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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 16:08

 

 

 

 

 

 

 

1ère partie – Introduction.

 

 

 

Chers lecteurs,

 

A la veille de rentrer dans l’hiver et à une époque où nos activités sportives et récréatives vont connaître un certain ralentissement, je vais vous proposer quelques articles successifs ces prochains mois, peut-être un peu plus courts qu’à l’accoutumée, et relatifs aux facteurs environnementaux ainsi qu’aux variables qui ont, peu ou prou, un impact sur la précision en TLD.

En effet, il n’est jamais inutile de revenir à l’essentiel, aux concepts fondamentaux, mais également aux fondements théoriques et empiriques qui doivent, de par leur maîtrise, nous conduire normalement sur la voie de l’amélioration de notre précision en TLD.

Pour ce premier volet, nous allons voir (ou revoir) des concepts qui, même si ceux-ci pourront paraître triviaux à certains de mes lecteurs aguerris, influent néanmoins sur la précision de nos coups.

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Le tir à longue distance (certains iront même jusqu’à parler de pratiquer l’art du TLD !) est l’une des activités des plus dynamiques qu’il y ait dans le sport carabine. Et bien qu’a priori, cela puisse sembler être un sport très difficile à pratiquer, si on dispose des outils appropriés et d’une bonne compréhension des phénomènes essentiellement physiques qui sont impliqués dans cette activité de tir, alors, atteindre des cibles à longues distances avec confiance ne sera plus un mystère pour qui voudra bien s’impliquer dans ce long apprentissage, mais si passionnant !

Bien qu'il existe de nombreuses informations disponibles un peu partout sur le sujet, parfois d’ailleurs erronées ou tellement traitées de manière scientifique, mathématique (balistique) et hermétique pour le profane ou encore parce que les seuls ouvrages de qualité parus dans ce domaine sont en général rédigés en anglais, effectivement, cela peut ressembler au parcours du combattant (sans mauvais de jeu de mots !) et être difficiles à aborder et à assimiler.

Et pourtant, quelle que soit la distance, les connaissances de base du tir à longue distance ne changent pas. En effet, si votre fusil est capable d’envoyer une balle à exactement un demi-pouce des coups précédents à 100 mètres alors, il doit pouvoir normalement produire +/- le même groupe d’un 1½ pouce à 300 mètres, de deux pouces à 400 mètres, et de 2½ pouces à 500 mètres. Mais attention, ces coups peuvent facilement suivre une autre trajectoire et ce, même sans tenir compte du vent, de la température, de l’altitude et d’une douzaine d’autres éléments qui peuvent vous faire rater ces tirs.

La capacité d'atteindre une cible « long range » avec précision et à plusieurs reprises consécutives ne se résume donc pas seulement à la maîtrise des éléments précités. Un élément clé qui va intervenir est votre apprentissage. En effet, peu importe si vous essayez de tirer à 300 ou à 1.000 mètres, la connaissance, la pratique et la compréhension des variables qui affectent un tir à longue distance sont cruciales. C’est pourquoi, à très longue distance, les inexactitudes qui pourraient pratiquement passer inaperçues à 100m en seront amplifiées voire même, catastrophiques au point de vue des résultats (points) obtenus. Il est donc impératif de s'appuyer sur les principes fondamentaux appropriés et de comprendre comment et pourquoi le système fonctionne et de développer ses compétences. Pas de panique, tout s'apprend !

 

Commençons par le B.A.-BA

 

 

Comme dans tout métier ou toute discipline, il existe un jargon auquel il convient de se familiariser avant d’aller plus loin dans son apprentissage. Au début, ce jargon peut être assez intimidant pour les non-initiés, et malheureusement, il a tendance à effrayer et décourager de nombreux tireurs débutants en leur donnant l'impression qu’il faut avoir fait « math sup. » pour comprendre de quoi il retourne. Il n’en est rien, mais je pense aussi qu'il est prudent de commencer en présentant les termes de référence, cela nous permettra de les utiliser par la suite pour développer d'autres sujets. Je vous propose donc de passer en revue ces termes ainsi que de les définir brièvement.

 

La balistique

La balistique est la science qui étudie le mouvement des projectiles tirés par des armes à feux.

 

La balistique en général

 

Balistique interne

Tout ce qui se passe en ce qui concerne le tir de l'arme pendant que la balle est encore dans le canon. Cela inclut tout, de la percussion de l’amorce au dernier contact de la balle avec le canon. Et donc, tout ce qui concerne l’étude de ce qui se passe à l’intérieur du canon d’un point de vue physico-chimique. Par exemple, la vitesse initiale de la balle est obtenue par les phénomènes qui se développent dans la chambre de combustion et l’âme du canon. Parmi eux la température du projectile peut avoir une influence non négligeable c'est pourquoi, dans les exercices de tir, l'emploi des munitions "chaudes" ou "froides" est pris en compte pour ajuster les paramètres du tir. La balistique intérieure correspond donc à la période de temps pendant laquelle le projectile reçoit une force motrice, comme lors de la réaction ayant lieu dans le canon d’une arme.

Balistique externe

Tout ce qui arrive à la balle après que celle-ci ait quitté le canon de la carabine, mais avant qu'elle n'atteigne la cible. C’est-à-dire, le comportement d'une balle en vol. Lorsque l'on tire un projectile dans le but d'atteindre une cible, sa trajectoire va dépendre des conditions extérieures et de la vitesse initiale du lancement. C'est la balistique extérieure ou externe qui correspond à la phase de mouvement où le projectile n’est plus soumis à la force initiale, dite « force motrice ». Il n’est alors plus soumis qu’à la pesanteur et aux frottements. Cette balistique traite de la phase pendant laquelle le projectile vole.

Balistique terminale

Le comportement de la balle après l'impact et son effet sur la cible visée. Elle étudie les effets du tir sur la cible. Elle étudie aussi l'impact, c'est à dire l'explosion ou la pénétration dans un obstacle. Les dégâts sur la cible dépendent de l'arme à feu utilisée mais aussi des munitions. Pour le gibier par exemple, la gravité d'une blessure dépend bien évidemment de l'endroit où la bête a été touchée, mais aussi de la quantité d'énergie libérée, et non transportée, par la balle. Ces dégâts sont souvent des plaies comme la perforation de la peau et des tissus musculaires. Les dommages causés dépendent essentiellement de la partie touchée. Lors de la pénétration de la balle, celle-ci repoussent latéralement la chair qui entoure son chemin, ce qui forme une cavité plus ou moins large selon la vitesse et le type de la balle.

Coefficient balistique

Mesure objective des performances d'une balle selon les normes de l'industrie. Exprimé en termes numériques sans unité selon une norme définie, généralement le modèle standard G1 ou G7. Lorsque vous l'utilisez dans un calculateur balistique, assurez-vous de ne pas saisir la mesure incorrecte du BC dans le modèle. G1 et G7 ne sont pas interchangeables. L'équation pour déterminer le coefficient balistique est la densité de section / facteur de forme.  Le coefficient balistique d'une balle est donc la mesure de sa capacité à se déplacer dans l'air avec une résistance minimale. La résistance aérodynamique réduit la vitesse de la balle et augmente son temps de vol. Pour une vitesse donnée, le coefficient balistique dépend essentiellement de la densité de section et de l'indice de forme.

Le BC est donc ce qui détermine la trajectoire et la dérive au vent.  Tout autre facteur restant égal, le BC change en fonction de la forme de la balle et de sa vitesse.  Par exemple, les formes les plus fuyantes telles que les Spitzer et les Boat Tail sont plus efficaces que les Hollow Point, Round Nose ou Flat Base.

A titre d’exemple, un BC G1 de 0,370 pourrait représenter une balle tout à fait commune, quelque peu émoussée, mais un BC G1 de 0,600 ou plus est considéré comme très bon en termes d’aérodynamique. Bien entendu, tout cela dépend également du calibre et de la densité de la balle, ainsi d’ailleurs que d'autres facteurs que nous n’expliciterons pas ici.

Donc, on pourrait dire que le "BC" désigne l'aérodynamique de votre balle. Une balle longue, avec une pointe très pointue et une base en queue de bateau glisse beaucoup plus facilement dans l'atmosphère qu'un qu’une arrondie à base plate. Les balles avec un BC élevé sont essentielles pour les tireurs de longue distance car elles ont une trajectoire plus plate, dérivent moins dans le vent, et maintiennent mieux l’énergie et la vitesse sur une plus longue distance.

 

Profils des ogives tel que décrits, ci-dessus

 

Densité de section

La densité de section est le rapport de la masse du projectile à sa surface. La densité sectionnelle est le poids de la balle en livres divisé par le carré de son diamètre. Cela signifie que la forme de la balle n'a pas d'importance lorsque vous regardez la SD.  Plus la densité de section est élevée, meilleur sera la pénétration à l'impact. L'augmentation du temps de vol augmente la chute de la balle par rapport l'angle de départ et induit une correction verticale pour atteindre la cible. La traînée aérodynamique rend la balle susceptible de débattement au vent qui provoque un changement horizontal dont l'amplitude dépend de la durée pendant laquelle la balle est retardée aérodynamiquement. À vitesse égale, deux projectiles de calibres différents, mais de même coefficient balistique auront exactement la même trajectoire.

Comme toutes les balles modernes sont cylindriques, cela signifie que deux balles de même poids et de même diamètre ont des densités de section identiques. Ce qui affecte vraiment la SD d'une balle, c'est la longueur. Parce qu'une balle plus longue sera plus lourde pour le calibre, sa densité de section sera plus élevée.

Facteur de forme

Comparaison numérique entre le coefficient de traînée entre le projectile en question et la norme industrielle choisie (G1, G7, etc.).

Coefficient de traînée ou Cd

Mesure sans unité de la traînée d'une balle en vol. Fondamentalement, une mesure de l'aérodynamisme d'un projectile.

Dérive de rotation

Légère dérive droite ou gauche provoquée par la rotation rapide de la balle et son effet aérodynamique. Mesurable et prévisible, et donc facilement compensé, mais presque insignifiant pour la plupart du temps.

Effet Coriolis

Déviation de la balle causée par sa stabilité gyroscopique qui tente de résister à la rotation avec la Terre. La latitude des tireurs et la direction (azimut) du tir sont des facteurs qui déterminent le degré de déviation et la direction, mais dans tous les cas, l'effet est presque entièrement négligeable jusqu'à des distances extrêmes pour les armes de petit calibre. On a pour habitude de le négliger pour les distances inférieures à 500m.

Drop

Réglages verticaux de l'élévation (voir, ci-après) effectués pour contrecarrer l'effet de la gravité.

Dérive

Réglages horizontaux effectués pour le vent et d'autres facteurs.

 

 

 

La balistique – Définition des concepts

 

 

 

La trajectoire d’une balle

 

En physique, la trajectoire d'un projectile est le chemin que ce projectile empruntera après avoir été lancé.

La trajectoire d'une balle est parabolique. Elle commence au-dessous de la ligne de mire, s’élève au-dessus de celle-ci puis, la traverse à nouveau lorsque la balle tombe.

 

 

 

 

En termes simples, c’est le chemin emprunté par votre balle qui se dirige vers la cible. La gravité et la résistance de l’air influent sur les projectiles traversant l’atmosphère. La gravité tire les balles vers le bas et la résistance de l’air les ralentit continuellement. Cette perte de vitesse, associée à la gravité, les fait chuter de plus en plus rapidement vers la terre, entraînant une courbe parabolique dans le trajet de la balle. De simples applications sur smartphone ou sur un ordinateur peuvent, lorsqu'elles sont alimentées avec des informations précises, permettent de calculer la trajectoire avec une précision incroyable, permettant aussi aux tireurs de compenser leur tir et d'atteindre leur cible avec précision. Nous en reparlerons par la suite.

 

La vitesse de la balle

 

Lorsqu'une balle sort du canon d'une arme à feu, elle le fait à une certaine vitesse, appelée vitesse en sortie de bouche (vitesse à la bouche, plus précisément, la vitesse initiale). Lorsqu' elle rencontre une résistance aérienne, elle commence immédiatement à ralentir et continuera à ralentir jusqu'à ce qu'elle s'essouffle et que sa trajectoire incurvée la mette à terre. La vitesse joue un rôle important dans la quantité d'énergie qu'une balle transporte jusqu'à la cible et, comme chaque balle perd continuellement sa vitesse, l'énergie diminue à mesure que la vitesse diminue. Dans le monde de la chasse, la vélocité est importante pour une raison supplémentaire : provoquer de manière fiable l'expansion d'une balle, ou sa prolifération. Sans expansion, les balles ont tendance à percer un trou de la taille d’une aiguille à tricoter, qui neutralise beaucoup plus lentement et moins humainement le gibier.

Il est également essentiel de connaître la vitesse spécifique de la balle que vous choisissez quand elle sort du canon de votre arme, afin de calculer avec précision sa trajectoire. Alors que les boîtes de munitions ou les sites Web des fabricants offrent souvent des spécifications de vélocité qui s’en rapprochent, rien ne remplace la mesure de vélocité développée par votre fusil, ce qui est facilement réalisable avec tout chronographe de qualité correcte.

 

Bullet Drop

 

C’est la trajectoire d'une balle telle que reprise en balistique, la distance parcourue avec sa chute (vers la terre) qui se produit lorsqu'elle subit l’action des forces de la gravité et du frottement de l'air.

La chute de la balle est étroitement liée à sa trajectoire. Lorsqu’une balle vole, elle subit la friction de l’air qui diminue sa vitesse, la gravité qui exerce son irrésistible attraction, et tout cela influe sur sa trajectoire et la font tomber vers la terre.

La courbe balistique typique d'un projectile est une combinaison de deux fonctions. La première est une ligne droite, la vitesse initiale de la balle multipliée par le temps écoulé depuis sa sortie du canon (avec quelques modifications pour la décélération due à la résistance de l'air). La seconde est la distance à laquelle la gravité a tiré la balle vers le bas depuis qu'elle a quitté le canon. Ce serait aussi une ligne droite, descendante, si la vitesse initiale était égale à zéro. Mais lorsque vous combinez ces deux vecteurs, la chute de la balle augmente avec le carré du temps introduit une courbe parabolique.

Si une balle met plus d'une petite fraction de seconde pour atteindre la cible, la chute de balle devient assez importante. Après une seconde, une balle sera à 16 pieds (près de cinq mètres) au-dessous de ce qu’elle aurait été sans la gravité. Même une demi-seconde (un tir à environ 400 mètres) signifie 4 pieds (plus d'un mètre) de chute.

Pour compenser cela, il vous suffit de calculer la quantité de chute que vous avez à une distance quelle que soit votre cible, puis de pointer le canon en fonction de cela vers le haut, pour que votre balle tombe effectivement dans la cible, et là où vous le souhaitez. Il convient de mentionner que le mouvement vertical de la balle dû à la gravité n'est pas le seul facteur qui fait que les tirs à longue distance s'écartent de leur vitesse initiale.

 

 

Ici schématisée, la correction et le réglage de la trajectoire de la balle (bullet)

 

 

 

Ici, les drops comparatifs de cartouches de gros calibres

 

 

De nos jours, grâce aux télémètres laser pour nous donner la distance exacte à la cible, et une fois encodée dans des calculateurs nous indiquant exactement à quelle hauteur tirer, et des rifle scopes dotés de réticules sophistiqués et de tourelles d’élévation qui nous permettent d’ajuster précisément ledit réticule afin d’atteindre un point précis de la cible, un bon tireur d’élite peut toucher des cibles de petite taille à des distances impressionnantes.

 

Dérive de vent de la balle

 

Ce terme balistique est assez explicite. En effet, lorsqu’une balle se déplace, tout vent présent va exercer des forces qui vont la faire dériver. Le plus souvent, la dérive est latérale, mais dans de rares occasions, comme lorsque vous tirez parallèlement à une montagne très escarpée avec un vent fort qui monte ou descend, le vent peut réellement pousser votre balle verticalement.

Un vent de travers parfaitement perpendiculaire à la trajectoire de votre balle est généralement appelé vent « à pleine valeur », car il exerce la plus grande dérive possible. Un vent droit dans votre visage ou venant de derrière vous est appelé « aucune valeur » car il n'a aucun effet important sur le trajet de la balle.

Dans certaines zones et distances de tir, le tireur peut avoir à juger et à compenser (via la tourelle de dérive du rifle scope ou directement en visée (contre-visée) grâce au réticule de la lunette) l’effet des vents de direction et de force variables entre la position de tir et la cible. Comme nous le verrons plus tard dans les suites de cet article, apprendre à juger et à compenser le vent est une faculté indispensable à tout qui veut pratiquer le TLD.

 

Clicks ou clics

 

La définition simple d'un click est un ajustement dans la direction de votre ligne de visée où un click est un ajustement de votre lunette de visée via ses tourelles (en élévation pour la hauteur et en dérive pour la dérive latérale du vent). Le clic est également le bruit fait par votre tourelle lors d’une rotation d’un cran. Vient alors la question de connaître la valeur d’un click, soit de combien votre réticule bougera sur votre cible à une distance donnée à chaque fois que vous entendrez, ou sentirez sous vos doigts, un clic

Chaque rifle scope sera différent quant à la valeur d'un de ses clicks et équivaudra à une mesure différente à la distance. À titre d’exemple, et pour de nombreux scopes, chaque click équivaut à 1/4 de MOA à 100 mètres.

 

 

 

En gros, retenez déjà que plus vous tirerez loin, plus il sera important que la valeur d’un click soit faible. Raison pour laquelle, les rifle scopes au 1/8e sont davantage recommandés pour le tir de précision. C’est là aussi que vous devrez comprendre ce qu'est qu’un MOA pour comprendre aussi ce qu'est un click. Ce qui nous amène au terme suivant : la minute d'angle (MOA).

 

La minute d’angle (MOA)

 

MOA est l'acronyme de Minute Of Angle (ou minute d'arc ou d’angle), c'est-à-dire, 1 / 60ème de degré dans un cercle. Comme vous le savez, une rotation complète est composée de 360 ​​degrés. A tour de rôle, chaque degré se divise, suivant le système sexagésimal, en base 60 (comme une heure divisée sur une horloge). Ainsi, un degré se divise en 60 minutes d'angle et chaque minute en 60 secondes d'angle. Un MOA correspond à 1,047in à 100yds et 29,1mm à 100m.

 

 

 

Ces valeurs sont souvent arrondies à 1 pouce (25,4mm) à 100yds et 30mm à 100m, mais lors de la visée sur de longues distances, cet arrondi génère une erreur, petite mais perceptible. Pour éviter cette confusion, la valeur arrondie de 1 pouce à 100yds est appelée IPHY, ou pouces par centaines de mètres, tandis que la valeur de 30mm à 100m est appelée MOA du tireur (Shooter MOA ou SMOA). C'est bien pour les courtes distances, mais à 1 000 mètres, le SMOA est trop imprécis, car ce n'est pas réellement 10 pouces, mais bien 10,5 pouces.

