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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 17:42

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Le mois dernier, je vous ai proposé le premier volet que j’avais qualifié de B.A.-BA et relatif aux prérequis à maîtriser avant de passer aux quelques articles successifs qui sortiront ces prochains mois au sujet des facteurs environnementaux et des variables qui ont un impact sur la précision en TLD.

Pour ce second volet, nous allons passer en revue les concepts de base en balistique avec la notion de coefficient balistique et commencer à aborder des éléments de balistique extérieure, l'effet de la gravité sur le trajet d'une balle ainsi que sa vitesse initiale. Prendre le temps de comprendre les bases de la balistique va certainement améliorer vos compétences en tir.

 

En vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année,

 

 

 

Bonne lecture

 

 

 

Comprendre ce qu’est le coefficient balistique de votre balle.

 

 

Pour rappel, la balistique externe s’occupe de tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine et avant qu'elle n'atteigne sa cible. Elle correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice » et n’est alors plus soumise qu’à la force de la pesanteur et aux frottements. En d’autres termes, le comportement de la balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement et notamment de sa capacité à vaincre l’effet de ces variables. Le coefficient balistique est une des variables qui va participer peu ou prou à la bonne tenue de la balle le long de sa trajectoire. Nous avions également vu dans une définition succincte que le coefficient balistique était la mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité, selon une norme définie, et généralement avec le modèle standard G1 ou G7.

L'équation pour déterminer le coefficient balistique est : la densité de section / facteur de forme.  Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. Le " BC " signifie « coefficient balistique » et désigne en fait l'aérodynamique de votre balle.

La densité d'une balle est un rapport de sa masse et de sa section transversale. Simplement, les grosses balles et les balles légères sont moins denses que les petites et lourdes. A titre d’exemple et pour mieux comprendre :  une balle de ping-pong est moins dense qu'une bille.

La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme. Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent. 

Enfin, nous avions terminé en précisant qu’une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu’avec une ogive arrondie à base plate. En termes simples, il s’agit de la forme de la balle. Certaines formes de balles fonctionnent mieux à longue portée car elles ont tendance à avoir une forme plus aérodynamique.

En fait, si vous vous y intéressez davantage, vous découvrirez qu’il existe plusieurs projectiles standards différents (voir, ci-dessous) avec des mesures différentes et chacun mesure la traînée d'une manière différente.

 

Ici, un projectile de type G1 versus un G7

 

En fait, les standardisés sont :

 

•   G1 ou Ingalls (base plate avec ogive de calibre 2 (émoussé) - de loin le plus populaire)

•   G2 (projectile Aberdeen J)

•   G5 (queue de bateau courte de 7,5 °, ogive tangente longue de calibres 6,19)

•   G6 (base plate, ogive sécante de calibres 6)

•   G7 (queue de bateau longue de 7,5 °, ogive tangente de calibres 10)

•   G8 (base plate, ogive sécante de calibres 10)

•   GL (nez en plomb émoussé)

 

Le G1 est le standard le plus ancien et reste toujours le plus utilisé. C'est une classification qui date du début des années 1900, et donc à l'époque, le G1 était représentatif des balles de fusil. Il est toujours le plus couramment utilisé car l'industrie ne s'est toujours pas adaptée aux plus modernes. En outre, l'utilisation du modèle G1 donne des coefficients balistiques plus importants, … ce qui semblent donc meilleurs en termes de marketing. L'inconvénient est que le BC devient incohérent lorsque la vitesse change.

Il y a actuellement une forte demande émanant des experts du TLD pour inciter l'industrie à migrer vers la norme G7. Le G7 est plus représentatif de l'état actuel des cartouches. Il délivre des BC certes plus petits, mais qui sont plus cohérents tout au long de la vitesse de la balle, et donne donc une représentation beaucoup plus précise du BC.

 

Comparaison des ogives

 

La conception de l’ogive ronde (comme ci-dessus en 7x57) abaisse le BC et crée plus de traînée par rapport à une 7 WSM plus pointue et moderne.

Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour pratiquer le TLD car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

Chaque balle a donc son coefficient BC, et dans la plupart des cas, vous pouvez trouver son coefficient inscrit sur votre boîte de munitions ou encore via le site du fabricant. Ce nombre est essentiel car vous en aurez besoin pour calculer la trajectoire (chute de balle) de vos tirs. Attention, ce n’est pas un chiffre statique car il change sur la gamme de vitesses. Mais normalement, retenez que plus le nombre est élevé, moins le projectile subira de traînée. Ceci dit, un coefficient balistique plus élevé ne signifie pas nécessairement que c'est une meilleure balle. Le BC vous aidera à déterminer la portée effective d'un projectile en tenant compte de la traînée. La traînée créée par la balle dépend d'un certain nombre de facteurs, notamment du poids et de la conception du projectile. Le coefficient balistique, et dans une certaine mesure la traînée, elle-même.

Le caractère aérodynamique d’une balle a un effet appréciable sur sa vitesse lorsqu’elle se dirige vers la cible et donc retenez que :

•  Plus une balle est efficace, mieux elle conservera sa vitesse.

•  Cela signifie qu'elle sera également moins affectée par les variables externes.

•  Le BC d'une balle est calculé par un modèle basé sur sa densité et sa forme.

•  Le coefficient d’une balle diffère selon que le modèle de traînée G1 ou G7 est utilisé.

En effet, le modèle de traînée G1 est basé sur une balle de type « Spitzer » stéréotypée (à nez pointu) et à base plate. Le modèle de traînée G7, qui gagne en popularité, est basé sur des options plus aérodynamiques avec une base en queue de bateau (elle diminue à l’arrière).

A titre de comparaison, un BC correct pour une balle basé sur le modèle de traînée G1 se situera dans la plage allant de 0,5 à 0,6, alors qu’avec la même balle, le BC basé sur le modèle de traînée G7 sera dans la plage de 0,2 à 0,3. Cette différence entre les deux modèles pour une même balle tient au fait que la performance d’une ogive efficace sera bien meilleure que celle du modèle G1 et légèrement supérieure à celle du modèle G7.  Je vous ai mis des liens en annexe pour en apprendre davantage sur ces notions. Je ne peux que vous conseiller d’aller visiter ces pages internet pour en savoir plus.

En résumé, ce qui est important à retenir sur le coefficient balistique :

•  Il décrit comment une balle surmonte la résistance de l'air en vol.

•  Plus le coefficient de balistique est élevé, meilleure est la performance.

•  La performance d’une balle dépend également du fusil avec lequel elle a été tirée.

•  Pour évaluer cette performance, vous devrez mesurer sa vitesse initiale et celle à la cible.

Enfin, nous verrons de manière plus approfondie dans le prochain article que l'ajustement au vent est contrôlé par le coefficient balistique de la balle (BC).

Petit conseil :

Ne recherchez pas systématiquement ou directement le BC le plus élevé en premier lieu car ce paramètre à lui seul ne sera pas forcément significatif pour améliorer vos résultats en TLD, choisissez d'abord la balle, la "dragée" qu'avalera le mieux votre propre canon, c'est à dire, celle qui tirera le mieux avec votre carabine et puis, par essais-erreurs, recherchez d’autres ogives au BC plus élevé pour voir s’il y a encore moyen de peaufiner, d’améliorer davantage votre précision.

 

 

 

En vol, les forces agissant sur le projectile sont la gravité, la traînée et le vent présent (nous y reviendrons). La gravité transmet une accélération vers le bas au projectile, le faisant tomber de la ligne de mire. La traînée ou la résistance de l'air décélère le projectile avec une force proportionnelle au carré de la vitesse (ou du cube, ou même de puissances supérieures de v, en fonction de la vitesse du projectile). Le vent fait dévier (dérive) le projectile de sa trajectoire. Pendant le vol, la gravité, la traînée et le vent ont donc un impact majeur sur la trajectoire du projectile et doivent être pris en compte lors de la prévision du déplacement dudit projectile.

 

La résistance de traînée et sa mesure

 

 

Les modèles mathématiques servant à calculer les effets de la résistance à l'air ou la traînée sont assez complexes, et pour les modèles mathématiques simples, peu fiables au-delà de 500 m, la méthode la plus fiable pour établir des trajectoires reste toujours une mesure empirique. Sans vouloir être trop « complexe » , examinons donc d’un peu plus près les aspects techniques :

Modèles de courbe de traînée fixes générés pour des projectiles de forme standard

L'utilisation de tables de balistique ou d'un logiciel de balistique basés sur le modèle de traînée Siacci / Mayevski G1 introduit en 1881, est comme nous l’avons vu, encore la méthode la plus couramment utilisée pour travailler avec la balistique externe. Les balles sont décrites par un coefficient balistique qui associe la résistance à l'air de la forme de la balle (le coefficient de traînée) et sa densité de section (fonction de la masse et du diamètre de la balle).

Physiquement, la décélération due à la traînée que subira un projectile de masse m, de vitesse v et de diamètre d est proportionnelle au BC, 1 / m, v² et d² . Le rapport entre l'efficacité balistique et le projectile standard G1 consiste en un calcul avec une balle d'un diamètre de 1 livre (454 g) et d'un pouce (25,4 mm) avec une base plate, une longueur de 76,2 mm (3 pouces) et d’une courbe tangentielle de rayon de 2 pouces (50,8 mm) pour le point. Le projectile standard G1 est issu du projectile de référence standard "C" défini par le fabricant allemand d'acier, de munitions et d'armements Krupp en 1881. Le projectile standard de modèle G1 a un coefficient de centrage de 1.  La Commission française de Gavre a alors décidé d'utiliser ce projectile comme premier projectile de référence, en lui donnant le nom de G1.

Les balles de sport, avec un calibre d compris entre 4,50 et 12,7 mm (0,177 à 0,50 pouce), ont un G1 compris entre 0,12 et un peu plus de 1,00, 1,00 étant le plus aérodynamique et 0,12 le moins. Les balles à très faible traînée avec 1,10 g peuvent être conçues et fabriquées sur des tours de précision à commande numérique (CNC) à partir de tiges de matériaux mono-métalliques, mais elles doivent souvent être tirées à l'aide de fusils fabriqués sur mesure avec des canons spéciaux.

La densité de la section est un aspect très important d’une balle. Elle correspond au rapport entre la surface frontale (demi-diamètre de la balle au carré, fois pi) et la masse de la balle. Étant donné que, pour une balle donnée, la surface frontale augmente avec le carré du calibre et la masse avec le cube du diamètre, la densité de section augmente de manière linéaire avec le diamètre de l'alésage. Puisque l’on combine la densité de forme et de coupe, un modèle de demi- échelle du projectile G1 aura un BC de 0,5 et un modèle d’échelle de quart aura un BC de 0,25.

Etant donné que différentes formes de projectiles réagiront différemment aux changements de vitesse (en particulier entre les vitesses supersoniques et subsoniques), un « gilet » (jacket) stabilisateur fourni par le fabricant de balles sera un moyen stabilisateur représentant la plage de vitesses commune de cette balle. Pour les balles de fusil, ce sera probablement une vitesse supersonique, et pour les balles de pistolet, ce sera probablement une subsonique. Pour les projectiles qui traversent les régimes de vol supersonique, transsonique et subsonique, le BC n’est pas bien approximé par une seule constante, mais est considéré comme une fonction BC (M) du nombre de Mach M.  Ici, M est égal à la vitesse du projectile divisée par la vitesse du son. Pendant le vol du projectile, M diminuera, et donc dans la plupart des cas, le BC baissera également.

La plupart des tables balistiques ou des logiciels prennent pour acquis qu'une fonction de traînée spécifique décrit correctement la traînée et donc les caractéristiques de vol d'une balle en fonction de son coefficient balistique. Ces modèles ne font cependant pas la différence entre les types de balles : coupe à plat, spitzer, queue de bateau, très faible traînée, etc. Ils assurent une fonction de glissement invariable comme indiqué par le BC publié. Ces modèles de courbe de traînée résultants sont appelés courbes de traînée Ingalls, G1, G2, G5, G6, G7 (utilisées par certains fabricants pour les balles à très faible traînée), G8, GI et GL.

Certains concepteurs de logiciels balistiques, qui ont basé leurs programmes sur le modèle Siacci / Mayevski G1, donnent cependant à l’utilisateur la possibilité de saisir plusieurs constantes différentes G1 pour différents régimes de vitesse afin de calculer des prédictions balistiques plus proches du comportement de vol réel des balles par rapport aux calculs qui n’utilisent qu’une seule constante BC.

Modèles de traînée plus avancés :

 

Le modèle Pejsa

Outre le modèle de traînée traditionnel Siacci / Mayevski G1, il existe d’autres modèles de traînée plus avancés. Le modèle balistique alternatif le plus important est probablement le modèle présenté en 1980 par le Dr Arthur J. Pejsa . M. Pejsa affirme sur son site Web que sa méthode était toujours capable de prédire des trajectoires de balles de fusil (supersoniques) comprises entre 2,54 mm (0,1 pouce) et des vitesses de balle comprises entre 0,3048 m / s (1 ft / s) et 914,4 m (1 000 yds) par rapport à des dizaines de mesures réelles.

Le modèle Pejsa est une solution analytique qui n’utilise pas de tables, ni de courbes de traînée fixes générées pour des projectiles de forme standard. La méthode Pejsa utilise le coefficient balistique à base G1 tel que publié et l’intègre dans une fonction de coefficient de retard de Pejsa afin de modéliser le comportement au retard du projectile spécifique. Puisqu'elle utilise efficacement une fonction analytique (coefficient de traînée modélisé en fonction du nombre de Mach) afin de faire correspondre le comportement de traînée de la balle spécifique, la méthode Pesja n'a pas besoin de s'appuyer sur une hypothèse préfixée.

Outre la fonction mathématique du coefficient de retardement, Pejsa a ajouté un facteur supplémentaire de constante de pente qui rend compte du changement plus subtil de la diminution du taux de retardement de différentes formes et tailles de balles. Il varie de 0,1 (balles à nez plat) à 0,9 (balles à très faible traînée). Si ce facteur constant de décélération est inconnu, une valeur par défaut de 0,5 permettra de bien prédire le comportement de vol de la plupart des balles de fusil à fusil du type Spitzer moderne. À l’aide de mesures de tir d’essai, il est possible de déterminer la constante de pente pour une combinaison système balle / fusil / tireur particulière. Grâce à cela, le modèle de Pejsa peut facilement être adapté au comportement de traînée d'un projectile spécifique, permettant ainsi de meilleures prévisions balistiques pour les portées supérieures à 500 mètres. Certains développeurs de logiciels proposent des logiciels commerciaux basés sur le modèle de traînée de Pejsa, améliorés afin de prendre en compte les effets normalement mineurs (Coriolis, dérive gyroscopique, etc.) qui interviennent pour les tirs à grande distance (TLD). Les développeurs de ces modèles améliorés de Pejsa ont conçu ces programmes pour les prévisions balistiques supérieures à 1 000 m.

 

Le modèle à 6 degrés de liberté (6 DOF)

Il existe également des modèles balistiques professionnels avancés tels que PRODAS. Celles-ci sont basées sur des calculs à 6 degrés de liberté. La modélisation DOF nécessite des informations aussi plus élaborées, une connaissance des projectiles utilisés et une longue durée de calcul sur ordinateur, ce qui est peu pratique pour les tireurs non professionnels et sur le terrain, où les calculs doivent généralement être effectués à la volée. Et donc, le 6 DOF est généralement utilisé par les organisations militaires qui étudient le comportement balistique d’un nombre limité de projectiles à vocation militaire.

 

Les mesures radar Doppler

Des mesures radar Doppler sont nécessaires pour l’établissement précis des effets de résistance ou de résistance de l’air sur les projectiles. Les militaires et quelques fabricants de munitions utilisent les radars Doppler Weibel 1000e pour obtenir des données réelles sur le comportement en vol des projectiles qui les intéressent. Les mesures radar Doppler, à la fine pointe de la technologie, permettent de déterminer le comportement de vol de projectiles aussi petits que des plombs pour fusils à air comprimé dans un espace tridimensionnel avec une précision de quelques millimètres. Les données recueillies concernant la décélération du projectile peuvent être dérivées et exprimées de différentes manières, telles que des coefficients balistiques (BC) ou des coefficients de traînée.

Nous n’approfondirons pas davantage cette matière. Néanmoins, il était important de vous présenter succinctement ces autres modèles.

 

 

 

Nous savons maintenant que la gravité et le vent sont les deux principales variables qui influent sur le trajet de votre balle. Plus ils agiront longtemps sur votre projectile, plus ils auront d'effet. Par exemple, votre balle ne tombe pas plus loin à cause de la distance (la balle ne sait pas combien de temps elle parcourt), mais plutôt parce qu'il faut plus de temps pour atteindre une cible plus éloignée, et donc plus de temps pour tomber en raison de la gravité.

 

Les effets de la gravité

 

 

 

Les balles ne se dirigent pas en ligne droite vers la cible. Si elles le faisaient, les tirs à longue distance seraient tellement faciles à exécuter et les tireurs n’auraient même plus besoin de s'exercer et donc, tirer sur une cible située à 1 mètre de distance ou à 1 000 mètres serait exactement la même chose. Et donc, à la réflexion, c'est peut-être une bonne chose que les balles ne se déplacent pas en ligne droite sinon, où serait encore le plaisir de pratiquer le TLD ? Après tout, maîtriser le tir à longue distance est si enrichissant ! Donc, quand une balle quitte un fusil, de nombreuses variables changent son chemin. L'effet le plus important sur le trajet d'une balle est également le plus facile à prendre en compte : la gravité. 

Sur de courtes distances, jusqu'à 100 mètres, un tireur peut aligner un coup, appuyer sur la détente et, tous autres facteurs pris en compte, frapper de la même manière ou presque ce qui apparaît dans sa ligne de mire. Au-delà de 100 mètres, la balle commence à tomber le long de sa trajectoire au moment où l'attraction de la gravité commence à avoir un effet plus important. Le tireur doit ensuite viser au-dessus de la cible pour pouvoir la toucher. Cette distance entre la cible et le point visé par le tireur s'appelle l'altitude. Plus vous vous éloignez de votre cible, plus l'altitude est élevée.

Un ancien tireur d’élite des forces armées américaines, avait calculé que l’altitude requise pour toucher une cible à 3 540 mètres avec un fusil de calibre .50 serait de 137 mètres, et disait :  " Choisissez dès lors un endroit placé à 137 mètres au-dessus de votre cible pour l’atteindre ". Heureusement, l'ajustement en fonction de l'élévation est automatisé à l'aide des calculateurs et/ou autres applications balistiques et réglable via la tourelle d'élévation de votre lunette (rifle scope) sur le fusil. Cela permet au tireur de viser directement sa cible et de continuer à tirer par au-dessus avec sa balle. Par conséquent, maîtriser la gravité est devenu assez facile à faire. Cependant, pour de très longs coups en TLD, vous devrez tenir en compte beaucoup plus la dérive que de la chute de balle. En effet, comme la gravité est prévisible, si vous connaissez les conditions atmosphériques et la vitesse exacte de votre cartouche, alors vous pourrez également calculer sa trajectoire et savoir corriger la dérive également assez facilement.

On notera que l’effet de la gravité sur un projectile en vol est le plus souvent appelé le drop (la chute) de la balle. Il est aussi important de comprendre l’effet de la gravité lors de la mise à zéro (zérotage) et la remise à zéro des composants (tourelles de lunette, en général) de visée d’un fusil. Pour planifier la chute de balle et de la compenser correctement, il faut comprendre la forme de sa trajectoire qui est parabolique. La distance à laquelle l'arme est mise à zéro et la distance verticale entre l'axe du dispositif de visée et l'axe de l'alésage du canon. Ce sont des concepts qui peuvent paraître anodins, mais ils sont primordiaux pour savoir comment régler sa lunette de tir. J’essaierai d’y revenir plus tard dans un article à paraître.

De nombreux tableaux et graphiques balistiques montrent une augmentation de la trajectoire à des distances plus courtes que celle (loin de zéro) utilisée pour la visée. Cette apparente "montée" du projectile dans la première partie de sa trajectoire est relative uniquement au plan de visée et ne constitue pas réellement une montée. Les lois de la physique dictent que le projectile commencera à être abaissé par la gravité dès qu’il quittera l’appui du canon, et ne pourra jamais dépasser l’axe dudit canon. La "montée" apparente est provoquée par la séparation du plan de l'axe du dispositif de visée et de l'axe de l'alésage du canon, et du fait que le projectile quitte rarement l'alésage de manière parfaitement horizontale.

Dès lors, votre canon est incliné vers le haut même si votre viseur (lunette) regarde directement la cible et par conséquent, la trajectoire initiale de votre balle est une ligne droite inclinée vers le haut.  La balle, en raison de la gravité, commence immédiatement à tomber par rapport à son trajet initial, et au plus elle voyage longtemps, au plus la balle tombe plus vite et plus loin de son trajet d'origine. C’est ce qui rend la trajectoire en forme d’arc jusqu’à la cible.

Si une arme à feu est mise à zéro à 100 mètres (par exemple), le plan de visée horizontal et le trajet du projectile doivent se "croiser" à cette distance. La ligne de visée doit être ajustée pour se croiser avec la trajectoire du projectile à 100 mètres.

Finalement, on retiendra que l'effet de la gravité sur le trajet d'une balle a un effet démesuré sur sa trajectoire de vol, mais que la gravité peut être facilement surmontée pour obtenir un tir précis et que :

• La plus grande variable de précision à prendre en compte est la gravité.

• La gravité commence à tirer la balle au moment où elle quitte le canon.

• Il faudra déterminer la chute de balle à chaque distance pour prévoir le trajet de balle (si lavitesse reste constante).

Par conséquent, atteindre avec précision une cible, en particulier à longue distance, requiert essentiellement la maîtrise de deux compétences :

1) Déterminer la direction dans laquelle une balle doit être tirée de manière à ce qu'elle frappe la cible.

2) « Tirer » sur la balle dans la direction précise requise.

La première compétence consiste à connaître le chemin que prendra la balle pour atteindre la cible. Ceci est maîtrisé avec des connaissances, des notions de calcul et en identifiant correctement certaines variables telles que la distance, le vent et la température - tout dépend des conditions de l'environnement.

La deuxième compétence consiste à tirer avec le fusil quand il vise exactement où il doit être. Ceci peut être maîtrisé avec beaucoup de pratique et l'utilisation appropriée des principes fondamentaux du tir.

 

La vitesse d'une balle

 

 

 

La distance à laquelle une balle tombe à cause de la gravité dépend en partie aussi de la vitesse à laquelle la balle se déplace. En effet, la vitesse de la balle a cependant un effet sur le degré de chute de la balle avant qu'elle ne frappe une cible donnée en raison du temps nécessaire pour atteindre la cible.  En effet, les objets tombent sous l'effet de la gravité à une vitesse d'accélération de 9,8 m / s ^ 2. Cela signifie qu'une balle tombera à une vitesse de 9,8 m / s à la fin de sa première seconde de chute et augmentera ensuite sa vitesse de 9,8 m / s supplémentaires pour chaque seconde supplémentaire écoulée. Par conséquent, une balle ne tombe pas seulement plus loin au fur et à mesure de son déplacement vers la cible, elle tombe plus loin / plus vite à chaque seconde supplémentaire ! 

Cela signifie qu'une balle qui peut atteindre une cible dans la moitié du temps tombera moins de la moitié de la distance d'une balle qui prend deux fois plus de temps pour atteindre une cible. En fait, elle tombera plus dans la seconde moitié de son vol).

La balle vole, et tous les 100 mètres, elle tombe de plus en plus. Ce n'est pas seulement à cause du fait que la balle tombe plus vite, plus longtemps, c'est aussi parce que la balle ralentit en raison de la résistance de l'air. Par exemple, la balle parcourt de 100 à 200 mètres beaucoup plus rapidement que de 900 à 1 000 mètres.

Bonne nouvelle, une fois que vous avez déterminé les paramètres de votre balle pour chaque distance, vous pouvez enregistrer ces informations dans un carnet de tir (DOPE) et les utiliser à nouveau ! En effet, la gravité affectera votre balle de la même manière, où que vous soyez, tant que votre balle se déplacera à la même vitesse.

Pour résumer quelque peu et jusqu’à présent, nous savons que trois variables déterminent la vitesse d'une balle avant d'atteindre la cible :

1. La vitesse initiale de la balle

2. L'efficacité de la balle

3. Les variables externes et environnementales (nous y viendrons dans les prochains articles)

 

 

 

Nous l’avons déjà vu, lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale v ) et lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre.

Bien que la gravité et le vent soient les principales influences sur la trajectoire d'une balle, il y a certainement d'autres facteurs à prendre en compte. L'un d'entre eux est la vitesse de balle initiale.

Comment la vitesse de balle initiale joue-t-elle dans la balistique externe?

•  La vitesse de la balle ne diminue ni n'augmente les effets de la gravité.

•  Cela donne simplement plus ou moins de temps à la force pour agir sur le projectile.

•  Trois facteurs déterminent la vitesse : la vitesse initiale, son efficacité et les variables environnementales.

•  Un canon + long permet une balle plus rapide, mais cela ne signifie pas plus de précision.

•  La température peut également affecter la vitesse.

Espérons donc qu’après ce qui a été dit, nous avons dissipé le mythe selon lequel une balle rapide résiste en quelque sorte à la gravité. Au lieu de cela, une balle rapide atteint simplement la cible plus rapidement et a donc moins de temps pour tomber. En outre, plus une balle met longtemps à atteindre une cible, plus elle tombe de manière exponentielle.  A titre d’exemple, une balle de .308 Winchester, pour une configuration donnée, ne tombe que de 4 pouces (10,16 cm) entre 100 et 200 mètres, mais de presque 100 pouces (2,54 m) entre 900 et 1 000 mètres. La balle tombe plus quand elle s’éloigne davantage parce qu’elle se déplace plus lentement (il faut plus de temps pour couvrir la distance), et elle tombe aussi plus rapidement.

Lorsque nous parlerons du vent dans un prochain article, vous verrez que la durée pendant laquelle une balle est exposée au vent (temps nécessaire pour atteindre la cible) a également un effet direct sur sa trajectoire.

 

 

Conclusion

 

Ce second chapitre avait pour objectif d’approfondir quelque peu certains éléments liés à la balistique extérieure, et bien que ces aspects vous ont peut-être parus un peu rébarbatifs, ce sont néanmoins des aspects déterminants à connaître pour aborder la matière qui va suivre. En fait, on retiendra que les deux principaux facteurs qui affecteront vraiment le trajet d’une balle sont la gravité et le vent. Toutes les autres variables dont vous entendrez parler telles que la pression atmosphérique, la température, l’altitude et l’humidité n'affectent pas le trajet de la balle. Au lieu de cela, ces variables ne modifient que la gravité, et le vent lui, peut affecter directement la trajectoire de la balle. Ces aspects seront étudiés dans des articles à venir. Je vous fixe donc rendez-vous en 2020 pour la suite.

D’ores et déjà, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’années et vous formule mes meilleurs vœux pour l’année nouvelle.

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Ballistic_coefficient

https://precisionrifleblog.com/2019/06/09/g1-vs-g7-vs-custom-drag-models/

http://bulletin.accurateshooter.com/2013/01/g1-vs-g7-ballistic-coefficients-what-you-need-to-know/

https://kestrelmeters.com/pages/g1-g7-ballistic-coefficients-what-s-the-difference

https://www.ssusa.org/articles/2019/9/25/g1-vs-g7-ballistic-coefficients/

https://eu-lrh.com/g1-vs-g7-ballistic-coefficient/

https://www.foundryoutdoors.com/blogs/blog/understanding-ballistic-coefficients

https://www.hornady.com/support/ballistic-coefficient

http://bulletin.accurateshooter.com/2016/08/new-hornady-ballistics-calculator-uses-doppler-radar-bullet-data/

https://www.jbmballistics.com/cgi-bin/jbmgf-5.1.cgi

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=YJeXqacswE8

https://www.youtube.com/watch?v=q7U-m13wmF8

https://www.youtube.com/watch?v=UIQ6FEPjfCA

https://www.youtube.com/watch?v=MWlxOdNgbSM

https://www.youtube.com/watch?v=gjzs79kDr6E

https://www.youtube.com/watch?v=SCqkCfItRFs

https://www.youtube.com/watch?v=SJYcPZcC4sk

 

 

 

 

 

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:08

 

 

 

 

 

 

 

1ère partie – Introduction.

 

 

 

Chers lecteurs,

 

A la veille de rentrer dans l’hiver et à une époque où nos activités sportives et récréatives vont connaître un certain ralentissement, je vais vous proposer quelques articles successifs ces prochains mois, peut-être un peu plus courts qu’à l’accoutumée, et relatifs aux facteurs environnementaux ainsi qu’aux variables qui ont, peu ou prou, un impact sur la précision en TLD.

En effet, il n’est jamais inutile de revenir à l’essentiel, aux concepts fondamentaux, mais également aux fondements théoriques et empiriques qui doivent, de par leur maîtrise, nous conduire normalement sur la voie de l’amélioration de notre précision en TLD.

Pour ce premier volet, nous allons voir (ou revoir) des concepts qui, même si ceux-ci pourront paraître triviaux à certains de mes lecteurs aguerris, influent néanmoins sur la précision de nos coups.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Le tir à longue distance (certains iront même jusqu’à parler de pratiquer l’art du TLD !) est l’une des activités des plus dynamiques qu’il y ait dans le sport carabine. Et bien qu’a priori, cela puisse sembler être un sport très difficile à pratiquer, si on dispose des outils appropriés et d’une bonne compréhension des phénomènes essentiellement physiques qui sont impliqués dans cette activité de tir, alors, atteindre des cibles à longues distances avec confiance ne sera plus un mystère pour qui voudra bien s’impliquer dans ce long apprentissage, mais si passionnant !

Bien qu'il existe de nombreuses informations disponibles un peu partout sur le sujet, parfois d’ailleurs erronées ou tellement traitées de manière scientifique, mathématique (balistique) et hermétique pour le profane ou encore parce que les seuls ouvrages de qualité parus dans ce domaine sont en général rédigés en anglais, effectivement, cela peut ressembler au parcours du combattant (sans mauvais de jeu de mots !) et être difficiles à aborder et à assimiler.

Et pourtant, quelle que soit la distance, les connaissances de base du tir à longue distance ne changent pas. En effet, si votre fusil est capable d’envoyer une balle à exactement un demi-pouce des coups précédents à 100 mètres alors, il doit pouvoir normalement produire +/- le même groupe d’un 1½ pouce à 300 mètres, de deux pouces à 400 mètres, et de 2½ pouces à 500 mètres. Mais attention, ces coups peuvent facilement suivre une autre trajectoire et ce, même sans tenir compte du vent, de la température, de l’altitude et d’une douzaine d’autres éléments qui peuvent vous faire rater ces tirs.

La capacité d'atteindre une cible « long range » avec précision et à plusieurs reprises consécutives ne se résume donc pas seulement à la maîtrise des éléments précités. Un élément clé qui va intervenir est votre apprentissage. En effet, peu importe si vous essayez de tirer à 300 ou à 1.000 mètres, la connaissance, la pratique et la compréhension des variables qui affectent un tir à longue distance sont cruciales. C’est pourquoi, à très longue distance, les inexactitudes qui pourraient pratiquement passer inaperçues à 100m en seront amplifiées voire même, catastrophiques au point de vue des résultats (points) obtenus. Il est donc impératif de s'appuyer sur les principes fondamentaux appropriés et de comprendre comment et pourquoi le système fonctionne et de développer ses compétences. Pas de panique, tout s'apprend !

 

Commençons par le B.A.-BA

 

 

Comme dans tout métier ou toute discipline, il existe un jargon auquel il convient de se familiariser avant d’aller plus loin dans son apprentissage. Au début, ce jargon peut être assez intimidant pour les non-initiés, et malheureusement, il a tendance à effrayer et décourager de nombreux tireurs débutants en leur donnant l'impression qu’il faut avoir fait « math sup. » pour comprendre de quoi il retourne. Il n’en est rien, mais je pense aussi qu'il est prudent de commencer en présentant les termes de référence, cela nous permettra de les utiliser par la suite pour développer d'autres sujets. Je vous propose donc de passer en revue ces termes ainsi que de les définir brièvement.

 

La balistique

La balistique est la science qui étudie le mouvement des projectiles tirés par des armes à feux.

 

La balistique en général

 

Balistique interne

Tout ce qui se passe en ce qui concerne le tir de l'arme pendant que la balle est encore dans le canon. Cela inclut tout, de la percussion de l’amorce au dernier contact de la balle avec le canon. Et donc, tout ce qui concerne l’étude de ce qui se passe à l’intérieur du canon d’un point de vue physico-chimique. Par exemple, la vitesse initiale de la balle est obtenue par les phénomènes qui se développent dans la chambre de combustion et l’âme du canon. Parmi eux la température du projectile peut avoir une influence non négligeable c'est pourquoi, dans les exercices de tir, l'emploi des munitions "chaudes" ou "froides" est pris en compte pour ajuster les paramètres du tir. La balistique intérieure correspond donc à la période de temps pendant laquelle le projectile reçoit une force motrice, comme lors de la réaction ayant lieu dans le canon d’une arme.

Balistique externe

Tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine, mais avant qu'elle n'atteigne la cible. C’est-à-dire, le comportement d'une balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement. C'est la balistique extérieure ou externe qui correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice ». Il n’est alors plus soumis qu’à la pesanteur et aux frottements. Cette balistique traite de la phase pendant laquelle le projectile vole.

Balistique terminale

Le comportement de la balle après l'impact et son effet sur la cible visée. Elle étudie les effets du tir sur la cible. Elle étudie aussi l'impact, c'est à dire l'explosion ou la pénétration dans un obstacle. Les dégâts sur la cible dépendent de l'arme à feu utilisée mais aussi des munitions. Pour le gibier par exemple, la gravité d'une blessure dépend bien évidemment de l'endroit où la bête a été touchée, mais aussi de la quantité d'énergie libérée, et non transportée, par la balle. Ces dégâts sont souvent des plaies comme la perforation de la peau et des tissus musculaires. Les dommages causés dépendent essentiellement de la partie touchée. Lors de la pénétration de la balle, celle-ci repoussent latéralement la chair qui entoure son chemin, ce qui forme une cavité plus ou moins large selon la vitesse et le type de la balle.

Coefficient balistique

Mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité selon une norme définie, généralement le modèle standard G1 ou G7. Lorsque vous l'utilisez dans un calculateur balistique, assurez-vous de ne pas saisir la mesure incorrecte du BC dans le modèle. G1 et G7 ne sont pas interchangeables. L'équation pour déterminer le coefficient balistique est la densité de section / facteur de forme.  Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme.

Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent.  Tout autre facteur restant égal, le BC change en fonction de la forme de la balle et de sa vitesse.  Par exemple, les formes les plus fuyantes telles que les Spitzer et les Boat Tail sont plus efficaces que les Hollow Point, Round Nose ou Flat Base.

A titre d’exemple, un BC G1 de 0,370 pourrait représenter une balle tout à fait commune, quelque peu émoussée, mais un BC G1 de 0,600 ou plus est considéré comme très bon en termes d’aérodynamique. Bien entendu, tout cela dépend également du calibre et de la densité de la balle, ainsi d’ailleurs que d'autres facteurs que nous n’expliciterons pas ici.

Donc, on pourrait dire que le "BC" désigne l'aérodynamique de votre balle. Une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu'un qu’une arrondie à base plate. Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour les tireurs de longue distance car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

 

Profils des ogives tel que décrits, ci-dessus

 

Densité de section

La densité de section est le rapport de la masse du projectile à sa surface. La densité sectionnelle est le poids de la balle en livres divisé par le carré de son diamètre. Cela signifie que la forme de la balle n'a pas d'importance lorsque vous regardez la SD.  Plus la densité de section est élevée, meilleur sera la pénétration à l'impact. L'augmentation du temps de vol augmente la chute de la balle par rapport l'angle de départ et induit une correction verticale pour atteindre la cible. La traînée aérodynamique rend la balle susceptible de débattement au vent qui provoque un changement horizontal dont l'amplitude dépend de la durée pendant laquelle la balle est retardée aérodynamiquement. À vitesse égale, deux projectiles de calibres différents, mais de même coefficient balistique auront exactement la même trajectoire.

Comme toutes les balles modernes sont cylindriques, cela signifie que deux balles de même poids et de même diamètre ont des densités de section identiques. Ce qui affecte vraiment la SD d'une balle, c'est la longueur. Parce qu'une balle plus longue sera plus lourde pour le calibre, sa densité de section sera plus élevée.

Facteur de forme

Comparaison numérique entre le coefficient de traînée entre le projectile en question et la norme industrielle choisie (G1, G7, etc.).

Coefficient de traînée ou Cd

Mesure sans unité de la traînée d'une balle en vol. Fondamentalement, une mesure de l'aérodynamisme d'un projectile.

Dérive de rotation

Légère dérive droite ou gauche provoquée par la rotation rapide de la balle et son effet aérodynamique. Mesurable et prévisible, et donc facilement compensé, mais presque insignifiant pour la plupart du temps.

Effet Coriolis

Déviation de la balle causée par sa stabilité gyroscopique qui tente de résister à la rotation avec la Terre. La latitude des tireurs et la direction (azimut) du tir sont des facteurs qui déterminent le degré de déviation et la direction, mais dans tous les cas, l'effet est presque entièrement négligeable jusqu'à des distances extrêmes pour les armes de petit calibre. On a pour habitude de le négliger pour les distances inférieures à 500m.

Drop

Réglages verticaux de l'élévation (voir, ci-après) effectués pour contrecarrer l'effet de la gravité.

Dérive

Réglages horizontaux effectués pour le vent et d'autres facteurs.

 

 

 

La balistique – Définition des concepts

 

 

 

La trajectoire d’une balle

 

En physique, la trajectoire d'un projectile est le chemin que ce projectile empruntera après avoir été lancé.

La trajectoire d'une balle est parabolique. Elle commence au-dessous de la ligne de mire, s’élève au-dessus de celle-ci puis, la traverse à nouveau lorsque la balle tombe.

 

 

 

 

En termes simples, c’est le chemin emprunté par votre balle qui se dirige vers la cible. La gravité et la résistance de l’air influent sur les projectiles traversant l’atmosphère. La gravité tire les balles vers le bas et la résistance de l’air les ralentit continuellement. Cette perte de vitesse, associée à la gravité, les fait chuter de plus en plus rapidement vers la terre, entraînant une courbe parabolique dans le trajet de la balle. De simples applications sur smartphone ou sur un ordinateur peuvent, lorsqu'elles sont alimentées avec des informations précises, permettent de calculer la trajectoire avec une précision incroyable, permettant aussi aux tireurs de compenser leur tir et d'atteindre leur cible avec précision. Nous en reparlerons par la suite.

 

La vitesse de la balle

 

Lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale). Lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre. La vitesse joue un rôle important dans la quantité d'énergie qu'une balle transporte jusqu'à la cible et, comme chaque balle perd continuellement sa vitesse, l'énergie diminue à mesure que la vitesse diminue. Dans le monde de la chasse, la vélocité est importante pour une raison supplémentaire : provoquer de manière fiable l'expansion d'une balle, ou sa prolifération. Sans expansion, les balles ont tendance à percer un trou de la taille d’une aiguille à tricoter, qui neutralise beaucoup plus lentement et moins humainement le gibier.

Il est également essentiel de connaître la vitesse spécifique de la balle que vous choisissez quand elle sort du canon de votre arme, afin de calculer avec précision sa trajectoire. Alors que les boîtes de munitions ou les sites Web des fabricants offrent souvent des spécifications de vélocité qui s’en rapprochent, rien ne remplace la mesure de vélocité développée par votre fusil, ce qui est facilement réalisable avec tout chronographe de qualité correcte.

 

Bullet Drop

 

C’est la trajectoire d'une balle telle que reprise en balistique, la distance parcourue avec sa chute (vers la terre) qui se produit lorsqu'elle subit l’action des forces de la gravité et du frottement de l'air.

La chute de la balle est étroitement liée à sa trajectoire. Lorsqu’une balle vole, elle subit la friction de l’air qui diminue sa vitesse, la gravité qui exerce son irrésistible attraction, et tout cela influe sur sa trajectoire et la font tomber vers la terre.

La courbe balistique typique d'un projectile est une combinaison de deux fonctions. La première est une ligne droite, la vitesse initiale de la balle multipliée par le temps écoulé depuis sa sortie du canon (avec quelques modifications pour la décélération due à la résistance de l'air). La seconde est la distance à laquelle la gravité a tiré la balle vers le bas depuis qu'elle a quitté le canon. Ce serait aussi une ligne droite, descendante, si la vitesse initiale était égale à zéro. Mais lorsque vous combinez ces deux vecteurs, la chute de la balle augmente avec le carré du temps introduit une courbe parabolique.

Si une balle met plus d'une petite fraction de seconde pour atteindre la cible, la chute de balle devient assez importante. Après une seconde, une balle sera à 16 pieds (près de cinq mètres) au-dessous de ce qu’elle aurait été sans la gravité. Même une demi-seconde (un tir à environ 400 mètres) signifie 4 pieds (plus d'un mètre) de chute.

Pour compenser cela, il vous suffit de calculer la quantité de chute que vous avez à une distance quelle que soit votre cible, puis de pointer le canon en fonction de cela vers le haut, pour que votre balle tombe effectivement dans la cible, et là où vous le souhaitez. Il convient de mentionner que le mouvement vertical de la balle dû à la gravité n'est pas le seul facteur qui fait que les tirs à longue distance s'écartent de leur vitesse initiale.

 

 

Ici schématisée, la correction et le réglage de la trajectoire de la balle (bullet)

 

 

 

Ici, les drops comparatifs de cartouches de gros calibres

 

 

De nos jours, grâce aux télémètres laser pour nous donner la distance exacte à la cible, et une fois encodée dans des calculateurs nous indiquant exactement à quelle hauteur tirer, et des rifle scopes dotés de réticules sophistiqués et de tourelles d’élévation qui nous permettent d’ajuster précisément ledit réticule afin d’atteindre un point précis de la cible, un bon tireur d’élite peut toucher des cibles de petite taille à des distances impressionnantes.

 

Dérive de vent de la balle

 

Ce terme balistique est assez explicite. En effet, lorsqu’une balle se déplace, tout vent présent va exercer des forces qui vont la faire dériver. Le plus souvent, la dérive est latérale, mais dans de rares occasions, comme lorsque vous tirez parallèlement à une montagne très escarpée avec un vent fort qui monte ou descend, le vent peut réellement pousser votre balle verticalement.

Un vent de travers parfaitement perpendiculaire à la trajectoire de votre balle est généralement appelé vent « à pleine valeur », car il exerce la plus grande dérive possible. Un vent droit dans votre visage ou venant de derrière vous est appelé « aucune valeur » car il n'a aucun effet important sur le trajet de la balle.

Dans certaines zones et distances de tir, le tireur peut avoir à juger et à compenser (via la tourelle de dérive du rifle scope ou directement en visée (contre-visée) grâce au réticule de la lunette) l’effet des vents de direction et de force variables entre la position de tir et la cible. Comme nous le verrons plus tard dans les suites de cet article, apprendre à juger et à compenser le vent est une faculté indispensable à tout qui veut pratiquer le TLD.

 

Clicks ou clics

 

La définition simple d'un click est un ajustement dans la direction de votre ligne de visée où un click est un ajustement de votre lunette de visée via ses tourelles (en élévation pour la hauteur et en dérive pour la dérive latérale du vent). Le clic est également le bruit fait par votre tourelle lors d’une rotation d’un cran. Vient alors la question de connaître la valeur d’un click, soit de combien votre réticule bougera sur votre cible à une distance donnée à chaque fois que vous entendrez, ou sentirez sous vos doigts, un clic

Chaque rifle scope sera différent quant à la valeur d'un de ses clicks et équivaudra à une mesure différente à la distance. À titre d’exemple, et pour de nombreux scopes, chaque click équivaut à 1/4 de MOA à 100 mètres.

 

 

 

En gros, retenez déjà que plus vous tirerez loin, plus il sera important que la valeur d’un click soit faible. Raison pour laquelle, les rifle scopes au 1/8e sont davantage recommandés pour le tir de précision. C’est là aussi que vous devrez comprendre ce qu'est qu’un MOA pour comprendre aussi ce qu'est un click. Ce qui nous amène au terme suivant : la minute d'angle (MOA).

 

La minute d’angle (MOA)

 

MOA est l'acronyme de Minute Of Angle (ou minute d'arc ou d’angle), c'est-à-dire, 1 / 60ème de degré dans un cercle. Comme vous le savez, une rotation complète est composée de 360 ​​degrés. A tour de rôle, chaque degré se divise, suivant le système sexagésimal, en base 60 (comme une heure divisée sur une horloge). Ainsi, un degré se divise en 60 minutes d'angle et chaque minute en 60 secondes d'angle. Un MOA correspond à 1,047in à 100yds et 29,1mm à 100m.

 

 

 

Ces valeurs sont souvent arrondies à 1 pouce (25,4mm) à 100yds et 30mm à 100m, mais lors de la visée sur de longues distances, cet arrondi génère une erreur, petite mais perceptible. Pour éviter cette confusion, la valeur arrondie de 1 pouce à 100yds est appelée IPHY, ou pouces par centaines de mètres, tandis que la valeur de 30mm à 100m est appelée MOA du tireur (Shooter MOA ou SMOA). C'est bien pour les courtes distances, mais à 1 000 mètres, le SMOA est trop imprécis, car ce n'est pas réellement 10 pouces, mais bien 10,5 pouces.

 

 

 

 

Pour simplifier, ici avec le SMOA, une minute équivaut approximativement à 1 pouce à 100 yds. Les tireurs s’habituent donc à penser au MOA en termes de pouces avec 2 MOA à +/- 100 mètres = 2 pouces, 1 MOA à 400 mètres = 4 pouces, etc. Il est bon d’utiliser des angles car, comme vous pouvez le constater, ils augmentent proportionnellement avec la distance. Tant que le tireur s'en tient à des augmentations de 100 mètres, le calcul mental est assez simple à faire. Mais on se rappellera toujours que techniquement, 1 MOA vaut réellement 1,047 pouce. Voici le tableau des valeurs exactes :

 

 

A titre d’exemple, si tous vos coups tombent dans un cercle de 1 pouce à 100 mètres, c'est 1 MOA. Si vous tirez sur une cible qui est située à 200 mètres, le groupe sera dans un cercle de 2 pouces. Ceci s'appelle toujours 1 MOA. À 300 mètres, dans un cercle de 3 pouce, etc. … et ce sera toujours 1 MOA. Il en va de même pour tout autre protocole. Exemple, 1/2 MOA équivaut à un groupe de 1-1 / 2 pouces à 200 mètres, Et ainsi de suite. C’est finalement très simple.

 

 

 

Le(a) MOA est également l'unité de mesure standard utilisée pour déterminer la précision d'une carabine. Le MOA est donc utilisé pour mesurer la taille du groupement réalisé. 1 MOA est un groupe d'un pouce à 100 mètres. 2 MOA est un groupe de 2 pouces à cent mètres. Le groupe de 3 MOA,  et de 3 pouces à 300 mètres est également classé dans le groupe MOA de 1 pouce. Mais si vous tirez à partir de 300 mètres avec un groupe de 6 pouces, cela sera classé comme un « 2 MOA ».

 

 

 

 

Là où le MOA s’avère particulièrement utile, c’est pour ajuster son tir à la distance. Par exemple, les tireurs peuvent soit utiliser une lunette avec un réticule qui fournit une « grille » en MOA et avec laquelle ils peuvent composer des corrections avec une tourelle marquée par MOA (exemple, en 1/4 de MOA et qui ajuste la ligne de mire (réticule) interne.  En effet, les tourelles d'élévation et de dérive sur la plupart des lunettes sont marquées en MOA (avec des positions de ¼ de MOA, ou de quatre "clics" par MOA) ou en milliradian appelé mil or mrad (1 MRAD vaut 10 millimètres à 10 mètres ou 50 mm à 50 mètres, ce qui équivaut à 10 centimètres à 100 mètres. Facile, surtout avec les réticules Mildot, nous y reviendrons plus tard). La composition en mode MOA est beaucoup plus simple qu'en pouces.

Avec un 1/4 de MOA à une centaine de mètres, chaque clic de tourelle déplacera l’impact de la balle de 0,25 ou 1/4 pouces. Alors que chaque clic sur votre scope équivaut à environ 0,25 pouce à 100 mètres, vous pouvez dès lors calculer combien de clicks il vous faudrait mettre pour relever votre tir de 12 cm en élévation, par exemple. Si votre balle doit se déplacer de 5 pouces pour frapper la cible à l’endroit voulu, vous aurez besoin de mettre 20 clics avec une lunette à 0,25 MOA.

Le même principe s'applique si vous tirez à moyenne ou longue distance. Si vos fusils sont « zérotés » à 100 mètres alors, vous aurez besoin de mettre 39 clicks en élévation pour pouvoir tirer à 400 mètres. Evidemment, tout dépendra également du type de cartouche qui sera tiré.

L’avantage du système MOA réside dans le fait qu’une MOA est un MOA, qu’il soit situé à 100 mètres ou à 650 mètres, en tant qu’une petite tranche de la sphère de 360 degrés dans laquelle vous vous tenez. Toujours pas compris le système ? Pas d’inquiétude, nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Mil-Dot

 

Comme le MOA, le système est basé sur une mesure angulaire plutôt que linéaire. Les tireurs militaires affirment qu'il est supérieur au système MOA. Parfois, vous entendrez d’ailleurs сеrtаіnеѕ реrѕоnnеѕ dіrе quе le mіl-dоt ѕіgnіfіе « rétісulе mіlіtаіrе ». Сереndаnt, mіl n'еѕt раѕ unе аbrévіаtіоn роur « mіlіtаіrе ». Міl оu МRАD n’еѕt qu’un tеrmе rассоurсі роur parler de Міllіrаdіаn.

Dе nоmbrеuх rifle ѕсореѕ  utіlіѕеnt un роіnt роur іndіquеr сеttе mеѕurе « mіllіrаdіеnnе ». Un роіnt n’еѕt раѕ égаl à 1 mіl, mаіѕ l’еѕрасе еntrе luі l’еѕt. En fait, vоuѕ mеѕurеz du сеntrе d'un роіnt аu сеntrе du роіnt ѕuіvаnt, се quі équіvаut à 1 mіl. Un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе alors que lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе.

Un mil est un milliradian, ce qui signifie qu'il sous-tend un mètre de la circonférence d'un cercle de rayon de 1000 mètres, un mètre d'un cercle de rayon de 1000 mètres ou un millimètre à un mètre. Pour être plus pédagogique et vous donner une règle mnémotechnique, rappelez-vous qu'un Mil équivaut à 3,6 pouces à 100yds ou 10cm à 100m et augmente de 3,6 pouces / 10cm pour chaque 100yds / 100m. Une chose encore plus utile à retenir est qu'un mil mesure un demi-mètre à 500 m. Pour les militaires, un demi-mètre peut être considéré comme se rapprochant de la largeur des épaules d'un ennemi au combat sur le terrain.

L'idée du système Mildot est qu'il agit comme une sorte de règle. Vous examinez un objet de taille connue, vous le comparez à l'échelle de Mildot, puis vous utilisez des formules pour rechercher la distance à la cible.

Chaque point Mil sur un réticule de visée est égal à ¼ Mil, la distance entre les centres des points est de 1Mil et la distance entre les bords des points est 1 Mil.

Comme déjà mentionné, un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе. Lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе. Vоuѕ роuvеz еffесtuеr un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur vоtrе lunette, еt с'еѕt јuѕtе un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl. Тоutеfоіѕ, ѕі vоuѕ ѕоuhаіtеz mеѕurеr l'іmрасt d'un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur unе dіѕtаnсе соnnuе, vоuѕ роurrez саlсulеr unе mesure lіnéаіrе іndіquаnt оù еt соmmеnt vоuѕ vоulеz quе vоtrе bаllе ѕе déрlасе ѕur сеttе сіblе.

 

 

Ici, un réticule Mil-dot

 

 

Enfin, pour être complet, il existe deux types de Mil-dot :

 

 

 

L’ US Army, avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6400 mils = 1 cercle, 360

    17,8 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6400 = .0563 multiplié par 60 = 3,375 MOA ou 1 mil = 3,375 Moa

 

Dimensions des points :

 

 

 

L’ USMC avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6283 mils = 1 cercle

   17,5 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6283 = .0573 multiplié par 60 = 3.438 MOA ou  1 mil = 3.438 moa

 

Dimensions des points :

 

 

Par conséquent :

 

            Pour l’ US Army: 3,375 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,53 pouces  à 100 mètres ;

            Pour l’ USMC: 3,438 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,6 pouces à 100 mètres

 

Attention, il faut aussi bien distinguer les réticules de l' US Army et celui de l'USMC, il est prudent de signaler une autre différence.  Non seulement les mils eux-mêmes sont différents, mais la valeur des points (les boules placées sur la croix du réticule de la lunette) est également différente. Les points de l’US Army, tout en étant couramment appelés points mil, sont en réalité des points moa (ou .22 mil). C’est-à-dire que 1 point sous-couvre trois quarts de minute d’angle ou 0,75 pouce à 100 mètres. Tandis que les points de l’ USMC sont à ¼ mil de points (ou 0,86 Moa) d’un bord à l’autre. Cela fait quand même une plus grande différence sur une plus longue distance !

J’avais déjà rédigé un article sur ce sujet. Je vous laisse donc basculer sur ce lien pour en apprendre davantage.

 

 

Conclusion

 

Ce premier chapitre avait pour objectif de « planter le décor » avant de commencer à faire une réelle incursion dans la discipline du TLD. C’est à dessein que je me suis limité à ces quelques concepts dans ce premier volet car nous pourrons largement approfondir et/ou compléter ces notions au fil des autres parties, ou chapitres à venir dans les prochains articles. Je vous invite néanmoins à aller consulter les liens proposés en fin d’article afin d’approfondir quelque peu vos connaissances.

Bien entendu, lorsque vous commencerez à comprendre réellement les notions de coefficient balistique et de densité de la section, vous comprendrez pourquoi il existe autant de calibres différents et avec différents poids de balle pour le même calibre. Et, in fine, lorsque que progresserez davantage dans votre apprentissage et dans vos recherches, vous constaterez que vous allez seulement passer des heures à déterminer la trajectoire exacte de chaque balle tirée depuis votre fusil en fonction de sa forme, de sa taille, de son poids et de la vitesse de la balle. Tout comme il vous sera agréable de pouvoir comparer les chiffres figurant sur le côté d’une boîte de munitions et de comprendre facilement leur signification.

Mieux encore, lorsque vous aurez encore atteint un autre stade de maîtrise et que vous commencerez à recharger vos munitions vous-même, vous prendrez plaisir à mettre vos connaissances en application pour pouvoir choisir les bonnes balles pour le type de tir que vous envisagerez de réaliser. Et puis, comme avec tout ce qui concerne les armes à feu et la balistique, plus vous en apprendrez, plus vous réaliserez à quel point vous en savez peu. Alors, concentrez-vous sur la sécurité et amusez-vous à en apprendre davantage, tirez, ratez, recommencez, calculez, expérimentez, entraînez-vous … c’est comme cela que l’on devient un fin tireur !

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 15:17
La .22-250 Remington
La .22-250 Remington

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Comme vous le savez, je compte de très nombreux chasseurs parmi mes fidèles lecteurs et par conséquent, comme je le fais de temps en temps pour eux, je vous propose de passer en revue une autre cartouche de calibre .224 :  la .22-250 Remington (5,6 x 49mm) qui est sans doute la plus polyvalente de toutes les cartouches .22 à percussion centrale.

En effet, la .22-250 Remington est une cartouche à grande vélocité pour carabine de calibre .22 à action courte, principalement utilisée pour la chasse au varmint et le petit ou moyen gibier, elle est aussi parfois connue sous le nom de .22 Varminter.  Néanmoins, celle-ci constitue également le choix de tireurs qui veulent obtenir une haute vitesse combinée à une précision et à des performances extrêmes ce qui la conduit à être très appréciées des tireurs sportifs « mid-range ».

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

La cartouche .22-250 Remington a une longue et riche histoire aux racines centenaires, et c'est probablement encore la cartouche de taille moyenne la plus populaire actuellement.

Le personnage clé qui est à l'origine de certaines premières cartouches de chasse à haute vitesse est le dénommé Charles Newton. En 1912, il crée la cartouche .22 Hi Power pour la Savage Co.  Cette .22 tirait une balle de 70 grains à 2790fps ce qui était extrêmement rapide pour l’époque !  Savage croyait que la .22 Hi Power serait idéale pour le gibier de taille moyenne toutefois, Newton n’en n’était pas aussi convaincu. C’est pourquoi, peu de temps après, il créa ce qu'il considérait être une .22 encore plus efficace, basée sur l’étui de la 30.06 réduit de 1/4 de pouce, et rétréci pour prendre en charge une longue balle de 90 grains. Historiquement, cette cartouche, la .22 Newton, a été l’inspiration de ce qui a conduit à l’avènement de la .22-250.

En 1915, la 250 Savage fait son apparition. Conçue par Charles Newton et introduite dans l'excellent fusil Savage Model 99 lever action, la cartouche originale utilisait une balle de 87 grains à la vitesse « modique » de 3000 fps (pieds par seconde). Et c’est pour cette raison que Savage l'appelait la 250-3000.

Bien que la modification de cette nouvelle cartouche ait peut-être commencé peu de temps après son introduction, nous ne savons pas grand-chose sur ce qui s’est passé avant les années 1930, lorsque certains expérimentateurs de munitions connus sous le nom de « wildcatters » passèrent un temps et des efforts considérables à « retravailler » la .250 Savage. Ceux qui sont parvenu à « resserrer » l’étui en laiton pour recevoir une balle de calibre .22 sont parvenus à mettre au point une cartouche qui sera connue plus tard sous le nom de la .22-250 Remington. Après la Grande Guerre, tout le monde se mit également à travailler sur le concept des projectiles plus petits (pour pouvoir en emporter plus), plus rapides et surtout plus précis en fonction des progrès rapides enregistrés par les poudres pyroxylées dites « sans fumée ».

Pendant que Charles Newton développait ses cartouches, le capitaine Grosvener Watkyns, un ingénieur en balistique qui travaillait comme consultant pour Winchester dans les années 1930, recherchait l’équilibre ultime entre puissance et performance de manière scientifique dans le but de mettre au point la méthode la mieux équilibrée et la plus efficace possible sur le plan balistique pour cette cartouche et il décida de créer sa .22 sur base de la .250-3000. Watkyn rechercha ensuite les dimensions optimales de la conicité du corps, des angles des épaules, des vitesses et des pressions. Néanmoins, lorsque le moment est venu pour Winchester d’adopter une nouvelle .22 haute vitesse, la firme a opté pour une autre réalisation utilisant le boîtier 6mm Lee Navy. Watkyn découragé a quand même continué à travailler sur sa nouvelle wildcat, appelée à l'origine Swift. C'était à peu près à cette époque que Watkyn commença à travailler avec l'arsenal Jerry Gebby qui expérimentait aussi avec la Newton .22.

Afin de continuer à améliorer la cartouche, Jerry Gebby, armurier et champion de tir, et le célèbre handloader, J. Bushnell Smith, ont fait équipe ensemble et leur version de 1937 est généralement acceptée comme étant le parent du .22-250 d’aujourd’hui. Ils l'ont appelé :  22 Varminter. D’ailleurs, Gebby a protégé ce nom par un copyright. La .22 Varminter a été plébiscitée pour ses performances élevées et sa précision à tous les niveaux de vitesse. Parce que le nom " Varminter " avait été protégé par le droit d'auteur, alors que des armuriers voulaient fabriquer des fusils pour la nouvelle vedette en .22, ils apportèrent de légères modifications à la chambre du fusil et l'appelèrent simplement la .22-250 pour éviter tout litige et en marquant les armes avec la désignation générique, mais sûre de "22-250". Pour être complet, sachez qu’en 1937, c’est Phil Sharpe qui a été l’un des premiers armuriers à avoir construit un fusil pour le constructeur de fusils de calibre .22-250.

Entre 1934 et 1937, les différentes versions de cartouches .22-250 ont été retravaillées par Harvey Donaldson, Grosvenor Watkins, Jerry E . Gebby, JB Smith et John Sweany alors que le .22 Varminter attendait toujours de voir le jour en tant que tel lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté, elle l’a empêché de progresser, interrompant ainsi le développement des cartouches pendant près de 10 ans. Toutefois, plusieurs années après la guerre, les fusils, les munitions et les composants sont redevenus disponibles.

Encore plus de problèmes se sont produits en 1950 lorsque Remington a présenté sa .222 Rem. Le .222 a rapidement conquis un grand public et a acquis une belle réputation dans la nouvelle discipline de tir Bench-Rest. La seule cartouche qui menaçait la popularité du .222 restait la wildcat qui ne disparaîtrait pas : la .22-250. Finalement, en 1963, Browning décida d’utiliser ses fusils pour la Wildcat .22-250, ce qui était risqué si on ne disposait pas de munitions.

L’arrivée du .243 Winchester en 1955, calibre encore plus polyvalent n’y changea rien, le 22-250 gardait son cercle de fans.

En 1964, Winchester venait d’arrêter la .220 Swift et de sortir l’originale .225 Winchester, conçue pour la remplacer. La .225 était une cartouche cerclée de 55 grains à 1067 m / s et qui était destinée au fusil modèle standard 70, mais qui a disparu en moins d’une décennie. En effet, la .225 n'a jamais atteint la popularité souhaitée car en 1965, un an après sa sortie, la 22-250 de Remington l'avait déjà complètement éclipsée.

Un à deux ans après l’introduction du modèle Browning, la Remington Arms Company a adopté le calibre et la cartouche est entrée dans la production générale en 1965 sous le nom de .22-250 Remington. La société a simplement ajouté " Remington " au nom original. Remington l’adopta officiellement pour qu’elle puisse être chambrée dans son fusil modèle 700 et normalisa la cartouche avec l'indicateur .22-250, optant pour un angle d'épaule de 28 degrés. L'étalon de vitesse avec une balle à 55 grains est de 3 650 fps et la pression moyenne maximale (MAP) est de 65 000 psi. Mais finalement, comme on l’a vu précédemment, Remington n’a absolument rien à voir avec la conception de la .22-250.  Néanmoins, en la normalisant et en devenant la première firme à la fabriquer en usine, elle a saisi l’opportunité d’ajouter son nom à ladite cartouche.

La 22-250 a fait face à de nombreux rivaux au cours des huit dernières décennies environ, et elle s’est pour la plupart du temps imposée comme l’une des cartouches de petit diamètre des plus flexibles et des plus précises du marché. L’un de ses premiers rivaux a été la 220 Swift, qui a été pendant des décennies la cartouche commerciale la plus rapide au monde. Mais, les 22-250 ont gagné la course principalement parce que ses caractéristiques et ses vitesses étaient plus raisonnables, tandis que les .220 Swift, quant à elles, souffraient d’un trop grand battage médiatique, mais … avec mauvaise presse !

Depuis son adoption officielle, la .22-250 est reconnue pour son utilisation dans une large gamme de types et de poids de projectiles avec une vitesse élevée (4.000 fps ou 1.220 m / s) et une précision exceptionnelle. C’est également la plus populaire des cartouches à longue portée qui reste efficace jusqu’à 400 mètres. La cartouche est également réputée pour sa tolérance aux variations des charges de poudre et de poids de balles, allant des balles fragiles de 35 g à des balles à longue portée de 80 grains.

 

 

La cartouche

 

 

 

Cent ans après l'introduction de sa cartouche mère et un demi-siècle après sa standardisation, la popularité du 22-250 est loin de décliner et est toujours aussi apprécié et performant. Savage Arms propose d’ailleurs encore actuellement 26 modèles dans ce calibre, et encore à l’heure actuelle, tous les principaux fabricants d’armes américains et européens fabriquent des fusils à verrou dans le calibre .22-250.

La .22-250 Remington présentent un recul à peine perceptible et bien inférieur à la .243 Win et donc, tout le monde aime la tirer. Cependant, elle émet un souffle excessif en raison de la vitesse élevée de sa balle et donc, il est donc recommandé de porter une protection auditive. En dépit du mythe populaire relatif à la durée de vie moins longue des canons des .22-250 par rapport au .220 Swift ou à d’autres chambrages, l’usure est directement liée aux habitudes du tireur, et si on permet au canon de se refroidir entre les tirs et qu’on ne choisit pas les cartouches à la plus haute vélocité et ce, en les tirant à grand volume, la précision du canon restera correcte presqu’aussi longtemps que celle d’une .223 Rem.

Notons que la norme SAAMI .22-250 Rem reprend le pas de rayures de 1:14. C'est parfait pour les balles traditionnelles jusqu'à 55 grains. Aujourd'hui, les balles sont plus longues que les balles traditionnelles du même poids. Néanmoins, les fabricants de fusils pourraient mieux adapter leurs .22-250 aux conceptions de balles modernes en offrant un taux de 1:12.

Enfin, l'une des principales causes de sa popularité est également qu'il est assez facile de fabriquer des douilles de .22-250, alors que d'autres nécessitent un peu plus de travail, juste pour retravailler l’étui afin de le préparer au rechargement. En plus, de nombreuses charges en .22-250 sont actuellement disponibles sur le marché, avec des balles à 60 et 64 grains, les plus lentes à 3 500 fps, et des balles plus légères à 40 grains qui sortent à la vitesse impressionnante de 4150 fps. Les plus courantes de 50 et 55 grains quittent le canon à environ 3600-3800 fps. Pas étonnant qu'elle soit connue sous le nom de cartouche « souple ».

En outre, on notera également qu’elle a / ou connu des applications tactiques. L’adoption de la cartouche à faible diamètre de calibre .22-250 visait à minimiser la pénétration excessive et à éliminer les ricochets dans les interventions urbaines ainsi que dans des opérations de lutte contre le terrorisme en milieu urbain dans les années 1980. Un certain nombre de fusils de ce calibre étaient notamment utilisés par le British SAS Regiment.

 

Rechargement

A titre d’exemples, les charges d’usine chez Remington incluent la UMC 45 grains à 4 000 fps, la UMC 50 grains à 3 820 fps, l'Accutip 50 grains à 3725 fps, la 55 grains Power-lokt à 3 680 fps et une balle à pointe souple de 55 grains également. Hornady produit également des charges à expansion très douce. Celles-ci incluent la V-Max 40 grains à 4150 fps, la V-Max 50 grains à 3 800 fps, la V-Max 55 grains.

Disons-le d’emblée, ce calibre nécessite une charge de poudre moins importante que bien d’autres, ce qui en fait une cartouche très économique pour le rechargement des balles.

Le .22-250 Rem. atteint des vitesses maximales avec la plupart des agents propulseurs (poudres) pour carabines à vitesse moyenne. Les vitesses optimales de combustion de la poudre pour le .22-250 sont celles de la gamme 4064 / Varget bien que le H414, plus lente, fonctionne également bien.

À partir d’un canon de 24 pouces, les balles de 50 grains peuvent être entraînées dans des vitesses situées entre 3650 et 3700 fps, tandis que des charges manuelles soigneusement développées ou avec des canons plus longs peuvent atteindre plus de 3 800 fps. Les balles de 55 grammes peuvent être conduites en toute sécurité à 3600 fps dans la plupart des fusils. Les charges maximales donnent des vitesses légèrement supérieures aux spécifications d'usine avec environ 3700 fps. Les balles de 60 grains produisent des vitesses situées entre les 3500 et 3600fps.

Un rechargement qui fonctionne également bien est celui de la Sierra 53 grains MatchKing à base plate, avec une charge appropriée de poudre H380 de Hodgdon. Les données de rechargement en ligne d'Hodgdon indiquent que seuls les IMR 4007SSC, IMR 4166, IMR 8208XBR et Hodgdon CFE 223 dépassent les 3750 fps avec une balle à 55 grains tirée dans un canon de 24 pouces.

La sélection du propulseur est essentielle pour atteindre cette plage de vitesses tout en maintenant une bonne précision. Pour une vitesse plus lente, sélectionnez un agent propulseur à combustion plus rapide.

La longueur de cartouche maximale établie par SAAMI pour les .22-250 Rem. est de 2,350 pouces (59,69mm). Placer une balle sur une longueur totale plus longue peut augmenter la pression car elle a peu ou pas de départ libre vers les rayures du canon. Inversement, une balle d’une longueur totale plus courte peut également augmenter la pression car la balle pénétrerait dans la poudre. C'est pourquoi il est toujours prudent, quel que soit le poids de la balle et la longueur totale de la cartouche sur laquelle vous vous préparez à recharger, de commencer le développement de la charge de plusieurs grains en dessous du maximum indiqué dans les manuels de chargement manuel.

Mais quoi qu’il en soit, souvenez-vous toujours bien que dans tous les cas, le rechargement n’est pas une affaire d’amateur auquel cas, je vous déconseille vivement de vous y essayer et qu’il convient toujours d’observer la plus grande prudence dans ce type d’opération et ce, même pour des personnes aguerries notamment, en respectant scrupuleusement les limites de sécurité fournies dans les tables de rechargement des différents fournisseurs !

