
1ère partie – Introduction.
Chers lecteurs,
A la veille de rentrer dans l’hiver et à une époque où nos activités sportives et récréatives vont connaître un certain ralentissement, je vais vous proposer quelques articles successifs ces prochains mois, peut-être un peu plus courts qu’à l’accoutumée, et relatifs aux facteurs environnementaux ainsi qu’aux variables qui ont, peu ou prou, un impact sur la précision en TLD.
En effet, il n’est jamais inutile de revenir à l’essentiel, aux concepts fondamentaux, mais également aux fondements théoriques et empiriques qui doivent, de par leur maîtrise, nous conduire normalement sur la voie de l’amélioration de notre précision en TLD.
Pour ce premier volet, nous allons voir (ou revoir) des concepts qui, même si ceux-ci pourront paraître triviaux à certains de mes lecteurs aguerris, influent néanmoins sur la précision de nos coups.
Bonne lecture

Introduction
Le tir à longue distance (certains iront même jusqu’à parler de pratiquer l’art du TLD !) est l’une des activités des plus dynamiques qu’il y ait dans le sport carabine. Et bien qu’a priori, cela puisse sembler être un sport très difficile à pratiquer, si on dispose des outils appropriés et d’une bonne compréhension des phénomènes essentiellement physiques qui sont impliqués dans cette activité de tir, alors, atteindre des cibles à longues distances avec confiance ne sera plus un mystère pour qui voudra bien s’impliquer dans ce long apprentissage, mais si passionnant !
Bien qu'il existe de nombreuses informations disponibles un peu partout sur le sujet, parfois d’ailleurs erronées ou tellement traitées de manière scientifique, mathématique (balistique) et hermétique pour le profane ou encore parce que les seuls ouvrages de qualité parus dans ce domaine sont en général rédigés en anglais, effectivement, cela peut ressembler au parcours du combattant (sans mauvais de jeu de mots !) et être difficiles à aborder et à assimiler.
Et pourtant, quelle que soit la distance, les connaissances de base du tir à longue distance ne changent pas. En effet, si votre fusil est capable d’envoyer une balle à exactement un demi-pouce des coups précédents à 100 mètres alors, il doit pouvoir normalement produire +/- le même groupe d’un 1½ pouce à 300 mètres, de deux pouces à 400 mètres, et de 2½ pouces à 500 mètres. Mais attention, ces coups peuvent facilement suivre une autre trajectoire et ce, même sans tenir compte du vent, de la température, de l’altitude et d’une douzaine d’autres éléments qui peuvent vous faire rater ces tirs.
La capacité d'atteindre une cible « long range » avec précision et à plusieurs reprises consécutives ne se résume donc pas seulement à la maîtrise des éléments précités. Un élément clé qui va intervenir est votre apprentissage. En effet, peu importe si vous essayez de tirer à 300 ou à 1.000 mètres, la connaissance, la pratique et la compréhension des variables qui affectent un tir à longue distance sont cruciales. C’est pourquoi, à très longue distance, les inexactitudes qui pourraient pratiquement passer inaperçues à 100m en seront amplifiées voire même, catastrophiques au point de vue des résultats (points) obtenus. Il est donc impératif de s'appuyer sur les principes fondamentaux appropriés et de comprendre comment et pourquoi le système fonctionne et de développer ses compétences. Pas de panique, tout s'apprend !
Commençons par le B.A.-BA

Comme dans tout métier ou toute discipline, il existe un jargon auquel il convient de se familiariser avant d’aller plus loin dans son apprentissage. Au début, ce jargon peut être assez intimidant pour les non-initiés, et malheureusement, il a tendance à effrayer et décourager de nombreux tireurs débutants en leur donnant l'impression qu’il faut avoir fait « math sup. » pour comprendre de quoi il retourne. Il n’en est rien, mais je pense aussi qu'il est prudent de commencer en présentant les termes de référence, cela nous permettra de les utiliser par la suite pour développer d'autres sujets. Je vous propose donc de passer en revue ces termes ainsi que de les définir brièvement.
La balistique
La balistique est la science qui étudie le mouvement des projectiles tirés par des armes à feux.

