir quelque peu certains éléments liés à la balistique extérieure, et bien que ces aspects vous ont peut-être parus un peu rébarbatifs, ce sont néanmoins des aspects déterminants à connaître pour aborder la matière qui va suivre. En fait, on retiendra que les deux principaux facteurs qui affecteront vraiment le trajet d’une balle sont la gravité et le vent. Toutes les autres variables dont vous entendrez parler telles que la pression atmosphérique, la température, l’altitude et l’humidité n'affectent pas le trajet de la balle. Au lieu de cela, ces variables ne modifient que la gravité, et le vent lui, peut affecter directement la trajectoire de la balle. Ces aspects seront étudiés dans des articles à venir. Je vous fixe donc rendez-vous en 2020 pour la suite.

D’ores et déjà, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’années et vous formule mes meilleurs vœux pour l’année nouvelle.

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Ballistic_coefficient

https://precisionrifleblog.com/2019/06/09/g1-vs-g7-vs-custom-drag-models/

http://bulletin.accurateshooter.com/2013/01/g1-vs-g7-ballistic-coefficients-what-you-need-to-know/

https://kestrelmeters.com/pages/g1-g7-ballistic-coefficients-what-s-the-difference

https://www.ssusa.org/articles/2019/9/25/g1-vs-g7-ballistic-coefficients/

https://eu-lrh.com/g1-vs-g7-ballistic-coefficient/

https://www.foundryoutdoors.com/blogs/blog/understanding-ballistic-coefficients

https://www.hornady.com/support/ballistic-coefficient

http://bulletin.accurateshooter.com/2016/08/new-hornady-ballistics-calculator-uses-doppler-radar-bullet-data/

https://www.jbmballistics.com/cgi-bin/jbmgf-5.1.cgi

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=YJeXqacswE8

https://www.youtube.com/watch?v=q7U-m13wmF8

https://www.youtube.com/watch?v=UIQ6FEPjfCA

https://www.youtube.com/watch?v=MWlxOdNgbSM

https://www.youtube.com/watch?v=gjzs79kDr6E

https://www.youtube.com/watch?v=SCqkCfItRFs

https://www.youtube.com/watch?v=SJYcPZcC4sk

 

 

 

 

 

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:08

 

 

 

 

 

 

 

1ère partie – Introduction.

 

 

 

Chers lecteurs,

 

A la veille de rentrer dans l’hiver et à une époque où nos activités sportives et récréatives vont connaître un certain ralentissement, je vais vous proposer quelques articles successifs ces prochains mois, peut-être un peu plus courts qu’à l’accoutumée, et relatifs aux facteurs environnementaux ainsi qu’aux variables qui ont, peu ou prou, un impact sur la précision en TLD.

En effet, il n’est jamais inutile de revenir à l’essentiel, aux concepts fondamentaux, mais également aux fondements théoriques et empiriques qui doivent, de par leur maîtrise, nous conduire normalement sur la voie de l’amélioration de notre précision en TLD.

Pour ce premier volet, nous allons voir (ou revoir) des concepts qui, même si ceux-ci pourront paraître triviaux à certains de mes lecteurs aguerris, influent néanmoins sur la précision de nos coups.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Le tir à longue distance (certains iront même jusqu’à parler de pratiquer l’art du TLD !) est l’une des activités des plus dynamiques qu’il y ait dans le sport carabine. Et bien qu’a priori, cela puisse sembler être un sport très difficile à pratiquer, si on dispose des outils appropriés et d’une bonne compréhension des phénomènes essentiellement physiques qui sont impliqués dans cette activité de tir, alors, atteindre des cibles à longues distances avec confiance ne sera plus un mystère pour qui voudra bien s’impliquer dans ce long apprentissage, mais si passionnant !

Bien qu'il existe de nombreuses informations disponibles un peu partout sur le sujet, parfois d’ailleurs erronées ou tellement traitées de manière scientifique, mathématique (balistique) et hermétique pour le profane ou encore parce que les seuls ouvrages de qualité parus dans ce domaine sont en général rédigés en anglais, effectivement, cela peut ressembler au parcours du combattant (sans mauvais de jeu de mots !) et être difficiles à aborder et à assimiler.

Et pourtant, quelle que soit la distance, les connaissances de base du tir à longue distance ne changent pas. En effet, si votre fusil est capable d’envoyer une balle à exactement un demi-pouce des coups précédents à 100 mètres alors, il doit pouvoir normalement produire +/- le même groupe d’un 1½ pouce à 300 mètres, de deux pouces à 400 mètres, et de 2½ pouces à 500 mètres. Mais attention, ces coups peuvent facilement suivre une autre trajectoire et ce, même sans tenir compte du vent, de la température, de l’altitude et d’une douzaine d’autres éléments qui peuvent vous faire rater ces tirs.

La capacité d'atteindre une cible « long range » avec précision et à plusieurs reprises consécutives ne se résume donc pas seulement à la maîtrise des éléments précités. Un élément clé qui va intervenir est votre apprentissage. En effet, peu importe si vous essayez de tirer à 300 ou à 1.000 mètres, la connaissance, la pratique et la compréhension des variables qui affectent un tir à longue distance sont cruciales. C’est pourquoi, à très longue distance, les inexactitudes qui pourraient pratiquement passer inaperçues à 100m en seront amplifiées voire même, catastrophiques au point de vue des résultats (points) obtenus. Il est donc impératif de s'appuyer sur les principes fondamentaux appropriés et de comprendre comment et pourquoi le système fonctionne et de développer ses compétences. Pas de panique, tout s'apprend !