 

 

 

 

Pour simplifier, ici avec le SMOA, une minute équivaut approximativement à 1 pouce à 100 yds. Les tireurs s’habituent donc à penser au MOA en termes de pouces avec 2 MOA à +/- 100 mètres = 2 pouces, 1 MOA à 400 mètres = 4 pouces, etc. Il est bon d’utiliser des angles car, comme vous pouvez le constater, ils augmentent proportionnellement avec la distance. Tant que le tireur s'en tient à des augmentations de 100 mètres, le calcul mental est assez simple à faire. Mais on se rappellera toujours que techniquement, 1 MOA vaut réellement 1,047 pouce. Voici le tableau des valeurs exactes :

 

 

A titre d’exemple, si tous vos coups tombent dans un cercle de 1 pouce à 100 mètres, c'est 1 MOA. Si vous tirez sur une cible qui est située à 200 mètres, le groupe sera dans un cercle de 2 pouces. Ceci s'appelle toujours 1 MOA. À 300 mètres, dans un cercle de 3 pouce, etc. … et ce sera toujours 1 MOA. Il en va de même pour tout autre protocole. Exemple, 1/2 MOA équivaut à un groupe de 1-1 / 2 pouces à 200 mètres, Et ainsi de suite. C’est finalement très simple.

 

 

 

Le(a) MOA est également l'unité de mesure standard utilisée pour déterminer la précision d'une carabine. Le MOA est donc utilisé pour mesurer la taille du groupement réalisé. 1 MOA est un groupe d'un pouce à 100 mètres. 2 MOA est un groupe de 2 pouces à cent mètres. Le groupe de 3 MOA,  et de 3 pouces à 300 mètres est également classé dans le groupe MOA de 1 pouce. Mais si vous tirez à partir de 300 mètres avec un groupe de 6 pouces, cela sera classé comme un « 2 MOA ».

 

 

 

 

Là où le MOA s’avère particulièrement utile, c’est pour ajuster son tir à la distance. Par exemple, les tireurs peuvent soit utiliser une lunette avec un réticule qui fournit une « grille » en MOA et avec laquelle ils peuvent composer des corrections avec une tourelle marquée par MOA (exemple, en 1/4 de MOA et qui ajuste la ligne de mire (réticule) interne.  En effet, les tourelles d'élévation et de dérive sur la plupart des lunettes sont marquées en MOA (avec des positions de ¼ de MOA, ou de quatre "clics" par MOA) ou en milliradian appelé mil or mrad (1 MRAD vaut 10 millimètres à 10 mètres ou 50 mm à 50 mètres, ce qui équivaut à 10 centimètres à 100 mètres. Facile, surtout avec les réticules Mildot, nous y reviendrons plus tard). La composition en mode MOA est beaucoup plus simple qu'en pouces.

Avec un 1/4 de MOA à une centaine de mètres, chaque clic de tourelle déplacera l’impact de la balle de 0,25 ou 1/4 pouces. Alors que chaque clic sur votre scope équivaut à environ 0,25 pouce à 100 mètres, vous pouvez dès lors calculer combien de clicks il vous faudrait mettre pour relever votre tir de 12 cm en élévation, par exemple. Si votre balle doit se déplacer de 5 pouces pour frapper la cible à l’endroit voulu, vous aurez besoin de mettre 20 clics avec une lunette à 0,25 MOA.

Le même principe s'applique si vous tirez à moyenne ou longue distance. Si vos fusils sont « zérotés » à 100 mètres alors, vous aurez besoin de mettre 39 clicks en élévation pour pouvoir tirer à 400 mètres. Evidemment, tout dépendra également du type de cartouche qui sera tiré.

L’avantage du système MOA réside dans le fait qu’une MOA est un MOA, qu’il soit situé à 100 mètres ou à 650 mètres, en tant qu’une petite tranche de la sphère de 360 degrés dans laquelle vous vous tenez. Toujours pas compris le système ? Pas d’inquiétude, nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Mil-Dot

 

Comme le MOA, le système est basé sur une mesure angulaire plutôt que linéaire. Les tireurs militaires affirment qu'il est supérieur au système MOA. Parfois, vous entendrez d’ailleurs сеrtаіnеѕ реrѕоnnеѕ dіrе quе le mіl-dоt ѕіgnіfіе « rétісulе mіlіtаіrе ». Сереndаnt, mіl n'еѕt раѕ unе аbrévіаtіоn роur « mіlіtаіrе ». Міl оu МRАD n’еѕt qu’un tеrmе rассоurсі роur parler de Міllіrаdіаn.

Dе nоmbrеuх rifle ѕсореѕ  utіlіѕеnt un роіnt роur іndіquеr сеttе mеѕurе « mіllіrаdіеnnе ». Un роіnt n’еѕt раѕ égаl à 1 mіl, mаіѕ l’еѕрасе еntrе luі l’еѕt. En fait, vоuѕ mеѕurеz du сеntrе d'un роіnt аu сеntrе du роіnt ѕuіvаnt, се quі équіvаut à 1 mіl. Un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе alors que lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе.

Un mil est un milliradian, ce qui signifie qu'il sous-tend un mètre de la circonférence d'un cercle de rayon de 1000 mètres, un mètre d'un cercle de rayon de 1000 mètres ou un millimètre à un mètre. Pour être plus pédagogique et vous donner une règle mnémotechnique, rappelez-vous qu'un Mil équivaut à 3,6 pouces à 100yds ou 10cm à 100m et augmente de 3,6 pouces / 10cm pour chaque 100yds / 100m. Une chose encore plus utile à retenir est qu'un mil mesure un demi-mètre à 500 m. Pour les militaires, un demi-mètre peut être considéré comme se rapprochant de la largeur des épaules d'un ennemi au combat sur le terrain.

L'idée du système Mildot est qu'il agit comme une sorte de règle. Vous examinez un objet de taille connue, vous le comparez à l'échelle de Mildot, puis vous utilisez des formules pour rechercher la distance à la cible.

Chaque point Mil sur un réticule de visée est égal à ¼ Mil, la distance entre les centres des points est de 1Mil et la distance entre les bords des points est 1 Mil.

Comme déjà mentionné, un mіl еѕt un mіl іndéреndаmmеnt dе lа dіѕtаnсе. С'еѕt unе mеѕurе аngulаіrе. Lа dіѕtаnсе еѕt unе mеѕurе lіnéаіrе. Vоuѕ роuvеz еffесtuеr un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur vоtrе lunette, еt с'еѕt јuѕtе un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl. Тоutеfоіѕ, ѕі vоuѕ ѕоuhаіtеz mеѕurеr l'іmрасt d'un ајuѕtеmеnt dе 1 mіl ѕur unе dіѕtаnсе соnnuе, vоuѕ роurrez саlсulеr unе mesure lіnéаіrе іndіquаnt оù еt соmmеnt vоuѕ vоulеz quе vоtrе bаllе ѕе déрlасе ѕur сеttе сіblе.

 

 

Ici, un réticule Mil-dot

 

 

Enfin, pour être complet, il existe deux types de Mil-dot :

 

 

 

L’ US Army, avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6400 mils = 1 cercle, 360

    17,8 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6400 = .0563 multiplié par 60 = 3,375 MOA ou 1 mil = 3,375 Moa

 

Dimensions des points :

 

 

 

L’ USMC avec :

 

 360 degrés = 1 cercle

   6283 mils = 1 cercle

   17,5 mils = 1 degré

   360 degrés divisé par 6283 = .0573 multiplié par 60 = 3.438 MOA ou  1 mil = 3.438 moa

 

Dimensions des points :

 

 

Par conséquent :

 

            Pour l’ US Army: 3,375 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,53 pouces  à 100 mètres ;

            Pour l’ USMC: 3,438 Moa multipliés par 1,047 pouce = 3,6 pouces à 100 mètres

 

Attention, il faut aussi bien distinguer les réticules de l' US Army et celui de l'USMC, il est prudent de signaler une autre différence.  Non seulement les mils eux-mêmes sont différents, mais la valeur des points (les boules placées sur la croix du réticule de la lunette) est également différente. Les points de l’US Army, tout en étant couramment appelés points mil, sont en réalité des points moa (ou .22 mil). C’est-à-dire que 1 point sous-couvre trois quarts de minute d’angle ou 0,75 pouce à 100 mètres. Tandis que les points de l’ USMC sont à ¼ mil de points (ou 0,86 Moa) d’un bord à l’autre. Cela fait quand même une plus grande différence sur une plus longue distance !

J’avais déjà rédigé un article sur ce sujet. Je vous laisse donc basculer sur ce lien pour en apprendre davantage.

 

 

Conclusion

 

Ce premier chapitre avait pour objectif de « planter le décor » avant de commencer à faire une réelle incursion dans la discipline du TLD. C’est à dessein que je me suis limité à ces quelques concepts dans ce premier volet car nous pourrons largement approfondir et/ou compléter ces notions au fil des autres parties, ou chapitres à venir dans les prochains articles. Je vous invite néanmoins à aller consulter les liens proposés en fin d’article afin d’approfondir quelque peu vos connaissances.

Bien entendu, lorsque vous commencerez à comprendre réellement les notions de coefficient balistique et de densité de la section, vous comprendrez pourquoi il existe autant de calibres différents et avec différents poids de balle pour le même calibre. Et, in fine, lorsque que progresserez davantage dans votre apprentissage et dans vos recherches, vous constaterez que vous allez seulement passer des heures à déterminer la trajectoire exacte de chaque balle tirée depuis votre fusil en fonction de sa forme, de sa taille, de son poids et de la vitesse de la balle. Tout comme il vous sera agréable de pouvoir comparer les chiffres figurant sur le côté d’une boîte de munitions et de comprendre facilement leur signification.

Mieux encore, lorsque vous aurez encore atteint un autre stade de maîtrise et que vous commencerez à recharger vos munitions vous-même, vous prendrez plaisir à mettre vos connaissances en application pour pouvoir choisir les bonnes balles pour le type de tir que vous envisagerez de réaliser. Et puis, comme avec tout ce qui concerne les armes à feu et la balistique, plus vous en apprendrez, plus vous réaliserez à quel point vous en savez peu. Alors, concentrez-vous sur la sécurité et amusez-vous à en apprendre davantage, tirez, ratez, recommencez, calculez, expérimentez, entraînez-vous … c’est comme cela que l’on devient un fin tireur !

 

 

Voici une série de liens relatifs aux sujets développés dans cet article

 

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 15:17
La .22-250 Remington
La .22-250 Remington

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Comme vous le savez, je compte de très nombreux chasseurs parmi mes fidèles lecteurs et par conséquent, comme je le fais de temps en temps pour eux, je vous propose de passer en revue une autre cartouche de calibre .224 :  la .22-250 Remington (5,6 x 49mm) qui est sans doute la plus polyvalente de toutes les cartouches .22 à percussion centrale.

En effet, la .22-250 Remington est une cartouche à grande vélocité pour carabine de calibre .22 à action courte, principalement utilisée pour la chasse au varmint et le petit ou moyen gibier, elle est aussi parfois connue sous le nom de .22 Varminter.  Néanmoins, celle-ci constitue également le choix de tireurs qui veulent obtenir une haute vitesse combinée à une précision et à des performances extrêmes ce qui la conduit à être très appréciées des tireurs sportifs « mid-range ».

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

La cartouche .22-250 Remington a une longue et riche histoire aux racines centenaires, et c'est probablement encore la cartouche de taille moyenne la plus populaire actuellement.

Le personnage clé qui est à l'origine de certaines premières cartouches de chasse à haute vitesse est le dénommé Charles Newton. En 1912, il crée la cartouche .22 Hi Power pour la Savage Co.  Cette .22 tirait une balle de 70 grains à 2790fps ce qui était extrêmement rapide pour l’époque !  Savage croyait que la .22 Hi Power serait idéale pour le gibier de taille moyenne toutefois, Newton n’en n’était pas aussi convaincu. C’est pourquoi, peu de temps après, il créa ce qu'il considérait être une .22 encore plus efficace, basée sur l’étui de la 30.06 réduit de 1/4 de pouce, et rétréci pour prendre en charge une longue balle de 90 grains. Historiquement, cette cartouche, la .22 Newton, a été l’inspiration de ce qui a conduit à l’avènement de la .22-250.

En 1915, la 250 Savage fait son apparition. Conçue par Charles Newton et introduite dans l'excellent fusil Savage Model 99 lever action, la cartouche originale utilisait une balle de 87 grains à la vitesse « modique » de 3000 fps (pieds par seconde). Et c’est pour cette raison que Savage l'appelait la 250-3000.

Bien que la modification de cette nouvelle cartouche ait peut-être commencé peu de temps après son introduction, nous ne savons pas grand-chose sur ce qui s’est passé avant les années 1930, lorsque certains expérimentateurs de munitions connus sous le nom de « wildcatters » passèrent un temps et des efforts considérables à « retravailler » la .250 Savage. Ceux qui sont parvenu à « resserrer » l’étui en laiton pour recevoir une balle de calibre .22 sont parvenus à mettre au point une cartouche qui sera connue plus tard sous le nom de la .22-250 Remington. Après la Grande Guerre, tout le monde se mit également à travailler sur le concept des projectiles plus petits (pour pouvoir en emporter plus), plus rapides et surtout plus précis en fonction des progrès rapides enregistrés par les poudres pyroxylées dites « sans fumée ».

Pendant que Charles Newton développait ses cartouches, le capitaine Grosvener Watkyns, un ingénieur en balistique qui travaillait comme consultant pour Winchester dans les années 1930, recherchait l’équilibre ultime entre puissance et performance de manière scientifique dans le but de mettre au point la méthode la mieux équilibrée et la plus efficace possible sur le plan balistique pour cette cartouche et il décida de créer sa .22 sur base de la .250-3000. Watkyn rechercha ensuite les dimensions optimales de la conicité du corps, des angles des épaules, des vitesses et des pressions. Néanmoins, lorsque le moment est venu pour Winchester d’adopter une nouvelle .22 haute vitesse, la firme a opté pour une autre réalisation utilisant le boîtier 6mm Lee Navy. Watkyn découragé a quand même continué à travailler sur sa nouvelle wildcat, appelée à l'origine Swift. C'était à peu près à cette époque que Watkyn commença à travailler avec l'arsenal Jerry Gebby qui expérimentait aussi avec la Newton .22.

Afin de continuer à améliorer la cartouche, Jerry Gebby, armurier et champion de tir, et le célèbre handloader, J. Bushnell Smith, ont fait équipe ensemble et leur version de 1937 est généralement acceptée comme étant le parent du .22-250 d’aujourd’hui. Ils l'ont appelé :  22 Varminter. D’ailleurs, Gebby a protégé ce nom par un copyright. La .22 Varminter a été plébiscitée pour ses performances élevées et sa précision à tous les niveaux de vitesse. Parce que le nom " Varminter " avait été protégé par le droit d'auteur, alors que des armuriers voulaient fabriquer des fusils pour la nouvelle vedette en .22, ils apportèrent de légères modifications à la chambre du fusil et l'appelèrent simplement la .22-250 pour éviter tout litige et en marquant les armes avec la désignation générique, mais sûre de "22-250". Pour être complet, sachez qu’en 1937, c’est Phil Sharpe qui a été l’un des premiers armuriers à avoir construit un fusil pour le constructeur de fusils de calibre .22-250.

Entre 1934 et 1937, les différentes versions de cartouches .22-250 ont été retravaillées par Harvey Donaldson, Grosvenor Watkins, Jerry E . Gebby, JB Smith et John Sweany alors que le .22 Varminter attendait toujours de voir le jour en tant que tel lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté, elle l’a empêché de progresser, interrompant ainsi le développement des cartouches pendant près de 10 ans. Toutefois, plusieurs années après la guerre, les fusils, les munitions et les composants sont redevenus disponibles.

Encore plus de problèmes se sont produits en 1950 lorsque Remington a présenté sa .222 Rem. Le .222 a rapidement conquis un grand public et a acquis une belle réputation dans la nouvelle discipline de tir Bench-Rest. La seule cartouche qui menaçait la popularité du .222 restait la wildcat qui ne disparaîtrait pas : la .22-250. Finalement, en 1963, Browning décida d’utiliser ses fusils pour la Wildcat .22-250, ce qui était risqué si on ne disposait pas de munitions.

L’arrivée du .243 Winchester en 1955, calibre encore plus polyvalent n’y changea rien, le 22-250 gardait son cercle de fans.

En 1964, Winchester venait d’arrêter la .220 Swift et de sortir l’originale .225 Winchester, conçue pour la remplacer. La .225 était une cartouche cerclée de 55 grains à 1067 m / s et qui était destinée au fusil modèle standard 70, mais qui a disparu en moins d’une décennie. En effet, la .225 n'a jamais atteint la popularité souhaitée car en 1965, un an après sa sortie, la 22-250 de Remington l'avait déjà complètement éclipsée.

Un à deux ans après l’introduction du modèle Browning, la Remington Arms Company a adopté le calibre et la cartouche est entrée dans la production générale en 1965 sous le nom de .22-250 Remington. La société a simplement ajouté " Remington " au nom original. Remington l’adopta officiellement pour qu’elle puisse être chambrée dans son fusil modèle 700 et normalisa la cartouche avec l'indicateur .22-250, optant pour un angle d'épaule de 28 degrés. L'étalon de vitesse avec une balle à 55 grains est de 3 650 fps et la pression moyenne maximale (MAP) est de 65 000 psi. Mais finalement, comme on l’a vu précédemment, Remington n’a absolument rien à voir avec la conception de la .22-250.  Néanmoins, en la normalisant et en devenant la première firme à la fabriquer en usine, elle a saisi l’opportunité d’ajouter son nom à ladite cartouche.

La 22-250 a fait face à de nombreux rivaux au cours des huit dernières décennies environ, et elle s’est pour la plupart du temps imposée comme l’une des cartouches de petit diamètre des plus flexibles et des plus précises du marché. L’un de ses premiers rivaux a été la 220 Swift, qui a été pendant des décennies la cartouche commerciale la plus rapide au monde. Mais, les 22-250 ont gagné la course principalement parce que ses caractéristiques et ses vitesses étaient plus raisonnables, tandis que les .220 Swift, quant à elles, souffraient d’un trop grand battage médiatique, mais … avec mauvaise presse !

Depuis son adoption officielle, la .22-250 est reconnue pour son utilisation dans une large gamme de types et de poids de projectiles avec une vitesse élevée (4.000 fps ou 1.220 m / s) et une précision exceptionnelle. C’est également la plus populaire des cartouches à longue portée qui reste efficace jusqu’à 400 mètres. La cartouche est également réputée pour sa tolérance aux variations des charges de poudre et de poids de balles, allant des balles fragiles de 35 g à des balles à longue portée de 80 grains.

 

 

La cartouche

 

 

 

Cent ans après l'introduction de sa cartouche mère et un demi-siècle après sa standardisation, la popularité du 22-250 est loin de décliner et est toujours aussi apprécié et performant. Savage Arms propose d’ailleurs encore actuellement 26 modèles dans ce calibre, et encore à l’heure actuelle, tous les principaux fabricants d’armes américains et européens fabriquent des fusils à verrou dans le calibre .22-250.

La .22-250 Remington présentent un recul à peine perceptible et bien inférieur à la .243 Win et donc, tout le monde aime la tirer. Cependant, elle émet un souffle excessif en raison de la vitesse élevée de sa balle et donc, il est donc recommandé de porter une protection auditive. En dépit du mythe populaire relatif à la durée de vie moins longue des canons des .22-250 par rapport au .220 Swift ou à d’autres chambrages, l’usure est directement liée aux habitudes du tireur, et si on permet au canon de se refroidir entre les tirs et qu’on ne choisit pas les cartouches à la plus haute vélocité et ce, en les tirant à grand volume, la précision du canon restera correcte presqu’aussi longtemps que celle d’une .223 Rem.