La balistique en général
Balistique interne
Tout ce qui se passe en ce qui concerne le tir de l'arme pendant que la balle est encore dans le canon. Cela inclut tout, de la percussion de l’amorce au dernier contact de la balle avec le canon. Et donc, tout ce qui concerne l’étude de ce qui se passe à l’intérieur du canon d’un point de vue physico-chimique. Par exemple, la vitesse initiale de la balle est obtenue par les phénomènes qui se développent dans la chambre de combustion et l’âme du canon. Parmi eux la température du projectile peut avoir une influence non négligeable c'est pourquoi, dans les exercices de tir, l'emploi des munitions "chaudes" ou "froides" est pris en compte pour ajuster les paramètres du tir. La balistique intérieure correspond donc à la période de temps pendant laquelle le projectile reçoit une force motrice, comme lors de la réaction ayant lieu dans le canon d’une arme.
Balistique externe
Tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine, mais avant qu'elle n'atteigne la cible. C’est-à-dire, le comportement d'une balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement. C'est la balistique extérieure ou externe qui correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice ». Il n’est alors plus soumis qu’à la pesanteur et aux frottements. Cette balistique traite de la phase pendant laquelle le projectile vole.
Balistique terminale
Le comportement de la balle après l'impact et son effet sur la cible visée. Elle étudie les effets du tir sur la cible. Elle étudie aussi l'impact, c'est à dire l'explosion ou la pénétration dans un obstacle. Les dégâts sur la cible dépendent de l'arme à feu utilisée mais aussi des munitions. Pour le gibier par exemple, la gravité d'une blessure dépend bien évidemment de l'endroit où la bête a été touchée, mais aussi de la quantité d'énergie libérée, et non transportée, par la balle. Ces dégâts sont souvent des plaies comme la perforation de la peau et des tissus musculaires. Les dommages causés dépendent essentiellement de la partie touchée. Lors de la pénétration de la balle, celle-ci repoussent latéralement la chair qui entoure son chemin, ce qui forme une cavité plus ou moins large selon la vitesse et le type de la balle.
Coefficient balistique
Mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité selon une norme définie, généralement le modèle standard G1 ou G7. Lorsque vous l'utilisez dans un calculateur balistique, assurez-vous de ne pas saisir la mesure incorrecte du BC dans le modèle. G1 et G7 ne sont pas interchangeables. L'équation pour déterminer le coefficient balistique est la densité de section / facteur de forme. Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme.
Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent. Tout autre facteur restant égal, le BC change en fonction de la forme de la balle et de sa vitesse. Par exemple, les formes les plus fuyantes telles que les Spitzer et les Boat Tail sont plus efficaces que les Hollow Point, Round Nose ou Flat Base.
A titre d’exemple, un BC G1 de 0,370 pourrait représenter une balle tout à fait commune, quelque peu émoussée, mais un BC G1 de 0,600 ou plus est considéré comme très bon en termes d’aérodynamique. Bien entendu, tout cela dépend également du calibre et de la densité de la balle, ainsi d’ailleurs que d'autres facteurs que nous n’expliciterons pas ici.
Donc, on pourrait dire que le "BC" désigne l'aérodynamique de votre balle. Une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu'un qu’une arrondie à base plate. Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour les tireurs de longue distance car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