 

Commençons par le B.A.-BA

 

 

Comme dans tout métier ou toute discipline, il existe un jargon auquel il convient de se familiariser avant d’aller plus loin dans son apprentissage. Au début, ce jargon peut être assez intimidant pour les non-initiés, et malheureusement, il a tendance à effrayer et décourager de nombreux tireurs débutants en leur donnant l'impression qu’il faut avoir fait « math sup. » pour comprendre de quoi il retourne. Il n’en est rien, mais je pense aussi qu'il est prudent de commencer en présentant les termes de référence, cela nous permettra de les utiliser par la suite pour développer d'autres sujets. Je vous propose donc de passer en revue ces termes ainsi que de les définir brièvement.

 

La balistique

La balistique est la science qui étudie le mouvement des projectiles tirés par des armes à feux.

 

La balistique en général

 

Balistique interne

Tout ce qui se passe en ce qui concerne le tir de l'arme pendant que la balle est encore dans le canon. Cela inclut tout, de la percussion de l’amorce au dernier contact de la balle avec le canon. Et donc, tout ce qui concerne l’étude de ce qui se passe à l’intérieur du canon d’un point de vue physico-chimique. Par exemple, la vitesse initiale de la balle est obtenue par les phénomènes qui se développent dans la chambre de combustion et l’âme du canon. Parmi eux la température du projectile peut avoir une influence non négligeable c'est pourquoi, dans les exercices de tir, l'emploi des munitions "chaudes" ou "froides" est pris en compte pour ajuster les paramètres du tir. La balistique intérieure correspond donc à la période de temps pendant laquelle le projectile reçoit une force motrice, comme lors de la réaction ayant lieu dans le canon d’une arme.

Balistique externe

Tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine, mais avant qu'elle n'atteigne la cible. C’est-à-dire, le comportement d'une balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement. C'est la balistique extérieure ou externe qui correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice ». Il n’est alors plus soumis qu’à la pesanteur et aux frottements. Cette balistique traite de la phase pendant laquelle le projectile vole.

Balistique terminale

Le comportement de la balle après l'impact et son effet sur la cible visée. Elle étudie les effets du tir sur la cible. Elle étudie aussi l'impact, c'est à dire l'explosion ou la pénétration dans un obstacle. Les dégâts sur la cible dépendent de l'arme à feu utilisée mais aussi des munitions. Pour le gibier par exemple, la gravité d'une blessure dépend bien évidemment de l'endroit où la bête a été touchée, mais aussi de la quantité d'énergie libérée, et non transportée, par la balle. Ces dégâts sont souvent des plaies comme la perforation de la peau et des tissus musculaires. Les dommages causés dépendent essentiellement de la partie touchée. Lors de la pénétration de la balle, celle-ci repoussent latéralement la chair qui entoure son chemin, ce qui forme une cavité plus ou moins large selon la vitesse et le type de la balle.

Coefficient balistique

Mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité selon une norme définie, généralement le modèle standard G1 ou G7. Lorsque vous l'utilisez dans un calculateur balistique, assurez-vous de ne pas saisir la mesure incorrecte du BC dans le modèle. G1 et G7 ne sont pas interchangeables. L'équation pour déterminer le coefficient balistique est la densité de section / facteur de forme.  Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme.

Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent.  Tout autre facteur restant égal, le BC change en fonction de la forme de la balle et de sa vitesse.  Par exemple, les formes les plus fuyantes telles que les Spitzer et les Boat Tail sont plus efficaces que les Hollow Point, Round Nose ou Flat Base.

A titre d’exemple, un BC G1 de 0,370 pourrait représenter une balle tout à fait commune, quelque peu émoussée, mais un BC G1 de 0,600 ou plus est considéré comme très bon en termes d’aérodynamique. Bien entendu, tout cela dépend également du calibre et de la densité de la balle, ainsi d’ailleurs que d'autres facteurs que nous n’expliciterons pas ici.

Donc, on pourrait dire que le "BC" désigne l'aérodynamique de votre balle. Une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu'un qu’une arrondie à base plate. Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour les tireurs de longue distance car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

 

Profils des ogives tel que décrits, ci-dessus

 

Densité de section

La densité de section est le rapport de la masse du projectile à sa surface. La densité sectionnelle est le poids de la balle en livres divisé par le carré de son diamètre. Cela signifie que la forme de la balle n'a pas d'importance lorsque vous regardez la SD.  Plus la densité de section est élevée, meilleur sera la pénétration à l'impact. L'augmentation du temps de vol augmente la chute de la balle par rapport l'angle de départ et induit une correction verticale pour atteindre la cible. La traînée aérodynamique rend la balle susceptible de débattement au vent qui provoque un changement horizontal dont l'amplitude dépend de la durée pendant laquelle la balle est retardée aérodynamiquement. À vitesse égale, deux projectiles de calibres différents, mais de même coefficient balistique auront exactement la même trajectoire.

Comme toutes les balles modernes sont cylindriques, cela signifie que deux balles de même poids et de même diamètre ont des densités de section identiques. Ce qui affecte vraiment la SD d'une balle, c'est la longueur. Parce qu'une balle plus longue sera plus lourde pour le calibre, sa densité de section sera plus élevée.

Facteur de forme

Comparaison numérique entre le coefficient de traînée entre le projectile en question et la norme industrielle choisie (G1, G7, etc.).

Coefficient de traînée ou Cd

Mesure sans unité de la traînée d'une balle en vol. Fondamentalement, une mesure de l'aérodynamisme d'un projectile.

Dérive de rotation

Légère dérive droite ou gauche provoquée par la rotation rapide de la balle et son effet aérodynamique. Mesurable et prévisible, et donc facilement compensé, mais presque insignifiant pour la plupart du temps.

