Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 18:32
La 7mm Remington Magnum
La 7mm Remington Magnum
La 7mm Remington Magnum

Chers lecteurs,

 

 

Nous voici arrivé à un moment où les vacances commencent déjà à se faire oublier, toutefois et si on veut positiver,  c’est aussi le moment de la reprise de nos entraînements de tir et/ou de la chasse,  et donc l’occasion d’évoluer davantage dans nos passions. Pour vous accompagner dans cette évolution, je vous propose un nouvel article qui est consacré à l’étude du 7mm Remington Magnum, calibre que nous avions quelque peu laissé de côté jusqu’à présent. Cet article est donc censé s’adresser tant aux chasseurs qu’aux tireurs TLD.

 

 

 

 

 

Bonne lecture et encore merci pour votre fidélité.

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Il n'y a aucune cartouche actuelle avec autant de passé et de prestige que la 7mm Rem Mag. En effet, les histoires qui se cachent derrière cette munition unique remontent aux débuts du XXe siècle, époque à laquelle les inventeurs dans le domaine de l'armement recherchaient une cartouche de 7 mm capable de grande vitesse et de rechargement rapide. Mais il faudra attendre longtemps avant que le 7mm Rem Mag ne prenne vraiment vie en 1962.

Souvenez-vous lors d’articles précédents, nous avions vu que les frères Mauser avaient conçu la cartouche 7x57 pour l'utiliser dans leur fusil militaire M93 à verrou, les excellentes qualités inhérentes au diamètre d'alésage de 7 mm sont vite apparues très intéressantes aux yeux des concepteurs de cartouches partout dans le monde. Il s'agissait d'une cartouche qui produisait une trajectoire plus plate que la plupart de ses concurrentes,  avec une dérive de vent minimale,  et une performance potentielle terminale optimale sur des distances plus importantes. À la suite de ces découvertes, d’autres concepteurs de cartouches ont commencé à l’expérimenter avec des étuis (douilles) plus grands pour en maximiser les performances.

Les anglais étaient également très intéressés d’obtenir des balles de 7 mm à des vitesses maximales.  Holland & Holland a présenté le .275 H & H Magnum en 1912, et l'armée britannique a tenté de poursuivre avec la création de sa cartouche prototype .276 Enfield et le fusil P14 pour mieux charger ce grand magnum de 7mm. Malheureusement pour les concepteurs d'Enfield, la guerre a stoppé toute expérimentation ultérieure.

Le design de calibres métriques en Amérique a toujours semblé poser problème à nos amis anglo-saxons. C’est sans doute parce qu'ils ne s’en sortent pas très facilement avec notre système décimal. Peu importe la raison, les premiers 7mm Magnum vraiment puissants furent les 7x61 Sharp et Hart ainsi que le 7mm Weatherby Magnum, deux inventions américaines, introduites au début des années 1950 sauf que, même si c’étaient des cartouches de très bonne qualité,  aucune d'entre elles n’a fait l’objet d’une offre grand public, limitant ainsi la disponibilité de ces munitions, et par conséquence, un prix prohibitif.

Par la suite, l'auteur américain Warren Page du magazine des armes à feu « Field & Stream » a promu l'idée que l'Amérique avait nécessairement besoin d'une cartouche Magnum 7mm standardisée qui devait pouvoir être tirée facilement avec n'importe quel magasin dans un fusil de production standard qui serait disponible à l'achat dans la plupart des magasins d'armes à feu à travers tous les États-Unis.

Page avait écrit l'article à la suite de son expérimentation avec Art Mashburn. Il a demandé à ce dernier de personnaliser son fusil pour pouvoir charger le 7mm Mashburn Super Magnum. Mashburn s'est conformé à ses désirs et le résultat a débouché sur un fusil parfait pour la chasse au gros et moyen gibier, car son nouveau mécanisme a permis de sortir une balle de 160 grains à une vitesse d'environ 3600 fps.

Impressionné par l'idée de Warren Page,  Les Bowman a également eu l’idée de transformer l'une de leurs cartouches en  un 7mm. Plus précisément, il a transformé le .338 Win Mag en 7mm. Le résultat a été nommé le .280 Remington Magnum. Les niveaux de recul étaient à peu près les mêmes que ceux du populaire .30-06, mais le 7mm produisait une trajectoire beaucoup plus plate et une excellente performance. Bowman a ensuite montré la cartouche modifiée à son ami Mike Walker de chez Remington qui a aussi aimé l'idée et qui l'a expérimentée pendant un bon moment.

En 1962, après de nombreuses expériences au ranch Bowman, Remington sortit le 7 mm Remington Magnum. La cartouche est rapidement devenue un succès, surpassant ainsi les concurrents de longue date sur le marché tels que la .264 Winchester Magnum, et est même devenue l'une des cartouches des plus populaires des États-Unis, mais également avec une forte présence partout ailleurs dans le monde.

Le 7 mm est disponible  dans une large gamme de configurations de fusils.  Les longueurs de canon diffèrent également d'un fabricant à l'autre. Pendant de nombreuses années, une longueur de canon commune pour les fusils sportifs était de 24 pouces mais celui-ci est légèrement trop court pour en obtenir une performance optimale, non seulement en raison de la réduction de 70 fps de sa vitesse, mais aussi parce qu’un canon un peu plus court provoque à la fois plus du bruit et plus de recul. Plusieurs fabricants continuent de produire des canons magnums de 24 " alors que la longueur optimale du canon est, pour une utilisation normale,  de 26" et jusqu'à 28 " pour les chasseurs de LRH (Long Range Hunting) et les amateurs de TLD.

La 7 mm Remington Magnum reste actuellement une cartouche de chasse au gibier de taille moyenne extrêmement populaire qui fonctionne exceptionnellement bien sur de longues distances. Elle a même été utilisée à un moment donné par les services secrets américains pour des opérations spéciales. Aujourd’hui, elle est encore très appréciée par les tireurs TLD comme vous pourrez le voir dans les vidéos proposées en fin d’article.

 

 

La cartouche

 

 

Comme vu précédemment, elle est apparue en 1962, introduite avec le fusil Remington modèle 700.          En comptant sur le succès du trio des Winchester Magnums - .264, .338 et .458 - qui ont été introduits dans les années 1950, Remington a utilisé la même formule pour son 7mm Rem. Mag. Utilisant l’étui de la .375 H & H mais en plus épais et à forte inclinaison laissant beaucoup plus de place pour la poudre, offrant ainsi une augmentation considérable de la vélocité par rapport au 7x57 mm Mauser, ainsi qu'une amélioration de la balistique par rapport à la .280 Remington.

Elle peut tirer pleinement parti des balles les plus lourdes de la gamme 7mm, avec des ogives de 175 grains et un peu moins de 2800 fps de vitesse en sortie de bouche, ce qui constitue une bonne charge pour les plus gros gibiers. Son recul est juste un peu moindre que celui de la .300 Magnum. La 7mm Rem. Mag. convient parfaitement à n'importe quelle type d’action au format général .30-06. À ce jour, et pour ces raisons,  elle se classe toujours très haut dans les records de ventes de la plupart des fabricants de munitions.

D’ailleurs, l'un des objectifs de Remington dans la conception de cette cartouche était de reproduire les niveaux de puissance et de recul du .30-06 afin d’en garantir l’assentiment général des chasseurs.

Les chargements traditionnels commerciaux de la 7mm Rem. Mag, et qui font unanimité dans les choix des chasseurs, sont la 140 grains Core-Lokt annoncée à 3175fps, la Core-Lokt 150 grains à 3110fps, et la Core-Lokt 175 grains annoncée à 2860fps. La Core-Lokt traditionnelle est l'une des meilleures balles conventionnelles qu’on trouve facilement sur le marché. Elle est peu coûteuse tout en offrant une mise à mort rapide ainsi qu’une une pénétration adéquate. La balle de 150 grains est polyvalente et fiable,  mais a un faible coefficient BC.  La balle de 175 grains fait également de l’excellent travail et constitue une bonne charge pour le plus gros gibier.

 

Rechargement

Les vélocités supérieures avec des balles plus lourdes sont obtenues avec des propulseurs à combustion très lente dans la catégorie des H-1000 / IMR-7828 / Reloder 25, et autres plus lentes. Les balles plus légères aux environs des 150 grains vont mieux avec des poudres lentes normales, exemple,  la catégorie 4831.

Il est toujours conseillé aux reloaders de commencer leur expérimentation avec des propulseurs à grains compacts, ou même avec des versions à billes. Je ne peux que vous conseiller de vous en référer aux conseils de votre armurier ainsi qu’aux manuels de rechargement qui contiennent toutes les données mais toujours en respectant toutes les normes de sécurité !

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison (à gauche) avec une 7mm-weatherby, une 300 Win Mag et une 300-weatherby

 

 

Ici, la cartouche avec une ogive de 150, 160, 165 et 175 grains

 

 

Ici sa comparaison avec une 7x57 et une 7 WSM.

 

Ici, la cartouche, son ogive et son culot

 

La douille

 

 

Le culot

 

 

Ici, une boîte de Express Core-Lokt en 150 grains

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Il n'aura pas fallu longtemps pour que la 7mm Rem Mag gagne en popularité dans le monde de la chasse après son introduction sur le marché. Les chasseurs se sont rapidement rendu compte que le 7 mm RM était en mesure d'égaler et d'exceller dans plusieurs catégories balistiques par rapport aux autres cartouches populaires de l'époque,  y compris le .30-06, et d'autres magnums apparus dans la décennie précédente. Il est d’ailleurs encore resté pertinent après l'introduction son plus grand rival, le .300 Win. Mag,  tant ce petit magnum offre aux tireurs d'excellentes performances balistiques, et que sa charge de poudre accrue fournit également la puissance d’arrêt nécessaire pour les gros gibiers.

Avec un large choix de projectiles, la 7mm Remington Magnum est un calibre très polyvalent et plat qui a maintenu sa popularité de manière constante. Néanmoins, sa popularité est principalement axée sur la chasse au gibier de taille moyenne à grande. La 7mm Remington Magnum trouve également quelques amateurs parmi ceux qui apprécient sa bonne balistique pour pratiquer le TLD ou encore le Bench-Rest.

Balistiquement parlant, elle est plus puissante que la cartouche Springfield 30-06 et utilise une balle de diamètre légèrement plus petit. À des distances extrêmes, la conception des balles est très importante, et les balles avec un coefficient balistique élevé amortissent mieux le vent et perdent de la vélocité plus lentement que les balles à faible BC. La .30-06 est, comme son nom l'indique, une balle de calibre 30 avec une balle de .308 " de diamètre tandis que la 7mm Rem mag est légèrement plus petite à .284 ".

La longueur de l’étui  de ces deux cartouches ne diffèrent que de 0,006 ", mais la 7mm Rem Mag a une base beaucoup plus large que la cartouche Springfield .30-06. Cela permet au 7mm Rem Mag  de prendre une quantité plus généreuse de poudre. Cet espace supplémentaire et l'augmentation de la charge de poudre du 7mm Rem Mag qui tire des balles de taille similaire au .30-06 améliorent beaucoup ses caractéristiques balistiques.

 

 

Comparaison des vitesses par poids d’ogive et calibre

 

 

 

 

Ici la comparaison de son drop avec celui d’une .300Win Mag

 

On constate que les deux cartouches ont des trajectoires identiques jusqu’à 700Yds !

 

 

Tableau comparatif de son potentiel long range avec ceux de ses concurrents les plus connus.

 

La 7mm Rem. Mag. est une grande cartouche pour la chasse au cerf, par exemple. La plus grande capacité de la cartouche signifie qu'elle est capable de tirer un projectile beaucoup plus vite qu'une cartouche plus petite et plus efficace, comme la 7mm -08 Rem. Mais cette puissance supplémentaire a un prix, et parce qu'elle est plus efficace, la plus petite 7mm-08 a une courbe de trajectoire qui est très proche du magnum mais hélas, jusqu'à seulement 200 yards.

Comme beaucoup de ses calibres frères, le 7mm Rem Magnum met à rude épreuve le canon qui le tire, ce qui contribue également à réduire sa durée de vie mais aussi à une consommation de poudre importante.  L'érosion du canon commencera déjà à se faire sentir après environ les 1500 coups, et les pessimistes évaluent sa durée de vie généralement entre les 1500 et 3000 coups en fonction de la charge des munitions tirées et de la qualité  du canon. Cela dit, à moins d'utiliser votre fusil sans arrêt pendant des dizaines de jours, cela pourrait facilement s'étendre sur une durée de 15 ans de chasse !

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

Ici, une belle carabine en situation de « Long Range Hunting »

 

La 7 mm Remington Magnum est définitivement l'une des cartouches de moyenne portée des plus efficaces et polyvalentes disponibles pour les chasseurs du monde entier car elle est la plus à l'aise en pleine campagne, tout comme dans les plaines et les montagnes, où les tirs à longue portée et la distribution substantielle  d'énergie vers le bas sont essentiels. C'est sans aucun doute la norme qui permet de la juger comme très bonne parmi tous les calibres à gros gibiers de longue portée, et qui jouissent d'une bonne réputation.

Exemple, avec une ogive de 140 grains, entraînée à des vitesses comprises entre 3200 et 3300fps, la 7mm RM occasionne  un traumatisme extrême sur gibier à corps léger et sur des distances supérieures à 400 Yds (366m). Ce poids de balle a tendance à perdre sa capacité à produire de larges blessures à des distances d'environ 650 mètres. Dans le cas d'un gibier de taille moyenne, la balle de 140 grains peut produire des performances inférieures à la performance idéale, mais la blessure et la pénétration peuvent néanmoins être adéquates, même si les résultats peuvent parfois être erratiques.

Chargée de balles de 150-154 grains et tirée entre 3100 et 3200fps, la 7mm RM est dévastatrice sur une large gamme de distances et parfois mêmes supérieures à 900 yards. Ce poids de balle est plus polyvalent que le poids plus léger de 140 grains, mais il est encore quelque peu limité sur un grand gibier à corps épais, bien que la blessure et la pénétration soient plus uniformes. Ce poids de balle convient mieux au gibier pesant moins de 80 kg.

Les ogives allant de 160-180 grains sont les balles les plus polyvalentes. Les projectiles de 7 mm lourds peuvent être utilisés sur les animaux les plus légers jusqu'à 320 kg, pour une neutralisation rapide jusqu'à 1.000 mètres, et sont capables de produire une pénétration adéquate mais pas de blessure importante par rapport aux poids corporels. Pour cette raison, si le 7mm doit être utilisé sur de gros animaux lourds, les coups de cou et de tête sont les moyens les plus éthiques d'obtenir des morts rapides. Pour les coups de poitrine ordinaires, le calibre .30 et les alésages moyens fournissent des blessures beaucoup plus larges à travers les tissus vitaux. Un choix souvent unanime est la 168gr HSM Trophy Gold VLD de chez Berger car elle couvre à peu près tout ce qu'on peut chasser en Europe. Elle a également un recul très correct pour une magnum. En ce qui concerne la balistique, cette balle a des notes supérieures dans les catégories vitesse, BC et trajectoire par rapport à bien d'autres. Cela en fait un très bonne cartouche pour chasser un plus gros gibier à de plus grandes distances. La balle VLD Berger est excellente pour une expansion contrôlée et une pénétration profonde.

Quant aux autres balles situées entre 110 et 150 grains, leur vitesse varie de 3200 à plus de 3300 fps. Elles sont recommandées pour chasser le gibier léger, mais pas à plus de 650 Yds, car c'est à cette distance-là qu'elle perd un peu de son punch.

Enfin, si vous souhaitez utiliser des balles plus légères sur des espèces plus petites, les balles à 139 et 140 grains font un excellent choix.

Comprendre l'efficacité balistique et la conception des cartouches est important pour les chasseurs. Dans n'importe quelle situation de chasse, ils sont confrontés à plusieurs variables qui, lorsqu'elles sont combinées, se traduisent par le succès ou l'échec d'un tir. Le tout sera donc d’adapter au mieux sa munition à la situation de chasse !

 

Tableau indicatif des polyvalences des cartouches par type de gibier

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

Alors que la Remington Magnum est plus considérée comme une cartouche de chasse, il y a également une place pour elle sur cibles. Grâce à ses caractéristiques balistiques, il lui est possible de réaliser de beaux cartons y compris à longue portée et ce, même avec des cartouches d'usine. A titre d’exemple,  la  Hornady Superformance SST 162gr donne de très bons résultats. Avec sa vitesse de 3030fps et son haut BC (0,55), elle est une excellente balle d'usine que l’on peut même utiliser en compétition. Comme toute charge d'usine, sa trajectoire diminue un peu lorsque l’on atteint la barre des 600-700 Yds, mais c'est normal. En ce qui concerne son recul, il est plus que gérable. Mais pour obtenir de bonnes performances à des distances supérieures ou égales à 1000 yards, vous devrez impérativement recharger vos propres cartouches.

La trajectoire de la balle est ce que chaque tireur de compétition ou chaque chasseur de chaque niveau se doit de connaître, et notamment, en comparaison  de cartouches différentes. Plus importante encore, est la façon dont une balle plane sur une distance donnée. Moins une balle tombe pendant son vol, plus il est facile de faire des ajustements précis pour les coups de plus longue distance. Corollaire, cela peut aussi occasionner un peu plus d'erreurs, surtout dans les situations où vous n'avez pas le temps de mesurer la distance exacte à la cible, comme c'est souvent le cas dans les situations de chasse.  Au plus le coefficient balistique (BC) est élevé, au plus la balle est à même de résister aux effets du vent pendant le vol. Théoriquement, plus une balle est efficace pour couper le vent,  plus elle sera précise.

 

Ici, une cible avec trois tirs d’une 180 grains à 100Yds

 

On voit effectivement le beau groupement réalisé

 

 

 

Ici, trois autres tirs bien groupés

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision de ¼ de MOA avec de très petits groupes à 100 Yards

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés avec une Berger Hunting VLG 168gr.

 

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres 

 

 

 

 

 

Toute cartouche de calibre .30 fournit plus d'énergie qu'une cartouche de 7 mm comparable. Exemples, une 7mm-08 contre .308, une .280 Rem. versus une .30-06, une 7mm STW versus  une .300 Wby ou encore,  une 7mm Ultra Mag versus une .300 Ultra Mag. Cependant, cette augmentation d'énergie s'accompagne d'une augmentation du recul qui peut même atteindre 30% de plus que pour une 7mm.

Si vous poussez une balle de .308 de densité sectionnelle et de coefficient balistique comparable, et sur la même trajectoire qu’une .284,  elle arrivera avec environ 15% d'énergie en plus, mais elle génèrera aussi près de 30% de recul en plus, en supposant par ailleurs pour la comparaison, des fusils de poids égal.

Au final, c’est vous qui verrez, car la seule raison logique qui vous poussera à choisir un calibre .28 plutôt qu’un .30  sera directement en relation avec la question de savoir de quelle performance balistique vous aurez besoin pour faire le travail, et bien sûr, ce que vous serez prêt à payer pour obtenir une diminution du recul. Mais, encore une fois, d'un point de vue purement balistique, tout ce que le 7mm peut faire, le .30 peut le faire en mieux. C’est-à-dire, avec un plus grand trou et plus d'énergie délivrée, toutes choses égales par ailleurs.

 

Ici, le tableau de l’étendue de sa balistique

 

 

 

 

Ici,  sa comparaison (vitesse et coef. bal.) par marque avec la 300 Wing. Mag

 

 

Drops d’une 7mm Rem. Core-Lokt 175gr et d’une 300 Win. Mag 180gr - Zérotage à 100Yds

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org (site)

 

Ici, on peut voir l’équivalence des drops jusqu’aux environs des 500 yards avec l’avantage pris par la .300 Win. Mag. à partir des 600Yds,  pour la suite.  Ce qui lui donnera donc un grand avantage sur la .308 Win  à mesure que la distance augmente ! À des distances extrêmes, la conception des balles est aussi très importante,  car des balles avec un coefficient balistique élevé amortissent mieux le vent et perdent de la vélocité plus lentement que les balles à faible BC.

 

Ici, le graph comparatif des drops de deux 7mm Rem Mag avec deux 30-06

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Il ne fait aucun doute que le calibre .30 a dominé du début du siècle dernier au milieu des années 1960. Aujourd'hui, le .30 reste toujours un sacré calibre, mais il a été sérieusement remis en cause par celui du 7mm. Ceci dit, même si les produits plus récents,  et qui lui ont fait suite rencontrent les besoins de pas mal de tireurs, je crois que la 7mm Remington Magnum reste l'une des meilleures cartouches disponibles pour les chasseurs occidentaux. Elle est également très appréciée par les tireurs Bench-Rest et le TLD.

La 7mm Rem Mag produit une puissance élevée mais à un niveau de recul relativement tolérable par nos chasseurs,  et au surplus,  elle reste adéquate et polyvalente dans beaucoup de situations de chasse et de tirs à longues portées.  D’un point de vue pratique, cela signifie qu’avec elle,  les chasseurs peuvent aussi emporter un fusil plus léger,  doté d’un canon plus court (choses très appréciées des chasseurs en montagne) , et de s'attendre aux mêmes résultats qu'ils n’auraient pu obtenir qu'avec des canons plus long et plus lourds qu’ils ne l’étaient, il y a seulement quelques années d’ici. En effet, du point de vue de son efficacité, cette cartouche peut presque correspondre à la trajectoire d’une magnum plus ancienne mais avec moins de souffle, de recul et de poudre brûlée ou consommée.

La cartouche peut se recharger facilement et donc, tout en assurant un faible recul, elle peut quand même produire un maximum de blessures au gibier malgré des tirs parfois plus rapides et sur des distances très étendues. Néanmoins, la 7mm Rem Mag ne sera pas un bon choix pour les tireurs moins expérimentés, et vous l’aurez compris,  elle n'est certainement pas non plus la plus puissante de toutes les 7mm. Ceci dit, elle est polyvalente et très bonne sur moyennes et grandes distances. Cependant, de nos jours, le marché se tourne de préférence vers des cartouches qui offrent encore un peu moins de recul mais avec d’avantage de précision.

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

https://images.remington-catalog.com/586d201b19ffc

 

https://www.buffalobore.com/index.php?l=product_detail&p=521

 

https://ronspomeroutdoors.com/blog/long-range-rifle-budget/

 

http://precisionrifleblog.com/2012/08/23/custom-7mm-rem-mag/

 

http://closefocusresearch.com/calculating-barrel-pressure-and-projectile-velocity-gun-systems

https://rifleshooter.com/2015/04/7mm-remington-magnum-7-rem-mag-barrel-length-versus-velocity/

 

http://www.bergerbullets.com/7mm-195gr-extreme-outer-limits-elite-hunter/

 

http://precisionrifleblog.com/2012/10/19/7mm-rem-mag-load-dev-part-3-optimal-charge-weight/

 

http://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/7mm/

 

https://www.norma.cc/us/Products/our-brands/norma-strike/ecostrike---rethinking-impact/ecostrike---recensioner/ecostrike-7mm-rem-mag/

 

https://thegunzone.com/7mm-remington-magnum/

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=68g7OP7EHfM

 

https://www.youtube.com/watch?v=Vjp7SdjMZGA

 

https://www.youtube.com/watch?v=EJIC6qL8Zec

 

https://www.youtube.com/watch?v=5aX2rzKmfJw

 

https://www.youtube.com/watch?v=2Y8FJDqx1cw

 

https://www.youtube.com/watch?v=_ajBzsRC2kg

 

https://www.youtube.com/watch?v=cpGpkvU8EbM

 

https://www.youtube.com/watch?v=z8CDVgvmlx0

 

https://www.youtube.com/watch?v=FhRlOrS69oE

 

https://www.youtube.com/watch?v=AA6jo2b87Sw

 

https://www.youtube.com/watch?v=KLCigxaQnYE

 

 

 

 

A bientôt,

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 19:06
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)

Chers lecteurs,

 

La parution de cet article couronne la huitième année d’existence du blog. Et oui, vous avez bien lu, cela fait déjà huit ans que nous nous retrouvons régulièrement autour des thèmes qui nous passionnent avec, et je n’en suis pas peu fier,  des statistiques de fréquentation des plus honorables en affichant pas moins de 1.775.000 visiteurs uniques et plus de 3.000.000 de pages vues au compteur !

Permettez-moi donc de vous adresser tous mes vifs remerciements pour votre fidélité ainsi que pour tous vos messages de soutien que vous m’avez adressé tout au long de ces années.

Pour l’occasion, je souhaitais vous soumettre un petit article consacré aux fusils à visée intelligente et à guidage de précision (Precision Guided Firearm - PGF). Un équipement destiné à la fois aux débutants et aux tireurs d'élites, et qui semble devenir un « must » pour certains chasseurs mais pas vraiment chez les tireurs en TLD alors que le système connait un développement formidable dans le domaine de l’armement militaire.

En vous souhaitant d’ores et déjà de très bonnes vacances, je vous refixe rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures journalistiques.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

Au fil du temps, les poudres autant que les armes à feu se sont améliorées, donnant aujourd’hui les cartouches en métal et les armes semi-automatiques et automatiques à très grandes cadences de tir telles que nous les connaissons.

Les armes à feux ont ainsi évolué partant de « très peu précises » à l’extrême précision délivrées par des armes beaucoup plus sophistiquées. Ces dernières se différencient des armes anciennes car elles nécessitent peu de connaissances pour pouvoir être utilisées, et ne nécessitent plus d’aller au contact direct avec le gibier ou encore avec l’ennemi pour les soldats.

 

 

Ce qui a permis d’aller encore plus loin dans la sophistication, c’est la technologie et plus singulièrement, de la technologie de « TrackingPoint » qui est née de la frustration d’un chasseur. En effet, le fondateur de l'entreprise TrackingPoint (société de technologie appliquée basée à Austin, au Texas qui compte environ 75 employés, dont plus de la moitié sont des ingénieurs), John McHale, a eu l'idée d'une carabine intelligente après être revenu d'un voyage de chasse en Tanzanie, où il n'avait pas réussi à neutraliser une gazelle alors qu’il était à moins de 300 mètres de l'animal et ce, bien qu’il l’avait tiré à plusieurs reprises. McHale (56 ans) aurait déclaré qu'il ne pouvait pas rester assez stable pour atteindre une zone de tir de 4 pouces sur la gazelle visée. En rentrant chez lui au Texas, il a réfléchi à la façon dont la technologie pourrait aider à faire des tirs à longue distance pour les tireurs moyens. Considérant que la lunette de tir avait été inventée en 1835, il est clair qu'il y avait de la marge pour en améliorer la précision grâce aux nouvelles technologies du XXIème siècle.

Or, précisément, la combinaison des armes à feu et de la technologie paraissait naturelle à McHale qui a travaillé pendant des décennies dans ce domaine. Il a fondé et dirigé plusieurs start-ups qui ont développé des produits permettant d'accéder à Internet à haute vitesse pour les entreprises et les foyers. L'utilisation de la technologie pour aider les gens à gérer les variables de visée à longue distance telles que le vent, la chute de la balle voire même, les mains tremblantes, correspondait à son approche de la résolution des problèmes. C’est ainsi que John McHale a développé et créé le premier PGF chez TrackingPoint en mars 2011.

 

 

 

Soutenue par un financement de 33 millions de dollars provenant en partie de McHale lui-même, la jeune entreprise texane a lancé son premier produit en 2013. Le premier fusil coûtait entre 22.000 $ et 27.000 $. Ce modèle n'a pas pourtant pas atteint son objectif. En effet, les premiers testeurs ont signalé des performances inconstantes, mais les vidéos démontrant l'arme intelligente sont tellement devenues virales que bien qu’imparfait, ce premier modèle a fait un véritable tabac alors qu’il était clairement trop cher pour qu’un chasseur moyen puisse se l’offrir !

Dans sa lancée et pour aller de l’avant dans ses projets, McHale a alors recruté des talents y compris des ingénieurs et des cadres de chez Remington et a demandé l'aide d'une entreprise de conception qui avait construit des logiciels pour Siemens et Motorola et la société a continué à développer le système ainsi qu’à faire baisser son prix. Par la suite, la société a déployé un deuxième produit disponible au public, le fusil intelligent semi-automatique AR Series, en janvier 2014.

En avril 2016, la société a sorti le M1400, un fusil de calibre .338 Lapua capable d'engager des cibles à        1.280 m. Le système peut atteindre des cibles se déplaçant à 32 km / h en un temps d'acquisition à l'engagement de 2,5 secondes !

 

 

Ce qui est totalement inédit et remarquable, c’est que grâce à des entreprises telles que TrackingPoint, qui fabriquent des fusils de précision dits à «visée intelligente» et aux lunettes de réalité augmentées telles que les Oculus Rift, un tireur peut toucher une cible sans pour autant que celle-ci soit dans son champ de vision, en compensant automatiquement la distance, les conditions météorologiques telles que le vent et les différences de pression et si l’on ajoute à cela, par exemple, le projectile EXACTO, développé en calibre .50 BMG par le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et qui est capable de rectifier sa trajectoire après le tir, nous sommes en possession d’une arme capable de toucher une cible alors que le tireur ne la voit pas et vise délibérément à côté !

Bien entendu, les premiers intéressés par ces armes ont été les militaires américains car ces nouvelles technologies ont apporté un changement dans la forme de la guerre, et ont dans un certain sens,  « facilité » la manière dont la guerre sera pratiquée dans le futur par les soldats.

Enfin, pour être complet, signalons que bien que la société TrackingPoint ait connu une croissance phénoménale en 2014, et qu’elle ait connu de gros problèmes précisément à cause de cette trop forte croissance qui l’ont conduite pratiquement au dépôt de bilan, celle-ci a dû être restructurée. Par la suite, la société a conclu un accord avec Remington, qui cherchait à collaborer avec TrackingPoint sur un projet appelé Remington 2020.

Voici le kit complet.

 

TrackingPoint a aussi produit des lunettes d'une nouvelle série de fusils à guidage de précision, mais selon des sources proches du projet, cela s'est transformé en fiasco. Mais en dépit de l'échec de TrackingPoint, McHale affirmait que l'attrait d'un fusil intelligent était trop puissant pour que les militaires abandonnent ce type de projets pour la défense, et il avait raison !

Pour l’heure, il semble que le marché des armes civiles n'est tout simplement pas encore prêt à payer un prix aussi élevé, même si l'arme est capable de prouesses incroyables. Aux dernières nouvelles, il ne semble pas que TrackingPoint fermera complètement ses portes et qu’elle pourrait continuer à fournir des armes à feu aux organismes gouvernementaux, par contre, les ventes au grand public ne seront plus acceptées, du moins plus en masse, et pour un moment. Avec le temps, et si des contrats plus importants peuvent être remplis par TrackingPoint, il pourrait y avoir assez de ventes que pour qu’elle puisse en revenir aux ventes civiles et, avec un peu de chance pour les clients, abaisser le prix de quelques centaines (ou milliers) de dollars.

Ceci dit, et même si TrackingPoint a pratiquement coulé, elle ne disparaitrait pas sans laisser une sorte d'héritage en la matière puisque d’autres sociétés se sont également lancées dans ce genre de produits-services. Exemple, un projet d’association McMillan / TrackingPoint pour un fusil .50 BMG (PGR) guidé et considéré comme étant le  « Super Gun » précis jusqu’à 2.800 mètres et doté de la technologie XactSystem Smart Rifle Scope.

Par ailleurs, TrackingPoint continue également ses recherches et développements dans des armes expérimentales à longue portée car une fois que vous avez dépassé le kilomètre, vous obtenez une solution balistique beaucoup plus complexe car les effets négatifs et la complexité balistique sont multipliés par six. Des paramètres comme la rotation de la terre et le comportement du projectile tiré pendant la transition entre les vitesses supersoniques et subsoniques deviennent des facteurs importants qui doivent être modélisés et pris en compte de façon très précise. A titre d’exemple, grâce à sa technologie «Super Gun», la compagnie a réussi à atteindre une cible de la taille d'une plaque avec un .338 Lapua Magnum à une distance de 3.12km (2.12 miles), un exploit qui a nécessité l'élévation du canon bien haut au dessus de l'horizontale. La balle a mis près de sept secondes pour atteindre la cible !