Profils des ogives tel que décrits, ci-dessus
Densité de section
La densité de section est le rapport de la masse du projectile à sa surface. La densité sectionnelle est le poids de la balle en livres divisé par le carré de son diamètre. Cela signifie que la forme de la balle n'a pas d'importance lorsque vous regardez la SD. Plus la densité de section est élevée, meilleur sera la pénétration à l'impact. L'augmentation du temps de vol augmente la chute de la balle par rapport l'angle de départ et induit une correction verticale pour atteindre la cible. La traînée aérodynamique rend la balle susceptible de débattement au vent qui provoque un changement horizontal dont l'amplitude dépend de la durée pendant laquelle la balle est retardée aérodynamiquement. À vitesse égale, deux projectiles de calibres différents, mais de même coefficient balistique auront exactement la même trajectoire.
Comme toutes les balles modernes sont cylindriques, cela signifie que deux balles de même poids et de même diamètre ont des densités de section identiques. Ce qui affecte vraiment la SD d'une balle, c'est la longueur. Parce qu'une balle plus longue sera plus lourde pour le calibre, sa densité de section sera plus élevée.
Facteur de forme
Comparaison numérique entre le coefficient de traînée entre le projectile en question et la norme industrielle choisie (G1, G7, etc.).
Coefficient de traînée ou Cd
Mesure sans unité de la traînée d'une balle en vol. Fondamentalement, une mesure de l'aérodynamisme d'un projectile.
Dérive de rotation
Légère dérive droite ou gauche provoquée par la rotation rapide de la balle et son effet aérodynamique. Mesurable et prévisible, et donc facilement compensé, mais presque insignifiant pour la plupart du temps.
Effet Coriolis
Déviation de la balle causée par sa stabilité gyroscopique qui tente de résister à la rotation avec la Terre. La latitude des tireurs et la direction (azimut) du tir sont des facteurs qui déterminent le degré de déviation et la direction, mais dans tous les cas, l'effet est presque entièrement négligeable jusqu'à des distances extrêmes pour les armes de petit calibre. On a pour habitude de le négliger pour les distances inférieures à 500m.
Drop
Réglages verticaux de l'élévation (voir, ci-après) effectués pour contrecarrer l'effet de la gravité.
Dérive
Réglages horizontaux effectués pour le vent et d'autres facteurs.
La balistique – Définition des concepts

La trajectoire d’une balle
En physique, la trajectoire d'un projectile est le chemin que ce projectile empruntera après avoir été lancé.
La trajectoire d'une balle est parabolique. Elle commence au-dessous de la ligne de mire, s’élève au-dessus de celle-ci puis, la traverse à nouveau lorsque la balle tombe.

En termes simples, c’est le chemin emprunté par votre balle qui se dirige vers la cible. La gravité et la résistance de l’air influent sur les projectiles traversant l’atmosphère. La gravité tire les balles vers le bas et la résistance de l’air les ralentit continuellement. Cette perte de vitesse, associée à la gravité, les fait chuter de plus en plus rapidement vers la terre, entraînant une courbe parabolique dans le trajet de la balle. De simples applications sur smartphone ou sur un ordinateur peuvent, lorsqu'elles sont alimentées avec des informations précises, permettent de calculer la trajectoire avec une précision incroyable, permettant aussi aux tireurs de compenser leur tir et d'atteindre leur cible avec précision. Nous en reparlerons par la suite.
La vitesse de la balle
Lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale). Lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre. La vitesse joue un rôle important dans la quantité d'énergie qu'une balle transporte jusqu'à la cible et, comme chaque balle perd continuellement sa vitesse, l'énergie diminue à mesure que la vitesse diminue. Dans le monde de la chasse, la vélocité est importante pour une raison supplémentaire : provoquer de manière fiable l'expansion d'une balle, ou sa prolifération. Sans expansion, les balles ont tendance à percer un trou de la taille d’une aiguille à tricoter, qui neutralise beaucoup plus lentement et moins humainement le gibier.
Il est également essentiel de connaître la vitesse spécifique de la balle que vous choisissez quand elle sort du canon de votre arme, afin de calculer avec précision sa trajectoire. Alors que les boîtes de munitions ou les sites Web des fabricants offrent souvent des spécifications de vélocité qui s’en rapprochent, rien ne remplace la mesure de vélocité développée par votre fusil, ce qui est facilement réalisable avec tout chronographe de qualité correcte.
Bullet Drop
C’est la trajectoire d'une balle telle que reprise en balistique, la distance parcourue avec sa chute (vers la terre) qui se produit lorsqu'elle subit l’action des forces de la gravité et du frottement de l'air.
La chute de la balle est étroitement liée à sa trajectoire. Lorsqu’une balle vole, elle subit la friction de l’air qui diminue sa vitesse, la gravité qui exerce son irrésistible attraction, et tout cela influe sur sa trajectoire et la font tomber vers la terre.
La courbe balistique typique d'un projectile est une combinaison de deux fonctions. La première est une ligne droite, la vitesse initiale de la balle multipliée par le temps écoulé depuis sa sortie du canon (avec quelques modifications pour la décélération due à la résistance de l'air). La seconde est la distance à laquelle la gravité a tiré la balle vers le bas depuis qu'elle a quitté le canon. Ce serait aussi une ligne droite, descendante, si la vitesse initiale était égale à zéro. Mais lorsque vous combinez ces deux vecteurs, la chute de la balle augmente avec le carré du temps introduit une courbe parabolique.
Si une balle met plus d'une petite fraction de seconde pour atteindre la cible, la chute de balle devient assez importante. Après une seconde, une balle sera à 16 pieds (près de cinq mètres) au-dessous de ce qu’elle aurait été sans la gravité. Même une demi-seconde (un tir à environ 400 mètres) signifie 4 pieds (plus d'un mètre) de chute.
Pour compenser cela, il vous suffit de calculer la quantité de chute que vous avez à une distance quelle que soit votre cible, puis de pointer le canon en fonction de cela vers le haut, pour que votre balle tombe effectivement dans la cible, et là où vous le souhaitez. Il convient de mentionner que le mouvement vertical de la balle dû à la gravité n'est pas le seul facteur qui fait que les tirs à longue distance s'écartent de leur vitesse initiale.