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

 

 

De G à D - Comparaison d’une .22-250 Rem, 22 HORNET, .223 Rem

 

 

A gauche, une .22-250 Rem, à droite, une .223 Rem

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington UMC en 45 grains

 

 

Ici, une boîte de Winchester 45 grains

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

Dans l’ensemble, c’est une munition exceptionnelle bien connue pour être « La cartouche » pour pratiquer la chasse au coyote aux U.S.A. ainsi qu’au nuisible, mais aussi pour le petit ou moyen gibier (max. 40kg), et bien que cela ne soit pas du tout recommandé par certains, il peut également être utilisé, pour la chasse au cerf.

La cartouche propose 12% de rapidité de plus que la 222 Rem, et surtout 20% d’énergie supplémentaire avec la même balle. La trajectoire très plate permet de faire du « varminting » ou du tir aux nuisibles de petit gabarit (corvidés, mais aussi marmottes, chiens de prairies) jusqu’à 400 m voire plus, mais comme pour tous les petits calibres il sera sensible au vent.  Par contre à ces distances, elle sera rédhibitoire pour de plus gros animaux comme le chevreuil, par exemple puisqu’à 300 mètres, il ne produit en général plus que 780 Joules, et encore moins (358) à 500 mètres !

Donc, la .22-250 est essentiellement une cartouche varmint, mais elle est couramment utilisée sur les gibiers de poids légers à moyen, où son utilisation est autorisée. Cette cartouche convient parfaitement au gibier pesant jusqu'à 40 kg et jusqu'à un maximum de sécurité de 60 kg. L'ultra vélocité de cette .22 produit ses performances les plus spectaculaires à moins de 125 mètres, puis les performances de blessure diminuent progressivement. La .22-250 produit la mort la plus propre à moins de 275 mètres (au-dessus de la vitesse d’impact de 2600 ips).

Cette cartouche a développé une réputation d'effet de blessure à distance connu sous le nom de choc hydrostatique. Tout comme le calibre .308, le calibre .22-250 Rem s’appuie sur l’effet de choc hydrostatique qu’il crée lorsqu’il frappe une cible, les ondes de choc étant envoyées à travers les fluides corporels de la proie pour produire une blessure et une incapacité rapide à courte et moyenne distance. Les inconditionnels de la 22-250 Remington vous la conseilleront pour son efficacité, sa précision, sa fiabilité et sa facilité d'utilisation. Des qualités qui rendent également ce calibre idéal pour les chasseurs débutants.

En raison de sa vitesse initiale élevée, elle excelle par rapport aux cartouches de calibre .22 plus petites, telles que les .223 Remington et la 22 Hornet. Ce qui rend cette cartouche plus polyvalente que vous ne le pensez, c’est son énergie cinétique de 1 600 lb-pi en sortie de bouche. Avec de bonnes munitions, cette cartouche est une jumelle de balistique terminale avec les cartouches Winchester 30-30 et la 7.62x39mm. Mais, il est important de savoir qu'avec la .22-250 Remington, il est préférable d’utiliser des munitions à pointe fine, pour placer vos tirs directement du côté opposé à la cible, là où les organes vitaux sont situés au plus près de la peau de l’animal. Le calibre 22-250 propose une quarantaine de rechargements dont les plus classiques sont la Remington Powerlokt en 55 grains, et la Hornady en 60 grains. C’est donc un redoutable outil de régulation des prédateurs comme le renard et d’approche-affût pour les caprinés dans la limite énoncée plus haut.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

Sa capacité de tir à moyenne portée (mid-range) et son faible recul soulignent les avantages du 22-250 Remington. Plus bruyant, et avec un poil plus de recul que le 222 Rem, il est aussi un peu plus cher, et a la réputation de plus « bouffer » les canons, rançon qu’il faut souvent payer pour des vitesses élevées et surtout, si on l’utilise pour tirer beaucoup au stand de tir. En règle générale, il est conseillé d'éviter le tir rapide et prolongé, de laisser le canon refroidir entre les tirs et de surveiller son encrassement.

L’étui de la .22-250 peut contenir juste assez de poudre pour obtenir toutes les performances possibles des balles de calibre .224 sans avoir besoin d’être tirée dans des canons excessivement longs. Cet équilibre a fait du 22-250 un favori tant parmi les chasseurs varmint que chez les tireurs sportifs.

Avec un 22-250, vous pouvez faire monter en vitesse des balles plus légères jusqu'à 4000 fps, ce qui satisfait pleinement les amateurs de vitesse. Cependant, vous pouvez également ralentir les balles lourdes jusqu'à environ 3 400 fps, ce qui allonge la durée de vie du canon. Cette cartouche de calibre .224 est vraiment la seule .22 ultra-rapide qui a connu autant de succès.

Dans un fusil au canon doté en général d’un pas de rayures de 1.14, et malgré les progrès fait dans le domaine des poudres et des balles à fort coefficient balistique, l’arme supporte mal les balles « lourdes » au-dessus de 50-60 grains, et proscrit les balles légères au-dessous, ce qui oblige les chasseurs à tirer surtout des animaux de 40 à 60 kg dans la limite des 125 mètres, là où la balle sera encore dans les hautes vélocités (900m/s) et avec 1600 Joules d’énergie. Cependant, il faudra s’attendre à une réduction extrême de la précision si des cartouches plus grosses sont utilisées.

Ceci dit, une balle de 75 grains, telle que la Hornady ELD-Match, la Hornady A-Max (remplacée par la ELD-Match) avec un coefficient balistique supérieur à 0,400 et une vitesse de chargement à la main de 3 200 ips, a des facteurs de stabilité d’environ 1,2 et 1,5 lorsqu’elle est tirées dans des canons respectivement de 1: 9 et de 1: 8 pouces.

Sur 500 mètres, la trajectoire de ces balles plus lourdes est essentiellement identique à celle de la balle de 55 grains. Cependant, la déflection du vent pour la balle à 75 grains varie d’environ 1/2 pouce par tranche de 1,6 km/h (mille/h) de vitesse de vent de travers à 300 mètres, et à 2 pouces à 500 mètres et ce, par rapport à des valeurs d'environ 1 pouce et 3 pouces pour la balle à 55 grains ! Mais l'énergie cinétique de la balle de 75 grains à 300 mètres est environ 40% supérieure à celle d’une balle à 55 grains, et supérieure d'environ 80% à 500 mètres, rendant ainsi la balle à 75 grains appropriée pour le tir d’un cerf à environ 200 mètres.

 

Sa balistique en quelques chiffres :

Comparaison vitesse, énergie, tenue au vent avec ses concurrents

 

 

Autres balles :

 

Tableau comparatif avec d’autres calibres concurrents

 

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

L’intérêt pour le tir à moyenne et longue distance sur cibles a considérablement augmenté ces dernières années. Cela est dû en grande partie à la disponibilité de carabines de précision, de nouvelles cartouches optimisées pour le TLD et de superbes lunettes à puissance variable et à grossissement élevé avec des réticules balistiques très élaborés. Sans oublier les logiciels ou applications balistiques peu coûteux, des balles lourdes pour les calibres à coefficient balistique élevé et des canons personnalisés de qualité avec des pas de rayures conçus pour stabiliser au mieux les balles.

Des sociétés telles que Berger, Lapua, Sierra, Hornady, et d’autres proposent désormais des balles avec des coefficients balistiques supérieurs à 0,250. Ces balles offrent des trajectoires plus plates, une déviation réduite du vent et des énergies de frappe supérieures et qui peuvent produire des groupements sous le MOA, à plus de 300 mètres voire même sous le ½ MOA sur 200 mètres.

La plupart des carabines varmint à verrous de calibres .22 sont livrées d'usine avec des canons au pas de rayures relativement lents tels que les 1: 12 ou 1: 14 pouces qui conviennent davantage aux balles pesant jusqu’à environ 55 grains, et pouvant être utilisés avec des balles en plomb à gaine de cuivre.

Afin de garantir une stabilité adéquate avec des balles plus lourdes, un pas de rayures de 1: 9 ou 1: 8 pouces est requis. En effet, des balles à 55 grains telles que les Hornady V-Max avec un coefficient balistique d’environ 0,265, chargées à une vitesse de 3 680 fps ont un facteur de stabilité d’environ 0,8 à 1,10 lorsqu’elles sont tirées dans des canons au pas de 1: 14 ou 1: 12 pouces. La vitesse initiale des munitions d’usine variant d’environ 3 000 à plus de 4 000 pieds par seconde avec des coefficients balistiques d’environ 0,170 à 0,260.

Toutefois, au-delà de 300 mètres, l’énergie cinétique diminue rapidement et les effets combinés de la chute de balle et de la déflexion du vent réduisent les bonnes probabilités de toucher la cible avec grande précision. Afin d’aplatir la trajectoire, de minimiser la déviation du vent et de maximiser l’énergie de frappe à longue portée, il est nécessaire de disposer de balles épurées et de canons à rotation rapide qui les stabilisent. Ceci dit, la vitesse élevée (souvent supérieure à 1000m/s) augmente malheureusement l’usure du canon qui doit être d’excellente qualité.

 

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Cible avec 1 groupe de 5 tirs à 100 Yds. Il n’y a pratiquement qu’un trou !

 

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 300 yards

 

 

 

 

 

 

La balistique pour le tir sportif et le mid-range :

 

 

A titre d’exemples, voici des simulations balistiques tirées du simulateur du site gundata.org entre la .22-250, une .223 Rem et une .243 Win en 55 grains de manière à pouvoir opérer des comparaisons en conservant la même masse d’ogive, mais également avec une .243 Win en 95 grains, pour la différencier.

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .223 Rem

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage fait à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Nous voyons clairement apparaître que jusque 160 yards (146 m), le drop des deux cartouches est strictement identique et que la .22-250 Rem prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’aux 300 yds, et aussi que la balistique de la .22-250 Rem reste supérieure à la .223 Rem en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie. En tant que telle, la .22-.250 Rem. pourrait être chargée pour dupliquer voire même, surpasser la .223 Rem ! On notera quand même que vous ne pouvez pas vous attendre à ce que la vitesse plus élevée d'une balle plus légère compense complètement un faible coefficient balistique.

Enfin, pour tirer pleinement parti de la cartouche .223 Remington, il vaut mieux vous équiper d’un fusil avec un canon aux pas de rayures de 1: 7 ou de 1: 9 pouces et d’utiliser des balles de 55 grains et plus avec des coefficients balistiques supérieurs à 0.260.  Mais ceci n’est pas toujours vrai non plus !

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem.

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons qu’à masse égale, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste strictement identique sauf qu’au-delà de cette distance, la tendance va s’inverser puisque cette fois, le drop de la .243 Win prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais attention, la balistique de la .243 Win lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie.

 

Tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem 95gr

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons que malgré la masse supérieure (95 grains) de la .243 Win, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste de nouveau pratiquement identique sauf que la tendance va se ré-inverser puisque cette fois, le drop de la .22-250 Rem va reprendre dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais aussi que sa balistique lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne la vitesse. Par contre, la .243 Win lui sera toujours supérieure tout au long de sa trajectoire en ce qui concerne l’énergie déployée.

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

La cartouche .22-250 était le calibre de tir le plus utilisé pendant de très nombreuses années, jusqu'à ce que notamment, le 6 mm PPC la déclasse quelque peu. Ce calibre conçu en 1950 a connu un succès immédiat partout, et même chez les militaires puisqu’il s’est même substitué sous sa forme voisine (223 Rem) rapidement au 7,62 OTAN.

La .22-250 continue d'offrir d'excellentes performances et une bonne précision aux tireurs d'aujourd'hui. C'est une cartouche très polyvalente et flexible, offrant une gamme de poids de balles et de spectres de vélocité. Avec une bonne gamme de munitions d’usine, de composants de rechargement, et pas si chers, ce calibre sera encore disponible pendant de nombreuses années.

La plupart des propriétaires de .22-250 sont d’accord pour dire que leur cartouche convient parfaitement au gibier moyen et donc, certains chasseurs la trouveront sans doute idéale pour certaines espèces locales jusqu’à une portée supérieure à 300 mètres puisqu’il existe tout simplement des dizaines d’espèces de gibier dont le poids corporel rentre dans la catégorie des 40 kg.

Les tireurs, sportifs quant à eux, la trouveront redoutable de précision et pour s’en servir pour performer en mid-range à faible coût.

Comme beaucoup d'autres choses, son choix dépendra vraiment de ce que les gens préfèreront et de ce avec quoi ils se sentiront le plus à l'aise. Certains préfèreront une vitesse plus élevée ou moins de recul et une meilleure précision, d'autres une plus grande puissance de feu. Encore une fois, ce sera à vous de voir … Une chose est sûre, c’est que personne ne peut affirmer avec certitude qu’un calibre ou une arme est meilleur que l’autre, car tout se résume à une préférence personnelle.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 20:39

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Comme le temps passe vite … j’ai l’impression d’avoir publié l’article précédent, il y a juste un mois !  Trêve de plaisanteries, en parlant avec un amateur d’armes anciennes, celui-ci me faisait remarquer que ces dernières peuvent encore faire sensation sur les stands de tir surtout lorsqu’elles sont adaptées au tir sportif moderne en ayant été améliorées ou « relookées ». C’est notamment le cas du très précis mousqueton Schmidt-Rubin 1931 (abrégé Mq. 31 ou K 31), communément dénommé :  le K31.

 

 

Ici, plusieurs vues du Schmidt-Rubin K31 d’origine.

 

 

Par le biais de cet article, je vous propose donc de passer en revue les différentes possibilités de transformations de ce « vieux fusil » suisse en une carabine dédiée au TLD et qui devrait maintenir ou atteindre une précision remarquable.

 

Bonne lecture

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

Le K31 a été adopté comme fusil court un peu comme le concept du Kar98k allemand. Il a gardé les dimensions globales du K11 mais a connu de grosses améliorations au niveau de son action. Il mesure 43,1 / 2 de longueur totale avec un canon de 25,3 / 4 " qui est en fait plus long que celui de ses prédécesseurs. Un major Furrer a redessiné l’action et a dirigé d'importants travaux de changements du système Schmidt-Rubin, en imbriquant notamment le corps du verrou à l'intérieur du manchon de l’action et en divisant par deux la longueur de l'action. Cela signifie que le K31 arbore un canon plus long dans le même corps que le K11. Cela a également permis de placer un chargeur de cartouches détachable, et plus idéalement devant le pontet, améliorant ainsi l’équilibre et la maniabilité de l’arme. Il est largement admis que le K31 avec sa munition GP11 est l’un des fusils à verrou à action des plus précis de l’ère de la seconde guerre mondiale et qui plus est, il est reste disponible à prix modéré sur le marché des collectionneurs et des tireurs à petit budget. 

 

Historique des modifications :

 

Au cours de sa production, plusieurs modifications ont été testées, rejetées ou apportées au K31.

1934    Le percuteur a été allégé.

1935    Le récepteur était en acier trempé.

1936    Le chargeur était en acier trempé.

1941    Les crosses en contreplaqué stratifié ont été testées mais rejetées.

1944    En raison de la pénurie d’approvisionnement, l’acier au chrome-molybdène a été

             utilisé à la place de l’acier au chrome-nickel sur diverses pièces. Cette expérience

              s'est avérée infructueuse.

1946     À partir du numéro de série K31 868 901, les crosses en bois de hêtre ont remplacé

             le noyer utilisé auparavant.

 

Notons également que bien que le K31 soit un fusil à traction directe largement inspiré des fusils et carabines de service suisses précédents, le « Schmidt – Rubin K31 » n'a pas été conçu par le colonel Rudolf Schmidt (1832-1898), car il n'était plus en vie en 1931. Eduard Rubin (1846-1920), ingénieur en mécanique, est le concepteur des munitions suisses 7,5 × 55 mm pour lesquelles les fusils de service suisses et le K31 ont été chambrés. Le modèle de mousqueton 1931 était un nouveau modèle créé par la Eidgenössische Waffenfabrik à Berne, en Suisse, sous le colonel Adolf Furrer (1873-1958). Le modèle 1931 de Karabiner a remplacé le fusil modèle 1911 et a été progressivement remplacé par le Stgw 57 à partir de 1958.

Ce fusil est donc resté en service jusqu'en 1957, date à laquelle, il a été remplacé par la nouvelle génération Sturmgewehr. Sa précision fantastique l’avait néanmoins maintenu au sommet pendant toutes ces années jusqu'à ce que l'augmentation de la cadence de tir devienne la préoccupation principale des militaires. Les modèles 1931 de Karabiner étaient dotés de bretelles, de bouchons de bouche, de baïonnettes détachables, de kits de nettoyage, et de pochettes pour emporter les cartouches.

Dans les années 1950, une variante, modifiée élaborée du Karabiner Model 1931, a été mise au point pour une l’utilisation spécifique d’un tireur isolé qu’on qualifierait aujourd’hui, de sniper. Ce fusil n’a finalement pas été fabriqué en tant que variante du modèle 31, mais bien comme fusil de tireur d’élite Zielfernrohr Karabiner 55 (ZfK55).

 

Ici, un ZfK55

 

Il comportait un viseur télescopique de 3,5 × 22, fabriqué par Kern, réglable de 100 à 800 m par incréments de 100 m. Le ZfK55 pèse 6,1 kg (13 lb)) vide avec le viseur télescopique monté (lunette) et a une longueur totale de 1 210 mm (47,64 in). Le ZfK55 n’a que quatre petites pièces en commun (la pièce d’armement, le percuteur, le ressort de percuteur et l’extracteur) avec le mousqueton Modèle 1931. Les supports de visée télescopiques font partie intégrante du récepteur. Le viseur télescopique 3,5 × 22 est doté d'un support à dégagement rapide intégré et qui se « connecte » aux supports sur le côté gauche du récepteur. Toute l’action du ZfK55 est inclinée à un angle d’environ 15 degrés pour laisser de la place au chargement et à l’éjection des cartouches non altérées avec le viseur télescopique monté. L'inclinaison de l'action et du chargeur a également permis au viseur télescopique de mieux s’aligner ou de se centrer sur l'action. Au total, 4.150 ZfK55 ont été fabriqués.

Comme les suisses ont une armée de milice où les soldats gardent parfois leurs fusils de service toute leur vie, de nombreux fusils et systèmes de visée (dioptres) se sont retrouvés sur le marché secondaire. Waffenfabrik Bern a créé les systèmes de dioptrie "S" et "K" (Klammer), "W" dioptres et Furter, Haemmerli et Gruenig et Elmiger ont également fabriqué de rares correcteurs spéciaux pour l’élévation, ainsi que de nombreux autres correcteurs pour l’altimétrie, et encore aujourd'hui, une société portant le nom de Swiss Products située aux États-Unis s’est spécialisée dans un système de dioptrie récemment approuvé pour les matches de tir officiels en Suisse.

 

Disponibilité

Depuis 2010, les arsenaux suisses sont épuisés et les fusils maintenant disponibles à la vente le sont souvent grâce à un surplus militaire. Mais, les armuriers continuent à vendre des fusils appartenant également à des civils suisses qui s’en débarrassent. Les crosses sont généralement dans un état moyen, mais le canon et le verrou sont généralement en très bon état, car les suisses ont utilisé une graisse spéciale connue sous le nom de Waffenfett à la place de l'huile de nettoyage et les munitions émises étaient non corrosives.

Certains K31 peuvent même être trouvés avec des "étiquettes de cavalier" sous la plaque de fixation en acier à l'arrière de la crosse, révélant ainsi le nom de son ancien utilisateur du gouvernement suisse. De nombreux collectionneurs de K31 ont récupéré cette petite étiquette de papier plastifié contenant l'unité militaire, le nom, l'adresse et le numéro de pension du citoyen suisse à qui le fusil avait été remis.

 

Usage civil

En Suisse, le modèle de mousqueton 1931 est, comme d’autres (ex) fusils de service suisses, utilisés pour participer à des matches de tirs à la cible. La pratique récréative avec des armes à feu est une forme de loisirs populaire et qui était même encouragée par le gouvernement du moins, jusqu’il y a peu. Le tir à la carabine suisse typique (Eidgenössisches Feldschiessen) est effectué avec une (ancienne) carabine de service suisse à une distance de 300 m, et à plat ventre. Dans d’autres pays, le K31 est encore souvent utilisé dans des matches de fusils d'époque. Par conséquent, de nombreux tireurs de compétition sont toujours capables de réaliser des groupes de tir de 1 MOA avec ce dit  « vieux fusils ».

Mais avec ce fusil, le concept d'élévation de la ligne de visée du K31 standard est quelque peu non conventionnelle et conçue pour une position centrale (point de visée = point d'impact) à 100 m et à 200 m avec les munitions GP11. Puis, commençant à 300 m et, à des distances plus éloignées, le tireur doit viser sous le bas de la cible, de manière à ce que le point de mire avant soit juste à l'écart. Pour le tir à la cible à 300 m, cela signifie que la ligne de visée est conçue pour permettre aux munitions GP11 de frapper à 30 cm du point de visée sur un diamètre de 60 cm. Combinés aux munitions GP11, les réglages des 300 m et 400 m peuvent également être utilisés comme bases de départ pour les 500 m.

 

La métamorphose de votre vieux fusil en carabine TLD

On a déjà touché un mot de la mécanique «Swiss Made» qui est robuste, simple et avec une précision qui n’est plus à démontrer. Mais un autre « plus » est le prix de ce type de fusil traction droite (le tireur a juste besoin de tirer et de pousser la poignée de charge horizontalement pour pouvoir utiliser le fusil) qui est devenu très abordable. Malgré qu’en règle générale, un fusil à traction droite est plus rapide qu'une action normale, mais aussi plus volumineux et donc plus coûteux à produire. Néanmoins, vu la quantité disponible de ces fusils sur le marché, son prix est d’environ 400€ pour un fusil en bon état. Par conséquent, il peut très bien faire la joie d’un « newbie » en TLD pour faire ses premières armes (c’est le cas de le dire J), et de s’essayer à la discipline sans bourse déliée … ou presque. Du moins, c’est ce que nous allons voir ou vérifier.

 

Le matériel nécessaire :

Par exemple, et pour commencer, il faut savoir que le montage d'un viseur télescopique n'est généralement pas facile à monter sur cette arme du fait de la conception même de l'action. En effet, il vous faudra acquérir et monter un rail d’acier (ou en alu) adapté pour accueillir le montage de votre lunette. En effet, seul le modèle ZfK55 était destiné aux tireurs d’élite et était rehaussé d’origine d’une lunette escamotable. Par contre, dans le cas qui nous occupe, rien n’était prévu pour utiliser le K31 à cet effet. Résultat, il va vous falloir, soit être astucieux et bricoleur soit, faire appel à un armurier professionnel voire même, à un artisan armurier qui devra s’en est charger, et dans ce cas, il vous faudra y mettre le prix !

De manière générale, et bien que certains accessoires nécessaires à la transformation de ce fusil existent et peuvent être achetés en armurerie ou sur le Web, le montage ne sera pas si simple que cela ni, si bon marché que ça. N’espérez donc pas vous lever un beau matin avec l’idée d’avoir votre carabine TLD en deux temps, deux mouvements et encore moins, d’aller tirer vos premières cartouches l’après-midi !

 

Néanmoins, voici le type de résultat que l’on peut espérer obtenir grâce à ces transformations:

 

 

 

 

 

 

Les accessoires :

Comme déjà dit en ce qui concerne les éléments et accessoires de ce fusil, le seul problème, c’est qu’à l’origine, rien n’est prévu pour les monter et les intégrer au K31. Néanmoins, ces accessoires existent bel et bien. Les voici :

 

  1.  Le montage  -  A ma connaissance, il en existe de quelques types :

 

             a)  Celui qui vient s’emboîter et se fixer sur le bloc-culasse

          

   Le montage excentré comme celui-ci  (+/- 150 €)

 

 

 

Le montage avec colliers centrés comme celui-ci (+/- 385€)

 

 

Le montage latéral « Picatiny »

 

 

Comme vous pouvez le constater, le rail s’installe légèrement sur le côté, ce qui permet de charger l’arme en introduisant le chargeur prévu à cet effet par le haut et non pas, le magasin qui se place en dessous, devant le pontet. S’il n’y avait pas ce décalage, le fusil éjecterait les douilles directement contre le tube de la lunette. Ce décalage permet également l'utilisation des organes de visée. L'inconvénient est que lorsque vous portez le fusil en bandoulière pour la chasse, la lunette vient heurter votre dos ou votre cage thoracique et qu’il s’en trouve un peu plus déséquilibré. En principe, c'est un rail à queue d'aronde ou un Picatinny, selon le système adopté, mais on souhaiterait quand même que ce rail soit un peu plus long afin d’avoir plus d’options de montage, et un dégagement oculaire parfait.

 

b)  Il y a celui qui vient se fixer sur la hausse du fusil, mais moins pratique en visée

 

 

            c)  Le montage picatinny pour K31 sur l’avant de l’arme (+/- 170€)

 

 

 

 

      2. Le bipied

 

  1. Notons qu’il y a moyen de monter un bipied de type « Harris » si l’on mortaise quelque peu lapartie inférieure du bois du fusil en y insérant la contre-attache de fixation. Il est conseillé defaire réaliser ce travail par un pro au risque de rater le travail et d’abîmer la longuesse du fusil.

 

  1.  Mais il existe également un système de bipied (+/-140 €) avec son adaptateur (+/- 85€)

 

 

 

 

 

3. Le frein de bouche (+/- 120€)

 

Attention au coup de lunette dans l’arcade sourcilière si vous gardez la crosse d’origine qui est plutôt courte ! C’est qu’en plus, ça cogne quand même pas mal, ce 7.5 x 55. Et donc, un frein de bouche serait également souhaitable, mais n’existant pas en tant que pièce d’origine, on peut quand même en trouver sur le marché, et au surplus ils sont vraiment efficaces, s’intègrent parfaitement, et leur qualité est excellente. En général filetés, on trouve également une version avec un système de « pince » qui est légèrement plus cher, mais plus facile à monter. Pour ce frein de bouche, certaines firmes US ont eu l’idée de fabriquer leur propre modèle. C’est ainsi que l’on peut trouver chez Brownell’s le modèle suivant :

 

 

 

Le voici monté sur le canon du fusil

 

 

 

4. Le sabot

 

La cartouche suisse en 7.5 × 55 est plutôt pénalisante pour l’épaule du tireur et la plaque de fixation en acier du K31 située à l'arrière de la crosse n’aide en rien à atténuer le recul et le choc. Donc, une plaque de protection en caoutchouc accompagnera utilement le frein de bouche et permettra d’allonger un peu la crosse en amortissant le recul des tirs. Une option pas chère (entre 5 et 15 €) et facile à mettre en œuvre est très certainement l’utilisation d’un sabot amortisseur de recul de crosse de MAS 36 (il en existe 3 ou 4 types, selon l’épaisseur désirée) et qui s’adapte « comme un gant »  à la crosse du K31. Cela fonctionne super bien et ce, sans aucune autre forme d’adaptation.

 

 

 

 

Nota bene :

 

Le canon du K31 ne flotte pas librement, aussi des modifications de la crosse et / ou garde-main sont également souhaitables. Par contre, la détente à deux niveaux du K31 est plutôt bonne, pratique et n’a pas besoin de modification.

 

Vous trouverez d’autres renseignements, vidéos ou photos qui vous seront d’une très grande utilité pour mener à bien ce genre de transformations en surfant sur les liens que je vous ai fournis en fin d’article.

 

 

 

Le coût – Un petit récapitulatif des prix des accessoires :

 

Au niveau du coût total de l’opération et ce, en faisant tout vous-même, vous aurez :

 

1 mousqueton K31 en bon état :        400 €

1 montage avec colliers centrés :       385 €

1 adaptateur de bipied :                        75 €

1 bipied Harris moyen :                     140 €

1 Bushnell Elite 3200 10 x 40 :         350 €

1 frein de bouche :                             120 €

1 sabot de Mas 36 :                              15 €

                                                           _____

Total :                                              1.485 €        

 

 

Comme vous l’aurez remarqué, j’ai chiffré grossièrement tout cela au prix planché (sans les frais de port, etc.). Si en plus, vous ajoutiez à ce montant, ne fût-ce que 250 € de main-d’œuvre pour l’une ou l’autre opération de montage réalisée par un armurier, vous arriveriez facilement à un total de 1.785 € !  

   

 

 

Le résultat final obtenu :

 

La carabine « relookée » est particulièrement stylée, et ce qui ne gâte rien, elle est fiable, facile à utiliser, à entretenir, et elle tire vraiment précis. D’autre part, il existe une abondance de munitions et de pièces de rechange sur le marché. Et donc, preuve en est qu’il y a moyen de convertir avec succès un fusil militaire vieux de plus de 70 ans en une très bonne arme polyvalente, et qui peut également être dédiée à la pratique du TLD.

 

 

Voici quelques belles réalisations trouvées au hasard de mes recherches sur le net :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, voici une superbe réalisation d’une carabine sur base de crosse et châssis en polymère

 

 

 

 

Et, last but not least, le groupe Sureshot Armament Group (SAG) a mis au point un châssis modulaire en aluminium pour le fusil K31. Ce châssis transforme ce vieux fusil classique en une véritable carabine tactique moderne. Le châssis de carabine SAG Lightweight K31 est fabriqué à partir d’aluminium dur anodisé par usinage CNC qui ne pèse que 2 livres, 13 onces.

 

 

 

 

Il dispose d’un appui-joue et coussinet réglable, avec une plage de réglage de trois pouces. L'installation du K31 dans cette crosse SAG est facile à réaliser. Aucune modification de l'action K31 n'est requise. Le châssis « enveloppe » le tireur autour du fusil, en déplaçant le verrou sous la joue pour permettre au tireur de conserver sa position pendant toute la série de tirs. La conception du châssis permet également un positionnement plus avancé de l'optique pour un meilleur dégagement oculaire.

 

Caractéristiques du châssis de fusil K31 SAG :

 

Aluminium usiné CNC avec finition mate anodisée

Installation facile à assembler

Interface KEYMOD à l'avant bout et crosse

Accepte toute poignée de pistolet de type AR

Poids total du châssis : 2 lb. 13 oz (1280 grammes)

Prix : +/-  950 €

 

 

 

Enfin pour terminer, signalons également l’existence de la crosse FTR de fusil nouvelle génération K31 Zero qui est une marque exclusivement conçue pour la carabine Schmidt Rubin K31. Elle existe en 4 configurations à partir de 420 €. K31 Zero est une entité composée de designers et de concepteurs passionnés du tir sportif et de la chasse avec des armes « Militaria ». Visiter le site, ici

 

 

La crosse FTR

 

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

Voici comment ce « vieux fusil » fait face à ses concurrents modernes dont le matériel coûte parfois bien plus cher en quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre et ce, avec des cartouches d’origine.

 

 

 

 

Ici, 2 groupes de 5 coups réalisés avec des cartouches GP11 à 100Yds

 

 

 

Autre carton réalisé à 100Yds

 

 

 

 

 

Ici, un tir réalisé à 200Yds

 

 

Ici, une cible avec 1 groupe de 15 tirs à 200 Yds

 

 

Tous les groupes sont d’environ 3/4 pouce avec le plus petit à juste plus de 1/2 pouce. Pas mal pour une « vieille pétoire », chargées de vieilles munitions. Décidément, ces vieux fusils sont encore très précis, avec ou sans lunette de visée !

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le K31 n’est pas un fusil de chasse, ni une arme de tir récréatif. C’était l’arme des soldats de l’armée suisse pendant la seconde guerre mondiale. Néanmoins, le fusil, comme beaucoup d'autres fusils de combat de la même époque, a beaucoup de potentiel et assez de flexibilité et de précision que pour pouvoir passer de la chasse, au tir sportif sans broncher. Nous venons d’ailleurs de voir qu’il y a moyen de transformer ce vieux mousqueton en une véritable carabine de TLD puisqu’elle reste incroyablement précise, mais à quel prix ?

Nous avons pu constater que ce fusil n’est pas si facile à modifier et que par ailleurs, le prix des accessoires et de l’éventuelle main-d’œuvre selon la configuration choisie pourraient finir par faire grossir votre facture jusqu’à un montant qui va avoisiner voire même, dépasser le prix d’achat d’une carabine neuve en début de gamme alors qu’avec votre K31, vous n’aurez jamais qu’un mousqueton datant de la seconde guerre mondiale.

 

Par conséquent, à l’analyse, il va rapidement s’avérer que l’assertion selon laquelle ce projet peut se réaliser sans bourse déliée est plutôt fausse. D’autre part, et titre d'autre exemple édifiant, le prix d'un chargeur supplémentaire pour le K31 vous coûtera presque le quart du prix payé pour l’achat du fusil lui-même. Cela dit, votre nouvelle configuration devrait néanmoins vous satisfaire et vous permettre de faire une incursion dans le monde du TLD, et sans doute d’ailleurs, en épatant les copains du stand avec votre travail de transformation. Et puis, ne dit-on pas que quand on aime, on ne compte pas !  A vous de voir … .

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mousqueton_1931

 

http://www.littlegun.info/arme%20suisse/arme%20ordonnance/a%20schmidt%20rubin%20k31%20fr.htm

 

https://www.thamesvalleyguns.co.uk/Schmidt%20Rubin%20K31.pdf

 

http://www.grafs.com/retail/catalog/vendor/vendorId/159

https://www.rocksolidind.com/swiss-k-31/

https://www.badacetactical.com/products/bipod-adapter-for-swiss-k31-rifle

https://k31.ch/fr/documents/manuels/choix-lunette/

http://www.army-discount.com/store/crosse-sniper-k31-tactical/

http://www.swissrifles.com/sr/sniper/

https://k31zero.com/

http://theswissriflesdotcommessageboard.yuku.com/topic/4553/t/The-mysterious-Kretzonian-K31-Bullpup-Sniper.html

http://www.swissproductsllc.com/

https://lk2236.ch/fr/product/rail-de-montage-optique-k31/

https://k31zero.com/fusil-k31-schmidt-rubin/

http://www.tircollection.com/t20178-k31-tld

http://www.tircollection.com/t22182p25-petit-suisse-custom-sur-mousqueton-k31

http://www.tirmaillyforum.com/mildot/viewtopic.php?t=200763

http://feulibre.forumactif.com/t3466-relookage-d-un-k31-pourquoi-pas-un-sniper

http://www.thecountryshed.com/schmidt_rubin_scope_mounts.htm

http://www.verbois.be/sniper_k31.htm

https://renehild-tactical.ch/produkt/hubertec-k31-sniperchassis/

http://bulletin.accurateshooter.com/2018/04/old-meets-new-modern-modular-chassis-for-swiss-k31/

https://www.thetruthaboutguns.com/a-different-approach-to-building-a-500-1000-yard-gun-part-1/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=HnX20QnirTA

https://www.youtube.com/watch?v=J3rwntye0Pg

https://www.youtube.com/watch?v=Ot7A2FKH90M

https://www.youtube.com/watch?v=IQcTd79Tr0E

https://www.youtube.com/watch?v=W-bwwBrMWTw

https://www.youtube.com/watch?v=QmqFe1SMGXw

https://www.youtube.com/watch?v=GP02hYPFKLA

http://www.youtube.com/watch?v=mstpCiJThVU

http://www.youtube.com/watch?v=5pQCKiVpVR4

http://www.youtube.com/watch?v=m7DISeueqVk

https://www.youtube.com/watch?v=qS0HMMIrYUg

https://www.youtube.com/watch?v=ITNtiRViAWg

https://www.youtube.com/watch?v=tnucPC1zFVI

http://www.youtube.com/watch?v=53B7wvOyhiM

 

 

 

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 13:34
La 6mm Creedmoor
La 6mm Creedmoor

 

 

Chers lecteurs,

 

Nous voici déjà arrivé au moment si attendu par la plupart d’entre-nous … les vacances d’été ! C’est également le neuvième anniversaire de mon blog. Comme le temps passe vite ! Mille mercis aux quelques 2. 080. 000 visiteurs uniques qui se sont intéressés à mes articles et parmi lesquels de très nombreux lecteurs me sont restés fidèles.