 

 

Description du système

 

La firme TrackingPoint appelle son PGF, le « XactSystem », système qui intègre un fusil personnalisé, des munitions conventionnelles de précision, une lunette avec suivi en réseau avec affichage « tête haute » et un déclencheur guidé par un système en boucle fermée. Le XactSystem calcule et met à jour une solution balistique pour chaque tir à la cadence de 54 fois par seconde, le système contrôle le déclenchement et ne tire que lorsque les viseurs sont correctement alignés sur la cible prédéfinie ("taguée") par le tireur, éliminant ainsi les erreurs de visée, des déclenchements, des intrants environnementaux, et l’erreur de calcul de distance, quel que soit le niveau de compétence ou d'expertise du tireur.

 

Ici, le système

 

Au cœur même du système TrackingPoint se trouve un ordinateur, un calculateur balistique modélisé avec les munitions spécifiques fournies avec le XactSystem arrivant de l'usine « zéroté » et prêt à l'emploi. Un système de référence « Barrel » détecte la relation de l'optique avec l'alésage du canon et ajuste tout décalage d'alignement entre le canon et la lunette. Parce que les changements microscopiques (dus à l’usure du canon après X coups) entre la relation canon / optique peuvent être mesurés par le BRS, le zéro est automatiquement réajusté au besoin. Le système tient donc compte du nombre de coups tirés et ajuste la vitesse à laquelle la vitesse initiale sera affectée en raison de l'usure du canon. Incroyable, n’est-ce pas ?

 

Ici, une coupe du système

 

Pour l'utiliser, il suffit d’allumer l'appareil, la cible pointée est zoomée et mise au point. Selon le modèle, le XactSystems possède un zoom optique d’origine de 30x à 35x. La séquence à engager est « tag, track, shoot », appelée TTX (Tag, Track, Xact). Quand une cible est localisée, le tireur "l'étiquette" en la recouvrant avec le réticule et en maintenant le bouton d'étiquette à côté du pontet. L'étiquette, indiquant le point d'impact, est représentée par un point rouge. Cette étiquette peut être retirée en appuyant à nouveau sur le bouton.

 

 

Une fois que l'étiquette est au bon endroit, le déclencheur est maintenu enfoncé, armant le système. À tout moment, le tireur saisit manuellement la vitesse du vent effectif, c’est le seul facteur environnemental qui n’est pas compensé par le système en automatique. Le calculateur balistique ajuste la distance, la température, la pression barométrique, la dérive de spin, le dévers, l'inclinaison et l'apport de vent, etc. Un réticule de visée apparaît basé sur la solution balistique nécessaire pour aligner l'alésage et obtenir le « bon » coup. Tout en maintenant la détente enfoncée, le tireur suit le réticule de visée sur le point d'étiquette qui peint la cible. Le mouvement de la cible, du fusil, ainsi que la distance et les facteurs environnementaux sont surveillés en permanence et la solution balistique est mise à jour 54 fois par seconde.

Le déclencheur de l'arme n'est pas un simple système mécanique, mais plutôt un système intelligent qui ne propulsera le percuteur vers une cartouche que si l'arme décide que c'est le bon moment de le faire. Lorsque le réticule de visée croise le point d'étiquette sur la cible, et si le déclencheur est toujours maintenu enfoncé, le système actionne la détente et déclenche le tir lorsque le système détecte un alignement correct.

 

 

 

 

Une fois que la cible est verrouillée et suivie, le système de contrôle du tir aide le tireur à faire des tirs qui étaient auparavant presque impossibles, même pour les tireurs d'élite. Les cibles sont suivies à moins de 0,38 pouce à un demi-mille pour le .300WM et le .308 Win et à 0,25 pouces à un tiers pour le .260Rem.

Le XactSystems est mis en réseau et est capable de diffuser de la vidéo depuis et vers l'optique à partir d'un périphérique externe. L'application ShotView diffuse la vidéo depuis l'affichage tête haute de l'optique vers un Smartphone ou une tablette, permettant aux guides ou spotters d'encadrer les tireurs et de partager la vue, en temps réel ou l’enregistrer en vidéo. Une séquence de tir de l'étiquette jusqu'à dix secondes après la prise de vue peut être enregistrée sous forme de vidéo ou d'images fixes.

La société TrackingPoint a trois PGF XactSystem disponibles. Tous sont construits avec des fusils personnalisés (avec une précision standard de 0,5 MOA), des canons Krieger, et incluent 200 munitions Barnes Bullets XactShot ainsi qu’un Apple iPad Mini avec un logiciel chargé dans un étui Pelican personnalisé, et une tige de nettoyage et des accessoires.

 

Les systèmes de XactSystem PGFs sont vendus complets, avec le fusil, la lunette, le logiciel, le système de pistage et les munitions dans un package complet.

 

A titre d’exemples, la carabine XS1 est un .338 Lapua Magnum dotée d’un canon de 27 ", un frein de bouche AAC, une lunette au zoom 6-35X et des balles à la capacité maximale de 1.100 mètres. Le XS2 est un .300 Winchester Magnum avec un canon de 22 ", un frein de bouche AAC, un zoom 6-30X et des balles de 220 grains. Il est calibré jusqu'à une précision de 1000 yards minimum. Le XS3, également un .300 Win Magnum, est un McMillan A5 avec une « joue » ajustable et un canon de 22 ", un zoom 6-30X, des Barnes de 190 gr LRX  et une puissance de 685m. Les prix sont respectivement de 19.995 $, 17.500 $ et 14.995 $.

Chaque modèle est connecté à Internet via Wi-Fi. Les compagnons des chasseurs peuvent ainsi voir ce que le tireur voit. Les amis et la famille peuvent se connecter en toute sécurité à distance au fusil de tir avec un téléphone intelligent, une tablette, un ordinateur portable ou une télévision intelligente et profiter de la voix et de la vidéo en direct sur le terrain.

Les tireurs peuvent faire des coups cachés et des coups aveugles en utilisant des lunettes de tir numériques. Les lunettes de tir numériques sont issues d’une collaboration entre TrackingPoint et Recon Instruments de Vancouver, en Colombie-Britannique. L'application ShotGlass ™ de TrackingPoint fonctionne sur les lunettes intelligentes Jettm de Recon. La vidéo est diffusée depuis n'importe quelle arme à feu à guidage de précision jusqu'aux lunettes, ce qui permet aux tireurs de marquer et de tirer sur des cibles sans même à avoir à exposer leur tête ou leur corps (très intéressant, dans le cas d’application militaire). TrackingPoint vend des lunettes ShotGlass et Recon Jet, qui utilisent le logiciel Android de Google, pour 995$.

Nota bene :

Pour bien comprendre le fonctionnement du système, je vous invite à aller regarder les vidéos et les liens que je vous ai mis en fin d’article.

 

 

Quid de la balistique de ces armes ?

 

 

Le tir à longue distance implique beaucoup de calculs mathématiques et balistiques. Dès qu'une balle sort du canon, elle tombe et se trouve sous l’influence de bien d'autres facteurs qui déterminent également son comportement en vol, tels que l'élévation, le dévers, la distance à la cible, l'inclinaison, etc. La plupart des chasseurs à longue distance expérimentés tiennent d’ailleurs un journal avec toutes ces variables pour chaque tir réalisé avec un fusil spécifique en vue de perfectionner leurs tirs futurs.

Ce qui est tout à fait innovant avec le système Tracking Point, c’est que toutes ces informations sont recueillies en temps réel par le fusil lui-même, et puis transmises au tireur via l'écran du rifle scope de l'arme. Cela signifie que des gens qui n’ont aucune connaissance en balistique extérieure peuvent atteindre une cible à longue distance avec la même acuité qu'un pro !

Le système permettrait en théorie aux novices de réaliser des tirs longue distance dans des situations très complexes et de toucher des cibles dès le premier tir à plus de 900 mètres avec 70 % de chances de réussite et ce, grâce à un matériel qui est garanti pour une précision de 0.5 MOA en format standard.

Le TrackingPoint .300 Winchester Magnum PGF est précis à 100% dans une portée allant jusqu'à 950 yards (870m), mais la version non modifiée n’est seulement à 100% précise que jusqu'à 300 yards (274m). Bien entendu, vous aurez besoin d'utiliser des munitions spéciales et assez coûteuses faites pour TrackingPoint mais la société dit que vous finirez par économiser de l'argent grâce à sa précision accrue et donc,  de moins de munitions utilisées.

 

 

Ici, une boîte de cartouche Trackingpoint

 

À des distances pareilles, même les soldats entrainés n'ont qu'un taux moyen de réussite de l'ordre de 30 % sur le premier tir, c'est pourquoi l'armée américaine s’est montrée très intéressée par le système et en a acquit directement six exemplaires pour pouvoir leur faire passer une série de tests « grandeur nature » au sein de ses rangs. TrackingPoint a précisé qu’un mode réseau serait proposé à l'armée, permettant ainsi de connecter les 6 fusils ensemble pour réaliser un tir contrôle à distance en simultanée par un seul tireur. Un tel procédé peut jouer un rôle décisif pour une équipe de snipers militaires/policiers recherchant les meilleures solutions de tir en environnement urbain. Les derniers développements permettent, entre autres, de cibler un ennemi se trouvant derrière un coin, sans s'exposer. Ceci renforce certainement davantage l'attrait de ces produits pour le personnel militaire.

 

 

Par ailleurs, un responsable marketing de TrackingPoint affirme que leur modèle « Mile Maker » peut atteindre environ 70% de ses cibles d'une manière impeccablement précise, à environ 1 000 mètres même lorsque ce sont des utilisateurs inexpérimentés avec des balles .338TP (similaires à la .338 de Lapua Magnum) !

Mais soyons clairs, même les PGF ne rendent pas le fusil plus précis ou plus puissant, ceux-ci facilitent son utilisation et la capacité du tireur, surtout s'il est moins habile, mais le système ne le lâchera pas à moins qu'il ne soit vraiment pas sur la cible avec toutes les variables balistiques prises en compte.

 

 

Utilisation pour la chasse

 

La chasse à longue distance (Long Range Hunting) gagne en popularité, et de nombreux chasseurs étendent la portée de leur fusil grâce aux progrès de l'optique assistée par laser. Beaucoup de ces systèmes ont un logiciel qui leur permet d’éliminer les erreurs de l'utilisateur et de neutraliser un gibier d’un coup d'arrêt rapide et précis. Nous pouvons maintenant tirer plus précisément, voir mieux en basse lumière (ou pas de lumière du tout !) et ainsi améliorer nos chances de succès lors d'une chasse.

Comme chacun le sait, notre monde est dominé par la technologie. Nous en sommes même venus à utiliser nos téléphones, ordinateurs portables, iPads et autres appareils électroniques pour toute une foule d'utilisations professionnelles et personnelles, et bien entendu, le domaine de la chasse et du tir n’y ont pas échappé avec notamment et comme nous l’avons vu, le système innovant développé par TrackingPoint.

 

 

 

Jusque là, les télémètres étaient souvent volumineux et simplistes, avec des réticules foncés et des capacités de télémétrie en visibilité directe qui ne tenaient pas compte de l'altitude. Aujourd'hui,  les télémètres sont beaucoup plus complexes et peuvent fournir un large éventail d'informations, y compris les points d'atteinte de l’animal et même, la compensation d'angle pour la chasse en montagne.

 

 

 

Avec l'augmentation des progrès technologiques qui poussent l'industrie de la chasse dans le monde du numérique 2.0, la course pour trouver un équilibre entre les derniers gadgets et les règles éthiques peut aussi paraître complexe. En effet, pour les responsables de la réglementation de la chasse, c’est un vrai sujet de préoccupation que de savoir si les armes à feu à guidage de précision éliminent l'aspect équitable de la chasse et si elles procurent un avantage injuste à ceux qui peuvent se les payer, et si oui, s’il faut les interdire ou fortement les réglementer?

En effet, si vous en arrivez au point où la compétence impliquée dans la chasse est réduite à la simple recherche d'un gibier, et s’il faut très peu de compétences pour tirer sur l'animal à des distances extraordinaires alors, le concept de la chasse équitable commence vraiment à dériver. D’un autre côté, leurs supporters disent que cette technologie va justement permettre de réduire les blessures et dès lors, pourquoi ne pas l'utiliser? D’autres disent que la compétence du chasseur et la précision sont toujours nécessaires même avec une technologie intégrée pour vous aider à tirer et que quelque soit l'arme à feu utilisée par un chasseur, la gravité, la résistance à l'air et le vent peuvent encore affecter la trajectoire de sa balle.

D’autres considèrent que les fusils « intelligents » sont plus sûrs que les armes à feu traditionnelles et que moins de chasseurs seront blessés ou tués grâce cette technologie. Le processus de tir est cognitif et nécessite une pré-désignation de la cible avant qu'un tir ne puisse être fait, ce qui permet au tireur de s'assurer que personne n'est pas en danger. Dans un proche avenir, on y ajoutera même un système d'alerte de proximité qui fournira un indicateur si un autre chasseur ou spectateur se trouvait à moins de 1.500m de la trajectoire de la balle. Comme on le remarque ici, les avis sont très partagés sur le sujet !

Aux States, plusieurs Départements ou Etats l’ont interdit alors que d’autres prévoient de continuer à surveiller les progrès de la technologie de la carabine intelligente afin de savoir s'ils doivent créer un règlement ou une loi spécifique afin que l'utilisation d'une arme à feu de précision ne contrevienne pas à l'éthique de la chasse équitable ou au fair-play.

 

 

Utilisation par les forces armées et les forces de l'ordre

 

Nonobstant ce qui a été dit pour la chasse, la Défense et les militaires quant à eux, n’y voient que des avantages. Même si ce type de technologie existe depuis longtemps, et qu’elle a déjà été utilisée dans de plus grands systèmes d'armement comme ceux de la force navale, les chars, et les avions de combat ici, il s’agit de l’utiliser à l’échelle du simple combattant. En effet, à l'avenir, des soldats pourraient repousser les ennemis à 1.000 mètres sans entraînement particulier, et ce grâce à des fusils équipés de cette technologie qui finalement devient très abordable pour le budget de la Défense.

 

 

 

Comme l’avait déclaré Oren Schauble, le responsable du marketing de TrackingPoint à NBC News : « Cela ne remplacera pas le soldat entraîné qui doit être à l'aise sous le feu mais cela ajoutera un degré de précision qui pourra être le facteur décisif dans des scénarios de combat complexes ». Un soldat peut normalement atteindre une cible qui se trouve à 1.000 mètres de distance avec une précision d’environ 20%, mais avec la technologie TrackingPoint, cela passera à 70%, a-t-il déclaré.

Cela pourrait permettre aussi des temps d'entraînement beaucoup plus courts. Il pourrait également permettre aux soldats de se connecter numériquement sur le champ de bataille, en les laissant se coordonner, suivre plusieurs ennemis, et se « passer » des cibles, les uns aux autres. Si les soldats sont plus précis dans leurs cibles, cela signifie qu'ils sont moins susceptibles de frapper autre chose, comme un civil tout comme un tireur d’élite de la police sera plus assuré que son tir ne fera que neutraliser le méchant, et non pas l'otage !

Mais certains vétérans militaires américains affirment qu'un dispositif qui, en substance, ne permet pas de brader les compétences, ne devrait pas être vendu aux civils allant jusqu’à dire qu’un tireur d'élite est un soldat très spécialisé, et que cela nécessite beaucoup d'entraînement alors que maintenant avec ces armes « intelligentes »,  tout le monde peut devenir un tueur précis y compris à longue distance. Soulignant néanmoins le fait que le danger ne se présenterait effectivement que lorsque ce fusil tomberait entre les mains de ceux qui ne sont, ni des chasseurs, ni des tireurs d'élite militaires.

Trevor Burrus, un chercheur spécialisé dans le droit des armes à feu à l'Institut Cato aux USA, dit quant à lui que les fusils sont rarement utilisés dans la criminalité. « En raison de leurs nombreuses caractéristiques, en particulier la difficulté de dissimulation, les fusils ne sont pas préférés par les criminels ». Ajoutant que le fusil de calibre militaire .50 Barrett, qui est légal aux États-Unis depuis des décennies, n'a presque jamais été utilisé dans des crimes, et qu’il n'y a aucune raison de croire que la toute nouvelle technologie serait utilisée de manière moins responsable, surtout avec son prix exorbitant.

A l’origine, les responsables de l'armée américaine ont d’abord acheté six de ces armes à feu à guidage de précision (pour une valeur comprise entre 10.000 et 27.000 dollars chacune !) pour passer des tests avant d’en commander davantage. Les unités achetées par les militaires ont été utilisées pour vérifier si les soldats pouvaient rivaliser avec des tireurs qualifiés lorsqu'ils sont équipés d'armes supérieures.

 

Photo extraite de PCWorld

 

Le système de fusil intelligent permet à un tireur de suivre et de frapper des cibles en mouvement à des distances extrêmes. Les utilisateurs peuvent partager leurs clichés les plus impressionnants réalisés avec le système Xact grâce au Wi-Fi intégré et à ShotView ™. L'utilisation de l'ordinateur intégré permet un suivi dynamique des cibles mobiles, avec des ajustements en temps réel de l'étiquette et du point d'impact calculé, ce qui simplifie grandement le tir sur des cibles réelles telles que du personnel ennemi, qui reste rarement statique.

 

 

Ces fusils peuvent donc communiquer entre eux ce qui peut permettre un combat plus axé sur l'information dans le sens où l’on peut marquer des cibles. Vous pouvez passer ces cibles à quelqu'un d'autre avec cette la lunette via un système informatique sous Linux qui collecte des données balistiques, des images de champs de bataille et qui enregistre les conditions atmosphériques telles que le dévers, l'inclinaison et même l'inclinaison de la terre à ce moment précis, en utilisant ces informations, l'ordinateur peut verrouiller sur une cible qui a été marquée par l'utilisateur.

L'ordinateur montrera ensuite à l'utilisateur où viser le meilleur coup avant d'appuyer sur la détente. La lunette intelligente effectue les ajustements appropriés pour la distance, le vent et les autres paramètres (une vingtaine de variables). Le fusil se déclenche automatiquement au moment précis où la visée est alignée sur la cible et au surplus, ces informations peuvent être diffusées en direct sur un téléphone intelligent, une tablette ou un ordinateur portable. C'est comme dans un jeu vidéo. Mais ici, c'est différent: vous appuyez sur la détente, mais le système décide quand tirer au mieux. En effet, il ne tire que lorsque l'arme a été pointée exactement au bon endroit. Chaque tir est enregistré afin qu'il puisse être rejoué, ou transféré aux autres tireurs.

La firme TrackingPoint a commencé avec des modèles de fusil à verrou avant d'introduire des fusils AR-15. Son fusil le moins cher est un AR-15 semi-automatique en calibre 5,56 mm qui coûtait 7.495$. Il peut suivre les cibles se déplaçant à 16km/h jusqu’à une distance de 528 yards. À l'extrémité supérieure, le nouveau fusil à verrou .338 TP coûte 49.995$. Il est surnommé le "Mile Maker", comme son nom l'indique, il peut atteindre une cible à un mile de distance, offrant la possibilité de verrouiller sur des cibles situées jusqu’à 1.280m.

 

 

 

Il y a quelques temps, la gamme de produits comprenait des plates-formes AR chambrées en 5.56, 7.62 × 51, .300 WM, et .300 Blackout pour des fusils semi-automatiques tandis que la gamme à verrou utilisait des plates-formes Drake Stalker chambrées en .300 WM, .300 WM-T, . 338 LM et .338 TP.

A titre d’exemple, une carabine à verrou M1400 .338LM en dotation au niveau d’une escouade pourra engager des cibles fixes et mobiles (jusqu'à 32 km/h) jusqu'à 1280 mètres de distance. Le M1400 représente une véritable percée en termes de performances, de coût et de poids par rapport aux armes à feu traditionnelles.  Il a été conçu pour fournir des capacités de stand-off de bataille sans précédent. Le M1400 offre une expertise en tir de précision à des distances qui dépassent les capacités des tireurs d'élite qualifiés.

Et donc, in fine, la létalité à distance extrême n'est plus du domaine exclusif des tireurs d'élite formés. En effet, avec une formation minimale, n'importe quel soldat peut délivrer de façon fiable la létalité bien au-delà de ce qui est possible pour les tireurs d'élite d'aujourd'hui. Quand un soldat appuie sur la détente, la cible est automatiquement acquise et suivie. Lorsque le déclenchement du déclencheur est terminé, la cible est instantanément éliminée (le temps total de mort (TTK) est d'environ 2,5 secondes). Le M1400 est vendu au prix de 16.995$, et en plus de ses capacités uniques de combat et de protection, les économies en temps d'entraînement et en munitions font de lui une arme très rentable.

Au surplus, le M1400 diffuse la vidéo vers les lunettes portables ShotGlass de TrackingPoint. Le soldat peut ainsi voir le champ de bataille sans mettre la tête derrière le fusil. Il n’est plus complètement exposé et peut voir et éliminer des cibles exactement comme s'il regardait à travers sa lunette ce qui lui permet de tirer dans les coins avec un taux de réussite extrêmement élevé et même sur des cibles en mouvement situées à des distances extrêmes. La lunette du fusil transmet aux Google Glass ce qu'elle « voit » et permet ainsi au tireur de neutraliser une cible tout en restant à couvert. Un concept qui renforce encore l'idée que certains « soldats du futur " seront de moins en moins exposés à la réalité matérielle de la guerre, voire à la guerre elle-même.

 

TrackingPoint ShotGlass

 

Quant à la carabine de service en calibre 5.56 à guidage de précision dénommée M600 SR, elle a été conçue pour remplacer le M4A1, le M600 SR et est destinée à changer la face de la guerre. Avec le système d'acquisition de cibles RapidLok ™, des soldats peuvent neutraliser très facilement des combattants adverses avec jusqu'à 87% de probabilité de réussite au premier tir (FSSP) sur 600 yards. C'est 40 fois le taux de destruction par rapport aux M4A1 existants !

Enfin, il existe également une version en calibre 7.62 appelé M800 DMR (Squad Designated Marksman) conçue pour remplacer les M110 et M14 et qui atteignent leurs cibles avec jusqu'à 89% de probabilité de réussite au premier tir (FSSP) sur 800 yards. C'est 33 fois plus rapide que les tireurs d'élite et les tireurs d'élite opérationnels utilisant les M110 et M14 existants. Vous pourrez visualiser certaines de ces armes, ici.

 

 

Conclusion

 

 

La technologie intelligente est maintenant une réalité y compris pour les armes légères et nul ne pourra l’ignorer à l’avenir. Mais nous faudrait-il délaisser nos armes « traditionnelles » pour autant ?

Pour l’heure, ma réponse est non ! Les armes à feu de précision « guidées » ne remplaceront probablement jamais nos bonnes vieilles carabines tant appréciées jusqu’à présent car elles constituent simplement une catégorie d'équipement entièrement nouvelle à laquelle certains feront appel mais d’autres pas ! Néanmoins, le but de tout l'équipement de tir « intelligent » est quand même de rendre la cible plus facile à atteindre, et en cela, on peut dire que l’objectif poursuivi grâce à ces nouvelles technologies est bel et bien atteint.

Une différence majeure entre ces fusils à haute technologie et les fusils conventionnels est la portée optique. La majorité des lunettes à longue portée sont manuelles, comme les jumelles. Mais le système type Tracking Point est arrivé avec une lunette numérique avec un objectif de puissance x35 qui minimise les secousses et la réfraction de la chaleur, permettant aux utilisateurs de zoomer à des distances extrêmes sans perdre le focus. Avec ces optiques, les tireurs peuvent frapper des objets que l'œil nu peut à peine voir.

 

 

 

A mon sens, ils pourraient très vraisemblablement plaire davantage à certains chasseurs car ils faciliteront grandement l’acquisition rapide d’un gibier sur longue distance et leur précision devrait contribuer à obtenir une chasse réussie y compris en cas de compétences médiocres du chasseur, ce qui devrait plaire aux chasseurs novices qui pourront se permettre de dépenser un tel budget. Alors que les « vrais » chasseurs sont des gars qui adorent chasser, passer leur temps à la chasse et qu’ils détestent tout système automatique. Ceci dit, au fil du temps, les prix vont probablement baisser suffisamment pour que tout un chacun puisse se l’offrir, et peut-être même de finir pas séduire les inconditionnels des carabines conventionnelles.

Pour l’instant, seuls certains amateurs de TLD se montrent très intéressés mais ils font plutôt partie des tireurs tactiques ou militaires car enfin, le vrai plaisir du TLD, c’est quand même de travailler son habileté, ses fondamentaux, et ses facultés de tireur d’élite plutôt que de se transformer en « sniper » de jeux vidéos, non ?!

Au final, on peut dire que ces armes sont donc davantage appréciées par les militaires et les groupes d’intervention des forces de l’ordre. Tout au long de l'histoire, l'armement a subi des évolutions majeures, et l'arrivée des armes intelligentes pourrait être l'une de ces avancées révolutionnaires. Mais l’avènement de ces armes à feu futuristes, a sans surprise, déjà soulevé pas mal de préoccupations auprès des réfractaires aux armes à feu, et notamment, sur le fait qu’elles pouvaient tomber dans de mauvaises mains ou encore que celles-ci allaient rendre trop facile le « sniping » aux novices ou au premier terroriste venu.

A chacun ses opinions mais signalons quand même que le système de Tracking Point est protégé par un mot de passe et que cela signifie qu'à chaque démarrage, l'utilisateur doit entrer un code PIN pour pouvoir l'utiliser. Et qu’au surplus, et contrairement aux Smartphones, cette fonctionnalité ne peut pas être désactivée et que donc, le fait de tirer sur la détente ne déclenchera pas le départ d’une balle, mais le risque « zéro » n’existe évidemment pas, surtout lorsque l’on sait qu’un hacker pourrait pénétrer le système informatique de l’arme, … sauf que celle-ci n'étant pas directement connectée à Internet, mais seulement à l'application du smartphone, le piratage n'est possible que dans un rayon d'une trentaine de mètres, et à condition que le système informatique du fusil soit bien allumé !

 

 

Voici une série de liens relatifs à l’article

 

 

 

 

https://www.tracking-point.com/technology/how-it-works/

https://www.tracking-point.com/weapons/mi338-338-lapua-magnum/

https://www.objetconnecte.net/black-hat-2015-hackers-fusil-1008/

http://weaponsman.com/?p=37052

http://sofreakingcool.com/18844/trackingpoint-smart-rifle-point-kinda-and-shoot/

http://www.tested.com/tech/458291-tracking-points-rifle-takes-skill-out-sniping/

http://www.guns.com/2014/04/01/trackingpoint-unveils-new-smart-scope-rifle-can-see-walls/

https://militaryleak.com/2018/01/25/trackingpoint/

https://coreykasperski.artstation.com/projects/QJ0m4

https://huntforever.org/tag/tracking-point/

https://www.ignatius-piazza-front-sight.com/2016/11/09/front-sight-sniper-membership-with-m1500-laser-guided-rifle-makes-you-the-greatest-marksman-in-the-world/

http://www.recoilweb.com/trackingpoints-shotglass-digital-shooting-glasses-51839.html

http://gadgetmagique.ru/militaire/17807-guid-la-balle-de-sniper-de-la-darpa-change-chemin.html

http://www.gamefair.fr/nouveautes-optiques/swarovski-ds-la-lunette-intelligente/1744

https://be.swarovskioptik.com/chasse/lunette-de-visee-ds-5-25x52-p-c20050901/dS-5-25x52-P-L-p5380527

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=MYR01aQkhE8

https://www.youtube.com/watch?v=HBTZ8pEaXz8

https://www.youtube.com/watch?v=AtRHNHqykUM

https://www.youtube.com/watch?v=1_LinQn9wBo

https://www.youtube.com/watch?v=Yev2maF5oYM

https://www.youtube.com/watch?v=LvbyAcYjzlc

https://www.youtube.com/watch?v=LZ_YErIg1Ps

https://www.youtube.com/watch?v=yGh1jB2ffiI

https://www.youtube.com/watch?v=KRoh6lrbBQw

https://www.youtube.com/watch?v=npOfuPPXLQQ

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=JbEg608GO80

https://www.dailymotion.com/3f6b1d04-9ead-4243-816c-1828fd1cdb8a

https://www.youtube.com/watch?v=pdwuPierJlQ

https://www.youtube.com/watch?v=LvbyAcYjzlc

https://www.youtube.com/watch?v=bSw4XMOzk4I

https://www.lematin.ch/high-tech/pirater-fusil-precision-possible/story/12701073

https://www.youtube.com/watch?v=oTnqHq3gwQM

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 15:31
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Dans la suite de la série consacrée à nos amis chasseurs, et comme promis dans l’article précédent, je reviens vers vous avec un article consacré à l’étude de la .300 Winchester Short Magnum (.300 WSM) qui est parfois appelée la 7,62 x 53mm. C’est une cartouche qui est également très appréciée parce qu’elle permet de faire du LRH (Long Range Hunting), et qu’elle produit d’excellents résultats.

Sachez d’ores et déjà que, vu mon prochain voyage sous une autre latitude, je ne serai pas en mesure de publier au mois de mai, par conséquent,  je vous fixe rendez-vous en fin juin pour le prochain article.

 

Bonne lecture.

 

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

Dans les années 1990, il commence à avoir énormément de carabines à action courte sur le marché de la chasse, et si on y ajoute la résurgence des safaris, ce qui a ravivé l’intérêt pour les anciennes cartouches « africaines », y compris le .404 Jeffery, les entreprises productrices de cartouches se sont intéressées à retravailler des projets sur base de la douille de la .404 car ils savaient que les « wilcatters » cherchaient à créer  une "nouvelle" douille, balle qui rencontrerait les revendications des chasseurs visant à obtenir une cartouche puissante  avec notamment une capacité accrue de la douille mais tout en conservant une longueur qui leur permette de l’utiliser dans des fusils plus légers grâce à leur action courte, mais aussi d’obtenir des vitesses plus élevées qui seraient dues notamment, à une poudre brûlant plus efficacement. Un sacré cahier des charges à honorer ! Mais, on savait depuis longtemps que les cartouches courtes et grosses brûlent leurs colonnes de poudre plus efficacement, produisant ainsi plus d'énergie par grain brûlé, et que cette efficacité de combustion est propice à la précision.

Techniquement, si l'on veut augmenter la capacité en poudre d'une cartouche donnée, tout en limitant sa longueur pour qu'elle fonctionne dans une action courte, la seule façon de le faire est de rendre l’étui plus gros. Une colonne de poudre plus courte et plus grosse met plus de poudre plus près de la flamme de l'amorce, et donc,  la combustion se termine plus près de la chambre que dans le cas des colonnes de poudre plus longues. Avec cette efficacité de combustion, cela permet l'utilisation de quantités moindres de poudres mais à combustion plus rapide et qui occasionnent moins de recul. En clair, avec des charges plus légères de poudre brûlant plus rapidement, une plus grande partie est brûlée dans le canon, et donc il y a moins d'éjectas. En d'autres termes, il y a moins de poudre imbrûlée qui sort de la bouche du canon. Ceci, à son tour, diminue la turbulence à la bouche ainsi que le recul de l’arme. La solution de l’équation étant trouvée, il fallait développer le projet … .

Souvenez-vous, lorsque je vous ai présenté l’article relatif à la Short Action Ultra Mag de Remington, nous avions vu que c’était en 1997 et 1998 que les techniciens de chez Remington travaillaient à l'élaboration de deux nouvelles cartouches de calibre .30 sur base de l'étui de la Jeffery .404, dont l'une était appelée la .300 Ultra Mag, qui reproduirait à peu près les performances du Weatherby Magnum .30-378. Dès lors, les techniciens de chez Remington ont raccourci son étui de 0,735 pouce, et ont créé la .300 Short Action Ultra Mag.