Effet Coriolis

Déviation de la balle causée par sa stabilité gyroscopique qui tente de résister à la rotation avec la Terre. La latitude des tireurs et la direction (azimut) du tir sont des facteurs qui déterminent le degré de déviation et la direction, mais dans tous les cas, l'effet est presque entièrement négligeable jusqu'à des distances extrêmes pour les armes de petit calibre. On a pour habitude de le négliger pour les distances inférieures à 500m.

Drop

Réglages verticaux de l'élévation (voir, ci-après) effectués pour contrecarrer l'effet de la gravité.

Dérive

Réglages horizontaux effectués pour le vent et d'autres facteurs.

 

 

 

La balistique – Définition des concepts

 

 

 

La trajectoire d’une balle

 

En physique, la trajectoire d'un projectile est le chemin que ce projectile empruntera après avoir été lancé.

La trajectoire d'une balle est parabolique. Elle commence au-dessous de la ligne de mire, s’élève au-dessus de celle-ci puis, la traverse à nouveau lorsque la balle tombe.

 

 

 

 

En termes simples, c’est le chemin emprunté par votre balle qui se dirige vers la cible. La gravité et la résistance de l’air influent sur les projectiles traversant l’atmosphère. La gravité tire les balles vers le bas et la résistance de l’air les ralentit continuellement. Cette perte de vitesse, associée à la gravité, les fait chuter de plus en plus rapidement vers la terre, entraînant une courbe parabolique dans le trajet de la balle. De simples applications sur smartphone ou sur un ordinateur peuvent, lorsqu'elles sont alimentées avec des informations précises, permettent de calculer la trajectoire avec une précision incroyable, permettant aussi aux tireurs de compenser leur tir et d'atteindre leur cible avec précision. Nous en reparlerons par la suite.

 

La vitesse de la balle

 

Lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale). Lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre. La vitesse joue un rôle important dans la quantité d'énergie qu'une balle transporte jusqu'à la cible et, comme chaque balle perd continuellement sa vitesse, l'énergie diminue à mesure que la vitesse diminue. Dans le monde de la chasse, la vélocité est importante pour une raison supplémentaire : provoquer de manière fiable l'expansion d'une balle, ou sa prolifération. Sans expansion, les balles ont tendance à percer un trou de la taille d’une aiguille à tricoter, qui neutralise beaucoup plus lentement et moins humainement le gibier.

Il est également essentiel de connaître la vitesse spécifique de la balle que vous choisissez quand elle sort du canon de votre arme, afin de calculer avec précision sa trajectoire. Alors que les boîtes de munitions ou les sites Web des fabricants offrent souvent des spécifications de vélocité qui s’en rapprochent, rien ne remplace la mesure de vélocité développée par votre fusil, ce qui est facilement réalisable avec tout chronographe de qualité correcte.

 

Bullet Drop

 

C’est la trajectoire d'une balle telle que reprise en balistique, la distance parcourue avec sa chute (vers la terre) qui se produit lorsqu'elle subit l’action des forces de la gravité et du frottement de l'air.

La chute de la balle est étroitement liée à sa trajectoire. Lorsqu’une balle vole, elle subit la friction de l’air qui diminue sa vitesse, la gravité qui exerce son irrésistible attraction, et tout cela influe sur sa trajectoire et la font tomber vers la terre.

La courbe balistique typique d'un projectile est une combinaison de deux fonctions. La première est une ligne droite, la vitesse initiale de la balle multipliée par le temps écoulé depuis sa sortie du canon (avec quelques modifications pour la décélération due à la résistance de l'air). La seconde est la distance à laquelle la gravité a tiré la balle vers le bas depuis qu'elle a quitté le canon. Ce serait aussi une ligne droite, descendante, si la vitesse initiale était égale à zéro. Mais lorsque vous combinez ces deux vecteurs, la chute de la balle augmente avec le carré du temps introduit une courbe parabolique.

Si une balle met plus d'une petite fraction de seconde pour atteindre la cible, la chute de balle devient assez importante. Après une seconde, une balle sera à 16 pieds (près de cinq mètres) au-dessous de ce qu’elle aurait été sans la gravité. Même une demi-seconde (un tir à environ 400 mètres) signifie 4 pieds (plus d'un mètre) de chute.

Pour compenser cela, il vous suffit de calculer la quantité de chute que vous avez à une distance quelle que soit votre cible, puis de pointer le canon en fonction de cela vers le haut, pour que votre balle tombe effectivement dans la cible, et là où vous le souhaitez. Il convient de mentionner que le mouvement vertical de la balle dû à la gravité n'est pas le seul facteur qui fait que les tirs à longue distance s'écartent de leur vitesse initiale.

 

 

Ici schématisée, la correction et le réglage de la trajectoire de la balle (bullet)

 

 

 

Ici, les drops comparatifs de cartouches de gros calibres

 

 

De nos jours, grâce aux télémètres laser pour nous donner la distance exacte à la cible, et une fois encodée dans des calculateurs nous indiquant exactement à quelle hauteur tirer, et des rifle scopes dotés de réticules sophistiqués et de tourelles d’élévation qui nous permettent d’ajuster précisément ledit réticule afin d’atteindre un point précis de la cible, un bon tireur d’élite peut toucher des cibles de petite taille à des distances impressionnantes.

 

Dérive de vent de la balle

 

Ce terme balistique est assez explicite. En effet, lorsqu’une balle se déplace, tout vent présent va exercer des forces qui vont la faire dériver. Le plus souvent, la dérive est latérale, mais dans de rares occasions, comme lorsque vous tirez parallèlement à une montagne très escarpée avec un vent fort qui monte ou descend, le vent peut réellement pousser votre balle verticalement.