Ceci dit,  nous entamons cette nouvelle saison avec un article dédié au TLD puisqu’il est axé sur le calibre 6mm Creedmoor et à sa cartouche tant appréciée par les meilleurs tireurs sportifs sur longue et très longue distance.

En vous souhaitant, d’ores et déjà, d’excellentes vacances, je vous donne rendez-vous vers la troisième semaine de septembre pour la reprise de mes publications.

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

Aux États-Unis et avant les années 1950, la cartouche 6 mm / .243 pouces qui était la plus populaire était probablement la 6 mm Lee Navy, mais lorsque le calibre .308 est arrivé en 1952, l'écrivain Warren Page commença à expérimenter pas mal de projets autour de cette cartouche, et c’est ainsi qu’il développa rapidement sa propre « Wildcat » en calibre .243 (6mm).

Winchester aimait ce que cette « Wildcat » pouvait accomplir et la légitimée en 1955. La même année, Remington lançait sa propre cartouche de 6 mm, connue sous le nom de .244 Rem., basée sur la .257 Roberts. La cartouche de Remington avait un léger avantage balistique sur la  .243, et une brève guerre technique et commerciale s’ensuivit pour la domination de ce calibre 6 mm, mais la .243 l’emporta.

Depuis lors, peu de challengers sont parvenus à vraiment concurrencer ce .243, si ne n’est le rapide .240 Wby. et le malheureux .243 WSSM ainsi d’ailleurs que des cartouches comme la 6XC et la 6x47 Lapua. Mais le .243 Win. a finalement toujours été le plus largement apprécié, du moins, auprès des chasseurs.

Concomitamment, le tir à longue distance a évolué de manière constante et pendant de nombreuses années, les cartouches de calibre .30 ont dominé le terrain puis, ce sont les cartouches de 6,5 mm qui sont arrivées et qui ont pris la relève.

En fait, l'histoire du 6 mm Creedmoor a débuté en 2007 lorsque John Snow, un éditorialiste de chez Outdoor Life, a décidé d'écrire un article sur la mise au point d'une nouvelle  cartouche « Wildcat ». Grand amateur de tir à longue distance, Snow était particulièrement intrigué par la nouvelle cartouche 6,5 mm Creedmoor qui venait de sortir cette année-là. Il s’est mis au travail et a finalement décidé d'utiliser un boîtier 6.5 Creedmoor rétreint pour savoir lui faire tirer des balles de 6 mm et ce, notamment, dans le but d’élaborer une nouvelle cartouche qui occasionnerait encore moins de recul que sa cartouche mère tout en étant capable d'une précision encore plus exceptionnelle à 1.000 Yards et plus !

Alors, il est allé rencontrer George Gardner de GA Precision pour lui demander d’élaborer et de construire un fusil autour de sa nouvelle idée de cartouche Creedmoor. Il est également allé chez Hornady pour leur demander de transformer la fameuse cartouche 6.5 Creedmoor en une 6mm et de la sortir en production manufacturée.

Surnommée à l'origine le « TROU de 6 mm », Snow a associé sa nouvelle cartouche à un fusil personnalisé fabriqué par George Gardner de GA Precision en 2009. Le fusil et la cartouche ont fonctionné à merveille et la chronique de Snow concernant l'ensemble du projet est parue en août 2010 dans un numéro de Outdoor Life .

Alors que Snow était passé à d’autres projets, l’histoire du 6mm Creedmoor  ne s’est pas arrêtée là. Quelques années plus tard, Gardner réfléchissait à d’autres idées sur la manière de gagner un avantage déterminant sur ses concurrents dans les compétitions TLD et s’est souvenu du projet sur lequel il avait travaillé avec Snow. Plusieurs années plus tard, Gardner décidera de construire un fusil de type AR-10 en 6 mm Creedmoor pour disputer les tous nouveaux concours matches de précision.

Cela coïncidait avec la montée d'une nouvelle discipline de tir dénommée PRS (Precision Rifle Series - Série de fusil de précision) qui est un sport de tir basé sur l’utilisation des carabines de précision et de longue portée dérivé du tir pratique où l’on cherche à trouver un équilibre entre vitesse et précision, avec des  cibles peuvant être à la fois à des distances connues (KD) et inconnues (UKD). Les distances de tir peuvent alors varier de 10 à 1000 mètres / yards.

 

Ici, un participant à un PRS aux USA

 

Les cartouches de 6 mm/6,5mm étaient déjà utilisées dans ces compétitions mais il apparaissait dès lors déterminant d’obtenir de nouveaux avantages concurrentiels grâce à une nouvelle cartouche qui tirerait encore plus plat tout en tenant sa trajectoire par grand vent sur très longue distance (1.000Yds) et qui n’occasionnerait qu’un léger recul. Un autre « plus » était qu’elle puisse être chargée avec des balles « pleine longueur » qui pourraient fonctionner dans une carabine type AR-10 comme celle de Gardner.

Ajoutons à cela le « feeling » d’Hornady de choisir le bon moment pour enfin lancer commercialement la fameuse 6 mm Creedmoor à ce moment précis, et tout coïncidait parfaitement avec la nouvelle demande de ces tireurs, et de fait, ce fut un succès immédiat !

En effet, lors des compétitions PRS, les tireurs doivent engager rapidement des cibles à différentes distances, à plus de 1000 mètres. La compétition est chronométrée, les coups du premier tour sont donc idéaux, mais ces compétitions ne se limitent pas aux groupes de tir de petite taille. Leur capacité à effectuer rapidement des suivis et à corriger rapidement les manquements est également extrêmement importante. Les tireurs ne peuvent pas non plus utiliser des balles plus grandes que celles tenant du calibre .308 ″ ou avec une vitesse supérieure à 3.200 pieds par seconde. Pour ces raisons, le tir plat, le calibre moyen, la grande vitesse, les cartouches à faible recul avec une longue durée de vie du canon ont un gros avantage déterminant dans ces compétitions. Tout ces critères « collaient » parfaitement avec l’utilisation d’une 6 mm Creedmoor et donc, la demande pour la nouvelle cartouche a augmenté rapidement au cours des années suivantes.

 

 

Ici, un tireur participant à une des épreuves PRS

 

Mais bien que le 6mm Creedmoor était devenu très populaire parmi les concurrents de PRS, finalement, il s’agissait d’un marché relativement petit comparé à l’entièreté de la population des tireurs américains. Cependant, la cartouche a également commencé à faire son petit bonhomme de chemin dans la communauté des chasseurs. En 2014, Gardner s'est engagé auprès de Hornady à effectuer un premier achat de 100.000 douilles de 6 mm Creedmoor afin de démarrer une production à plus grande échelle pour satisfaire le marché.

En 2017, vu la demande croissante aux États-Unis,  Ruger et Hornady ont décidé d’en tirer parti et ont aussi commencé à vendre des munitions matches et des balles de chasse ainsi que des fusils 6mm Creedmoor d'usine.

Depuis lors, la demande pour la nouvelle cartouche a continué d'augmenter et Browning, la Montana Rifle Company, Nosler et Savage se sont associées à Ruger pour la production de fusils en 6 mm Creedmoor.     En plus de Hornady, Barnes, Federal, Nosler et Remington produisent actuellement des munitions d'usine en 6 mm Creedmoor également. À la fin de 2018, Federal est aussi entré dans le monde du 6mm Creedmoor avec sa Berger Gold Medal à 105 grains. Berger a depuis longtemps une bonne réputation dans la fabrication de balles à haut coefficient balistique pour assurer des tirs précis à longue distance, et Federal est le seul grand fabricant à charger du Berger à ce jour.

En Europe, c’est avec un peu de retard que la cartouche et les carabines qui vont avec commencent à se commercialiser un peu plus et notamment, via le Ruger Rifle Precision. Mais il faut bien dire que dans nos contrées, il est rare de pouvoir tirer au-delà des 600 mètres, et qu’à ma connaissance, la discipline PRS n’existe toujours pas de manière officielle chez nous, même si quelques initiatives de « French Precision Series » ou autres, de-ci de-là, ont déjà vu le jour en Europe (voir liens vidéo en fin d’article).

 

 

Ici, une autre position de tir prise lors d’un PRS

 

 

La cartouche

 

 

 

Le 6.5 Creedmoor s'est fait un nom dans le tir de précision longue portée, mais le plus récent 6 mm Creedmoor lui donne tout son potentiel.

Pour rappel, le 6.5 Creedmoor est constitué d’un étui .30 rétreint à 6,5 mm (0,264 pouce) et avec un épaulement à 30 degrés repoussé de 0,022 pouce. En effet, en raison du rétrécissement du corps de l’étui, le fait de repousser l'épaule diminue le diamètre à la jonction corps / épaule de 0,002 pouce. Sinon, les deux douilles sont pratiquement identiques, y compris avec une longueur maximale de 1,920 pouces. Ce qui est plus court que celui du .243 Win., qui est de 2,045 pouces. Et donc, si vous adaptez une 6.5 Creedmoor pour des balles de 0,243 pouce,  vous obtiendrez une 6mm Creedmoor. Son étui peut contenir 50 grains d'eau, contre 54 grains pour la .243 Winchester, et 47 grains pour le 6 mm Lapua alors qu’il est plus court que celui de la .243 Winchester et que la 6 mm Remington.

En tout état de cause et déjà à la base, le concept de la Creedmoor consistait à optimiser la longueur de la cartouche pour une utilisation dans un fusil à action courte avec des balles lourdes et longues afin de  privilégier des tirs à longue portée. Le pas de la chambre, l'angle de la gorge et le taux de rayure sont également optimisés pour ces balles. Le taux de rayure recommandé par Hornady pour la 6 mm Creedmoor est de 1: 7,5 pouces. A titre d’exemple, le Ruger Precision utilise un taux de torsion de 1: 7,7 pouces.

Avant l’introduction des nouvelles catégories de balles de 6 mm, la charge utile pour le 6mm Creedmoor était de 42,2 grains de H4350 entraînant une 105 grains Berger hybride. Celle-ci reste une charge redoutable et très compétitive malgré l’arrivée de ses nouveaux concurrents.

Comme vu ci-dessus, les deux cartouches 6 mm et 6,5 Creedmoor ont les mêmes dimensions, à l'exception du diamètre du col et des modifications correspondantes apportées à l'épaulement. Les cartouches comportent une base d’étui de diamètre .473 pouce, similaires à la famille des cartouches .30-06 Sprg.

La 6 mm Creedmoor a une longueur totale de cartouche de 2,7 pouces, ce qui l’optimise aussi pour s’adapter à une action courte standard, mais qui reste plus longue que celle de la .243. En effet, l’étui du 6mm Creedmoor  est de 0,125 pouce plus court que celui du .243 Win, mais la longueur totale de la cartouche est plus longue de 0,09 pouce.

La pente de l'épaulement à 30 degrés est un avantage car cela permet de préserver une meilleure durée de vie du laiton que ceux des .243 Win. et autres .308 Win qui sont moins profonds. Au surplus, les cartouches dotées de cette forme sont très efficaces puisqu’elles permettent d’atteindre des vitesses équivalentes à celles d’autres cartouches capables de contenir plus de poudre. En outre, le long cou de la 6 mm Creedmoor offre une grande surface pour contenir la balle, procurant ainsi une bonne et constante tension du collet et donc, in fine, une précision accrue. Sachez qu’en fonction de la poudre, du poids de la balle et de la longueur du canon, la 6mm Creedmoor offre une vitesse initiale en sortie de bouche allant de 3 000 pieds / seconde à 3 150 pieds / sec. À ces vitesses, vous obtenez non seulement une excellente performance, mais aussi une bonne durée de vie du canon.

 

Ses dimensions (1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques (1 " = 25,4mm) :

 

 

Les deux cartouches sont très similaires dans de nombreux aspects. Elles comportent toutes les deux une balle de même calibre et ont des diamètres de base et de collet presque identiques. Elles diffèrent par la longueur de leur étui, alors que celui de la .243 est légèrement plus long.  La 6 mm Creedmoor utilise souvent des balles plus longues, mais plus stables sur le plan aérodynamique. La capacité de l’étui diffère légèrement entre ces deux cartouches, mais elles ne seront pas chargées avec leur quantité maximale de poudre.

 

Comparaison des 6mm et 6,5 Creedmoor avec une .308 Win.

 

De gauche à droite, une 6 mm BR, .243 Win, 6 × 47 Lapua, 6mm Creedmoor,

6,5 × 47 Lapua, 6,5 Creedmoor, 260 Remington et une .308 Winchester

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Hornady Match Ammunition

 

 

Ici, une boîte de Barnes Precision Match en 112 grains

 

Ici, une boîte de Hornady Match en 108 grains

 

 

 

Les données de rechargement que l’on peut trouver en ligne pour une 108 grains ELD parlent de plusieurs poudres qui seraient appropriées. Il s’agit de la H4350, Varget et Reloader 22 qui restent des choix très populaires. Par exemple, la charge minimale indiquée serait pour de 35,4 grains pour la  H4350 et qui serait suffisante pour obtenir la valeur de 2700 ips. La charge maximale serait de 40,7 grains pour obtenir 3000 ips. Quoi qu’il en soit, je conseille vivement à tous les « reloaders » de consulter et respecter scrupuleusement les tables de rechargement et surtout, de bien respecter les coefficients et les limites de sécurité que les fabricants préconisent. Il faut d’autant être prudent que la littérature sur le sujet se veut encore plutôt rare, prenez impérativement l’avis de votre armurier avant de tenter quoi que ce soit !

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

En matière de balistique, le calibre 6mm Creedmoor est le roi du peloton et est d’ailleurs utilisé par la plupart des 50 meilleurs tireurs PRS. C’est tout dire !

Dans le PRS, les tireurs se battent contre la montre pour toucher des cibles en acier qui valent différentes valeurs en points, selon leur difficulté. Chaque tireur aspire être au top dès les tirs du premier tour qui valent généralement plus de points, mais la capacité de repérer les « manqués » et d’apporter des corrections rapides aux coups suivants est une compétence qui sépare les meilleurs concurrents du reste du peloton. En fonction du temps imparti, il peut s'agir d'un sprint pour engager toutes les cibles en une étape, ce qui peut faire varier les distances de tir de 10 à 1.300 mètres ! Un tir rapide est donc indispensable. Une bonne cartouche « PRS » se doit de tirer à plat, de ne pas frapper le tireur avec son recul, d’utiliser des balles avec un très bon BC et qui savent contrer le vent, et de ne pas avoir une vitesse initiale supérieure à 3 200 fps afin de ne pas endommager les cibles. Les 6mm Creedmoor font donc parfaitement l'affaire pour tout cela.

 

Ici, un tireur participant aux épreuves PRS

 

En effet, la 6 mm Creedmoor est une cartouche qui a été conçue pour un objectif spécifique: le tir de précision à très longue distance. Le but pour ce calibre étant de lancer une balle longue, aérodynamique et lourde à une vitesse suffisante que pour pouvoir rester supersonique bien au-delà des 1.000Yds, raison pour laquelle, elle est actuellement la plus populaire de la compétition Precision Rifle Series.

L'offre initiale de Hornady est une ELD-Match de 108 gr. qui a un BC impressionnant de 0,536 (G1), un SD de .261 avec une vitesse correspondant à 2960 ips en sortie de bouche d’un canon de 24 pouces. C'est donc une balle de 6 mm très lourde, mais qui a une longueur totale qui fonctionne néanmoins correctement dans des carabines à actions courtes.

Voici ses valeurs de vitesse et d'énergie à partir d'un canon de 24 pouces (vitesse en pieds/sec / énergie) :

2960 i / s en sortie de bouche, 2786 pieds/sec. à 100 Yds, 2618 pieds / s. à 200 Yds, 2456 pieds / s. à 300 Yds, 2299 pieds / s. à 400 Yds, 2148 pieds / s. à 500 Yds.

Voici les chiffres de la trajectoire (drop) de la Hornady pour cette charge avec zérotage à 200Yds :

+1,5" à 100 Yds, 0 à 200 Yds, -6,6 " à 300 Yds, -18,9" à 400 Yds, -37,8 "à 500 Yds.

Cette cartouche place donc le nouveau 6 mm Creedmoor bien au-dessus de toutes les cartouches de 6 mm telles que les .243 Winchester, 6 mm BR, 6 mm Rem., 6 mm Lapua, 6 mm PPC, 6x47 mm, etc.

 

Quelle est la donc sa différence avec la 6,5 mm Creedmoor ?

Le 6,5 mm Creedmoor (presque identique à la .260 Remington mais avec un étui contenant 5 % de poudre en moins) est probablement la cartouche la plus utilisée et la plus populaire aux USA, mais faut savoir qu’il existe depuis plus de 11 ans. Quant à la 6 mm Creedmoor, elle existe depuis près d'une décennie également puisque John Snow, George Gardner et Hornady lui ont permis de voir le jour un ou deux ans par après.

Les deux cartouches Creedmoor ont les mêmes dimensions à l'exception du diamètre du col et des modifications correspondantes apportées à l'épaulement. La longueur totale maximale est de 2.8 pouces (SAAMI), mais si un chargeur devait être utilisé alors, une longueur de 2,830 pouces est à peu près optimale pour obtenir une alimentation sans problème. Et comme nous l’avons vu, la 6,5 mm Creedmoor  a été conçue pour une précision à longue portée, et bien au-delà des 1 000 Yds. Ce principe s’applique encore plus à la 6 mm Creedmoor. Mais, si sur le papier, la 6.5 Creedmoor bat légèrement sa progéniture vers les 300 à 500mètres, un bon tireur qui sait lire et corriger le vent et le « mirage » pourra faire des matches tant avec l'une que l'autre.

 

Ici, la comparaison de la 6.5 Creedmoor avec la 6mm Creedmoor

 

Alors que l'un des points forts du 6,5 mm Creedmoor, lorsqu'il est couplé à des balles aérodynamiques, est qu’il reste supersonique sur une grande distance sans frapper trop dur l’épaule du tireur, le 6 mm Creedmoor, lorsqu'il est également associé à une balle aérodynamique, offre aussi des performances tout à fait exceptionnelles puisqu’il reste stable sur une distance encore plus longue, mais à cette différence près, c’est qu’il occasionne un recul plus faible que son aîné.

 

Mais pourquoi opter pour le 6 mm Creedmoor plutôt que pour le  6,5 Creedmoor ?

La réponse est simple: pour sa vitesse ! Bien sûr, le recul le plus faible est un vrai avantage lorsque vous êtes un tireur compétitif et/ou que vous essayez de repérer vos propres coups, mais ce n’est pas le seul car la balistique terminale s’améliore aussi avec la vitesse. En effet, si la balle vole plus vite, la gravité a moins de temps pour agir sur elle. L’accélération de la gravité fait tomber une balle au sol à une cadence de 32 ips. Donc, plus le vol est long, plus la chute est rapide, et plus la courbe de trajectoire devient raide. Avec une courbe de trajectoire (drop) plus nette avec une balle plus rapide, la marge d'erreur devient un peu moins grande à une distance donnée. Exemple, sur le site Internet de Hornady, on peut voir que la 6 mm Creedmoor 108 grains est 250 ips plus rapide que la 6.5 Creedmoor avec sa charge de 140 grains.

Cela signifie que la 6 mm Creedmoor se déplace à plus de 100 Yds / sec  plus rapidement que la balle de 6,5 lorsqu’elle sort de bouche. La 6.5 voyage à 721 yds dans sa première seconde de vol tandis que le 6mm couvre 773 Yds. Par conséquent, si on pouvait faire coïncider le coefficient balistique pour qu’il soit identique aux deux cartouches, la 6 mm couvrirait 804 Yds dans la première seconde et donc, il y a un avantage balistique pour le 6mm, du moins en trajectoire. CQFD !

Dans les compétitions de TLD, la capacité du tireur est bien plus importante que de légères différences dans les performances de différentes cartouches. Mais, même les meilleurs tireurs seront mieux en mesure de remporter la palme lorsqu'ils tirent des cartouches encore plus faciles à tirer et donc, bien que les deux cartouches correspondent à cette description, le recul plus léger de la 6 mm Creedmoor lui confère une longueur d’avance. On ne peut évidemment pas en dire autant non plus des cartouches similaires basées sur la .308 Win comme les .260 Rem et les .243 Win.

En fait, les deux calibres Creedmoor sont facilement capables d’une précision inférieure à une 1/2 minute. Le facteur limitant en précision avec les deux cartouches sera l’atmosphère (par exemple, le vent) et la compétence du tireur.  Lorsque vous engagez plusieurs cibles à des distances variables, la trajectoire plus plate permettra quand même des ajustements plus rapides ou des corrections plus petites.

Pour le tir à extrême longue portée, les 6mm et 6.5 Creedmoor maintiennent un vol supersonique sur des distances importantes puisque les deux cartouches entreront dans des vitesses subsoniques à environ 1.450-1.500Yds, en fonction de l’atmosphère dans laquelle elles évoluront. La portée étendue à laquelle les deux cartouches restent supersoniques contribue à améliorer la stabilité des balles et une probabilité accrue de toucher à des distances supérieures à 1.000 mètres.

La vitesse plus élevée de la balle de 6 mm signifie que le temps pendant lequel le vent lui transmettra une force est moindre. Cependant, en raison de la masse plus lourde et du coefficient balistique plus élevé de la balle de 6,5 mm, la force nécessaire pour déplacer le projectile sera plus élevée.

Les 6 mm et 6,5 mm Creedmoor sont tous deux des cartouches à recul léger et faciles à tirer. Cela dit, le 6mm Creedmoor a nettement moins de recul. En l'absence de frein de bouche, l'un des avantages du recul inférieur est qu'il peut être plus facile pour repérer le tracé de la balle et de revenir plus rapidement à la cible. Mais, l'énergie cinétique est l'un des critères où le 6.5 Creedmoor a un net avantage (il augmente de près de 20% à 1000 Yds par rapport au 6mm) et de fait, c’est toujours mieux d’avoir plus d’énergie à la cible.

Pour obtenir des performances optimales, il est essentiel que la balle soit totalement stabilisée en vol. La stabilité de la balle dépend principalement de la vitesse à laquelle elle tourne. Le nombre de tours par minute d'une balle dépend de la vitesse et du pas de rayure du canon. Plus la vitesse est élevée et plus la rotation est rapide, plus le nombre de tours par minute est élevé. Généralement, le pas de rayure du canon est pratiquement plus important que la vitesse puisqu'un léger changement de torsion peut avoir des effets beaucoup plus importants sur la stabilité, alors que des changements assez importants de la vitesse sont généralement nécessaires pour avoir un effet sur la stabilité.

Pour le 6.5 Creedmoor, pratiquement tous les fusils classiques utilisent un taux de torsion de 1 à 8 et pratiquement toutes les balles ordinaires sont parfaitement stables dans un tube de torsion de 1 à 8. Inversement, le taux de torsion et la stabilité sont des facteurs extrêmement importants à prendre en compte dans le 6 mm Creedmoor. Les canons de 6mm Creedmoor ont tendance à être entre 1 et 7 et éventuellement de 1 à 8.

Enfin, last but not least, on ne peut pas non plus ignorer le côté financier de l'équation. Lorsque le 6.5 Creedmoor a été développé, l’un de ses objectifs explicites était de pouvoir lui permettre d’être rechargé facilement et à moindre coût. Fort heureusement, ces caractéristiques ont aussi été transmises au 6mm Creedmoor bien qu’en Europe, le prix de ses douilles est plutôt plus élevé que celles des autres calibres matches, mais la poudre et les autres composants sont plutôt facilement disponibles. D’autre part, la durée de vie du canon est l’un des domaines dans lesquels le 6.5 Creedmoor est clairement gagnant. Les calibres de 6 mm, y compris le 6 mm Creedmoor, ont généralement une durée de vie du canon plus courte que les autres calibres.

Pour conclure, on dira que le 6 mm Creedmoor offre un net avantage sur le Creedmoor de 6.5 en ce qui concerne la planéité de la trajectoire tout en offrant une dérive du vent tout aussi minimale et c’est particulièrement vrai comparé à d’autres cartouches telles que la .308 Winchester, par exemple. Mais, il n’offre pas les mêmes niveaux d’énergie cinétique que le 6,5. Toutefois, les avantages balistiques du 6 mm Creedmoor se font au prix d’une plus faible durée de vie du canon.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

Dans l’ensemble, c’est une munition exceptionnelle pour la chasse au nuisible, le gibier moyen à gros, comme le cerf et tout à fait adaptée au « Long Range Hunting ». Mais comme il s’agit d’une cartouche relativement nouvelle, la plupart des chasseurs ne connaissent probablement pas grand chose de la 6 mm Creedmoor pour l’instant puisqu’elle est n’est apparue au sein du monde de la chasse qu’au cours des deux dernières années.

De plus, du moins en Europe, il n'y a pas encore beaucoup de munitions de chasse d'usine sorties pour la 6 mm Creedmoor à l'heure actuelle. La liste s'allonge lentement, mais il n'y a actuellement que des 103 grains ELD-X de Hornady, les Barnes LRX BT à 95 grains et les Hornady V-Max à 87 grains, mais il semble qu’il y ait de plus en plus de munitions 6mm pour la chasse qui arrivent sur le marché chaque année. Ceci dit, la gamme de munitions Hornady's Precision Hunter est spécialement conçue pour la chasse à longue portée. Pour cette raison, elle associe une précision incroyable à des performances constantes sur une large gamme de vitesses d’impact.

La cartouche est également bien adaptée aux reloaders manuels, et comme elle utilise les mêmes balles de calibre .243 comme les .243 Winchester et les 6x47 mm Lapua, ils n’auront aucune difficultés à préparer leurs propres cartouches de chasse. Étant donné que ces deux cartouches sont des jumelles balistiques virtuelles, elles conviennent toutes deux pour chasser le même type de gibier dans les mêmes conditions. Fondamentalement, les chasseurs peuvent tirer les mêmes gibiers avec le 6 mm Creedmoor qu’ils pourraient le faire avec le .243Winchester. En effet,  le 6 mm Creedmoor est également une très bonne cartouche de chasse au varmint et de chasse au gros gibier. Mais comparativement, avec l’avantage qu’elle occasionne un recul plus faible et comme chacun sait, quelque soit le tireur, il tirera toujours mieux avec un recul plus doux.

Les chasseurs longue distance trouveront dans le commerce la nouvelle balle 6mm Creedmoor ELD-X 103 grains tout à fait adaptée aux gibiers de petite et moyenne taille. Le seuil de vélocité limite pour l'expansion sur les balles ELD-X est de 1 600 pieds / s, ce qui, à une vitesse initiale de 3 050 pieds / s, vous permet d'atteindre les 900 mètres (au niveau de la mer) ou près de 1.100 mètres à 5 000 pieds d'altitude. Mais aussi la balle ELD Match à 108 grains qui a un profil similaire à celui de la ELD-X à 103 grains, mais comme elle n’est pas conçue pour une expansion contrôlée, elle a une gaine beaucoup plus fine qui laisse plus de place pour le plomb, et donc un poids accru.

En plus de leurs munitions destinées au tir de compétition, Nosler a récemment commencé à offrir des munitions de chasse en 6 mm Creedmoor chargées en usine pour les chasseurs qui souhaitent une balle en pleine expansion et qui fournit rapidement une énorme quantité d’énergie au gibier. Ces munitions sont destinées à la chasse au cerf et au porc sauvage.

Barnes propose également sa ligne de munitions VOR-TX LR. Il s'agit d'un autre excellent choix pour les chasseurs de gros gibier qui veulent la meilleure performance possible à longue portée.

 

Ici, une belle carabine en situation de « Long Range Hunting »

 

Pour conclure, on dira que la 6 mm Creedmoor est une cartouche très bien conçue, mais n’offrant que des avantages relativement marginaux par rapport à des cartouches similaires, et alors que les tireurs de compétition ont rapidement adopté cette nouvelle cartouche, les petits avantages qu’elle offre par rapport aux calibres plus établis tels que celui de la .243 Winchester ne sont probablement pas assez importants pour justifier son remplacement par la plupart des chasseurs. Ceci dit, l'avenir devrait quand même être prometteur pour cette nouvelle 6 mm Creedmoor dans le monde de la chasse.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Souvenez-vous que l’intérêt suscité par le Lapua 6,5x47 en TLD a permis également le début du jeune 6,5 Creedmoor  qui avait rapidement remporté un grand succès. En effet, il y a environ 10 ans, lorsque Hornady a présenté le 6.5 Creedmoor, les tireurs de compétition TLD ont vite pris bonne note du fait qu'il reproduisait la vélocité dudit Lapua 6,5x47, mais cette cartouche et sa progéniture étaient déjà devenues les favorites de ceux qui s'efforçaient de placer leurs balles « dans le même trou » à grande distance. Aujourd’hui, la 6mm Creedmoor rentre en concurrence directe avec ces excellentes cartouches, et on pourrait même dire que dans certaines circonstances telles que sur une très longue distance ou par vent plus fort, elle arrive à encore faire mieux ! En effet, il n'est pas rare d'obtenir une précision de ¼ de MOA à 100 Yds voire même, d’un 1/2 MOA à 300 Yds et de rester sous le MOA à 500 Yards !

 

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Cible avec 1 groupe de 5 tirs à 100 Yds

Ici, il n’y a pratiquement qu’un trou !

 

 

Autres cartons toujours réalisés à 100Yds

 

 

 

 

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés avec des cartouches d’usine.

 

Ici c’était à 300 Yds par vent latéral !

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

A titre d’exemples, la balle Hornady 108gr ELD Match possède un BC (G1) de 0,536 et la ELD-X 103gr est de 0,512. Avec des vitesses initiales de 2 960 ips et de 3 050 ips, ce sont des cartouches de tir à plat, de très bonne tenue au vent, de recul léger et de grande précision.

Le coefficient balistique d'une balle indique simplement à quel point la balle résiste à la traînée et à la dérive du vent. Il sera donc plus facile de grouper les tirs à longue distance avec des balles à BC (G1-G7) élevés. Plus le coefficient est élevé, au plus la balle résiste mieux à ces facteurs externes.

La vitesse est importante car plus la balle atteint rapidement la cible, moins les facteurs environnementaux ont de temps pour influer négativement sa trajectoire de vol. Comme nous l'avons vu, il est également important que la vitesse affecte les autres composants du vol d'une balle et la réaction à l'impact. Mais avec trop de vitesse,  un pas de rayure incorrect ou une mauvaise conception de la balle, et vous obtiendrez un vol instable avec beaucoup d’imprécision à la cible.

 

Ici, un tableau balistique d’une 103 grains Hornady ELD-X

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 200 à 1000 Yards pour un zérotage à 100Yds)

 

 

Lorsque nous parlons de trajectoire, nous ne parlons que d’élévation et de la chute d’une balle à mesure qu’elle descend. La trajectoire de vol d'une balle présente un arc caractéristique (drop), la balle tombant en altitude avec le temps. La trajectoire d'une balle dépend en grande partie de ses caractéristiques, ainsi que de ses caractéristiques environnementales. La vitesse et le BC ont tous deux une incidence sur la trajectoire de la balle, tout comme la gravité et la résistance au vent.

La plupart des tireurs d'élite / chasseurs souhaitent une cartouche de tir à plat. Et par plat, on entend une diminution moins prononcée de l'altitude dans le temps. Cette trajectoire plus aisée facilite l’ajustement des tirs sur des distances plus longues et devrait, en théorie, rendre l’exactitude et la précision plus réalisables.

 

Ici, les drops comparatifs de trois 6 mm Creedmoor avec trois .243Win.

Information tirée du site sniper country

 

Ici, sur une trajectoire à longue distance (700 Yds), nous observons le même maintien des deux calibres à courte distance, en particulier jusqu’à 300 à 400 Yds. Puis, de 500 à 700 Yds, nous commençons à voir les cartouches de 6 mm Creedmoor se séparer du reste du peloton en ce qui concerne la planéité.

À 500 Yds, la chute des balles 6 mm Creedmoor indiquent en moyenne 2,5 pouces de moins et cet écart s’élargit davantage à 600 et 700 Yds avec une différence moyenne de 7,3 pouces et 15,8 pouces.

Cette différence est encore plus perceptible à plus de 500 Yds lorsque nous éliminons les balles plus légères de .243 et que nous examinons simplement les balles de .243 et les 6mm de poids de balle similaires. À ce stade, la différence moyenne aux plages 500, 600 et 700 Yds est respectivement de 7,8, 16 et 28 pouces.

Il est également important de noter que même à 700 Yds, les munitions de 6 mm Creedmoor ont toujours une chute de balle supérieure à 100 pouces, ce qui est assez impressionnant. Mais, in fine et sur moyenne distance, il n’y a qu’une différence de 0,6 pouce entre les balles .243 Winchester et 6mm Creedmoor. Les balles de 6 mm Creedmoor ont une chute de balle moyenne de 11 pouces et les balles de .243 Win ont une moyenne de 11,6 pouces.

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le 6 mm Creedmoor est arrivé face à une concurrence féroce sur le marché américain, et un peu plus tardivement sur le marché européen, mais je pense qu’il mérite bien son succès. Qu'il s'agisse de groupes serrés à longue ou très longue distance ou de chasse à longue distance, il offre de nombreuses possibilités qui ne peuvent que retenir notre attention. C’est une cartouche de varmint et de prédateur impressionnante, mais celle-ci remplira tout aussi bien le même rôle que ses concurrents en ce qui concerne le gros gibier.