Leur business plan prévoyait l'introduction des deux cartouches en 1999, mais quelqu'un a décidé de retarder l'introduction du .300 SAUM pendant environ un an. Ce fût une erreur car ce retard a permis à Winchester de prendre Remington de vitesse en introduisant son .300 WSM.

En 2001, la Winchester Repeating Arms Company a donc sorti le calibre .300 WSM qui a été le premier de la famille des magnums de Winchester.

La douille (plus épaisse) de la .300 WSM a été conçue pour résister à des pressions beaucoup plus élevées que celle des magnums traditionnels, ce qui a permit de dupliquer voire même, de surpasser les charges d'usine de la .300 Winchester Magnum. Quoi qu'il en soit, la .300 Winchester Short Magnum a démontré sa capacité à être remarquablement précise et à reproduire les vitesses de la .300 Winchester Magnum, tout en consommant légèrement moins de poudre, avec environ 10 % en moins.

La possibilité d'utiliser ces charges à grande vitesse d'usine sans avoir à les recharger à la main était devenu un aspect très intéressant pour les chasseurs qui ont ainsi adopté la .300 WSM. L'un des facteurs des plus attrayants du calibre .300WSM était le fait qu’il permettait l’usage de fusils légers et plus facilement portables sur le terrain. Néanmoins, pour de nombreux chasseurs, c'était tout simplement l'attrait d'une nouvelle conception de cartouche qui les a poussé et à l’expérimenter.

A l’origine, les charges initiales de Winchester comprenaient les balles de 150 grains tirées de 3.270 jusqu’à 3300 fps en sortie de bouche et des balles de 180 grains tirées de 2.970 jusqu’à 3.010fps, toutes fonctionnant selon les spécifications annoncées pour des fusils d'usine au canon de 24 pouces. Olin (munitions de marque Winchester) a fournit à la fois des chargements hautement frangibles et extrêmement robustes, offrant un large éventail de performances. Le calibre .300 WSM offre l'avantage de munitions disponibles non seulement de Winchester mais aussi de Remington et de Federal, et c’est pour cette raison qu’on trouve une large sélection de projectiles. C’est ainsi que la .300 WSM a « décollé » rapidement et qu’elle a continué à jouir d'une certaine popularité parmi les chasseurs de gros gibiers tandis que malheureusement, le .300 SAUM de Remington n’a pas connu le succès escompté.

Au fil du temps, la .300 WSM a gagné en popularité (y compris, grâce aux nombreuses créations plus récentes) et cette cartouche s'est avérée être un grand succès. Quant aux tireurs sur cibles, ceux-ci l’ont également adopté et ont aimé l’utiliser dans toute une variété de configurations, et notamment pour le TLD ou le Bench-Rest,  et donc, que soit avec des carabines ultralégères ou avec des fusils plus lourds à long rayon d'action, cette cartouche est très appréciée !

 

 

La cartouche

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Les producteurs de munitions, après une pause de plus de trois décennies, ont finalement repris le développement de calibres de haute performance pour les fusils à verrou, avec une nouvelle classe de cartouches magnum "courtes" qui permet la construction d'armes légères, de petit calibre, une meilleure manipulation, et sans sacrifices significatifs en termes de puissance et de trajectoire.

La .300 Winchester Short Magnum est une cartouche commerciale basée sur l’étui de la cartouche .404 Jeffery, en la raccourcissant à 2.1pouces et en descendant jusqu'au calibre .30, tout en réduisant l'angle de l'épaule à 35 degrés, ce qui lui donne beaucoup de capacité pour y loger l'ensemble des ogives offert sur le marché.

Comme nous l’avons vu, basée sur une balle .308 Win. pour un pas de rayure de 1:10 et une grande amorce magnum, elle a fait ses débuts et a été présentée au public fin 2000. La nouvelle cartouche se logeait à l’origine dans le modèle 70 de Winchester (fusil à verrou). La cartouche .300 WSM est une cartouche Winchester très bien pensée tout comme ses trois « sœurs » précédentes en calibre .30 qui ont connu un grand succès (30-30 Winchester en 1895, la .308 Win. en 1952, et la .300 Win.Mag. en 1963) car la .300 WSM offre un bon équilibre de puissance avec un recul gérable et pour la chasse de la plupart des espèces de gibier européen.

Les munitions .300 WSM d'usine offrent une vitesse de 3,300 pieds par seconde pour une balle de 150 grains, ce qui est parfait pour la chasse au chevreuil et ce, avec un recul modéré pour le tireur.  Pour ce qui concerne les autres balles, leurs performances balistiques sont basées sur quatre types d’ogives avec, pour la vitesses, 3,313 pieds / s pour la 150 grains, 3,223 ft / s  pour la 165 gr, 3,095 ft / s pour la 180 gr, et 2,822 ft / s pour la 200 grains.

En fonction de la cartouche choisie, la .300 WSM pourra être utilisée sur une variété de gibiers allant de légers à lourds, et à des distances allant de 250 Yds  à plus de 1000 Yds, notamment  en LRH ou en TLD.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Ses caractéristiques :

 

 

La longueur totale de la cartouche est de 72,64 mm, l’étui de la cartouche mesure 53,34 mm (par rapport à aux 66mm de la .300 Winchester magnum et légèrement plus long que la .308 Win. à 51,81 mm),  le diamètre de la balle est de 0,308 pouce (7,62 mm), et profite des nombreux avantages des balles disponibles dans ce calibre. Grâce  à ces proportions, la .300 WSM a une plus grande capacité interne que la .308 Winchester (qui a à peu près la même longueur que les calibres WSM), et qui est juste inférieure à celle de la longue cartouche de .300 Winchester magnum.

Le principe mis en œuvre dans cette cartouche à magnum court est de placer de plus gros volumes de poudre à proximité du puits d’amorce, ce qui permet d'obtenir un allumage uniforme et rapide.Sa balistique est presque identique à la .300 Winchester Magnum, mais ceci dans un fusil plus léger avec une action plus courte et au surplus, elle s'adapte bien aux charges à vitesse réduite. Exemple, En utilisant 58 grains de W760,  la .300 WSM propulse une balle de 150 grains à 2800 fps pour imiter parfaitement une .308 Win. mais la diminution du poids de la balle en amortit davantage le recul. Les balles de 150 à 165 grains imitent à peu près l'ancienne norme .300 Win.Mag. Dans la plupart des charges, la .300 WSM est presque aussi rapide - la différence est généralement inférieure à 50 pieds par seconde.

 

Les charges d'usine :

La charge d'usine Power Point de 180 grains est presque parfaite pour n'importe quel gibier (moyen à lourd). Et, par exemple, la Nosler Accubond 180 grains d'Olin est idéale pour les gibiers pesant plus de 90 kg et jusqu'à 320 kg. C'est un peu lourd pour les cerfs, mais sur une plus longue distance, elle aura un excellent pouvoir de pénétration.

La  PowerPoint de 150 grains a un faible BC de .294 mais grâce à sa vitesse initiale élevée de 3270fps, elle tire à plat et frappe dur sur des animaux de moins de 70kg et sur des étendues de chasse ordinaires.. Le BST 150 grains fonctionne exceptionnellement bien dans le WSM. Avec une vitesse de .424, le BST est un projectile frangible, produisant des morts spectaculaires lorsqu'il est adapté de manière appropriée aux poids du gibier et à la distance de tir.

 

Le rechargement :

L’étui de la .300 WSM est assez spacieux que pour contenir plus de 70 grains de propulseur !

Comme pour toutes les cartouches de calibre .30, il existe une vaste gamme de balles allant de 100 à 250 grains disponibles pour celui qui voudra recharger de la .300 WSM. Cependant, les balles très légères 100-125 grains n'ont pas de sens dans une cartouche 300 Magnum. Par ailleurs, la .300 WSM ne gère pas très efficacement les balles de plus de 180 grains. Donc, les balles de 150-180 grains sont généralement le meilleur choix pour recharger de la .300 WSM.

Toutefois, il sera difficile de dépasser de beaucoup les vitesses d'usine de la cartouche. Les poudres de fusil à combustion moyenne à lente fonctionnent le mieux dans la .300 WSM. Par exemple, les  H380, H414, H4831, IMR 4064, IMR 4350, IMR 4831, VIHT N550 et W760. Accurate, IMR et Hodgdon, sont parmi les meilleures poudres que l’on puisse trouver pour la recharger mais la Vihtavuori N550 est également très bonne. En outre, le marché offre toutes les facilités de chargement (amorces, etc.) pour la .300 WSM, ce qui  la destine à devenir une cartouche magnum encore plus populaire dans la prochaine décennie.

 

Remarque importante:

La .300 WSM est une cartouche à delta L problem. Ce qui signifie qu'elle peut présenter des problèmes inattendus de chambre et/ou d'alimentation. La .300 Remington Short Action Ultra Magnum a des dimensions de cartouche très similaires mais n'est pas interchangeable et donc, les tireurs devront être bien attentifs de ne jamais tirer une cartouche .300 Remington Short Magnum qui est légèrement plus courte et physiquement similaire dans une carabine .300 WSM, car cela pourrait leur causer des blessures ou endommager leur arme.

 

Ici, la douille .300 WSM et son culot

 

Ici, une boîte de Federal 180gr Soft Point

Ici, une boîte de Federal 180gr Soft Point

 

A titre de comparaison, voici une série de magnums et de calibres biens connus :

 

Photo de D. P. Chatsworth - Law School Grad

 

 

Ici, la comparaison d’une série de magnum et de calibres .30

De gauche à droite : la .30-06 Springfield, la .300 Ruger Compact Magnum, la .300 WSM, la .300 Winchester Magnum, la .300 Weatherby Magnum, et la .300 Remington Ultra Mag.

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

La .300 Winchester Short Magnum est similaire à la .300 Winchester Magnum, mais elle est plus courte pour que l’on puisse l'utiliser dans un fusil à action courte. Utilisant la balle de 0.308 pouce qui nous est familière, la .300 Winchester Short Magnum offre une balistique qui dépasse de loin, du moins pour ce qui concerne son énergie déployée, la .308 Winchester et la .30-06 Springfield.

Pour avoir une meilleure idée de l'avantage à longue distance de la  .300 WSM,  jetons un coup d'œil à la courbe de l'énergie cinétique de la balle de sa sortie de bouche aux 500 yards (457,2m).

 

 

 

 

On distingue immédiatement que l’énergie cinétique déployée par la courbe rouge qui est celle de la .300WSM est supérieure à la bleue qui est celle de la 30-06. Cela rend la cartouche bien adaptée à la  chasse du gibier moyen sur de très longues distances. Néanmoins, la longueur réduite du canon et la réduction de la charge de poudre rendent la .300 WSM un peu moins précise que certains autres calibres .30 de sa catégorie. Mais à titre d’exemple, à 500 Yards, la .300 Winchester Short Magnum 180gr SP est équivalente à une 7.62x39mm en sortie de bouche.

Et, à titre de comparaison, la .308 Win a une vitesse initiale de 2.620 fps et une énergie initiale de 2.743 pieds-livres avec une balle de 180 grains, la 30-06 Springfield sort à 2.750 fps avec 3.022 fp d'énergie et la vénérable .300 Win. Mag. sort jusqu'à 2.950 fps avec 3.478 fp d'énergie alors que la .300 WSM, quant à elle,  augmente légèrement à 3.010 fps avec 3.621 fp d'énergie.

Au-delà des avantages balistiques évidents du concept WSM, les fusils qui tirent ces cartouches puissantes présentent d'énormes avantages également car ils sont tout simplement plus légers et plus rapides à manipuler que leurs homologues à longue action grâce aux actions et canons plus courts et plus rigides. Le recul est également réduit grâce au boîtier d’action court qui produit une combustion de poudre plus efficace.

 

Comparaisons des performances des cartouches concurrentes avec la .300 WSM 

Cartouche

Poids de la balle (en gr)

Vitesse initiale (m/s)  

L'énergie boucheJ )

.300 WSM

12,96

860.15

4794.28

.300 RSAUM

12,96

850.39

4686.10

.300 Win Mag

12,96

868,68

4889.84

.300 Wby Mag

12,96

932.69

5637.02

.300 RUM

12,96

961,34

5988.65

.30-06 Springfield

12,96

783.03

3973.12

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

Ici, sur le terrain pour un tir de précision.

 

 

 

 

Ici, une cible réalisée par un champion LTD avec un superbe groupe tiré à 1.000Yds

 

 

 

Ici, de très jolis groupes de 3 coups réalisés à 200Yds

 

 

 

 

 

La précision obtenue avec toutes ces charges quasi-maximales sont sous le MOA pour 3 coups. Ce qui est particulièrement intéressant avec cette cartouche, et contrairement à la plupart des autres magnums à étui  long, c’est que sa précision est excellente avec des charges réduites. Par exemple, le SST Hornady 150 grains à 3100 fps groupera 3 coups pratiquement dans un seul grand trou !

 

 

 

Que ce soit dans un fusil Winchester ou un Browning, on sait grouper 3 coups dans moins d'un pouce à 100 mètres.

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

Drops comparatifs d’une 180 gr Black Hills Nosler AccuBond avec une 180gr Ballistic Silvertip. Zérotage à 100Yds

 

Drops tracés pour des distances allant jusque 500 Yards. On ne constate pas de différence jusqu’à 250Yds  puis,  on remarque une légère supériorité de la 180gr Ballistic Silvertip de 300 à 500Yards.

 

Tableau des caractéristiques balistiques tiré sur gundata.org pour les deux cartouches

 

En clair, si vous tirez une Winchester 180gr XP3 qui a un BC de .527 avec un canon de 24 pouces, qui sort avec une MV de 3010 fps en sortie de bouche, et que vous avez « zéroté » votre fusil à 250 mètres, alors aucun arc de balle (drop) ne sera supérieur à plus de 3 pouces sur votre trajectoire jusqu’à 400m, et donc, cette balle ne tombera pas de plus de 3 pouces au-dessous de votre point de visée jusqu'à 300 mètres, cela couvrira la majorité de vos coups de chasse. Ces chiffres sont vérifiables dans ce tableau balistique :

 

 

 

Ici, la balistique de la 180 gr. Black Hills Nosler AccuBond - zérotage à 100Yds

 

 

Drops des différents calibres Nosler AccuBond allant de la .270 Win à la .338Win Mag.

 

 

 

Bien qu'il s'agisse d'une cartouche relativement récente, le .300 WSM a déjà connu un certain succès dans le domaine du TLD et du Bench-Rest. Vous pourrez visualiser quelques belles performances réalisées sur cibles dans la section des liens vidéos, en fin d’article.

Pour la chasse, la balle est capable d'atteindre des vitesses comprises entre 2650 et 2730fps en offrant un excellent potentiel de blessure avec des projectiles en expansion contrôlés ainsi que des blessures étendues, et si elle est chargée avec des projectiles A-Max, elle est capable de produire des blessures au gibier au-delà des 1.000 yards ! A ce jour, cette cartouche reste un must pour tirer toutes les espèces de cerfs, de sangliers, et de plusieurs espèces de chèvres, ainsi qu’une pléthore d'autres animaux sauvages du monde entier.

 

 

Conclusion

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Promue comme une mise à niveau de performances pour les fusils à verrou à action courte, la .300 WSM offre à peu près la même vitesse que la .300 Winchester Magnum originale sauf qu’elle peut être chambrée sur des carabines de type action courte comme la .308 Winchester, et peut même s’employer dans des fusils semi-automatiques de type AR-15. En réalité, la .300 WSM est une .300 Winchester Magnum reconditionnée pour être utilisable dans une action courte. On pourrait dire qu’un fusil .300 WSM pèse le même poids qu’un fusil en .308 Winchester, mais qu’il équivaut à un  .300 Win. Mag. en performances.

Un fusil de chasse, par opposition à un fusil-cible, doit être léger et compact pour pouvoir être porté toute la journée à travers les broussailles, les collines et les enchevêtrements or, avec ce calibre, il est possible d’avoir de la puissance avec des fusils plus légers qui peuvent parfois même être portés dans un sac à dos, et qui vous apporteront malgré tout un confort de tir et la précision avec un recul plus léger que ses aînés.

Alors, pourquoi faudrait-il faire le choix de cette magnum? Pour certains, c'est le confort supplémentaire de savoir que vous frapperez avec certitude des moyens à gros gibiers avec un maximum de punch grâce à son énergie déployée. Une autre raison est sa vitesse. Avec un télémètre laser, une courbe de trajectoire mémorisée, et un réticule balistique (ou une tourelle de numérotation), les chasseurs d'aujourd'hui peuvent facilement compenser la chute de leur balle (drop) car elle offre des trajectoires plus plates à toutes les distances. Clairement, les .300 magnums de Winchester ont un grand avantage pour le tir à longue portée.

La sélection de balles d'usine dans la gamme de poids de 150 à 180 grains est la clé du succès de cette cartouche offrant un recul modéré avec une énergie de balle élevée dans la zone inférieure. Néanmoins, le vrai point fort des .300 magnums est sur le gibier de taille moyenne, sur toutes les gammes de distances

Si vous aimez les actions courtes et rapides, alors n’hésitez pas, choisissez la .300 WSM. Toutefois, si une action standard comme celle de la .30-06 ne vous rebute pas alors, restez ou optez pour l'ancien 300 Win. Mag. Avec l'un ou l'autre, vous pourrez de toute manière neutraliser n'importe quel gibier jusqu’à 300Yds.

Si vous tirez sur longues distances, je vous recommande une balle de 180gr voire, plus lourde encore, car vous pourrez conserver une plus grande énergie cinétique sur 500 yards et plus par rapport aux balles de 165gr ou celles qui sont encore plus légères.

 Comme toujours, les clés du succès avec la .300WSM comme avec toutes autres cartouches de chasse,  le secret de la meilleure efficacité-précision réside dans le choix d’un bon fusil, d’une bonne technique de tir,  du choix de balles assorties aux poids du gibier ainsi qu’ à sa bonne distance de tir.

 

 

Voici une série de liens relatifs à la .300 WSM

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
Partager cet article
Repost0
16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 09:50
La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

Chers lecteurs,

 

Vous avez été nombreux à me demander davantage d’articles relatifs au LRH (Long Range Hunting), c’est-à-dire, le pendant du TLD pour la chasse et de fait, je ne peux que me réjouir du succès que mon blog rencontre auprès de nos amis chasseurs qui viennent d’ailleurs le visiter de plus en plus fréquemment.

Par conséquent, j’ai décidé de leur offrir l’article du mois qui est consacré à l’étude de la  .300 Remington Ultra Magnum (RUM). Une cartouche qui est très appréciée pour la pratique du LRH, et dans une certaine mesure aussi par les aficionados du TLD du moins, aux U.S.A., comme en témoignent les vidéos proposées en fin d’article.

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Le développement des cartouches au cours des 150 dernières années a surtout consisté à obtenir plus de puissance et de vélocité de la balle. Comme nous l’avons déjà vu dans des articles précédents, le plus grand pas en avant a été franchi avec la poudre sans fumée vers 1890. Puis, les recherches ont conduit à des améliorations significatives dans les matériaux des balles, leur construction et leurs formes.

Et puis, il s'en est encore passé du temps et de l'évolution pour qu’en 1913, Charles Newton sorte la première cartouche de calibre .30 de la plus haute capacité au monde, et qui était basée sur la cartouche Mauser de 11,2 mm rétrécie au calibre .30 !  Rappelez-vous, la capacité de la douille de la .30 Newton était à tous égards similaire aux cartouches modernes de 7 mm, .308 Norma et .338 Winchester magnum que nous avons connues depuis lors.

Un autre fait important à signaler dans le développement de ce type de cartouches se situe dans les années 1980, et pendant lesquelles, Aubrey White et Noburo Uno de North American Shooting Systems (NASS), basée au Canada, avaient commencé le développement de cartouches de capacité magnum basées, quant à elles, sur le .404 Jeffery's Nitro Express.

Et ce n’est qu’en 1999 que la Remington Arms Company  a sorti pour son fusil modèle 700,  le magnum .300 Remington Ultra basé lui aussi sur la conception de la douille de .404 Jeffery puisque son étui a été conçu en rétrécissant son cou pour s'adapter à une balle de .308 (7.8mm). La création du .300 Remington Ultra Magnum (RUM) a contourné le statut exclusif des cartouches à base des .404 existantes tout en engendrant une concurrence majeure avec Winchester.

Le .300 RUM a rapidement gagné en popularité auprès des chasseurs du monde occidental car c’est une cartouche puissante, produisant une vitesse impressionnante et qui permet de neutraliser un gibier de taille moyenne à des distances extrêmement longues, cette cartouche était pour beaucoup une introduction à l'idée de la chasse à longue distance, c’est-à-dire, à la fameuse LRH (Long Range Hunting) que nous connaissons aujourd’hui.

Les techniciens de chez Remington avaient également travaillé en 1997-1998 à l'élaboration d'une autre cartouche de calibre .30,  plus courte, et toujours sur base de l'étui Jeffery .404 en la raccourcissant de 0,735 pouce, et avaient ainsi créé le tout aussi célèbre .300 Short Action Ultra Mag (SAUM). Mais, alors qu'il était prévu d'introduire les deux cartouches presque simultanément en 1999, quelqu'un a décidé de retarder l'introduction du .300 SAUM pendant environ un an.

Ce fût une erreur de stratégie commerciale car ce retard a permis à Winchester de battre en vitesse son concurrent en introduisant rapidement son .300 WSM. Une autre très bonne cartouche que nous aurons l’occasion d’étudier dans un avenir proche. Le .300 WSM a rapidement décollé et a continué à jouir d'une certaine popularité parmi les chasseurs de gros gibier tandis que le .300 SAUM est retombé rapidement.

C'est triste à dire, mais le .300 SAUM de Remington a connu un déclin trop prématuré et pour s’en convaincre, il suffit de voir les calibres des fusils offerts par la société pour se rendre compte que déjà dans le catalogue Remington de 2010, on ne comptait déjà plus qu'une seule variation du modèle 700 disponible en .300 SAUM tandis que pas moins de quatre autres étaient proposées en .300 WSM.

 

 

La cartouche

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme vu précédemment, la .300 Remington Ultra Magnum fait partie d'une série de cartouches qui sont basées sur la vénérable .404 Jeffery, une cartouche de grande chasse britannique (éléphant, etc.) qui a été effilée, modifiée avec une douille dotée d’un nouvel épaulement et d’une plus grande capacité de poudre.  Le bord de l'Ultra Magnum est légèrement plus petit que celui de la .404 Jeffery (0,534 pouces contre 0,543 pouces), et la longueur a été raccourcie de 2,875 pouces à 2,850 pouces. La longueur de douille 300 RUM est exactement la même que celle du 300 magnum H & H. Cela signifie qu'elle nécessite un fusil à action de grande taille.

En raison de la grande capacité de sa douille, la plupart des charges d'usine utilise une balle lourde (généralement de 180 grains, voire plus) mais certaines balles ne seront chargées qu'avec une ogive de 150 grains pour pouvoir s'adapter à différentes situations de chasse.

Le principal attrait du .300 Remington Ultra Magnum réside dans sa trajectoire plate et le fait qu'il génère une énorme énergie cinétique. Par exemple, une .300 Remington Ultra Magnum tirant une balle de 200 grains à 3100 fps (une balle très populaire) génère 4 000 pi-lb. d'énergie en sortie de bouche. Ce deuxième point est sans doute beaucoup moins apprécié du fait que vous pouvez vous attendre à un recul impressionnant. Il n’est pas rare que le recul écrase l'épaule du tireur avec 38,4 pi lb. (54,72kg) d'énergie !   A titre de comparaison, le recul d'une 30-06 tirant une balle de 180 grains dans un fusil de 8 livres, produit un recul de 21 pi lb. (29,93kg). C’est dans des situations pareilles que l'utilisation d'un frein de bouche prend tout son sens.

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

 

Les charges d'usine :

 

Tous ceux qui ne rechargent pas leurs cartouches trouveront beaucoup de choix dans les cartouches manufacturées se trouvant sur le marché puisque la quantité de munitions d'usine pour le .300 Remington Ultra est plutôt impressionnante. Qui plus est, sachant par ailleurs que le recul de ce type de cartouche est totalement inacceptable pour la plupart des tireurs, Remington a également introduit dans sa gamme des munitions "Power Level" pour leurs cartouches Ultra Mag. Dans le cas du .300 Ultra Mag, cela signifie des charges d'usine réduites qui reproduisent la balistique du .30-06 Springfield (niveau 1), le second à un niveau équivalent à celui du .300 Winchester Magnum (Niveau 2), et le dernier comportant une pleine charge (Niveau 3).

Et donc finalement, les performances balistiques des Remington sont réparties sur cinq types de poids d’ogive pour la vitesse, et sont respectivement : une 150 grains (3,456 pi / s), une 168 gr (3,326 pi / s), une 180 gr. (3,256 pi / s), une 200 gr .(3,119 pi / s), et même une 220 grains (2,970 pi / s).

Nosler a récemment pris part à l’offre des munitions d'usine en offrant sa balle AccuBond longue portée de 210 grains à 2,920 fps pour une grande balle de chasse à longue portée. En outre, la 180 grains de Nosler produit d'excellentes performances sur les gros cerfs.

La BTSP 180 grains de Speer est un projectile exceptionnel. Avec un BC de .545, cette balle occasionne une large blessure d'un MV de 3300fps, et à des distances d'environ 940 yards.

La Hornady InterBond est un bon projectile pour des gibiers jusqu'à 80kg mais atteint ses limites à moyenne portée. La mise à mort rapide est maintenue jusqu'à 400 yards (2600fps), pour diminuer par la suite, et surtout aux environs des 500 yards (2400fps).

Enfin, même les amateurs de TLD ne seront pas en reste puisqu’à titre d’exemple, la nouvelle munition d’Hornady, la Precision Hunter, et munie de la balle ELD-X à 200 grains, offre une précision proche du ½ MOA quand elle est tirée avec une bonne carabine.

Les munitions chargées en usine peuvent neutraliser rapidement toute une variété de gibiers de taille moyenne en fonction du choix du poids des ogives. A titre d’exemples, les 150 grains peuvent abattre une cible allant jusqu’à un poids de 200 livres, tandis que les 200 grains peuvent être utilisées pour des animaux bien plus gros.

Mais on retiendra qu’en règle générale, les balles légères de 150 grains ne sont pas parfaitement adaptées à la conception de l’alésage des canons de .300 RUM qui sont au pas de rayures de 1:10. De plus, les charges élevées de poudre peuvent générer une chaleur excessive, et donc, une usure inutile dudit canon. Inutile de dire que pour en tirer le meilleur, il est souhaitable d’utiliser des poudres très lentes et des balles lourdes.

Pour atteindre une bonne précision, les canons des fusils .300 Ultra Mag doivent mesurer au moins 26 pouces, et d'ailleurs, des longueurs de canon de 28 ou 30 pouces ne sont pas rares et sont même franchement conseillées.

 

Le rechargement :

 

Le rechargement de la .300 Remington Ultra Magnum va vraiment permettre de révéler le vrai potentiel de cette cartouche. En effet, c'est l'un des rares cas où le rechargeur manuel peut réellement dépasser les vitesses d'usine et travailler finement à sa précision. Et donc, un rechargement manuel peut produire une plage de vélocité plus développée avec, par exemple, une 150 grains à 3550 pieds / s et une 200 grains à 3150 pieds / s, selon le type de poudre utilisé pour le rechargement.

Une poudre très lente donnera les meilleurs résultats avec, par exemple,  la Reloder 25 et 33, et la IMR7828, mais il existe d'autres choix de poudre tels que la Hodgdon H1000, l’Alliant 4000-MR et la nouvelle Enduron IMR 7977. Désolé, mais je ne dispose malheureusement pas des données concernant les meilleures poudres européennes pour ce calibre.

Attention, la .300 Remington Ultra Magnum peut facilement brûler 100 grains de poudre, et nécessitera donc une étincelle plus chaude avec une grande amorce pour magnum afin d’enflammer une telle colonne de poudre. Exemple, les amorces GM215M Federal Gold Medal Match.

La .300 Remington est connu par les chasseurs comme étant une lame à double tranchant. Les balles peuvent produire des blessures pénétrantes rapides sur n'importe quel gibier moyen sur très longues distances, exemple, sur des cibles allant jusqu'à 900 livres et à une distance de 300 mètres mais d’un autre côté, le canon ne peut garder sa grande précision qu’avec une durée de vie d’environ 600 à 1000 coups avant qu’une usure excessive ne commence à se produire. Mais en réalité, la plupart des chasseurs qui choisissent une cartouche Magnum veulent simplement obtenir la meilleure performance disponible et peu d’entre eux ne réfléchissent deux fois à l’usure du canon surtout quand celui-ci n’est utilisé que pour tirer quelques balles par an lors de la chasse au cerf, par exemple. Le même raisonnement ne serait plus du tout rationnel chez un tireur sur cible TLD qui « brûlerait » des centaines de cartouches lors d’une seule saison !

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, la douille .300 RUM et son culot

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, une boîte de Remington 180gr. Scirocco Bonded

 

 

 

A titre de comparaison, voici une série de calibres .30 magnum

La .300 Remington Ultra Magnum

De G à D : .300 H & H Magnum, .30 Newton, .300 Weatherby Magnum, .308 Norma Magnum, .300 Winchester Magnum, .300 WSM, .300 Remington SAUM, .300 Remington Ultra Mag, .30-378 Weatherby Magnum

 

 

 

La 300 Remington Short Action Ultra Magnum (300 Rem SA Ultra Mag)

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme nous l’avons vu en début d’article, après avoir lancé avec succès le 300 Ultra Magnum qui était destiné à concurrencer directement la suprématie du 300 Weatherby Magnum, la société Remington a démontré son savoir faire en sortant la .300 Remington Short Action Ultra Magnum. Nous allons la décrire brièvement car cette cartouche demanderait à faire l’objet d’un article à elle-seule.

Ici, nous sommes en présence d’une cartouche dont la longueur totale est de l’ordre de 69,60 mm, ce qui la rapproche d’une .243 Winchester ou encore d’une 7-08 Remington. Cependant, les prétentions de ce nouveau calibre étaient toutes autres puisqu’il s’agit en effet d’un Magnum court dont les performances se veulent équivalentes, voire supérieures, à celles d’un chargement magnum courant mais à poids de projectile égal. La longueur totale de cette munition étant proche de calibres déjà existants, permet d’utiliser des armes dotées de boîtier de culasse de dimensions standards. Ce facteur a non seulement un intérêt pour le fabricant d’armes, mais aussi pour le consommateur.

La vocation première du 300 Rem SA Ultra Magnum étant de concurrencer directement les magnums classiques en faisant jeu égal, ou parfois mieux, dans des armes dotées d’un canon court. Avec une quantité de poudre moindre. La cartouche de 300 Rem SA Ultra Magnum (ou RSAUM ) permet donc d’être utilisée dans des armes comportant un boîtier de culasse court tel qu’on le rencontre avec une arme chambrée en .243 Winchester ou en 7-08 Remington.

 En effet, la longueur totale de ces deux munitions qui utilisent la même base de douille qui est aussi celle du .308 Winchester, ainsi que de celle du 30-06 et de bien d’autres encore, tel que le .280 Remington, se trouve comprise entre 68,83 mm (243 Win) et 71,12 mm (7-08 Rem).

Par contre, la douille plus large,  possède un volume de 4,18 cm³ utile. Si l’on procède au même calcul avec pour comparaison le 300 WSM (4,566 cm³) on constate que la douille du 300 Rem SA Ultra Magnum est plus courte de 2,16 mm. L’épaulement de cette dernière (30°) placé légèrement plus bas lui confère également un volume plus réduit de 8,43 %. Nous sommes donc assez éloignés des caractéristiques générales d’un magnum courant.

Si l’on prend pour référence la plus populaire d’entre eux qui est la 300 Winchester Magnum, on remarque que la douille possède  une contenance moyenne de 5,127 cm³, ce qui représente une différence de 0,946 cm³.  La douille du 300 Rem SA Ultra Magnum possède donc un volume plus réduit de 18,45 % que celle du calibre de référence.