Notons que la norme SAAMI .22-250 Rem reprend le pas de rayures de 1:14. C'est parfait pour les balles traditionnelles jusqu'à 55 grains. Aujourd'hui, les balles sont plus longues que les balles traditionnelles du même poids. Néanmoins, les fabricants de fusils pourraient mieux adapter leurs .22-250 aux conceptions de balles modernes en offrant un taux de 1:12.

Enfin, l'une des principales causes de sa popularité est également qu'il est assez facile de fabriquer des douilles de .22-250, alors que d'autres nécessitent un peu plus de travail, juste pour retravailler l’étui afin de le préparer au rechargement. En plus, de nombreuses charges en .22-250 sont actuellement disponibles sur le marché, avec des balles à 60 et 64 grains, les plus lentes à 3 500 fps, et des balles plus légères à 40 grains qui sortent à la vitesse impressionnante de 4150 fps. Les plus courantes de 50 et 55 grains quittent le canon à environ 3600-3800 fps. Pas étonnant qu'elle soit connue sous le nom de cartouche « souple ».

En outre, on notera également qu’elle a / ou connu des applications tactiques. L’adoption de la cartouche à faible diamètre de calibre .22-250 visait à minimiser la pénétration excessive et à éliminer les ricochets dans les interventions urbaines ainsi que dans des opérations de lutte contre le terrorisme en milieu urbain dans les années 1980. Un certain nombre de fusils de ce calibre étaient notamment utilisés par le British SAS Regiment.

 

Rechargement

A titre d’exemples, les charges d’usine chez Remington incluent la UMC 45 grains à 4 000 fps, la UMC 50 grains à 3 820 fps, l'Accutip 50 grains à 3725 fps, la 55 grains Power-lokt à 3 680 fps et une balle à pointe souple de 55 grains également. Hornady produit également des charges à expansion très douce. Celles-ci incluent la V-Max 40 grains à 4150 fps, la V-Max 50 grains à 3 800 fps, la V-Max 55 grains.

Disons-le d’emblée, ce calibre nécessite une charge de poudre moins importante que bien d’autres, ce qui en fait une cartouche très économique pour le rechargement des balles.

Le .22-250 Rem. atteint des vitesses maximales avec la plupart des agents propulseurs (poudres) pour carabines à vitesse moyenne. Les vitesses optimales de combustion de la poudre pour le .22-250 sont celles de la gamme 4064 / Varget bien que le H414, plus lente, fonctionne également bien.

À partir d’un canon de 24 pouces, les balles de 50 grains peuvent être entraînées dans des vitesses situées entre 3650 et 3700 fps, tandis que des charges manuelles soigneusement développées ou avec des canons plus longs peuvent atteindre plus de 3 800 fps. Les balles de 55 grammes peuvent être conduites en toute sécurité à 3600 fps dans la plupart des fusils. Les charges maximales donnent des vitesses légèrement supérieures aux spécifications d'usine avec environ 3700 fps. Les balles de 60 grains produisent des vitesses situées entre les 3500 et 3600fps.

Un rechargement qui fonctionne également bien est celui de la Sierra 53 grains MatchKing à base plate, avec une charge appropriée de poudre H380 de Hodgdon. Les données de rechargement en ligne d'Hodgdon indiquent que seuls les IMR 4007SSC, IMR 4166, IMR 8208XBR et Hodgdon CFE 223 dépassent les 3750 fps avec une balle à 55 grains tirée dans un canon de 24 pouces.

La sélection du propulseur est essentielle pour atteindre cette plage de vitesses tout en maintenant une bonne précision. Pour une vitesse plus lente, sélectionnez un agent propulseur à combustion plus rapide.

La longueur de cartouche maximale établie par SAAMI pour les .22-250 Rem. est de 2,350 pouces (59,69mm). Placer une balle sur une longueur totale plus longue peut augmenter la pression car elle a peu ou pas de départ libre vers les rayures du canon. Inversement, une balle d’une longueur totale plus courte peut également augmenter la pression car la balle pénétrerait dans la poudre. C'est pourquoi il est toujours prudent, quel que soit le poids de la balle et la longueur totale de la cartouche sur laquelle vous vous préparez à recharger, de commencer le développement de la charge de plusieurs grains en dessous du maximum indiqué dans les manuels de chargement manuel.

Mais quoi qu’il en soit, souvenez-vous toujours bien que dans tous les cas, le rechargement n’est pas une affaire d’amateur auquel cas, je vous déconseille vivement de vous y essayer et qu’il convient toujours d’observer la plus grande prudence dans ce type d’opération et ce, même pour des personnes aguerries notamment, en respectant scrupuleusement les limites de sécurité fournies dans les tables de rechargement des différents fournisseurs !

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

 

 

De G à D - Comparaison d’une .22-250 Rem, 22 HORNET, .223 Rem

 

 

A gauche, une .22-250 Rem, à droite, une .223 Rem

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington UMC en 45 grains

 

 

Ici, une boîte de Winchester 45 grains

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

Dans l’ensemble, c’est une munition exceptionnelle bien connue pour être « La cartouche » pour pratiquer la chasse au coyote aux U.S.A. ainsi qu’au nuisible, mais aussi pour le petit ou moyen gibier (max. 40kg), et bien que cela ne soit pas du tout recommandé par certains, il peut également être utilisé, pour la chasse au cerf.

La cartouche propose 12% de rapidité de plus que la 222 Rem, et surtout 20% d’énergie supplémentaire avec la même balle. La trajectoire très plate permet de faire du « varminting » ou du tir aux nuisibles de petit gabarit (corvidés, mais aussi marmottes, chiens de prairies) jusqu’à 400 m voire plus, mais comme pour tous les petits calibres il sera sensible au vent.  Par contre à ces distances, elle sera rédhibitoire pour de plus gros animaux comme le chevreuil, par exemple puisqu’à 300 mètres, il ne produit en général plus que 780 Joules, et encore moins (358) à 500 mètres !

Donc, la .22-250 est essentiellement une cartouche varmint, mais elle est couramment utilisée sur les gibiers de poids légers à moyen, où son utilisation est autorisée. Cette cartouche convient parfaitement au gibier pesant jusqu'à 40 kg et jusqu'à un maximum de sécurité de 60 kg. L'ultra vélocité de cette .22 produit ses performances les plus spectaculaires à moins de 125 mètres, puis les performances de blessure diminuent progressivement. La .22-250 produit la mort la plus propre à moins de 275 mètres (au-dessus de la vitesse d’impact de 2600 ips).

Cette cartouche a développé une réputation d'effet de blessure à distance connu sous le nom de choc hydrostatique. Tout comme le calibre .308, le calibre .22-250 Rem s’appuie sur l’effet de choc hydrostatique qu’il crée lorsqu’il frappe une cible, les ondes de choc étant envoyées à travers les fluides corporels de la proie pour produire une blessure et une incapacité rapide à courte et moyenne distance. Les inconditionnels de la 22-250 Remington vous la conseilleront pour son efficacité, sa précision, sa fiabilité et sa facilité d'utilisation. Des qualités qui rendent également ce calibre idéal pour les chasseurs débutants.

En raison de sa vitesse initiale élevée, elle excelle par rapport aux cartouches de calibre .22 plus petites, telles que les .223 Remington et la 22 Hornet. Ce qui rend cette cartouche plus polyvalente que vous ne le pensez, c’est son énergie cinétique de 1 600 lb-pi en sortie de bouche. Avec de bonnes munitions, cette cartouche est une jumelle de balistique terminale avec les cartouches Winchester 30-30 et la 7.62x39mm. Mais, il est important de savoir qu'avec la .22-250 Remington, il est préférable d’utiliser des munitions à pointe fine, pour placer vos tirs directement du côté opposé à la cible, là où les organes vitaux sont situés au plus près de la peau de l’animal. Le calibre 22-250 propose une quarantaine de rechargements dont les plus classiques sont la Remington Powerlokt en 55 grains, et la Hornady en 60 grains. C’est donc un redoutable outil de régulation des prédateurs comme le renard et d’approche-affût pour les caprinés dans la limite énoncée plus haut.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

Sa capacité de tir à moyenne portée (mid-range) et son faible recul soulignent les avantages du 22-250 Remington. Plus bruyant, et avec un poil plus de recul que le 222 Rem, il est aussi un peu plus cher, et a la réputation de plus « bouffer » les canons, rançon qu’il faut souvent payer pour des vitesses élevées et surtout, si on l’utilise pour tirer beaucoup au stand de tir. En règle générale, il est conseillé d'éviter le tir rapide et prolongé, de laisser le canon refroidir entre les tirs et de surveiller son encrassement.

L’étui de la .22-250 peut contenir juste assez de poudre pour obtenir toutes les performances possibles des balles de calibre .224 sans avoir besoin d’être tirée dans des canons excessivement longs. Cet équilibre a fait du 22-250 un favori tant parmi les chasseurs varmint que chez les tireurs sportifs.

Avec un 22-250, vous pouvez faire monter en vitesse des balles plus légères jusqu'à 4000 fps, ce qui satisfait pleinement les amateurs de vitesse. Cependant, vous pouvez également ralentir les balles lourdes jusqu'à environ 3 400 fps, ce qui allonge la durée de vie du canon. Cette cartouche de calibre .224 est vraiment la seule .22 ultra-rapide qui a connu autant de succès.

Dans un fusil au canon doté en général d’un pas de rayures de 1.14, et malgré les progrès fait dans le domaine des poudres et des balles à fort coefficient balistique, l’arme supporte mal les balles « lourdes » au-dessus de 50-60 grains, et proscrit les balles légères au-dessous, ce qui oblige les chasseurs à tirer surtout des animaux de 40 à 60 kg dans la limite des 125 mètres, là où la balle sera encore dans les hautes vélocités (900m/s) et avec 1600 Joules d’énergie. Cependant, il faudra s’attendre à une réduction extrême de la précision si des cartouches plus grosses sont utilisées.

Ceci dit, une balle de 75 grains, telle que la Hornady ELD-Match, la Hornady A-Max (remplacée par la ELD-Match) avec un coefficient balistique supérieur à 0,400 et une vitesse de chargement à la main de 3 200 ips, a des facteurs de stabilité d’environ 1,2 et 1,5 lorsqu’elle est tirées dans des canons respectivement de 1: 9 et de 1: 8 pouces.

Sur 500 mètres, la trajectoire de ces balles plus lourdes est essentiellement identique à celle de la balle de 55 grains. Cependant, la déflection du vent pour la balle à 75 grains varie d’environ 1/2 pouce par tranche de 1,6 km/h (mille/h) de vitesse de vent de travers à 300 mètres, et à 2 pouces à 500 mètres et ce, par rapport à des valeurs d'environ 1 pouce et 3 pouces pour la balle à 55 grains ! Mais l'énergie cinétique de la balle de 75 grains à 300 mètres est environ 40% supérieure à celle d’une balle à 55 grains, et supérieure d'environ 80% à 500 mètres, rendant ainsi la balle à 75 grains appropriée pour le tir d’un cerf à environ 200 mètres.

 

Sa balistique en quelques chiffres :

Comparaison vitesse, énergie, tenue au vent avec ses concurrents

 

 

Autres balles :

 

Tableau comparatif avec d’autres calibres concurrents

 

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

L’intérêt pour le tir à moyenne et longue distance sur cibles a considérablement augmenté ces dernières années. Cela est dû en grande partie à la disponibilité de carabines de précision, de nouvelles cartouches optimisées pour le TLD et de superbes lunettes à puissance variable et à grossissement élevé avec des réticules balistiques très élaborés. Sans oublier les logiciels ou applications balistiques peu coûteux, des balles lourdes pour les calibres à coefficient balistique élevé et des canons personnalisés de qualité avec des pas de rayures conçus pour stabiliser au mieux les balles.

Des sociétés telles que Berger, Lapua, Sierra, Hornady, et d’autres proposent désormais des balles avec des coefficients balistiques supérieurs à 0,250. Ces balles offrent des trajectoires plus plates, une déviation réduite du vent et des énergies de frappe supérieures et qui peuvent produire des groupements sous le MOA, à plus de 300 mètres voire même sous le ½ MOA sur 200 mètres.

La plupart des carabines varmint à verrous de calibres .22 sont livrées d'usine avec des canons au pas de rayures relativement lents tels que les 1: 12 ou 1: 14 pouces qui conviennent davantage aux balles pesant jusqu’à environ 55 grains, et pouvant être utilisés avec des balles en plomb à gaine de cuivre.

Afin de garantir une stabilité adéquate avec des balles plus lourdes, un pas de rayures de 1: 9 ou 1: 8 pouces est requis. En effet, des balles à 55 grains telles que les Hornady V-Max avec un coefficient balistique d’environ 0,265, chargées à une vitesse de 3 680 fps ont un facteur de stabilité d’environ 0,8 à 1,10 lorsqu’elles sont tirées dans des canons au pas de 1: 14 ou 1: 12 pouces. La vitesse initiale des munitions d’usine variant d’environ 3 000 à plus de 4 000 pieds par seconde avec des coefficients balistiques d’environ 0,170 à 0,260.

Toutefois, au-delà de 300 mètres, l’énergie cinétique diminue rapidement et les effets combinés de la chute de balle et de la déflexion du vent réduisent les bonnes probabilités de toucher la cible avec grande précision. Afin d’aplatir la trajectoire, de minimiser la déviation du vent et de maximiser l’énergie de frappe à longue portée, il est nécessaire de disposer de balles épurées et de canons à rotation rapide qui les stabilisent. Ceci dit, la vitesse élevée (souvent supérieure à 1000m/s) augmente malheureusement l’usure du canon qui doit être d’excellente qualité.

 

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Cible avec 1 groupe de 5 tirs à 100 Yds. Il n’y a pratiquement qu’un trou !

 

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 300 yards

 

 

 

 

 

 

La balistique pour le tir sportif et le mid-range :

 

 

A titre d’exemples, voici des simulations balistiques tirées du simulateur du site gundata.org entre la .22-250, une .223 Rem et une .243 Win en 55 grains de manière à pouvoir opérer des comparaisons en conservant la même masse d’ogive, mais également avec une .243 Win en 95 grains, pour la différencier.

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .223 Rem

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage fait à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Nous voyons clairement apparaître que jusque 160 yards (146 m), le drop des deux cartouches est strictement identique et que la .22-250 Rem prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’aux 300 yds, et aussi que la balistique de la .22-250 Rem reste supérieure à la .223 Rem en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie. En tant que telle, la .22-.250 Rem. pourrait être chargée pour dupliquer voire même, surpasser la .223 Rem ! On notera quand même que vous ne pouvez pas vous attendre à ce que la vitesse plus élevée d'une balle plus légère compense complètement un faible coefficient balistique.

Enfin, pour tirer pleinement parti de la cartouche .223 Remington, il vaut mieux vous équiper d’un fusil avec un canon aux pas de rayures de 1: 7 ou de 1: 9 pouces et d’utiliser des balles de 55 grains et plus avec des coefficients balistiques supérieurs à 0.260.  Mais ceci n’est pas toujours vrai non plus !

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem.

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons qu’à masse égale, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste strictement identique sauf qu’au-delà de cette distance, la tendance va s’inverser puisque cette fois, le drop de la .243 Win prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais attention, la balistique de la .243 Win lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie.

 

Tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem 95gr

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons que malgré la masse supérieure (95 grains) de la .243 Win, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste de nouveau pratiquement identique sauf que la tendance va se ré-inverser puisque cette fois, le drop de la .22-250 Rem va reprendre dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais aussi que sa balistique lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne la vitesse. Par contre, la .243 Win lui sera toujours supérieure tout au long de sa trajectoire en ce qui concerne l’énergie déployée.

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

La cartouche .22-250 était le calibre de tir le plus utilisé pendant de très nombreuses années, jusqu'à ce que notamment, le 6 mm PPC la déclasse quelque peu. Ce calibre conçu en 1950 a connu un succès immédiat partout, et même chez les militaires puisqu’il s’est même substitué sous sa forme voisine (223 Rem) rapidement au 7,62 OTAN.

La .22-250 continue d'offrir d'excellentes performances et une bonne précision aux tireurs d'aujourd'hui. C'est une cartouche très polyvalente et flexible, offrant une gamme de poids de balles et de spectres de vélocité. Avec une bonne gamme de munitions d’usine, de composants de rechargement, et pas si chers, ce calibre sera encore disponible pendant de nombreuses années.

La plupart des propriétaires de .22-250 sont d’accord pour dire que leur cartouche convient parfaitement au gibier moyen et donc, certains chasseurs la trouveront sans doute idéale pour certaines espèces locales jusqu’à une portée supérieure à 300 mètres puisqu’il existe tout simplement des dizaines d’espèces de gibier dont le poids corporel rentre dans la catégorie des 40 kg.

Les tireurs, sportifs quant à eux, la trouveront redoutable de précision et pour s’en servir pour performer en mid-range à faible coût.

Comme beaucoup d'autres choses, son choix dépendra vraiment de ce que les gens préfèreront et de ce avec quoi ils se sentiront le plus à l'aise. Certains préfèreront une vitesse plus élevée ou moins de recul et une meilleure précision, d'autres une plus grande puissance de feu. Encore une fois, ce sera à vous de voir … Une chose est sûre, c’est que personne ne peut affirmer avec certitude qu’un calibre ou une arme est meilleur que l’autre, car tout se résume à une préférence personnelle.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 13:34
La 6mm Creedmoor
La 6mm Creedmoor

 

 

Chers lecteurs,

 

Nous voici déjà arrivé au moment si attendu par la plupart d’entre-nous … les vacances d’été ! C’est également le neuvième anniversaire de mon blog. Comme le temps passe vite ! Mille mercis aux quelques 2. 080. 000 visiteurs uniques qui se sont intéressés à mes articles et parmi lesquels de très nombreux lecteurs me sont restés fidèles.

Ceci dit,  nous entamons cette nouvelle saison avec un article dédié au TLD puisqu’il est axé sur le calibre 6mm Creedmoor et à sa cartouche tant appréciée par les meilleurs tireurs sportifs sur longue et très longue distance.

En vous souhaitant, d’ores et déjà, d’excellentes vacances, je vous donne rendez-vous vers la troisième semaine de septembre pour la reprise de mes publications.

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

Aux États-Unis et avant les années 1950, la cartouche 6 mm / .243 pouces qui était la plus populaire était probablement la 6 mm Lee Navy, mais lorsque le calibre .308 est arrivé en 1952, l'écrivain Warren Page commença à expérimenter pas mal de projets autour de cette cartouche, et c’est ainsi qu’il développa rapidement sa propre « Wildcat » en calibre .243 (6mm).

Winchester aimait ce que cette « Wildcat » pouvait accomplir et la légitimée en 1955. La même année, Remington lançait sa propre cartouche de 6 mm, connue sous le nom de .244 Rem., basée sur la .257 Roberts. La cartouche de Remington avait un léger avantage balistique sur la  .243, et une brève guerre technique et commerciale s’ensuivit pour la domination de ce calibre 6 mm, mais la .243 l’emporta.