Un vent de travers parfaitement perpendiculaire à la trajectoire de votre balle est généralement appelé vent « à pleine valeur », car il exerce la plus grande dérive possible. Un vent droit dans votre visage ou venant de derrière vous est appelé « aucune valeur » car il n'a aucun effet important sur le trajet de la balle.

Dans certaines zones et distances de tir, le tireur peut avoir à juger et à compenser (via la tourelle de dérive du rifle scope ou directement en visée (contre-visée) grâce au réticule de la lunette) l’effet des vents de direction et de force variables entre la position de tir et la cible. Comme nous le verrons plus tard dans les suites de cet article, apprendre à juger et à compenser le vent est une faculté indispensable à tout qui veut pratiquer le TLD.

 

Clicks ou clics

 

La définition simple d'un click est un ajustement dans la direction de votre ligne de visée où un click est un ajustement de votre lunette de visée via ses tourelles (en élévation pour la hauteur et en dérive pour la dérive latérale du vent). Le clic est également le bruit fait par votre tourelle lors d’une rotation d’un cran. Vient alors la question de connaître la valeur d’un click, soit de combien votre réticule bougera sur votre cible à une distance donnée à chaque fois que vous entendrez, ou sentirez sous vos doigts, un clic

Chaque rifle scope sera différent quant à la valeur d'un de ses clicks et équivaudra à une mesure différente à la distance. À titre d’exemple, et pour de nombreux scopes, chaque click équivaut à 1/4 de MOA à 100 mètres.

 

 

 

En gros, retenez déjà que plus vous tirerez loin, plus il sera important que la valeur d’un click soit faible. Raison pour laquelle, les rifle scopes au 1/8e sont davantage recommandés pour le tir de précision. C’est là aussi que vous devrez comprendre ce qu'est qu’un MOA pour comprendre aussi ce qu'est un click. Ce qui nous amène au terme suivant : la minute d'angle (MOA).

 

La minute d’angle (MOA)

 

MOA est l'acronyme de Minute Of Angle (ou minute d'arc ou d’angle), c'est-à-dire, 1 / 60ème de degré dans un cercle. Comme vous le savez, une rotation complète est composée de 360 ​​degrés. A tour de rôle, chaque degré se divise, suivant le système sexagésimal, en base 60 (comme une heure divisée sur une horloge). Ainsi, un degré se divise en 60 minutes d'angle et chaque minute en 60 secondes d'angle. Un MOA correspond à 1,047in à 100yds et 29,1mm à 100m.

 

 

 

Ces valeurs sont souvent arrondies à 1 pouce (25,4mm) à 100yds et 30mm à 100m, mais lors de la visée sur de longues distances, cet arrondi génère une erreur, petite mais perceptible. Pour éviter cette confusion, la valeur arrondie de 1 pouce à 100yds est appelée IPHY, ou pouces par centaines de mètres, tandis que la valeur de 30mm à 100m est appelée MOA du tireur (Shooter MOA ou SMOA). C'est bien pour les courtes distances, mais à 1 000 mètres, le SMOA est trop imprécis, car ce n'est pas réellement 10 pouces, mais bien 10,5 pouces.

 

 

 

 

Pour simplifier, ici avec le SMOA, une minute équivaut approximativement à 1 pouce à 100 yds. Les tireurs s’habituent donc à penser au MOA en termes de pouces avec 2 MOA à +/- 100 mètres = 2 pouces, 1 MOA à 400 mètres = 4 pouces, etc. Il est bon d’utiliser des angles car, comme vous pouvez le constater, ils augmentent proportionnellement avec la distance. Tant que le tireur s'en tient à des augmentations de 100 mètres, le calcul mental est assez simple à faire. Mais on se rappellera toujours que techniquement, 1 MOA vaut réellement 1,047 pouce. Voici le tableau des valeurs exactes :

 

 

A titre d’exemple, si tous vos coups tombent dans un cercle de 1 pouce à 100 mètres, c'est 1 MOA. Si vous tirez sur une cible qui est située à 200 mètres, le groupe sera dans un cercle de 2 pouces. Ceci s'appelle toujours 1 MOA. À 300 mètres, dans un cercle de 3 pouce, etc. … et ce sera toujours 1 MOA. Il en va de même pour tout autre protocole. Exemple, 1/2 MOA équivaut à un groupe de 1-1 / 2 pouces à 200 mètres, Et ainsi de suite. C’est finalement très simple.

 

 

 

Le(a) MOA est également l'unité de mesure standard utilisée pour déterminer la précision d'une carabine. Le MOA est donc utilisé pour mesurer la taille du groupement réalisé. 1 MOA est un groupe d'un pouce à 100 mètres. 2 MOA est un groupe de 2 pouces à cent mètres. Le groupe de 3 MOA,  et de 3 pouces à 300 mètres est également classé dans le groupe MOA de 1 pouce. Mais si vous tirez à partir de 300 mètres avec un groupe de 6 pouces, cela sera classé comme un « 2 MOA ».

 

 

 

 

Là où le MOA s’avère particulièrement utile, c’est pour ajuster son tir à la distance. Par exemple, les tireurs peuvent soit utiliser une lunette avec un réticule qui fournit une « grille » en MOA et avec laquelle ils peuvent composer des corrections avec une tourelle marquée par MOA (exemple, en 1/4 de MOA et qui ajuste la ligne de mire (réticule) interne.  En effet, les tourelles d'élévation et de dérive sur la plupart des lunettes sont marquées en MOA (avec des positions de ¼ de MOA, ou de quatre "clics" par MOA) ou en milliradian appelé mil or mrad (1 MRAD vaut 10 millimètres à 10 mètres ou 50 mm à 50 mètres, ce qui équivaut à 10 centimètres à 100 mètres. Facile, surtout avec les réticules Mildot, nous y reviendrons plus tard). La composition en mode MOA est beaucoup plus simple qu'en pouces.