 

Ses caractéristiques :

Longueur totale de la cartouche : 69,6 mm

Longueur totale de la douille : 51,18 mm

Longueur de la douille à la base du collet : 43,28 mm

Longueur de la douille à la base de l’épaulement : 39,06 mm

Diamètre du culot de la douille : 13,56 mm

Diamètre de la base du corps de la douille : 13,97 mm

Diamètre du corps de la douille à la base de l’épaulement : 13,58 mm

Diamètre du collet avec le projectile en place : 8,73 mm

Diamètre maximum du projectile : 7,85 mm

Epaisseur du culot de la douille : 5 ,08 mm

Angle d’épaulement : 30° 

Pression admissible : 4500 Bars

 

 

Comparaison entre .300 RSAUM (Gauche) et .300 Rem Ultra Magnum

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

La spécificité du .300 RUM réside dans sa capacité à conduire des projectiles longs et lourds de calibre .30 à des vitesses extrêmement élevées. Le RUM peut lancer des balles de 180 grains à plus de 3300fps, et des 200-210 grains à 3100fps. Cette puissance peut essentiellement être utilisée de deux façons. Soit sur un gibier de taille moyenne pesant entre 90 kg et environ 400 kg en utilisant des projectiles à expansion contrôlée, où le .300 Rum peut être utilisé pour infliger des blessures extrêmement traumatisantes dans les zones de chasse habituelles ou encore, en utilisant des projectiles à expansion rapide ou frangibles, pour la chasse à longue portée pour les animaux d'un poids de 400kg maximum.   La capacité à produire une mise à mort rapide sur un corps de taille moyenne à grande et pesant entre 90 et 320kg donne au .300 RUM (et autres magnums .300) un avantage sur le 7mm RUM.

Comme nous l’avons vu dans d’autres articles, il y a fondamentalement deux paramètres qui définiront la façon dont une balle se comporte: la forme de la balle et sa construction. Il est généralement entendu que la forme affecte sa trajectoire, sa vitesse, et le vol tandis que sa construction affecte sa pénétration et son expansion. Ceci est vrai, mais la forme des balles a également un effet sur la transition de la balistique externe à la balistique terminale.

Un critère déterminant généralement retenu pour la balistique terminale est la vitesse d'impact des balles. La plupart des fabricants ont testé leurs balles pour qu’elles fonctionnent bien à différentes vitesses. Les balles vraiment dures peuvent avoir une vitesse proche de 2500 fps à 4000 fps. Le nombre qui nous intéresse pour le tir à longue distance reste celui de la vélocité la plus faible à laquelle cette balle peut « travailler » efficacement et être fiable sur le terrain, c’est-à-dire, pour la chasse : performer, pénétrer, élargir pour faire des cavités de plaies adéquates et « éthiques » en un seul coup. La raison en est que la vitesse terminale et l'expansion résultante sont dictées par la vitesse initiale des balles et leur forme.

L’industrie manufacturière a également concentré ses efforts autour de la capacité des douilles qui est de plus en plus importante pour savoir contenir plus de poudre afin d’augmenter la vitesse initiale. C’est ainsi que la .300 RUM 165 grains d'usine démarre, en sortie de bouche, à 3360 fps, et arrive encore à environ 1598 fps à 1000 yards.

Et si on affine encore la balistique, nous pouvons obtenir un peu plus de vitesse et d'énergie avec 25% moins de recul ! Et de fait, le coefficient balistique d'une balle a un effet significatif sur la vitesse de descente de celle-ci. Le coefficient balistique décrit essentiellement la forme des balles et la manière dont elles volent.

En poussant un projectile de 180 grains, avec un coefficient balistique G1 d'environ 0.500 à une vitesse de 3.300 fps, vous pouvez « zéroter » votre fusil à 300 yards, et maintenir une élévation moyenne de moins de 4 pouces - généralement de 150 à environ 175 yards, ce qui rend la frappe d'une cible éloignée beaucoup plus facile et sûre que si vous tiriez avec un .308 ou une .30-'06. C’est précisément ce que recherche la plupart des chasseurs qui n’ont ni le temps de régler leur lunette, ni encore moins de calculer le nombre de klicks à mettre avant de tirer le gibier convoité !

Les balles plus légères et plus rapides rendent la trajectoire encore plus plate, tandis que les balles plus lourdes conserveront leur énergie un peu mieux à des distances plus longues, et offriront toujours un avantage définitif sur l'autre.

Comme déjà signalé auparavant, cette cartouche occasionne un recul sévère et il faudra de la discipline pour savoir garder un excellent niveau de précision si plusieurs coups devaient être consécutifs et donc, un frein de bouche vous aidera très certainement ainsi d’ailleurs qu’un pad de crosse pour absorber les chocs.  

Et en TLD, une .300 RUM entre les mains d'un tireur expérimenté, prend seulement tout son sens dans les distances extrêmes de 1200 à 1400 Yds.

Mais attention, même si la .300 RUM est manifestement une cartouche puissante,  tout le défi consistera à comprendre comment utiliser son pouvoir vulnérant et sa précision de la manière la plus productive.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, sur le terrain pour un tir à 100 yards pour faire des réglages.

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, une cible comportant un beau groupe de 3 coups tirés à 300Yds

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, un autre très joli groupement réalisé sur la même distance

 

 

On le sait, la .300 RUM comporte aussi des aspects négatifs tels que notamment, l'usure excessive du canon qui est un problème qui peut survenir très rapidement. Utilisé dans de mauvaises conditions (surchauffe due à trop de coups successifs, mauvais entretien, …), les premiers signes de perte de précision peuvent déjà apparaître dès les 300 coups. Mais avec du soin et une attention particulière à la chaleur du canon, à la prévention au frottement, et à la finition de l'alésage, une précision optimale peut être maintenue pendant environ jusqu’à 600 coups. Avec beaucoup de soin, la durée de vie du canon peut être prolongée jusqu' à 1.000 coups. Les tireurs TLD y seront particulièrement attentifs !

Et d’autre part, dans certains cas, le poids des fusils peut être un facteur important, les carabines plus légères perdant de leur précision en raison de l'inertie sévère de recul.

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

Ici, les drops comparatifs des cartouches similaires ou proches. On remarque la suprématie de la .300 Rem Ultra magnum – Courbe rouge.

 

 

Ici, un tableau comparatif des vitesses déployées par la cartouche et ses concurrentes de 0 à 500Yds. On constate que la .300 RUM arrive seconde après la .30-378WM

 

Ici, un tableau comparatif des énergies déployées par la cartouche et ses concurrentes en fonction de la distance parcourue. On constate que la .300 RUM arrive seconde après la .30-378WM

 

Ici, les drops comparatifs d’une 180 gr Federal Barnes avec une Remington 150 gr Swift Scirocco. Drops tracés pour des distances allant jusque 500 Yards - Pas de différence jusqu’à 140Yds.

 

Comparatif vitesses pour une 180gr. avec ses principales concurrentes par marque.

 

 

Comme pour beaucoup de cartouches, la .300 RUM a ses forces et ses faiblesses. L'astuce consiste à être capable de comprendre et de travailler ses points forts, en exploitant tout son potentiel disponible. Un niveau élevé de discipline personnelle est nécessaire pour tirer des magnums avec précision.

Vous pourrez consulter quelques tableaux balistiques relatifs à la .300 RUM en cliquant ici

 

 

 

Conclusion

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme mentionné tout au long de cet article, vous l’avez compris, la .300 RUM est une cartouche extrêmement puissante. Cependant, afin de savoir exploiter tout son potentiel, le fusil qui la tirera devra être précis et la balle devra être particulièrement bien adaptée au travail à accomplir.

Il est indéniable que la .300 Remington Ultra Magnum est un outil efficace à longue portée, et qu’elle dépasse le niveau de confort attendu par la plupart des tireurs qu’ils soient chasseurs ou tireurs TLD.

Indépendamment de cela, la .300 RUM est encore appréciée par de très nombreux chasseurs pour son large éventail d’efficience, de pouvoir vulnérant vis-à-vis des différents types de gibiers et des distances de tir atteignables, et continuera probablement à conserver cette grande popularité dans les décennies à venir.

Malheureusement, cette magnum comporte également pas mal d’inconvénients. Elle érode davantage votre canon, elle coûte plus cher, elle est plus lourde, plus volumineuse, elle occasionne un recul plus fort et fait plus de bruit que la plupart des cartouches .30.  Il est un fait que pour de nombreux chasseurs, ces facteurs négatifs représentent des obstacles majeurs.

La bonne question à se poser est de savoir si cette .300 Remington Ultra Magnum va répondre à l’ensemble de vos besoins, dans les conditions de chasse ou de tir qui sont les vôtres ?

Reste à savoir aussi si vous êtes prêt à investir et si vous êtes assez compétent pour utiliser un tel outil ? Si la réponse à cette question est affirmative, alors,  c'est certainement une cartouche qui est faite pour vous !

 

 

Voici une série de vidéos relatives au tir avec la .300 RUM

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 09:10
La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma

Chers lecteurs,

 

Si je m’en réfère aux statistiques de visites relatives au dernier article paru sur le blog,  j’en déduis que vous êtes très intéressés par les calibres spécifiquement dédiés au « long range ».  C’est précisément la raison pour laquelle,  je reviens vers vous avec la présentation du 6.5 x 284 Norma.

D’ores et déjà,  j’attire votre attention sur le fait que je ne serai pas en mesure de sortir un article au mois de février car,  à cette période-là,  je serai en Asie. Par conséquent, nous nous retrouverons au commencement du printemps prochain.

 

Bonne lecture !

 

 

La 6.5 x 284 Norma

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

La 6.5 x 284 Norma

 

 

En 1963, les concepteurs de cartouches de chez Winchester ont introduit une nouvelle cartouche sur le marché.  Surnommée la .284 Winchester, elle a été conçue spécifiquement pour produire une balistique égale à la .270 Winchester et à la .280 Remington, mais dans une douille qui était de la même longueur que la .308 Winchester et qui entrerait dans le chargeur du  fusil semi-automatique Winchester Model 100 et le Winchester modèle 88 à levier.

La douille de .284 était courte et assez large et, comparée aux cartouches de longueur .30-06, permettait aux tireurs de l'expérimenter avec, espéraient-ils, une balistique interne excellente ou, à tout le moins, intéressante. Le .284 était capable de tirer une balle de 162 grains entre 2950 et 3050fps à partir d'un canon de 30 " mais le choix des balles disponibles pour les utilisateurs du 7mm pendant les années 1960 était plutôt pauvre.

Bien que les concepteurs aient atteint leur objectif de conception, la cartouche et les fusils pour lesquels elle a été conçue n'ont pas connu un succès retentissant. Savage a fait quelques modèles 99 avec cette chambre, et Ruger a également fait une série de fusils M77 chambrés pour la cartouche.  À ma connaissance, aucun autre fabricant de cartouches, à l'exception de Winchester, n'a jamais chargé cette cartouche. Et donc, une cartouche impopulaire chambrée dans des fusils rares et relativement impopulaires, et disponibles à partir d'une seule source, devait être vouée à rapidement disparaître du marché.   Avec le recul, on peut maintenant dire que la 284 Win aurait pu mieux s'en tirer si elle avait été initialement conçue pour un fusil à verrou. Peu importe car aujourd'hui, peu de nouveaux fusils sont encore chambrés dans 284 Win.

Lorsque des expérimentateurs et les « Wildcatters » ont rétréci la douille de .284 à 6,5 à la fin des années 1960, la cartouche de 6,5-284 résultante a été capable de tirer une balle de 140 grains avec un BC élevé, et avec des vitesses similaires au parent du .284 mais, avec un recul beaucoup plus faible.

Alors,  lorsque Winchester a sorti le .284 Winchester,  de nombreux tireurs sportifs sur cible qui y avaient déjà décelé un grand potentiel pour leurs tirs de précision mais avec la nécessité de progrès dans la conception de la balle de calibre 6,5 et une compréhension croissante des techniques de rechargement appropriées, ont contribué à son développement et c’est ainsi que le 6,5-284 a progressivement gagné en popularité.

Norma a judicieusement choisi d'établir le maximum du col à 3.228 ", ce qui a permis d'allonger sensiblement les balles de match, permettant ainsi d'utiliser plus de capacité dans la douille pour le propulseur, tout en réduisant la pression. Cependant, l'allongement de la cartouche élimina son utilisation dans les fusils à action rapide à moins qu'elle ne soit alimentée seule ou que le magasin soit modifié.

La Wildcat qui avait produit d'excellents résultats en compétition sur 1000 Yards a finalement aussi attiré l'attention d'un certain nombre de chasseurs.

En 1999, la firme de munitions Norma en Suède a adopté la Wildcat en la nommant: la Norma 6.5-284 et sa douille qui a été mise à la disposition des tireurs sportifs qui préfèrent recharger leurs propres munitions, ainsi que deux charges d'usine pour les chasseurs. À ce jour, et à ma connaissance, aucun fabricant ne fabrique de fusil d'usine chambré en 6.5-284.

L'American Sporting Arms and Manufacturing Institute (SAAMI) et son pendant européen (CIP) ont des spécifications distinctes pour les alésoirs 6.5-284 et les dimensions des boîtiers. Les dimensions de la chambre américaine SAAMI sont basées sur .284 laiton Winchester rétréci à 6,5, ce qui crée une épaisseur de matériau supplémentaire au niveau du col. Les dimensions CIP sont basées sur le laiton Norma et Lapua qui est plus mince au niveau du cou. Néanmoins, les alésoirs personnalisés sont construits selon de nombreuses spécifications différentes, il est donc impératif que les tireurs soient attentifs à utiliser la bonne douille avec la chambre correcte.

 

 

 

La cartouche

 

 

La 6.5 x 284 Norma

 

 

Il semble y avoir une certaine unanimité pour dire que la Norma 6.5-284 est l’une des cartouches de carabine à percussion centrale la mieux équilibrée et la plus polyvalente du marché actuel.

Mais, disons-le d'emblée, les avis semblent quand même être nuancés quant à ses domaines d'utilisation. En effet, certains vous diront que maintenant vous pouvez revendre votre .308 Winchester, votre 7mm-08 Rem ainsi que votre 7 × 57 Mauser, mais cet argument selon lequel vous avez enfin l'opportunité d'obtenir              le « meilleur fusil polyvalent (cartouche) au monde » ne pourra jamais être unanime car tandis que beaucoup le préfèreront pour pratiquer le TLD,  d'autres comme les chasseurs et du moins en Europe, vous diront qu'ils n'en ont pas besoin car ils ne pratiquent jamais le « Long Range Hunting ».

D’autre part, étant donné que le 6.5-284 a une longue histoire en tant que cartouche "wildcat",  des variations dans les dimensions de la chambre sont tout à fait probables. L'autre variante la plus commune de cette cartouche est, comme nous l’avons déjà vu, la Winchester 6.5mm-284.  Et donc, attention, les chambres de Winchester produiront des pressions significativement plus élevées que la Norma 6.5mm-284. Par conséquent, si vous rechargez vos cartouches,  je vous invite à la plus grande prudence en vous suggérant de ne commencer qu’avec la charge la plus légère répertoriée dans la table de rechargement,  et de travailler en incréments de demi-grain. Surveillez toujours les signes visibles de pression lorsque vous augmentez votre charge. Ne dépassez JAMAIS les charges maximales indiquées dans les données de rechargement !  Un de mes amis tireurs commissaire de tir en stand, me signalait tout dernièrement avoir vu éclater une toute nouvelle carabine en .223 Rem au visage d’un tireur qui a dû être embarqué d’urgence à l’hôpital pour soigner de méchantes blessures occasionnées finalement par une cartouche « surchargée » par son beau-père !

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

La 6.5 x 284 Norma

 

Ses caractéristiques :

 

La 6.5 x 284 Norma

Comparaison d’une 6.5X55,  d’une 6.5-284 et d’une 308 Win avec leur longueur différente

 

 

 

La 6.5 x 284 Norma

Ici, une comparaison avec ses concurrentes

 

 

La 6.5 x 284 Norma

Ici, la douille et son culot

 

 

La 6.5 x 284 Norma

Ici, une boîte de Norma en 130 grains

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

La 6.5 x 284 Norma

 

 

La Norma de 6,5-284, est parmi les meilleures, sinon la meilleure, pour la compétition et la chasse.

Les compétiteurs TLD et au tir à longue portée sont particulièrement friands de la Norma 6.5-284. Pourquoi? Tout simplement parce que la propulsion des balles avec des coefficients balistiques élevés (BCs) et à des vitesses respectables se traduit par moins de temps en vol, moins de déviation au vent, mais aussi un drop réduit. Par rapport aux cartouches qui ont été les stars du TLD dans le passé, telles que,  par exemple, le .300 Win. Mag., le recul de la 6,5-284 Norma est assez doux, grâce à des poids de balle plus légers combinés à des charges de propulseur plus petites car on le sait, un fort recul affecte négativement la performance et que s'il est modéré, cela devient un énorme avantage sur la ligne de tir.

A titre d’exemple, le recul est à peu près le même qu’avec une .308 Win., en fonction de la charge, mais rien de comparable à la .300 WM ou à une 7mm Rem. et sa balistique est meilleure que la A191 .300 Win Mag Match 190gr ! Vous comprenez maintenant d'où vient sa popularité ?

En ce qui concerne la durée de vie du canon, et en fonction de son traitement et de son entretien, un tireur même s’il est très exigeant peut s'attendre à en obtenir environ 1 000 coups avant que l'exactitude ne se dégrade jusqu'au niveau où il doit être remplacé pour la compétition.  Les performances impressionnantes de la cartouche en valent bien le risque et l'investissement. On retiendra que pour maximiser sa balistique, le canon d’un fusil à chambre Norma de 6,5 à 284 ne doit pas mesurer moins de 26 pouces de long.

Cependant, pour un fusil de chasse, et à moins que le tireur ne soit très négligent pour son entretien, il est peu probable qu'il ou elle « brûle » le canon dans une durée de vie. Comme quoi, tout doit rester relatif.

Les deux charges d'usine de chez Norma sont la 120 grains Nosler à 3117fps et la Nosler 140 à 2952fps. Comme mentionné dans la littérature relative à cette 6.5, les deux sont des projectiles extrêmement utiles et performants lorsque les charges sont bien adaptées au travail envisagé. Mais bien que Norma ait des distributeurs dans le monde entier, les munitions Norma ne sont pas toujours faciles à trouver dans les stocks de toutes les armureries,  et c’est pour cette raison que les 6.5-284 sont pour la plupart du temps des cartouches rechargées manuellement.

C'est avec les poudres H4350 (ADI2209) ou H4831sc (ADI2213sc) qu'on obtient les meilleurs résultats. À la sortie d'un canon de 24 ", la 6.5-284 120 grains produit des vitesses de 3100fps, 3000fps avec des 129 grains, et 2900fps avec une 140 grains. Certaines carabines sont capables de produire des vitesses plus élevées, mais il est tout aussi courant de trouver la meilleure précision à des vitesses inférieures à celles qui sont indiquées ici. Il est à noter qu’avec des canons de 32 " de long, les tireurs de compétition rechargent à des vitesses d'environ 2950fps pour des balles de 140-142 gr et que d’autre part, les offres de Lapua  match incluent les projectiles Scenar de 100, 108, 123 et 139 grains.

 

La 6.5 x 284 Norma

 

En Europe, une des reines du « match » est probablement la Sierra de 142gr, avec un coefficient balistique qui est plus haut que le 200gr .30 cal Match King, et approchant le BC du 220gr .30 Match King. Si vous regardez certains des autres fabricants de balles comme Lapua (139gr Scenar) et Berger (140 VLD), ces BC vont même plus loin.

Enfin, à titre de comparaison, la .260 Remington et la 6.5 Creedmoor tirent des balles de la même efficacité que la Norma, mais elles sont de 100 à 150 fps plus lentes mais néanmoins toutes plus rapides que la .308 Win.

Le 6.5 × 284 fonctionnera également très bien pour les applications militaires ou policières, et bien qu'il n’y ait qu’une variété limitée de fusils qui puissent être utilisés sur les théâtres d’opérations, la cartouche Black Hills 142gr a été choisie par l’US army pour certaines missions de sniping. Cette charge envoie l’ogive de match à une vitesse de 2950fps, et est comparable à une match de .300WM 190gr sur de longues distances.

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

La même balistique extérieure phénoménale qui fait la renommée de la Norma 6,5-284 à de nombreux compétiteurs à longue distance intéresse également les chasseurs qui pratiquent le « Long Range Hunting ». Que ce soit pour un fusil « de montagne » ou de « plaine africaine »  où les distances de tir peuvent être potentiellement longues, il n'y a probablement pas de meilleur choix.  En fait, quand elle est chargée de projectiles de chasse, la Norma 6.5-284 surpasse la .270 à des distances supérieures à 400 yards. Par exemple, La charge PH américaine de Norma-USA chute de 3,4 " à 300 yards, de 14,9" à 400 yards, et de 34,4 " à 500 mètres, avec le même zérotage.

Comme l'intérêt pour le calibre a augmenté pour la compétition et le tir récréatif, celui pour les balles de chasse a également augmenté. Aujourd'hui, tous les grands fabricants proposent de multiples projectiles adaptés aux situations de tir. Bien que les constructeurs optent généralement pour des projectiles légers de 0,264 " à coefficient de balistique élevé,  Norma-USA a également sorti un véritable « poids lourd », de 156 gr : l’Oryx qui serait également un excellent choix pour les grandes espèces de cerfs où une pénétration profonde est requise. Malgré son relativement faible BC, cette-balle serait bien adaptée pour les tirs sur 300 mètres.

La vitesse pour une 6.5-284 de 140 grains est de 2950fps. À l'aide d'un projectile extrêmement souple tel que le Berger VLD 140 grains, ce type de vitesse produit de larges blessures sur un gibier moyen jusqu'à un maximum de 600 mètres. A plus longue distance, les cartouches ayant une vitesse initiale plus élevée produisent des blessures plus larges qui, pour le chasseur à longue portée, devraient avoir la même importance que la précision.

On notera que la plupart des projectiles perdent la capacité de créer de larges blessures une fois que la barrière de 2200fps est tombée et que les chasseurs « Long Range Hunting » devraient toujours rechercher une charge qui délivrera minimum 2000fps à la cible, en plaçant la vitesse retenue avant l'énergie retenue dans la plupart des cas (mais pas tous). C'est pour ces raisons que le 6.5-.284 est plutôt considérée comme une cartouche utile jusqu’à 600 Yards, en tous cas,  si le but de la chasse à longue distance est combinée avec une mise à mort  « humaine ».

Comme projectiles de chasse, les Sierra MatchKing sont disponibles dans les poids 107, 120, 123, 140, 142 et 155gr.  Hornady produit actuellement deux projectiles de match à expansion rapide adaptés à la chasse: la A-Max 120 grains et l'A-Max 140 grains. Cette dernière est une excellente balle de chasse à longue portée pour une utilisation sur un gibier plus léger. Enfin, Berger produit des balles VLD dans les poids de 130 et 140 grains. Berger est le seul fabricant à proposer des balles de style match spécifiquement destinées à la chasse. Parmi celles-ci, la VLD de 140 grains qui a un BC élevé de .612, produisant une fragmentation complète à des vitesses aussi basses que 2000fps (à 700 yards) sans besoin de résistance majeure à l'impact.

A titre de comparaison, la 6.5-284 surpasse les célèbres cartouches de chasse dont la  .270 Winchester,  la Creedmoor,  la .260 Rem,  la .280 Remington et la 30-06 Springfield (dans certaines catégories balistiques) voire même, une 7mm Remington Magnum mais avec un recul à peine plus fort que celui d'une .243 Win.  Je pense que c'est l'une des meilleures cartouches jamais conçues pour la chasse au cerf, partout et à n'importe quelle distance.

Enfin, peut-être que le seul désavantage de la Norma 6,5-284, et qui pourrait être problématique pour certains chasseurs, serait le manque de munitions "à bon prix".  Mais là encore, quand vous n'avez qu'un seul coup à tirer sur « le gibier de vos rêves »,  et que vous avez besoin de performances exceptionnelles pour ne pas le louper, comme on le dit communément, il n'y a pas photo !

 

 

Résultats sur cible au stand

 

La 6.5 x 284 Norma

Ici, un tireur aux 600 mètres

 

Il faut savoir que la Norma offre un fantastique groupement et de l'ordre du tiers de MOA sur 500 Yards avec une 140 grains Hornady ELD Match, par exemple.

 

Ici, au stand 100 mètres

 

La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma

On peut voir ici un très beau groupement de 5 coups avec une Berger 140 gr à 100 Yds

 

 

Ici, 3 cibles et groupements réalisés avec une 139 gr à 100m.

La 6.5 x 284 Norma

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

           Ici, deux tableaux balistiques sortis de deux simulations de tir réalisées 

                   sur le MEOPTA Ballistic Calculator avec respectivement :

 

 

Une 6.5-284 Norma FMJ Jaktmatch 120 grains :

La 6.5 x 284 Norma

 

Et une 6.5-284 Norma Oryx 156 grains :

La 6.5 x 284 Norma

 

Ces simulations nous offrent les paramètres du drop, de l’énergie et de la vitesse des deux cartouches.

Pour faciliter les choses, ces simulations ont été encodées sans l’influence du vent. A la lecture de ces données, nous remarquons que la vitesse prise à 1.000m reste de 2.223m/s pour la 156gr alors que la 120gr arrive à une vitesse de 1.1745m/s.  Quant aux énergies respectives à 1.000m, nous trouvons 420 joules pour la 156gr et, 512J pour la 120gr. Nous remarquerons également que le bullet drop reste très proche pour les deux balles jusqu’à environ 300m et relativement proche jusqu‘à environ 600m. Par la suite, ce n’est qu’au-delà des 600m que la différence devient beaucoup plus importante.

Ces deux balles de 6,5 mm ont un coefficient balistique élevé et produiront des trajectoires plus plates,  une bonne résistance à la déviation du vent, et donneront donc de superbes performances.

 

 

Conclusion

 

La 6.5 x 284 Norma

 

Comme nous l’avons vu, le 6.5-284 a beaucoup de points forts pour le tir de compétition au 1000 Yards.

La 6.5-284 Norma est une cartouche puissante à recul modéré mais qui n'est pas sans complexité. Dans les cercles de compétition, cette cartouche est très appréciée pour sa performance à 1000 yards mais beaucoup de tireurs constatent qu’avec cette cartouche, l'érosion du canon provoque une détérioration de l'extrême précision entre 700 et 1000 coups et avant que l'exactitude ne se dégrade jusqu'au niveau où il doit être remplacé.  Sa durée de vie maximale tournerait aux alentours des 2.000 coups. Et c’est pour cette raison que certains sportifs hésitent à se lancer dans ce calibre mais je pense que les performances impressionnantes de la cartouche en valent bien le risque et l'investissement.

Il n'est pas rare que des chasseurs s’approprient  ses caractéristiques et tentent de les adapter à la chasse à longue distance. Malheureusement,  les deux disciplines (Match et chasse), bien que similaires en théorie, sont différentes. La précision seule n'est pas suffisante pour assurer une mise à mort rapide et humaine à des distances étendues. Cependant,  comme la plupart des chasseurs européens ne chassent pas à très longues distances, ce calibre leur conviendra parfaitement.

Enfin,  si vous n’êtes pas le genre de tireurs à aligner des milliers de cartouches sur une seule saison de tir et que vous recherchez une cartouche longue portée avec un recul modéré dans un calibre moyen alors, cette cartouche est pour vous et reste un excellent choix.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma
La 6.5 x 284 Norma
Partager cet article
Repost0
15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 09:50
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor

Chers lecteurs,

 

Voici déjà arrivé le moment de vous proposer le dernier article de l’année. Comme le temps passe vite !

Souvenez-vous, en février 2017, nous avions vu dans l’article consacré aux calibres et aux cartouches préférées des « pros » du TLD aux USA que c’était les 6 × 47 Lapua, 6 Creedmoor, 6,5 × 47 Lapua et la 6,5 Creedmoor qui étaient de loin les plus appréciées notamment parce qu’elles « nourrissent » toutes extraordinairement bien les magasins des AICS et qu’elles permettent d’obtenir un tir plus plat avec moins de dérive et de recul qu’avec une .308 Winchester mais aussi et surtout parce que parmi ces cartouches,  les 6,5 × 47 Lapua et les 6,5 Creedmoor sont remarquablement similaires en termes de vitesse pour une balle et une longueur du canon donnée.

Nous avons appris au surplus que les tireurs qui ne rechargeaient pas se tournaient plus volontiers vers les 6.5 Creedmoor (0,264") parce que ces cartouches d’usine sont très précises et facilement disponibles dans le commerce.  C’est également pour ces raisons que j’ai décidé de vous entretenir de ces dernières aujourd’hui.

                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

                                                              La 6.5 Creedmoor

Comme nous avons déjà eu l’occasion de le voir dans des articles précédents portant sur les différentes cartouches, la Suède peut se targuer d’avoir eu son lot de calibres vedettes. Le calibre 6.5x55 en est un avec sa balle de 6.5mm (.264)  qui était apparue en 1894. Développé conjointement avec la Norvège, il figure parmi les premiers projectiles d'infanterie tiré sans fumée, et par la suite, il fut sans aucun doute un des meilleurs calibres puisqu’il avait remporté de nombreux matches sur les 300 mètres. Initialement avec des balles de 156 grains à 2378 fps (canon de 29 pouces), "le Suédois" a rejoint la course vers des balles encore plus légères, plus rapides, pointues et a été mis en concurrence avec le Mannlicher-Schoenauer (6,5 x 54), développé en 1900 pour le fusil d'infanterie Mannlicher de 1903 et sa carrière militaire s'est terminée en 1941.

Des 7x57, .30-40 Krag et autres .303 britanniques sont également apparues par la suite ainsi que les fusils originaux de Creedmoor.  Le nom de Creedmoor avait donc perduré jusqu’en 2009, année où il a connu une nouvelle vie en tant que surnom donné à une nouvelle cartouche rapide dotée d’une charge de poudre soit modeste,  mais qui frappe dur sur le gros gibier tout en occasionnant un recul modeste.

Pour connaître son avènement, nous devons remonter au mois d’août 2005 lors des matches nationaux qui se déroulaient au célèbre Camp Perry en Ohio et pendant lesquels un tireur frustré (Dennis DeMille), une légende de renommée mondiale dans le monde de la compétition High Power Rifle) et son ami (Dave Emary), ingénieur principal chez Hornady Manufacturing) ont fait appel à d'autres tireurs de compétition pour trouver des idées pour créer une cartouche compacte avec un excellent potentiel « Long Range » et qui seraient appelée à devenir « la cartouche longue portée idéale ».

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

Photo de la 600 Yard line au National Championship Matches de Camp Perry-Ohio, en 2006

 

 

Ils ont énuméré 10 ou 15 caractéristiques que devrait comporter cette cartouche « parfaite ». Parmi celles-ci : un faible recul, un coefficient balistique élevé, et une longueur de cartouche pour tenir dans une carabine à action courte. Ils voulaient également que des munitions d'usine soient disponibles, abordables et assez bonnes que pour pouvoir participer à des compétitions « Long Range ».

 

DeMille, quant à lui, est venu avec sept exigences. La cartouche hypothétiquement idéale devait:

 

1. Être à la longueur d’un magasin destiné à permettre le tir rapide en compétition ;

2. Avoir un recul léger, bien moins qu'une .308 Win, avec un confort général du tireur pour le tir rapide;

3. Tirer  « à plat »  grâce à une balle de haute précision ;

4. Permettre une bonne durée de vie au canon de la carabine qui tirera cette cartouche;

5. Utilisez des composants disponibles (poudre, douille, ogive, etc.) pour être facilement reproduite ;

6. Avoir la recette de rechargement indiquée sur la boîte des cartouches vendue au commerce ;

7. Être produite en quantités suffisantes pour pouvoir répondre à la demande.