Depuis lors, peu de challengers sont parvenus à vraiment concurrencer ce .243, si ne n’est le rapide .240 Wby. et le malheureux .243 WSSM ainsi d’ailleurs que des cartouches comme la 6XC et la 6x47 Lapua. Mais le .243 Win. a finalement toujours été le plus largement apprécié, du moins, auprès des chasseurs.

Concomitamment, le tir à longue distance a évolué de manière constante et pendant de nombreuses années, les cartouches de calibre .30 ont dominé le terrain puis, ce sont les cartouches de 6,5 mm qui sont arrivées et qui ont pris la relève.

En fait, l'histoire du 6 mm Creedmoor a débuté en 2007 lorsque John Snow, un éditorialiste de chez Outdoor Life, a décidé d'écrire un article sur la mise au point d'une nouvelle  cartouche « Wildcat ». Grand amateur de tir à longue distance, Snow était particulièrement intrigué par la nouvelle cartouche 6,5 mm Creedmoor qui venait de sortir cette année-là. Il s’est mis au travail et a finalement décidé d'utiliser un boîtier 6.5 Creedmoor rétreint pour savoir lui faire tirer des balles de 6 mm et ce, notamment, dans le but d’élaborer une nouvelle cartouche qui occasionnerait encore moins de recul que sa cartouche mère tout en étant capable d'une précision encore plus exceptionnelle à 1.000 Yards et plus !

Alors, il est allé rencontrer George Gardner de GA Precision pour lui demander d’élaborer et de construire un fusil autour de sa nouvelle idée de cartouche Creedmoor. Il est également allé chez Hornady pour leur demander de transformer la fameuse cartouche 6.5 Creedmoor en une 6mm et de la sortir en production manufacturée.

Surnommée à l'origine le « TROU de 6 mm », Snow a associé sa nouvelle cartouche à un fusil personnalisé fabriqué par George Gardner de GA Precision en 2009. Le fusil et la cartouche ont fonctionné à merveille et la chronique de Snow concernant l'ensemble du projet est parue en août 2010 dans un numéro de Outdoor Life .

Alors que Snow était passé à d’autres projets, l’histoire du 6mm Creedmoor  ne s’est pas arrêtée là. Quelques années plus tard, Gardner réfléchissait à d’autres idées sur la manière de gagner un avantage déterminant sur ses concurrents dans les compétitions TLD et s’est souvenu du projet sur lequel il avait travaillé avec Snow. Plusieurs années plus tard, Gardner décidera de construire un fusil de type AR-10 en 6 mm Creedmoor pour disputer les tous nouveaux concours matches de précision.

Cela coïncidait avec la montée d'une nouvelle discipline de tir dénommée PRS (Precision Rifle Series - Série de fusil de précision) qui est un sport de tir basé sur l’utilisation des carabines de précision et de longue portée dérivé du tir pratique où l’on cherche à trouver un équilibre entre vitesse et précision, avec des  cibles peuvant être à la fois à des distances connues (KD) et inconnues (UKD). Les distances de tir peuvent alors varier de 10 à 1000 mètres / yards.

 

Ici, un participant à un PRS aux USA

 

Les cartouches de 6 mm/6,5mm étaient déjà utilisées dans ces compétitions mais il apparaissait dès lors déterminant d’obtenir de nouveaux avantages concurrentiels grâce à une nouvelle cartouche qui tirerait encore plus plat tout en tenant sa trajectoire par grand vent sur très longue distance (1.000Yds) et qui n’occasionnerait qu’un léger recul. Un autre « plus » était qu’elle puisse être chargée avec des balles « pleine longueur » qui pourraient fonctionner dans une carabine type AR-10 comme celle de Gardner.

Ajoutons à cela le « feeling » d’Hornady de choisir le bon moment pour enfin lancer commercialement la fameuse 6 mm Creedmoor à ce moment précis, et tout coïncidait parfaitement avec la nouvelle demande de ces tireurs, et de fait, ce fut un succès immédiat !

En effet, lors des compétitions PRS, les tireurs doivent engager rapidement des cibles à différentes distances, à plus de 1000 mètres. La compétition est chronométrée, les coups du premier tour sont donc idéaux, mais ces compétitions ne se limitent pas aux groupes de tir de petite taille. Leur capacité à effectuer rapidement des suivis et à corriger rapidement les manquements est également extrêmement importante. Les tireurs ne peuvent pas non plus utiliser des balles plus grandes que celles tenant du calibre .308 ″ ou avec une vitesse supérieure à 3.200 pieds par seconde. Pour ces raisons, le tir plat, le calibre moyen, la grande vitesse, les cartouches à faible recul avec une longue durée de vie du canon ont un gros avantage déterminant dans ces compétitions. Tout ces critères « collaient » parfaitement avec l’utilisation d’une 6 mm Creedmoor et donc, la demande pour la nouvelle cartouche a augmenté rapidement au cours des années suivantes.

 

 

Ici, un tireur participant à une des épreuves PRS

 

Mais bien que le 6mm Creedmoor était devenu très populaire parmi les concurrents de PRS, finalement, il s’agissait d’un marché relativement petit comparé à l’entièreté de la population des tireurs américains. Cependant, la cartouche a également commencé à faire son petit bonhomme de chemin dans la communauté des chasseurs. En 2014, Gardner s'est engagé auprès de Hornady à effectuer un premier achat de 100.000 douilles de 6 mm Creedmoor afin de démarrer une production à plus grande échelle pour satisfaire le marché.

En 2017, vu la demande croissante aux États-Unis,  Ruger et Hornady ont décidé d’en tirer parti et ont aussi commencé à vendre des munitions matches et des balles de chasse ainsi que des fusils 6mm Creedmoor d'usine.

Depuis lors, la demande pour la nouvelle cartouche a continué d'augmenter et Browning, la Montana Rifle Company, Nosler et Savage se sont associées à Ruger pour la production de fusils en 6 mm Creedmoor.     En plus de Hornady, Barnes, Federal, Nosler et Remington produisent actuellement des munitions d'usine en 6 mm Creedmoor également. À la fin de 2018, Federal est aussi entré dans le monde du 6mm Creedmoor avec sa Berger Gold Medal à 105 grains. Berger a depuis longtemps une bonne réputation dans la fabrication de balles à haut coefficient balistique pour assurer des tirs précis à longue distance, et Federal est le seul grand fabricant à charger du Berger à ce jour.

En Europe, c’est avec un peu de retard que la cartouche et les carabines qui vont avec commencent à se commercialiser un peu plus et notamment, via le Ruger Rifle Precision. Mais il faut bien dire que dans nos contrées, il est rare de pouvoir tirer au-delà des 600 mètres, et qu’à ma connaissance, la discipline PRS n’existe toujours pas de manière officielle chez nous, même si quelques initiatives de « French Precision Series » ou autres, de-ci de-là, ont déjà vu le jour en Europe (voir liens vidéo en fin d’article).

 

 

Ici, une autre position de tir prise lors d’un PRS

 

 

La cartouche

 

 

 

Le 6.5 Creedmoor s'est fait un nom dans le tir de précision longue portée, mais le plus récent 6 mm Creedmoor lui donne tout son potentiel.

Pour rappel, le 6.5 Creedmoor est constitué d’un étui .30 rétreint à 6,5 mm (0,264 pouce) et avec un épaulement à 30 degrés repoussé de 0,022 pouce. En effet, en raison du rétrécissement du corps de l’étui, le fait de repousser l'épaule diminue le diamètre à la jonction corps / épaule de 0,002 pouce. Sinon, les deux douilles sont pratiquement identiques, y compris avec une longueur maximale de 1,920 pouces. Ce qui est plus court que celui du .243 Win., qui est de 2,045 pouces. Et donc, si vous adaptez une 6.5 Creedmoor pour des balles de 0,243 pouce,  vous obtiendrez une 6mm Creedmoor. Son étui peut contenir 50 grains d'eau, contre 54 grains pour la .243 Winchester, et 47 grains pour le 6 mm Lapua alors qu’il est plus court que celui de la .243 Winchester et que la 6 mm Remington.

En tout état de cause et déjà à la base, le concept de la Creedmoor consistait à optimiser la longueur de la cartouche pour une utilisation dans un fusil à action courte avec des balles lourdes et longues afin de  privilégier des tirs à longue portée. Le pas de la chambre, l'angle de la gorge et le taux de rayure sont également optimisés pour ces balles. Le taux de rayure recommandé par Hornady pour la 6 mm Creedmoor est de 1: 7,5 pouces. A titre d’exemple, le Ruger Precision utilise un taux de torsion de 1: 7,7 pouces.

Avant l’introduction des nouvelles catégories de balles de 6 mm, la charge utile pour le 6mm Creedmoor était de 42,2 grains de H4350 entraînant une 105 grains Berger hybride. Celle-ci reste une charge redoutable et très compétitive malgré l’arrivée de ses nouveaux concurrents.

Comme vu ci-dessus, les deux cartouches 6 mm et 6,5 Creedmoor ont les mêmes dimensions, à l'exception du diamètre du col et des modifications correspondantes apportées à l'épaulement. Les cartouches comportent une base d’étui de diamètre .473 pouce, similaires à la famille des cartouches .30-06 Sprg.

La 6 mm Creedmoor a une longueur totale de cartouche de 2,7 pouces, ce qui l’optimise aussi pour s’adapter à une action courte standard, mais qui reste plus longue que celle de la .243. En effet, l’étui du 6mm Creedmoor  est de 0,125 pouce plus court que celui du .243 Win, mais la longueur totale de la cartouche est plus longue de 0,09 pouce.

La pente de l'épaulement à 30 degrés est un avantage car cela permet de préserver une meilleure durée de vie du laiton que ceux des .243 Win. et autres .308 Win qui sont moins profonds. Au surplus, les cartouches dotées de cette forme sont très efficaces puisqu’elles permettent d’atteindre des vitesses équivalentes à celles d’autres cartouches capables de contenir plus de poudre. En outre, le long cou de la 6 mm Creedmoor offre une grande surface pour contenir la balle, procurant ainsi une bonne et constante tension du collet et donc, in fine, une précision accrue. Sachez qu’en fonction de la poudre, du poids de la balle et de la longueur du canon, la 6mm Creedmoor offre une vitesse initiale en sortie de bouche allant de 3 000 pieds / seconde à 3 150 pieds / sec. À ces vitesses, vous obtenez non seulement une excellente performance, mais aussi une bonne durée de vie du canon.

 

Ses dimensions (1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques (1 " = 25,4mm) :

 

 

Les deux cartouches sont très similaires dans de nombreux aspects. Elles comportent toutes les deux une balle de même calibre et ont des diamètres de base et de collet presque identiques. Elles diffèrent par la longueur de leur étui, alors que celui de la .243 est légèrement plus long.  La 6 mm Creedmoor utilise souvent des balles plus longues, mais plus stables sur le plan aérodynamique. La capacité de l’étui diffère légèrement entre ces deux cartouches, mais elles ne seront pas chargées avec leur quantité maximale de poudre.

 

Comparaison des 6mm et 6,5 Creedmoor avec une .308 Win.

 

De gauche à droite, une 6 mm BR, .243 Win, 6 × 47 Lapua, 6mm Creedmoor,

6,5 × 47 Lapua, 6,5 Creedmoor, 260 Remington et une .308 Winchester

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Hornady Match Ammunition

 

 

Ici, une boîte de Barnes Precision Match en 112 grains

 

Ici, une boîte de Hornady Match en 108 grains

 

 

 

Les données de rechargement que l’on peut trouver en ligne pour une 108 grains ELD parlent de plusieurs poudres qui seraient appropriées. Il s’agit de la H4350, Varget et Reloader 22 qui restent des choix très populaires. Par exemple, la charge minimale indiquée serait pour de 35,4 grains pour la  H4350 et qui serait suffisante pour obtenir la valeur de 2700 ips. La charge maximale serait de 40,7 grains pour obtenir 3000 ips. Quoi qu’il en soit, je conseille vivement à tous les « reloaders » de consulter et respecter scrupuleusement les tables de rechargement et surtout, de bien respecter les coefficients et les limites de sécurité que les fabricants préconisent. Il faut d’autant être prudent que la littérature sur le sujet se veut encore plutôt rare, prenez impérativement l’avis de votre armurier avant de tenter quoi que ce soit !

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

En matière de balistique, le calibre 6mm Creedmoor est le roi du peloton et est d’ailleurs utilisé par la plupart des 50 meilleurs tireurs PRS. C’est tout dire !

Dans le PRS, les tireurs se battent contre la montre pour toucher des cibles en acier qui valent différentes valeurs en points, selon leur difficulté. Chaque tireur aspire être au top dès les tirs du premier tour qui valent généralement plus de points, mais la capacité de repérer les « manqués » et d’apporter des corrections rapides aux coups suivants est une compétence qui sépare les meilleurs concurrents du reste du peloton. En fonction du temps imparti, il peut s'agir d'un sprint pour engager toutes les cibles en une étape, ce qui peut faire varier les distances de tir de 10 à 1.300 mètres ! Un tir rapide est donc indispensable. Une bonne cartouche « PRS » se doit de tirer à plat, de ne pas frapper le tireur avec son recul, d’utiliser des balles avec un très bon BC et qui savent contrer le vent, et de ne pas avoir une vitesse initiale supérieure à 3 200 fps afin de ne pas endommager les cibles. Les 6mm Creedmoor font donc parfaitement l'affaire pour tout cela.

 

Ici, un tireur participant aux épreuves PRS

 

En effet, la 6 mm Creedmoor est une cartouche qui a été conçue pour un objectif spécifique: le tir de précision à très longue distance. Le but pour ce calibre étant de lancer une balle longue, aérodynamique et lourde à une vitesse suffisante que pour pouvoir rester supersonique bien au-delà des 1.000Yds, raison pour laquelle, elle est actuellement la plus populaire de la compétition Precision Rifle Series.

L'offre initiale de Hornady est une ELD-Match de 108 gr. qui a un BC impressionnant de 0,536 (G1), un SD de .261 avec une vitesse correspondant à 2960 ips en sortie de bouche d’un canon de 24 pouces. C'est donc une balle de 6 mm très lourde, mais qui a une longueur totale qui fonctionne néanmoins correctement dans des carabines à actions courtes.

Voici ses valeurs de vitesse et d'énergie à partir d'un canon de 24 pouces (vitesse en pieds/sec / énergie) :

2960 i / s en sortie de bouche, 2786 pieds/sec. à 100 Yds, 2618 pieds / s. à 200 Yds, 2456 pieds / s. à 300 Yds, 2299 pieds / s. à 400 Yds, 2148 pieds / s. à 500 Yds.

Voici les chiffres de la trajectoire (drop) de la Hornady pour cette charge avec zérotage à 200Yds :

+1,5" à 100 Yds, 0 à 200 Yds, -6,6 " à 300 Yds, -18,9" à 400 Yds, -37,8 "à 500 Yds.

Cette cartouche place donc le nouveau 6 mm Creedmoor bien au-dessus de toutes les cartouches de 6 mm telles que les .243 Winchester, 6 mm BR, 6 mm Rem., 6 mm Lapua, 6 mm PPC, 6x47 mm, etc.

 

Quelle est la donc sa différence avec la 6,5 mm Creedmoor ?

Le 6,5 mm Creedmoor (presque identique à la .260 Remington mais avec un étui contenant 5 % de poudre en moins) est probablement la cartouche la plus utilisée et la plus populaire aux USA, mais faut savoir qu’il existe depuis plus de 11 ans. Quant à la 6 mm Creedmoor, elle existe depuis près d'une décennie également puisque John Snow, George Gardner et Hornady lui ont permis de voir le jour un ou deux ans par après.

Les deux cartouches Creedmoor ont les mêmes dimensions à l'exception du diamètre du col et des modifications correspondantes apportées à l'épaulement. La longueur totale maximale est de 2.8 pouces (SAAMI), mais si un chargeur devait être utilisé alors, une longueur de 2,830 pouces est à peu près optimale pour obtenir une alimentation sans problème. Et comme nous l’avons vu, la 6,5 mm Creedmoor  a été conçue pour une précision à longue portée, et bien au-delà des 1 000 Yds. Ce principe s’applique encore plus à la 6 mm Creedmoor. Mais, si sur le papier, la 6.5 Creedmoor bat légèrement sa progéniture vers les 300 à 500mètres, un bon tireur qui sait lire et corriger le vent et le « mirage » pourra faire des matches tant avec l'une que l'autre.

 

Ici, la comparaison de la 6.5 Creedmoor avec la 6mm Creedmoor

 

Alors que l'un des points forts du 6,5 mm Creedmoor, lorsqu'il est couplé à des balles aérodynamiques, est qu’il reste supersonique sur une grande distance sans frapper trop dur l’épaule du tireur, le 6 mm Creedmoor, lorsqu'il est également associé à une balle aérodynamique, offre aussi des performances tout à fait exceptionnelles puisqu’il reste stable sur une distance encore plus longue, mais à cette différence près, c’est qu’il occasionne un recul plus faible que son aîné.

 

Mais pourquoi opter pour le 6 mm Creedmoor plutôt que pour le  6,5 Creedmoor ?

La réponse est simple: pour sa vitesse ! Bien sûr, le recul le plus faible est un vrai avantage lorsque vous êtes un tireur compétitif et/ou que vous essayez de repérer vos propres coups, mais ce n’est pas le seul car la balistique terminale s’améliore aussi avec la vitesse. En effet, si la balle vole plus vite, la gravité a moins de temps pour agir sur elle. L’accélération de la gravité fait tomber une balle au sol à une cadence de 32 ips. Donc, plus le vol est long, plus la chute est rapide, et plus la courbe de trajectoire devient raide. Avec une courbe de trajectoire (drop) plus nette avec une balle plus rapide, la marge d'erreur devient un peu moins grande à une distance donnée. Exemple, sur le site Internet de Hornady, on peut voir que la 6 mm Creedmoor 108 grains est 250 ips plus rapide que la 6.5 Creedmoor avec sa charge de 140 grains.

Cela signifie que la 6 mm Creedmoor se déplace à plus de 100 Yds / sec  plus rapidement que la balle de 6,5 lorsqu’elle sort de bouche. La 6.5 voyage à 721 yds dans sa première seconde de vol tandis que le 6mm couvre 773 Yds. Par conséquent, si on pouvait faire coïncider le coefficient balistique pour qu’il soit identique aux deux cartouches, la 6 mm couvrirait 804 Yds dans la première seconde et donc, il y a un avantage balistique pour le 6mm, du moins en trajectoire. CQFD !

Dans les compétitions de TLD, la capacité du tireur est bien plus importante que de légères différences dans les performances de différentes cartouches. Mais, même les meilleurs tireurs seront mieux en mesure de remporter la palme lorsqu'ils tirent des cartouches encore plus faciles à tirer et donc, bien que les deux cartouches correspondent à cette description, le recul plus léger de la 6 mm Creedmoor lui confère une longueur d’avance. On ne peut évidemment pas en dire autant non plus des cartouches similaires basées sur la .308 Win comme les .260 Rem et les .243 Win.

En fait, les deux calibres Creedmoor sont facilement capables d’une précision inférieure à une 1/2 minute. Le facteur limitant en précision avec les deux cartouches sera l’atmosphère (par exemple, le vent) et la compétence du tireur.  Lorsque vous engagez plusieurs cibles à des distances variables, la trajectoire plus plate permettra quand même des ajustements plus rapides ou des corrections plus petites.