Ici schématisée, la correction et le réglage de la trajectoire de la balle (bullet)

Ici, les drops comparatifs de cartouches de gros calibres
De nos jours, grâce aux télémètres laser pour nous donner la distance exacte à la cible, et une fois encodée dans des calculateurs nous indiquant exactement à quelle hauteur tirer, et des rifle scopes dotés de réticules sophistiqués et de tourelles d’élévation qui nous permettent d’ajuster précisément ledit réticule afin d’atteindre un point précis de la cible, un bon tireur d’élite peut toucher des cibles de petite taille à des distances impressionnantes.
Dérive de vent de la balle
Ce terme balistique est assez explicite. En effet, lorsqu’une balle se déplace, tout vent présent va exercer des forces qui vont la faire dériver. Le plus souvent, la dérive est latérale, mais dans de rares occasions, comme lorsque vous tirez parallèlement à une montagne très escarpée avec un vent fort qui monte ou descend, le vent peut réellement pousser votre balle verticalement.
Un vent de travers parfaitement perpendiculaire à la trajectoire de votre balle est généralement appelé vent « à pleine valeur », car il exerce la plus grande dérive possible. Un vent droit dans votre visage ou venant de derrière vous est appelé « aucune valeur » car il n'a aucun effet important sur le trajet de la balle.
Dans certaines zones et distances de tir, le tireur peut avoir à juger et à compenser (via la tourelle de dérive du rifle scope ou directement en visée (contre-visée) grâce au réticule de la lunette) l’effet des vents de direction et de force variables entre la position de tir et la cible. Comme nous le verrons plus tard dans les suites de cet article, apprendre à juger et à compenser le vent est une faculté indispensable à tout qui veut pratiquer le TLD.
Clicks ou clics
La définition simple d'un click est un ajustement dans la direction de votre ligne de visée où un click est un ajustement de votre lunette de visée via ses tourelles (en élévation pour la hauteur et en dérive pour la dérive latérale du vent). Le clic est également le bruit fait par votre tourelle lors d’une rotation d’un cran. Vient alors la question de connaître la valeur d’un click, soit de combien votre réticule bougera sur votre cible à une distance donnée à chaque fois que vous entendrez, ou sentirez sous vos doigts, un clic
Chaque rifle scope sera différent quant à la valeur d'un de ses clicks et équivaudra à une mesure différente à la distance. À titre d’exemple, et pour de nombreux scopes, chaque click équivaut à 1/4 de MOA à 100 mètres.

En gros, retenez déjà que plus vous tirerez loin, plus il sera important que la valeur d’un click soit faible. Raison pour laquelle, les rifle scopes au 1/8e sont davantage recommandés pour le tir de précision. C’est là aussi que vous devrez comprendre ce qu'est qu’un MOA pour comprendre aussi ce qu'est un click. Ce qui nous amène au terme suivant : la minute d'angle (MOA).
La minute d’angle (MOA)
MOA est l'acronyme de Minute Of Angle (ou minute d'arc ou d’angle), c'est-à-dire, 1 / 60ème de degré dans un cercle. Comme vous le savez, une rotation complète est composée de 360 degrés. A tour de rôle, chaque degré se divise, suivant le système sexagésimal, en base 60 (comme une heure divisée sur une horloge). Ainsi, un degré se divise en 60 minutes d'angle et chaque minute en 60 secondes d'angle. Un MOA correspond à 1,047in à 100yds et 29,1mm à 100m.