 

Avec ces directives en main, Dave Emary retourna chez Hornady et se mit au travail. Il a collaboré avec Joe Thielen sur le projet,  et au SHOT Show en 2006, il a donné à DeMille un morceau de laiton non marqué  basé sur la .30 T/C, dont le seul héritage sera les cartouches qu'il a engendrées, et l’a ensuite rétrécie à .264".

Comme la .30 T/C  était encore assez nouvelle, aller vers une 6.5 était tout simplement logique. DeMille a fait quelques tests avec la cartouche et a formulé ses commentaires sur la façon de l'améliorer. Hornady pensa qu'ils appelleraient la  « DeMille 6.5 »,  mais DeMille rejeta rapidement cette idée : " Je ne veux pas exagérer mon rôle dans le développement de cette cartouche, dit-il. Ce fut vraiment Dave et Joe qui ont fait tout le vrai travail." Et donc, DeMille suggéra plutôt le nom de Creedmoor, non seulement basé sur le nom de la société où il était directeur général (Creedmoor Sports) mais aussi pour l'histoire de l'endroit à Long Island - New York, où les premiers matches nationaux de carabine avaient eu lieu.

L'année suivante (en 2007),  Hornady a lancé le 6.5 Creedmoor au SHOT Show, mais sans s'attendre à ce qu'il domine le monde du TLD et de la chasse en l'espace de quelques années !

La cartouche a commencé à gagner des matches et notamment à décrocher de multiples distinctions en TLD. Mais la plupart des chasseurs quant à eux, n'avaient pas entendu parler de cette cartouche ou étaient encore sceptiques après des décennies de vénération du Magnum et sur le fait qu’elle serait très efficace notamment pour le grand un cerf, par exemple.  Mais ils découvriront également avec intérêt que bien que la Creedmoor 6.5 ait beaucoup moins de poudre que la .270 Winchester et qu’elle ne puisse pas atteindre sa vitesse de sortie,  la Scirocco II Norma's Creedmoor de 130 grains (à titre d’exemple) dépassera la .270 sur une distance plus extrême et qu’elle résistera bien mieux à la dérive du vent que son aînée !

 

 

La cartouche

                                                              La 6.5 Creedmoor

Nous nous contenterons de dire que depuis sa naissance, le 6.5 Creedmoor a été conçu pour le tir à longue distance. Dave Emary, Joe Thielen et l'équipe de Hornady ont fait un excellent travail en faisant vivre le rêve de Dennis DeMille.

Conçue à l'origine comme une cartouche de match, les derniers mélanges de poudre et les différentes conceptions des balles d'Hornady lui ont permis de devenir,  non seulement précise, mais aussi une cartouche de chasse au gros gibier efficace. Les poids standards des projectiles vont de 120 grains à 147 grains.

La cartouche Hornady 6.5 Creedmoor a été fabriquée en rabattant la cartouche .30 TC, qui à son tour, a été faite à partir du .307 Winchester tout en utilisant les directives et les normes SAAMI (Sporting Arms and Ammunition Institute).

La cartouche Creedmoor 6.5 a une douille de diamètre de base de 0,47 pouce (11.95mm), idem à la famille des cartouches .30-06,  une épaule de 30 degrés et sa longueur est de 1,920 pouce (48.8mm). La longueur totale de la cartouche est de 2,825 pouces (71.8mm). Il y a près d'un pouce de différence (0,905 = 22.987mm) entre la longueur de la douille et la longueur totale de la cartouche. Cela a permis aux longues balles à coefficient balistique élevé et de 140 grains, VLD et ELD de dépasser de la douille plutôt que d'y être placées profondément à l'intérieur, ce qui absorbe l'espace de la poudre.

La vitesse initiale pour la charge d'usine de 140 grains est de 2 710 fps. Cela correspond presque exactement à la vitesse initiale de la .260 Remington avec une balle de même poids, même si la .260 Remington a une douille plus grande. Cela est dû à moins d'intrusion dans l'espace de poudre des balles longues, et parce que la pression moyenne moyenne SAAMI pour le Creedmoor 6.5 est de 62 000 psi, tandis que le MAP de .260 Remington est de 60 000 psi.

A titre d’exemple, la nouvelle munition American Eagle dispose d'une balle de match à pointe ouverte de 140 grains avec un BC de .58. Avec une vitesse initiale de 2 700 pieds par seconde, la balle reste supersonique jusqu'à 1 350 mètres !

La 6.5 Creedmoor est aussi une cartouche de rêve pour un " handloader " car, à titre d'exemple, en plus des douilles, Norma fabrique également de magnifiques ogives Creedmoor 6.5 High BC.  Alors que la H4350 de Hodgdon est la poudre la plus populaire pour cette cartouche, elle fonctionne également très bien avec une large gamme de poudres à combustion moyenne, y compris l'Alliant RL-17. D'autre part, une large gamme de balles de chasse est proposée par à peu près tous les fabricants de balles.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor

 

La 6.5 Creedmoor a une longueur d’étui de 1,92 pouces et une longueur de cartouche maximale de 2,82 pouces pour lui permettre de s'intégrer dans les actions courtes. Ce calibre s'adapte également et très facilement sur un chassis de .308 / 30-06, et donc,  c'est un choix facile pour quelqu'un qui voudrait recanoner son .308Win tout en cherchant à essayer quelque chose de nouveau. L'étui a un épaulement à 30 degrés pour permettre une capacité maximale de poudre tout en laissant de la place aux ogives plus longues, et au profil plus fin propre aux balles à haut coéfficient balistique (BC).

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

Comparaison avec une .308 Win et une 30-06

 

 

Utilisant une douille similaire,  mais pas tout à fait la même qu'une .308 Winchester, la 6.5 Creedmoor utilise des balles plus fines et plus légères et les envoie plus rapidement. D'un point de vue balistique, nous verrons par la suite que les balles minces de 6,5 mm fonctionnent exceptionnellement bien, s'approchant ainsi de très près du profil balistique d'une 300 Winchester Magnum, mais avec beaucoup moins de recul et de coût.

 

Voici la comparaison de ses dimensions avec celles d’une .308Win.

                                                              La 6.5 Creedmoor

Comparaison de ses dimensions avec celles d’une .308Win.

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, la douille et son culot

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, une boîte de Hornady Superformance en 129 grains

 

 

Malgré son succès en compétition, le 6.5 Creedmoor n'a pas réussi à être largement accepté par les chasseurs américains durant ses premières années de production. Il est à noter que la cartouche a reçu l'aide du département chasse lorsque Hornady a présenté sa gamme de munitions "Superformance" qui comprenait une charge de 120grains et puis, une 129grains (ci-dessus).

Les munitions d'usine ont la recette de rechargement inscrite directement sur la boîte de cartouches, ce qui la rend très facile à utiliser pour ceux qui veulent reproduire les munitions Hornady pour eux-mêmes, ou d’essayer de les améliorer.

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

 

La Creedmoor 6.5mm devait pouvoir faire preuve d’une balistique superlative, avec moins de recul qu’avec la .308 Win et avoir la longueur standard du chargeur .308 tout en étant relativement facile à utiliser pour le tir rapide sans pour autant trop éroder le canon. Et bien, le pari a bel et bien été tenu !

La cartouche était très spécifique dans sa conception vis-à-vis de son but recherché qui était de la tirer sur une cible à longue portée,  et donc, la cartouche a été conçue spécifiquement pour des balles longues, lisses, à fort coefficient balistique, et lourdes pour ce calibre. Avec certains chargements, la cartouche reste supersonique et maintient sa précision à plus de 1. 200 Yards. Deux charges ont été initialement produites, la 120 et la 140 grains. Les balles A-Max se situent autour de 2 900 fps et de 2 700 fps.

En vérité,  le Creedmoor 6.5mm n’a commencé à gagner en popularité qu’une fois qu'il est devenu un favori parmi les tireurs de compétition qui l’ont aimé parce qu'il reste puissant et précis, tout en offrant moins de recul que le .308 Win. À bien des égards, les tireurs avaient l'impression que les 6,5 mm leur donnaient un avantage concurrentiel sur la cartouche .308,  et c’est d’ailleurs ainsi qu’une nouvelle génération de fusils compatibles avec les 6,5 mm pour tireurs d'élite est née. En réalité, la gloire du Creedmoor 6,5 mm coïncide également avec la popularité croissante des compétitions de tir à la carabine de précision et tactique.

Ce qui a également participé à son succès, c'est la mise à disponibilité de carabines conçues pour ce calibre à des prix très abordables car jusque là, les vraies carabines à longue portée étaient coûteuses et fabriquées pour la plupart du temps sur mesure uniquement à la demande.

A titre d’exemples, Ruger Precision a lancé un produit extrêmement réussi et qui a fourni aux tireurs américains une carabine à prix abordable pour entrer dans le monde du tir de précision à longue portée et de la compétition. Et pour les tireurs qui voulaient profiter de la performance de la cartouche pour la chasse, l'Américan Predator offrait lui aussi une accessibilité abordable.

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, un Ruger Precision Rifle

 

 

Et bien que l'engouement pour les fusils à châssis se soit légèrement tassé, une nouvelle classe de fusils hybrides et ajustables est en train d'émerger. Par exemple, des fusils tels que le B-14 HMR de Bergara (fusil de chasse et de match) mélangent la technologie orientée précision avec l'esthétique de la chasse traditionnelle pour apporter une solution permettent de pratiquer les deux disciplines avec une seule et même arme.

Encore à l’heure actuelle,  le Creedmoor 6.5 reste un vrai phénomène à un point tel que la Hodgdon Powder Company a du mal à garder sa poudre H4350 en stock en raison de la forte demande alimentée par les rechargeurs de la Creedmoor 6.5mm.

Les amorces Magnum ne sont pas nécessaires, mais les amorces de qualité match peuvent valoir la peine d'être essayées pour des charges spéciales. En plus des munitions d'usine, Hornady offre également cela.

Les poudres appropriées sont dans la gamme de combustion moyenne à lente. Plusieurs nouvelles offres sont apparues tels que la poudre Hornady Superformance de Hodgdon, la Varget, la Hybrid 100V et la Vihtavuori N-150 peut être excellente aussi en fonction des charges et des utilisations recherchées. Les poudres supplémentaires qui fournissent des performances remarquables sont les :  Reloder-17, Norma URP et Winchester 760.

 

Quelle est la différence avec la .260 Remington ?

Physiquement, la Creedmoor 6.5mm (6.5CM ) est basée sur une .30 T / C Hornady et a souvent été décrite comme une .260 Remington "améliorée".  Il y a une justification à cela. En effet,  son étui est 0,115 pouce plus court, et présente moins de conicité du corps ainsi qu’un épaulement à 30 degrés plus net que pour le .260 Rem. Mais contrairement au .260 Remington et à la 6.5-284 Norma, la 6.5CM a été conçue comme une cartouche à action rapide.

La balistique de la .260 Remington est presque identique mais l'avantage qu’a  la Creedmoor 6.5mm sur la .260 Rem réside dans le fait que ses munitions sont beaucoup plus disponibles et abordables. Hornady a également fait un excellent travail en facilitant le travail des re-chargeurs avec son offre de composants (douilles, etc.) abondante et ce, à prix abordables ainsi qu’un accès facile aux « recettes » de rechargement.

D’autre part, la .260 Rem n'était pas prévue à l'origine pour le tir de précision à très longue portée, et donc la conception globale n'a pas été optimisée pour la précision à des distances étendues tandis que la 6.5 Creedmoor, a été conçue exactement à cette fin.

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

Nous savons que la 6,5 CM était à l’origine destinée aux tireurs à longue portée, mais la question reste à savoir si elle pourrait également être utilisée comme balle de chasse ?

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

 

La réputation de ces balles de calibre 6,5 mm commence à être bien connue pour sa pénétration profonde, et l’offre actuelle de balles de haute technologie qui vous permet d'adapter une charge pour n'importe quel gibier en Europe commence à être abondante. Les balles de 6,5 mm ont une meilleure densité de section (plus de plomb derrière moins de surface) que les balles de .308Win, ce qui leur donne un meilleur potentiel de pénétration. Au niveau des coûts, les balles de 6,5 mm coûtent moins cher que les balles de .308 de la plupart des fabricants.

Pour le gros gibier, vous aurez probablement besoin d'une balle telle que l'A-MAX pour avoir une vitesse initiale d'au moins 1500 FPS et plus de 900 pi-lb d'énergie. La Creedmoor 6.5 reste au-dessus de ce seuil à environ 800 mètres, et donc elle  est certainement une option valable pour « basculer » un grand cerf  à 500 Yards,  et plus. Pour les chasseurs de prédateurs, ce serait aussi une bonne cartouche  pour les arrêter jusqu'à 1000 yards.

C'est cette combinaison d'efficacité de chasse létale et de précision à longue portée qui a attiré tant de monde dans l’utilisation de la  Creedmoor 6.5. Il aura fallu plusieurs années avant que les chasseurs ne se passent le mot, mais 2017 représente un nouveau seuil pour cette petite cartouche puissante. Et pour preuve, l’offre et le nombre de fusils chambrés en 6.5 Creedmoor a augmenté à un rythme comme jamais auparavant. Mais cette année, presque toutes les entreprises qui ont introduit une nouvelle arme longue dans leur catalogue l’ont fait en 6.5 Creedmoor, et même au détriment des calibres standards comme le .30 / 06, .243 et le .308.

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, une belle carabine en situation de « Long Range Hunting »

 

Et ce qui est particulièrement remarquable,  c'est que ces nouveaux fusils couvrent toute la gamme, allant des fusils tactiques ou de très haute précision à des fusils de chasse de montagne maniables et pratiques . Cela démontre l'impressionnante polyvalence de la Creedmoor 6.5mm. Que ce soit parce que le Creedmoor 6.5 soit facile à recharger et abordable ou que ce soit pour un chasseur ou un tireur d'élite qui cherche à parfaire ses compétences sur longue portée, il n'a pas d'égal !

Par contre, avec des vitesses plus élevées et un alésage plus petit, le Creedmoor 6.5 provoquera malheureusement, du fait d’une usure plus importante, une durée de vie du canon plus courte qu'avec un canon comparable en .308 Win.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

Cible avec cinq tirs d’une 120 grains à 100m

                                                              La 6.5 Creedmoor

 

On voit effectivement les beaux groupements

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, des tirs réalisés avec une 140gr

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision de ¼ de MOA avec de très petits groupes à 100 Yards voire même, un groupe de 5 coups mesuré à 2,5 pouces, à 500 Yards, ce qui équivaut à 0,55 MOA ! Le tout avec des munitions chargées en usine !  Les cartouches rechargées manuellement avec minutie tirent encore mieux !!!

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

Ici, quelques exemples de groupes de 3 coups réalisés avec différentes cartouches d’usine.

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

Ici, des tableaux balistiques comparatifs d’une 120 grains GMX avec une 140 grains AMax

(Drop, vitesse, énergie sur des distances de 100 à 1000 Yards pour ces deux 6.5 Creedmoor )

                                                              La 6.5 Creedmoor

 

Ici, le graph comparatif du drop d’une 120gr avec une 180gr en .308 et une .300Win Mag.

                                                              La 6.5 Creedmoor

On peut voir l’équivalence des drops jusqu’ aux 300 yards avec l’avantage pris par la 300 Wing Mag sur les deux autres cartouches par la suite.  Mais on constate aussi clairement la suprématie de la Creedmore sur la .308 Win  à partir des 400 Yards. Celle-ci reste très proche de la 300 Wing Mag, ce qui lui donnera un grand avantage sur la .308 Win à mesure que la distance augmente !

 

 

Ici, le graph comparatif pour l’énergie déployée par les trois ogives

                                                              La 6.5 Creedmoor

Du point de vue de l’énergie déployée,  et surtout pour les poids respectifs de l’ogive (Creedmore 120 gr versus deux ogives de 180 grains), on constate la suprématie de la 300 Wing Mag sur la .308 Win, ce qui n’est pas une très grande surprise. Par contre,  pour la Creedmore, on découvre qu’elle perd comparativement moins d’énergie sur la distance que ses deux concurrents (courbe bleue),  tout en gardant pratiquement un parallélisme presque parfait avec celle de la .308 Win jusqu’aux 800 Yards, où elle se fait « déposer ». Quand on sait que la vélocité des balles de la Creedmoor 6.5 en 140gr chute à subsonique entre 1 200 et 1 400 Yards et considérant que sa rivale la plus proche en cartouche d'action courte, est la .308 Winchester qui elle, tombe à subsonique loin de 1000 yards, c'est une performance impressionnante.

Pour certaines charges, le  Creedmoor 6.5mm est capable de dupliquer la vitesse initiale  ou la trajectoire du Winchester Magnum .300 tout en générant un recul significativement plus faible car basé sur un poids de projectile plus léger.

Notons qu’en .308 Winchester,  les balles dans de taille des 180 grains sont difficiles à charger aux limites de la capacité de la douille pour savoir obtenir suffisamment de poudre et de vitesse. Exemple, la Sierra Matchking 175gr match a un BC de .496 à la vitesse de 2600 fps. Comparez-la à la Creedmoor 6.5, qui envoie une balle de 140 grains à 2710 fps avec un meilleur BC de .526 - .535, la Creedmoor envoie une balle balistiquement supérieure à une vitesse plus élevée. Donc, on pourrait dire que même si la .308 Win offre plus de choix et de disponibilité,  la Creedmoor 6.5 utilise des balles de meilleure balistique qui tombent moins vite à la distance et qui dérivent moins dans le vent.

On se rappellera utilement que plus le BC est élevé, meilleure est la balle qui pourra traverser le vent facilement, ce qui signifie qu'elle résiste beaucoup plus efficacement à la traînée et au vent qu'une balle avec un BC inférieur. Donc, pour les tirs à longue portée où le vent pourrait être plus important, un meilleur coefficient balistique est quelque chose que vous devriez rechercher.  Et même pour la chasse, où les conditions venteuses sont parfois un facteur important, avoir une balle avec un coefficient balistique élevé va vous aider dans les tirs à longue portée. Aujourd'hui, avec des télémètres laser et une compensation de chute sophistiquée, le BC devient beaucoup plus important que la vitesse pure pour atteindre avec précision des cibles les plus lointaines.

 

 

Conclusion

 

                                                              La 6.5 Creedmoor

 

Parmi les calibres que nous avons déjà passé en revue, et parmi les plus contemporains,  je peux vous dire que si je devais avoir une préférence,  hormis le .260 Rem que j’adore,  ce serait probablement à égalité, le 6.5 Creedmoor pour sa souplesse (recul modéré), sa précision et ses formidables performances à longue portée,  tant pour la chasse (où il est d’ailleurs moins spécialisé) que pour le TLD où il excelle !

Un autre avantage très apprécié par les tireurs qui n’aiment pas recharger réside dans le fait qu’on trouve la cartouche manufacturée en qualité Match à des prix relativement modérés. Et donc, tout tireur doté d'un fusil précis peut déjà être compétitif avec des munitions d'usine abordables. Les nouvelles cartouches de fusil de précision ne sont pas si rares, mais celles qui réécrivent les règles le sont car, dans le cas qui nous occupe,  on peut dire que le 6.5 Creedmoor a carrément changé le monde du TLD.

Introduite dans le monde du tir en 2008, la 6.5 Creedmoor apparaît clairement comme une meilleure cartouche que la .308 Win. La .308 a été conçue en 1952 pour un fusil militaire semi-automatique,  tandis que la 6.5 Creedmoor a été conçue en 2007 pour une meilleure performance à longue portée dans un fusil à verrou. Par conséquent, et finalement, il n’y a rien de comparable !

A titre d’exemple, un chasseur équipé d’une Savage en 6.5mm Creedmoor (carabine légère) devrait aussi être capable d’obtenir une précision de 3/4 MOA à 100 yards,  et donc,  la 6.5 Creedmoor est aussi une cartouche de chasse qui gardera tout son intérêt dans les prochaines années car elle offre un peu moins de dérive au vent, un peu moins de recul et un peu plus de précision que la 7mm-08 ou la .308 Winchester.

S’agissant du TLD, et 10 ans après sa mise sur le marché où elle est encore considérée par beaucoup comme la cartouche chérie du moment, sa performance reste clairement supérieure aux cartouches de 6 mm dans la foulée du .243 Winchester et offre résultats et plaisirs dans tous les stands,  et notamment,  chez les américains qui l’utilisent dans leurs concours de précision sur cible (Camp Perry, etc.),  à 1.000 et 1.200 yards !

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor
                                                              La 6.5 Creedmoor

A l’année prochaine,

                                                              La 6.5 Creedmoor
Partager cet article
Repost0
7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 09:11
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Chers lecteurs,

 

 

Me revoilà avec un peu de retard et vous m’en voyez désolé mais un crash PC et d’autres contingences m’ont empêché de revenir vers vous dans les délais habituels. Aujourd’hui,  je vous propose un article qui n’a pas trait au TLD en tant que tel mais plutôt au « Long Range Hunting » avec la présentation d’une munition de grande chasse : la .307 Winchester (ou encore, la 7.62x51 SR / 7,62 x 51 R Winchester) mais comme nous le verrons en milieu d’article, certains l’apprécient également dans le cadre du tir sportif.

 

Bonne lecture.

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

 

Lorsque le .30-30 a été introduit en 1895, il a été considéré comme un grand pas en avant dans la conception de la cartouche de chasse. La puissance du .30-30 a été remplacée relativement rapidement mais comme les fusils militaires excédentaires sont devenus disponibles, les chasseurs américains ont eu l'accès aux cartouches telles que le .30-40 (introduit 3 ans avant le .30-30) suivi du .30 -03 qui est devenu le .30-06 en 1906.

Indépendamment de ces innovations,  il y avait encore de nombreux chasseurs  s'appuyant uniquement sur le fusil portable à levier du type .30-30. Néanmoins, de nombreux chasseurs souhaitaient plus de puissance de et un moyen d'augmenter la portée efficace de leurs armes. Au cours des années 1950, le Wildcat .30-30 Ackley Improved n’a réellement gagné qu’un petit niveau de popularité aux USA.

Finalement, pour répondre aux demandes du marché, Winchester a conçu un fusil à levier entièrement nouveau,  beaucoup plus puissant que le modèle original 94 et avec une nouvelle cartouche plus puissante,  il a été lancé en 1963 en .284 Winchester. Bien que la cartouche .284 soit de loin supérieure à la 30-30, le peu d’intérêt pour la Winchester Model 88 Lever Action Carbine a appris à Winchester que l'attrait de la carabine modèle 94 était encore bien présent pour la performance de ses cartouches, même si les chasseurs voulaient une cartouche plus puissante.

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Winchester Model 94 E Cal 307 Winchester

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Winchester Model 88 Lever Action Carbine

 

 

 

Aux USA et cours des années 1970, les ingénieurs de Winchester ont revu le fonctionnement interne du 94, ajoutant de la force à l'action sans changer ses aspects traditionnels. Malheureusement, pour Winchester, le marché pour le .375 n'était qu’acceptable sans plus, ce qui incita Winchester à entreprendre des recherches sur le développement de cartouches de haute puissance pour le 94.

Historiquement,  le design du .307 est unanimement reconnu comme finalement finalisé en 1982 alors qu'il est le grand frère, le .356 n’a été finalisé qu’en 1983. Le design .307 était basé sur le .308 Winchester n’a juste qu’un bourrelet à peine plus fort que le 308 Win. Il est presque identique dimensionnellement à la cartouche .308 Winchester plus commune, les seules différences étant une base cerclée et des parois de douilles plus épaisses pour gérer les pressions plus élevées générées par la cartouche. Quant au .356, il était basé sur le .358 Winchester (.308 Win rétrécie jusqu'à .35) mais encore avec un bourrelet pour prolonger son utilisation dans la Winchester Model 94.

Pour encore améliorer le modèle 94, des modifications ont été subtilement ajoutées pour permettre l'utilisation d'une lunette de visée. Le nouveau modèle a été désigné comme étant le 94 Big Bore AE XTR (éjection d'angle) et est sorti en 1984, chambré pour les deux nouvelles cartouches, le .307 et .356 Winchester. C'était le seul modèle de fusil jamais produit pour tirer la cartouche.

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Winchester Model 94AE XTR Rifle en .307 Win

 

 

Le modèle 94 XTR offrait plusieurs améliorations remarquables par rapport au modèle standard 94. Premièrement, le nouveau modèle pouvait résister à des pressions beaucoup plus élevées, permettant des munitions plus puissantes telles que le .307.  Deuxièmement,  la fonction d'éjection des douilles utilisées permettait d’éjecter sur le côté de l'action, plutôt que directement vers le haut, pour permettre l'utilisation d'une lunette. Cela a été accompli en changeant la position de l'extracteur et de l'éjecteur et en abaissant légèrement le flanc droit du récepteur.

Le calibre .307 a finalement répondu aux besoins des chasseurs avec une version plus puissante du .30-30 Winchester avec deux charges pour le .307,  avec une 150 gr à 2760 fps et une 180 gr à 2510 fps, dans un canon de 24 ".  Toutefois, le Big Bore .307 n'a connu qu'une popularité marginale probablement dûe au fait qu'il est arrivé une génération trop tard, manquant la génération qui voulait une cartouche plus puissante et arrivant à un moment où le fusil 94 et la cartouche .30-30 ont été davantage appréciés pour leur attrait classique.

Winchester cherchait aussi à sortir une cartouche grand public pour un fusil à levier et qui pourrait s’adapter aux performances du .300 Savage. Le modèle 99 de Savage a été bien accepté par les chasseurs intéressés par le cerf, le wapiti, l'ours noir et l'orignal. Winchester voulait avoir une part de ce marché avec la cartouche .307.

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, le Savage Model 99 Rifle

 

 

Le .307 tire plus plat que le .30-30 et avec un excellent placement de tir offert par l’utilisation d’une lunette, les chasseurs peuvent obtenir ainsi des tirs plus rapides qu’avec le fusil traditionnel modèle 94 .30-30.

Certains chasseurs de brousse / forêts se sont intéressés à la cartouche mais sans grand succès. C'était une excellente idée mais elle n’a jamais vraiment passionné les tireurs américains.

Quant à chez Marlin, ils ont reconnu rapidement que si le tireur américain n'achetait pas le classique Winchester Model 94 chambré en .307 Winchester,  ils n'allaient probablement pas non plus acheter une Marlin chambrée en .307 Winchester. Ils avaient raison et Marlin a finalement repensé entièrement la situation pour créer le .308 Marlin ... à ne pas confondre avec le .308 Winchester !

En dehors des États-Unis, le .307 a été commercialisé aux chasseurs vers le  milieu des années 1980 mais là où elle a rencontré beaucoup plus de succès,  c’est auprès et en particulier,  des tireurs sportifs espagnols,  en raison des lois espagnoles sur les armes à feu qui interdisent l'usage civil de  « calibres militaires » comme le .308 Winchester - l'équivalent civil de la cartouche OTAN 7,62 × 51 mm.  La désignation du calibre .307 est simplement pour éviter de confondre cette cartouche avec certains des autres calibres .30, et il utilise effectivement des balles standard de .308 pouces.

En effet, l'Espagne mais aussi d’autres pays n'autorisent pas les civils à utiliser une arme à feu dans n'importe quelle configuration ou chambrée pour une cartouche utilisée par les militaires (par exemple, le .223, le .308 ou encore le .30-06 Springfield) mais le .307 est parfaitement légal

La .307 Win est pratiquement une .308 Win avec l'ajout d'un petit onglet. Ceci rend les deux cartouches incompatibles,  mais pour les fabricants d'armes,  le changement de taille ne représente que des modifications mineures dans quelques pièces.

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Comparaison d’une .307 (à gauche) avec une .308 Win.

 

 

 

La cartouche

 

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, une .307 Winchester

 

 

Ses dimensions

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Douilles de .307 Win.

 

 

Les douilles pour le .307 Winchester peuvent être difficiles à trouver, mais vous pouvez faire vos propres douilles .307 avec des  .444 Marlin.

Aujourd'hui Winchester / Olin est le seul fabricant de munitions dans ce calibre. Ils ont introduit deux charges pour le .307 avec un poids de 150 gr à 2 760 fps (841 m / s), mais cette balle a été récemment abandonnée,  ne laissant que la charge de 180 grains. Cette lourde charge peut propulser une balle à 2 510 fps (765 m / s) avec 2 519 pi-lb (3 415 joules) d'énergie initiale, chronographée  à partir d'un canon d'essai de 24 pouces. À 100 mètres, la vitesse est de 2 179 pi / s (664 m / s) et l'énergie est de 1 893 pi-lb (2 573 joules).

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, une boîte de .307 Winchester en 180 grains

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, une boîte de Sierra en .307 Winchester en 170 grains

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

 

 

En munitions d'usine,  le .307 duplique dans une large mesure, les performances du .30-30. Le chargement produit des coups mortels mais avec un retard sur la rapidité de la mort du gibier moyen lorsqu'il est utilisé à des distances supérieures à 50 yards.

Avec des rechargements manuels, les performances du .307 peuvent être augmentées pour produire une trajectoire plus plate et une blessure plus large que le .30-30.  Le .307 peut être utilisé sur les 200-250 yards avec facilité,  et précision.  En ce qui concerne la rapidité de la mise à mort, la vitesse initiale de 2650fps est une vitesse limite, en dessous de laquelle la plupart des balles de calibre .30 commencent à perdre la capacité de produire un choc hydrostatique. Le .307 peut produire des tirs très rapides à des distances plus proches et est également capable de produire une élimination relativement rapide du gibier jusqu'à 200 yards, en prenant soin de bien placer les tirs.  De plus, entre les mains d'un chasseur expérimenté, une mise à mort rapide et propre peut être obtenue à des distances d'environ 250 yards.

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

 

 

La plupart des gens qui possèdent un .307 Modèle 94 rechargent aujourd'hui leurs propres munitions. Toute balle conçue pour une utilisation dans un .30-30 fonctionnera dans le .307,  mais la plupart des tireurs ont tendance à s'en tenir à la 150 grains pour le cerf, et à la 180gr pour un plus grand gibier.

En ce qui concerne la charge, la douille de 0.307 Winchester possède un volume intérieur légèrement inférieur à celui de la Winchester .308. À cet égard, il est rappelé que les tableaux utilisés pour la recharge .308 Winchester peuvent être utilisés pour recharger .307 Winchester (ici, un tableau).

En d'autres termes, cela implique que l’on peut prendre comme référence les tables dans le calibre .308 Winchester pour trouver la dose idéale mais la prudence s’impose !

En ce qui concerne les balles, en théorie, la gamme d’ogives de la .308 Winchester balle pourrait théoriquement être utilisée mais,  en fait,  il y a une limite pratique importante à respecter !  Pour cette raison, on n'utilise que des balles allant de 150 à max 170 grains. DANS TOUS LES CAS, PRENEZ AUPARAVANT L’AVIS D’UN ARMURIER PATENTE AVANT DE PROCEDER AU RECHARGEMENT.

Pour ce qui concerne les carabines à verrou, et non dans des fusils à levier,  le .307 Winchester sera pratiquement utilisé comme s'il s'agissait du .308 Winchester. En d'autres termes, grâce à ces armes, la cartouche Winchester calibre .307 sera assemblée avec une longueur totale qui sera presque identique à un .308 Winchester.  De même, les doses de poudre seront très similaires à celles d'un .308 Winchester, mais avec l'avertissement que le .307 Win a légèrement moins de pression que le typique .308 Winchester !

Pour les amateurs de tir de précision,  la balle de 168grs. Avec pointe Hollow-Point Boat-Tail est un excellent choix pour apprendre à connaître l'énorme potentiel que Winchester peut gérer en termes de précision pure.  Ce poids de balle est excellent jusqu'à 100m, car il peut être utilisé valablement dans la plupart des stands. Quant au choix des poudres, il est conseillé de rester sur des produits tels que N-140, N-540, WW-748 ou IMR-4064.