Pour le tir à extrême longue portée, les 6mm et 6.5 Creedmoor maintiennent un vol supersonique sur des distances importantes puisque les deux cartouches entreront dans des vitesses subsoniques à environ 1.450-1.500Yds, en fonction de l’atmosphère dans laquelle elles évoluront. La portée étendue à laquelle les deux cartouches restent supersoniques contribue à améliorer la stabilité des balles et une probabilité accrue de toucher à des distances supérieures à 1.000 mètres.

La vitesse plus élevée de la balle de 6 mm signifie que le temps pendant lequel le vent lui transmettra une force est moindre. Cependant, en raison de la masse plus lourde et du coefficient balistique plus élevé de la balle de 6,5 mm, la force nécessaire pour déplacer le projectile sera plus élevée.

Les 6 mm et 6,5 mm Creedmoor sont tous deux des cartouches à recul léger et faciles à tirer. Cela dit, le 6mm Creedmoor a nettement moins de recul. En l'absence de frein de bouche, l'un des avantages du recul inférieur est qu'il peut être plus facile pour repérer le tracé de la balle et de revenir plus rapidement à la cible. Mais, l'énergie cinétique est l'un des critères où le 6.5 Creedmoor a un net avantage (il augmente de près de 20% à 1000 Yds par rapport au 6mm) et de fait, c’est toujours mieux d’avoir plus d’énergie à la cible.

Pour obtenir des performances optimales, il est essentiel que la balle soit totalement stabilisée en vol. La stabilité de la balle dépend principalement de la vitesse à laquelle elle tourne. Le nombre de tours par minute d'une balle dépend de la vitesse et du pas de rayure du canon. Plus la vitesse est élevée et plus la rotation est rapide, plus le nombre de tours par minute est élevé. Généralement, le pas de rayure du canon est pratiquement plus important que la vitesse puisqu'un léger changement de torsion peut avoir des effets beaucoup plus importants sur la stabilité, alors que des changements assez importants de la vitesse sont généralement nécessaires pour avoir un effet sur la stabilité.

Pour le 6.5 Creedmoor, pratiquement tous les fusils classiques utilisent un taux de torsion de 1 à 8 et pratiquement toutes les balles ordinaires sont parfaitement stables dans un tube de torsion de 1 à 8. Inversement, le taux de torsion et la stabilité sont des facteurs extrêmement importants à prendre en compte dans le 6 mm Creedmoor. Les canons de 6mm Creedmoor ont tendance à être entre 1 et 7 et éventuellement de 1 à 8.

Enfin, last but not least, on ne peut pas non plus ignorer le côté financier de l'équation. Lorsque le 6.5 Creedmoor a été développé, l’un de ses objectifs explicites était de pouvoir lui permettre d’être rechargé facilement et à moindre coût. Fort heureusement, ces caractéristiques ont aussi été transmises au 6mm Creedmoor bien qu’en Europe, le prix de ses douilles est plutôt plus élevé que celles des autres calibres matches, mais la poudre et les autres composants sont plutôt facilement disponibles. D’autre part, la durée de vie du canon est l’un des domaines dans lesquels le 6.5 Creedmoor est clairement gagnant. Les calibres de 6 mm, y compris le 6 mm Creedmoor, ont généralement une durée de vie du canon plus courte que les autres calibres.

Pour conclure, on dira que le 6 mm Creedmoor offre un net avantage sur le Creedmoor de 6.5 en ce qui concerne la planéité de la trajectoire tout en offrant une dérive du vent tout aussi minimale et c’est particulièrement vrai comparé à d’autres cartouches telles que la .308 Winchester, par exemple. Mais, il n’offre pas les mêmes niveaux d’énergie cinétique que le 6,5. Toutefois, les avantages balistiques du 6 mm Creedmoor se font au prix d’une plus faible durée de vie du canon.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

Dans l’ensemble, c’est une munition exceptionnelle pour la chasse au nuisible, le gibier moyen à gros, comme le cerf et tout à fait adaptée au « Long Range Hunting ». Mais comme il s’agit d’une cartouche relativement nouvelle, la plupart des chasseurs ne connaissent probablement pas grand chose de la 6 mm Creedmoor pour l’instant puisqu’elle est n’est apparue au sein du monde de la chasse qu’au cours des deux dernières années.

De plus, du moins en Europe, il n'y a pas encore beaucoup de munitions de chasse d'usine sorties pour la 6 mm Creedmoor à l'heure actuelle. La liste s'allonge lentement, mais il n'y a actuellement que des 103 grains ELD-X de Hornady, les Barnes LRX BT à 95 grains et les Hornady V-Max à 87 grains, mais il semble qu’il y ait de plus en plus de munitions 6mm pour la chasse qui arrivent sur le marché chaque année. Ceci dit, la gamme de munitions Hornady's Precision Hunter est spécialement conçue pour la chasse à longue portée. Pour cette raison, elle associe une précision incroyable à des performances constantes sur une large gamme de vitesses d’impact.

La cartouche est également bien adaptée aux reloaders manuels, et comme elle utilise les mêmes balles de calibre .243 comme les .243 Winchester et les 6x47 mm Lapua, ils n’auront aucune difficultés à préparer leurs propres cartouches de chasse. Étant donné que ces deux cartouches sont des jumelles balistiques virtuelles, elles conviennent toutes deux pour chasser le même type de gibier dans les mêmes conditions. Fondamentalement, les chasseurs peuvent tirer les mêmes gibiers avec le 6 mm Creedmoor qu’ils pourraient le faire avec le .243Winchester. En effet,  le 6 mm Creedmoor est également une très bonne cartouche de chasse au varmint et de chasse au gros gibier. Mais comparativement, avec l’avantage qu’elle occasionne un recul plus faible et comme chacun sait, quelque soit le tireur, il tirera toujours mieux avec un recul plus doux.

Les chasseurs longue distance trouveront dans le commerce la nouvelle balle 6mm Creedmoor ELD-X 103 grains tout à fait adaptée aux gibiers de petite et moyenne taille. Le seuil de vélocité limite pour l'expansion sur les balles ELD-X est de 1 600 pieds / s, ce qui, à une vitesse initiale de 3 050 pieds / s, vous permet d'atteindre les 900 mètres (au niveau de la mer) ou près de 1.100 mètres à 5 000 pieds d'altitude. Mais aussi la balle ELD Match à 108 grains qui a un profil similaire à celui de la ELD-X à 103 grains, mais comme elle n’est pas conçue pour une expansion contrôlée, elle a une gaine beaucoup plus fine qui laisse plus de place pour le plomb, et donc un poids accru.

En plus de leurs munitions destinées au tir de compétition, Nosler a récemment commencé à offrir des munitions de chasse en 6 mm Creedmoor chargées en usine pour les chasseurs qui souhaitent une balle en pleine expansion et qui fournit rapidement une énorme quantité d’énergie au gibier. Ces munitions sont destinées à la chasse au cerf et au porc sauvage.

Barnes propose également sa ligne de munitions VOR-TX LR. Il s'agit d'un autre excellent choix pour les chasseurs de gros gibier qui veulent la meilleure performance possible à longue portée.

 

Ici, une belle carabine en situation de « Long Range Hunting »

 

Pour conclure, on dira que la 6 mm Creedmoor est une cartouche très bien conçue, mais n’offrant que des avantages relativement marginaux par rapport à des cartouches similaires, et alors que les tireurs de compétition ont rapidement adopté cette nouvelle cartouche, les petits avantages qu’elle offre par rapport aux calibres plus établis tels que celui de la .243 Winchester ne sont probablement pas assez importants pour justifier son remplacement par la plupart des chasseurs. Ceci dit, l'avenir devrait quand même être prometteur pour cette nouvelle 6 mm Creedmoor dans le monde de la chasse.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Souvenez-vous que l’intérêt suscité par le Lapua 6,5x47 en TLD a permis également le début du jeune 6,5 Creedmoor  qui avait rapidement remporté un grand succès. En effet, il y a environ 10 ans, lorsque Hornady a présenté le 6.5 Creedmoor, les tireurs de compétition TLD ont vite pris bonne note du fait qu'il reproduisait la vélocité dudit Lapua 6,5x47, mais cette cartouche et sa progéniture étaient déjà devenues les favorites de ceux qui s'efforçaient de placer leurs balles « dans le même trou » à grande distance. Aujourd’hui, la 6mm Creedmoor rentre en concurrence directe avec ces excellentes cartouches, et on pourrait même dire que dans certaines circonstances telles que sur une très longue distance ou par vent plus fort, elle arrive à encore faire mieux ! En effet, il n'est pas rare d'obtenir une précision de ¼ de MOA à 100 Yds voire même, d’un 1/2 MOA à 300 Yds et de rester sous le MOA à 500 Yards !

 

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Cible avec 1 groupe de 5 tirs à 100 Yds

Ici, il n’y a pratiquement qu’un trou !

 

 

Autres cartons toujours réalisés à 100Yds

 

 

 

 

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés avec des cartouches d’usine.

 

Ici c’était à 300 Yds par vent latéral !

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

A titre d’exemples, la balle Hornady 108gr ELD Match possède un BC (G1) de 0,536 et la ELD-X 103gr est de 0,512. Avec des vitesses initiales de 2 960 ips et de 3 050 ips, ce sont des cartouches de tir à plat, de très bonne tenue au vent, de recul léger et de grande précision.

Le coefficient balistique d'une balle indique simplement à quel point la balle résiste à la traînée et à la dérive du vent. Il sera donc plus facile de grouper les tirs à longue distance avec des balles à BC (G1-G7) élevés. Plus le coefficient est élevé, au plus la balle résiste mieux à ces facteurs externes.

La vitesse est importante car plus la balle atteint rapidement la cible, moins les facteurs environnementaux ont de temps pour influer négativement sa trajectoire de vol. Comme nous l'avons vu, il est également important que la vitesse affecte les autres composants du vol d'une balle et la réaction à l'impact. Mais avec trop de vitesse,  un pas de rayure incorrect ou une mauvaise conception de la balle, et vous obtiendrez un vol instable avec beaucoup d’imprécision à la cible.

 

Ici, un tableau balistique d’une 103 grains Hornady ELD-X

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 200 à 1000 Yards pour un zérotage à 100Yds)

 

 

Lorsque nous parlons de trajectoire, nous ne parlons que d’élévation et de la chute d’une balle à mesure qu’elle descend. La trajectoire de vol d'une balle présente un arc caractéristique (drop), la balle tombant en altitude avec le temps. La trajectoire d'une balle dépend en grande partie de ses caractéristiques, ainsi que de ses caractéristiques environnementales. La vitesse et le BC ont tous deux une incidence sur la trajectoire de la balle, tout comme la gravité et la résistance au vent.

La plupart des tireurs d'élite / chasseurs souhaitent une cartouche de tir à plat. Et par plat, on entend une diminution moins prononcée de l'altitude dans le temps. Cette trajectoire plus aisée facilite l’ajustement des tirs sur des distances plus longues et devrait, en théorie, rendre l’exactitude et la précision plus réalisables.

 

Ici, les drops comparatifs de trois 6 mm Creedmoor avec trois .243Win.

Information tirée du site sniper country

 

Ici, sur une trajectoire à longue distance (700 Yds), nous observons le même maintien des deux calibres à courte distance, en particulier jusqu’à 300 à 400 Yds. Puis, de 500 à 700 Yds, nous commençons à voir les cartouches de 6 mm Creedmoor se séparer du reste du peloton en ce qui concerne la planéité.

À 500 Yds, la chute des balles 6 mm Creedmoor indiquent en moyenne 2,5 pouces de moins et cet écart s’élargit davantage à 600 et 700 Yds avec une différence moyenne de 7,3 pouces et 15,8 pouces.

Cette différence est encore plus perceptible à plus de 500 Yds lorsque nous éliminons les balles plus légères de .243 et que nous examinons simplement les balles de .243 et les 6mm de poids de balle similaires. À ce stade, la différence moyenne aux plages 500, 600 et 700 Yds est respectivement de 7,8, 16 et 28 pouces.

Il est également important de noter que même à 700 Yds, les munitions de 6 mm Creedmoor ont toujours une chute de balle supérieure à 100 pouces, ce qui est assez impressionnant. Mais, in fine et sur moyenne distance, il n’y a qu’une différence de 0,6 pouce entre les balles .243 Winchester et 6mm Creedmoor. Les balles de 6 mm Creedmoor ont une chute de balle moyenne de 11 pouces et les balles de .243 Win ont une moyenne de 11,6 pouces.

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le 6 mm Creedmoor est arrivé face à une concurrence féroce sur le marché américain, et un peu plus tardivement sur le marché européen, mais je pense qu’il mérite bien son succès. Qu'il s'agisse de groupes serrés à longue ou très longue distance ou de chasse à longue distance, il offre de nombreuses possibilités qui ne peuvent que retenir notre attention. C’est une cartouche de varmint et de prédateur impressionnante, mais celle-ci remplira tout aussi bien le même rôle que ses concurrents en ce qui concerne le gros gibier.

Si vous prospectez le marché pour un acheter un calibre 6mm, vous devriez sérieusement envisager le 6mm Creedmoor. Si vous souhaitez vous adonner au tir extrême et aux concours comme le PRS, et en particulier, avec un fusil à plate-forme AR-10, alors le 6 mm Creedmoor sera probablement le choix parfait pour vous !

Maintenant, si vous avez besoin d'un fusil de chasse à relativement faible recul pour tirer du gibier à courte ou moyenne distance mais qui reste néanmoins précis alors, un .243 Win, un 6mm Rem traditionnel ou encore un  240 Wby. Mag resteront toujours d’autres excellentes options car il y a beaucoup plus de fusils et de charges d’usine disponibles que pour le nouveau calibre étudié dans cet article. Toutefois, si vous souhaitez utiliser une balle plus efficace, plus plate sur très longue distance afin de minimiser sa chute et les écarts de dispersion tout en maximisant l’énergie déployée pour pratiquer le « Long Range Hunting », vous devriez alors peut-être opter pour le nouveau 6 mm Creedmoor. Celle-ci pourrait bien devenir la cartouche de 6 mm la plus populaire du futur !

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://saami.org/wp-content/uploads/2018/04/6mm-Creedmoor.pdf

https://bulletin.accurateshooter.com/tag/6mm-creedmoor/

https://sierrabullets.files.wordpress.com/2018/06/6mm-creedmoor5updated.pdf

https://sierrabulletsblog.com/2017/10/03/sierra-bullets-6mm6-5-creedmoor-load-data/

https://load-data.nosler.com/load-data/6mm-creedmoor/

https://rifleshooter.com/2016/08/6-creedmoor-review-and-load-development/

https://rifleshooter.com/2016/08/6-creedmoor-review-and-load-development/

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=102

https://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2014/11/6mm-Creeedmoor-V3-.pdf

https://www.precisionrifleseries.com/

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=KkCuUbU94XQ

https://www.youtube.com/watch?v=13oFUQFJA1k

https://www.youtube.com/watch?v=V2NbUD401a4

https://www.youtube.com/watch?v=Kp5M9LGkJts

https://www.youtube.com/watch?v=jKytruGck9c

https://www.youtube.com/watch?v=snkrc4U72OQ

https://www.youtube.com/watch?v=csnXlkLbN1U

https://www.youtube.com/watch?v=d5SmvtHPaeg

https://www.youtube.com/watch?v=nzY2GjdSnyQ&list=PLTwSISMFpYMQHW-25bVVO-rBNLWM3b6dg

https://www.youtube.com/watch?v=i9l7pMG5qCk

https://www.youtube.com/watch?v=XTlc0LSuprg

https://www.youtube.com/watch?v=GRZFiPl5mv0

https://www.youtube.com/watch?v=13oFUQFJA1k

 

 

 

 

 

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 14:50
La .284 Winchester

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Me revoilà avec un article qui est axé sur l’étude de la .284 Winchester qui, je vous l’avoue, m’a été demandé par un fidèle lecteur qui est tireur sportif sur PGM et qui vient de faire l’acquisition d’un canon custom dans ce calibre. Néanmoins, il n’y avait pas que Didier qui me l’avait suggéré. En effet, pas mal d’autres tireurs m’avaient fait part de leur enthousiasme pour en savoir plus sur ce calibre qui connaît un réel regain d’intérêt depuis un  bout de temps et singulièrement, chez les tireurs pratiquant le TLD.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

 

C’est en 1963 que Winchester introduisit  le .284. L’intension première de la firme était de dupliquer la balistique de la .270 Winchester avec une cartouche suffisamment courte que pour fonctionner avec le fusil à levier d'action (lever action rifle) modèle 88 et les fusils semi-automatiques modèle 100 de Winchester.

 

 

La Winchester Model 88 lever action rifle en .284 Winchester

 

 

Ici, une Winchester Model 100 en .284 Win. 1963

 

 

Qu’elle soit tirée avec une carabine standard modèle 88 ou des fusils à action courte, tous équipés de canons de 22 ”,  la .284 Winchester est une cartouche extrêmement efficace pour le gibier de taille moyenne.

Le but de Winchester était parallèle à la création du .300 WSM avec une chambre courte qui correspond essentiellement à la balistique du calibre .300 Winchester Magnum,  mais aussi d’apporter une alternative  à la cartouche .280 Remington. Pour atteindre cet objectif, l’étui avait besoin d'une plus grande capacité de poudre que celle qui était auparavant disponible dans les « non magnum » à action courte.

Le résultat final était une cartouche de 7 mm ayant à peu près la même longueur totale que le .308 Winchester, mais avec un corps plus large qui donne une capacité de poudre plus ou moins identique à celle des modèles .270 Winchester et .280 Remington.

On peut facilement la définir comme étant la « progéniture » des calibres Short Magnum, aujourd'hui à la mode, car elle possède un étui court et « trapu »  mais aussi très volumineux. Les Américains l’appellent "Rimmles rebated".  Cette astuce simple permet d’utiliser des actions et des obturateurs standards (comme ceux du  .308, de la .270 et du 30.06, par exemple), tout en gardant la longueur de la munition.

À une certaine époque, le Savage Model 99 était disponible à .284 Winchester et Ruger a produit une petite série de fusils Ruger M77 dans ce calibre également, tandis qu' Ultra Light Arms fabriquait dès lors plus de fusils Model 20 en .284 Winchester que tous les autres calibres combinés.

Le concept de cartouche courte et sa capacité à être utilisée dans des armes à feu plus légères seraient finalement devenus populaires dans les années 1970.

Hélas, le .284 a été un flop commercial dès le début. Aujourd'hui, il est presque devenu obsolète, et est remplacé dans la plupart des cas par le 7mm-08 Remington, notamment chez les chasseurs.

Curieusement, le plus grand intérêt pour le .284 est apparu chez les « wildcatters » et les « reloders » qui l’ont joyeusement repris comme base pour réaliser leurs nouvelles cartouches « wilcats » ou pour l’améliorer à leur bonne convenance. La plus connue des .284 « wildcats » est peut-être la .25-284. Cette cartouche reproduit les performances d'une .25-06.