Avec un 1/4 de MOA à une centaine de mètres, chaque clic de tourelle déplacera l’impact de la balle de 0,25 ou 1/4 pouces. Alors que chaque clic sur votre scope équivaut à environ 0,25 pouce à 100 mètres, vous pouvez dès lors calculer combien de clicks il vous faudrait mettre pour relever votre tir de 12 cm en élévation, par exemple. Si votre balle doit se déplacer de 5 pouces pour frapper la cible à l’endroit voulu, vous aurez besoin de mettre 20 clics avec une lunette à 0,25 MOA.

Le même principe s'applique si vous tirez à moyenne ou longue distance. Si vos fusils sont « zérotés » à 100 mètres alors, vous aurez besoin de mettre 39 clicks en élévation pour pouvoir tirer à 400 mètres. Evidemment, tout dépendra également du type de cartouche qui sera tiré.

L’avantage du système MOA réside dans le fait qu’une MOA est un MOA, qu’il soit situé à 100 mètres ou à 650 mètres, en tant qu’une petite tranche de la sphère de 360 degrés dans laquelle vous vous tenez. Toujours pas compris le système ? Pas d’inquiétude, nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Mil-Dot

 

Comme le MOA, le système est basé sur une mesure angulaire plutôt que linéaire. Les tireurs militaires affirment qu'il est supérieur au système MOA. Parfois, vous entendrez d’ailleurs сеrtаіnеѕ реrѕоnnеѕ dіrе quе le mіl-dоt ѕіgnіfіе « rétісulе mіlіtаіrе ». Сереndаnt, mіl n'еѕt раѕ unе аbrévіаtіоn роur « mіlіtаіrе ». Міl оu МRАD n’еѕt qu’un tеrmе rассоurсі роur parler de Міllіrаdіаn.

Dе nоmbrеuх rifle ѕсореѕ  utіlіѕеnt un роіnt роur іndіquеr сеttе mеѕurе « mіllіrаdіеnnе ». Un роіnt n’еѕt раѕ égаl à 1 mіl, mаіѕ l’еѕрасе еntrе luі l’еѕt. En fait, vоuѕ mеѕurеz du сеntrе d'un роіnt аu сеntrе du роіnt ѕuіvаnt, се quі équіvаut à 1 mіl. Un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе alors que lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе.

Un mil est un milliradian, ce qui signifie qu'il sous-tend un mètre de la circonférence d'un cercle de rayon de 1000 mètres, un mètre d'un cercle de rayon de 1000 mètres ou un millimètre à un mètre. Pour être plus pédagogique et vous donner une règle mnémotechnique, rappelez-vous qu'un Mil équivaut à 3,6 pouces à 100yds ou 10cm à 100m et augmente de 3,6 pouces / 10cm pour chaque 100yds / 100m. Une chose encore plus utile à retenir est qu'un mil mesure un demi-mètre à 500 m. Pour les militaires, un demi-mètre peut être considéré comme se rapprochant de la largeur des épaules d'un ennemi au combat sur le terrain.

L'idée du système Mildot est qu'il agit comme une sorte de règle. Vous examinez un objet de taille connue, vous le comparez à l'échelle de Mildot, puis vous utilisez des formules pour rechercher la distance à la cible.

Chaque point Mil sur un réticule de visée est égal à ¼ Mil, la distance entre les centres des points est de 1Mil et la distance entre les bords des points est 1 Mil.

Comme déjà mentionné, un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе. Lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе. Vоuѕ роuvеz еffесtuеr un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur vоtrе lunette, еt с'еѕt јuѕtе un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl. Тоutеfоіѕ, ѕі vоuѕ ѕоuhаіtеz mеѕurеr l'іmрасt d'un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur unе dіѕtаnсе соnnuе, vоuѕ роurrez саlсulеr unе mesure lіnéаіrе іndіquаnt оù еt соmmеnt vоuѕ vоulеz quе vоtrе bаllе ѕе déрlасе ѕur сеttе сіblе.

 

 

Ici, un réticule Mil-dot

 

 

Enfin, pour être complet, il existe deux types de Mil-dot :

 

 

 

L’ US Army, avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6400 mils = 1 cercle, 360

    17,8 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6400 = .0563 multiplié par 60 = 3,375 MOA ou 1 mil = 3,375 Moa

 

Dimensions des points :

 

 

 

L’ USMC avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6283 mils = 1 cercle

   17,5 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6283 = .0573 multiplié par 60 = 3.438 MOA ou  1 mil = 3.438 moa

 

Dimensions des points :

 

 

Par conséquent :

 

            Pour l’ US Army: 3,375 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,53 pouces  à 100 mètres ;

            Pour l’ USMC: 3,438 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,6 pouces à 100 mètres

 

Attention, il faut aussi bien distinguer les réticules de l' US Army et celui de l'USMC, il est prudent de signaler une autre différence.  Non seulement les mils eux-mêmes sont différents, mais la valeur des points (les boules placées sur la croix du réticule de la lunette) est également différente. Les points de l’US Army, tout en étant couramment appelés points mil, sont en réalité des points moa (ou .22 mil). C’est-à-dire que 1 point sous-couvre trois quarts de minute d’angle ou 0,75 pouce à 100 mètres. Tandis que les points de l’ USMC sont à ¼ mil de points (ou 0,86 Moa) d’un bord à l’autre. Cela fait quand même une plus grande différence sur une plus longue distance !