Pour des tirs à 300m (Mid-Range) et plus,  et pour ce genre de distances,  non seulement vous aurez besoin d’être un très bon tireur,  d’être un expert en rechargement mais également d’utiliser des .307 Winchester pesant entre 180 et 185grains.

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, une belle carabine Mid-Range en .307 Winchester

 

 

Nous entrons ici dans la gamme des « poids lourds » utilisés dans les compétitions internationales de tir à une distance de 300m. En raison du poids élevé, il est préférable de n'utiliser que des poudres plus progressives comme le WW-760, le N-150 ou le IMR-4831.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

Pour des tirs à 100m

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

On remarque que l’on parvient malgré tout à faire un beau groupement

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

Ici, un tableau balistique de la .307 Win 150gr pour des tirs de 100 à 300 yards

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, le graph du drop

 

Ici, le tableau balistique comparatif d’une 180 grains en .307 Win avec la  .308 Win

(Drop, vitesse, énergie avec distances pour une Winchester Power-point 180gr)

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

On constate la suprématie de la .308 sur la .307 au point de vue de la vitesse et de l’énergie. En effet, bien que le Winchester .307 ait la même configuration générale que le Winchester .308 sans rebord, certaines légères différences l'empêchent d'atteindre la pleine puissance du .308 Win.

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

Ici, les tracés des drops respectifs calculés sur Gundata.org

 

On constate l’équivalence des drops jusque 300 yards avec la supériorité du .308, par après.

Le résultat est que pour toute longueur de canon donnée, avec le même poids de balle, le .308 délivrera une vitesse supérieure d'environ 60 à 110 fps (18-33 m / s) à la sortie de bouche. De plus, avec sa balle pointue, le .308 perdra de la vitesse à un rythme plus lent que le point plat de .307, ce qui lui donnera un plus grand avantage à mesure que la portée augmentera.

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR

 

 

Dans une certaine mesure, le .307 a été conçu pour réaliser ce que ses fabricants ont prévu pour le fusil à levier modèle 94. Le .307 tire plus plat que le .30-30, permet le placement de meilleurs tirs fourni par l’utilisation d’une lunette,  et les chasseurs qui l’utilisent peuvent ainsi tenir des tirs plus rapides qu’il est possible de faire avec le fusil traditionnel modèle 94 en .30-30.

Bien que Marlin a produit un peu plus de 2000 fusils chambrés pour le .356 Winchester, Winchester était la seule société à proposer une chambre de .307. Actuellement, la carabine Winchester Big Bore 94 n'est plus en production, ce qui ajoute de la valeur aux fusils de calibre .307, .356 et .375. Les munitions sont toujours produites par Olin mais il ne reste qu'une seule charge sur le marché.

La possession d'armes en .308 Win /7.62x51 NATO étant interdite aux individus dans de nombreux pays, les tireurs sportifs se sont tournés vers le calibre .307 qui possède des qualités intrinsèques proches de celles de la cartouche de .308 Win jusqu’à environ 300 m mais tout en lui restant inférieure. Il fait néanmoins le bonheur de pas mal de tireurs sportifs.

 

 

 

 

A bientôt,

Le calibre .307 Winchester - 7,62 x 51mm SR
Partager cet article
Repost0
23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 17:15
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Chers lecteurs,

 

 

Nous voilà à nouveau réunis autour d’un petit article qui,  une fois de plus,  sera consacré à la pratique du TLD. Vous pensez peut-être que l'achat d'une excellente carabine combiné au rechargement optimal de vos cartouches ainsi qu’à vos bonnes aptitudes à tirer sur courtes distances vous permettront, de facto, d'atteindre la meilleure précision en TLD ? Et bien, nous allons voir que si ces conditions sont effectivement nécessaires, elles ne sont pas nécessairement suffisantes. Le but de cet article est de vous présenter un petit résumé des précautions à prendre, des paramètres à maîtriser et des moyens à mettre en œuvre afin d’améliorer, en un rien de temps, votre précision en TLD.

 

Bonne lecture

 

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

 

Comment atteindre la meilleure précision en TLD ?

 

Au-delà du bon mariage de la technologie des armes à feu de précision et de la bonne aptitude de l’intéressé pour le tir,  en fait,  on constate qu’il faut bien plus qu'un calibre approprié, un fusil de qualité, une optique haut de gamme et un doigt déclencheur avisé pour exceller en TLD !

En effet, chacun de ces composants doit pouvoir travailler avec l’ensemble comme un instrument finement réglé entre les mains d'un « musicien » qualifié.

En TLD, les coups réussis avec régularité, et que ce soit de 500 yards ou beaucoup plus,  ne peuvent être réalisés que grâce à une pratique « pointue »,  dans diverses conditions,  et sous pas mal de contraintes.

Vous l’aurez compris,  le tir sur longues distances ne consiste donc pas seulement à viser et tirer sur la détente mais consiste surtout à réfléchir, bien choisir son matériel et ses réglages, savoir s’adapter à son environnement, et bien entendu, à s’entraîner.

 

Nous allons donc examiner, un par un, les différents paramètres à maîtriser pour y arriver.

 

Les voici :

 

  1. Adaptez la carabine à vous et à vos conditions de tir 
  2. Faire le choix de la lunette - Premier ou deuxième plan focal ;
  3. Savoir ajuster l'oculaire / la dioptrie oculaire et bien connaître votre lunette de tir ;
  4. Adopter une position correcte du corps et placer votre corps derrière le champ de visée ;
  5. Maîtriser sa respiration et tirer vers la fin de votre expiration - Le déclenchement;
  6. Maîtriser un télémètre laser, un anémomètre et savoir utiliser un calculateur balistique ;
  7. Maintenir votre canon via un nettoyage cohérent et efficient ;
  8. Recharger ses cartouches et tenir un journal de tir.

 

 

1) Adaptez votre carabine à vous et à vos conditions de tir

 

La précision de votre fusil à longue portée dépendra de la précision que vous souhaiterez en obtenir.  Au pire, une carabine pour un tir à 1.000 mètres devrait tirer à une minute d'angle près, ce qui équivaut à des groupes de 1 pouce à 100 mètres. En théorie, ce fusil produirait donc des groupes de 10 pouces à 1000 mètres.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

Choisissez donc votre arme intelligemment !  Il y a des tireurs qui tirent superbement bien avec des fusils de précision qui pèsent près de 12 kg !  Bien entendu, si tout ce que vous faites avec votre arme ne consiste qu’à la porter sur 20 mètres de votre voiture au tapis de tir,  ou si vous êtes bâti comme un culturiste,  avoir un fusil très lourd sera un atout car il est naturellement plus stable et facilite le tir précis.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

À l'autre extrême, on peut trouver des fusils super légers mais le problème avec les fusils légers, c’est qu’ils n’offrent que peu ou pas de stabilité à partir de n'importe quelle position de tir. Souvenez-vous que le rythme cardiaque, la respiration, le tremblement bref, tous ces paramètres du corps humain qui affectent notre stabilité au moment d’ajuster votre tir et de déclencher vont plus facilement faire bouger un fusil léger et ainsi obérer la précision.  Vous devrez donc compenser ces perturbations via l’adoption d’une très bonne position de tir et exécuter votre tir tourné parfaitement dans l’axe de la cible. Ceci dit, si vous êtes chasseur et que vous aimez escalader les montagnes pour y aller chasser,  ou si vous êtes militaire sur le terrain,  il est clair qu’une carabine légère vous permettra de crapahuter beaucoup plus facilement.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

D’autre part, si comme certains, vous vous achetez une carabine de qualité très moyenne en .308 Win par exemple, et que par manque de budget, vous l’équipez d’un montage « bricolé-maison » et d’une lunette d’airsoft de fabrication chinoise (Ne riez pas,  j’en ai vu une … et dire que ce genre de personnage s’attend avec enthousiasme à ce que sa carabine tire sous le MOA !),  ne vous étonnez pas non plus de ne jamais savoir faire un dix, … et ce, même avec une cible placée à 25 mètres !

Par conséquent, vous l’aurez compris, si vous voulez vraiment poursuivre dans votre envie de tirer à longue distance, sans frustration et avec un minimum de succès, choisissez votre carabine à bon escient et équipez-la des accessoires qui seront déterminants pour vous aider à atteindre la meilleure précision. Sans pour autant dépenser une fortune, vous choisirez une arme de qualité,  d'un poids suffisant (mais pas trop), équipée d’un bon canon lourd, d’une action et d’une détente match réputées pour leur précision et d'une lunette valable avec des fonctionnalités destinées à la longue portée mais aussi à coût raisonnable. Rappelez-vous que les meilleurs tireurs de précision attachent beaucoup d’importance au choix de la détente Match lorsqu’ils montent une carabine destinée au TLD. Pour rappel, il s’agit d’un élément déterminant qui permet d’améliorer la précision de vos tirs !

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

Mais de toute évidence, vous aurez besoin d’une optique qui vous permettra de voir de petites cibles lointaines. Il vous faudra certainement obtenir un ajustement précis, cohérent et prévisible de l'élévation et de la dérive grâce à de bonnes tourelles de réglage. Votre tourelle d’élévation devra comporter un mécanisme de zérotage et d’arrêt afin que vous puissiez composer votre distance  de nouveau vers le bas après un tir long. Et tout cela dans la constance et la régularité car le tir doit pouvoir se répéter identiquement à chaque fois que vous utiliserez cette carabine.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Ici, un champ de tir avec des cibles se trouvant à des distances différentes

 

Pour pouvoir exécuter des tirs sérieux à longue portée et pour votre plus grande facilité, vous devriez également posséder un fusil (ou une carabine) équipé(e) d’une crosse tactique qui vous permettra de réaliser d’un ajustement simple et instantané à la distance de votre bras à l’épaule et/ou à la distance de votre œil à la lunette ainsi qu’à votre position de tir afin d’être complètement à l'aise. Prenez le temps de régler le bipied et votre support arrière éventuel avant de prendre position. Le fait de ne pas le faire augmentera la probabilité d’un mauvais tir.

Assurer l'ajustement approprié de l’arme à feu au tireur est donc fondamental et c’est bien plus important que de simplement placer votre tête et vos yeux derrière l'optique. Il s'agit de pouvoir contrôler la carabine et d'établir une « attache » cohérente à celle-ci,  et ce, à chaque fois que vous la porterez à l’épaule. L’arme doit devenir véritablement un prolongement naturel de son corps !

 

 

2) Faire le choix de la lunette - Premier ou deuxième plan focal

 

Ces aspects ayant déjà été traité précédemment dans le blog (cliquez 1, et 2),  je ne m’étendrai pas davantage sur ces sujets néanmoins, lorsqu'on veut acquérir une cible à l'aide d'un réticule de mesure, il faut comprendre qu’une lunette à premier plan focal fonctionnera avec tous les types d’agrandissements tandis que le deuxième plan focal ne fonctionnera de manière optimale qu'avec le plus grand agrandissement. Dès lors, comment saurez-vous lequel vous avez hérité si cette lunette était déjà montée sur votre carabine à l’achat ?  Et bien, c’est très simple: si lors de l'ajustement du grossissement,  la taille du réticule s'ajuste avec celui-ci,  votre lunette est du type premier plan focal. Si cela ne change pas de taille, c'est un second plan focal. Le premier plan focal offre plus de flexibilité, mais vous devrez peut-être composer avec le grossissement pour retrouver votre cible car un grossissement très élevé crée un champ de vision beaucoup plus étroit.

Dans l’hypothèse d’un premier achat,  vous comprendrez qu’il s’agit en fin de compte d’une préférence toute personnelle. Ceci dit,  pour des grossissements qui ne seront situés qu’entre 2,5x et 10x, les différences de plan de focal ne devraient pas être très significatives. Nota bene : pour les chasseurs, un télémètre avec compensation d'angle intégrée à vos jumelles combine les deux éléments essentiels à la visée sur  longues distances et réduit l'équipement que vous portez sur le terrain.

 

 

3) Savoir ajuster l'oculaire / la dioptrie oculaire et bien connaître votre lunette de tir

 

Un réticule clair est essentiel pour le placement précis d’un tir mais celui-ci restera un paramètre qui est très personnel puisqu’il dépendra essentiellement de votre degré de vision.  Signalons que certains constructeurs de grandes marques de rifle scopes proposent des optiques adaptées à votre vue mais ce sera plutôt coûteux ! Quoi qu’il en soit, il y aura un réglage à opérer.

Vous devrez vous assurer que le réticule est parfaitement bien horizontal. Les calculs et projections balistiques sont faits pour fonctionner par rapport à un réticule qui est tout à fait horizontal,  et donc,  si la lunette est montée de manière incorrecte ou ne repose pas correctement sur ses fixations, vous devrez corriger cela en effectuant les réglages nécessaires. Un réticule « angulé » peut modifier la relation entre votre point de visée et la trajectoire réelle de la balle et donc, in fine, à conduire à des tirs manqués à longues distances.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

Une bonne lunette longue distance permettra de faire de bons ajustements. Concentrez le réticule à l'aide du réglage oculaire tout en le regardant sur un fond plat tel qu'un mur ou le ciel, par exemple. Parce que l'œil humain ou plutôt le cerveau fera des ajustements sur ce qu'il se concentre sur lui-même,  ne regardez pas le réticule tout en ajustant. Composez un quart de tour et regardez puis,  répétez le processus jusqu'à ce que le réticule soit clair et net. Ceci peut vous paraître trivial mais je ne sais combien de fois, j’ai vu des tireurs qui visaient dans une lunette « floue » car ils ne savaient même pas qu’ils pouvaient ajuster la focale de leur lunette pour visualiser plus clairement leur réticule et leur cible !

Si votre lunette dispose d’un réticule éclairé, une option qui devient fort répandue dans de nombreuses marques et que vous désiriez vous en servir,  ne perdez pas de vue que l'effet créé lors de la visualisation d'un objet allumé avec l'œil humain, épaissira la taille du réticule et en perturbera le focus.

Un autre élément auquel il conviendra de veiller est le « zérotage » et le réglage de la parallaxe (pour corriger l’éventuelle erreur de parallaxe). Le « zérotage » de votre lunette devra être fait en fonction de la distance à laquelle vous tirerez régulièrement par la suite.

Qu'est-ce que la parallaxe?  Les problèmes de parallaxe se produisent lorsque l'objectif de votre lunette et le réticule ne se situent pas sur le même plan focal. Pour vous forger une idée, pointez votre doigt sur un objet éloigné. Maintenant, fermez votre œil non dominant. Vous remarquerez que votre doigt semble sauter sur le côté. En d’autres termes,  la parallaxe est une distorsion optique qui,  à moins d'être ajustée à la distance spécifique à laquelle vous tirez, introduit des incohérences dans votre visée.

Sachez que jusqu’à un grossissement de 9x, ce n'est pas un problème. Mais pour n'importe quel grossissement supérieur ou égal à 10x, si le réticule semble onduler dans le cadre lorsqu'il est visualisé, la parallaxe devra être ajustée,  et si ce n’est pas fait,  cela affectera votre point d'impact.

Pour faire le réglage correct,  réglez l'ajustement de la parallaxe jusqu'à l'infini et remettez-le en veille. Le réticule doit cesser de bouger. Comme le focus, la parallaxe doit être réglée pour chaque distance.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

Les lunettes modernes disposent de graduations en yards qui vous permettront de vous « caler » approximativement sur la bonne distance. Par la suite, un réglage « fin » vous permettra de l’optimiser. La plupart des lunettes de chasse traditionnelles n'ont pas de parallaxe réglable mais une parallaxe fixe qui a été fixée en paramètre usine à 100 mètres.

Le dernier cri en matière de technologie et de nouveaux équipements que l’on peut trouver actuellement sur un rifle scope est le réticule BDC (Bullet Drop Compensating), les écrans de BDC sont polyvalents, conviviaux, et ne sont souvent que limités par les armes sur lesquelles ils sont montés. Tirer le meilleur parti d'un réticule BDC nécessite un peu d'effort et un esprit ouvert car, même si les calculs sont déjà réalisés pour vous, rappelez-vous que ces réticules sont réalisés et programmés pour un calibre ou une balle particulière et à une élévation spécifique. Ils ont également tendance à fonctionner pour des charges moyennes plutôt que des charges spécifiques, de sorte que vous devrez encore vous adapter à tirer avec la charge spécifique à votre propre rechargement et déterminer la baisse réelle par rapport aux marques dudit réticule.

Et donc, pour une portée donnée, en raison des facteurs que j'ai précédemment cités, et surtout en TLD, les balles pourraient atteindre un point situé au-dessus ou au-dessous du point de visée correspondant. Cependant, la plupart des gens ignorent que la BDC n’est encore qu’un indicateur, certes utile,  mais seulement un indicateur de la trajectoire de balle.

Enfin,  et c'est là que les connaissances théoriques d’un tireur deviennent indispensables, critiques ou tout simplement insuffisantes,  car il se doit de connaître les notions minimales de balistique extérieure ainsi que les performances balistiques de ses cartouches. Car il devra savoir déterminer les incréments ou la quantité de chaque clicks d'ajustement à mettre aux tourelles de sa lunette, ceux-là mêmes qui lui permettront de déplacer le point d'impact de son tir mais également de savoir distinguer si cette mesure se trouve en MOA ou en MILS.

Qui plus est,  plus vous prévoirez de tirer loin,  plus ce réglage sera indispensable en élévation. A titre d’exemple,  lors de la préparation d’un tir avec un .308 Win sur une cible située à 2 000 mètres de distance,  la balle devrait être tirée selon un angle à même d’atteindre une hauteur équivalente à un immeuble de cinq étages afin de retomber et de frapper la cible au bon endroit !  Cela représente beaucoup de clicks d’ajustement sur la tourelle d’élévation et celle-ci doit être capable de vous le permettre  d’ailleurs,  pour de tels coups, une base de support lunette ou un rail picatinny-style allant de 20 MOA  voire même,  de 60 MOA, s’avèrera indispensable.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

L’ajustement aux différentes distances de tir

 

Les autres aspects qui doivent être pris en compte incluent la vitesse de la balle aux différentes plages d’élévation mais aussi la température, l'humidité relative, la distance entre l'alésage du canon de la carabine,  le centre de l'optique, … , pour savoir faire des calculs précis de la trajectoire de la balle ainsi que les paramètres (nombres de clicks lunette) à prendre en compte pour régler au mieux le tir.

Vous devrez également tenir compte du vent ! Des livres entiers pourraient être écrits sur la façon de négocier le vent lors de la visée et de la vue à distance mais en résumé, il suffit de dire que la compréhension de la performance d'une balle dans le vent est presqu’une science et que la seule façon de commencer à le maîtriser vraiment est de passer beaucoup de temps à tirer dans le vent.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Réglages des tourelles de la lunette

 

Rappelez-vous que le vent où vous êtes sera probablement différent de celui où la cible se trouve et qu’en plus,  il peut être influencé par le terrain que la balle doit parcourir. Une astuce consiste à utiliser le mirage, visible à travers une optique de haute puissance pour lire le vent près de la cible et de déterminer à quelle distance du côté vous devrez viser. Savoir compenser l’action du vent et de la gravité par rapport à la trajectoire de vos balles est donc primordial pour atteindre une bonne précision.

Enfin, peu de tireurs savent que lors d’un tir à longue portée réalisé lorsqu’il y a une différence importante d'altitude entre le point initial (visée lunette) et le point final (impact sur cible), il va y avoir une différence entre la précision attendue et le point d’impact, et donc finalement, sur la trajectoire de la balle si on ne corrige pas la perception de la distance de tir avec la distance linéaire réellement soumise à la gravité par le projectile. Il s’agit de l’impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Ici, un chasseur TLD en montagne qui devra s’adapter à l’impact des dénivelés

 

J’ai également publié plusieurs articles sur tous ces sujets dans ce blog,  et par ailleurs, vous pourrez vous pourrez toujours vous servir des outils développés par le site Web de jbmballistics,  c’est une bonne ressource pour développer vos données.

 

 

4)  Adopter une position correcte du corps et placer votre corps derrière le champ de  visée 

 

Observez la plupart des tireurs TLD,  ils se lèvent ou se positionnent derrière le fusil selon un certain angle de manière à ce que tout le recul du coup soit transféré dans tout le corps. Pour une précision maximale à longue distance, calez le corps derrière la cible pour fournir une base plus fiable et capable d'accueillir l’énergie du recul.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

Le positionnement du corps doit faire en sorte que la colonne vertébrale soit parallèle à l'axe de l'alésage du canon de la carabine. Cela vous aidera à rester « sur la cible » tout au long des reculs en tirs suivis ou tout simplement pour avoir plus facile pour observer où votre balle va frapper.

Je vous invite à lire ou relire mes anciens articles qui traite de ce sujet  et notamment, celui-ci : Comment pratiquer efficacement le tir couché ?

 

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

 

5) Maîtriser sa respiration et tirer vers la fin de votre expiration - Le déclenchement

 

Lorsque vous avez « verrouillé » une cible et que tous vos sens sont mobilisés,  vous constatez que devant l’image qui apparaît de votre cible,  votre réticule monte et redescend en fonction de votre respiration et de vos battements de cœur.  Ces mouvements viennent perturber l’acquisition précise de la cible et ainsi provoquer une instabilité qui risque de perturber la précision de votre coup si vous ne parvenez pas à maîtriser ces perturbations.  Il vous faudra donc stabiliser la situation et choisir au mieux le bon moment pour déclencher, et par exemple, lors de la fin de l’expiration.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

En effet, votre coup le plus stable viendra à fond de souffle, vers la fin de chaque expiration. C'est-à-dire, là où vous aurez un temps de déclenchement constant au moment où votre corps sera le plus détendu pour lâcher le coup.  Maintenez ce souffle à l'expiration pendant trois ou quatre secondes mais pas plus. Car si vous le faites trop longtemps (au-delà de 7 secondes), le corps va recommencer à trembler car il devient techniquement privé d'oxygène. Par conséquent, prenez trois respirations profondes par le nez et à travers la bouche. Cela réduira votre fréquence cardiaque et stabilisera votre objectif. Lorsque vous vous préparez à tirer, laissez échapper l'air hors de vos poumons, en vous arrêtant au bas de votre cycle de respiration.

Voilà encore un chapitre qui déjà été traité précédemment et notamment, via l’article sur les fondamentaux.  Apprenez donc à coordonner la position du corps, à bien respirer, et vous serez mieux préparé à faire de bons tirs de longue portée.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

 

S’agissant du déclenchement, tirez sur la détente et maintenez-la enfoncée. Ne décollez pas votre tête de la crosse. Gardez-la encore longtemps après le tir. Si vous voulez voir l’impact de la balle sur la cible à travers  votre lunette et maintenir la détente avant de la réinitialiser, cela vous aidera à conserver la cible à l’œil, le temps de recharger pour un deuxième coup. Vous ne devrez pas ainsi repositionner la lunette et votre corps car ils seront déjà plus moins dans la bonne position. Gardez donc la position jusqu'à ce que le tir atteigne la cible. Rappelez-vous que vous n'avez pas fini de tirer jusqu'à ce que la balle frappe la cible, ce qui pourrait d’ailleurs prendre plusieurs secondes dans des tirs à très longues distances.

Pour le déclenchement, vous relirez utilement un article précédent intitulé : Augmentez votre précision par un meilleur contrôle de la détente.

 

 

6) Maîtriser un télémètre laser, un anémomètre et savoir utiliser un calculateur balistique

 

Un tireur TLD averti se doit de s’équiper un minimum s’il veut pratiquer cette discipline avec rigueur. Nous l’avons vu précédemment, ses connaissances en balistique extérieure alliées aux nouvelles technologies qu’il doit maîtriser,  doivent lui permettre d’améliorer grandement la précision de ses coups.

A titre d’exemples,  certains télémètres et anémomètres qui se trouvent actuellement sur le marché, tels que l'Elite 1 Mile CONX de Bushnell et le KESTREL ELITE Applied Ballistic, peuvent s'accoupler avec l'application balistique d’un Smartphone ou d’un calculateur, vous pouvez les utiliser en tandem avec l’application pour obtenir des calculs immédiats, précis, sophistiqués et donc également les paramètres de réglages à apporter pour vous adapter à la situation de tir et à votre environnement.

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Ici, un télémètre laser Elite 1 Mile CONX

 

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Ici, un anémomètre KESTREL ELITE

 

Ce Kestrel est bien plus qu'un anémomètre, c'est une vraie solution de tir longue distance. Allié à la girouette, il permet en temps réel de corriger la dérive due au vent, prends en compte l'effet de Coriolis, la dérive gyroscopique, le drop de la munition (etc.) pour obtenir les corrections précises à afficher sur les tourelles de la lunette.  Pour des applications moyennes sur le terrain, plus besoin donc d'un anémomètre et d'un ordinateur balistique, le Kestrel ELITE remplit parfaitement ces deux fonctions.

Pour ce qui concerne les applications balistiques,  je vous invite à aller lire un de mes articles précédent sur le sujet, ici.

 

 

7) Maintenir votre canon via un nettoyage cohérent et efficient

 

Les tireurs à longues distances les plus sérieux conviennent que s’il y a une action à ne jamais négliger, c’est bien celle de nettoyer le canon du fusil.  Un canon fraîchement nettoyé ne tirera pas aussi régulièrement qu'un canon qui a été encrassé à deux ou trois reprises.  Certains canons, en particulier des canons premium, se comportent mieux quand ils sont parfaitement propres. Mais attention,  trop d'engouement pour le nettoyer va également affecter les résultats.  Les tireurs de compétition les plus sérieux travaillent dur pour trouver le bon moment auquel il faut le nettoyer, et cela peut prendre beaucoup de temps.

Généralement, le canon le plus précis est celui qui est légèrement encrassé, mais encore une fois, ne faisons pas de généralisation !  Une fois que vous aurez établi à quel niveau d'encrassement il fonctionne le mieux, tenez-vous en à cette fréquence de nettoyage. De toute manière, vous avez aussi avantage à le faire parce que ne pas remédier à son encrassement régulièrement peut vous conduire à le re-canonner voire même,  à le remplacer bien plus vite qu'à sa durée de vie prévue par le constructeur. Un nettoyage correct de l'alésage va donc normalement retarder cette procédure coûteuse. J’avais également sorti un article sur ce sujet, cliquez ici.

 

 

8) Recharger ses cartouches et tenir un journal de tir.

 

Tout aussi important pour obtenir une grande précision est ce que l’on va mettre comme cartouche dans la chambre. Pour la meilleure précision à longue portée, il est important d'utiliser systématiquement une balle avec un coefficient balistique élevé (BC). Le coefficient balistique est le nombre attribué à la balle et qui signifie à quel point elle passe efficacement dans l'air.  Le  BC d'une balle a une incidence sur sa sensibilité à la dérive du vent et à la performance globale. Les balles plus lourdes, plus longues, auront souvent des coefficients balistiques plus élevés.

Le poids est également un facteur crucial pour le choix des munitions. Le poids d'une balle a un effet direct sur sa vitesse. Toute bonne balle pour le tir à longue portée devrait donc offrir un bon compromis entre le BC et la vitesse. Il existe d’excellentes cartouches manufacturées sur le marché mais en général, elles sont très onéreuses. Personnellement, et à fin d’obtenir la plus grande régularité de mes tirs,  je préfère les recharger moi-même. Il y a quelques temps,  j’ai également commis un article sur ce sujet, et je vous invite à en prendre connaissance, ici.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

 

Garder un journal de tir devrait être également une bonne habitude à prendre. En effet, un journal détaillé est un must pour pouvoir avoir sous la main les indications, les paramètres et les réglages lunette qui, toutes choses égales par ailleurs, vous avaient permis de tirer avec précision. Ce sera aussi un bon outil statistique car,  au fil du temps, celui-ci vous  révélera les faiblesses de vos tirs, de votre matériel et produira des données précieuses pour vous rendre encore plus précis. En enregistrant tout, vous apprendrez, par exemple, à connaître exactement comment se comporte votre fusil lors du tir à canon froid, et à chaud ce qui vous aidera à supprimer les « méchantes » surprises  lors d’un tir à longue portée dans des circonstances dans lesquelles il ne vous sera pas possible de faire chauffer votre canon en situation de chasse ou encore sur le terrain où un seul coup devra être impérativement décisif !

Un compte rendu détaillé de vos situations de tir vous permettra en outre de comparer vos tirs en fonction des différents paramètres qui influent votre balistique  (pression atmosphérique, température, vent, pluie, chaleur vs froid, etc.) et de voir quelle est la balle la plus résistante aux intempéries pour vous permettre de tirer en tout temps. Cela vous aidera également  à préciser la trajectoire de la balle de manière à sélectionner la cartouche (et/ou la charge appropriée) qui sera à la fois la plus précise et la plus utile pour le type de tir envisagé. Enfin, un journal vous aidera également à déterminer si votre fusil a besoin d'entretien et à quelle périodicité.

 

 

 

Conclusion

 

Pour conclure,  je dirai qu’en réalité, la précision, la portée effective maximale ou la distance à laquelle un tireur ou un chasseur peut, de manière constante,  placer des coups dans sa cible ou dans la zone vitale d’un gibier dans des conditions de terrain varie considérablement d'un individu à l'autre, d’une arme à l’autre, d’un rechargement à l’autre, et même lorsque l'équipement est identique et donc, comme nous venons de le voir, il s’agira d’éliminer,  à la base, toutes les sources d’erreurs et les risques diversifiables pour obtenir l’efficience en TLD.

Bien entendu, c’est comme pour tout dans la vie, au plus vous pratiquerez,  au plus vous deviendrez bon mais une fois que les bases seront bien comprises et maîtrisées, le plaisir de perfectionner vos compétences fera de vous un meilleur tireur.

 

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

Entraînez-vous !

 

Je prends le pari que si vous avez parfaitement assimilé cet article, ses compléments auxquels renvoient les liens,  et que vous mettez en pratique toutes ces recommandations, vous arriverez à améliorer très nettement votre précision, et que ce soit en TLD ou non d’ailleurs !

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD

A bientôt,

Les paramètres à maîtriser pour atteindre la précision en TLD
Partager cet article
Repost0
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 09:10
Le Scout Rifle
Le Scout Rifle
Le Scout Rifle

Chers lecteurs,

 

 

 

 

A quelques jours de nos grandes vacances et pour terminer ce semestre, je vous propose un petit article qui m’a été demandé par un fidèle lecteur mais, une fois n’est pas coutume, il ne sera pas consacré au TLD mais bien aux « Scout rifles ». J’espère néanmoins qu’il trouvera auprès de vous un accueil favorable?!

 

Et bien voilà, arrivé malgré tout au terme de ma septième année de publication cadencée au même rythme, et comme je vous l’avais déjà signalé, je n’abandonnerai pas pour autant le combat même si je ne pourrai peut-être plus publier à la même fréquence, ni sortir d’aussi longs articles qu’auparavant.  Mais je suis certain que vous me comprendrez aisément !

 

Avant de prendre congé de vous (pour rappel, il n’y a pas de parution en juillet, ni en août), je vous souhaite d’ores et déjà de passer d’excellentes vacances.

 

 

 

Bonne lecture et ...

 

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

Il faut remonter aux années 70 pour en trouver l’origine et apprendre que c’est le Colonel Jeff Cooper, un rifleman militaire et un homme qui était à cheval sur les règles de sécurité à observer pour manipuler une arme à feu, qui en a été le pionnier, l’inventeur de l'idée d'un fusil à usage général qui remplirait divers rôles allant de la chasse à la défense.

 

 

 

Le Scout Rifle

Col Jeff Cooper (1920-2006) – Inventeur du Scout Rifle Concept

 

 

 

Né John Dean Cooper, mais connu de ses amis comme étant « Jeff », Cooper était diplômé de l'Université de Stanford en science politique et lieutenant-colonel dans le Corps des US Marines, dans lequel, il a servi pendant la deuxième guerre mondiale et la Guerre de Corée mais, il en a démissionné en 1956. Au milieu des années 60, il obtient son diplôme de maîtrise en histoire de l'Université de Californie.