De nos jours, la cartouche de .284 la plus populaire, la plus utile, et qui a connu une recrudescence en raison de l’intérêt des tireurs de compétition à longue portée (TLD de la classe F, par exemple) n'est plus du tout la cartouche originale, mais plutôt la cartouche Norma 6.5mm-284 qui a déjà fait l’objet d’un de mes articles, il y a peu.

 

 

La cartouche

 

 

 

 

Les techniciens de  chez Winchester, à la suite du grand succès remporté par Remington (l'éternel concurrent) avec ses carabines semi-automatiques et à levier (modèles 742 et 760), ont conçu les carabines modèles 100 et 88 pour qu'elles les rivalisent. Ils étaient convaincus qu'ils réussiraient à susciter la curiosité et l’intérêt des chasseurs Nord-américains en leur proposant ce nouveau calibre .284 Winchester. Malheureusement,  il n’a jamais eu le succès espéré et mérité. Néanmoins, le .284 Winchester était, et est toujours un excellent calibre pour le type d’arme dans lequel il avait été proposé à l’origine. Il est suffisamment puissant,  précis tout en générant un recul assez contenu.

L’idée était de fourrer beaucoup de poudre dans un étui de petite taille. À cette fin, les ingénieurs de chez Winchester l’ont doté d’un corps large et d’un épaulement à 35 degrés ! Certaines personnes prétendent d’ailleurs que le boîtier pointu, aux épaules de 35 °,  pose des problèmes d’alimentation. C'est en effet, l'épaulement le plus raide jamais produit par un fabricant de cartouches américain mais personnellement, je ne me prononcerai pas sur cette question.  Ainsi, selon les normes, la .284 contient 66,0 grains de poudre. Cela se rapproche de la capacité de 68,6 grains de la .280 Remington, de la capacité de 67,4 de la .270 Winchester, et du volume de 68,0 grains de la 30-06. Au final, le résultat fut une cartouche de 7 mm avec à peu près la même longueur totale que la .308 Winchester. La limite de pression SAAMI pour la .284 Winchester est fixée à 56 000 PSI.

Concrètement, le 284 Winchester n’est ni meilleur, ni pire que le Mauser 7x57mm, le .280 Remington ou le 7mm-08 Remington, mais il optimise à bien des égards la plate-forme de 7 mm à action courte, et honnêtement à ce titre, la .284 pourrait être considérée comme l'une des meilleures cartouches mises en œuvre.

À l’origine, la  .284  n’était proposée que par la société mère et en deux chargements commerciaux: l’un avec une balle Power Point de 125 grains (à 957 m / s) et l’autre avec une balle en PP de 150 grains (872 m / s). Plus tard (1985) et sans explication particulière, la production de cartouches de 125 grains a été interrompue. Aujourd'hui, la seule munition d'origine de 150 grains (X2842) n'est malheureusement plus toujours facilement disponible sur le marché.

La longueur de l’étui de la .284 mesure 2.170 ” (55.12mm) alors que la .308 Winchester est plus courte et mesure 51 mm (2 ”), à l’instar de son calibre frère, le 7mm08. Bien que la .284 puisse dépasser confortablement les vitesses de la 7mm08, et atteindre son potentiel maximum,  il reste toutefois limité par le volume de poudre enfermé dans ses 71mm pour pouvoir fonctionner dans des actions courtes avec leurs magasins d’une longueur moyenne de 72 mm.

 

Ses dimensions

 

 

 

 

 

 

Ici de G à D, une .308Win, une .284Win, et une 7mm Rem. Mag.

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, la cartouche avec des ogives de 168 grains

 

 

Ici, une boîte Soft Point BT 139 grains

 

 

Ici, une boîte de Power-Point en 150 grains

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Winchester a atteint son objectif de conception consistant à faire correspondre la balistique de .270 Winchester dans une autre cartouche à action courte. Comme nous l’avons vu, il y avait à l’origine deux charges d’usine pour la .284 Win. L'une d’entre-elles  utilisait une balle Power Point 125 grains volant à 3 200 pieds / seconde avec une énergie initiale en sortie de bouche de 2 840 lb-pi. L'autre charge utilisait une balle Power Point de 150 grains se déplaçant à 2 900 pieds / s avec une énergie de 2 800 pieds-livres.

La trajectoire de plus de 300 mètres était identique à celle de la balle de .270 en 150 grains. La balistique démontre clairement que la .284 est aussi bonne que celle de la .280 Remington et ce, avec le même type et poids d'ogive. Sauf que les fusils de montagne, courts, pratiques et pour lesquels la .284 semble la mieux adaptée sont malheureusement rarement montés d'origine avec des canons de 24 ".

Aujourd'hui, les seules munitions chargées en usine sont les Power Point Winchester 150 grains qui lancent une ogive de 150 grains à 2860 ips.  En effet, Olin continue de produire cette .284 donnant des vitesses d’environ 2720 pieds / s dans des canons de 22 pouces. Ces munitions sont soumises à de légères pressions pour éviter les difficultés d’extraction dans le fusil à levier et à chargement automatique.

La Power-Point 150 grains est un projectile rapide occasionnant de larges blessures et meurtrières au gibier  situé à distance moyenne. Malheureusement, cette balle a un BC très bas et n'offre pas une bonne performance à longue portée.

Le taux de torsion courant des rayures pour cette cartouche est de 254 mm (6/10), 6 rainures, Ø zones = 7,00 mm, Ø rainures = 7,19 mm, largeur de zone = 2,79 mm, et l’amorce est du type « large rifle primer ».

Au début,  la cartouche d’origine n’a pas réussi à gagner la confiance des chasseurs, mais après des années de lutte acharnée sur le marché, les tireurs de « wilcats » ont commencé à l’utiliser pour des compétitions de tir à longue distance.  Les performances balistiques étaient basées sur quatre types de poids (en grains) pour la vitesse, avec: 3 175 ft / s (100 gr), 2 968 ft / s (120 gr), 2 845 ft / s (139 gr) et 2 860 ft / s (150 gr).

En effet, un aspect de la .284 qui est souvent négligé ou passé sous silence, c’est qu’il est extrêmement bien adapté au tir à longue distance de compétition, et en particulier dans des environnements fortement venteux si on prend soin d’adapter et le canon de l’arme et la cartouche à ces distances. A titre d’exemple, à partir d'un canon de 32 pouces, et une Berger VLD  180 grains qui peut « voler » à une vitesse de 2950 ft / s.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

 

 

Le calibre .284 Winchester est né expressément pour la chasse en battue, mais il possède des caractéristiques balistiques telles qu'il est redoutable y compris, dans la chasse à distance moyenne. A titre d’exemple, il est très proche de la 7mm - 08 Remington.

Même si la .284 Winchester n’a pas été très populaire auprès des chasseurs, elle est quand même considérée par les fins connaisseurs comme étant une cartouche très efficace pour un grand nombre de gibiers,  les gibiers de taille moyenne comme le cerf, et y compris le très gros gibier. Chambrée dans des fusils à maniement rapide et/ou à action rapide et qui se transportent facilement à travers bois et broussailles, elle offrira néanmoins toute la précision et le punch nécessaires pour s'attaquer au cerf, voire à tout gros gibier jusqu’à 300 mètres. Cela la rend aussi bonne que la .280  Remington avec une balle de même poids, rendant finalement ce calibre plus approprié pour les fusils courts de montagne.

Winchester a utilisé un taux de torsion de 1/10 dans son M88, produisant ainsi une précision optimale avec des balles à 120-150 grains, bien qu'il ne soit pas rare que ce taux permette de tirer des balles de 160 grains juste en dessous de la barre du MOA. Avec des projectiles modernes à 140 grains, la charge offre une mort rapide et ce, avec un tir à plat. Notons que le gibier de taille plus importante nécessite des ogives de 150 à 160 grains (10 g).

La même performance peut être obtenue à partir des balles manufacturées de 150 grains sortant de bouche à 2900fps. La .284 est également capable de tirer des balles de 160 grains à 2800fps, et bien que cela ne puisse pas être considéré comme une vitesse optimale en fonction du potentiel de son étui, elle représente néanmoins une avancée substantielle par rapport à la cartouche de 7mm08 qui est sa principale concurrente.

A titre d’exemples,  la  139 grains SST Hornady est excellente en  terrain ouvert pour le gibier moyen et plus léger, en particulier à longue portée. Sur un gibier plus lourd, la Barnes TSX 140 grains offre des performances exceptionnelles et la Accubond 160 grains est également excellente sur des distances modérées.

Pour le rechargement, il faut savoir que les fusils à action courte produisent des vitesses optimales lorsqu'ils sont chargés avec des poudres à combustion lente dans la gamme des H4831, H450, H4350, H414, IMR-4350 et IMR-4831 ou encore avec de la Vihtavuori N 160. Toutes ces poudres sont excellentes pour recharger la .284 Winchester. Néanmoins, il faudra veiller à les choisir en fonction du poids de l’ogive choisi. Ne rechargez jamais avant d’avoir pris connaissance des seuils de sécurité dans les tables de rechargement !

Enfin, on notera que le Mauser M98 est sans doute l’un des meilleurs choix pour utiliser la .284 Winchester pour la chasse en raison de sa capacité à travailler dans des conditions difficiles.

 

Ici, une .284 Win. sur châssis AICS en situation de « Long Range Hunting »

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

 

De nouvelles disciplines de tir, de nouvelles balles, et de nouvelles poudres ont toutes contribué à la résurgence de la .284 Winchester.

En effet, le tir à longue distance de compétition utilise également le calibre .284 Winchester en raison de sa précision qu'il maintient même dans les environnements soumis à des vents allant jusqu'à 25 mph. Les cartouches chargées à la main (175-180 grains) peuvent tirer avec une très bonne précision jusqu' à 1000 mètres de distance avec des canons de 32 à 36 pouces. Ce calibre connaît un regain d’intérêt pour les compétitions TLD  notamment, comme en 2009, lors des championnats mondiaux de la classe F à Bisley en Grande-Bretagne.

D’autre part,  la 6.5-284 est devenue l'une des cartouches de Match des plus populaires à ce jour. La 6.5-284 reste la cartouche de choix pour l’équipe US de Classe F, en particulier, avec la 6.5-284 Lapua qui est de haute qualité.

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 100Yds.

 

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 200Yds.

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés à 300Yds.

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés à 400Yds.

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision du MOA à 100 Yards voire même, un groupe de 5 coups mesuré à 2 pouces, à 200 Yards. Le tout avec des munitions chargées en usine !  

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

La cartouche américaine .280 Remington est probablement la jumelle balistique la plus proche du .284 Winchester.  Comparée à la .284 Winchester, la .280 Remington a une pression de chambre et une capacité de charge maximales légèrement différentes. D’autre part, la balistique de la cartouche .284 en 150 grains est pratiquement identique à celle d'une 30-06 en 150 grains. Enfin, une autre grande cartouche à action courte de 7 mm issue des années 60, et qui lui est très similaire en performance et en balistique, est la 7mm-08 Rem.

 

 

 

 

 

Ici, les performances énergie-vitesse pour la .284 dans ses différentes déclinaisons

 

 

 

 

Ici, le tableau balistique comparatif d’une Power-Point 150gr avec une 150gr en .308 Win.

(Drop, vitesse, énergie pour des distances de 100 à 800 Yards pour les deux – zérotage à 100Yds)

 

Ici, le graph comparatif du drop d’une Power-Point 150gr avec une 150gr en .308 Win.

 

On peut voir l’équivalence des drops jusqu’aux 500 yards avec le léger avantage pris par la .308 par la suite.  

 

 

Ici, le graph comparatif avec ses principales concurrentes par un vent de 10mph

On voit que son comportement (courbe jaune) est quasi identique aux autres

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

 

 

Bien que la cartouche de .284 Winchester est peut-être la meilleure issue des années 1960, elle reste une cartouche un peu sous-estimée mais possède néanmoins des qualités uniques.  Malheureusement, elle n'a pas réussi à attirer suffisamment l'attention des chasseurs à son avènement, ni par la suite et donc, pendant pas mal d’années, elle semblait être vraiment sur le point de devenir totalement obsolète. Cependant, au moment où cela allait se produire, les « wildcatters » l’ont sauvé en utilisant son étui réduit à 6,5 mm pour la compétition. C’est ainsi que le 6.5-284 a gagné, et a maintenu un succès immensément populaire qui, dans une large mesure, a permis de préserver les racines de la cartouche originale pour les propriétaires de la fameuse .284 Winchester.

Comme la .284 Winchester a été conçue pour un diamètre de balle de 7 MM, elle était également une cartouche très polyvalente. Ceci dit, la .284 n’a rien de mystérieux, ni de magique. Comme toutes les cartouches, elle n’est qu’un simple réservoir pour stocker la poudre derrière un projectile qui attend  à être tiré. Le souci, c’est que de nos jours, peu de fusils à action courte sont chambrés pour la .284 Win et qu’il y a encore moins de fabricants qui proposent des munitions d’usine pour les alimenter.

La .284 Winchester n’est pas très populaire en Europe, où sa principale rivale est la 7x64mm qui est presque identique du point de vue de la balistique. En effet, la 7 × 64 mm a une pression de chambre maximale autorisée inférieure, et comme les cartouches européennes de 7 mm, elle possède un alésage légèrement plus grand. Les cartouches européennes de 7 mm ont toutes un diamètre de rainure de 7,24 mm alors que les cartouches américaines de 7 mm ont des gorges de 7,21 mm. Son autre rivale étant la 7mm-08 Remington dont nous avons parlé dans le corps de cet article.

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

http://bulletin.accurateshooter.com/tag/284-winchester/

http://bulletin.accurateshooter.com/2013/05/284-win-redux-the-lure-of-the-straight-284-win/

http://www.6mmbr.com/gunweek088.html

http://www.barnesbullets.com/wp-content/uploads/2018/03/284-Winchester.pdf

https://www.speer-ammo.com/downloads/speer/reloading-pdfs/Rifle/7mm_284_dia/284_Winchester_110.pdf

http://accurateshooter.net/pix/sierra284.pdf

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=OOFcRmo_KEE

https://www.youtube.com/watch?v=OmUCG5OtJm0

https://www.youtube.com/watch?v=LmbeIZdiugE

https://www.youtube.com/watch?v=xzzsCtBskvA

https://www.youtube.com/watch?v=L6zx3GWkYZE

https://www.youtube.com/watch?v=PxhM9j6ixwk

https://www.youtube.com/watch?v=6cPfn9CagQM

https://www.youtube.com/watch?v=RWnTF_YvkeM

 

 

 

 

 

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 16:09
La 6.5×47mm Lapua
La 6.5×47mm Lapua

 

 

Chers lecteurs,

 

Souvenez-vous,  il n’y a pas encore si longtemps de cela,  j’avais publié un article (ici) relatif au matériel ainsi qu’aux cartouches préférées par les meilleurs tireurs TLD aux USA, et nous avions découvert à cette occasion que parmi leurs calibres préférés figuraient les 6.5mm et les 6mm avec, au hit parade des préférences,  le 6,5 × 47 Lapua et le 6mm Creedmoor qui sont bien évidemment tous deux des calibres extrêmement précis. Ce mois-ci,  je vous propose donc d’examiner le 6,5 × 47 Lapua. Le 6mm Creedmoor fera probablement l’objet d’un autre article à venir.

Attention,  vu mon emploi du temps qui est prévu le mois prochain, je ne serai pas en mesure de vous proposer un article en mars. J’en appelle donc, d’ores et déjà,  à votre indulgence et vous donne rendez-vous en avril.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

L'usine de munitions de Lapua doit son nom à la ville de Lapua, en Finlande. L’usine était à l’origine une fabrique de cartouches d’État qui fabriquait des munitions pour l’armée finlandaise pendant la seconde guerre mondiale. En 1976, une explosion a eu lieu à l'usine et y a tué 40 employés. L'usine a ensuite été reconstruite à son emplacement actuel, c’est-à-dire,  à cinq km du centre-ville. De nos jours, Lapua fabrique des munitions et des composants dans le cadre du groupe nordique de fabrication de munitions connu sous le nom de NAMMO ou Nammo Lapua. Les munitions .22 Rimfire sont fabriquées en Allemagne par Lapua Gmbh, aussi connue sous le nom de Nammo Schönebeck GMbh. Lapua Gmbh fabrique non seulement la marque Lapua, mais aussi les marques SK et Wolf.

Pour rappel, il y a près de 60 ans, Winchester avait surpris les tireurs en lançant le .264 Winchester Magnum. Une cartouche puissante qui entraînait une balle de 100 grains à 3 600 pieds par seconde,  ou encore, une balle de 160 grains à plus de 2 900 pieds/s et qui possédait de formidables paramètres balistiques pour l’époque. La cartouche a toutefois été éclipsée par l'introduction du 7 mm Remington Magnum en 1962. Néanmoins, les tireurs et les chargeurs manuels souhaitaient quelque chose d’encore meilleur, mais avec le calibre de 6,5 mm. La fascination pour une vitesse plus élevée et la demande de précision « chirurgicale » se faisait déjà de plus en plus forte, et il était évident que le calibre de 6,5 mm pouvait rencontrer beaucoup d’espoirs en ces domaines.

Peu à peu, des cartouches de fabrication américaine et étrangère dans ce calibre ont fait leur apparition. Parmi ces cartouches, citons la 6.5-284 Norma, la .260 Remington, la 6,5x55 Mauser suédoise, et on peut d’ailleurs affirmer aujourd’hui que la plupart de ces nouvelles cartouches ont été très bien accueillies notamment,  par les tireurs de précision américains de l'époque.

Quant au calibre faisant l’objet de mon article, il n'a pas vraiment de parent direct, si ce n’est que son étui reprend de nombreuses caractéristiques du 6 mm PPC, et qu’il a une certaine similitude avec la 6,5 × 54 mm Mannlicher-Schönauer qui était une cartouche ayant servi dans l'armée grecque de 1903 à 1949 qui s’était révélée très précise,  et qu’elle a été développé en étroite collaboration avec les fabricants de fusils Swiss Grunig et Elmigar AG afin de participer à des concours organisés dans le cadre de la compétition européenne CISM (Conseil International du Sport Militaire). Une fois n’est pas coutume, cette cartouche a donc été développée pour les tireurs européens.

Grosso modo,  sachez simplement que le CISM de 300 mètres se fait sur une trajectoire de tir fixe depuis des positions de tir définies utilisant des fusils hautement spécialisés, et que jusque là, grâce à son excellente précision et son faible recul, la 6 mm BR Norma dominait ce CISM à 300 mètres. Lorsque le projet 6.5 × 47 a été lancé (officiellement en 2005) en regard au 6 mm BR, les principaux objectifs étaient les suivants: procéder à l’amélioration de la balistique en ce qui concerne la sensibilité au vent et réduire l'usure du canon de la carabine qui la tire. Les fusils en 6 mm BR ont en fait une durée de vie moyenne estimée à environ 2500 coups, après quoi le canon commence à montrer une dégradation de sa précision. Il était donc impératif d’améliorer la durée de vie des canons des carabines des compétiteurs en leur proposant un nouveau calibre qui « dévore » moins vite leur tube  !