J’avais déjà rédigé un article sur ce sujet. Je vous laisse donc basculer sur ce lien pour en apprendre davantage.

 

 

Conclusion

 

Ce premier chapitre avait pour objectif de « planter le décor » avant de commencer à faire une réelle incursion dans la discipline du TLD. C’est à dessein que je me suis limité à ces quelques concepts dans ce premier volet car nous pourrons largement approfondir et/ou compléter ces notions au fil des autres parties, ou chapitres à venir dans les prochains articles. Je vous invite néanmoins à aller consulter les liens proposés en fin d’article afin d’approfondir quelque peu vos connaissances.

Bien entendu, lorsque vous commencerez à comprendre réellement les notions de coefficient balistique et de densité de la section, vous comprendrez pourquoi il existe autant de calibres différents et avec différents poids de balle pour le même calibre. Et, in fine, lorsque que progresserez davantage dans votre apprentissage et dans vos recherches, vous constaterez que vous allez seulement passer des heures à déterminer la trajectoire exacte de chaque balle tirée depuis votre fusil en fonction de sa forme, de sa taille, de son poids et de la vitesse de la balle. Tout comme il vous sera agréable de pouvoir comparer les chiffres figurant sur le côté d’une boîte de munitions et de comprendre facilement leur signification.

Mieux encore, lorsque vous aurez encore atteint un autre stade de maîtrise et que vous commencerez à recharger vos munitions vous-même, vous prendrez plaisir à mettre vos connaissances en application pour pouvoir choisir les bonnes balles pour le type de tir que vous envisagerez de réaliser. Et puis, comme avec tout ce qui concerne les armes à feu et la balistique, plus vous en apprendrez, plus vous réaliserez à quel point vous en savez peu. Alors, concentrez-vous sur la sécurité et amusez-vous à en apprendre davantage, tirez, ratez, recommencez, calculez, expérimentez, entraînez-vous … c’est comme cela que l’on devient un fin tireur !

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 15:17
La .22-250 Remington
La .22-250 Remington

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Comme vous le savez, je compte de très nombreux chasseurs parmi mes fidèles lecteurs et par conséquent, comme je le fais de temps en temps pour eux, je vous propose de passer en revue une autre cartouche de calibre .224 :  la .22-250 Remington (5,6 x 49mm) qui est sans doute la plus polyvalente de toutes les cartouches .22 à percussion centrale.

En effet, la .22-250 Remington est une cartouche à grande vélocité pour carabine de calibre .22 à action courte, principalement utilisée pour la chasse au varmint et le petit ou moyen gibier, elle est aussi parfois connue sous le nom de .22 Varminter.  Néanmoins, celle-ci constitue également le choix de tireurs qui veulent obtenir une haute vitesse combinée à une précision et à des performances extrêmes ce qui la conduit à être très appréciées des tireurs sportifs « mid-range ».

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

La cartouche .22-250 Remington a une longue et riche histoire aux racines centenaires, et c'est probablement encore la cartouche de taille moyenne la plus populaire actuellement.

Le personnage clé qui est à l'origine de certaines premières cartouches de chasse à haute vitesse est le dénommé Charles Newton. En 1912, il crée la cartouche .22 Hi Power pour la Savage Co.  Cette .22 tirait une balle de 70 grains à 2790fps ce qui était extrêmement rapide pour l’époque !  Savage croyait que la .22 Hi Power serait idéale pour le gibier de taille moyenne toutefois, Newton n’en n’était pas aussi convaincu. C’est pourquoi, peu de temps après, il créa ce qu'il considérait être une .22 encore plus efficace, basée sur l’étui de la 30.06 réduit de 1/4 de pouce, et rétréci pour prendre en charge une longue balle de 90 grains. Historiquement, cette cartouche, la .22 Newton, a été l’inspiration de ce qui a conduit à l’avènement de la .22-250.

En 1915, la 250 Savage fait son apparition. Conçue par Charles Newton et introduite dans l'excellent fusil Savage Model 99 lever action, la cartouche originale utilisait une balle de 87 grains à la vitesse « modique » de 3000 fps (pieds par seconde). Et c’est pour cette raison que Savage l'appelait la 250-3000.

Bien que la modification de cette nouvelle cartouche ait peut-être commencé peu de temps après son introduction, nous ne savons pas grand-chose sur ce qui s’est passé avant les années 1930, lorsque certains expérimentateurs de munitions connus sous le nom de « wildcatters » passèrent un temps et des efforts considérables à « retravailler » la .250 Savage. Ceux qui sont parvenu à « resserrer » l’étui en laiton pour recevoir une balle de calibre .22 sont parvenus à mettre au point une cartouche qui sera connue plus tard sous le nom de la .22-250 Remington. Après la Grande Guerre, tout le monde se mit également à travailler sur le concept des projectiles plus petits (pour pouvoir en emporter plus), plus rapides et surtout plus précis en fonction des progrès rapides enregistrés par les poudres pyroxylées dites « sans fumée ».