 

Il a été le créateur de ce qu'on appelle la « technique moderne » du tir à l’arme de poing (tenir son arme de poing avec les deux mains, etc.), il était l'un des plus grands experts du 20ème siècle en utilisation, et en histoire des armes légères. Il a conçu le pistolet Bren Ten autour du 10 mm auto, basé sur le design du CZ 75 tchèque. La cartouche était plus puissante que celle de la Luger 9 mm et de la ACP .45.

 

Il était également considéré comme un expert dans le domaine de la chasse au gros gibier et avait écrit plusieurs livres (dont le très connu « The Art of the Rifle ») et en outre, il avait fondé le « Pistol Institute » (API) à Paulden, en Arizona, et plus tard, le Gunsite Training Center ou la « Gunsite Academy » en 1976.

 

Cooper a également enseigné le maniement des armes aux forces de l'ordre, au personnel militaire ainsi qu’aux civils. Il a vendu l'entreprise en 1992, mais a continué à vivre dans le ranch de Paulden. Il était également connu pour son plaidoyer contre les armes de poing de gros calibre et en particulier, contre le Colt 1911 et sa cartouche ACP .45.

 

Sa deuxième contribution majeure à la conception des armes à feu était ce qu'il appelait le « Scoutisme ».

En effet, Cooper rêvait d’un fusil à usage général, facilement portable, à usage individuel, capable de frapper un seul coup décisif, sur une cible allant jusqu'à 200 kilos de poids, à n'importe quelle distance mais de laquelle l'opérateur pourrait tirer avec la précision nécessaire afin de toucher une zone vitale de la cible. Et c’est donc lui qui a proposé le concept de « fusil Scout », au début des années 80.

 

Son concept était basé sur la réponse à la question suivante: « Si vous ne pouviez n’avoir qu'un fusil, et que ce fusil devrait être tout aussi efficace à la chasse qu’en défense tactique, qu’à l'offensive sur le terrain tout comme à la survie et au stand, quel fusil serait-il? Une véritable quadrature du cercle, n’est-il pas ?!

 

Ce concept, Cooper l'a affiné au cours de pas mal d’années, et jusqu'à sa mort. Sa devise était : “ One round, one hit and then vanish! ” ou encore, en traduction libre : " Une cartouche, un coup et ensuite disparaître! ". Il n'avait pas besoin d'un fusil d'assaut, il avait besoin d'un « fusil Scout » et donc, Cooper s'est mis en quête de créer le fusil parfait pour ce type de tireur.

Cooper est mort paisiblement à son domicile, l’après-midi du lundi 25 septembre 2006.

 

 

 

 

 

Qu'est ce qui fait d'une carabine, un "Rifle Scout" ?

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

 

Le colonel s'était rendu compte et déplorait que les fusils de la fin du 20e siècle différaient finalement peu de ceux réalisés cent ans plus tôt. Cooper a écrit: « Les progrès de la métallurgie, de l'optique et du plastique stratifié pourraient transformer le fusil en un instrument plus léger, pratique et qui ferait d’aussi bonnes choses que ses aînés ».

 

Cooper a alors commencé à décrire les caractéristiques de ce qui constituerait le « fusil Scout », un peu comme s'il s'agissait d’un fusil « solitaire », comme un éclaireur. Il décrivait le Scout comme « un homme qui agissait seul (et non comme un membre d'une équipe) capable de se familiariser avec des environnements inconnus et potentiellement hostiles. Pour répondre aux exigences de l'incertain, Cooper a pensé que le fusil scout devrait être léger et manœuvrable à souhait, mais qu’il devrait néanmoins utiliser une cartouche de forte puissance capable d'arrêter un gros gibier ou d'autres menaces sévères pour la personne du tireur.

Le colonel Cooper a essayé de définir ce concept avec des critères spécifiques qu'il a commentés au fil des ans lors de son enseignement à Gunsite.

 

 

Voici quelques-uns de ces critères et, en les lisant, vous remarquerez certainement que certains calibres et une série de fusils à actions s’en trouvent éliminés :

 

" Le fusil à usage général fera tout aussi bien pour la chasse spécialisée que pour le combat. Il doit donc être assez puissant pour tuer toute cible vivante de taille raisonnable. Si vous insistez sur une définition de «taille raisonnable», introduisons un chiffre de masse arbitraire d'environ 1 000 lb (454 kg). » Col. Jeff Cooper « The Art of the Rifle ».

 

" Un fusil à usage général est une arme à feu portable, à action individuelle, capable de frapper un seul coup décisif sur une cible en direct, à n'importe quelle distance à laquelle l'opérateur peut tirer avec la précision nécessaire pour effectuer un tir dans une zone vitale de la cible. Col. Jeff Cooper ” To Ride, Shoot Straight, and Speak the Truth”.

 

(Un fusil Scout) ... devrait être formidable autant pour le tireur sportif que le chasseur ou l'explorateur individuel qui se déplacerait dans des espaces lointains, et capable de répondre au principe : « one shot – one kill» dans le même package.

 

"Le Scout est un homme formé sur le terrain ainsi qu’à la couverture (cover to cover), au rifle marksmanship, à la lecture de la carte, à l'observation et au rapport précis des résultats de son observation. Si vous remplacez « rapports» par «agir sur », c'est une bonne définition d'un chasseur. Le colonel Jeff Copper distingue un scout militaire et un chasseur scout, dont il a soutenu que son concept de fusil scout pourrait être utilisé dans les deux cas, au besoin.

 

Le poids pondéré et porté devrait être aux alentours de: 3 kilogrammes (6,6 lb). Cela doit être défini comme le poids idéal, mais le maximum pouvant être de 3,5 kilogrammes (7,7 lb) avec lunette et accessoires.

 

Sa longueur devrait avoir maximum: un mètre (39 pouces).

 

La longueur nominale du canon ne devrait pas dépasser: 0,48 mètre (19 pouces).

 

Son système de visée : sera en général, une lunette (Long Eye Relief - LER) sur montage bas situé à l'avant pour un visée proche de celle de l'œil humain au grossissement entre 2x et 3x avec des repères, et/ou réticule qui sont souhaitables mais pas nécessaires. Des anneaux en fer du type escamotable, ou même carrément sans lunette, sont également admissibles. Avec cette lunette, cette carabine doit pouvoir être capable de frapper une cible jusqu'à 450 mètres.

 

Le fusil devrait utiliser une lunette à faible puissance qui se monte en position avant et qui est facilement détachable en cas de dégâts, et aussi, pour permettre un accès facile et un rechargement rapide.

 

L’action: doit être une carabine à verrou, l'action est alimentée par un magasin pour la simplicité et la fiabilité. Le magasin est détachable de la boîte et / ou son rechargement par clip est souhaitable mais pas nécessaire.

 

Sling: du type boucle rapide, c'est-à-dire style Ching ou CW pour faciliter la visée et un tir stabilisé. Le bi-pied ne reste qu’une option.

 

Calibre: le calibre préféré est le .308 Winchester (7.62 × 51). Mais des calibres tels que le 7mm-08 Remington (7x51mm) ou le .243 Winchester (6x51mm) sont préférables pour les personnes fragiles ou pour être utilisés là, où les calibres "militaires" sont proscrits. Ce calibre devrait être valable pour chasser le gros gibier trouvé en Amérique du Nord. Mais normalement, le .308 Win est considéré comme le minimum.

 

Précision: l’arme devrait être capable de tirer avec une précision de 2 minutes d'angle ou moins (4 pouces à 200 mètres dans un groupement de 3 tirs).

 

 

 

 

En fait, les exigences de Cooper existent pour de très bonnes raisons et reposent d’ailleurs sur des règles de bon sens.

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

Un fusil à verrou est généralement plus léger qu'un semi-automatique et est moins propice aux défaillances. Il doit être léger car celui qui l'utilise doit pouvoir parcourir de longues distances sans crouler sous le poids et ce, pendant de longues périodes.

 

Il faut qu'il soit assez court pour ne pas l’accrocher partout pendant que vous marchez, mais le canon doit être assez long pour conserver sa portée, sa précision et sa puissance. Il devrait avoir des points de repère en fer pour savoir installer/désinstaller rapidement une lunette qui doit être simple, costaude et escamotable parce que les rifle scopes cassent facilement sur les terrains accidentés et qu’il faut savoir s’en séparer rapidement en cas de nécessité comme d’ailleurs, il faut pouvoir continuer à tirer sans ladite lunette, en cas de situation périlleuse.

 

Il a besoin d’une puissance suffisante pour neutraliser une cible humaine, non humaine, animale ou pesant 500 livres.

 

La sling doit pouvoir supporter votre bras pendant la visée et le tir et, pas seulement être un moyen de transporter l'arme. S’agissant du bi-pied, Cooper a estimé qu'il était presque inutile dans un terrain accidenté et qu’il pourrait même devenir dangereux pour le tireur.

 

Une lunette à faible grossissement (certains estiment que le 2X est un maximum afin d'éviter une disparité excessive entre la vision des deux yeux) montée en avant permet à un tireur de frapper une cible à portée avec les deux yeux ouverts, tout en conservant sa vision périphérique.

 

Il est également plus facile de charger l'arme avec un clip.

 

Remarque: Pour les « puristes », les règles mentionnées, ci-dessus, et les spécifications de Cooper doivent être considérées comme évangile, et il en découle que si un fusil ne correspond pas à l’ensemble de ces spécificités, ce n'est pas un véritable fusil scout, mais plutôt un pseudo-scout !

Cela me semble très restrictif et personnellement, je vois plutôt les critères définis par Cooper comme étant un ensemble de lignes directrices, et il y a d’ailleurs beaucoup de gens qui pensent de la même manière.

 

 

 

 

 

L’évolution du fusil scout

 

 

 

Le concept du fusil scout n'est pas nouveau. Le bon vieux et célèbre Mannlicher Carabine 6.5 était déjà un pas qui allait dans cette direction, comme ce fût également le cas, pour le tout aussi célèbre Winchester modèle 94.SO-SO. Alors que les Britanniques avaient également sorti leur No. 5 Mk I « Jungle Carbine » lors de la seconde guerre mondiale, et que deux autres carabines allaient faire définitivement avancer le concept, et non des moindres, ce sont le Ruger Model 77 et la Remington 600.

 

 

 

 

Le Scout Rifle

Ici le Ruger Model 77

 

 

 

… et ici, la Remington Model 600

 

Le Scout Rifle

Jeff Cooper a acheté une Rem 600 dans les années 60 pour la transformer en son premier fusil scout.

 

 

 

Celle-ci a donc contribué largement à jeter les bases du concept de scout. Cette petite carabine était un vrai charme mais comportait encore quelques petits inconvénients qu'il convenait encore d'améliorer pour obtenir un « vrai scout » à la sauce « Cooper ». En effet, il est toujours beaucoup plus facile de se spécialiser que de généraliser, et la définition d'un fusil à usage général restait une tâche complexe à réaliser.

 

Cooper ne s'est pas contenté de faire ressembler le fusil scout à une carabine multifonction. La fonction est venue avant la forme, et pourtant, les résultats finaux sont d’assez jolis fusils.

 

En 1983, une conférence a été convoquée au Gunsite Training Center en Arizona pour examiner le sujet de la modernisation du design du fusil. Les membres de cette conférence comprenaient des armuriers, des forgerons, des journalistes, des instructeurs de tir, des inventeurs et des chasseurs. On l'appelait la Conférence First Scout Rifle (le «scout» étant défini pour la définition du nouveau concept) qui avait pour objectif d'explorer tous les éléments de sa conception. En 1984, lors de la deuxième réunion, de nombreux progrès ont été accomplis. Le projet n'était toujours pas complet car, à ce stade, certaines innovations techniques restaient encore à perfectionner.

 

Une autre conférence se tiendra encore en hiver, et à ce moment-là, le prototype du « fusil du futur » devait être prêt à être présenté. Un autre aspect qu’il ne fallait pas négliger était aussi le problème du coût, car ces innovations étaient coûteuses. Le consensus de la conférence qui en ressorti était que la technologie moderne permet de produire un fusil qui ne doit sacrifier ni la puissance, ni la précision, ni sa commodité.

 

Un autre consensus était que l'inox devait être le matériau approprié pour le canon, pas tant parce qu'il résiste très bien à la corrosion, mais parce qu'il offre un meilleur coefficient de frottement. Il est « plus glissant » que l'acier normal et devrait donc fournir une vitesse légèrement supérieure pour la même charge.

 

D’autre part, les canons lourds, si populaires qu’ils soient pour les fusils de précision, n'ont pas leur place sur un fusil scout. Son diamètre ajoute du poids sans augmentation sensible de précision, et sert principalement à retarder l'échauffement or, ceci est n'est pas indispensable sur le terrain et l'habitat naturel du " Scout ".

 

Le prototype du Ruger Gunsite Scout Rifle (version moderne, en photo en fin d’article) a été décrit dans l'essai intitulé « L'idée Scout Rifle » dans l'édition 1984 du Recueil Annuel des Armes à feu. Jeff Cooper y a mis en avant la raison d'être d’un « fusil Scout » et les détails techniques qui sous-tendent le concept.

 

Jeff Cooper est décédé en 2006 mais cinq ans plus tard, sa vision, son projet a été réalisé grâce à la collaboration entre Ruger et l'Académie Gunsite.

 

 

 

 

Ici, un Mannlicher (ou Steyr) Scout « moderne »

Le Scout Rifle

Le Mannlicher (ou Steyr) Scout, est un fusil « Cooper approuvé » qui a des lignes épurées et qui semble presque futuriste pour un fusil à verrou.

 

 

 

 

 

Ici, quelques modèles de Steyr scouts

Le Scout Rifle

 

 

Ici, un Ruger Gunsite Scout Rifle (GSR)

 

Le Scout Rifle

 

 

 

 

 

Certains individus ont choisi de construire leur propre fusil scout avec d’anciens fusils dont la plupart n'ont pas rencontré la fameuse « Cooper ' S approbation », en utilisant une grande variété de pièces, de marques et d'actions différentes. Cela a donné lieu à des carabines qui ne sont pas pour autant inintéressantes.

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

Ici, un 1898 Krag Scout rifle

Le Scout Rifle

 

 

 

Ici, une Marlin

Le Scout Rifle

 

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Le Scout Rifle

Ici, un Scout Rifle en semi-auto

 

 

 

 

 

Ici, un Ruger Gunsite Scout Rifle moderne en semi-auto

Le Scout Rifle

 

 

 

 

La précision pratique, par opposition à la précision intrinsèque, est importante. On remarque que l’on parvient néanmoins à faire un beau groupement à 100 yards !

 

 

 

Le Scout Rifle

 

 

 

 

 

Quid de la balistique avec un Scout Rifle ?

 

 

 

Ici, l’exemple d’un drop pour une .308 Win Lapua Scenar 155gr tirée sur 100 et 200 yards

 

Le Scout Rifle

Avec une lunette « zérotée » à 100 yards

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Pour conclure, je dirai que c'est un fusil que vous achèteriez lorsque vous ne savez pas comment vous allez tirer demain ni, dans quelles circonstances, mais il peut être un très bon pari sur l’avenir, vu sa polyvalence. Sur le papier, cela peut donc sembler génial ou idéal mais dans le monde moderne, combien de personnes vivent la vie de quelqu’un qui est installé en Alaska, par exemple ? Bien entendu, vous pouvez l'utiliser pour la chasse, mais il ne sera pas aussi bon qu' un vrai fusil de chasse. Au stand, idem, vous obtiendrez des résultats corrects mais probablement jamais aussi précis qu’avec une arme « taillée » pour la précision. Quant au terrain ou pour la défense, personnellement, je pense quand même que je lui préférerais un fusil d’assaut.

 

Et pour ce qui concerne son design ou son look, et bien que ce soit une question de goûts qui ne se discute pas, et bien qu’il en existent de très jolies, ce n’est pas non plus le genre de carabines que je choisirais … sans parler de son prix plutôt élevé mais bon, dans des mains expertes, son efficacité ne fait aucun doute !

 

 

 

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

Le Scout Rifle
Le Scout Rifle
Le Scout Rifle
Le Scout Rifle
Le Scout Rifle

 

 

 

 

 

 

A bientôt,

Le Scout Rifle
Partager cet article
Repost0
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 22:26
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet

Chers lecteurs,

 

 

 

En donnant suite à la demande d’un de mes followers, je vous propose un tout petit article relatif à la 17 Hornet. Bien entendu, et j’entends déjà d’ici, les réflexions de certains d’entre vous vis-à-vis de ce choix en arguant qu’il ne s’agit pas d’un calibre de TLD, et vous auriez bien raison, sauf qu’il s’agit en l’occurrence d’un petit bijou qui vous permettra de vous entraîner tout comme le font d’ailleurs les snipers en tirant au calibre .22LR. En effet, si vous maîtrisez parfaitement le tir et ses variables d’ajustement (vent, drop, …) avec ce petit calibre, a fortiori, vous serez d’autant plus à l’aise pour maîtriser le TLD avec votre carabine de plus gros calibre.

 

 

Bonne lecture

 

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

Le calibre .17 n'est pas nouveau. C'est probablement en Australie qu’est apparu ce calibre « bricolé » en « Wilcat » par des chasseurs de renards, il y a plus de 50 ans pour pallier à l’'infestation de lapins et de renards. En effet, le petit .17 semblait être une solution peu coûteuse et très efficace. La balle pénétrait, faisait son travail, mais ne ressortait pas, réduisant ainsi les dommages causés à la peau de l’animal.

 

Dans les années 1960, de bonnes « Wilcats » américaines ont commencé à apparaître (y compris le .22 Hornet) et ce, jusqu'au .17,  qui est apparu en plusieurs variantes. Et tout comme en Australie, ce calibre a trouvé immédiatement la faveur de pas mal de « varminters » arméricains. Nous allons parcourir rapidement l’historique de l'apparition de ces nouvelles balles.

 

En 1971, c’est Remington qui a sorti son .17 Remington. Basé sur le .222 Remington mais, avec un neck raccourci et son boîtier allongé pour augmenter sa capacité de poudre. Le .17 Remington était l'une des plus rapides de toutes les cartouches d'usine, propulsant ainsi une balle de 20 grains à 4 250 fps ou encore, une balle de 25 grains à un peu plus de 4 000 fps. Une sacrée performance à l’époque !

 

Le .17 Remington a rencontré un franc succès, en particulier, chez les chasseurs de prédateurs mais a été moins populaire parmi les tireurs à grand volume de cartouches varmint, car il affectait la précision de la carabine. Pourquoi ? Et bien lorsque les vitesses sont si élevées, il est inévitable d'encrasser le canon en raison de son petit diamètre où d'ailleurs, l'accumulation de résidus est plus critique que pour les plus gros calibres. Même un nettoyage trop fréquent du canon peut affecter sa précision.

 

En 2002, Hornady a présenté le .17 HMR, sur la base des .22 WMR. Le .17 HMR a connu un succès spectaculaire. Il a même eu tendance à être plus précis que le .,22 WMR et ce, à courte portée. Hornady a continué en 2005 avec le .17 Mach 2, en utilisant le boîtier CCI Stinger (légèrement plus long que le boîtier .22 LR).

 

En 2007, Remington a sorti un stupéfiant .221 en créant le .17 Remington Fireball.  Ce petit « speedburner » propulse une balle de 20 grains à 4 000 fps ! Cependant, il faut bien dire que, de toutes les offres .17, et que ce soit d'ailleurs en rimfire ou en centerfire, seul le .17 HMR peut être considéré comme une vraie réussite.

 

Et puis, il y a eu en plus, le .17 Hornet, encore développé par Hornady. Mais avant de voir les spécificités de cette Hornady, il faut savoir que le .17 Hornet, ou le .17 Ackley Hornet, était initialement une cartouche « Wilcat » conçue par M. Ackley dès le début des années 1950. On l'appelait aussi le .17 Pee Wee et le O'Neil-Ackley.

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

La cartouche a été créée en réduisant le calibre .22 Hornet à un .17. Le résultat obtenu était très séduisant puisque la cartouche permettait d’atteindre une vitesse élevée voire même, très élevée mais en faisant relativement peu de bruit. Par la suite, un nouveau .17 Hornet (normalisé) a été expérimenté et commercialisé par Hornady mais celui-ci n'a pas les mêmes spécifications dimensionnelles que la cartouche Wilcat d'origine. La Hornady a un corps plus court avec une longueur de boîtier moins courbée et alors que la cartouche Ackley utilise un angle d'épaule de 30 degrés, la Hornady est à 25 degrés et son épaulement est plus long. Mais la .17 Hornady Hornet répond bel et bien à la norme SAAMI (Sporting Arms and Ammunition Manufacturers Institute) pour le .17 Hornet.

 

Une fois de plus, le concept n'était pas nouveau. Les « wildcatters » ont travaillé les deux .22 Hornet et .22 K-Hornet depuis les années 1960. Introduit dans la ligne « Superminance Varmint » de Hornady, le chargement initial de l'usine comportait une balle V-Max de 20 grains sortant à une vitesse annoncée de 3650 fps, ce qui pouvait être considéré comme une performance étonnante.

 

Dans ses débuts, la cartouche formait une combinaison parfaite en association avec la nouvelle carabine Savage Model 25.

 

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

La Savage Model 25 Light Varminter

 

 

 

 

Depuis, Savage Arms, s'est associée à Hornady pour présenter 4 modèles de carabine dans sa gamme Modèle 25. La Savage Model 25 reste encore aujourd'hui, une très bonne carabine de varmint. Il en existait trois versions différentes avec notamment, la Light Varminter, illustrée, ci-dessus, et élaborée avec un bois stratifié et un canon de 24 pouces. Comme on peut l'imaginer, avec la petite cartouche de calibre .17, c'est une plate-forme extrêmement stable qui peut vous offrir une précision au ½ MOA près. Le Savage Model 25 dispose d'un magasin détachable à quatre coups qui est facile à charger et à alimenter sans aucun problème. On notera que la carabine est également disponible en en version synthétique.

 

Si vous êtes un « reloader » minutieux, vous devriez pouvoir obtenir une précision similaire voire,  même plus précise que la cartouche d’origine avec un bon réglage, mais vérifiez avec votre armurier quelle est votre marge de sécurité avec la poudre avant de commencer à recharger. Les anciennes données d'Ackley étaient basées sur une cartouche avec une balle légèrement plus lourde et une épaule légèrement différente de celle du SAAMI .17 Hornet, et à ma connaissance, ces données n'ont pas été testées sous haute pression dans les nouvelles carabines. Prudence donc !

 

Enfin, et c’est encore un bon point et qui est plutôt surprenant, c’est que la montée en chaleur du canon n’est pas un problème en soit. En effet, vous pouvez tirer quelques coups en succession rapide, mais le canon lourd du Savage n’en n'est guère affecté (beaucoup d'acier, et un petit diamètre d'alésage!) et donc, sa précision ne varie pas sensiblement avec la température.

.

 

 

 

 

 

La cartouche

 

 

 

 

Comme nous l’avons vu, Hornady a décidé de réduire l'étui .22 Hornet au calibre .17, en créant le .17 Hornet.

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

Chargé avec sa poudre brevetée « Superformance Hornady », la nouvelle .17 d’Hornady promet une vitesse de 3,650 fps (1113 mètres/s !) en sortie de bouche avec une balle V-Max de 20 grains, et d’ailleurs, sa trajectoire est pratiquement comparable à celle d'une .223 mais, selon la firme, avec le recul d'un .22 WMR.  Hornady dit également que le .17 Hornet produit moins d'encrassement de poudre, moins d'usure du canon, et moins de pression par rapport au .17 Rem. Cerise sur le gâteau, le tout pour un coût inférieur à la .17 Fireball et au .223 Rem.

 

 

 

 

 

Les dimensions de la balle

 

 

Le calibre .17 Hornet

NB : 1 pouce = 25,4mm

 

 

 

 

Spécifications :

 

Diamètre de la balle : .172 in (4.4 mm)

Diamètre du cou : .193 in (4.9 mm)

Diamètre de l'épaule : .288 po (7,3 mm)

Diamètre de base : .299 in (7.6 mm)

Diamètre culot : .350 po (8,9 mm)

Épaisseur de bord : .065 po (1,7 mm)

Longueur douille : 1,350 po (35,6 mm)

Rifling twist : 1-10

 

 

 

 

Comparaison du .17 Hornet avec les calibres qui lui sont les plus proches.

Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet

Ici, une .17 Hornet et une .17 WSM

Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet

Ici, un ensemble de douilles de .17 disponibles sur le marché.

 

Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet

Contrairement à la .17HMR (à gauche), la .17 Hornet est une cartouche à percussion centrale.

Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet

Choix du type de cartouche en fonction du gibier visé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

 

 

Comme la plupart des cartouches "varmint", elle est destinée à être utilisée dans une gamme de distances modérée, et les bonnes performances balistiques de la .17 Hornet se situeront à l'intérieur des 300 mètres mais à 100 mètres, la .17 Hornet est incroyablement destructrice pour une balle de si petite taille. De plus, à cette distance, la plupart de vos groupes devraient se retrouver à l'intérieur du 1/2 " ! Au banc d'essai, le petit .17 Hornet est tout simplement amusant.

 

 

 

 

Le calibre .17 Hornet

Ici, un beau groupement réalisé à 100m

 

 

 

 

Le .17 Hornet est chargé avec une balle V-Max de 20 grains avec une BC de 0,185 et une vitesse en sortie de bouche de 3650 fps.

 

Le calibre .17 Hornet

Ici, une boîte de la très fameuse Superformance Varmint 20gr V-Max

 

 

 

 

 

Alors, quel sont les points forts du .17 Hornet? Quels avantages a-t-il sur des calibres plus grands comme le .223 Remington ou le .204 Ruger? Et bien en fait, le .17 Hornet est probablement le meilleur calibre varmint car il possède une belle trajectoire plate que Hornady compare d'ailleurs à celle du .223 Rem avec une balle de 55 grains, mais tout en faisant beaucoup moins de bruit. Il a une grande précision, semblable à celle du .223 et au .204, mais n'a pratiquement pas de recul ! Bien entendu, ses balles légères vont souffrir davantage dans le vent et puis, ses petits projectiles ne peuvent pas produire autant d'énergie. Néanmoins, le .17 Hornet peut être considéré comme un vrai « varminter » à longue portée, car il atteindra à peu près la même distance que celle du .223 Rem.

 

Et puis, malheureusement, il faut bien dire que le .17 Hornet a un nombre limité d'options en matière de choix de balles car vous êtes vite limité aux 20 et 25 grains Hornady V-Max ainsi qu'à quelques autres offres de Berger et de Nosler. Mais par ailleurs, ces balles légères qui se déplacent à des vitesses élevées sont incroyablement frangibles. Et donc, posent très peu de risque de ricochet. Et enfin, last but not least, le .17 Hornet est un calibre économique à tirer, ce qui un avantage qui est loin d’être négligeable par les temps qui courent.

 

Pour les chasseurs, le .17 Hornet est un calibre qui peut être dédié aux prédateurs et aux petits gibiers, tout autour des 250 mètres de distance. Avec une portée efficace de 200 à 300 yards, et avec un maximum de 400 yards, il ne génère pratiquement aucun recul, ce qui en fait une excellente cartouche pour les jeunes tireurs et ceux d'entre nous qui ne peuvent pas ou plus supporter d'être frappés par un magnum. Ce qui facilite également le tir de coups suivis et rapides sur un gibier mobile, par exemple.

 

 

 

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Graphe du drop du .17 Hornet en comparaison à celui du .223 Rem

Le calibre .17 Hornet

On remarque que les 2 balles ont (+/-) le même drop jusqu’à 150m

 

 

 

 

 

Tableau balistique comparatif avec les cartouches qui lui sont proches.

Le calibre .17 Hornet

 

 

 

Coefficients balistiques des cartouches comparables.

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

 

 

Tableau balistique comparatif de différentes cartouches en .17 Hornet.

 

Le calibre .17 Hornet

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Pour conclure, je dirai qu’avec une trajectoire presque identique à une .223 Rem, une précision obtenue à l'aide d'une carabine à verrou peu coûteuse et des cartouches financièrement abordables qui offrent la possibilité d’être rechargées, la .17 Hornet a probablement un avenir brillant devant elle,  et d'ailleurs, celle-ci pourrait bel et bien devenir une cartouche « didactique » pour s’exercer à la pratique du TLD.

 

 

 

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article.

Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Le calibre .17 Hornet
Partager cet article
Repost0
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 12:50
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD

Chers lecteurs,

 

 

 

Aujourd’hui, je vais m'attacher à vous faire comprendre les enjeux en termes de précision en TLD lorsqu'il s’agit de faire face à des dénivelés importants sur le terrain. Bien entendu, c’est une matière que tout bon chasseur ou tireur tactique doit connaître mais qui n’intéressera pas forcément les tireurs en stand où les lignes de tir sont parfaitement parallèles à leur axe de tir mais il est possible qu’un jour, ces mêmes tireurs se retrouvent également dans une situation de tir en montagne et qu’ils doivent subitement adapter le réglage de leur lunette de tir à la situation pour savoir rester précis.

 

 

Bonne lecture

 

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

 

Quel est l’impact des dénivelés sur la précision en TLD ?

 

 

 

Peu de tireurs inexpérimentés savent que lors d’un tir à longue portée réalisé lorsqu’il y a une différence importante d'altitude entre le point initial (visée lunette) et le point final (impact sur cible), il va y avoir une différence entre la précision attendue et le point d’impact, et donc finalement, sur la trajectoire de la balle si on ne corrige pas la perception de la distance de tir avec la distance linéaire réellement soumise à la gravité par le projectile.

 

Il semble que de nombreux chasseurs et/ou tireurs novices pensent que le tir à un angle abrupt change le point d'impact. Ceci est en partie vrai parce que le bon sens nous amène à croire que lors de la montée ou de la descente d’une balle, celle-ci montera moins ou baissera plus que si on avait tiré le même coup sur terrain plat. Ce qui n’est pas vraiment exact, du moins, en ces termes un peu trop simplifiés.

 

Mais malheureusement ou heureusement, le sens commun ne s’applique pas à bon escient en balistique extérieure parce que la chute de balle est en fait moindre que lors d’un tir à plat. Le résultat final est que le tir en montée ou en descente vous fait réellement frapper plus loin si l'effet de la pesanteur n'est pas compensé correctement. En réalité, la gravité exerce une influence maximale sur la balle lorsque sa trajectoire est de niveau perpendiculaire à l’attraction de la terre. On notera également que quand la distance augmente, l'effet de l'angle devient nettement plus prononcé. En effet, dès qu'une balle quitte le canon, la gravité tente de la faire tomber au sol. La majeure partie de notre travail de calcul de correction de notre trajectoire vise à remédier à cela.

 

Il faudra donc tenir compte de l'effet de l'angle sur la visée et la trajectoire réelle de la balle, et apprendre les différentes méthodes pour compenser les effets dus aux pentes ou angles afin de rectifier les réglages lunette pour savoir, in fine, placer la balle précisément. En clair, il faudra donc calculer rapidement la distance « gravité » de la cible, par opposition à la distance « ligne de mire » fournie par un télémètre laser, par exemple.

 

Malheureusement, une tendance est observée couramment chez les tireurs, même chez ceux de grande expérience, c’est celle de surestimer la valeur de l’angle de tir, ce qui va également fausser la précision finale par excès.

 

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Savoir compenser lors de tirs réalisés en descente et en montée est donc pratiquement une science car il sera indispensable d’opérer une lecture très précise de l'angle de dénivelé pour être précis.

 

La mesure ou l’estimation de l’angle de tir peut être approchée de nombreuses façons, allant des gadgets montés sur la lunette en passant par des applications pour Smartphone, ou encore via des instruments de mesures ou autres télémètres laser qui vous le fournissent sans trop d’efforts pour y arriver. Nous passerons en revue quelques-uns de ces dispositifs d'estimation de l'angle un peu plus loin, dans cet article.

 

Une fois que vous aurez mesuré l'angle, vous devrez calculer de combien cet angle aura une incidence sur la trajectoire et donc, sur le point d'impact de vos balles pour effectuer le bon réglage en nombre de clicks lunette à mettre en tourelle élévation pour faire mouche.