Ces valeurs sont souvent arrondies à 1 pouce (25,4mm) à 100yds et 30mm à 100m, mais lors de la visée sur de longues distances, cet arrondi génère une erreur, petite mais perceptible. Pour éviter cette confusion, la valeur arrondie de 1 pouce à 100yds est appelée IPHY, ou pouces par centaines de mètres, tandis que la valeur de 30mm à 100m est appelée MOA du tireur (Shooter MOA ou SMOA). C'est bien pour les courtes distances, mais à 1 000 mètres, le SMOA est trop imprécis, car ce n'est pas réellement 10 pouces, mais bien 10,5 pouces.

Pour simplifier, ici avec le SMOA, une minute équivaut approximativement à 1 pouce à 100 yds. Les tireurs s’habituent donc à penser au MOA en termes de pouces avec 2 MOA à +/- 100 mètres = 2 pouces, 1 MOA à 400 mètres = 4 pouces, etc. Il est bon d’utiliser des angles car, comme vous pouvez le constater, ils augmentent proportionnellement avec la distance. Tant que le tireur s'en tient à des augmentations de 100 mètres, le calcul mental est assez simple à faire. Mais on se rappellera toujours que techniquement, 1 MOA vaut réellement 1,047 pouce. Voici le tableau des valeurs exactes :
A titre d’exemple, si tous vos coups tombent dans un cercle de 1 pouce à 100 mètres, c'est 1 MOA. Si vous tirez sur une cible qui est située à 200 mètres, le groupe sera dans un cercle de 2 pouces. Ceci s'appelle toujours 1 MOA. À 300 mètres, dans un cercle de 3 pouce, etc. … et ce sera toujours 1 MOA. Il en va de même pour tout autre protocole. Exemple, 1/2 MOA équivaut à un groupe de 1-1 / 2 pouces à 200 mètres, Et ainsi de suite. C’est finalement très simple.

Le(a) MOA est également l'unité de mesure standard utilisée pour déterminer la précision d'une carabine. Le MOA est donc utilisé pour mesurer la taille du groupement réalisé. 1 MOA est un groupe d'un pouce à 100 mètres. 2 MOA est un groupe de 2 pouces à cent mètres. Le groupe de 3 MOA, et de 3 pouces à 300 mètres est également classé dans le groupe MOA de 1 pouce. Mais si vous tirez à partir de 300 mètres avec un groupe de 6 pouces, cela sera classé comme un « 2 MOA ».