Si vous prospectez le marché pour un acheter un calibre 6mm, vous devriez sérieusement envisager le 6mm Creedmoor. Si vous souhaitez vous adonner au tir extrême et aux concours comme le PRS, et en particulier, avec un fusil à plate-forme AR-10, alors le 6 mm Creedmoor sera probablement le choix parfait pour vous !

Maintenant, si vous avez besoin d'un fusil de chasse à relativement faible recul pour tirer du gibier à courte ou moyenne distance mais qui reste néanmoins précis alors, un .243 Win, un 6mm Rem traditionnel ou encore un  240 Wby. Mag resteront toujours d’autres excellentes options car il y a beaucoup plus de fusils et de charges d’usine disponibles que pour le nouveau calibre étudié dans cet article. Toutefois, si vous souhaitez utiliser une balle plus efficace, plus plate sur très longue distance afin de minimiser sa chute et les écarts de dispersion tout en maximisant l’énergie déployée pour pratiquer le « Long Range Hunting », vous devriez alors peut-être opter pour le nouveau 6 mm Creedmoor. Celle-ci pourrait bien devenir la cartouche de 6 mm la plus populaire du futur !

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://saami.org/wp-content/uploads/2018/04/6mm-Creedmoor.pdf

https://bulletin.accurateshooter.com/tag/6mm-creedmoor/

https://sierrabullets.files.wordpress.com/2018/06/6mm-creedmoor5updated.pdf

https://sierrabulletsblog.com/2017/10/03/sierra-bullets-6mm6-5-creedmoor-load-data/

https://load-data.nosler.com/load-data/6mm-creedmoor/

https://rifleshooter.com/2016/08/6-creedmoor-review-and-load-development/

https://rifleshooter.com/2016/08/6-creedmoor-review-and-load-development/

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=102

https://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2014/11/6mm-Creeedmoor-V3-.pdf

https://www.precisionrifleseries.com/

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=KkCuUbU94XQ

https://www.youtube.com/watch?v=13oFUQFJA1k

https://www.youtube.com/watch?v=V2NbUD401a4

https://www.youtube.com/watch?v=Kp5M9LGkJts

https://www.youtube.com/watch?v=jKytruGck9c

https://www.youtube.com/watch?v=snkrc4U72OQ

https://www.youtube.com/watch?v=csnXlkLbN1U

https://www.youtube.com/watch?v=d5SmvtHPaeg

https://www.youtube.com/watch?v=nzY2GjdSnyQ&list=PLTwSISMFpYMQHW-25bVVO-rBNLWM3b6dg

https://www.youtube.com/watch?v=i9l7pMG5qCk

https://www.youtube.com/watch?v=XTlc0LSuprg

https://www.youtube.com/watch?v=GRZFiPl5mv0

https://www.youtube.com/watch?v=13oFUQFJA1k

 

 

 

 

 

 

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 16:46

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Voici un article qui n’a finalement rien à voir avec notre thème central habituel qui est le TLD et pourtant, beaucoup de mes lecteurs,  et singulièrement des chasseurs me demandent régulièrement de passer en revue la très célèbre .30-30 Winchester (.30 WCF).  Et donc, bien qu’elle ne soit utilisée que pour des tirs à courte distance,  j’ai choisi de l’inclure dans ma table des matières pour compléter l’étude des calibres que je vous propose régulièrement.   

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Souvenez-vous, la première cartouche militaire sans fumée est apparue en 1886 en France avec le fusil Lebel 8mm et par la suite, les militaires ont adoptés une série d’autres cartouches sans fumée telle que la Mauser 7x57,  la .303,  et les américains, la 30/40. Quant à son usage chez les civils, et singulièrement par les chasseurs qui ont été un peu plus lents à accepter ce nouveau concept, il aura fallu attendre jusqu’en 1894 pour que John Browning conçoive le fameux fusil modèle 94 à répétition et que Winchester l’introduise sur le marché civil de la chasse avec une cartouche qui a été développée sous le nom de la .30 Winchester Smokeless.  Il s'agissait donc du premier fusil « civil » chambré avec une cartouche à poudre sans fumée qui deviendra la très célèbre  .30-30 de Winchester. Et tout comme avec d'autres armes conçues par John Browning, elle a été considérée comme une des conceptions la plus aboutie.

La charge initiale de la .30 WCF comprenait une balle de métal à grains collés de 160 grains (RN-FMJ) chargée pour sortir à une vitesse de 1 960 pi / s à partir du canon 24 pouces du M94. Après son introduction, la Union Metallic Cartridge Company (UMC) a commencé à fabriquer des munitions .30 WCF,  mais les a étiquetées à l’aide des méthodes traditionnelles de désignation des cartouches, l’appelant ainsi la .30-30. Sa dénomination décrivant la cartouche comme étant de calibre .30, et chargée de 30 grains de poudre sans fumée.

Il est vite devenu évident que la .30-30 était une cartouche de tir à la trajectoire relativement plate et donc, plus précise que les  anciennes cartouches traditionnelles de chasse. Quelques années après son introduction, la munition .30-30 était disponible dans une gamme de styles et de poids bien plus variés, et c’est ainsi que la .30-30 est devenue, bien qu’elle n’était pas sans critique, immensément populaire auprès des chasseurs américains. L’étiquetage Dominion .30-30  s’est également révélé plus populaire que la désignation .30 WCF de Winchester,  et en 1946, Winchester a changé la désignation de la cartouche en .30-30 Winchester.

Au cours des cent dernières années, les ventes de fusils de calibre .30-30 sont restées stables. La cartouche .30-30 est encore maintenant considérée comme plus appropriée pour la chasse au gibier moyen à courte portée, tandis que les fusils à levier qui accueillent les .30-30 sont encore considérés par de nombreux chasseurs, comme étant le nec plus ultra en matière de portabilité.

Le fusil, lui-même, a été utilisé par diverses armées lors des première et deuxième guerres mondiales. Les britanniques les utilisèrent à bord de leurs navires pour pouvoir introduire davantage de fusils Lee Enfield dans leurs troupes d'infanterie. Les Français les utilisèrent dans diverses tâches et les armées américaine et canadienne les ont utilisés pour leurs garde-côtes et empêcher que leurs activités d’exploitation forestière ne soient perturbées par des animaux. Ainsi, ce fusil et ce canon ont été utilisés tant pour la chasse qu’à des fins militaires limitées.

 

 

La cartouche

 

 

 

La .30-30 est une cartouche à percussion centrale qui est immensément populaire aux États-Unis, au Canada, et un peu partout ailleurs dans le monde. Bien qu’elle ait connu un certain taux d’utilisation en Europe, elle n’a jamais atteint le même succès qu’ailleurs. Elle va être principalement utilisée dans les fusils à levier, mais également dans les fusils à un coup.

La Winchester  modèle 1894 ressemble à un bon fusil de cow-boy à l’ancienne. C'est un fusil à levier, il est rapide à saisir, à viser et à tirer et était extrêmement populaire pour la chasse au cerf dans l'est des États-Unis. C'est le premier fusil de chasse à avoir été vendu à plus de sept millions d'exemplaires.

 

La Winchester  modèle 1894

 

Dans une large mesure, les fusils à levier compacts et légers fabriqués par Winchester et Marlin ont compensé les inconvénients de la cartouche .30-30. Bien que les fusils de calibre .30-06 d’ex-militaires soient finalement devenus faciles à obtenir, les carabines à levier compactes ont conservé un attrait considérable.  La portabilité de ces fusils, leur faible recul, une trajectoire adéquate, les blessures occasionnées au gros gibier ainsi que la capacité de tirer six coups aussi rapidement que possible, ont contribué au succès de la .30-30.

C’est la société de cartouches Western qui a promu la .30-30 comme étant une cartouche puissante notamment,  en faisant figurer des images de l’ours grizzly sur ses boîtes de munitions, faisant ainsi allusion à ses prouesses pour le gros gibier. La cartouche .30-30 a beaucoup été utilisée sur les espèces de cerfs de poids moyen. Elle a également été utilisée pour le gibier jusqu’à la taille d’un orignal ou d’un grizzli, assurant une mise à mort rapide et propre de ce type de gros gibier.

 

Quelques spécifications :

La cartouche est livrée avec un étui à rebord ou à bourrelet. Le diamètre est de .308 ″ ou 7,8mm. Et l’étui mesure 2.039 "ou 51.8mm. Le poids de balle le plus populaire est celui de celle de la 170 grains qui sort de bouche avec une vitesse initiale de 2 227fps. La .30-30 est également sortie en 150 grains avec une vitesse de 2390fps, mais aussi une 160 grains avec une vitesse de 2330fps. La portée effective de cette balle est de 200 mètres, ce qui la rend idéale pour la chasse à courte portée.

Comme déjà mentionné, son nom vient du diamètre de la balle (.308) et de la quantité de poudre utilisée à l'origine dans la cartouche (30 grains).

Étant donné que le calibre .30-30 est le plus souvent utilisé dans les armes à feu à levier avec des chargeurs tubulaires, les balles ne sont souvent conçues qu'avec un nez plat ou arrondi pour ne pas venir heurter l’apprêt de la cartouche suivante du chargeur.

En la comparant avec la .30-06,  nous voyons que la .30-30 Win est une cartouche beaucoup plus petite et bien  que le diamètre de la balle soit le même, les douilles présentent quelques différences. La .30-30 a un diamètre de base beaucoup plus petit que celui de la .30-06 et ne lui permet donc pas de contenir la charge de poudre de la .30-06, ni de supporter la même pression. Mais la .30-06 génère presque le double de l'énergie de recul de la .30-30 ! Par ailleurs, il est assez évident que les .30-06 ont un BC moyen (0.5) beaucoup plus élevé que ceux des .30-30  (0.3). Par conséquent, ces dernières ne fournissent tout simplement pas le même aérodynamisme que celui de la .30-06. Cela signifie que plus le tir est long, plus il y a de chances que la cartouche .30-30 soit affectée par les facteurs environnementaux et que plus de vélocité et d'énergie vont se perdre. En outre, la .30-06 possède une énergie cinétique beaucoup plus importante que celle de la .30-30. Ce qui signifie que pour les 150 premiers mètres, les .30-30 et les .30-06 Springfield  auront des trajectoires très similaires mais qu’au-delà de cette distance, la .30-30 va chuter très rapidement.

Pour ce qui concerne le potentiel de pénétration de ces deux cartouches, il faut savoir que la densité de section d'une balle est en corrélation avec sa capacité à pénétrer profondément dans une cible. La vélocité est également un autre élément clé de la pénétration. Ce nombre est calculé à partir du poids et du diamètre de la balle. Plus le SD est élevé, plus la balle pourra pénétrer profondément dans la cible.

 

 

Ses dimensions

 

 

 

Ici, la cartouche et son ogive

 

Ici, de G à D, une 5.56 NATO, la .30-30 Winchester, et une .308 Winchester

 

Ici, la douille et son culot

 

Ici, la cartouche avec des ogives différentes

 

Ici, une boîte d’Hornady en 140 grains « pointue »

 

Ici, une boîte de Power-Point en 150 grains « ogive arrondie »

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

La .30-30 est la carabine Nord-américaine parfaite pour le cerf et autres gibiers similaires ou encore le sanglier. C'est une excellente cartouche de courte portée, voire, à moyenne portée capable de « prélever » presque tous les gibiers moyens à grands sur la plupart des terrains de chasse, et en particulier dans les zones boisées.

La .30-30  n’est donc clairement pas une cartouche de chasse à longue portée. La vitesse, la trajectoire et la puissance d'arrêt à des distances accrues nous ont tous montré que la cartouche est trop peu fiable. Néanmoins, même s’il existe des cartouches qui tirent plus loin, plus plat et plus dur, il y en a peu qui rivalisent avec elle à très courtes distances avec si peu de recul et surtout, dans un fusil si léger et si facile à transporter.

Là où cette cartouche fonctionne très bien, c’est avec des coups mis à 100 mètres et moins, où elle a plus que suffisamment de puissance d'arrêt, d’énergie cinétique, un bon taux de pénétration, et une trajectoire assez plate pour prendre un gibier de taille moyenne, comme le cerf,  et en particulier, pour initier les jeunes chasseurs aux cartouches de gros gibier, en raison de son recul extrêmement faible.

Le fusil  Winchester 30-30 est probablement le fusil à daim qui a été le plus populaire aux États-Unis. C'était pourtant une ancienne conception destinée à son origine à un marché de la chasse qui a radicalement changé depuis les années 1890 !  Mais ses caractéristiques en faisaient également une cartouche acceptable pour les chasseurs de petite taille et/ou inexpérimentés.

Lorsque l’on sait que la .30-30 ne peut que rarement se rapprocher des performances des cartouches plus récentes telles que la 7 mm Remington Magnum, la .300 Winchester Magnum, ou même de la. 30-06 Springfield, et que malgré tout, la demande pour cette cartouche reste si élevée aux États-Unis et qu’elle se classe systématiquement parmi les cartouches les plus vendues,  on ne peut croire à un effet dû au hasard !

Ne vous laissez donc pas berner par la performance apparaissant faussement « anémique » de la. 30-30 Winchester car,  bien qu'elle ait effectivement ses limites, la. 30-30 est un excellent choix pour la chasse dans la plupart des circonstances. Bien sûr,  beaucoup de cartouches plus modernes comme la .308 Winchester et la .30-06 Springfield sont clairement plus puissantes qu’elle,  cependant, les faits nous indiquent également que toutes ces cartouches sont extrêmement efficaces sur la plupart des espèces des tous gros gibiers à plus longues distances. Exemple, la .243 Winchester frappe plus fort à 400 mètres que la .30-30 à 150 mètres. C'est logique puisque le profil à « nez arrondi » de la balle 30-30  nuit à sa performance balistique.

À vrai dire, le plus gros avantage de ces nouvelles cartouches par rapport à la .30-30 est qu’elles ont une vitesse plus élevée, une trajectoire plus plate et une plage effective plus longue. D’autre part, les progrès de la technologie des poudres et des balles ont amélioré certains aspects de la Winchester .30-30, ce qui en fait une cartouche de chasse encore meilleure à de nombreux égards. A titre d’exemple, les chasseurs qui veulent en tirer le maximum de performance, peuvent le faire avec certaines balles à extrémité en polymère actuellement disponibles sur le marché.

Ceci dit, et bien qu'il soit certainement possible de tirer avec une carabine 30-30 sur une distance allant de 150 à 200 mètres, il est sans doute prudent de dire que 100 mètres est la distance la plus optimale mais que  lorsque vous utilisez une balle à pointe en polymère,  et un fusil à lunette (comme une Marlin 336), il devient possible de l’étendre jusqu’à environ 250 mètres. Ce qui est une distance qui conviendra à la plupart des chasseurs.

Quant à sa disponibilité sur le marché, toutes les grandes entreprises de munitions proposent plusieurs chargements différents et notamment,  des munitions .30-30 tout spécialement conçues pour la chasse au cerf, mais aussi à bien d’autres gros gibiers.

 

 

Résultats au stand

 

 

 

Il est assez facile de constater que la .30-30 n’a tout simplement pas les caractéristiques de performance nécessaires pour être utilisée dans un fusil destiné au tir de précision ni pour être utilisée à longue portée dans le cadre sportif ou compétitif. Les coefficients balistiques, la trajectoire et les limites supersoniques de la .30-30 Winchester montrent que cette cartouche n’est tout simplement pas conçue pour ce type d’application en stand.

La vitesse d'une balle sortant de bouche nous en dit long sur la manière dont la balle va voler. Des vitesses plus rapides signifient que le vent et la gravité auront moins d'impact sur la balle pendant sa trajectoire de vol. La vitesse est également importante pour les chasseurs car elle influence également la balistique terminale et la capacité de la balle à s’étendre et à transférer l’énergie cinétique à la cible. La vélocité est donc une spécification de performance clé car elle a une grande influence sur presque toutes les autres catégories de performance.

A titre de comparaison, les balles de .30-30 ont une chute beaucoup plus raide que celle d’une .30-06 Springfield,  par exemple.  En réalité,  les balles de .30-30 sont poussées par une charge de poudre beaucoup plus légère que celles des balles de .30-06 et donc, alors que pour les 150 premiers yards, les.30-30 et les .30-06 ont des trajectoires très similaires, dès qu’on passe de 250 yards à 1.000 yards,  la .30-30 chute comme un pavé ! En effet, à 400 yards, la plupart des .30-30 descendent au-dessous des vitesses supersoniques.  Ajoutons également à cela que le profil rond et souvent granuleux qu’on les têtes des ogives de .30-30 viennent encore freiner et perturber davantage la trajectoire, ce qui lui donnera de bien piètres caractéristiques balistiques qui viendront encore plus oblitérer sa précision.

À 500 yards, les balles de .30-06 ont une chute moyenne de 47 pouces, alors que les .30-30 ont une chute moyenne de 86 pouces ! Oubliez donc immédiatement l’idée de vous attaquer au TLD  avec cette cartouche !

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Nous avons vu précédemment que, par exemple, une .243 Winchester frappera plus fort que la vénérable Winchester 30-30. Vous remarquerez peut-être aussi qu’une .243 dévie moins dans le vent que la 30-30, et ce, même plus que la .308 en 150 grains. Cela va à l’encontre d’une autre idée faussement répandue : les balles plus lourdes dérivent moins que les balles plus légères. Ce n'est pas le poids de la balle, mais bien le facteur de charge et la vitesse qui influencent la déflexion au vent. D’autres pourraient soutenir que le plus grand diamètre des balles de .308 Win frappe « plus durement » que la balle de .243, mais en fait,  les chiffres issus des tableaux de l'énergie montrent clairement le contraire. Au surplus, en ce qui concerne l’effet physique, peut-on vraiment penser qu’un diamètre supplémentaire de 0,065 pouce de la balle changera beaucoup? J'en doute fortement. Quoiqu'il en soit, la .30-30 est une balle de taille décente qui endommagera beaucoup le tissu du gibier touché, et c'est d’ailleurs bien l'effet recherché.

Par contre, la plupart des chasseurs se trouveront bien plus à l’aise avec le calibre .30-30, car son recul est inférieur à la limite supérieure de 20 lb-pi, et aux environs de 15 lb-pi, pour une utilisation continue, ce qui sera confortable pour la plupart des chasseurs et ça, c’est un avantage déterminant sur le terrain. Et donc,  il devient rapidement évident qu'une carabine à action de levier en .30-30 Winchester n'est pas seulement un excellent choix, mais aussi que la cartouche elle-même reste parfaite pour la chasse au gibier de taille importante.

Enfin, et pour changer de registre et revenir juste une seconde aux tireurs sportifs, beaucoup de tireurs d'élite, en particulier ceux qui pratiquent l'art du tir à longue distance, s'intéressent à la distance qu'une balle peut maintenir à une vitesse supersonique. La raison en est que, lorsqu'une balle tombe en dessous du vol supersonique, elle devient beaucoup plus instable. Ainsi, plus une balle peut rester longtemps au-dessus de cette vitesse, plus il est facile de déterminer ce qu’on va pouvoir faire avec cette balle. Or, dans le cas qui nous occupe, ce n’est tout simplement pas possible.

 

Ici, un tableau de ses caractéristiques balistiques en comparaison avec celles d'autres cartouches 

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

Tableau tiré de shooterscalculator * reprenant les caractéristiques balistiques de la 30-30

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 25 à 500 Yards)

 

 

 

Tableau tiré de Gundata.org reprenant les caractéristiques balistiques de la 30-30

en comparaison avec celles d’autres balles de chasse.

 

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 10 à 250 Yards pour les deux cartouches)

Equivalence des drops jusqu’aux 150 yards avec le léger avantage pris par la 150gr par la suite.

 

 

Conclusion

 

 

 

La .30-30 Winchester est sortie depuis plus de 120 ans et s’est répandue dans le monde entier, et il est d’ailleurs dommage voire, injuste  qu’elle semble avoir été reléguée au second plan face aux calibres magnums et/ou aux cartouches de chasse qui se sont succédées au fil du temps.

Ces munitions en .30-30 se retrouvent néanmoins encore  partout et restent d’ailleurs parmi les moins chères à acheter, alors que son rechargement manuel est quant à lui, tout simple et facile à réaliser. De nos jours, elle fait encore la joie de certains de nos tireurs au stand ou encore,  à l’occasion des concours de fun carabine, mais reste toujours très utilisée pour la chasse au cerf aux USA.

Le fusil à levier à manipulation rapide qui tire la cartouche n’a malgré tout jamais été négligé non plus, sans doute pour sa puissance pour la chasse sur courte distance (+/-150 m), ce qui en fait également une redoutable arme de défense personnelle puisque sa cartouche présente l’avantage de pouvoir être chambrée dans une carabine légère et au canon compact, raison pour laquelle, elle figurait déjà dans les rangs des premiers soldats de l'État de New York,  peu de temps après son avènement.

Mais, il y a en d’autres qui pensent que cette arme est une antiquité qui est tout simplement devenue inutile car elle est peu précise, à peine proche de la puissance inférieure d’un autre calibre .30, et que depuis bien longtemps sont apparues des armes de chasse bien meilleures et qui peuvent être obtenues à des prix abordables et avec lesquels, vous pouvez obtenir une .308 Win ou encore une .300 Winchester Short Magnum !  vEncore une fois, comme dirait l’autre, c’est vous qui voyez … .

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

http://guncollectionsonline.com/winchestermodel94.htm

http://www.chabaut.com/3030.html

https://fr.winchesterint.com/munitions/browse/rifle%20ammunition/30-30Win/all/

https://forum.nosler.com/viewtopic.php?f=50&t=16955

https://dailycaller.com/2018/10/23/gun-test-winchester-model-94-sporter/

http://www.ballistics101.com/30-30_winchester.php

http://www.tcsl.fr/index.php/divers/techniques/le-rechargement-de-la-winchester-3030/

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=6mBvE5qXs10

https://www.youtube.com/watch?v=oRutrpJ2G0E

https://www.youtube.com/watch?v=6Ly4STIft0I

https://www.youtube.com/watch?v=2ulNQ7SeAjk

https://www.youtube.com/watch?v=HJkM51IqZ2k

https://www.youtube.com/watch?v=GsnlOissvFA

https://www.youtube.com/watch?v=C2fHWeJJsJ4

 

 

 

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 14:50
La .284 Winchester

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Me revoilà avec un article qui est axé sur l’étude de la .284 Winchester qui, je vous l’avoue, m’a été demandé par un fidèle lecteur qui est tireur sportif sur PGM et qui vient de faire l’acquisition d’un canon custom dans ce calibre. Néanmoins, il n’y avait pas que Didier qui me l’avait suggéré. En effet, pas mal d’autres tireurs m’avaient fait part de leur enthousiasme pour en savoir plus sur ce calibre qui connaît un réel regain d’intérêt depuis un  bout de temps et singulièrement, chez les tireurs pratiquant le TLD.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

 

C’est en 1963 que Winchester introduisit  le .284. L’intension première de la firme était de dupliquer la balistique de la .270 Winchester avec une cartouche suffisamment courte que pour fonctionner avec le fusil à levier d'action (lever action rifle) modèle 88 et les fusils semi-automatiques modèle 100 de Winchester.

 

 

La Winchester Model 88 lever action rifle en .284 Winchester

 

 

Ici, une Winchester Model 100 en .284 Win. 1963

 

 

Qu’elle soit tirée avec une carabine standard modèle 88 ou des fusils à action courte, tous équipés de canons de 22 ”,  la .284 Winchester est une cartouche extrêmement efficace pour le gibier de taille moyenne.

Le but de Winchester était parallèle à la création du .300 WSM avec une chambre courte qui correspond essentiellement à la balistique du calibre .300 Winchester Magnum,  mais aussi d’apporter une alternative  à la cartouche .280 Remington. Pour atteindre cet objectif, l’étui avait besoin d'une plus grande capacité de poudre que celle qui était auparavant disponible dans les « non magnum » à action courte.

Le résultat final était une cartouche de 7 mm ayant à peu près la même longueur totale que le .308 Winchester, mais avec un corps plus large qui donne une capacité de poudre plus ou moins identique à celle des modèles .270 Winchester et .280 Remington.

On peut facilement la définir comme étant la « progéniture » des calibres Short Magnum, aujourd'hui à la mode, car elle possède un étui court et « trapu »  mais aussi très volumineux. Les Américains l’appellent "Rimmles rebated".  Cette astuce simple permet d’utiliser des actions et des obturateurs standards (comme ceux du  .308, de la .270 et du 30.06, par exemple), tout en gardant la longueur de la munition.

À une certaine époque, le Savage Model 99 était disponible à .284 Winchester et Ruger a produit une petite série de fusils Ruger M77 dans ce calibre également, tandis qu' Ultra Light Arms fabriquait dès lors plus de fusils Model 20 en .284 Winchester que tous les autres calibres combinés.

Le concept de cartouche courte et sa capacité à être utilisée dans des armes à feu plus légères seraient finalement devenus populaires dans les années 1970.

Hélas, le .284 a été un flop commercial dès le début. Aujourd'hui, il est presque devenu obsolète, et est remplacé dans la plupart des cas par le 7mm-08 Remington, notamment chez les chasseurs.

Curieusement, le plus grand intérêt pour le .284 est apparu chez les « wildcatters » et les « reloders » qui l’ont joyeusement repris comme base pour réaliser leurs nouvelles cartouches « wilcats » ou pour l’améliorer à leur bonne convenance. La plus connue des .284 « wildcats » est peut-être la .25-284. Cette cartouche reproduit les performances d'une .25-06.

De nos jours, la cartouche de .284 la plus populaire, la plus utile, et qui a connu une recrudescence en raison de l’intérêt des tireurs de compétition à longue portée (TLD de la classe F, par exemple) n'est plus du tout la cartouche originale, mais plutôt la cartouche Norma 6.5mm-284 qui a déjà fait l’objet d’un de mes articles, il y a peu.

 

 

La cartouche

 

 

 

 

Les techniciens de  chez Winchester, à la suite du grand succès remporté par Remington (l'éternel concurrent) avec ses carabines semi-automatiques et à levier (modèles 742 et 760), ont conçu les carabines modèles 100 et 88 pour qu'elles les rivalisent. Ils étaient convaincus qu'ils réussiraient à susciter la curiosité et l’intérêt des chasseurs Nord-américains en leur proposant ce nouveau calibre .284 Winchester. Malheureusement,  il n’a jamais eu le succès espéré et mérité. Néanmoins, le .284 Winchester était, et est toujours un excellent calibre pour le type d’arme dans lequel il avait été proposé à l’origine. Il est suffisamment puissant,  précis tout en générant un recul assez contenu.

L’idée était de fourrer beaucoup de poudre dans un étui de petite taille. À cette fin, les ingénieurs de chez Winchester l’ont doté d’un corps large et d’un épaulement à 35 degrés ! Certaines personnes prétendent d’ailleurs que le boîtier pointu, aux épaules de 35 °,  pose des problèmes d’alimentation. C'est en effet, l'épaulement le plus raide jamais produit par un fabricant de cartouches américain mais personnellement, je ne me prononcerai pas sur cette question.  Ainsi, selon les normes, la .284 contient 66,0 grains de poudre. Cela se rapproche de la capacité de 68,6 grains de la .280 Remington, de la capacité de 67,4 de la .270 Winchester, et du volume de 68,0 grains de la 30-06. Au final, le résultat fut une cartouche de 7 mm avec à peu près la même longueur totale que la .308 Winchester. La limite de pression SAAMI pour la .284 Winchester est fixée à 56 000 PSI.

Concrètement, le 284 Winchester n’est ni meilleur, ni pire que le Mauser 7x57mm, le .280 Remington ou le 7mm-08 Remington, mais il optimise à bien des égards la plate-forme de 7 mm à action courte, et honnêtement à ce titre, la .284 pourrait être considérée comme l'une des meilleures cartouches mises en œuvre.

À l’origine, la  .284  n’était proposée que par la société mère et en deux chargements commerciaux: l’un avec une balle Power Point de 125 grains (à 957 m / s) et l’autre avec une balle en PP de 150 grains (872 m / s). Plus tard (1985) et sans explication particulière, la production de cartouches de 125 grains a été interrompue. Aujourd'hui, la seule munition d'origine de 150 grains (X2842) n'est malheureusement plus toujours facilement disponible sur le marché.

La longueur de l’étui de la .284 mesure 2.170 ” (55.12mm) alors que la .308 Winchester est plus courte et mesure 51 mm (2 ”), à l’instar de son calibre frère, le 7mm08. Bien que la .284 puisse dépasser confortablement les vitesses de la 7mm08, et atteindre son potentiel maximum,  il reste toutefois limité par le volume de poudre enfermé dans ses 71mm pour pouvoir fonctionner dans des actions courtes avec leurs magasins d’une longueur moyenne de 72 mm.

 

Ses dimensions

 

 

 

 

 

 

Ici de G à D, une .308Win, une .284Win, et une 7mm Rem. Mag.

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, la cartouche avec des ogives de 168 grains

 

 

Ici, une boîte Soft Point BT 139 grains

 

 

Ici, une boîte de Power-Point en 150 grains

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Winchester a atteint son objectif de conception consistant à faire correspondre la balistique de .270 Winchester dans une autre cartouche à action courte. Comme nous l’avons vu, il y avait à l’origine deux charges d’usine pour la .284 Win. L'une d’entre-elles  utilisait une balle Power Point 125 grains volant à 3 200 pieds / seconde avec une énergie initiale en sortie de bouche de 2 840 lb-pi. L'autre charge utilisait une balle Power Point de 150 grains se déplaçant à 2 900 pieds / s avec une énergie de 2 800 pieds-livres.

La trajectoire de plus de 300 mètres était identique à celle de la balle de .270 en 150 grains. La balistique démontre clairement que la .284 est aussi bonne que celle de la .280 Remington et ce, avec le même type et poids d'ogive. Sauf que les fusils de montagne, courts, pratiques et pour lesquels la .284 semble la mieux adaptée sont malheureusement rarement montés d'origine avec des canons de 24 ".

Aujourd'hui, les seules munitions chargées en usine sont les Power Point Winchester 150 grains qui lancent une ogive de 150 grains à 2860 ips.  En effet, Olin continue de produire cette .284 donnant des vitesses d’environ 2720 pieds / s dans des canons de 22 pouces. Ces munitions sont soumises à de légères pressions pour éviter les difficultés d’extraction dans le fusil à levier et à chargement automatique.

La Power-Point 150 grains est un projectile rapide occasionnant de larges blessures et meurtrières au gibier  situé à distance moyenne. Malheureusement, cette balle a un BC très bas et n'offre pas une bonne performance à longue portée.

Le taux de torsion courant des rayures pour cette cartouche est de 254 mm (6/10), 6 rainures, Ø zones = 7,00 mm, Ø rainures = 7,19 mm, largeur de zone = 2,79 mm, et l’amorce est du type « large rifle primer ».

Au début,  la cartouche d’origine n’a pas réussi à gagner la confiance des chasseurs, mais après des années de lutte acharnée sur le marché, les tireurs de « wilcats » ont commencé à l’utiliser pour des compétitions de tir à longue distance.  Les performances balistiques étaient basées sur quatre types de poids (en grains) pour la vitesse, avec: 3 175 ft / s (100 gr), 2 968 ft / s (120 gr), 2 845 ft / s (139 gr) et 2 860 ft / s (150 gr).

En effet, un aspect de la .284 qui est souvent négligé ou passé sous silence, c’est qu’il est extrêmement bien adapté au tir à longue distance de compétition, et en particulier dans des environnements fortement venteux si on prend soin d’adapter et le canon de l’arme et la cartouche à ces distances. A titre d’exemple, à partir d'un canon de 32 pouces, et une Berger VLD  180 grains qui peut « voler » à une vitesse de 2950 ft / s.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Le calibre .284 Winchester est né expressément pour la chasse en battue, mais il possède des caractéristiques balistiques telles qu'il est redoutable y compris, dans la chasse à distance moyenne. A titre d’exemple, il est très proche de la 7mm - 08 Remington.

Même si la .284 Winchester n’a pas été très populaire auprès des chasseurs, elle est quand même considérée par les fins connaisseurs comme étant une cartouche très efficace pour un grand nombre de gibiers,  les gibiers de taille moyenne comme le cerf, et y compris le très gros gibier. Chambrée dans des fusils à maniement rapide et/ou à action rapide et qui se transportent facilement à travers bois et broussailles, elle offrira néanmoins toute la précision et le punch nécessaires pour s'attaquer au cerf, voire à tout gros gibier jusqu’à 300 mètres. Cela la rend aussi bonne que la .280  Remington avec une balle de même poids, rendant finalement ce calibre plus approprié pour les fusils courts de montagne.

Winchester a utilisé un taux de torsion de 1/10 dans son M88, produisant ainsi une précision optimale avec des balles à 120-150 grains, bien qu'il ne soit pas rare que ce taux permette de tirer des balles de 160 grains juste en dessous de la barre du MOA. Avec des projectiles modernes à 140 grains, la charge offre une mort rapide et ce, avec un tir à plat. Notons que le gibier de taille plus importante nécessite des ogives de 150 à 160 grains (10 g).

La même performance peut être obtenue à partir des balles manufacturées de 150 grains sortant de bouche à 2900fps. La .284 est également capable de tirer des balles de 160 grains à 2800fps, et bien que cela ne puisse pas être considéré comme une vitesse optimale en fonction du potentiel de son étui, elle représente néanmoins une avancée substantielle par rapport à la cartouche de 7mm08 qui est sa principale concurrente.

A titre d’exemples,  la  139 grains SST Hornady est excellente en  terrain ouvert pour le gibier moyen et plus léger, en particulier à longue portée. Sur un gibier plus lourd, la Barnes TSX 140 grains offre des performances exceptionnelles et la Accubond 160 grains est également excellente sur des distances modérées.

Pour le rechargement, il faut savoir que les fusils à action courte produisent des vitesses optimales lorsqu'ils sont chargés avec des poudres à combustion lente dans la gamme des H4831, H450, H4350, H414, IMR-4350 et IMR-4831 ou encore avec de la Vihtavuori N 160. Toutes ces poudres sont excellentes pour recharger la .284 Winchester. Néanmoins, il faudra veiller à les choisir en fonction du poids de l’ogive choisi. Ne rechargez jamais avant d’avoir pris connaissance des seuils de sécurité dans les tables de rechargement !

Enfin, on notera que le Mauser M98 est sans doute l’un des meilleurs choix pour utiliser la .284 Winchester pour la chasse en raison de sa capacité à travailler dans des conditions difficiles.

 

Ici, une .284 Win. sur châssis AICS en situation de « Long Range Hunting »

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

 

De nouvelles disciplines de tir, de nouvelles balles, et de nouvelles poudres ont toutes contribué à la résurgence de la .284 Winchester.