 

 

 

 

La Lapua 6.5 × 47 est une cartouche conçue pour fonctionner avec des carabines à action courte et qui est spécialement dédiée aux compétitions de précision, et singulièrement pour les matches à 300 Yds. Après son introduction en 2005, les tireurs d'autres disciplines ont rapidement compris les avantages du 6,5 ​​× 47 Lapua, et ont commencé à l'utiliser également dans plusieurs autres disciplines telles que le Bench-Rest et le TLD. Mais, alors qu’elle est rapide et incroyablement précise, et avec un recul léger, la 6.5 × 47 Lapua est également une cartouche idéale pour les terrains de chasse et notamment, pour le gros gibier. C’est une cartouche de tir à plat, mais qui de par sa taille, est supérieure à la .308 Winchester et à de nombreuses autres cartouches actuellement utilisées pour le tir à longue distance.

 

 

La cartouche

 

 

 

La 6,5 × 47 mm Lapua est une cartouche de puissance moyenne souvent comparée à la .260 Remington et à la 6,5mm Creedmoor. Dès le début, Lapua l'a conçue pour optimiser sa précision en TLD (grande précision jusqu'à 800 mètres et plus) ainsi que pour sa capacité de tir tactique (avantage tactique considérable par rapport au .308 Win).

Les objectifs qui ont été atteints avec succès étaient d'améliorer ses performances par rapport à la .308 Winchester et au 6 mm BR Norma tout en augmentant sa précision, sa résistance au vent, en rendant sa trajectoire plus tendue, mais aussi tout en diminuant le recul occasionné (du moins, par rapport à .308 Winchester). Au surplus,  elle a un diamètre de base et une longueur totale similaires à ceux de la .308 Winchester (ou de la 7,62 × 51 mm NATO), ce qui lui permet de s’intégrer dans des actions courtes. La cartouche peut donc être logée dans les chargeurs de longueur standard (.308 Win), mais son angle d'épaulement a aussi été augmenté de manière à optimiser la combustion de la poudre, et elle est raccourcie en longueur totale (OAL du .308). En outre, sa résistance au vent et la tension de sa trajectoire sont garanties par son coefficient balistique très élevé, mais typique de l'ogive de diamètre 6,5 mm.

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

 

Explications :

Voulant tirer parti de l’omniprésente .308 Winchester et des qualités intrinsèques de la 6,5 × 55,  les designers de chez Lapua ont commencé à retravailler sa douille, en rétrécissant le diamètre du col,  en réduisant sa longueur totale (de 51 à 47 mm) et en  portant l'angle de 20 à 30 degrés. Un épaulement plus incliné provoque une augmentation plus soudaine de la pression, une rétraction (vers la culasse) du pic de pression, et le point où le propulseur est totalement brûlé avec une vitesse supérieure du projectile pour la même dose de poudre (efficacité balistique supérieure).  N'oublions pas que la dose du propulseur (Le volume des douilles est d'environ 3, 1 cc) joue un rôle fondamental dans la durée de vie du canon (plus de poudre = plus d'érosion).  La pression maximale pour la cartouche de  6.5 × 47 est fixée à 4350 bars, pression parfaitement gérée par les étuis robustes de Lapua. La longueur maximale de la cartouche (OAL) restant fixée à 71mm, conformément à la conception mécanique de l’étui.

Au final, le résultat donne un étui plus court et plus épais que celui du 6,5 × 55, mais avec un diamètre de base et une longueur totale du boîtier similaires à une .308, ce qui permet la conversion facile pour les actions courtes précédemment chambrées dans des calibres .308 ou parents. Et bien que sa capacité soit inférieure à celle du .260 Remington et du 6,5x55 Mauser suédois, la cartouche peut être chargée à des vitesses équivalentes à celles de ses homologues.

Le taux de torsion courant des rayures pour cette cartouche est de 200 mm (1 po), avec 6 rainures, Ø = 6,50 mm (0,256 po), et Ø des rainures = 6,70 mm (0,264 po), largeur de plaquette = 2,29 mm (0,090 po), et surtout,  le type d’amorce employé est du Small Rifle. Grâce à son cou relativement long, l’étui peut être chargé de très longues balles sans devoir venir placer la base de la balle sous le cou. Mais, la  6,5 × 47 mm Lapua offre des vitesses de départ légèrement inférieures aux cartouches de 6,5 mm, telles que les cartouches .260 Remington et 6.5 Creedmoor, en raison de son volume inférieur.

Les cartouches d’usine commercialisées par Lapua ont des ogives: Scenar de 139 grains à à 820m / s, une Scenar de 136gr à 800 m / s,  une Scenar de 123 grains à 850 m / s ou encore, une Scenar 120gr à 845 m / s  et la 108 grains à 900 m / s.  

Toutes ces cartouches de 6,5 mm lancent leurs balles à des vitesses modérées, mais fournissent des valeurs de déflexion au vent et de chute égales ou supérieures à la charge standard d’une 190 grains du Winchester Magnum, mais avec moins de la moitié de recul, et un peu plus de la moitié de poudre brûlée. Ce qui en fait une sacrée concurrente à la .308 Winchester ! En tous cas, pour ses performances à longue portée, c'est une évidence.

 

Ici, sa comparaison avec une .308 Win

 

 

 

 

Voici la comparaison de ses dimensions avec celles de ses concurrentes.

 

 

 

 

Ici, sa comparaison avec les douilles de ses concurrentes

 

 

 

 

Ici, une boîte de Lapua OTM en 139 grains

 

 

Rechargement :

Attention, ce sont de petites amorces (Small Rifle) qu’il faut employer dans cet étui afin d’obtenir une plus grande constance de combustion aux doses de poudre typiques à ce calibre.  En effet, l’avantage d’un plus petit puits d’amorce est qu’il permet un meilleur contrôle de l’allumage, ce qui réduit les variations de vitesse,  et une éventuelle augmentation plus lente de la pression. Ceci dit, une large gamme de poudres à taux de combustion moyen s’adapte facilement à la 6,5x47 Lapua.

Ce n'est pas une cartouche difficile à recharger, et sa précision semble plutôt facile à trouver.  Une des caractéristiques remarquable  de cette cartouche extrêmement efficace est qu’elle très tolérante à différentes recettes de chargement. En effet, les combinaisons de poids de balle et de poudre sont plutôt nombreuses et offrent une très bonne précision avec les balles à 123, 130 et 139 grains, en utilisant notamment les propulseurs RL15, H4350, Varget et N550.

N.B. : Pour ce qui concerne le chargement manuel de la 6,5 × 47 mm Lapua, je ne peux que vous renvoyer à l’excellent article de Norman E. Johnson

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

La 6,5 × 47 mm Lapua est une cartouche qui a été développée spécifiquement pour le tir de compétition pour les distances de 328-1,094 yds (~ 300-1.000 m) et qui s’est hissée au deuxième rang des calibres les plus populaires pour les compétitions de tir à la carabine à grande puissance. Le 6,5 mm est essentiellement proposé comme un bon compromis entre le 6 mm généralement plus rapide, et le 7 mm qui est plus performant.

La balle  Lapua Scenar a des coefficients balistiques élevés, son vol va donc plus loin, et plus à plat que bien d’autres balles dans cette catégorie, et elle a notamment participé à remporter un score parfait, d’ailleurs toujours inégalé du record du monde, avec 600 points sur 600 au concours UIT. En général, ces balles permettent de tirer des groupes de 5 coups aussi petits qu’un demi pouce à 300 mètres !

 

Comparaison avec la .260 Remington

 

La .260 Rem est à droite

 

Le .260 Remington n’est que la version commerciale d’une 6,5 mm Wildcat basée sur l’étui de la .308 Winchester, produite en 1997 par Remington. En fait, l’étui peut facilement être formé en rétreignant simplement celui d’une .243 Win ou d’une 7mm-08 ou encore avec une .308 Win. Cependant, il faudra être très attentif à l'épaisseur du cou qui en résulte. L’étui de la 6,5x47mm Lapua quant à lui est environ trois dixièmes de pouce plus court que celui de la .260 Remington, et a un épaulement plus net et un cou plus long. L’étui de la  6,5 × 47 Lapua a une longueur approximative de 4,7 mm supérieure à celui d’une .260 Remington. On peut presque penser qu’il s’agit d’un étui du .260 Remington raccourci et "amélioré".

Mais allons droit au but : est-ce que la 6,5x47 Lapua offre quelque chose de plus que la classique .260 Rem?

En fait, la balistique est presque identique, compte tenu des variations normales d’un canon à l’autre, et la 6,5x47 Lapua le fait avec seulement quelques grains de poudre en moins. Le petit étui 6,5x47 en laiton Lapua résiste mieux à la pression que la plupart des étuis de .260 Rem. De nombreux tireurs de .260 Rem trouvent que ses douilles sont chères alors qu’une 6.5x47 Lapua coûte environ 0,65 $ la pièce. C'est probablement la raison la plus convaincante pour utiliser le 6.5x47 Lapua. Néanmoins, la .260 Remington est une sacrée cartouche pour réaliser des matches à longue distance, avec une bonne durée de vie du canon, et une balistique digne de la .300WM. Elle reste plus ou moins équivalente au 6.5x47 Lapua et au 6.5 Creedmoor, mais ses concurrentes offrent, quant à elles, un léger avantage pour des tirs réalisés sur très longues distances pour des concours TLD tels qu’ils sont organisés aux USA. Mais en réalité, sur le terrain européen, les performances de la .260 Remington sont quasiment identiques à celles de la 6.5x47 Lapua.

L’un dans l’autre, du point de vue balistique, les deux calibres sont très similaires, se chevauchant presque, à tel point que la 6.5 × 47 peut être considérée comme une .260 Rem plus courte et "améliorée". Elles offrent une balistique à longue portée semblable à celle des calibres Magnums mais avec des armes à action courte et génèrent un recul plus doux rendant ainsi le calibre extrêmement agréable à utiliser même pour de longues sessions de tir

 

Les avantages :

 

•          Etui laiton ultra-résistant à prix raisonnable ;

•          Charges appropriées à longue portée disponibles en tant que munitions d'usine ;

•          Possibilité de dépasser les charges de la .260 Rem en raison de la force de son laiton.

 

Les inconvénients :

 

•       Plus petit étui que la .260 Rem et donc, volume de poudre limité ;

•       Pour atteindre la même balistique que la. 260 Rem, il faut fonctionner à haute pression ;

•       Munitions d'usine de 100 à 150 ips plus lentes que les mêmes balles en .260 Remington.

 

 

Comparaison avec la 6,5 Creedmoor

 

La 6.5 Creedmoor est à droite

 

Le 6.5 Creedmoor a été développé et introduit par Hornady en 2007 dans le but précis de fournir une cartouche avec une précision et une balistique menant à être compétitif au plus haut niveau pour la compétition TLD en utilisant des munitions d'usine, tout en étant par ailleurs, facile à charger par le reloader débutant. La recette permettant de dupliquer exactement les charges d’usine étant imprimée sur chaque boîte de munitions Hornady. La firme souhaitait que le 6.5 Creedmoor soit une solution prête à l'emploi pour les tireurs à longue distance et propose plusieurs chargements d’usine à cette fin. La charge de 140 gr est à 2810 ips, et la charge de 120 g est à 2980 ips, en sortie de bouche d'un canon de 26 pouces. Cette cartouche est très similaire à la 6.5x47 Lapua, au .260 Remington, au 6.5x55 Mauser suédois, et à la 6.5.284. La Creedmoor 6.5 est donc également un excellent choix.

La quantité de poudre dans ces projectiles est approximativement la même, mais en raison de l'angle différent du cône de l’étui, la pression du tir change. Une pression plus basse garantit une plus grande stabilité, et moins de « stress » sur le projectile en accélération, ce qui doit lui permettre de se stabiliser aussi facilement que possible. L'étude des différentes trajectoires créées par ces projectiles a montré que certains calibres sont plus aptes à stabiliser la balle sur des distances beaucoup plus longues que d'autres, c’est précisément le cas pour le 6,5 Creedmoor. Pour des distances plus courtes, les .260 Remington et 6,5x55 Lapua offrent en réalité les mêmes performances.

L’étui de la 6,5 × 47 mm Lapua utilise une amorce Small Rifle (comme le 223 Rem.) au lieu d'une Large Rifle comme c'est habituellement le cas sur ce gabarit de munition (avantage : plus grande régularité d'inflammation). Maintenant, le 6,5 Creedmoor profite également de cet avantage.

La Lapua 6,5 × 47 mm offre des vitesses de départ légèrement inférieures aux cartouches de 6,5 mm telles que les cartouches .260 Remington et 6.5 Creedmoor, en raison de son volume de poudre inférieur. Le 6,5 Creedmoor serait en moyenne plus rapide de 15 m / s que le Lapua 6,5 × 47 mm. Mais la 6,5 × 47  Lapua mm dispose d’une qualité de laiton pour son étui supérieure à celle de la 6,5 Creedmoor.

Les munitions manufacturées de qualité Match sont non seulement plus précises, mais aussi généralement moins coûteuses que la plupart des calibres 6,5. Le calibre 6,5 Creedmoor, à longueur de canon égale, est capable de dupliquer la trajectoire d'une 300 Win.Mag sans les inconvénients de ce calibre (recul, coût, nécessité d'une action longue).

Enfin,  je terminerai cette comparaison en faisant un petit coucou à Didier qui se reconnaîtra, et en rappelant que la 6,5 × 47 mm Lapua a été la cartouche la plus efficace lors du concours PRS en 2015, battant ainsi les cartouches concurrentes de plus des deux tiers.

 

Les avantages :

 

•          Efficacité presque identique à la .260 Remington ;

•          Hornady propose des charges d’usine à longue portée ;

•          Des étuis de qualité, mais abordables, et disponibles ;

•          Meilleur design que l’étui de la .260 Rem.

 

Les inconvénients

•          Encore un peu trop neuf et donc, disponibilité des composants à prouver ;

•          Est différent de la .260 Rem  mais n'offre pas beaucoup plus de performance

 

 

En résumé :

Les 6,5mm Creedmoor, .260 Rem, et 6,5x47 Lapua ont des performances balistiques parfois très proches. Les munitions d'usine pour le 6,5x47 Lapua fournissent des vitesses plus basses de 100 à 150 ips par rapport aux 6,5mm Creedmoor et .260 Rem, mais un reloader expérimenté peut égaler ou dépasser ses performances avec des charges manuelles plus audacieuses grâce à la conception robuste de l’étui. Pour la même pression, la .260 Rem et la 6.5 Creedmoor auront un avantage d’environ 100-125 i / s sur la 6,5x47 Lapua, avec les balles de la classe des 140 grains.

In fine,  je dirai que celui qui possède déjà un fusil dans l'un ou l'autre de ces trois calibres serait idiot de laisser tomber un système qui fonctionne bien pour passer à un autre d'entre eux puisqu’ils sont finalement  pratiquement semblables. Faites plutôt votre choix en fonction de la disponibilité et du prix des composants.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une belle carabine « camouflée » en situation de « Long Range Hunting »

 

Nous savons que la 6,5 × 47 mm Lapua était à l’origine destinée aux tireurs de précision sur cibles à longue portée, mais la question reste à savoir si elle pourrait également être utilisée comme balle de chasse ?

D'un point de vue pratique,  le 6,5 × 47 Lapua est plus performant que les autres 6,5 mm en ce qui concerne l'usure du canon, le recul et la consommation de poudre, mais il est peu probable qu'un fusil de chasse standard puisse tirer grand avantage de sa superbe précision. Si vous utilisez des balles adaptées à la chasse, la balistique en termes de dérive du vent, d’énergie de descente, de vitesse et de trajectoire se situera  entre le 6.5 × 55 suédois et le .260 Remington.

Ceci dit, si vous tirez un gibier à 200 mètres, la balle de 123 grains (coefficient balistique de .547) saura s’occuper de toute espèce de cerf vivant chez nous. Avec une charge de 139 grains, ça restera valable pour les petites à moyennes antilopes en Afrique et les espèces de cerfs de taille similaire en Amérique.

En résumé, on dira que le 6.5 × 47 mm Lapua est un calibre polyvalent pour le gibier à sabots de petite et moyenne taille situé à 300 mètres. Par exemple, la cartouche Lapua Naturalis (voir vidéo) a été testée pour bien performer jusqu'à 380 mètres.

Néanmoins, on ne perdra pas de vue que, par exemple, le 6,5x55 mm suédois possède une longue expérience de la chasse en Europe, et qu’il est très souvent suffisant pour prélever pas mal de types de gibiers si les tirs sont choisis avec soin et que donc, la plupart des nouvelles versions de 6.5mm, en ce compris le 6,5 × 47 mm Lapua, ne peuvent que dupliquer les charges classiques du 6.5x55. Faut-il dès lors se ruer sur ce « nouveau » calibre ?  Rien n’est moins sûr et cela restera toujours un choix personnel.

Que l’on soit bien d’accord, lorsqu'un chasseur parle de la précision d'un fusil, on l’entend tel qu’un groupe des 5 tirs à 100 mètres. Souvent, on mentionne également l'exactitude au MOA près. Eh bien, au fond, c’est une bonne règle.  Si un fusil tire 5 coups dans 1 groupe de 1 MOA, il est suffisamment précis que pour participer à une chasse normale.

 

 

 

Par contre, lorsqu'un tireur de la compétition ISSF à 300 mètres parle de précision, il se réfère à des mesures totalement différentes. Ces gars doivent « coller » 60 balles dans un cercle de 100 mm, et de préférence plus de 50% d’entre elles, dans un «cercle intérieur» à 50 mm. C'est ce qui est nécessaire pour gagner des compétitions ISSF, et c’est précisément ce que la 6,5 × 47 mm Lapua vous permettra de réaliser mais ça n’a plus rien à voir avec des tirs de chasse !

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

L’expérience montre que la 6,5 × 47 mm Lapua offre des performances étonnantes avec des balles de 120 à 130 grains, et que leur efficacité aérodynamique est telle que certains de ces projectiles finalement légers fournissent une remarquable balistique externe y compris à longue et très longue portée. Il semble bien qu’effectivement, il y ait unanimité des tireurs chevronnés sur le taux de précision de ces cartouches pour leurs tirs de match … une image vaut toujours plus qu’une longue explication. Voyez plutôt :

 

Au vu des résultats obtenus, ces cibles en attestent :

 

Ici, 3 coups placés à 100Yds

 

 

Ici, une cible avec un groupe de 5 tirs à 200Yds

 

 

Ici, on voit effectivement les beaux groupements réalisés avec une 140g à 200Yds !

 

Ici, un groupe à 400m avec une 123gr – Tous les coups se trouvent dans une zone de 3cm.

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision du ¼ de MOA avec de très petits groupes à 100 Yds voire même, un groupe de 5 coups mesuré à 2,5 pouces, à 500 Yards, ce qui équivaut à 0,55 MOA ! Le tout avec des munitions chargées en usine !  Les cartouches rechargées manuellement et avec minutie tirent normalement encore mieux !!!

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Ici, le graph du drop d’une 140gr avec son tableau balistique.

 

 

 

 

Ici les caractéristiques balistiques d’une 115gr Berger

 

 

 

Ici, le drop de la cartouche (courbe bleue) en comparaison avec les drops de ses concurrentes

Source: Sporting rifle

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le calibre de 6,5 mm a fait ses preuves en Europe en tant que calibre pratique et polyvalent après plus d’un siècle de succès dans la chasse.

Possédant moi-même plusieurs carabines dans ce calibre, cela fait un bout de temps que je suis devenu un inconditionnel du 6,5 mm. Les excellentes propriétés balistiques de cette balle ne sont plus à remettre en doute,  et ses avantages ont d’ailleurs également été exploités commercialement.