Là où le MOA s’avère particulièrement utile, c’est pour ajuster son tir à la distance. Par exemple, les tireurs peuvent soit utiliser une lunette avec un réticule qui fournit une « grille » en MOA et avec laquelle ils peuvent composer des corrections avec une tourelle marquée par MOA (exemple, en 1/4 de MOA et qui ajuste la ligne de mire (réticule) interne. En effet, les tourelles d'élévation et de dérive sur la plupart des lunettes sont marquées en MOA (avec des positions de ¼ de MOA, ou de quatre "clics" par MOA) ou en milliradian appelé mil or mrad (1 MRAD vaut 10 millimètres à 10 mètres ou 50 mm à 50 mètres, ce qui équivaut à 10 centimètres à 100 mètres. Facile, surtout avec les réticules Mildot, nous y reviendrons plus tard). La composition en mode MOA est beaucoup plus simple qu'en pouces.
Avec un 1/4 de MOA à une centaine de mètres, chaque clic de tourelle déplacera l’impact de la balle de 0,25 ou 1/4 pouces. Alors que chaque clic sur votre scope équivaut à environ 0,25 pouce à 100 mètres, vous pouvez dès lors calculer combien de clicks il vous faudrait mettre pour relever votre tir de 12 cm en élévation, par exemple. Si votre balle doit se déplacer de 5 pouces pour frapper la cible à l’endroit voulu, vous aurez besoin de mettre 20 clics avec une lunette à 0,25 MOA.
Le même principe s'applique si vous tirez à moyenne ou longue distance. Si vos fusils sont « zérotés » à 100 mètres alors, vous aurez besoin de mettre 39 clicks en élévation pour pouvoir tirer à 400 mètres. Evidemment, tout dépendra également du type de cartouche qui sera tiré.
L’avantage du système MOA réside dans le fait qu’une MOA est un MOA, qu’il soit situé à 100 mètres ou à 650 mètres, en tant qu’une petite tranche de la sphère de 360 degrés dans laquelle vous vous tenez. Toujours pas compris le système ? Pas d’inquiétude, nous aurons l’occasion d’y revenir.
Mil-Dot
Comme le MOA, le système est basé sur une mesure angulaire plutôt que linéaire. Les tireurs militaires affirment qu'il est supérieur au système MOA. Parfois, vous entendrez d’ailleurs сеrtаіnеѕ реrѕоnnеѕ dіrе quе le mіl-dоt ѕіgnіfіе « rétісulе mіlіtаіrе ». Сереndаnt, mіl n'еѕt раѕ unе аbrévіаtіоn роur « mіlіtаіrе ». Міl оu МRАD n’еѕt qu’un tеrmе rассоurсі роur parler de Міllіrаdіаn.
Dе nоmbrеuх rifle ѕсореѕ utіlіѕеnt un роіnt роur іndіquеr сеttе mеѕurе « mіllіrаdіеnnе ». Un роіnt n’еѕt раѕ égаl à 1 mіl, mаіѕ l’еѕрасе еntrе luі l’еѕt. En fait, vоuѕ mеѕurеz du сеntrе d'un роіnt аu сеntrе du роіnt ѕuіvаnt, се quі équіvаut à 1 mіl. Un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе alors que lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе.
Un mil est un milliradian, ce qui signifie qu'il sous-tend un mètre de la circonférence d'un cercle de rayon de 1000 mètres, un mètre d'un cercle de rayon de 1000 mètres ou un millimètre à un mètre. Pour être plus pédagogique et vous donner une règle mnémotechnique, rappelez-vous qu'un Mil équivaut à 3,6 pouces à 100yds ou 10cm à 100m et augmente de 3,6 pouces / 10cm pour chaque 100yds / 100m. Une chose encore plus utile à retenir est qu'un mil mesure un demi-mètre à 500 m. Pour les militaires, un demi-mètre peut être considéré comme se rapprochant de la largeur des épaules d'un ennemi au combat sur le terrain.
L'idée du système Mildot est qu'il agit comme une sorte de règle. Vous examinez un objet de taille connue, vous le comparez à l'échelle de Mildot, puis vous utilisez des formules pour rechercher la distance à la cible.
Chaque point Mil sur un réticule de visée est égal à ¼ Mil, la distance entre les centres des points est de 1Mil et la distance entre les bords des points est 1 Mil.
Comme déjà mentionné, un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе. Lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе. Vоuѕ роuvеz еffесtuеr un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur vоtrе lunette, еt с'еѕt јuѕtе un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl. Тоutеfоіѕ, ѕі vоuѕ ѕоuhаіtеz mеѕurеr l'іmрасt d'un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur unе dіѕtаnсе соnnuе, vоuѕ роurrez саlсulеr unе mesure lіnéаіrе іndіquаnt оù еt соmmеnt vоuѕ vоulеz quе vоtrе bаllе ѕе déрlасе ѕur сеttе сіblе.