Pendant que Charles Newton développait ses cartouches, le capitaine Grosvener Watkyns, un ingénieur en balistique qui travaillait comme consultant pour Winchester dans les années 1930, recherchait l’équilibre ultime entre puissance et performance de manière scientifique dans le but de mettre au point la méthode la mieux équilibrée et la plus efficace possible sur le plan balistique pour cette cartouche et il décida de créer sa .22 sur base de la .250-3000. Watkyn rechercha ensuite les dimensions optimales de la conicité du corps, des angles des épaules, des vitesses et des pressions. Néanmoins, lorsque le moment est venu pour Winchester d’adopter une nouvelle .22 haute vitesse, la firme a opté pour une autre réalisation utilisant le boîtier 6mm Lee Navy. Watkyn découragé a quand même continué à travailler sur sa nouvelle wildcat, appelée à l'origine Swift. C'était à peu près à cette époque que Watkyn commença à travailler avec l'arsenal Jerry Gebby qui expérimentait aussi avec la Newton .22.

Afin de continuer à améliorer la cartouche, Jerry Gebby, armurier et champion de tir, et le célèbre handloader, J. Bushnell Smith, ont fait équipe ensemble et leur version de 1937 est généralement acceptée comme étant le parent du .22-250 d’aujourd’hui. Ils l'ont appelé :  22 Varminter. D’ailleurs, Gebby a protégé ce nom par un copyright. La .22 Varminter a été plébiscitée pour ses performances élevées et sa précision à tous les niveaux de vitesse. Parce que le nom " Varminter " avait été protégé par le droit d'auteur, alors que des armuriers voulaient fabriquer des fusils pour la nouvelle vedette en .22, ils apportèrent de légères modifications à la chambre du fusil et l'appelèrent simplement la .22-250 pour éviter tout litige et en marquant les armes avec la désignation générique, mais sûre de "22-250". Pour être complet, sachez qu’en 1937, c’est Phil Sharpe qui a été l’un des premiers armuriers à avoir construit un fusil pour le constructeur de fusils de calibre .22-250.

Entre 1934 et 1937, les différentes versions de cartouches .22-250 ont été retravaillées par Harvey Donaldson, Grosvenor Watkins, Jerry E . Gebby, JB Smith et John Sweany alors que le .22 Varminter attendait toujours de voir le jour en tant que tel lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté, elle l’a empêché de progresser, interrompant ainsi le développement des cartouches pendant près de 10 ans. Toutefois, plusieurs années après la guerre, les fusils, les munitions et les composants sont redevenus disponibles.

Encore plus de problèmes se sont produits en 1950 lorsque Remington a présenté sa .222 Rem. Le .222 a rapidement conquis un grand public et a acquis une belle réputation dans la nouvelle discipline de tir Bench-Rest. La seule cartouche qui menaçait la popularité du .222 restait la wildcat qui ne disparaîtrait pas : la .22-250. Finalement, en 1963, Browning décida d’utiliser ses fusils pour la Wildcat .22-250, ce qui était risqué si on ne disposait pas de munitions.

L’arrivée du .243 Winchester en 1955, calibre encore plus polyvalent n’y changea rien, le 22-250 gardait son cercle de fans.

En 1964, Winchester venait d’arrêter la .220 Swift et de sortir l’originale .225 Winchester, conçue pour la remplacer. La .225 était une cartouche cerclée de 55 grains à 1067 m / s et qui était destinée au fusil modèle standard 70, mais qui a disparu en moins d’une décennie. En effet, la .225 n'a jamais atteint la popularité souhaitée car en 1965, un an après sa sortie, la 22-250 de Remington l'avait déjà complètement éclipsée.

Un à deux ans après l’introduction du modèle Browning, la Remington Arms Company a adopté le calibre et la cartouche est entrée dans la production générale en 1965 sous le nom de .22-250 Remington. La société a simplement ajouté " Remington " au nom original. Remington l’adopta officiellement pour qu’elle puisse être chambrée dans son fusil modèle 700 et normalisa la cartouche avec l'indicateur .22-250, optant pour un angle d'épaule de 28 degrés. L'étalon de vitesse avec une balle à 55 grains est de 3 650 fps et la pression moyenne maximale (MAP) est de 65 000 psi. Mais finalement, comme on l’a vu précédemment, Remington n’a absolument rien à voir avec la conception de la .22-250.  Néanmoins, en la normalisant et en devenant la première firme à la fabriquer en usine, elle a saisi l’opportunité d’ajouter son nom à ladite cartouche.

La 22-250 a fait face à de nombreux rivaux au cours des huit dernières décennies environ, et elle s’est pour la plupart du temps imposée comme l’une des cartouches de petit diamètre des plus flexibles et des plus précises du marché. L’un de ses premiers rivaux a été la 220 Swift, qui a été pendant des décennies la cartouche commerciale la plus rapide au monde. Mais, les 22-250 ont gagné la course principalement parce que ses caractéristiques et ses vitesses étaient plus raisonnables, tandis que les .220 Swift, quant à elles, souffraient d’un trop grand battage médiatique, mais … avec mauvaise presse !

Depuis son adoption officielle, la .22-250 est reconnue pour son utilisation dans une large gamme de types et de poids de projectiles avec une vitesse élevée (4.000 fps ou 1.220 m / s) et une précision exceptionnelle. C’est également la plus populaire des cartouches à longue portée qui reste efficace jusqu’à 400 mètres. La cartouche est également réputée pour sa tolérance aux variations des charges de poudre et de poids de balles, allant des balles fragiles de 35 g à des balles à longue portée de 80 grains.

 

 

La cartouche

 

 

 

Cent ans après l'introduction de sa cartouche mère et un demi-siècle après sa standardisation, la popularité du 22-250 est loin de décliner et est toujours aussi apprécié et performant. Savage Arms propose d’ailleurs encore actuellement 26 modèles dans ce calibre, et encore à l’heure actuelle, tous les principaux fabricants d’armes américains et européens fabriquent des fusils à verrou dans le calibre .22-250.