 

 

 

 

Angle de prise de vue et visée – Correction des effets de la gravité

 

 

 

Après avoir estimé la force et la direction du vent et la distance de la cible, l'angle d'inclinaison du tir est l'un des moins compris et pourtant, c’est un paramètre tout aussi important que les autres à prendre en compte pour pratiquer le tir à longue distance. Que ce soit pour un tir vers le haut ou le bas, la balle subira un impact non négligeable sur sa trajectoire estimée, et cela est dû notamment à la pesanteur.

 

La trajectoire reste la même. Ce qui change en fait est la chute de balle. La trajectoire est supérieure à la ligne de visée. Il y a seulement une différence subtile entre dans la trajectoire de tir montée et en descente, en raison de l'effet de traînée agissant respectivement vers le bas et vers le haut, ce qui provoque le fait que la balle va tomber plus ou moins rapidement. La différence de trajectoire est faible et de l’ordre de plus ou moins 5 pouces à 1000 yards avec un angle d'élévation ou de dépression de 60 °.

 

Un angle d'inclinaison vers le haut (Uphill) est appelé un angle d'élévation et un angle d'inclinaison vers le bas (Downhill) est appelé un angle de dépression. C’est à ce genre de situation de tir qu’est parfois confronté un chasseur en terrain montagneux avec des pentes abruptes ou des ravins profonds. Mais c’est aussi une situation fréquente que rencontre un soldat ou un policier tireur d’élite en combat ou tir urbain, ou encore lors de tirs en dénivelés sur des cibles très lointaines

 

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

 

Un petit schéma pour mieux comprendre

 

 

 

 

Action de la gravité

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

Situation : Notre tir se fait à flanc de falaise alors que notre cible est dans le fond de la vallée.

 

 

 

Que ce soit en utilisant un viseur télémétrique ou en utilisant notre estimation pratique de la distance de tir, nous apprenons ou estimons, par exemple, que la distance entre nous et notre cible est de 500 mètres.

 

Instinctivement, nous pourrions donc nous dire que notre portée est de 500 mètres, régler nos tourelles de lunette en fonction, aligner notre « crosshair » et appuyez sur la détente. Mais cela se traduirait par un échec lorsque la balle passerait au-dessus de notre cible. Et s’il s’agissait d’un petit gibier, ce serait foutu … l’animal n’attendrait pas notre second réglage ! Pour des chasseurs inexpérimentés tentant de tirer un gibier qu’ils poursuivent à flanc de montagne avec des angles extrêmes, et à des distances importantes voire même très longues, il en résulte souvent des tirs manqués et une perte du gibier convoité. Mais alors pourquoi ?

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Revenons à notre situation de tir. Comme nous l’avons déjà vu, la gravité est ce qui pousse notre balle à tomber. Et la gravité ne se soucie pas de ce petit plongeon que fait la balle vers le sol. Sa force et sa direction ne changent pas avec la présence de la montagne, et sera toujours bien dirigée vers le bas, vers le centre de la terre.

 

 

 

Action de la gravité

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Dans le cas qui nous occupe, bien que la balle se déplace sur une trajectoire de 500 mètres entre vous et la cible, elle n’est affectée par la gravité que sur seulement 410 mètres. Et donc, lorsque vous composerez le nombre de clicks en élévation sur votre lunette pour l’adapter à votre distance de tir à la cible par rapport à votre zérotage initial (par exemple, lunette réglée à 100m), vous devrez utiliser cette mesure de 410 mètres dans vos calculs, et non pas les 500 mètres de la distance « ligne de mire » fournie par votre télémètre laser.

 

Dites-vous bien que cela fonctionne dans les deux sens ! Si l'objectif est un tir pour lequel la balle devrait suivre la même trajectoire mais en vol-retour vers haut de la colline, elle subirait une quantité similaire de force gravitationnelle.

 

La plupart des télémètres modernes ont la capacité de compenser cela en utilisant un inclinomètre intégré. Ceux-ci calculent la différence d'angle que ce soit en visant vers le haut ou vers le bas, et affichent directement la distance pratique à tenir en compte par le tireur.

 

Mais au fait, d’où vient la valeur de 410m? En observant le graphique, on voit un triangle rectangle, l’hypoténuse, des angles … et si cela ne commence pas à ressembler fortement à votre bon vieux cours de trigonométrie et de géométrie de base du lycée, c’est que votre mémoire vous joue déjà de vilains tours ! Mais si c’est le cas, ne paniquez pas. Vous ne devrez pas retourner à l’école pour savoir pratiquer le TLD en montagne car, nouvelles technologies obligent, il existe des appareils ou des applications qui feront le calcul pour vous. NB: vous trouverez les deux façons de le calculer, ci-après dans l’article.

 

A titre d’exemple, le programme de balistique extérieure Sierra Infinity pour PC calcule la trajectoire de la balle pour tout angle d'inclinaison. Compte tenu de la distance de portée oblique vers la cible, le logiciel fournit le réglage correct de visée. Cependant, dans beaucoup de situations sur le terrain, il n’est tout simplement pas pratique pour le chasseur, le militaire, le policier, ou encore pour une équipe de tireurs d'élite de transporter un ordinateur portable ou une tablette rien qu’à cet effet.

En effet, ce sera possible si le tireur (ou un coéquipier) a le temps d'utiliser les instruments dans la situation de tir. Sinon, une estimation « réaliste » devrait suffire. Mais, sachant que parmi ces paramètres, le tireur doit disposer également des moyens de calcul du réglage correct de sa lunette de visée pour tirer avec précision lorsque l'angle est raide et / ou la distance de tir est très longue, ça se complique !

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

Mais dans la plupart des situations de visée pour les chasseurs, les militaires ou les membres des forces de l' ordre, le premier coup doit compter car il y a peu de chance qu’un second coup puisse être tiré pour corriger le premier raté. Ainsi, une autre méthode ou technique est quand même nécessaire pour calculer les ajustements même s’ils sont approximatifs ou raisonnablement précis quand même grâce à un calculateur portable qui est en fait, une calculatrice qui effectue des calculs arithmétiques et trigonométriques ou un Smartphone de terrain (NB : l’application Strelok Pro fonctionne très bien) ou encore, faute de mieux, d’utiliser le bon vieux système du « Master Mildot ».

 

Bien sûr, une erreur de visée peut être tolérable, selon le scénario de tir. Pour un chasseur, par exemple, s’il vise un grand cerf dans une zone montagneuse, l’angle d'inclinaison sera peut être assez raide, mais généralement pas de plus de 45 °, et souvent à une inclinaison plus faible, et s’il reste dans des distances de tir à erreur réduite (max 400 yards), il pourra quand même placer sa balle dans un cercle de 8 pouces, juste derrière la jambe avant du cerf pour pouvoir frapper le cœur ou le poumon.

 

D’autre part, sur un théâtre d’opération de guerre urbaine, un soldat peut devoir ouvrir le feu sur l’ennemi dans une rue à partir d’une fenêtre d’un haut bâtiment ou à partir des toits, ou vice versa. Dans ce cas, les angles d'inclinaison peuvent être très raides mais les distances sont généralement courtes, et souvent à moins de 100 yards. L'inexactitude de la balle ne pouvant pas dès lors être inférieure à 2 pouces, ce qui est acceptable sauf en cas de prise d’otages ou de passants dans les environs.

 

 

 

 

Exemples pratiques résolus par la mathématique

 

 

Pour ceux que cela intéresse, voici les deux techniques mathématiques qui vont vous permettre de calculer manuellement la distance « gravité » de la cible.

 

 

 

  1. Si vous connaissez l’angle d’inclinaison et la distance exacte à la cible

Il suffit de faire appel à vos notions de trigonométrie. Que ce soit en montée ou en descente, rappelez-vous que le calcul est le même. Nous avons vu que la ligne de mire représente l'hypoténuse du triangle ou encore son côté le plus long. Le terme « cosinus » étant une façon élégante de nommer le rapport entre la longueur du côté adjacent du triangle à la longueur de l'hypoténuse.

 

De plus, le côté du triangle qui se prolonge horizontalement à partir du point C au point B est appelé le côté adjacent et le côté du triangle qui se prolonge verticalement à partir du point C au point A est appelé le côté opposé. Ici, nous tirons du point A.

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Nous cherchons à connaître la distance C B parce que la gravité affecte uniquement la balle en fonction de la distance horizontale à la cible et donc, après transformation de formule, on a :

 

AC = cos α x AB

 

Pour rappel, en géométrie, la somme des angles d'un triangle est égale à l'angle plat, soit 180 degrés.

 

Dans notre exemple, nous connaissons l’angle α avec α= 35° et avec cosinus 35° = 0, 819152

 

Et comme la somme des angles vaut 180°, nous aurons 90° pour l’angle droit + α (ici, 35°) + X

 

X étant l’angle dont nous devrons prendre le sinus pour atteindre notre calcul final.

 

Et donc ici :

 

X = 180° - (90°+35°) = 55° dont le sinus (55°) vaut strictement la même valeur que le cosinus (35°). C’est-à-dire : 0, 819152

 

Et donc : CB = 0, 819152 x 500 m = 409.576 m soit ± 410 mètres. CQFD !

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Autre exemple illustré

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Ici, un petit tableau reprenant les différentes valeurs des cosinus des angles.

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

  1. Si vous connaissez votre altitude exacte et la distance exacte à la cible mais pas la pente

 

 

Il suffit de faire appel au théorème de Pythagore. Vous connaissez votre altitude exacte (ici, 20 yards – Au sommet du bâtiment – côté Y de votre triangle rectangle) et votre télémètre laser pointe votre cible, située en bas, à 100 yards (votre hypoténuse). Appliquons la formule : X² = 100² - 20²

 

Et donc, X = (racine carrée de 9600 yards) = 98 yards.

 

Comme nous l’avons vu précédemment, l’erreur sera minime et négligeable, ce qui ne vous obligera pas de modifier le réglage de votre tourelle en élévation (par rapport à votre zérotage initial) pour pouvoir toucher votre cible.

 

 

 

Illustration de l’exemple

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

 

Il existe différentes méthodes et moyens de mesure de l'angle de visée

 

 

 

Les indicateurs d'angle

 

 

 

Que faire si votre télémètre ne calcule pas la distance « gravité » de la cible?

 

La première étape consiste à vous équiper d'un dispositif (ACI) qui mesure l'angle et dont l'inventeur serait un vétéran de l'armée américaine. L’indicateur d'angle sera monté sur votre lunette ou sur le rail de votre montage. Robustes, non affectés par les conditions météorologiques, fiables, précis et relativement peu coûteux (+/- 150€), également appelés indicateurs de cosinus d'angle, ils sont très populaires auprès des passionnés de TLD. Les tableaux qui l’accompagnent fournissent les mesures de distances correspondantes. Il est efficace, mais malheureusement plutôt lent par rapport aux appareils électroniques.

 

Vous devez viser et pointer votre canon vers la cible qui est par exemple, vers le haut de 20 degrés à 500 yards. L’ACI étant fixé précisément sur l'axe longitudinal, il va tourner automatiquement en position et indiquer la lecture de 0.94, qui est le cosinus de 20 degrés. Vous restera alors à calculer et régler la bonne élévation tourelle.

 

Une façon plus simple de procéder est de considérer le cosinus en pourcentage de la distance réelle de la cible. Par exemple, si votre indicateur d'angle indique près de 20 degrés, le pourcentage de cosinus (0,940) indiquerait de tirer à 94 % de la distance réelle.

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

Ici, un indicateur de cosinus d'angle

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

L'ACI est disponible en deux versions: en mesure d'angle et en mesure de cosinus. L'ACI qui lit les mesures d'angle au lieu des chiffres de cosinus est utile si vous saisissez l'angle de visée dans un programme balistique. Dans le cas contraire, il vous oblige à convertir l'angle en cosinus avant de pouvoir utiliser dans votre méthode de calcul. L' ACI "cosinus " mesure le cosinus pour vous , donc il n'y a pas besoin de convertir votre angle de visée en un chiffre cosinus.

 

Ici, un abaque reprenant les différentes valeurs des distances « gravité » en fonction des distances « ligne de mire » et des angles de tir. Un tableau à emporter sur le terrain !

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Quand la distance augmente, l'angle devient beaucoup plus critique. Examinons un coup tiré à 600 yards avec une balle de 30-06, avec un angle de tir de 30 degrés. Le calcul (600 yards multiplié par 0,87) montre que la distance « gravité » est réellement de 520 yards. Entre 520 et 600 yards, le point d'impact diffère d'environ 25 pouces ! C’est dire que la longue distance accentue fortement la probabilité de rater un coup.

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

Vous le voyez sur la photo présentée, ci-avant, l’ACI est fixé sur le tube de lunette à 90 degrés par rapport à l'alésage, par un anneau de montage monté devant, ou derrière les boutons de réglage de parallaxe, en fonction de votre préférence de visée. Il peut être monté sur le rail Picatinny. Lorsque l'arme est maintenue en tenant l’angle, l'ACI indique le numéro du cosinus de cet angle au moyen d'un repère très visible. Vous devez traiter ces marques comme décimales ou pourcentages, selon ce que vous trouverez de plus facile, donc 87 serait 0,87 ou 87%.

 

Les marques et/ou graduations de cosinus augmentent par tranches de 5 degrés à partir de « 0 » de sorte que vous puissiez également travailler sur l'angle du tir si vous le souhaitez (le rendant ainsi compatible avec les systèmes d'observation à base de réticules pré-gravés, ou encore avec un « Master Mildot ».

 

Un « Master Mildot », c’est tout simplement une règle logarithmique qui donne un avantage dans la mesure où le tireur ne doit pas effectuer tous les calculs sur papier, ou avec une calculatrice. Il doit seulement déterminer la distance réelle et l'angle, la règle à glisser Master Mildot gère le reste.

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

Le Master Mildot

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

Le Master Mildot en pleine mesure

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

 

Ici, un kit complet pour pratiquer le TLD en situation de forte déclivité

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

 

 

 

Un Smartphone avec une application balistique

 

 

Il faut dépenser un peu d’argent, mais en utilisant une application balistique sur Smartphone, on dispose d’un moyen extrêmement précis de calcul pour maximiser l’impact des balles et ce, d'autant plus que les angles deviennent extrêmement aigus.

 

 

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD

 

 

Soit votre iPhone est fixé à votre carabine et vous appuyez sur un « bouton » sur l'écran et il vous permet de « viser » la cible, et il lit l'angle et vous permet de régler soit, vous le posez sur la surface supérieure plane de la tourelle d'élévation de votre lunette, et vous pouvez demander à votre application balistique de prendre la mesure de l'angle (il y a aussi des systèmes qui prennent une photo pour évaluer la pente), et après calcul, il vous dira exactement où vous allez frapper. Dans la situation ci-dessus, avec le fusil remis à zéro à 200 m, votre point d’impact à 450 m avec un tir de 80 degrés sera de plus de 13 pouces « au-dessus » de votre ligne de mire. Pour rappel, j’avais déjà sorti un article sur les applications balistiques utiles pour Smartphone que vous pourrez retrouver en cliquant, ici.

 

Pour être complet, notons également qu’il existe aussi des jumelles à télémètre électronique qui vous permettront d’obtenir la pente à la cible.

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

Rappelez-vous que la distance de l'hypoténuse est celle de la ligne de mire (mesurée au télémètre du poste de tir à la cible) mais que ce n’est pas celle-là qui entrera en compte pour votre réglage tourelle (en élévation) en cas de forte déclivité du terrain mais bien celle que nous devrez absolument calculer pour obtenir la bonne distance de tir qui sera celle de la longueur du côté adjacent du triangle, qui est ce que nous appelons la distance horizontale à la cible ou encore la distance « gravité » et que certains appellent également la distance balistique réelle (TBR, en anglais). Une façon beaucoup plus facile et plus efficace d'y arriver est d'utiliser un télémètre, par exemple, le Leupold RX-III Rangefinder muni d'une calculatrice interne qui exécute le calcul pour vous, last but not least, et vous « recrache » la TBR.

 

Nous ne devons donc nous soucier que de cette longueur car il s'agit de la distance sur laquelle la gravité va affecter notre balle, en la tirant systématiquement vers le bas, vers le centre de la terre.

 

En pratique, nous dirons qu’en condition de tir avec des angles très faibles, l'effet est négligeable et que donc, l'ajustement de l'angle ne vaut pas la peine d’être opéré tant il est faible. Pour être honnête, le facteur le plus critique restera toujours l’ajustement pour tenir compte du vent. En d'autres termes, pour des angles inférieurs à 10 degrés, vous ne devrez pas rectifier à moins que vous ne tiriez à une distance extrême de plus de 1000 yards. Il faut bien dire qu’en Europe, ce n’est guère une situation courante, et à part pour les tireurs et/ou autres chasseurs montagnards de notre vieux continent, et là où les législations le permettent (sauf situations de tir tactiques pour les professionnels), peu de tireurs devront se soucier de tenir compte des dénivelés pour opérer les réglages de leurs tirs.

 

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Impact des dénivelés sur la précision en TLD
Partager cet article
Repost0
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 20:57
Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE

 

Chers lecteurs,

 

 

 

Nous voilà arrivés aux printemps avec encore un article qui devrait ravir nos amis chasseurs mais pas seulement. En effet, je vous propose ce mois-ci d’aborder l’étude du calibre 6.5x55 SE.

 

A l’origine conçu pour la guerre, le 6.5x55mm Mauser suédois est vite devenu un best seller pour la chasse en Scandinavie et a été pratiquement aussi populaire dans toute l'Europe, l'Afrique, l'Australie, et même aux USA. Les tireurs de précision l’ont également découvert avec bonheur ce qui a rendu cette cartouche très populaire dans les stands.

 

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Après le développement de la nouvelle technologie du chargement du fusil par la culasse, les balisticiens ont commencé à expérimenter des plus petits calibres qu’auparavant, et c’est ainsi que le diamètre de 15mm d'alésage est apparu au cours des années 1850 et puis, dans les années 1870, les cartouches de 10 et 11mm de diamètre. Une autre découverte majeure a été la poudre sans fumée, cette nouvelle poudre a en outre permis d’obtenir des vitesses plus élevées, ce qui a donné lieu à la possibilité d'utiliser des plus petits calibres.

 

En 1886 et en France, le colonel Nicholas Lebel a créé la première cartouche de petit diamètre sans fumée, le 8mm Lebel. Les avantages de la cartouche Lebel ont rendus les français immédiatement plus puissants par rapport au reste de l'Europe. Certains pays ont même paniqué et tenté de retravailler leurs armes existantes.

 

Peu de temps après en Allemagne, Paul Mauser a produit le 7,92 (8x57). Ce fut la première cartouche sans fumée dont la conception était si bien imaginée qu'elle allait devenir le modèle de nos cartouches modernes. Néanmoins, à la fois Mauser mais aussi d'autres groupes industrieux comme les suisses ont continué à expérimenter différents diamètres d'alésage.

 

C’est ainsi que le Professeur Freidrich Hebler avait fait des expériences avec des alésages de calibre 6mm et 6.5mm et que les italiens en ont d’ailleurs été si impressionnés par les résultats qu’ils ont décidé d'adopter cette cartouche de 6.5mm pour l'armée italienne. Les Italiens ont dès lors utilisé ce design et le Lt Col Salvatore Carcano était responsable de la conception du fusil. Le laboratoire pyrotechnique de Bologne a redessiné un prototype de la cartouche de 6.5mm. C’est ainsi qu’en 1891, le fusil Carcano Modello 91 (ou le M91) chambré en 6.5x52 est né. Beaucoup de ces fusils ont survécu jusqu'à nos jours et sont souvent appelés Mannlicher Carcano (de Salvatore Carcano, technicien chef de l'arsenal de Turin en 1890). La charge militaire d'origine avait une balle de 162 grains à 2300fps avec un canon de 30 ".

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Le Mannlicher Carcano en 6.5x52

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Comparaison de la 6.5 carcano avec d’autres calibres de l’époque

 

 

 

 

Les prochains pays à adopter le diamètre de 6.5mm étaient la Norvège et la Suède. La cartouche 6.5x55 a été initialement conçue au cours d'une synergie norvégienne et suédoise. La Norvège a officiellement adopté le 6.5x55 en 1894. Mais pour une raison inconnue, l'histoire semble avoir oublié la participation norvégienne, ainsi que le 6.5x55 Krag, alors même qu’un quart de million de fusils ont été produits en Norvège, et au grand dam des chasseurs et des historiens norvégiens modernes, le 6.5x55 d’aujourd'hui est surtout connu sous le nom 6.5x55 Swedish Mauser !

 

En Suède, c’est le Karbin M94 en 6.5x55 qui est devenu le fusil adopté par les militaires.

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Ici, un Karbin M94

 

 

 

 

Entre 1894 et 1895, Mauser Werkes produit 10.000 carabines M94 (en utilisant l'acier suédois) avant que l'usine Carl Gustaf en Suède ne reprenne la production.

En 1896, sort un fusil beaucoup plus long avec un canon de 18,5". Ce modèle a été appelé le Gevär M96 et l'usine Carl Gustaf en a produit 445.000 entre 1898 et 1925.

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

Ici, un gevär M96

 

 

 

La version suivante de ce fusil a été le M38 fabriqué par Husqvarna. Le M38 a présenté un cran " U " de visée avec un canon de 24". Les M38 type 1 ont été convertis en fusils M96 tandis que le type 2 a fait l’objet d’une nouvelle production.

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

Ici, un Carl Gustav M96

 

 

 

La charge militaire m/94 d'origine avait une balle ronde de 10,1 grammes (156 grains) qui atteignait une vitesse de 725m/s (2378fps) dans les canons de 29 ", et dans un fusil m/96.

 

 

Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE

Ici, une ancienne boîte de m/94

 

 

 

 

Les premières balles pointues ont été testées entre 1910 et 1920 dans des fusils expérimentaux, la charge finale de 139 grains (balle pointue M/41) est apparue pour le fusil sniper. Cette charge se montra rapidement supérieure à l'ancienne, et en 1944, la charge de 9 grammes remplacera toutes les munitions désignées précédemment m/94.

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

La charge m/41 atteint 793 m/s (2601fps) dans un canon 29 ".

 

 

 

 

Après la seconde guerre mondiale, la Suède a opté pour un fusil à chargement auto et a « libéré » le Mauser suédois sur le marché civil. C’est pour cela que le 6.5x55 est connu comme étant le 6.5x55 Mauser suédois ou simplement le 6.5 suédois.

 

On précisera pour les passionnés d’histoire militaire que les Norvégiens l'ont utilisé dans le fusil Krag-Jorgensen et machinegun Madsen. Les Suédois quant à eux, l’ont utilisé dans le Mauser, y compris dans les modèles 94, 96, 35, et 31, ainsi que dans le Ah m/42 en fusil semi-automatique. Les munitions des deux pays étaient initialement identiques mais plus tard, la Suède a changé légèrement les dimensions du boîtier et chargé des cartouches à une pression plus élevée pour une utilisation dans leurs fusils Mauser.

 

Cette situation a persisté jusqu'en 1990, lorsque le Danemark, la Norvège et la Suède ont normalisé les spécifications de la cartouche qui a été officiellement rebaptisée " 6,5 × 55 SCAN" et qui ne doit pas être confondue avec la "6,5 × 55 SKAN " qui est une cartouche avec une douille très légèrement plus longue qui ne doit pas être chambrée dans les fusils 6.5 × 55 standards. La désignation CIP européenne est la "6,5 × 55 SE", tandis qu’aux Etats-Unis, à peu près tout le monde l'appelle le 6,5 × 55 suédois.

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Ici, quelques lames de 6,5x55 militaires

 

 

 

 

Le 6.5x55 a vite généré un énorme intérêt dans le monde entier avec l'afflux de fusils militaires excédentaires devenus disponibles sur les marchés internationaux et notamment, sur le marché de la chasse. Celui-ci possédant les mêmes qualités qu'il avait fournies aux militaires avec une excellente précision combinée à un faible recul, singulièrement pour les carabines M94.

 

En Europe, le 6.5x55 est resté populaire pendant plusieurs décennies. Néanmoins, au milieu des années 1990, le 6.5 a perdu beaucoup de sa popularité à la faveur du .30-06 Springfield, la cartouche plus grande étant très supérieure pour neutraliser le gros gibier.

 

En réalité, aux environs des 200 m, le 6.5x55 suédois fourni plus ou moins les mêmes performances que le .270 Winchester tout en donnant moins de recul. Avec des munitions d’usine, la performance est généralement de la même classe que le 30-30. Blessant plus légèrement que le 30-30 mais dont la pénétration est généralement plus profonde. La trajectoire des munitions d’usine étant plutôt pauvre.

 

Ceci dit, avec une ogive de 120 grains sortant de bouche entre 2900 et 3000fps, le suédois est un tueur rapide sur distance courte à moyenne. La plupart des balles de 120 grains produisant une pénétration superficielle et donc, ce poids de balle n’est pas particulièrement bien adapté à une plus grande distance.

 

Donc, finalement, la 140 grains est le poids de la balle le plus polyvalent pour produire le meilleur équilibre entre blessure et pénétration. Idéal pour de nombreuses situations de chasse en Suède et en Norvège, il reste très populaire pour les rennes.

 

 

 

 

 

 

.

La cartouche

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

 

Comme point de comparaison et pour mieux comprendre combien a été le succès de cette cartouche, il suffit de savoir qu’il n’y a pas eu autant de cartouches métriques qui ont atteint une aussi grande popularité aux États-Unis, et ce, malgré les vertus balistiques de beaucoup d’autres calibres. La raison pour laquelle le 6.5x55mm suédois y est arrivé, c’est parce qu’il offre une multitude d'attributs qui en font une cartouche idéale pour de nombreuses situations de chasse. Ce qui lui a fait de l'ombre, c'est l'introduction des 6.5 comme le 260 Remington, les 6,5 × 47 Lapua et les 6,5 creedmore qui ont des performances égales ou supérieures mais avec l'avantage d'une action courte qui est préférée par les tireurs sur cibles.

 

Les poids typiques des balles pour le 6.5x55 SE sont des 87-100 grains, 120 grains, 125 grains, 129-130 grains, 140 grains, 150-156 grains, et 160 grains.

 

 

 

 

 

Les dimensions de la cartouche 6.5x55 SE

Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE

Les dimensions de sa douille

 

 

 

 

Spécifications :

 

Diamètre de la balle : 6,5 mm (0,264 mil de pouce)

Masse de la balle : 10,1 g (156 grains)

Masse de la cartouche : 23,5 g

Longueur de l'étui : 55 mm

Longueur de la cartouche : 80 mm

Charge : 2,3 g de nitrocellulose (40 grains de H-4064)

 

Balistique moyenne :

 

Vitesse initiale : 769 m/s pour une balle de 10,37 g (160 grains) à la bouche du canon.

Énergie : 3068 joules pour une balle de 10,37 g (160 grains) à la bouche du canon.

Vitesse à 100 m : 683 m/s toujours pour une balle de 10,37 g (160 grains).

Énergie à 100 m : 2 420 joules toujours pour une balle de 10,37 g (160 grains).

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

5 cartouches militaires montées sur une lame de chargement

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

La Sellier&Bellot FMJ 140gr

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Lot d’anciennes cartouches militaires et quelques boîtes de prvi partizan

 

 

 

 

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

 

 

Le 6.5x55 est connu depuis longtemps pour son excellente précision et ses coefficients balistiques élevés. Tous les fusils ex-militaires ont un 1 canon avec un taux de rayures de 7.5 et on peut en obtenir une meilleure précision en utilisant des balles pesant entre 140 et 160 grains. La plupart des fusils militaires offre une précision acceptable avec des balles plus légères de 120 grains sur les 300 yards mais, très peu donneront une précision sous le MOA.

 

De nos jours, les fusils modernes chambrés pour le 6.5x55mm suédois sont relativement abondants. Parmi tant d’autres, citons la Remington 700 (canon de 22 pouces au taux de 1: 8), l'excellent CZ Model 550, les Sako, Savage et autres Tikka, le Winchester Model 70, le Ruger Modèle 77. Toutes ces carabines ont été chambrées pour cet ancien calibre. Bien préparées avec des cartouches bien chargées, certaines de ces carabines sont utilisées avec succès en TLD. J’invite le lecteur à visionner les vidéos annexées à cet article pour qu’il puisse se forger une idée sur le potentiel de ce calibre.

 

Il existe également d’excellentes cartouches de compétition à longue portée avec d'excellentes balles que fournissent des firmes telles que Lapua et Norma qui ont toujours chargé d’excellentes munitions de qualité match.

 

HSM introduisant par ailleurs une 140gr, et avec une charge à pleine capacité, le 6.5 peut être sérieusement envisagé pour le sniping.

 

 

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

Ici, une boîte de 20 HSM 120 gr

 

 

 

 

 

En effet, la cartouche surpasse réellement les .308 de match dans les deux poids d’ogive que sont les 168gr et 175gr, et est moins sensible au vent tout en arrivant sur la cible avec autant d'énergie à des distances de plus de 600 yards.

 

Au niveau chasse, comme nous avons déjà vu, le 6.5x55 est également excellent, précis et avec un tir assez plat, il est capable d'atteindre la plupart des moyens à gros gibiers lorsqu'il est chargé avec des balles de 140 grains à une vitesse de 2600 pieds par seconde. Il est notamment adéquat pour les cerfs jusqu' à environ 300 yards. Par ailleurs, lorsqu'il est chargé avec des balles de 120 de grains, son recul est tout à fait minime et agréable à tirer. Ce qui est très apprécié par les tireurs qui appréhendent un fort recul de l'arme.

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

Graphe du drop tiré sur Gundata.org en comparaison au .270 Win avec zérotage à 100m

Le calibre 6.5x55 SE

On remarque que les 2 balles ont (+/-) le même drop jusqu’à 150m

 

 

 

 

Coefficients balistiques des cartouches comparées

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

 

Tableau balistique comparatif de ces deux cartouches

Le calibre 6.5x55 SE

Le drop est +/- équivalent jusqu’à 150m, l’énergie de la .270 reste supérieure et les vitesses proches

 

 

 

 

 

 

 

Graphe du drop en comparaison avec le .243 Win et zérotage à 100m

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

On remarque de nouveau que les 2 balles ont (+/-) le même drop jusqu’à 150m

 

 

 

 

Coefficients balistiques des cartouches comparées

Le calibre 6.5x55 SE

 

 

Tableau balistique comparatif de ces deux cartouches

 

 

Le calibre 6.5x55 SE

On constate que l’énergie de la .243 reste supérieure mais pas la vitesse !

 

 

 

 

 

 

Graphe du drop comparatif du 6.5x55 avec les autres grands standards et zérotage 200m

Le calibre 6.5x55 SE

En comparaison, on constate l’infériorité de la 6.5x55 (rouge) sur longues distances

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Pour conclure, je dirai que le 6.5x55mm suédois reste un calibre encore très apprécié du monde de la chasse mais aussi, et en général par les amoureux du 6.5mm, notamment parce que ce calibre offre des performances impressionnantes tant sur le terrain qu’au stand et qu’il est très facile à recharger. Avec les fusils modernes d'aujourd'hui qui ont tout naturellement remplacé le bon vieux Carl Gustav et les possibilités de rechargement manuel qui s’offrent aux fins tireurs en quête de précision qui permettent de délaisser les charges d'usine insuffisamment précises, il y a moyen de faire de superbes cartons y compris en TLD !

 

 

 

 

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE
Le calibre 6.5x55 SE
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog du tireur de précision
  • : Espace dédié aux amateurs de tir de précision et récréatif ainsi qu'au TLD.
  • Contact

Les news

Intéressé de voir traiter l'un ou l'autre sujet dans l'intêret de ce blog ou d'une catégorie en particuliers, n'hésitez pas à me l'envoyer par mail.

Dans la mesure du possible, j'essaierai de vous donner satisfaction.

Bien cordialement

Recherche

Archives