En effet, le tir à longue distance de compétition utilise également le calibre .284 Winchester en raison de sa précision qu'il maintient même dans les environnements soumis à des vents allant jusqu'à 25 mph. Les cartouches chargées à la main (175-180 grains) peuvent tirer avec une très bonne précision jusqu' à 1000 mètres de distance avec des canons de 32 à 36 pouces. Ce calibre connaît un regain d’intérêt pour les compétitions TLD  notamment, comme en 2009, lors des championnats mondiaux de la classe F à Bisley en Grande-Bretagne.

D’autre part,  la 6.5-284 est devenue l'une des cartouches de Match des plus populaires à ce jour. La 6.5-284 reste la cartouche de choix pour l’équipe US de Classe F, en particulier, avec la 6.5-284 Lapua qui est de haute qualité.

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 100Yds.

 

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 200Yds.

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés à 300Yds.

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés à 400Yds.

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision du MOA à 100 Yards voire même, un groupe de 5 coups mesuré à 2 pouces, à 200 Yards. Le tout avec des munitions chargées en usine !  

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

La cartouche américaine .280 Remington est probablement la jumelle balistique la plus proche du .284 Winchester.  Comparée à la .284 Winchester, la .280 Remington a une pression de chambre et une capacité de charge maximales légèrement différentes. D’autre part, la balistique de la cartouche .284 en 150 grains est pratiquement identique à celle d'une 30-06 en 150 grains. Enfin, une autre grande cartouche à action courte de 7 mm issue des années 60, et qui lui est très similaire en performance et en balistique, est la 7mm-08 Rem.

 

 

 

 

 

Ici, les performances énergie-vitesse pour la .284 dans ses différentes déclinaisons

 

 

 

 

Ici, le tableau balistique comparatif d’une Power-Point 150gr avec une 150gr en .308 Win.

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 100 à 800 Yards pour les deux – zérotage à 100Yds)

 

Ici, le graph comparatif du drop d’une Power-Point 150gr avec une 150gr en .308 Win.

 

On peut voir l’équivalence des drops jusqu’aux 500 yards avec le léger avantage pris par la .308 par la suite.  

 

 

Ici, le graph comparatif avec ses principales concurrentes par un vent de 10mph

On voit que son comportement (courbe jaune) est quasi identique aux autres

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

 

 

Bien que la cartouche de .284 Winchester est peut-être la meilleure issue des années 1960, elle reste une cartouche un peu sous-estimée mais possède néanmoins des qualités uniques.  Malheureusement, elle n'a pas réussi à attirer suffisamment l'attention des chasseurs à son avènement, ni par la suite et donc, pendant pas mal d’années, elle semblait être vraiment sur le point de devenir totalement obsolète. Cependant, au moment où cela allait se produire, les « wildcatters » l’ont sauvé en utilisant son étui réduit à 6,5 mm pour la compétition. C’est ainsi que le 6.5-284 a gagné, et a maintenu un succès immensément populaire qui, dans une large mesure, a permis de préserver les racines de la cartouche originale pour les propriétaires de la fameuse .284 Winchester.

Comme la .284 Winchester a été conçue pour un diamètre de balle de 7 MM, elle était également une cartouche très polyvalente. Ceci dit, la .284 n’a rien de mystérieux, ni de magique. Comme toutes les cartouches, elle n’est qu’un simple réservoir pour stocker la poudre derrière un projectile qui attend  à être tiré. Le souci, c’est que de nos jours, peu de fusils à action courte sont chambrés pour la .284 Win et qu’il y a encore moins de fabricants qui proposent des munitions d’usine pour les alimenter.

La .284 Winchester n’est pas très populaire en Europe, où sa principale rivale est la 7x64mm qui est presque identique du point de vue de la balistique. En effet, la 7 × 64 mm a une pression de chambre maximale autorisée inférieure, et comme les cartouches européennes de 7 mm, elle possède un alésage légèrement plus grand. Les cartouches européennes de 7 mm ont toutes un diamètre de rainure de 7,24 mm alors que les cartouches américaines de 7 mm ont des gorges de 7,21 mm. Son autre rivale étant la 7mm-08 Remington dont nous avons parlé dans le corps de cet article.

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

http://bulletin.accurateshooter.com/tag/284-winchester/

http://bulletin.accurateshooter.com/2013/05/284-win-redux-the-lure-of-the-straight-284-win/

http://www.6mmbr.com/gunweek088.html

http://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2018/03/284-Winchester.pdf

https://www.speer-ammo.com/downloads/speer/reloading-pdfs/Rifle/7mm_284_dia/284_Winchester_110.pdf

http://accurateshooter.net/pix/sierra284.pdf

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=OOFcRmo_KEE

https://www.youtube.com/watch?v=OmUCG5OtJm0

https://www.youtube.com/watch?v=LmbeIZdiugE

https://www.youtube.com/watch?v=xzzsCtBskvA

https://www.youtube.com/watch?v=L6zx3GWkYZE

https://www.youtube.com/watch?v=PxhM9j6ixwk

https://www.youtube.com/watch?v=6cPfn9CagQM

https://www.youtube.com/watch?v=RWnTF_YvkeM

 

 

 

 

 

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 16:09
La 6.5×47mm Lapua
La 6.5×47mm Lapua

 

 

Chers lecteurs,

 

Souvenez-vous,  il n’y a pas encore si longtemps de cela,  j’avais publié un article (ici) relatif au matériel ainsi qu’aux cartouches préférées par les meilleurs tireurs TLD aux USA, et nous avions découvert à cette occasion que parmi leurs calibres préférés figuraient les 6.5mm et les 6mm avec, au hit parade des préférences,  le 6,5 × 47 Lapua et le 6mm Creedmoor qui sont bien évidemment tous deux des calibres extrêmement précis. Ce mois-ci,  je vous propose donc d’examiner le 6,5 × 47 Lapua. Le 6mm Creedmoor fera probablement l’objet d’un autre article à venir.

Attention,  vu mon emploi du temps qui est prévu le mois prochain, je ne serai pas en mesure de vous proposer un article en mars. J’en appelle donc, d’ores et déjà,  à votre indulgence et vous donne rendez-vous en avril.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

L'usine de munitions de Lapua doit son nom à la ville de Lapua, en Finlande. L’usine était à l’origine une fabrique de cartouches d’État qui fabriquait des munitions pour l’armée finlandaise pendant la seconde guerre mondiale. En 1976, une explosion a eu lieu à l'usine et y a tué 40 employés. L'usine a ensuite été reconstruite à son emplacement actuel, c’est-à-dire,  à cinq km du centre-ville. De nos jours, Lapua fabrique des munitions et des composants dans le cadre du groupe nordique de fabrication de munitions connu sous le nom de NAMMO ou Nammo Lapua. Les munitions .22 Rimfire sont fabriquées en Allemagne par Lapua Gmbh, aussi connue sous le nom de Nammo Schönebeck GMbh. Lapua Gmbh fabrique non seulement la marque Lapua, mais aussi les marques SK et Wolf.

Pour rappel, il y a près de 60 ans, Winchester avait surpris les tireurs en lançant le .264 Winchester Magnum. Une cartouche puissante qui entraînait une balle de 100 grains à 3 600 pieds par seconde,  ou encore, une balle de 160 grains à plus de 2 900 pieds/s et qui possédait de formidables paramètres balistiques pour l’époque. La cartouche a toutefois été éclipsée par l'introduction du 7 mm Remington Magnum en 1962. Néanmoins, les tireurs et les chargeurs manuels souhaitaient quelque chose d’encore meilleur, mais avec le calibre de 6,5 mm. La fascination pour une vitesse plus élevée et la demande de précision « chirurgicale » se faisait déjà de plus en plus forte, et il était évident que le calibre de 6,5 mm pouvait rencontrer beaucoup d’espoirs en ces domaines.

Peu à peu, des cartouches de fabrication américaine et étrangère dans ce calibre ont fait leur apparition. Parmi ces cartouches, citons la 6.5-284 Norma, la .260 Remington, la 6,5x55 Mauser suédoise, et on peut d’ailleurs affirmer aujourd’hui que la plupart de ces nouvelles cartouches ont été très bien accueillies notamment,  par les tireurs de précision américains de l'époque.

Quant au calibre faisant l’objet de mon article, il n'a pas vraiment de parent direct, si ce n’est que son étui reprend de nombreuses caractéristiques du 6 mm PPC, et qu’il a une certaine similitude avec la 6,5 × 54 mm Mannlicher-Schönauer qui était une cartouche ayant servi dans l'armée grecque de 1903 à 1949 qui s’était révélée très précise,  et qu’elle a été développé en étroite collaboration avec les fabricants de fusils Swiss Grunig et Elmigar AG afin de participer à des concours organisés dans le cadre de la compétition européenne CISM (Conseil International du Sport Militaire). Une fois n’est pas coutume, cette cartouche a donc été développée pour les tireurs européens.

Grosso modo,  sachez simplement que le CISM de 300 mètres se fait sur une trajectoire de tir fixe depuis des positions de tir définies utilisant des fusils hautement spécialisés, et que jusque là, grâce à son excellente précision et son faible recul, la 6 mm BR Norma dominait ce CISM à 300 mètres. Lorsque le projet 6.5 × 47 a été lancé (officiellement en 2005) en regard au 6 mm BR, les principaux objectifs étaient les suivants: procéder à l’amélioration de la balistique en ce qui concerne la sensibilité au vent et réduire l'usure du canon de la carabine qui la tire. Les fusils en 6 mm BR ont en fait une durée de vie moyenne estimée à environ 2500 coups, après quoi le canon commence à montrer une dégradation de sa précision. Il était donc impératif d’améliorer la durée de vie des canons des carabines des compétiteurs en leur proposant un nouveau calibre qui « dévore » moins vite leur tube  !

 

 

 

 

La Lapua 6.5 × 47 est une cartouche conçue pour fonctionner avec des carabines à action courte et qui est spécialement dédiée aux compétitions de précision, et singulièrement pour les matches à 300 Yds. Après son introduction en 2005, les tireurs d'autres disciplines ont rapidement compris les avantages du 6,5 ​​× 47 Lapua, et ont commencé à l'utiliser également dans plusieurs autres disciplines telles que le Bench-Rest et le TLD. Mais, alors qu’elle est rapide et incroyablement précise, et avec un recul léger, la 6.5 × 47 Lapua est également une cartouche idéale pour les terrains de chasse et notamment, pour le gros gibier. C’est une cartouche de tir à plat, mais qui de par sa taille, est supérieure à la .308 Winchester et à de nombreuses autres cartouches actuellement utilisées pour le tir à longue distance.

 

 

La cartouche

 

 

 

La 6,5 × 47 mm Lapua est une cartouche de puissance moyenne souvent comparée à la .260 Remington et à la 6,5mm Creedmoor. Dès le début, Lapua l'a conçue pour optimiser sa précision en TLD (grande précision jusqu'à 800 mètres et plus) ainsi que pour sa capacité de tir tactique (avantage tactique considérable par rapport au .308 Win).

Les objectifs qui ont été atteints avec succès étaient d'améliorer ses performances par rapport à la .308 Winchester et au 6 mm BR Norma tout en augmentant sa précision, sa résistance au vent, en rendant sa trajectoire plus tendue, mais aussi tout en diminuant le recul occasionné (du moins, par rapport à .308 Winchester). Au surplus,  elle a un diamètre de base et une longueur totale similaires à ceux de la .308 Winchester (ou de la 7,62 × 51 mm NATO), ce qui lui permet de s’intégrer dans des actions courtes. La cartouche peut donc être logée dans les chargeurs de longueur standard (.308 Win), mais son angle d'épaulement a aussi été augmenté de manière à optimiser la combustion de la poudre, et elle est raccourcie en longueur totale (OAL du .308). En outre, sa résistance au vent et la tension de sa trajectoire sont garanties par son coefficient balistique très élevé, mais typique de l'ogive de diamètre 6,5 mm.

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

 

Explications :

Voulant tirer parti de l’omniprésente .308 Winchester et des qualités intrinsèques de la 6,5 × 55,  les designers de chez Lapua ont commencé à retravailler sa douille, en rétrécissant le diamètre du col,  en réduisant sa longueur totale (de 51 à 47 mm) et en  portant l'angle de 20 à 30 degrés. Un épaulement plus incliné provoque une augmentation plus soudaine de la pression, une rétraction (vers la culasse) du pic de pression, et le point où le propulseur est totalement brûlé avec une vitesse supérieure du projectile pour la même dose de poudre (efficacité balistique supérieure).  N'oublions pas que la dose du propulseur (Le volume des douilles est d'environ 3, 1 cc) joue un rôle fondamental dans la durée de vie du canon (plus de poudre = plus d'érosion).  La pression maximale pour la cartouche de  6.5 × 47 est fixée à 4350 bars, pression parfaitement gérée par les étuis robustes de Lapua. La longueur maximale de la cartouche (OAL) restant fixée à 71mm, conformément à la conception mécanique de l’étui.

Au final, le résultat donne un étui plus court et plus épais que celui du 6,5 × 55, mais avec un diamètre de base et une longueur totale du boîtier similaires à une .308, ce qui permet la conversion facile pour les actions courtes précédemment chambrées dans des calibres .308 ou parents. Et bien que sa capacité soit inférieure à celle du .260 Remington et du 6,5x55 Mauser suédois, la cartouche peut être chargée à des vitesses équivalentes à celles de ses homologues.

Le taux de torsion courant des rayures pour cette cartouche est de 200 mm (1 po), avec 6 rainures, Ø = 6,50 mm (0,256 po), et Ø des rainures = 6,70 mm (0,264 po), largeur de plaquette = 2,29 mm (0,090 po), et surtout,  le type d’amorce employé est du Small Rifle. Grâce à son cou relativement long, l’étui peut être chargé de très longues balles sans devoir venir placer la base de la balle sous le cou. Mais, la  6,5 × 47 mm Lapua offre des vitesses de départ légèrement inférieures aux cartouches de 6,5 mm, telles que les cartouches .260 Remington et 6.5 Creedmoor, en raison de son volume inférieur.

Les cartouches d’usine commercialisées par Lapua ont des ogives: Scenar de 139 grains à à 820m / s, une Scenar de 136gr à 800 m / s,  une Scenar de 123 grains à 850 m / s ou encore, une Scenar 120gr à 845 m / s  et la 108 grains à 900 m / s.  

Toutes ces cartouches de 6,5 mm lancent leurs balles à des vitesses modérées, mais fournissent des valeurs de déflexion au vent et de chute égales ou supérieures à la charge standard d’une 190 grains du Winchester Magnum, mais avec moins de la moitié de recul, et un peu plus de la moitié de poudre brûlée. Ce qui en fait une sacrée concurrente à la .308 Winchester ! En tous cas, pour ses performances à longue portée, c'est une évidence.

 

Ici, sa comparaison avec une .308 Win

 

 

 

 

Voici la comparaison de ses dimensions avec celles de ses concurrentes.

 

 

 

 

Ici, sa comparaison avec les douilles de ses concurrentes

 

 

 

 

Ici, une boîte de Lapua OTM en 139 grains

 

 

Rechargement :

Attention, ce sont de petites amorces (Small Rifle) qu’il faut employer dans cet étui afin d’obtenir une plus grande constance de combustion aux doses de poudre typiques à ce calibre.  En effet, l’avantage d’un plus petit puits d’amorce est qu’il permet un meilleur contrôle de l’allumage, ce qui réduit les variations de vitesse,  et une éventuelle augmentation plus lente de la pression. Ceci dit, une large gamme de poudres à taux de combustion moyen s’adapte facilement à la 6,5x47 Lapua.

Ce n'est pas une cartouche difficile à recharger, et sa précision semble plutôt facile à trouver.  Une des caractéristiques remarquable  de cette cartouche extrêmement efficace est qu’elle très tolérante à différentes recettes de chargement. En effet, les combinaisons de poids de balle et de poudre sont plutôt nombreuses et offrent une très bonne précision avec les balles à 123, 130 et 139 grains, en utilisant notamment les propulseurs RL15, H4350, Varget et N550.

N.B. : Pour ce qui concerne le chargement manuel de la 6,5 × 47 mm Lapua, je ne peux que vous renvoyer à l’excellent article de Norman E. Johnson

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

La 6,5 × 47 mm Lapua est une cartouche qui a été développée spécifiquement pour le tir de compétition pour les distances de 328-1,094 yds (~ 300-1.000 m) et qui s’est hissée au deuxième rang des calibres les plus populaires pour les compétitions de tir à la carabine à grande puissance. Le 6,5 mm est essentiellement proposé comme un bon compromis entre le 6 mm généralement plus rapide, et le 7 mm qui est plus performant.

La balle  Lapua Scenar a des coefficients balistiques élevés, son vol va donc plus loin, et plus à plat que bien d’autres balles dans cette catégorie, et elle a notamment participé à remporter un score parfait, d’ailleurs toujours inégalé du record du monde, avec 600 points sur 600 au concours UIT. En général, ces balles permettent de tirer des groupes de 5 coups aussi petits qu’un demi pouce à 300 mètres !

 

Comparaison avec la .260 Remington

 

La .260 Rem est à droite

 

Le .260 Remington n’est que la version commerciale d’une 6,5 mm Wildcat basée sur l’étui de la .308 Winchester, produite en 1997 par Remington. En fait, l’étui peut facilement être formé en rétreignant simplement celui d’une .243 Win ou d’une 7mm-08 ou encore avec une .308 Win. Cependant, il faudra être très attentif à l'épaisseur du cou qui en résulte. L’étui de la 6,5x47mm Lapua quant à lui est environ trois dixièmes de pouce plus court que celui de la .260 Remington, et a un épaulement plus net et un cou plus long. L’étui de la  6,5 × 47 Lapua a une longueur approximative de 4,7 mm supérieure à celui d’une .260 Remington. On peut presque penser qu’il s’agit d’un étui du .260 Remington raccourci et "amélioré".

Mais allons droit au but : est-ce que la 6,5x47 Lapua offre quelque chose de plus que la classique .260 Rem?

En fait, la balistique est presque identique, compte tenu des variations normales d’un canon à l’autre, et la 6,5x47 Lapua le fait avec seulement quelques grains de poudre en moins. Le petit étui 6,5x47 en laiton Lapua résiste mieux à la pression que la plupart des étuis de .260 Rem. De nombreux tireurs de .260 Rem trouvent que ses douilles sont chères alors qu’une 6.5x47 Lapua coûte environ 0,65 $ la pièce. C'est probablement la raison la plus convaincante pour utiliser le 6.5x47 Lapua. Néanmoins, la .260 Remington est une sacrée cartouche pour réaliser des matches à longue distance, avec une bonne durée de vie du canon, et une balistique digne de la .300WM. Elle reste plus ou moins équivalente au 6.5x47 Lapua et au 6.5 Creedmoor, mais ses concurrentes offrent, quant à elles, un léger avantage pour des tirs réalisés sur très longues distances pour des concours TLD tels qu’ils sont organisés aux USA. Mais en réalité, sur le terrain européen, les performances de la .260 Remington sont quasiment identiques à celles de la 6.5x47 Lapua.

L’un dans l’autre, du point de vue balistique, les deux calibres sont très similaires, se chevauchant presque, à tel point que la 6.5 × 47 peut être considérée comme une .260 Rem plus courte et "améliorée". Elles offrent une balistique à longue portée semblable à celle des calibres Magnums mais avec des armes à action courte et génèrent un recul plus doux rendant ainsi le calibre extrêmement agréable à utiliser même pour de longues sessions de tir

 

Les avantages :

 

•          Etui laiton ultra-résistant à prix raisonnable ;

•          Charges appropriées à longue portée disponibles en tant que munitions d'usine ;

•          Possibilité de dépasser les charges de la .260 Rem en raison de la force de son laiton.

 

Les inconvénients :

 

•       Plus petit étui que la .260 Rem et donc, volume de poudre limité ;

•       Pour atteindre la même balistique que la. 260 Rem, il faut fonctionner à haute pression ;

•       Munitions d'usine de 100 à 150 ips plus lentes que les mêmes balles en .260 Remington.

 

 

Comparaison avec la 6,5 Creedmoor

 

La 6.5 Creedmoor est à droite

 

Le 6.5 Creedmoor a été développé et introduit par Hornady en 2007 dans le but précis de fournir une cartouche avec une précision et une balistique menant à être compétitif au plus haut niveau pour la compétition TLD en utilisant des munitions d'usine, tout en étant par ailleurs, facile à charger par le reloader débutant. La recette permettant de dupliquer exactement les charges d’usine étant imprimée sur chaque boîte de munitions Hornady. La firme souhaitait que le 6.5 Creedmoor soit une solution prête à l'emploi pour les tireurs à longue distance et propose plusieurs chargements d’usine à cette fin. La charge de 140 gr est à 2810 ips, et la charge de 120 g est à 2980 ips, en sortie de bouche d'un canon de 26 pouces. Cette cartouche est très similaire à la 6.5x47 Lapua, au .260 Remington, au 6.5x55 Mauser suédois, et à la 6.5.284. La Creedmoor 6.5 est donc également un excellent choix.

La quantité de poudre dans ces projectiles est approximativement la même, mais en raison de l'angle différent du cône de l’étui, la pression du tir change. Une pression plus basse garantit une plus grande stabilité, et moins de « stress » sur le projectile en accélération, ce qui doit lui permettre de se stabiliser aussi facilement que possible. L'étude des différentes trajectoires créées par ces projectiles a montré que certains calibres sont plus aptes à stabiliser la balle sur des distances beaucoup plus longues que d'autres, c’est précisément le cas pour le 6,5 Creedmoor. Pour des distances plus courtes, les .260 Remington et 6,5x55 Lapua offrent en réalité les mêmes performances.

L’étui de la 6,5 × 47 mm Lapua utilise une amorce Small Rifle (comme le 223 Rem.) au lieu d'une Large Rifle comme c'est habituellement le cas sur ce gabarit de munition (avantage : plus grande régularité d'inflammation). Maintenant, le 6,5 Creedmoor profite également de cet avantage.

La Lapua 6,5 × 47 mm offre des vitesses de départ légèrement inférieures aux cartouches de 6,5 mm telles que les cartouches .260 Remington et 6.5 Creedmoor, en raison de son volume de poudre inférieur. Le 6,5 Creedmoor serait en moyenne plus rapide de 15 m / s que le Lapua 6,5 × 47 mm. Mais la 6,5 × 47  Lapua mm dispose d’une qualité de laiton pour son étui supérieure à celle de la 6,5 Creedmoor.

Les munitions manufacturées de qualité Match sont non seulement plus précises, mais aussi généralement moins coûteuses que la plupart des calibres 6,5. Le calibre 6,5 Creedmoor, à longueur de canon égale, est capable de dupliquer la trajectoire d'une 300 Win.Mag sans les inconvénients de ce calibre (recul, coût, nécessité d'une action longue).

Enfin,  je terminerai cette comparaison en faisant un petit coucou à Didier qui se reconnaîtra, et en rappelant que la 6,5 × 47 mm Lapua a été la cartouche la plus efficace lors du concours PRS en 2015, battant ainsi les cartouches concurrentes de plus des deux tiers.

 

Les avantages :

 

•          Efficacité presque identique à la .260 Remington ;

•          Hornady propose des charges d’usine à longue portée ;

•          Des étuis de qualité, mais abordables, et disponibles ;

•          Meilleur design que l’étui de la .260 Rem.

 

Les inconvénients

•          Encore un peu trop neuf et donc, disponibilité des composants à prouver ;

•          Est différent de la .260 Rem  mais n'offre pas beaucoup plus de performance

 

 

En résumé :

Les 6,5mm Creedmoor, .260 Rem, et 6,5x47 Lapua ont des performances balistiques parfois très proches. Les munitions d'usine pour le 6,5x47 Lapua fournissent des vitesses plus basses de 100 à 150 ips par rapport aux 6,5mm Creedmoor et .260 Rem, mais un reloader expérimenté peut égaler ou dépasser ses performances avec des charges manuelles plus audacieuses grâce à la conception robuste de l’étui. Pour la même pression, la .260 Rem et la 6.5 Creedmoor auront un avantage d’environ 100-125 i / s sur la 6,5x47 Lapua, avec les balles de la classe des 140 grains.

In fine,  je dirai que celui qui possède déjà un fusil dans l'un ou l'autre de ces trois calibres serait idiot de laisser tomber un système qui fonctionne bien pour passer à un autre d'entre eux puisqu’ils sont finalement  pratiquement semblables. Faites plutôt votre choix en fonction de la disponibilité et du prix des composants.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une belle carabine « camouflée » en situation de « Long Range Hunting »

 

Nous savons que la 6,5 × 47 mm Lapua était à l’origine destinée aux tireurs de précision sur cibles à longue portée, mais la question reste à savoir si elle pourrait également être utilisée comme balle de chasse ?

D'un point de vue pratique,  le 6,5 × 47 Lapua est plus performant que les autres 6,5 mm en ce qui concerne l'usure du canon, le recul et la consommation de poudre, mais il est peu probable qu'un fusil de chasse standard puisse tirer grand avantage de sa superbe précision. Si vous utilisez des balles adaptées à la chasse, la balistique en termes de dérive du vent, d’énergie de descente, de vitesse et de trajectoire se situera  entre le 6.5 × 55 suédois et le .260 Remington.

Ceci dit, si vous tirez un gibier à 200 mètres, la balle de 123 grains (coefficient balistique de .547) saura s’occuper de toute espèce de cerf vivant chez nous. Avec une charge de 139 grains, ça restera valable pour les petites à moyennes antilopes en Afrique et les espèces de cerfs de taille similaire en Amérique.

En résumé, on dira que le 6.5 × 47 mm Lapua est un calibre polyvalent pour le gibier à sabots de petite et moyenne taille situé à 300 mètres. Par exemple, la cartouche Lapua Naturalis (voir vidéo) a été testée pour bien performer jusqu'à 380 mètres.

Néanmoins, on ne perdra pas de vue que, par exemple, le 6,5x55 mm suédois possède une longue expérience de la chasse en Europe, et qu’il est très souvent suffisant pour prélever pas mal de types de gibiers si les tirs sont choisis avec soin et que donc, la plupart des nouvelles versions de 6.5mm, en ce compris le 6,5 × 47 mm Lapua, ne peuvent que dupliquer les charges classiques du 6.5x55. Faut-il dès lors se ruer sur ce « nouveau » calibre ?  Rien n’est moins sûr et cela restera toujours un choix personnel.

Que l’on soit bien d’accord, lorsqu'un chasseur parle de la précision d'un fusil, on l’entend tel qu’un groupe des 5 tirs à 100 mètres. Souvent, on mentionne également l'exactitude au MOA près. Eh bien, au fond, c’est une bonne règle.  Si un fusil tire 5 coups dans 1 groupe de 1 MOA, il est suffisamment précis que pour participer à une chasse normale.

 

 

 

Par contre, lorsqu'un tireur de la compétition ISSF à 300 mètres parle de précision, il se réfère à des mesures totalement différentes. Ces gars doivent « coller » 60 balles dans un cercle de 100 mm, et de préférence plus de 50% d’entre elles, dans un «cercle intérieur» à 50 mm. C'est ce qui est nécessaire pour gagner des compétitions ISSF, et c’est précisément ce que la 6,5 × 47 mm Lapua vous permettra de réaliser mais ça n’a plus rien à voir avec des tirs de chasse !

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

L’expérience montre que la 6,5 × 47 mm Lapua offre des performances étonnantes avec des balles de 120 à 130 grains, et que leur efficacité aérodynamique est telle que certains de ces projectiles finalement légers fournissent une remarquable balistique externe y compris à longue et très longue portée. Il semble bien qu’effectivement, il y ait unanimité des tireurs chevronnés sur le taux de précision de ces cartouches pour leurs tirs de match … une image vaut toujours plus qu’une longue explication. Voyez plutôt :

 

Au vu des résultats obtenus, ces cibles en attestent :

 

Ici, 3 coups placés à 100Yds

 

 

Ici, une cible avec un groupe de 5 tirs à 200Yds

 

 

Ici, on voit effectivement les beaux groupements réalisés avec une 140g à 200Yds !

 

Ici, un groupe à 400m avec une 123gr – Tous les coups se trouvent dans une zone de 3cm.

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision du ¼ de MOA avec de très petits groupes à 100 Yds voire même, un groupe de 5 coups mesuré à 2,5 pouces, à 500 Yards, ce qui équivaut à 0,55 MOA ! Le tout avec des munitions chargées en usine !  Les cartouches rechargées manuellement et avec minutie tirent normalement encore mieux !!!

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Ici, le graph du drop d’une 140gr avec son tableau balistique.

 

 

 

 

Ici les caractéristiques balistiques d’une 115gr Berger

 

 

 

Ici, le drop de la cartouche (courbe bleue) en comparaison avec les drops de ses concurrentes

Source: Sporting rifle

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le calibre de 6,5 mm a fait ses preuves en Europe en tant que calibre pratique et polyvalent après plus d’un siècle de succès dans la chasse.

Possédant moi-même plusieurs carabines dans ce calibre, cela fait un bout de temps que je suis devenu un inconditionnel du 6,5 mm. Les excellentes propriétés balistiques de cette balle ne sont plus à remettre en doute,  et ses avantages ont d’ailleurs également été exploités commercialement.

Comme le .260 Remington, le 6,5x47 mm Lapua fournit une balistique à longue portée qu’on ne peut  généralement que retrouver parmi les gros calibres magnums. Et comme il partage une partie des paramètres de la .308 Win, mais sans ses inconvénients (notamment au niveau du recul occasionné), la conversion d’un fusil .308 en 6.5x47 Lapua n’est plus qu’une question de remplacement du canon. La cartouche de 6.5x47 Lapua est donc une opportunité, voire même, une solution « clé en main » pour le tireur qui possède déjà une carabine à action courte, et qui est à la recherche d'une cartouche de fusil très longue portée, très précise, et dans le vent (sans jeu de mots).

Ceci dit, même si elle pas aussi « corrosive »  que la 6mm BR, elle "usera" quand même un canon après 2.500 à 3000 coups, ce qui reste toutefois mieux qu'avec une .243 Winchester. Ce paramètre sera quand même à prendre en compte avant de faire l'acquisition de ce type de carabine ou avant de re-canonner une de vos anciennes carabines.

Enfin, même si vous avez la propension à rêver de tirer des matches à Camp Perry dans l’Ohio, je vous rappelle que dans nos contrées,  rares seront les endroits ou vous aurez l’occasion  de pratiquer le vrai TLD, et que donc, faire l’achat d’une carabine dans le seul objectif de pouvoir tirer à 1,000 Yds alors qu’en général, vous serez limité à des tirs à 100m ou 300 mètres, relève parfois du fantasme. Mais ne dit-on pas qu’un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités ?!

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://www.lapua.com/cartridges/6-5x47-lapua/

https://www.cip-bobp.org/homologation/uploads/tdcc/tab-i/6-5-x-47-lapua-en.pdf

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/65x47/

http://www.6mmbr.com/gunweek072.html

http://www.6mmbr.com/gunweek084.html

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/65x47/

https://precisionrifleblog.com/2015/10/12/best-rifle-caliber/

http://bulletin.accurateshooter.com/tag/6-5x47-lapua/page/2/

http://bulletin.accurateshooter.com/2016/08/amazing-2-856-10-shot-group-at-1000-yards/

http://marksman.over-blog.fr/2017/02/quelles-sont-les-cartouches-utilisees-par-les-pros-du-tld.html

http://bulletin.accurateshooter.com/?s=6-6.5x47&submit=Search

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/6mmppc/

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=69

http://customturretsystems.com/ballistics-calculator/

http://ballistic-calculator.zeiss.com/#/ballistic

http://ammoguide.com/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=qJUOeB7ldj8

 

https://www.youtube.com/watch?v=zKq-QW7DE8o

 

https://www.youtube.com/watch?v=ugRnqvycrsY

 

https://www.youtube.com/watch?v=yzbU2sluR4o

 

https://www.youtube.com/watch?v=zxLt6uMkbXI

 

https://www.youtube.com/watch?v=HufyLuKJr14

 

https://www.youtube.com/watch?v=bh0MAXclZMU

 

https://www.youtube.com/watch?v=Va2t382E2ak

 

https://www.youtube.com/watch?v=hBdmq0IfXAE

 

https://www.youtube.com/watch?v=hAdSXLur-4M

 

 

 

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:29
                                                                   Le Ruger Precision Rifle (RPR)

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Les fusils de précision prévus pour vous permettre de faire du TLD en sortant de leur boîte et dans leur configuration d'origine sont relativement rares, raison pour laquelle, j'ai décidé de vous présenter l'un de ceux-ci: le Ruger Precision Rifle™ (RPR), une carabine à verrou hautement « customisable ». En effet, s'inspirant du style des fusils modernes semi-automatiques et l’associant aux caractéristiques de conception qui tirent le maximum de précision d'un fusil à verrou, ces nouvelles carabines dont le succès a été immédiat nous offrent de nouvelles perspectives du fait de leur énorme potentiel que nous pouvons désormais nous offrir à des prix très compétitifs.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

 

La carabine et son histoire

 

 

 

Bien que le tir à longue distance gagne en popularité, les coûts associés à ce sport restent un frein majeur pour les débutants,  mais Ruger, une entreprise engagée depuis longtemps dans la fabrication d’armes à feu traditionnelles,  a assez vite compris l’intérêt de se placer sur le nouveau segment d'un fusil de précision à prix abordable et ce, en opérant un changement de paradigme et de design radical qui se démarquerait du fusil à verrou classique.  Le positionnement étant que, ce qui coûtait plusieurs milliers de dollars pour un fusil personnalisé devrait désormais pouvoir être acheté plus aisément par le grand public, et singulièrement, par des clients désirant disposer directement d’une arme pré-équipée de l’essentiel des accessoires de base. En fait, il s'agissait de la première tentative commerciale de Ruger consistant à proposer un fusil de type "sniper",  aux amateurs de tir sportif à longue portée ainsi qu’une arme tactique pour les forces de l'ordre US.

Bien entendu depuis un certain temps, il existait déjà plusieurs systèmes de châssis, tels que le MDT Tac-21, qui fonctionnaient essentiellement de la même manière. Remington proposait également un fusil d’usine utilisant le système MDT. Mais Ruger a poussé plus loin le concept et a développé un tout nouveau système complet basé malgré tout sur un fusil à verrou auquel la firme a ajouté quelques fonctionnalités supplémentaires.