La .22-250 Remington présentent un recul à peine perceptible et bien inférieur à la .243 Win et donc, tout le monde aime la tirer. Cependant, elle émet un souffle excessif en raison de la vitesse élevée de sa balle et donc, il est donc recommandé de porter une protection auditive. En dépit du mythe populaire relatif à la durée de vie moins longue des canons des .22-250 par rapport au .220 Swift ou à d’autres chambrages, l’usure est directement liée aux habitudes du tireur, et si on permet au canon de se refroidir entre les tirs et qu’on ne choisit pas les cartouches à la plus haute vélocité et ce, en les tirant à grand volume, la précision du canon restera correcte presqu’aussi longtemps que celle d’une .223 Rem.

Notons que la norme SAAMI .22-250 Rem reprend le pas de rayures de 1:14. C'est parfait pour les balles traditionnelles jusqu'à 55 grains. Aujourd'hui, les balles sont plus longues que les balles traditionnelles du même poids. Néanmoins, les fabricants de fusils pourraient mieux adapter leurs .22-250 aux conceptions de balles modernes en offrant un taux de 1:12.

Enfin, l'une des principales causes de sa popularité est également qu'il est assez facile de fabriquer des douilles de .22-250, alors que d'autres nécessitent un peu plus de travail, juste pour retravailler l’étui afin de le préparer au rechargement. En plus, de nombreuses charges en .22-250 sont actuellement disponibles sur le marché, avec des balles à 60 et 64 grains, les plus lentes à 3 500 fps, et des balles plus légères à 40 grains qui sortent à la vitesse impressionnante de 4150 fps. Les plus courantes de 50 et 55 grains quittent le canon à environ 3600-3800 fps. Pas étonnant qu'elle soit connue sous le nom de cartouche « souple ».

En outre, on notera également qu’elle a / ou connu des applications tactiques. L’adoption de la cartouche à faible diamètre de calibre .22-250 visait à minimiser la pénétration excessive et à éliminer les ricochets dans les interventions urbaines ainsi que dans des opérations de lutte contre le terrorisme en milieu urbain dans les années 1980. Un certain nombre de fusils de ce calibre étaient notamment utilisés par le British SAS Regiment.

 

Rechargement

A titre d’exemples, les charges d’usine chez Remington incluent la UMC 45 grains à 4 000 fps, la UMC 50 grains à 3 820 fps, l'Accutip 50 grains à 3725 fps, la 55 grains Power-lokt à 3 680 fps et une balle à pointe souple de 55 grains également. Hornady produit également des charges à expansion très douce. Celles-ci incluent la V-Max 40 grains à 4150 fps, la V-Max 50 grains à 3 800 fps, la V-Max 55 grains.

Disons-le d’emblée, ce calibre nécessite une charge de poudre moins importante que bien d’autres, ce qui en fait une cartouche très économique pour le rechargement des balles.

Le .22-250 Rem. atteint des vitesses maximales avec la plupart des agents propulseurs (poudres) pour carabines à vitesse moyenne. Les vitesses optimales de combustion de la poudre pour le .22-250 sont celles de la gamme 4064 / Varget bien que le H414, plus lente, fonctionne également bien.

À partir d’un canon de 24 pouces, les balles de 50 grains peuvent être entraînées dans des vitesses situées entre 3650 et 3700 fps, tandis que des charges manuelles soigneusement développées ou avec des canons plus longs peuvent atteindre plus de 3 800 fps. Les balles de 55 grammes peuvent être conduites en toute sécurité à 3600 fps dans la plupart des fusils. Les charges maximales donnent des vitesses légèrement supérieures aux spécifications d'usine avec environ 3700 fps. Les balles de 60 grains produisent des vitesses situées entre les 3500 et 3600fps.

Un rechargement qui fonctionne également bien est celui de la Sierra 53 grains MatchKing à base plate, avec une charge appropriée de poudre H380 de Hodgdon. Les données de rechargement en ligne d'Hodgdon indiquent que seuls les IMR 4007SSC, IMR 4166, IMR 8208XBR et Hodgdon CFE 223 dépassent les 3750 fps avec une balle à 55 grains tirée dans un canon de 24 pouces.

La sélection du propulseur est essentielle pour atteindre cette plage de vitesses tout en maintenant une bonne précision. Pour une vitesse plus lente, sélectionnez un agent propulseur à combustion plus rapide.

La longueur de cartouche maximale établie par SAAMI pour les .22-250 Rem. est de 2,350 pouces (59,69mm). Placer une balle sur une longueur totale plus longue peut augmenter la pression car elle a peu ou pas de départ libre vers les rayures du canon. Inversement, une balle d’une longueur totale plus courte peut également augmenter la pression car la balle pénétrerait dans la poudre. C'est pourquoi il est toujours prudent, quel que soit le poids de la balle et la longueur totale de la cartouche sur laquelle vous vous préparez à recharger, de commencer le développement de la charge de plusieurs grains en dessous du maximum indiqué dans les manuels de chargement manuel.

Mais quoi qu’il en soit, souvenez-vous toujours bien que dans tous les cas, le rechargement n’est pas une affaire d’amateur auquel cas, je vous déconseille vivement de vous y essayer et qu’il convient toujours d’observer la plus grande prudence dans ce type d’opération et ce, même pour des personnes aguerries notamment, en respectant scrupuleusement les limites de sécurité fournies dans les tables de rechargement des différents fournisseurs !

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

 

 

De G à D - Comparaison d’une .22-250 Rem, 22 HORNET, .223 Rem

 

 

A gauche, une .22-250 Rem, à droite, une .223 Rem

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington UMC en 45 grains

 

 

Ici, une boîte de Winchester 45 grains