Ici, un réticule Mil-dot
Enfin, pour être complet, il existe deux types de Mil-dot :

L’ US Army, avec :
360 degrés = 1 cercle
6400 mils = 1 cercle, 360
17,8 mils = 1 degré
360 degrés divisé par 6400 = .0563 multiplié par 60 = 3,375 MOA ou 1 mil = 3,375 Moa
Dimensions des points :


L’ USMC avec :
360 degrés = 1 cercle
6283 mils = 1 cercle
17,5 mils = 1 degré
360 degrés divisé par 6283 = .0573 multiplié par 60 = 3.438 MOA ou 1 mil = 3.438 moa
Dimensions des points :

Par conséquent :
Pour l’ US Army: 3,375 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,53 pouces à 100 mètres ;
Pour l’ USMC: 3,438 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,6 pouces à 100 mètres
Attention, il faut aussi bien distinguer les réticules de l' US Army et celui de l'USMC, il est prudent de signaler une autre différence. Non seulement les mils eux-mêmes sont différents, mais la valeur des points (les boules placées sur la croix du réticule de la lunette) est également différente. Les points de l’US Army, tout en étant couramment appelés points mil, sont en réalité des points moa (ou .22 mil). C’est-à-dire que 1 point sous-couvre trois quarts de minute d’angle ou 0,75 pouce à 100 mètres. Tandis que les points de l’ USMC sont à ¼ mil de points (ou 0,86 Moa) d’un bord à l’autre. Cela fait quand même une plus grande différence sur une plus longue distance !
J’avais déjà rédigé un article sur ce sujet. Je vous laisse donc basculer sur ce lien pour en apprendre davantage.
Conclusion

Ce premier chapitre avait pour objectif de « planter le décor » avant de commencer à faire une réelle incursion dans la discipline du TLD. C’est à dessein que je me suis limité à ces quelques concepts dans ce premier volet car nous pourrons largement approfondir et/ou compléter ces notions au fil des autres parties, ou chapitres à venir dans les prochains articles. Je vous invite néanmoins à aller consulter les liens proposés en fin d’article afin d’approfondir quelque peu vos connaissances.
Bien entendu, lorsque vous commencerez à comprendre réellement les notions de coefficient balistique et de densité de la section, vous comprendrez pourquoi il existe autant de calibres différents et avec différents poids de balle pour le même calibre. Et, in fine, lorsque que progresserez davantage dans votre apprentissage et dans vos recherches, vous constaterez que vous allez seulement passer des heures à déterminer la trajectoire exacte de chaque balle tirée depuis votre fusil en fonction de sa forme, de sa taille, de son poids et de la vitesse de la balle. Tout comme il vous sera agréable de pouvoir comparer les chiffres figurant sur le côté d’une boîte de munitions et de comprendre facilement leur signification.
Mieux encore, lorsque vous aurez encore atteint un autre stade de maîtrise et que vous commencerez à recharger vos munitions vous-même, vous prendrez plaisir à mettre vos connaissances en application pour pouvoir choisir les bonnes balles pour le type de tir que vous envisagerez de réaliser. Et puis, comme avec tout ce qui concerne les armes à feu et la balistique, plus vous en apprendrez, plus vous réaliserez à quel point vous en savez peu. Alors, concentrez-vous sur la sécurité et amusez-vous à en apprendre davantage, tirez, ratez, recommencez, calculez, expérimentez, entraînez-vous … c’est comme cela que l’on devient un fin tireur !
Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article


https://precisionrifleblog.com/2018/09/17/extreme-long-range-tips-ballistics-time-of-flight/
file:///D:/Mes%20telechargements/890-4156-1-PB.pdf
https://sites.google.com/site/lemondedesarmesafeu/la-balistique--qu-est-ce-que-c-est
http://villemin.gerard.free.fr/aScience/Physique/DYNAMIQ/Projecti.htm
https://en.wikipedia.org/wiki/Ballistic_coefficient
https://gununiversity.com/what-is-moa-understanding-and-using-minute-of-angle/
https://precisionrifleblog.com/2013/07/20/mil-vs-moa-an-objective-comparison/
http://bulletin.accurateshooter.com/2017/01/how-to-use-mil-dot-scope-reticles-to-estimate-range/

https://www.youtube.com/watch?v=LzZVOLoHSkM
https://www.youtube.com/watch?v=Fl7PvBQ9KQM
https://www.youtube.com/watch?v=VqOqZBRZsj8
https://www.youtube.com/watch?v=SmDDPqvcttk
https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=VA2PZBD5Tjg&feature=emb_logo
https://www.youtube.com/watch?v=eSFLyyfRJa0
https://www.youtube.com/watch?v=l-WNofGasFo







































































































































































































































































































