C’est ainsi qu’en 2015, et après une phase de recherche et développement, que la firme a introduit le RPR qui était donc le premier fusil de précision de type « châssis » spécialement conçu par un grand fabricant.  Le petit dernier RPR sorti en calibre 6mm Creedmoor en 2018 étant déjà celui de la troisième génération.  En réalité, c'est un calibre +/- balistiquement égal au .243 Win, mais qui permet néanmoins aux tireurs TLD de placer des balles encore plus loin. Ce qui rend le 6 mm Creedmoor si efficace, c’est qu’il ne crée qu'un léger recul, tire une balle à BC élevé à environ 3 000 pieds/s et qui est extrêmement précis, même par vents violents. En plus, il fonctionne bien avec des fusils de type AR, donc, c’est parfait pour les PRS.

Bien entendu, depuis l'introduction du RPR, le reste de l'industrie en a pris bonne note et y a d'ailleurs répondu avec des produits similaires car pratiquement tous les autres grands fabricants de fusils à percussion centrale se sont précipités pour présenter leur propre modèle (voir ici).

Fidèle à la tradition de la société, le Ruger Precision Rifle a été conçu avec l’objectif d’assurer un  rapport qualité-prix le plus élevé possible, pour un prix de détail modéré, avec un design qui offre des caractéristiques que la plupart des concurrents directs de marques de renommée mondiale ne peuvent offrir à un prix final si peu élevé. Actuellement, il est disponible dans les versions .308 Winchester, 5.56 NATO / .223 Rem, le 6mm Creedmoor (qui a remplacé le .243Win.), en 6.5mm Creedmoor et deux calibres magnum.

Le RPR a spécialement été conçu pour le tir à longue distance et il possède les caractéristiques nécessaires et suffisantes que pour pouvoir rivaliser avec le monde restreint des fusils restants précis à longue portée.  Pendant des années, les carabines de précision étaient principalement fabriquées par des artisans spécialisés dans cette classe d’armes, mais avec la popularité croissante du tir à longue distance, de plus en plus de tireurs voulaient repousser leurs limites.  Ruger a décidé de construire un fusil d'usine doté de toutes les caractéristiques et capacités normalement présentes sur ces carabines de compétition mais beaucoup plus moins onéreux.

 

 

 

Du style AR-15, et facile à personnaliser, avec des chargeurs amovibles et d’autres accessoires, ces fusils de précision sont l’avenir des fusils à verrou pouvant être destinés tant à la compétition, au TLD, qu’à la chasse.

Certes plus coûteux que les simples fusils à verrou, il s’agit en réalité d’un fusil de qualité équivalente mais déjà «semi-personnalisé», construit et monté directement en usine selon des normes qui auraient précédemment exigé de faire appel à un armurier spécialisé  pour l’obtenir et ce, après assemblage de divers accessoires ou pièces provenant d’autres fabricants.

Et donc, ce qui était autrefois un fusil unique et personnalisé, est maintenant devenu un fusil de production de masse mis directement à la disposition du grand public qui y trouvera l’avantage de ne plus devoir « bricoler » son arme pour obtenir un bon fusil de précision,  et qui est apte à un TLD (inférieur à la barre des 1.500 mètres), dès sa sortie de la boîte !

 

 

Ici, un RPR (GEN III) sorti dans une série exclusive réalisée pour Davidson's en 6.5 Creedmoor Bien que sa couleur soit différente d’un RPR standard, toutes les autres caractéristiques sont identiques.

 

 

Caractéristiques

 

C’est un fusil de type « châssis » ou à « à plate-forme AR-15 et AR-10 »  imitant en partie une carabine à verrou et utilisant simultanément de nombreuses fonctionnalités que l'on retrouve généralement sur une plate-forme de type AR. Inaugurés à la mi-octobre 2015,  les plus récents RPR sont maintenant proposés en .300 Win. Mag. et en .338 Lapua Mag., deux cartouches avec des pedigrees illustres pour le tir en compétition et le sniping militaire. Introduit à l'origine dans les versions .308 Winchester et 6.5 Creedmoor (calibre qui représente environ 75% des ventes en 3 ans), le Precision Rifle a déjà largement fait ses preuves. Un RPR chambré dans ce calibre vous permettra d’atteindre la barrière des 1500 mètres avec des munitions d’usine, et à un prix très raisonnable !

Notons au passage que la  6,5 mm Creedmoor (+/- l'équivalent balistique de la .260 Rem.) est la cartouche de fusil à percussion centrale la plus vendue au monde à l'heure actuelle, et qu’elle est vénérée, en partie grâce à sa superbe efficacité balistique avec son calibre .264 malgré des niveaux d’énergie cinétique relativement médiocres, ce qui devient par contre un avantage pour le recul qui en résulte pour les compétiteurs, les chasseurs, et qui est suffisamment soft pour que même des novices puissent le tolérer.

 

 

Ruger a entièrement conçu le Precision Rifle pour des tirs tactiques à longue portée tout en amortissant le recul de son puissant calibre .308 Win. qui permet malgré tout de l’emporter à la chasse … mais attention, pas trop loin, vu son poids !

La carabine est un fusil à verrou hautement « customizable », avec le recul qui se fait en ligne. En effet, afin de maximiser la précision, Ruger propose ce qu’on appelle un «chemin de recul en ligne», ce qui signifie que les vibrations indésirables du recul se propagent directement de l’arrière de la bouche à la crosse, plutôt que de manière irrégulière autour du canon et à travers tout le système.

 

Caractéristiques générales rencontrées dans la plupart des calibres:

 

•          Conçu pour le tir tactique à longue distance

•          Crosse MSR réglable de précision

•          Protège-mains KeyMod flottant

•          Récepteur supérieur en acier usiné CNC

•          Corps en acier au chrome-molybdène avec rayure 5R

•          Culasse-verrou à 3 ergots avec projection de 70 degrés

•          Sélecteur de sécurité réversible

•          2 magasins de 10 cartouches

•          Interface multi-magasins

•          Rail Picatinny 20 MOA

•          Frein de bouche hybride (*)

Le canon est muni d'un frein de bouche hybride intégré qui réduit considérablement le recul tout en minimisant le bruit et le souffle (protection du filetage incluse).

 

 

Analyse de ses composants :

 

  • Un canon semi-lourd flottant (diamètre 19 mm à la bouche) Ruger forgé et martelé à froid en acier chrome- molybdène 4140 avec rayures profils 5R - Filetage 5/8"- 24" ou 61cm fileté (exemple pris du calibre .308Win.) en 5/8X24, avec frein de bouche RUGER + ASE Utra Borelock amovible (sensation de recul jusqu'à 58% moindre), permettant l'installation des modérateurs de son ASE Utra BoreLock (non fourni). Longueur de 82cm, crosse repliée.

 

 

  • Les rayures, et ses rayures opposées, réduisent la déformation de la balle, ce qui améliore la précision, en particulier à grande distance. Ce robuste canon à finition chromée combine ainsi résistance extrême et précision fiable pour le tir à balle à très longues distances. D’autre part, l'un des avantages du RPR et qui contribue à sa popularité est sa capacité à échanger des canons sans devoir forcément passer par un armurier. Pas besoin de technologie ou outils avancés,  juste quelques outils simples, y compris une clé AR et des jauges d'espacement des têtes, et à l'aide d'un étau à canon ou d’une barre « Seekins Precision Action », on peut changer de canon (en .308, .243 Win, 6mm Creedmoor, etc.), en moins d'une demi-heure.
  •  Un boîtier d'un seul tenant, également en acier pré-durci 4140 chrome-molybdène pour minimiser la distorsion au tir.                                                                                                                                
  • Un rail Picatinny penté à 20 MOA pour une capacité d'élévation accrue est monté sur le dessus de l'action.
  • Verrou - culasse à 3 tenons doté de deux cames d’armement. Très fluide, la manœuvre de réarmement de la Ruger Precision Rifle s’effectue avec une grande rapidité par un levier à 70°. Une boule de préhension surdimensionnée permet de saisir instinctivement ce levier pour une manipulation souple et naturelle.

 

 

  • Crosse rectiligne de l'arrière du boîtier jusqu'à la plaque de couche, permettant une absorption progressive du recul déjà amoindri par le frein de bouche. La crosse possède deux réglages. Chacun est contrôlé par une came avec un levier attaché. Sur le côté opposé de la came se trouve un bouton permettant de régler la force nécessaire pour fermer la came. La crosse MSR (Modern Sporting Rifles) est réglable en longueur de 101 à 110 cm.

 

 

  • La crosse Ruger® Precision MSR adaptable pour toutes les crosses de type AR dispose de pointsd'encrage avec anneau QD pour bretelle à attaches rapides. Elle comporte également un rail Picatinny inférieur pour l'installation d'un monopod, ainsi qu'une plaque de couche-caoutchouc épaisse et souple.

 

 

 

  • Réglable en longueur de 101 à 110 cm, la crosse MSR se conjugue en toute ergonomie avec sa poignée pistolet déportée. Celle-ci s’adapte ainsi en confort à toutes les morphologies. Le corps se positionne de façon idéale, favorisant la détente musculaire et la concentration indispensables à la précision du tir.

  • Montée sur charnière AR, la crosse de cette carabine Ruger peut se rabattre sur la gauche. Le standard de cette charnière permet de remplacer la crosse par toute autre crosse repliable du même type. Une fois repliée, la Precision Rifle n’occupe plus qu’un espace de 82 cm de long. Elle se range et se transporte d’autant plus facilement. Le protège-main M-LOK de 15 pouces couvre bien le canon flottant.

 

      

 

  • Une épaisse plaque de couche en gomme souple (coussinet) en caoutchouc souple achève de rendre le tir particulièrement doux. En effet, sur le dessus, se trouve un petit appuie-joue réglable en hauteur pour permettre à l’œil de s’ajuster correctement à l’objectif. Il glisse également vers l’avant ou vers l’arrière, ce qui permet un placement précis de l’oculaire approprié au tireur.

    Chaque RPR est équipé d'une sécurité ambidextre située au-dessus du pouce du tireur. La sécurité a une portée de 45 degrés et ne gêne pas la trajectoire de la détente du tireur. La sécurité peut être déplacée du côté droit de l'action, et toute sécurité de type AR peut également être échangée avec l'originale.

 

  • Le chargeur avec positionnement avancé, profilé, confère une préhension similaire à celle de tout autre AR. Pour son alimentation, la RPR n’est pas difficile. Son interface accepte tous les chargeurs  grâce à un petit bijou d’ingénierie, un système appelé  interface multi-chargeur. Pousser le déclencheur vers l'avant non seulement désengage un magasin avec un loquet arrière, mais il en va de même pour les magasins utilisant un loquet latéral. Cela permet au tireur de choisir parmi une large sélection de magasins disponibles, en métal et en polymère, comme les Magpul, M110, SR25, DPMS, AICS, et fonctionne même avec certains magasins de M14. La carabine est livrée avec 2 chargeurs Magpul PMAG d’une capacité de 10 coups. Le profil de ce chargeur, décalé vers l’avant, ne gêne en rien la préhension.

 

 

  • La détente Ruger Marksman Adjustable ™  est réglable en offrant à chaque tireur la possibilité de régler un départ personnalisé, avec un poids départ allant de 1020 à 2300 gammes. Il est donc possible de procéder soi-même au réglage de cette détente de l'extérieur, avec la clé spéciale (Allen) logée dans la noix de culasse (bolt shroud). Même si cette détente n’est pas aussi agréable qu’un déclencheur de rechange personnalisé comme le Timney, ou la jewell, cette détente est bien meilleure que la majorité des déclencheurs d’usine sur le marché.

 

 

  • Juste en face du pontet, se trouve le levier de dégagement du magasin qui lâchera le magasin si vous le pressez. Le magasin ne peut être retiré que si le verrou est tiré complètement vers l’arrière. Pour retirer le verrou, il faut replier la crosse au moins jusqu’à mi-chemin. De plus, le verrou ne peut pas être fermé sur un magasin vide sans doute pour forcer le tireur à retirer le chargeur afin de fermer le verrou sur une chambre vide, et ce pour avoir une sécurité supplémentaire. Le corollaire, c'est que cela empêche l’alimentation manuelle unique, ce qui constitue parfois un souci, notamment, pour certains tireurs d’élite.
  • Une poignée pistolet ergonomique déportée dont la conception est similaire à celle d'un AR. La sécurité de la carabine Precision Rifle contre un départ accidentel est assurée par un sélecteur de tir ambidextre qu’il suffit simplement de positionner sur « sûreté » ou sur « feu ».

 

 

 

 

  • Le garde-main Samson Evolution KeyMod ™ est dimensionné pour un confort maximal quelque soit la taille de la main. Léger et durable, ce garde-main est doté d’un rail Picatinny à pente de 20 MOA, sécurisé et avec quatre vis offre tous les réglages d’élévation et d’optique nécessaires pour des portées extrêmes. il laisse suffisamment d’espace pour le montage d’un grand riflescope. Enfin, la Ruger Precision Rifle ASE UTRA Borelock présente, des anneaux de grenadière QD (Quick Detach)  pour l’attache rapide d’une sangle de transport ainsi qu’un rail Picatinny inférieur permettant de l’accessoiriser d’une lampe tactique ou de tout autre accessoire supplémentaire.

 

 

  • La couleur (standard), étant donné que le fusil est inspiré de la famille des fusils AR15 / MSR, est  noire mat. Les pièces en aluminium, y compris la partie inférieure, la crosse et le protège-main, sont toutes anodisées avec une belle finition noire mate. Ruger ne précise pas quel type de finition a été utilisé sur le canon, bien que cela corresponde au reste du fusil.

 

 

  • Le prix est plus élevé qu’un simple fusil à verrou, mais par rapport à d'autres fusils de type châssis similaires, comme le Savage 110BA ou le nouveau 700 de Remington avec châssis MDT Tac-21, le prix est très similaire. Enfin, le fusil est tout sauf léger, puisqu’il pèse 10,8 livres (+/-5kg) sans lunette, ni chargeur, mais ce poids aide à stabiliser le tir en TLD.

 

Caractéristiques d’un .308 Win. :

 

-Longueur du canon : 61 cm

-Longueur totale : de 97,16 à 106,05 cm (crosse repliée : 80 cm)

-Hauteur : 18,54 cm

-Largeur : 8,38 cm

-Longueur détente-crosse : de 30,48 à 39,37 cm

-Poids : 4,4 kg

-Pas de rayures (rate of twist) : 1:10" RH - 5 rayures

 

Le RPR dans ses versions .308 et .223 ont un canon de 20 ″ tandis qu’en 6.5 Creedmoor,  il dispose d'un canon de 24 ″.

 

 

Caractéristiques de la carabine dans les calibres les plus courants

 

Calibre

Longueur du canon

Longueur totale

Taux de torsion

La capacité du chargeur

Poids

6 et 6.5 Creedmoor

24 "

43-1 / 4 "

1:7.7 et1: 8 "

10 + 1

10,8 lb

.308 Win

20 "

39-1 / 4 "

1 : 10 "

10 + 1

9,8 lb

.223 Remington / 5.56 Nato

20 "

39-1 / 4 "

1 : 7 "

10 + 1

9,8 lb

 

N.B : La société a abandonné le fusil de précision en .243 Win., optant pour le 6 mm Creedmoor à la place. Notons que le RPR en .243 Win. avait un canon de 26 ″

 

Pour être complet, sachez que la Sturm, Ruger & Company, Inc. a annoncé que le RPR est désormais également chambré en .338 Lapua Magnum (voir ici) et en .300 Winchester Magnum (voir ici). Ces nouveaux modèles de calibre Magnum associent un potentiel exceptionnel de précision à longue portée à une énergie considérable, élargissant ainsi l'attrait pour un fusil TLD. Ces fusils sont dotés d'un canon à contour épais (0,875 ″ à la bouche) ainsi que d'un frein de bouche Ruger Precision® Magnum avec compensateur réglable pour réduire efficacement le recul et le saut de bouche. Comme tous les fusils Ruger Precision, ces nouveaux modèles sont dotés d'un canon flottant extrêmement précis.

Le modèle .338 Lapua Magnum présente un taux de torsion de 1: 9.375 ″, tandis que le modèle .300 Winchester Magnum comporte une torsion de 1: 9 ″, qui stabilisent tous les deux, les projectiles des calibres respectifs. Contrairement à la variante à action courte, qui peut être alimentée à partir de magasins détachables à verrouillage arrière et latéral, le magnum accepte uniquement les chargeurs AICS (Accuracy International) à verrouillage unique. Ces carabines sont livrées avec deux chargeurs de style AI à 5 cartouches.

Les modèles de calibre Magnum comportent un rail Picatinny de 30 MOA et le déclencheur Ruger Marksman Adjustable, qui offre une plage de poids de traction ajustable entre 2,25 et 5 livres. Et si on parle de la différence de prix, le magnum RPR coûtera 2 099 dollars, ce qui fait un supplément non négligeable de 500 dollars par rapport au fusil à action courte.

 

 

Les munitions et la précision

 

 

 

   

La précision d’un RPR d'un demi MOA (suivant le type de calibre et de balle) est impressionnante avec un fusil personnalisé coûtant le double du prix du RPR. Le fait qu’il s’agisse d’une arme fabriquée en usine et dont le prix est bien inférieur à celui prévu pour ce type de performance est stupéfiant.  Il est « chirurgicalement » précis dans les mains d'une personne formée au TLD. Le RPR est d’ailleurs un choix parfait pour les forces de l'ordre.

 

Résultats de tirs réalisés à 100 Yds en 6.5 Creedmoor

Munitions

Groupe moyen

Meilleur groupe

Hornady 120gr ELD

0.500 ″ (0.478 MOA)

0.355 "(0.339 MOA)

Hornady 140gr ELD

0.659 "(0.629 MOA)

0.510 "(0.487 MOA)

Hornady 147gr ELD

0.858 "(0.819 MOA)

0.596 "(0.569 MOA)

Winchester 140gr HPBT

0,704 "(0.672 MOA)

0,298 "(0,285 MOA)

Tableau et infos tirés de SNIPER .CENTRAL.

 

On voit ici qu’avec la charge Hornady 120gr ELD, la moyenne était exactement de 0,5 pouce, un peu moins de 0,5 MOA. Ce serait le niveau de précision nécessaire pour étendre le fusil sur de longues distances au-delà des 1000 Yds. Les quatre charges qui ont fait l’objet de ce test étaient en moyenne bien en dessous de 1 MOA, et la match de Winchester donnait le groupe le plus serré de cette séance de tirs à 0,285 MOA ”.

 

 

 

D’autres tests de précision réalisés par une autre équipe en .308 Win. ont également donnés d’excellents résultats. Bien entendu, ceux-ci dépendent toujours de l’habileté du tireur. Dans ce cas, visiblement, le RPR en  calibre .308 « adorait » la 168gr A-Max de Hornady, suivi de près, par les Match de Winchester. Les groupes de 5 tirs réalisés à 100 Yds se sont placés sous le MOA, et ce,  même avec des munitions de chasse.

Avec des munitions matches, des groupes de 5 tirs à 300Yds ont été réalisés à 1,95 ", et  5 tirs à 500Yds  ont obtenu une moyenne d'un peu plus de 3", dans un vent modéré de travers à 45 degrés ! Le meilleur groupe à 500 Yds mesurait à peine plus de 2,25 pouces !

Même les munitions fédérales FMJ de 149 gr qui étaient les moins chères, ont produit des groupes toujours bien inférieurs à 1 pouce à 100 Yds. Les munitions de chasse Remington Accutip 165 Tail Boat Tail et Federal Premium 165 Prime Bonded Bonded Tip ont également fourni des groupes de 1 pouce.

Mais la Superformance 308 Win de Winad SST de Hornady's a donné des groupes de ½ pouce, et la gagnante était la Winchester Match 168 MatchKing HPBT avec des groupes de trous « touchants » à 100 Yds.  Cela n’est pas surprenant, car sa réputation est si bonne que c’est la cartouche le plus couramment utilisée par les forces de l’ordre US.

 

 

 

 

On peut donc dire que le fusil de précision Ruger porte bien son nom puisqu’une précision d'un demi MOA est déjà impressionnante avec un fusil personnalisé coûtant le double du prix du RPR. Le fait qu’il s’agisse d’une arme fabriquée en usine et dont le prix est bien inférieur à celui prévu pour ce type de performance est tout simplement stupéfiant puisque la caractéristique la plus évidente que partagent tous ces fusils est leur capacité de placer une balle presque au même endroit, que ce soit à chaud ou à froid.

Ce niveau de précision découle généralement de l'utilisation de canons de qualité supérieure. Or,  avec le RPR, manifestement, nous sommes face à une technologie, un raffinement d'éléments de conception et de caractéristiques qui, même s’ils sont désormais jugés et devenus indispensables par les tireurs d'élite et les compétiteurs, apportent une réelle avancée dans le monde concurrentiel des armes de précision.

 

 

Conclusion

 

 

 

Force est de constater qu’il y a peu de fusils à verrou qui puissent même s'approcher de ce chef-d'œuvre de chez Ruger. Plus axé sur les tireurs tactiques que sur les chasseurs,  ce fusil de précision est un mélange parfait de sensations classiques et de performances modernes. Que vous recherchiez une carabine de TLD, ou tout simplement une arme très agréable à utiliser en tir récréatif ou sportif voire même, un nouveau partenaire de chasse, le RPR ne devrait pas vous décevoir.

En règle générale, les carabines Ruger sont assez solides, fiables et fournies avec pas mal d’accessoires. Par conséquent, le RPR représente un bon choix, sans pour autant devoir casser votre tirelire, ni de devoir recourir à la personnalisation d’un projet ou encore au montage d’une carabine qui demanderait à être assemblée avec divers accessoires provenant d’autres marques.

En résumé, les tireurs à la recherche d'une carabine semi-équipée d’usine et capable de « taper » sous le MOA à prix réduit n'ont pas besoin d’aller chercher plus loin. En effet, si vous recherchez un fusil apte au TLD, et que vous n’avez pas un trop gros budget à y consacrer, ni le temps nécessaire pour investir dans une construction personnalisée, cette carabine représente une très bonne alternative.

Ceci dit, que le lecteur ne s’y trompe pas, même si mon article est élogieux vis-à-vis du RPR, qu’il sache je ne possède aucune action de chez Ruger, mais il est vrai que les résultats obtenus avec cette arme me forcent à en être quelque peu admiratif.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

https://ruger.com/products/precisionRifle/models.html

http://bulletin.accurateshooter.com/2016/05/ruger-upgrades-ruger-precision-rifle-and-raises-price-200-00/

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=x8VD3jP3s20

https://www.youtube.com/watch?v=-pLSptz9fTY

https://www.youtube.com/watch?v=iV19nIPxJYU

https://www.youtube.com/watch?v=Kp5M9LGkJts

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=K5OHr9Rjjxk

https://www.youtube.com/watch?v=d5xG0UVlr1c

https://www.youtube.com/watch?v=cFhviPzlPeA

https://www.youtube.com/watch?v=mrVHGra5H1Q

https://www.youtube.com/watch?v=ZK-sLvvsLUU

https://www.youtube.com/watch?v=fOhHm7ABRfc

https://www.youtube.com/watch?v=pc13lpckvFc

https://gunstreamer.com/watch/face-off-ruger-precision-rifle-vs-accuracy-international-ax_ezxpkEZlLbye4lD.html

https://www.youtube.com/watch?v=WCePdHgi7BE

https://www.youtube.com/watch?v=yii_84xTnUM

 

 

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 17:27
La .338 Remington Ultra Magnum
La .338 Remington Ultra Magnum
La .338 Remington Ultra Magnum

Chers lecteurs,

 

Voici le petit dernier pour finir l’année.  Que vous envisagiez d’aller à la chasse au gros gibier en Alaska, ou en Afrique ou encore de pratiquer le TLD sur très longue distance, ou tout simplement vouloir en apprendre plus sur un des calibres des plus puissants du marché alors, cet article devrait vous intéresser.

 

Bonne lecture.

 

 

   

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année !

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Pour rappel, le calibre .338 Winchester Magnum a déjà été introduit en 1958,  et il faut bien l’avouer, il était d’un tel niveau de performances que la plupart des autres cartouches .338 ultérieures ont bien eu du mal à le dépasser. Cependant, cinq cartouches commercialisées et actuelles sont parvenues à le concurrencer voire même, à le dépasser. Ce sont les .330 Dakota, .340 Weatherby, .338 Remington Ultra Mag, .338 Lapua Magnum et .338-378 Weatherby.

Annoncée en 1998-1999, et sortie en 2000, la .338 Remington Ultra Magnum en est une, et elle fait partie des quatre cartouches Remington Ultra Magnum à action longue qui comprend les cartouches Ultra Magnum de 7mm, .300, .338, et .375. Toutes sont basées sur la conception de l’étui de la .404 Jeffery poussé dans ses dimensions maximales.

Ainsi, et pour la première fois, Remington a sorti son propre calibre parmi la gamme déjà très populaire des autres .338 américains. La combinaison de la vitesse et de la masse est commune à tous, ce qui en fait d'excellentes cartouches pour les gibiers lourds et tirés à longue distance.

La .338 RUM était initialement sortie pour être tirée dans le fusil Remington 700, modèle Sendero doté d’une crosse rigide,  d'un châssis en aluminium et d’une action M700 associée à un canon lourd. Le Sendero  .338 offrait un excellent potentiel de précision. La ligne des fusils Sendero a été lancée en 1994, et constituait une réalisation tout à fait remarquable dans le développement d’un fusil de précision « d’usine »  fabriqué en série. Malheureusement, la .338 RUM n’a pas pu atteindre une grande popularité en tant que telle et sa production en grande série a été arrêtée en 2002.

En 2001, Remington a donc présenté son .338 Ultra Mag, basé sur son étui .300 Ultra Mag adapté pour recevoir des balles de .338 pouce. Cette énorme cartouche nécessite une action longue ainsi qu'un canon extra long (28"  recommandé).  En dépit de son boîtier démesuré, le .338 Ultra Mag est essentiellement le « jumeau balistique »  du .340 Weatherby Magnum. Mais l’Ultra ne fait que brûler plus de poudre et donner plus de force mais pour finalement obtenir pratiquement le même résultat.

En Amérique du Nord, il est utilisé sur les gros gibiers ou animaux comme les ours, et en Afrique, sur les grandes antilopes, sur lesquelles, il a fait ses preuves.

Remington a proposé deux chargements d’usine pour le .338 Ultra, tous deux avec des balles de 250grains. L'une utilise une balle Core-Lokt à 250 grains,  et l'autre, une balle Swift A-Frame, toutes deux à une vitesse initiale estimée (MV) de 2 860 fps, avec une énergie initiale de 4 540 lb-pi

 

 

La cartouche

 

 

 

Il s’agit d’une cartouche reposant sur l’étui de la .300 Remington Ultra Magnum raccourcie de .090 pouce et étranglé pour accepter une balle de calibre .338 (0.338 pouce). La .338 Remington Ultra Magnum a la capacité de l’étui de la 338 Lapua Magnum, et est légèrement inférieure à celle de la .338-378 Weatherby Magnum, ce qui en fait l’une des plus puissantes de la série des .338.

Selon les ingénieurs de la société, une telle douille donne un gain de volume, de taille de la charge de poudre, de la résistance de la chemise,  et de sa durée de vie. De manière générale, l’étui est similaire à celui de la cartouche canadienne de .338 Magnum, mais son corps est légèrement plus court et plus large.

La .338 RUM ne doit pas être confondue avec les « Wildcats »  de plus en plus populaires telles que les .338-300 RUM, et le .338 Edge qui utilisent l’étui de la .300 RUM.

Après la sortie du .338 Remington Ultra Mag. avec une balle Swift-A-Frame de 19,44 g, elle est devenue la cartouche commerciale la plus puissante du calibre .338. De plus, cette cartouche a une trajectoire extrêmement plate jusqu’à une distance de 450 m.

La cartouche .338 Remington Ultra Magnum a un diamètre de balle maximal de 8,59 mm (0,38 "), un diamètre maximal de la base du corps du manchon de 13,97 mm, et une longueur maximale de 70,1 mm et est faite pour des canons à pas de rayures de 10 pouces.

A titre d’exemple, la cartouche chargée d’une balle Core Loktn Swift-A-Frame de 16,2 g avec une charge de poudre de 6,8 g, offre une vitesse initiale de 827 m / s et une énergie de 6155 J. La trajectoire de la balle dépassant lors du tir « à zéro » à 200 m (183 m), la balle ne s'écarte pratiquement pas de la ligne de visée avec: à une distance de 91 m, un écart probable de +/- 4,3 cm, à 137 m +/- 3,8 cm, à 228 m +/- 7,6 cm, à 274 m +/- 19,3 cm, à 366 m +/- 56,1 cm, et à 457 m +/- 114,0 cm.

La Remington Ultra Magnum .338 est considérée comme une munition à cible étroite et à longue distance. Même lorsque sa cartouche est chargée d’une balle de poids inférieur pour la chasse en forêt, une telle cartouche reste non seulement précise à longue portée, mais sa puissance est suffisamment élevée pour quand même neutraliser les plus gros gibiers de notre faune.

La longueur de l’étui de la .338 RUM est de 70,1 mm (2,760 po), soit 2,3 mm (0,090 po) de moins que les Ultra Magnums de 7 mm, .300 et .375 qui ont une longueur de boîtier de 72,4 mm (2,850 po). Cela a permis à Remington de respecter la longueur totale de sa cartouche préférée de 91,4 mm (3,600 po), la carabine  Remington 700 ayant une longueur de magasin de 93 mm (3,660 po).

La .338 RUM est capable d’atteindre des vitesses identiques à celles du .340 Weatherby et a une puissance similaire à celle du .338 Lapua. Enfin, on précisera que la cartouche .338 Remington Ultra Magnum est enregistrée en tant que norme SAAMI.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques (traduction littérale) :

 

 

 

 

 

Comparaison avec une 325-WSM 8mm Rem.Mag., .338Win.Mag., .338 RUM, .340 Weath.Mag.

 

 

 

De droite à gauche, la .338 RUM et une .338 Lapua, une .338 Edge et une .338 Snipetac

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington Ultra Mag. 338 en 250 grains

 

 

 

Ici, une boîte de Berger HSM Trophy Gold en 250 grains

 

 

Rechargement :

 

Étant donné que cette cartouche fonctionne déjà à des pressions très élevées (65.000 PSI), les reloaders manuels ne peuvent pas améliorer considérablement sa vitesse par rapport aux munitions d'usine, comme l'ont fait de nombreux rechargeurs au fil des ans avec des cartouches plus conventionnelles, et à pression plus basse. Cependant, ils peuvent toujours régler leurs propres charges pour une meilleure précision dans leurs carabines spécifiques, comme pour toutes les autres cartouches.

Les rechargements manuels pour la .338 RUM produisent généralement des vitesses identiques à celles du .338 Lapua et du .340 Weatherby lorsque chacun est chambré dans des fusils à canon de 26 pouces.

Le rechargement de la .338 Ultra ouvre la possibilité d’utiliser des poids de balles autres que les 250 grains, bien que, compte tenu de la taille du boîtier de la .338 Ultra, l’ogive de 250 grains semble être le meilleur choix pour la plupart des utilisations. Comme avec les autres cartouches de calibre .338, les balles allant de 200 à 250 grains sont les plus populaires. En raison de l'énorme étui de la .338 Ultra Mag, ce sont les poudres à combustion lente telles que la H4831, IMR 4831, IMR 7828, qui conviennent le mieux.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Les balles de diamètre .338 possèdent à la fois des coefficients balistiques élevés (efficacité aérodynamique), mais aussi des densités de section élevées qui leur permettent de pénétrer profondément dans de gros animaux ou de poids considérable, ce qui favorise également la pénétration et le transfert d'énergie. C’est cette combinaison de paramètres balistiques que les concepteurs de Winchester avaient en tête lorsqu’ils ont lancé la première production .338 magnum en 1958. La .338 Winchester Magnum s’inspirait en grande partie des travaux des pionniers de la balistique.

Les magnums de calibre .338 fournissent toute la puissance dont la plupart des chasseurs pourraient rêver  ou avoir besoin,  mais la sélection des balles est essentielle pour réaliser leur plein potentiel. S'il est possible qu'un chasseur puisse tirer à moins de 100 mètres, une balle d'expansion dure et contrôlée est nécessaire pour éviter que la balle ne se désintègre lorsqu'elle frappe un gros animal à proximité. En effet, une balle à longue portée tirée de près ou trop rapprochée peut causer des blessures inefficaces et entraîner la perte du gibier. Alors que les projectiles de 225 grains sont devenus les plus populaires de ces dernières années, les balles à 250 et 300 grains sont idéales pour tous les gros animaux, si l’on sait tolérer son recul.

Cela dit, même les moins puissantes (0,338 Win. Mag) atteignent la limite d'expansion à près de 600 mètres! Ils offrent plus de performances que la plupart des chasseurs n'auront jamais besoin. Si, toutefois, ils cherchent à pratiquer la véritable chasse à longue portée. En outre, actuellement sur le marché, ils pourront profiter de toute une gamme de balles spécialisées pour la très longue portée.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une belle carabine pour pratiquer le  « Long Range Hunting »

 

Comme déjà dit, la .338 RUM est une cartouche de chasse puissante qui peut être utilisée comme une cartouche de chasse à longue portée, utilisant les projectiles les plus longs et les plus puissants. Néanmoins, il semblerait que le .338 Lapua ait plus d’intérêt à l’heure actuelle du seul fait de son histoire militaire, facteur qui crée toujours un intérêt civil.  La .338 Edge a également éclipsé la popularité de la .338 RUM. Mais aucune des deux cartouches ne doit être considérée exclusivement comme étant meilleure que la RUM.

Malgré leur grande performance, les .338 ne seront probablement pas aussi utiles que leurs cousines de calibre .30 pour une raison assez évidente : leur recul ! La .338 Win. Mag, la «plus soft» de toutes, frappe le tireur aussi fort qu’un Magnum .375, alors que les .338-378 et la .338 Lapua sont proches de la .416 Rigby. Un chasseur doit vraiment vouloir tirer un tout gros gibier à 800 mètres pour envisager de devoir passer à des calibres aussi puissants … ce qui est, vous l’avouerez, particulièrement rare en Europe ! Même les calibres les moins puissants (comme la .338 Win. Mag) atteignent la limite d'expansion à près de 600 mètres. Ils offrent donc plus de performances que la plupart des chasseurs n'auront jamais besoin !

Ceci dit, probablement que la .338 Remington Ultra Magnum est beaucoup plus précise et cohérente pour la chasse que la .338 Lapua ne fût-ce que parce que la .338 RUM est à pleine capacité avec un certain nombre de poudres appropriées, tandis que la .338 Lapua a tendance à n’être remplie qu’à environ 90%. Mais attention, utiliser beaucoup plus de poudre pour obtenir un peu plus de vitesse a un coût supplémentaire en recul et en souffle en sortie de bouche. A titre d’exemple, pour le .338 RUM, le recul « standard » pour une cartouche de 200 grains est déjà de 41,4 pi lb ! A titre de comparaison, voici les autres moyennes du recul pour chaque cartouche de même ogive tirée avec un fusil de 9,5 livres pour les calibres concurrents :

  • 31,8 pi lb pour le .338 Win. Mag.
  • 41,4 pi lb pour le .338 RUM
  • 43,8 pi lb pour le .338 Lapua
  • 50,4 pi lb pour le .338-378 Weatherby

En règle générale, un recul de 15 pi lb est considéré comme un recul suffisant pour affecter la précision de la plupart des tireurs. Moins le recul est important, plus le tireur est précis et, par conséquent, plus la cartouche est efficace. Et donc, une question que l'on pourrait également se poser serait de savoir pourquoi utiliser un .338 Lapua pour un fusil de chasse, alors qu'un .338 Rum peut être construit avec un fusil beaucoup plus facile à transporter qui délivrera une vitesse égale avec un recul moindre?

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Les cartouches de calibre .338 pour le tir à longue distance suscitent un vif intérêt, et bien qu’il faille beaucoup de poudre pour pousser une balle de 250 à 300 grammes à des vitesses acceptables pour les tirs à longue distance, l'intérêt de la performance sur cible a dépassé l’inconvénient des coûts pour de nombreux tireurs TLD,  sans parler de l’intérêt que lui ont porté les forces de police du monde entier.

Cependant, ce serait une fausse idée que de penser que ces cartouches sont devenues des « must » pour le tir à 1000 Yds. Et il ne faudrait pas perdre de vue que, même si leur performance à 1000 Yds est excellente, il existe des moyens beaucoup plus efficaces et moins chers d’obtenir une performance balistique égale et parfois même supérieure à 1000yds. Par exemple, avec la 6.5 Creedmore pour ne citer qu'elle.

Mais là où les .338 brillent vraiment sur le plan balistique, c’est lorsqu’ils dépassent largement la barre des 1000yd.  Ils ont d’ailleurs été utilisés efficacement et avec une précision de 1 mille (1760Yds) et plus. Il y a néanmoins un consensus pour dire que la .338 Edge est la plus rapide, suivie de la .338 Lapua, avec le .338 RUM qui n’est pas très loin derrière, et si vous effectuez une recherche rapide, vous constaterez que la RUM et la Edge offrent une excellente précision à longue portée.

Néanmoins,  certains s’y sont laissés séduire pour des distances inférieures à 1000Yds et réalisent quand même de très beaux cartons. En voici quelques-uns :

 

Ici, une cible avec trois tirs à 100Yds

 

On voit effectivement le très beau groupement réalisé !

 

 

Le groupe reste très joli à 300 Yds !

 

 

Ici, un tir à 500Yds. Après un réglage lunette, on arrive à faire un beau groupe

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Ici, la balistique pour la 250 gr – Vitesses, énergies, distances par type de balle.

 

 

 

 

Drops d’une Nosler Accubond .338 RUM 200 gr et de son homologue en .338 Winchester Mag. Zérotage à 100Yds

 

On constate que les drops restent identiques jusque 500Yds et  que la RUM prend l’avantage jusqu’au 1,200Yds

 

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org

 

Du tableau,  ressort la supériorité de la RUM sur la Winchester à tous points de vue, et ce, de 0 à 1,200Yds

 

 

 

 

Ici, un tableau comparatif de la cartouche avec ses concurrentes du point de vue des vitesses avec les  distances parcourues respectives.   On constate qu’elle prend l’avantage sur des distances de 925 à 1175Yds  sur toutes les autres cartouches sauf sur les Weatherby avec lesquelles, elle reste néanmoins très proche.

 

 

 

 

 

Ici, et sauf pour la .338 Win. Mag, on constate que son recul est pratiquement le plus faible.

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

On se souviendra que le calibre .338 Winchester Magnum a toujours eu tendance à dominer ses concurrents dans la gamme des cartouches .338 avec des balles de 180 à 250 grains prévues pour des tirs à très longues distances, et ce, avec des niveaux de recul justes acceptables pour un tireur aguerri. Mais bien que les cartouches de calibre .338 suscitent un vif intérêt pour le TLD ou la chasse à longue distance,  tout est loin d’être parfait, mais on peut s’avancer à dire que le calibre .338 RUM fait un peu mieux que le .338 Win. Mag mais que néanmoins,  il sera également coûteux à acheter et à tirer.

 Comme nous l’avons vu,  le calibre .338 RUM entre en compétition directe avec les calibres .338 Win Mag, le .338 Lapua Mag, le .338  Weath. Mag, le .338 Edge,  et même, le .338-378 Weath. Mag.  J’avoue ne pas être un très grand fan de ces cartouches, car elles n’offrent qu’un faible rapport bénéfice / coût par rapport à la .338 Winchester Magnum. Alors, bien évidemment, ces cartouches .338  « Super magnum » offrent des performances balistiques légèrement meilleures qu’elle,  mais ce serait oublier que c’est avec beaucoup plus de bruit, de recul, une disponibilité réduite sur le marché, et un coût considérablement accru. Blague dans le coin, le prix des munitions d'usine de .338 RUM commence aux environs de 4€ la cartouche.  Sans parler du problème de la disponibilité limitée ou sporadique de ces cartouches. Ceci dit, à chacun ses nécessités et ses contingences … .

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

http://www.bergerbullets.com/reloading-data/338-remington-ultra-magnum/

 

https://load-data.nosler.com/load-data/338-remington-ultra-magnum/

 

https://www.norma.cc/en/Ammunition-Academy/Loading-Data/338-Remington-Ultra-Magnum/

 

http://guide.sportsmansguide.com/ballisticscharts/

 

http://www.accuratereloading.com/338rum.html

 

http://www.rifleshootermag.com/editorial/ammunition_short_action_ultra_mag/83426

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=B7TBCLHyz0Y

 

https://www.youtube.com/watch?v=CN8OxhT_jVE

 

https://www.youtube.com/watch?v=L_5-YTTkF8I

 

https://www.youtube.com/watch?v=DoIoeqa0ZVY

 

https://www.youtube.com/watch?v=xdcoUbMKItc

 

https://www.youtube.com/watch?v=iwXjAWeXwjI

 

 

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 09:37

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Une fois n’est pas coutume, je vous livre un article qui certes ne sera pas exhaustif, mais qui aura quand même le mérite de passer en revue huit des dernières nouveautés du marché en matière de carabines tactiques et/ou de précision sorties cette année et dont certaines pourraient faire la joie des tireurs TLD. Je m’attarderai davantage sur une d’entre elles,  car à mon sens, celle-ci dispose d’atouts vraiment déterminants. Il s’agit de la Sabatti Urban Sniper.

  

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Les 8 carabines sorties récemment et aptes au TLD méritant d’être passées en revue

 

 

 

Le Lithgow Arms LA105 Woomera

 

 

 

Également connu sous le nom de «Woomera», le mot aborigène pour «lanceur de lance», le LA105 a été construit avec l'aide et les conseils de tireurs d'élite expérimentés des forces armées américaines et australiennes.

Calibre: .308 Win.

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 42,5 à 45 pouces

Poids: 11 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=J5Npi-MG-Y4

https://www.youtube.com/watch?v=65aMhR6kgbI

 

 

 

Le PRS Overwatch BAMF XL Cobalt Kinetics

 

 

 

 

Le PRS est la nouvelle référence en fusil semi-automatique à longue portée. Cette carabine est dotée d’un  déclencheur de qualité supérieure et de nombreuses autres améliorations et options haut de gamme, la carabine BAMF XL Overwatch PRS n'a besoin que d'une bonne lunette de tir pour vous accompagner sur un site de TLD.

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 46 pouces

Poids: 12 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et/ou ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=FCsuAg8X6_A

https://www.youtube.com/watch?v=GbJabb5Imaw

 

 

 

Le DoubleStar STAR10-BX

 

 

 

 

 

Désormais disponibles en 6.5 Creedmoor et 260 Remington, ces modèles STAR10-BX utilisent un canon en acier inoxydable de 22 pouces pour obtenir une vélocité accrue, et un très bon déclencheur CMC de 3,5 lb. Le STAR10-BX offre un bon exemple de la polyvalence de la plate-forme AR sans encombrement superflu.

Calibre: 6 mm Creedmoor ou . 260 Remington

Capacité du magasin: 20 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 45,5 pouces

Poids: 10 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=9sL9ovwu7ug

https://www.youtube.com/watch?v=cir1xw-TWP8

 

 

 

Le Kimber Advanced Tactical SOC II (FDE)

 

 

 

 

 

Bien qu’il s’agisse d’un fusil de type tactique, il a fait ses preuves dans les domaines de la chasse. Fait  main et offrant une multitude d’options conçues pour adapter le fusil à l’opérateur, l’Advanced Tactical SOC II bénéficie d’une garantie de précision inférieure à 0,5 MOA.

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 5 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 40 à 43 pouces

Poids: 11 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=tsJgEJ8mhlc

https://www.youtube.com/watch?v=iTHNmn-8LHU

 

 

 

Le Savage, modèle 10 GRS

 

 

 

 

 

Construit pour la précision sur de longues distances, ce fusil est doté de nombreuses caractéristiques qui améliorent la précision, notamment une crosse GRS entièrement ajustable, un canon lourd à cannelures et aussi sa détente Savage AccuTrigger réglable par l'utilisateur. Il existe dans les calibres 6.5 Creedmoor et .308 Win.

Calibre: 6 mm Creedmoor

Capacité du magasin: 4 cartouches

Longueur du canon: 26 pouces

Longueur totale: 46 pouces

Poids: 9 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=NVOynFMkENw

https://www.youtube.com/watch?v=caO2JMZuuA4

 

 

 

Le Springfield Armory Loaded M1A 6.5 Creedmoor

 

 

 

 

 

Réputée depuis longtemps pour son exactitude et sa précision, la série Loaded M1A propose désormais une variante 6.5 Creedmoor pour ceux qui aiment le calibre et cette cartouche. Entièrement réglable pour s'adapter au tireur, le Loaded M1A convient parfaitement aux longues distances.

 

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 45 à 46,25 pouces

Poids: 11 livres, 6 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=54JMqe1bQsc

https://www.youtube.com/watch?v=J-guroZlWhY

 

 

 

Le Ruger Precision Rifle

 

 

 

 

 

Ce bijou  de précision est construit sur un châssis moulé en une pièce et est associé à une crosse entièrement ajustable, et à un canon forgé à froid, en outre, il possède un rail Picatinny de 30 MOA pour accueillir le montage lunette. C’est une très bonne carabine raison pour laquelle, j’envisage de lui consacrer un petit article dans les publications à venir.

 

Calibre:  6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 43.25 à 46.75 pouces

Poids: 10.7 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=iV19nIPxJYU

https://www.youtube.com/watch?v=-pLSptz9fTY

 

 

 

Le Sabatti Urban Sniper

 

 

 

 

 

Sabatti n’est certes pas un nouveau venu dans le secteur, et il  produit d’ailleurs des armes à feu depuis 400 ans. Située à Gardone Val Trompia, dans le Nord de l’Italie, la famille Sabatti a créé sa marque dans les années 1700 en fabriquant des pistolets à silex et des canons de fusil. Aujourd'hui, Sabatti est toujours une entreprise familiale qui fabrique une gamme impressionnante de fusils de chasse, de compétition et tactiques, ainsi que des fusils de haute qualité pour les chasseurs.

Le nouveau Sabatti Urban Sniper est conçu pour la compétition, la précision et les tireurs à longue distance qui recherchent des capacités longues distances avec un fusil plus court. Pour les chasseurs, il sera idéal pour la chasse au sanglier.

Plus court, grâce à son canon de 20 pouces forgé à froid,  ce fusil est conçu et basé sur le système révolutionnaire de la géométrie multi-radiale de Sabatti (MMR). Le système MRR utilise deux rayons décalés qui donnent l'effet à la balle. Ce processus permet à la balle d’être  insérée de manière plus précise et sécurisée dans les rainures et de la « faire coller » plus parfaitement à l'alésage, l’"obligeant" ainsi à un meilleur alignement avec l'axe du canon, ce qui lui permet de stabiliser la balle en vol en réduisant ainsi les contraintes sur le projectile, et en produisant moins d'encrassement de cuivre,  tout en offrant une meilleure précision et une vitesse initiale accrue (jusqu’à 10 % de plus par rapport à un canon à rayure conventionnelle)  et ce,  sans trop de variations de pression. La réduction du frottement augmente également la durée de vie du canon et ralentit ainsi la dégradation de sa précision avec le temps.

Il incarne la nouvelle génération de carabine à verrou en matière de précision,  il est livré d’origine avec un frein de bouche et le système d’éjection latérale des gaz empêche la poussière ou d’autres éléments de gêner la vue de la cible après un premier tir.

 

 

Disponible dans les deux calibres .308 Win. et 6.5 Creedmoor, le fusil intègre une crosse composite « trou de pouce » réglable en nylon haute résistance chargé à 30% de fibre de verre qui augmente la résistance et réduit les vibrations. Celle-ci permet également de régler la hauteur de joue pour un ajustement parfait et des options de montage qui concourent à optimiser la précision du tir à la cible et de la chasse, et si vous devez porter le fusil à l'épaule, vous n'en souffrirai pas non plus.

Le fusil comprend une base de 20 MOA, et peut en outre, facilement être équipé d’un rail picatinny pour le montage d'un bipied et il est doté d'une poignée tactique interchangeable ainsi que d'un levier de dégagement de magasin externe particulièrement adapté aux rythmes plus rapides des compétitions. En effet, il s’agit d’un magasin tactique MD rapide avec un système externe de libération rapide.

 Il est livré dans un étui rigide et avec un chargeur de sept cartouches spécialement conçu pour le tir de précision. La carabine accepte d'ailleurs les magasins AICS et on peut parfois (selon les pays) se le procurer avec un chargeur 10 cartouches compatible Accuracy International ou en 5 cartouches sur le marché italien.

Sa crosse est assez courte pour que le tireur puisse l'adapter (surtout pour les personnes petites) et améliorer ses performances, en particulier pour le placement de tirs à partir d'une position couchée. La détente est calibrée à 1,2 kg,  et il offre des groupes de tir très compacts avec une dispersion de tir minimale et ce, même avec des munitions standard. Par ailleurs, il reste très compatible avec une grande variété d'accessoires (supports, etc.).

Enfin, last but not least, vous pourrez vous offrir cette carabine sans pour autant devoir casser votre tirelire puisqu’elle est vendue aux environs de 1.300€.

 

Caractéristiques :

 

Calibre: 6.5 Creedmoor et .308 Win.

Capacité du magasin: 7 cartouches

Longueur du canon: 20 pouces

Longueur totale: 41,5 pouces - 51 cm

Poids: 9 livres, 6 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=ZGaq1QC61cw

https://www.youtube.com/watch?v=QSYZNNEyzDk

 

 

 

Fin d'article - Info

 

Voilà,  je terminerai cet article en faisant un petit coucou à Nicolas qui se reconnaîtra, et en vous signalant que vous trouverez désormais, et systématiquement en fin d’article,  le lien qui vous permettra de basculer vers une page contenant une table des matières de tous les sujets (et de leurs liens) que j’ai traité depuis l’existence de mon blog.

Je pense que cela vous permettra d’éviter une recherche laborieuse,  de page en page, pour aller lire ou relire un de ces articles. Au surplus, certains d’entre vous m’ont fait remarquer que parfois les publicités apparaissent,  ça et là, et qu’elles entravent votre progression vers mes anciens articles, et ce notamment, à cause de certains navigateurs Internet (ou plutôt, de leurs add-ons) qui bloquent lesdites publicités mais également les autres matières. Je mettrai à jour cette table des matières au fur et à mesure des publications.

J’espère donc que ce nouvel outil permettra de vous assurer une navigation plus rapide et plus agréable tout au long mon blog.

 

 

Pour accéder à la table des matières des articles déjà parus dans le blog, cliquer ici

 

 

 

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:56

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Aujourd’hui, nous allons passer en revue une des cartouches qui fut longtemps considérée comme l’une des plus puissantes du marché. Il s’agit de la .300 Weatherby Magnum. La Weatherby reste néanmoins très populaire en tant que cartouche de chasse pour le gibier moyen à lourd, mais elle est également devenue une cartouche de chasse ou de tir à longue portée qui peut-être utilisée tant dans des fusils « d’usine » que dans des carabines personnalisées et destinées au TLD. Cette cartouche est devenue la plus populaire de toutes les cartouches Weatherby,  et on peut d'ailleurs dire à cet égard que la Weatherby .300  avait 50 ans d’avance sur son temps. Nous verrons le pourquoi du comment dans cet article.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Souvenez-vous, comme nous l’avons déjà évoqué lors de l’un ou l’autre article précédent, le .300 H & H Magnum sorti en 1925 a été considéré comme le premier magnum de calibre .30 à avoir réussi sur le plan commercial.  En effet,  à l'origine, le concept d'un gros calibre .30 cherchait à étendre la portée et à aplanir la trajectoire des balles destinées aux gros gibiers ainsi que d’augmenter la puissance vulnérante.

Quelques années après, un certain Roy Weatherby, universitaire de l’Université de Wichita de son état, travaillait pour la Southwestern Bell company avant de créer sa propre entreprise qui était une agence d'assurance performante,  mais en dehors de ses heures de bureau,  il s’intéressait également à fabriquer des fusils et des cartouches dans un petit atelier situé au sous-sol et qui n’était équipé que d'un tour Sears et d'une perceuse à colonne. Son premier projet devenu un vrai succès a été celui de la .220 Rocket.

Au milieu des années 40, Weatherby a cherché à développer d'autres idées, d’autres concepts, et d’autres cartouches, car si les vitesses pouvaient être augmentées de manière significative,  il pensait également pouvoir développer l’effet de choc hydrostatique d’une cartouche totalement innovante, avec comme corolaire, l'augmentation de sa capacité de destruction sur pas mal de gibiers tout en occasionnant également une perturbation majeure du système nerveux, et une augmentation conséquente du pouvoir létal de ladite cartouche.

Pour ce faire, il a élargi la douille de la .300 H & H, diminué la conicité du corps, conçu un épaulement à double rayon, et l’a « gonflée » pour qu’elle atteigne sa capacité maximale de poudre. C’est ainsi qu’il est parvenu à augmenter sa charge de poudre d’environ 16% et qu’il va appeler le résultat obtenu :  la .300 Weatherby Magnum, cartouche qu’il va introduire sur le marché en 1944.  Les munitions commerciales définitives deviendront disponibles dès 1948 … toutes chargées manuellement par Roy dans son magasin !

Ce faisant, Weatherby a créé ce qui allait devenir une entreprise américaine de référence dans le domaine des munitions et des armes à feu, … une entreprise familiale, qui porte d’ailleurs toujours son nom.          Son fils, Ed, ayant passé également sa vie dans l'entreprise familiale, a repris le flambeau dès les années 1980 et s'est imposé en traduisant la passion de son père en une entreprise prospère et tournée vers l'avenir, et c’est d’ailleurs grâce aux efforts de Ed, que la firme Weatherby a pu sortir l'un des premiers fusils à crosse synthétique sur le marché américain.

En fait, avec l’obtention de la vitesse plus élevée de sa cartouche, l’objectif de Roy Weatherby était atteint : la trajectoire était plus plate, ce qui aidait incontestablement les chasseurs à mieux placer leurs tirs sur de plus longues distances. En conséquence, le .300 Weatherby Magnum a attiré les chasseurs de gros gibiers du monde entier,  et le fait d’ailleurs toujours.

Elle a été testée avec succès pour le tir des grands mammifères africains. Des antilopes jusqu’au buffle en passant par les grands fauves, elle va se révéler très efficace. Sa véritable limite sera celle des pachydermes. Sur d’autres continents, elle a fait merveille sur les sangliers, les cerfs et autres élans. Malgré cette limite, la .300 Weatherby Magnum restera toujours une cartouche « virile », et est même devenue la cartouche la plus populaire de toute la gamme Weatherby. D’ailleurs, elle va se révéler historiquement responsable de l’initiation de la tendance générale aux cartouches ultra-rapides.

Par la suite, des modifications ont été apportées aux fusils Weatherby Mark V Magnum, augmentant encore leur efficacité, grâce notamment à un canon plus long (26 pouces en standard) avec un pas de rayure plus rapide (10 pouces) en lieu et place des anciens canons de 24 pouces qui avaient un pas de 12 pouces.

Weatherby a toujours affirmé qu’il s’agissait du fusil de calibre .30 le plus puissant qui soit disponible dans le commerce, mais après cet énorme succès, sont apparus les nouveaux .300 RUM et .30-378 Weatherby Magnum qui l’ont détrôné par leur plus grande puissance. Mais de fait, jusqu'à ce que John Lazzeroni annonce son Warbird 7,82 en 1995, et bien entendu,  l'apparition du Weatherby .30-378 en 1997, on pouvait effectivement dire que le Weatherby .300 était le plus puissant .30 chargé en usine.

On notera enfin qu’on ne retrouvera jamais ce prodigieux calibre chambré dans une arme à canon court et encore moins dans une arme semi-automatique pour lesquelles il n’est pas absolument pas fait ! Une arme chambrée en .300 Weatherby Magnum a presque toujours un canon long (indispensable pour une munition à poudre lente) et est toujours une arme à verrou.

 

 

La cartouche

 

 

 

Roy Weatherby a initialement mis au point trois cartouches au milieu et/ou la fin des années 1940. Il s’agissait de la .220 Rocket, basée sur la douille de la .220 Swift, et des deux premières de la gamme de magnums Weatherby,  à savoir la .257 WM, et la .270 WM. Par la suite, Weatherby a également développé la .300 WM avec une vitesse initiale de plus de 3500 fps avec une balle de 150 grains,  près de 3400 fps avec la 165 grains,  3250 fps de vitesse en sortie de bouche avec la 180 grains, et plus de 3.050 fps avec l’ogive de 200 grains. Ces cartouches transportaient plus d’énergie que ses concurrentes avec des énergies d'impact supérieures à une tonne à 500Yds, et surtout, luttaient plus efficacement contre le vent que la plupart des autres .30.

On retiendra également que le recul de la .300 Weatherby, bien qu’il soit substantiel voire même excessif pour de nombreux tireurs, reste gérable sans frein de bouche,  et notamment, grâce à la crosse du fusil Mark V et son canon standard de 26 pouces qui contient le souffle. Mais à chacun sa conviction … .

Ces dernières années, Remington, Winchester et Ruger ont fabriqué des carabines de ce calibre, et la plupart des grands fabricants de munitions fournissent maintenant des cartouches Weatherby d’usine. Contrairement aux autres calibres Weatherby. Les cartouches originales Weatherby étaient chargées chez Norma, et Norma fabrique d’ailleurs des douilles de très bonne qualité.  Mais depuis 2016, et c’est la première fois depuis plus de 60 ans,  les munitions sont à nouveau chargées et produites au siège de la société. Enfin, des douilles Remington et Federal sont également disponibles dans ce calibre.

Bien que les fusils Weatherby aient été fabriqués en Californie, au Danemark, en Finlande, en Allemagne et au Japon,  les Mark V sont désormais fabriqués exclusivement aux États-Unis depuis 2011. Aujourd'hui, l'usine de Paso Robles assemble tous les fusils Mark V.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

 

 

 

Comparaison de la .300 Weatherby Magnum avec ses cartouches concurrentes

 

 

Avec de G à D: la 30-06 Springfield, la .300 Ruger Compact Magnum, la .300 WSM, la .300 Winchester Magnum, la .300 Weatherby Magnum et une .300 Remington Ultra Mag.

 

 

Ici sa comparaison avec de droite à gauche :

Une .308 Win, une 30-06 Springfield, une .300 Weatherby Magnum et une .300 Remington Ultra Mag.

 

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

 

 

 

Ici, une boîte de .300 WBY MAGNUM en 165 grains

 

 

 

Rechargement

 

Il existe une grande variété de choix pour les « reloaders » qui souhaitent fabriquer leurs  cartouches et que ce soit pour des distances proches ou pour la chasse ou le tir à longue distance. Notons que les balles lourdes ne doivent pas nécessairement être enfoncées profondément dans l'étui .300 Weatherby Magnum, comme c'est le cas avec les cartouches Magnum courtes, ou même avec la longueur standard de la .300 Win. Mag.

Comme avec la plupart des calibres Weatherby,  les poudres fonctionnent généralement mieux avec des poudres à combustion moyenne ou lente du type VIHT N-165, IMR 4831, H4350, H4831, et RL-22 qui seront des bons choix pour les balles dans la gamme des 150-180 grains.

Utilisées avec un canon standard de 26 pouces, les vélocités réalistes produites pour la .300 Weatherby sont respectivement de 3450fps avec des balles de 150gr, de 3300fps avec des balles de 165-168gr, de 3250fps avec des balles de 178-180gr, de 3150fps avec 190 gr, de 3050fps avec une 200 gr, de 3000fps avec une 210gr, et de 2900fps avec une 220 grains.

Comme à l’accoutumée, il vous est fortement conseillé de consulter au préalable votre armurier ainsi que les tables de rechargement adéquates avant de faire toute tentative hasardeuse, et par conséquent, potentiellement dangereuse !

Mon conseil est toujours de commencer avec des charges d’au moins 5 % en dessous des minima indiqués dans les tables de rechargement. De plus, si votre canon mesure 24 pouces, ne soyez pas surpris si les vitesses ne sont pas égales à celles obtenues avec des canons de 26 pouces, ceux-ci occasionnant une différence considérable, en particulier avec les poudres à combustion lente. En moyenne, les munitions de l’usine Weatherby sont chargées à des pressions de chambre plus élevées que les cartouches Remington ou Winchester Magnum. La cartouche Remington peut être chargée à la main pour l'égaler voire, dépasser la puissance de la .300 Weatherby.

Enfin, et contrairement aux petits .300 Magnums,  le .300 Wby. est un véritable calibre d’ultra longue portée lorsqu'il est utilisé avec des balles de 150 à 165 grains.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Pendant près de 50 ans, la Weatherby Magnum .300 a remporté le titre de cartouche commerciale de calibre .30  la plus rapide, dépassant la .300 Winchester Magnum et égalant la valeur balistique du gros Remington Magnum de 8 mm. Plus récemment, on a assisté à l'introduction de plusieurs nouveaux calibres concurrents, mais qui sont souvent considérés comme de véritables « brûleurs » de canon. Les versions .30-378, .300 Pegasus et Lazzeroni 7.62 de Weatherby sont plus rapides que notre .300 WBY Mag. Nous avons connu aussi l’avénement de la .300 Remington Ultra Mag et de la .300 Dakota qui sont à peu près égales du point de vue balistique à la .300 Weatherby avec un canon de 26 pouces.

La .300 Weatherby Magnum est une cartouche très puissante, chargée d’une balle à 220 grains, elle délivre 2 tonnes d’énergie en sortie de bouche, vous permettant ainsi de chasser en toute sécurité tous les gibiers.

Malheureusement, elle est bien connue aussi pour son recul important et ne fera pas le bonheur des tireurs  qui anticipent mal un tel recul. Une bonne idée pour continuer à tirer avec cette carabine est de la charger dans la fourchette de poids d’ogives des 130 grains,  et de faire quelques exercices de tirs avant de se rendre sur le terrain. Ceci dit, son recul est tout à fait tolérable pour un homme de grande taille ou un homme plus petit avec un coussinet de recul sur le fusil ou porté à l'épaule.

 

Ici, un tableau comparatif de son potentiel avec ceux de ses concurrents les plus connus.

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une chasseuse en situation de « Long Range Hunting »

 

Réalisant que le .300 Weatherby est avant tout une cartouche pour le gros gibier, la sélection des balles appropriées au gibier et au terrain est de la plus haute importance. La question de la taille, du poids et de la ténacité d'un animal est bien sûr, primordiale mais ne constitue guère la seule considération. La distance à laquelle le tir est susceptible d'être fait, et par conséquent, la vitesse et l'énergie restantes de la balle imposent également des contraintes à la construction de la balle.  En effet, si les balles ont une gaine trop fine, elles risquent de se désintégrer prématurément, surtout si la vitesse est élevée et que l'animal est proche, et trop lourdement gainée,  elle peut glisser jusqu'au bout de sa trajectoire sans expansion suffisante.

Alors que certains modèles de balles comme le SST de 165 grains peuvent s'avérer être des tueurs spectaculaires  du gibier léger, les résultats sont souvent les mêmes que ceux obtenus avec la .308 Win et le .30-06,  et a fait ses preuves sur tout gibier compris entre 80 et 150kg.

D’autre part et à titre d’exemple, avec une 180 grains,  lorsque la balle touche la poitrine d’un cerf à 300 mètres, elle crée une pression hydrostatique suffisante que pour le faire tomber, sans pour autant ruiner la viande,  tandis qu'un chasseur qui tire un cerf à l'épaule avec une .243 va abîmer beaucoup plus la viande, et encore plus s'il y a nécessité de prendre un deuxième ou un troisième coup final. D’autre part, on peut dire que cette cartouche est la balle dont vous avez besoin de tirer un cerf jusqu'à 500 Yds de distance. Enfin, chargée d'une balle de 150 grains, la .300 Weatherby  est un tueur spectaculaire pour le gibier léger à moyen et chargée d'une ogive de 200 à 220 grains, elle peut être utilisée avec succès sur les très gros gibiers, et ce, jusqu’à plus de 1.100 Yds de distance !

L’intérêt majeur de la .300 Weatherby Mag.  réside dans sa capacité à neutraliser efficacement une grande variété d’espèces de gibiers et des poids corporels allant même au-delà de 1.000 kg. Cependant, il faudra toujours garder à l’esprit que la  .300 Weatherby ne peut pas faire tout cela avec une seule charge, et qu’elle ne peut être exploitée que pour une précision combinée à des projectiles adaptés au travail à effectuer.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

La .300 Weatherby Mag  a une balistique plus plate que n’importe quelle autre cartouche non « wildcat » et aujourd'hui, nous assistons à un renouvellement de sa popularité, car elle est prisée et tirée par une nouvelle génération de tireurs cherchant à maximiser leur précision sur des distances de plus en plus longues (voir liens vidéos joints en fin d’article).

Les tireurs de cette catégorie testent leurs compétences sur les champs de tir où se déroulent des compétitions de tireurs d'élite et/ou de tireurs de type tactique, ou encore sur des terrains de chasse au gros gibier qui, en raison des conditions environnementales et de distances étendues,  offraient anciennement peu de chances de réussite.

 

 

Ici, une cible avec 3 tirs à 100 Yds

On voit effectivement le beau groupement réalisé

 

 

Ici, cinq autres tirs bien groupés à 100 Yds

Il n'est pas rare d'obtenir une précision de 1/2 de MOA avec cette cartouche

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

Ses performances balistiques basées sur cinq types de poids d’ogive donnent les couples vitesses-poids suivants : 3 550 pieds / s (150 gr), 3 390 pieds / s (165 gr), 3 250 pieds / s (180 gr), 3 060 pieds / s (200 gr) et 2 845 pieds / s (220 gr) ce qui fait du .300 Weatherby Magnum,  un favori pour les chasseurs au gibier de taille  moyenne à grande à travers le monde. Jouissant d’un coefficient de balistique élevé (BC), cette cartouche est également connue pour sa popularité auprès de certains clubs de tir Bench-rest et lors de compétitions de pratiquants du TLD sur 1.000 yds.

Quant aux chasseurs qui pratiquent le LRH (Long Range Hunting), ils sont ravis que les balles de 150 grains peuvent neutraliser un gibier de taille moyenne à des distances inférieures à 300 mètres et que les ogives les plus lourdes, comme les 180 grains, peuvent neutraliser du plus gros gibier sur des distances allant de 300  à 1.000 Yds !

 

 

Ici, le tableau de l’étendue de la balistique pour une 180gr jusqu’à 600 Yds

 

 

 

 

 

Ici, le drop d’une .300 Weatherby Mag Nosler Partition 150gr versus  celui d’une .308 Win. Ultramax150gr.

 Zérotage fait à 100Yds

On remarque la très nette supériorité de la .300 Weatherby Mag  sur la .308 Win à partir des 300Yds.

 

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org (site)

Ici, on peut voir la supériorité de la .300 Weatherby Mag  tant du point de vue de la vitesse que de l’énergie

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le .300 Weatherby est incontestablement la cartouche Weatherby la plus réussie, la plus équilibrée de la gamme, la plus populaire, et en même temps, l’une des plus controversées de ces 50 dernières années. Avec cette cartouche, le gibier moyen à lourd peut être chassé sur pratiquement toute distance, y compris sur les très longues distances ... ce qui, pour celui qui veut chasser partout dans le monde et n’emporter qu'un seul fusil, peut constituer un choix déterminant, pratique et logique.

L’amélioration de sa balistique à longue portée suscite un intérêt toujours croissant et est d’ailleurs alimentée depuis quelques années par l’introduction de nouvelles cartouches toujours plus efficaces. En effet, les balles modernes de haute qualité,  caractérisées par des coefficients balistiques élevés améliorent encore ses performances.  Exemple,  Weatherby a lancé sur le marché la cartouche de 6,5 mm la plus rapide au monde, … la cartouche de 6,5 en .300 Wby. Mag.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

http://www.weatherby.com/300-wby-mag.html

https://www.barnesbullets.com/files/2014/11/300WbyMagWeb.pdf

https://www.safariclub.org/what-we-do/media/hunt-forever-blog/hunt-forever/2017/02/09/hunting-with-the-new-weatherby-6.5-300

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=24

https://www.magzter.com/articles/7147/191493/5863be93d1ee0

http://www.petersenshunting.com/gear-accessories/versus/300-wby-mag-vs-375-hh-whats-the-best-elk-cartridge/

http://bulletin.accurateshooter.com/2009/05/ken-brucklacher-sets-1000-yard-score-record-100-8x/

https://www.chuckhawks.com/all_around_cartridges.htm

http://www.bergerbullets.com/barnes-tests-proves-why-berger-hunting-vlds-are-so-successful/

https://gunnewsdaily.com/300-win-mag-vs-308-win-mag/

http://www.rifleshootermag.com/ammo/comparing-american-and-european-rifle-cartridges/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=t_ujHLEvBeI

https://www.youtube.com/watch?v=AxTAP_aiRV8

https://www.youtube.com/watch?v=xgn2jOPClBU

https://www.youtube.com/watch?v=JRrM1e38XqQ

https://www.youtube.com/watch?v=UgIWDpxvFJU

https://www.youtube.com/watch?v=hDSLu0RNjoU

https://www.youtube.com/watch?v=-ZOuXv3STcs

 

 

 

 

A bientôt,

 

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