Comme le .260 Remington, le 6,5x47 mm Lapua fournit une balistique à longue portée qu’on ne peut  généralement que retrouver parmi les gros calibres magnums. Et comme il partage une partie des paramètres de la .308 Win, mais sans ses inconvénients (notamment au niveau du recul occasionné), la conversion d’un fusil .308 en 6.5x47 Lapua n’est plus qu’une question de remplacement du canon. La cartouche de 6.5x47 Lapua est donc une opportunité, voire même, une solution « clé en main » pour le tireur qui possède déjà une carabine à action courte, et qui est à la recherche d'une cartouche de fusil très longue portée, très précise, et dans le vent (sans jeu de mots).

Ceci dit, même si elle pas aussi « corrosive »  que la 6mm BR, elle "usera" quand même un canon après 2.500 à 3000 coups, ce qui reste toutefois mieux qu'avec une .243 Winchester. Ce paramètre sera quand même à prendre en compte avant de faire l'acquisition de ce type de carabine ou avant de re-canonner une de vos anciennes carabines.

Enfin, même si vous avez la propension à rêver de tirer des matches à Camp Perry dans l’Ohio, je vous rappelle que dans nos contrées,  rares seront les endroits ou vous aurez l’occasion  de pratiquer le vrai TLD, et que donc, faire l’achat d’une carabine dans le seul objectif de pouvoir tirer à 1,000 Yds alors qu’en général, vous serez limité à des tirs à 100m ou 300 mètres, relève parfois du fantasme. Mais ne dit-on pas qu’un seul rêve est plus puissant qu'un millier de réalités ?!

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

https://www.lapua.com/cartridges/6-5x47-lapua/

https://www.cip-bobp.org/homologation/uploads/tdcc/tab-i/6-5-x-47-lapua-en.pdf

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/65x47/

http://www.6mmbr.com/gunweek072.html

http://www.6mmbr.com/gunweek084.html

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/65x47/

https://precisionrifleblog.com/2015/10/12/best-rifle-caliber/

http://bulletin.accurateshooter.com/tag/6-5x47-lapua/page/2/

http://bulletin.accurateshooter.com/2016/08/amazing-2-856-10-shot-group-at-1000-yards/

http://marksman.over-blog.fr/2017/02/quelles-sont-les-cartouches-utilisees-par-les-pros-du-tld.html

http://bulletin.accurateshooter.com/?s=6-6.5x47&submit=Search

https://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/6mmppc/

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=69

http://customturretsystems.com/ballistics-calculator/

http://ballistic-calculator.zeiss.com/#/ballistic

http://ammoguide.com/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=qJUOeB7ldj8

 

https://www.youtube.com/watch?v=zKq-QW7DE8o

 

https://www.youtube.com/watch?v=ugRnqvycrsY

 

https://www.youtube.com/watch?v=yzbU2sluR4o

 

https://www.youtube.com/watch?v=zxLt6uMkbXI

 

https://www.youtube.com/watch?v=HufyLuKJr14

 

https://www.youtube.com/watch?v=bh0MAXclZMU

 

https://www.youtube.com/watch?v=Va2t382E2ak

 

https://www.youtube.com/watch?v=hBdmq0IfXAE

 

https://www.youtube.com/watch?v=hAdSXLur-4M

 

 

 

 

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 17:27
La .338 Remington Ultra Magnum
La .338 Remington Ultra Magnum
La .338 Remington Ultra Magnum

Chers lecteurs,

 

Voici le petit dernier pour finir l’année.  Que vous envisagiez d’aller à la chasse au gros gibier en Alaska, ou en Afrique ou encore de pratiquer le TLD sur très longue distance, ou tout simplement vouloir en apprendre plus sur un des calibres des plus puissants du marché alors, cet article devrait vous intéresser.

 

Bonne lecture.

 

 

   

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année !

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Pour rappel, le calibre .338 Winchester Magnum a déjà été introduit en 1958,  et il faut bien l’avouer, il était d’un tel niveau de performances que la plupart des autres cartouches .338 ultérieures ont bien eu du mal à le dépasser. Cependant, cinq cartouches commercialisées et actuelles sont parvenues à le concurrencer voire même, à le dépasser. Ce sont les .330 Dakota, .340 Weatherby, .338 Remington Ultra Mag, .338 Lapua Magnum et .338-378 Weatherby.

Annoncée en 1998-1999, et sortie en 2000, la .338 Remington Ultra Magnum en est une, et elle fait partie des quatre cartouches Remington Ultra Magnum à action longue qui comprend les cartouches Ultra Magnum de 7mm, .300, .338, et .375. Toutes sont basées sur la conception de l’étui de la .404 Jeffery poussé dans ses dimensions maximales.

Ainsi, et pour la première fois, Remington a sorti son propre calibre parmi la gamme déjà très populaire des autres .338 américains. La combinaison de la vitesse et de la masse est commune à tous, ce qui en fait d'excellentes cartouches pour les gibiers lourds et tirés à longue distance.

La .338 RUM était initialement sortie pour être tirée dans le fusil Remington 700, modèle Sendero doté d’une crosse rigide,  d'un châssis en aluminium et d’une action M700 associée à un canon lourd. Le Sendero  .338 offrait un excellent potentiel de précision. La ligne des fusils Sendero a été lancée en 1994, et constituait une réalisation tout à fait remarquable dans le développement d’un fusil de précision « d’usine »  fabriqué en série. Malheureusement, la .338 RUM n’a pas pu atteindre une grande popularité en tant que telle et sa production en grande série a été arrêtée en 2002.

En 2001, Remington a donc présenté son .338 Ultra Mag, basé sur son étui .300 Ultra Mag adapté pour recevoir des balles de .338 pouce. Cette énorme cartouche nécessite une action longue ainsi qu'un canon extra long (28"  recommandé).  En dépit de son boîtier démesuré, le .338 Ultra Mag est essentiellement le « jumeau balistique »  du .340 Weatherby Magnum. Mais l’Ultra ne fait que brûler plus de poudre et donner plus de force mais pour finalement obtenir pratiquement le même résultat.

En Amérique du Nord, il est utilisé sur les gros gibiers ou animaux comme les ours, et en Afrique, sur les grandes antilopes, sur lesquelles, il a fait ses preuves.

Remington a proposé deux chargements d’usine pour le .338 Ultra, tous deux avec des balles de 250grains. L'une utilise une balle Core-Lokt à 250 grains,  et l'autre, une balle Swift A-Frame, toutes deux à une vitesse initiale estimée (MV) de 2 860 fps, avec une énergie initiale de 4 540 lb-pi

 

 

La cartouche

 

 

 

Il s’agit d’une cartouche reposant sur l’étui de la .300 Remington Ultra Magnum raccourcie de .090 pouce et étranglé pour accepter une balle de calibre .338 (0.338 pouce). La .338 Remington Ultra Magnum a la capacité de l’étui de la 338 Lapua Magnum, et est légèrement inférieure à celle de la .338-378 Weatherby Magnum, ce qui en fait l’une des plus puissantes de la série des .338.

Selon les ingénieurs de la société, une telle douille donne un gain de volume, de taille de la charge de poudre, de la résistance de la chemise,  et de sa durée de vie. De manière générale, l’étui est similaire à celui de la cartouche canadienne de .338 Magnum, mais son corps est légèrement plus court et plus large.

La .338 RUM ne doit pas être confondue avec les « Wildcats »  de plus en plus populaires telles que les .338-300 RUM, et le .338 Edge qui utilisent l’étui de la .300 RUM.

Après la sortie du .338 Remington Ultra Mag. avec une balle Swift-A-Frame de 19,44 g, elle est devenue la cartouche commerciale la plus puissante du calibre .338. De plus, cette cartouche a une trajectoire extrêmement plate jusqu’à une distance de 450 m.

La cartouche .338 Remington Ultra Magnum a un diamètre de balle maximal de 8,59 mm (0,38 "), un diamètre maximal de la base du corps du manchon de 13,97 mm, et une longueur maximale de 70,1 mm et est faite pour des canons à pas de rayures de 10 pouces.

A titre d’exemple, la cartouche chargée d’une balle Core Loktn Swift-A-Frame de 16,2 g avec une charge de poudre de 6,8 g, offre une vitesse initiale de 827 m / s et une énergie de 6155 J. La trajectoire de la balle dépassant lors du tir « à zéro » à 200 m (183 m), la balle ne s'écarte pratiquement pas de la ligne de visée avec: à une distance de 91 m, un écart probable de +/- 4,3 cm, à 137 m +/- 3,8 cm, à 228 m +/- 7,6 cm, à 274 m +/- 19,3 cm, à 366 m +/- 56,1 cm, et à 457 m +/- 114,0 cm.

La Remington Ultra Magnum .338 est considérée comme une munition à cible étroite et à longue distance. Même lorsque sa cartouche est chargée d’une balle de poids inférieur pour la chasse en forêt, une telle cartouche reste non seulement précise à longue portée, mais sa puissance est suffisamment élevée pour quand même neutraliser les plus gros gibiers de notre faune.

La longueur de l’étui de la .338 RUM est de 70,1 mm (2,760 po), soit 2,3 mm (0,090 po) de moins que les Ultra Magnums de 7 mm, .300 et .375 qui ont une longueur de boîtier de 72,4 mm (2,850 po). Cela a permis à Remington de respecter la longueur totale de sa cartouche préférée de 91,4 mm (3,600 po), la carabine  Remington 700 ayant une longueur de magasin de 93 mm (3,660 po).

La .338 RUM est capable d’atteindre des vitesses identiques à celles du .340 Weatherby et a une puissance similaire à celle du .338 Lapua. Enfin, on précisera que la cartouche .338 Remington Ultra Magnum est enregistrée en tant que norme SAAMI.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques (traduction littérale) :

 

 

 

 

 

Comparaison avec une 325-WSM 8mm Rem.Mag., .338Win.Mag., .338 RUM, .340 Weath.Mag.

 

 

 

De droite à gauche, la .338 RUM et une .338 Lapua, une .338 Edge et une .338 Snipetac

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington Ultra Mag. 338 en 250 grains

 

 

 

Ici, une boîte de Berger HSM Trophy Gold en 250 grains

 

 

Rechargement :

 

Étant donné que cette cartouche fonctionne déjà à des pressions très élevées (65.000 PSI), les reloaders manuels ne peuvent pas améliorer considérablement sa vitesse par rapport aux munitions d'usine, comme l'ont fait de nombreux rechargeurs au fil des ans avec des cartouches plus conventionnelles, et à pression plus basse. Cependant, ils peuvent toujours régler leurs propres charges pour une meilleure précision dans leurs carabines spécifiques, comme pour toutes les autres cartouches.

Les rechargements manuels pour la .338 RUM produisent généralement des vitesses identiques à celles du .338 Lapua et du .340 Weatherby lorsque chacun est chambré dans des fusils à canon de 26 pouces.

Le rechargement de la .338 Ultra ouvre la possibilité d’utiliser des poids de balles autres que les 250 grains, bien que, compte tenu de la taille du boîtier de la .338 Ultra, l’ogive de 250 grains semble être le meilleur choix pour la plupart des utilisations. Comme avec les autres cartouches de calibre .338, les balles allant de 200 à 250 grains sont les plus populaires. En raison de l'énorme étui de la .338 Ultra Mag, ce sont les poudres à combustion lente telles que la H4831, IMR 4831, IMR 7828, qui conviennent le mieux.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Les balles de diamètre .338 possèdent à la fois des coefficients balistiques élevés (efficacité aérodynamique), mais aussi des densités de section élevées qui leur permettent de pénétrer profondément dans de gros animaux ou de poids considérable, ce qui favorise également la pénétration et le transfert d'énergie. C’est cette combinaison de paramètres balistiques que les concepteurs de Winchester avaient en tête lorsqu’ils ont lancé la première production .338 magnum en 1958. La .338 Winchester Magnum s’inspirait en grande partie des travaux des pionniers de la balistique.

Les magnums de calibre .338 fournissent toute la puissance dont la plupart des chasseurs pourraient rêver  ou avoir besoin,  mais la sélection des balles est essentielle pour réaliser leur plein potentiel. S'il est possible qu'un chasseur puisse tirer à moins de 100 mètres, une balle d'expansion dure et contrôlée est nécessaire pour éviter que la balle ne se désintègre lorsqu'elle frappe un gros animal à proximité. En effet, une balle à longue portée tirée de près ou trop rapprochée peut causer des blessures inefficaces et entraîner la perte du gibier. Alors que les projectiles de 225 grains sont devenus les plus populaires de ces dernières années, les balles à 250 et 300 grains sont idéales pour tous les gros animaux, si l’on sait tolérer son recul.

Cela dit, même les moins puissantes (0,338 Win. Mag) atteignent la limite d'expansion à près de 600 mètres! Ils offrent plus de performances que la plupart des chasseurs n'auront jamais besoin. Si, toutefois, ils cherchent à pratiquer la véritable chasse à longue portée. En outre, actuellement sur le marché, ils pourront profiter de toute une gamme de balles spécialisées pour la très longue portée.

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une belle carabine pour pratiquer le  « Long Range Hunting »

 

Comme déjà dit, la .338 RUM est une cartouche de chasse puissante qui peut être utilisée comme une cartouche de chasse à longue portée, utilisant les projectiles les plus longs et les plus puissants. Néanmoins, il semblerait que le .338 Lapua ait plus d’intérêt à l’heure actuelle du seul fait de son histoire militaire, facteur qui crée toujours un intérêt civil.  La .338 Edge a également éclipsé la popularité de la .338 RUM. Mais aucune des deux cartouches ne doit être considérée exclusivement comme étant meilleure que la RUM.

Malgré leur grande performance, les .338 ne seront probablement pas aussi utiles que leurs cousines de calibre .30 pour une raison assez évidente : leur recul ! La .338 Win. Mag, la «plus soft» de toutes, frappe le tireur aussi fort qu’un Magnum .375, alors que les .338-378 et la .338 Lapua sont proches de la .416 Rigby. Un chasseur doit vraiment vouloir tirer un tout gros gibier à 800 mètres pour envisager de devoir passer à des calibres aussi puissants … ce qui est, vous l’avouerez, particulièrement rare en Europe ! Même les calibres les moins puissants (comme la .338 Win. Mag) atteignent la limite d'expansion à près de 600 mètres. Ils offrent donc plus de performances que la plupart des chasseurs n'auront jamais besoin !

Ceci dit, probablement que la .338 Remington Ultra Magnum est beaucoup plus précise et cohérente pour la chasse que la .338 Lapua ne fût-ce que parce que la .338 RUM est à pleine capacité avec un certain nombre de poudres appropriées, tandis que la .338 Lapua a tendance à n’être remplie qu’à environ 90%. Mais attention, utiliser beaucoup plus de poudre pour obtenir un peu plus de vitesse a un coût supplémentaire en recul et en souffle en sortie de bouche. A titre d’exemple, pour le .338 RUM, le recul « standard » pour une cartouche de 200 grains est déjà de 41,4 pi lb ! A titre de comparaison, voici les autres moyennes du recul pour chaque cartouche de même ogive tirée avec un fusil de 9,5 livres pour les calibres concurrents :

  • 31,8 pi lb pour le .338 Win. Mag.
  • 41,4 pi lb pour le .338 RUM
  • 43,8 pi lb pour le .338 Lapua
  • 50,4 pi lb pour le .338-378 Weatherby

En règle générale, un recul de 15 pi lb est considéré comme un recul suffisant pour affecter la précision de la plupart des tireurs. Moins le recul est important, plus le tireur est précis et, par conséquent, plus la cartouche est efficace. Et donc, une question que l'on pourrait également se poser serait de savoir pourquoi utiliser un .338 Lapua pour un fusil de chasse, alors qu'un .338 Rum peut être construit avec un fusil beaucoup plus facile à transporter qui délivrera une vitesse égale avec un recul moindre?

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

Les cartouches de calibre .338 pour le tir à longue distance suscitent un vif intérêt, et bien qu’il faille beaucoup de poudre pour pousser une balle de 250 à 300 grammes à des vitesses acceptables pour les tirs à longue distance, l'intérêt de la performance sur cible a dépassé l’inconvénient des coûts pour de nombreux tireurs TLD,  sans parler de l’intérêt que lui ont porté les forces de police du monde entier.

Cependant, ce serait une fausse idée que de penser que ces cartouches sont devenues des « must » pour le tir à 1000 Yds. Et il ne faudrait pas perdre de vue que, même si leur performance à 1000 Yds est excellente, il existe des moyens beaucoup plus efficaces et moins chers d’obtenir une performance balistique égale et parfois même supérieure à 1000yds. Par exemple, avec la 6.5 Creedmore pour ne citer qu'elle.

Mais là où les .338 brillent vraiment sur le plan balistique, c’est lorsqu’ils dépassent largement la barre des 1000yd.  Ils ont d’ailleurs été utilisés efficacement et avec une précision de 1 mille (1760Yds) et plus. Il y a néanmoins un consensus pour dire que la .338 Edge est la plus rapide, suivie de la .338 Lapua, avec le .338 RUM qui n’est pas très loin derrière, et si vous effectuez une recherche rapide, vous constaterez que la RUM et la Edge offrent une excellente précision à longue portée.

Néanmoins,  certains s’y sont laissés séduire pour des distances inférieures à 1000Yds et réalisent quand même de très beaux cartons. En voici quelques-uns :

 

Ici, une cible avec trois tirs à 100Yds

 

On voit effectivement le très beau groupement réalisé !

 

 

Le groupe reste très joli à 300 Yds !

 

 

Ici, un tir à 500Yds. Après un réglage lunette, on arrive à faire un beau groupe

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

 

Ici, la balistique pour la 250 gr – Vitesses, énergies, distances par type de balle.

 

 

 

 

Drops d’une Nosler Accubond .338 RUM 200 gr et de son homologue en .338 Winchester Mag. Zérotage à 100Yds

 

On constate que les drops restent identiques jusque 500Yds et  que la RUM prend l’avantage jusqu’au 1,200Yds

 

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org

 

Du tableau,  ressort la supériorité de la RUM sur la Winchester à tous points de vue, et ce, de 0 à 1,200Yds

 

 

 

 

Ici, un tableau comparatif de la cartouche avec ses concurrentes du point de vue des vitesses avec les  distances parcourues respectives.   On constate qu’elle prend l’avantage sur des distances de 925 à 1175Yds  sur toutes les autres cartouches sauf sur les Weatherby avec lesquelles, elle reste néanmoins très proche.

 

 

 

 

 

Ici, et sauf pour la .338 Win. Mag, on constate que son recul est pratiquement le plus faible.

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

On se souviendra que le calibre .338 Winchester Magnum a toujours eu tendance à dominer ses concurrents dans la gamme des cartouches .338 avec des balles de 180 à 250 grains prévues pour des tirs à très longues distances, et ce, avec des niveaux de recul justes acceptables pour un tireur aguerri. Mais bien que les cartouches de calibre .338 suscitent un vif intérêt pour le TLD ou la chasse à longue distance,  tout est loin d’être parfait, mais on peut s’avancer à dire que le calibre .338 RUM fait un peu mieux que le .338 Win. Mag mais que néanmoins,  il sera également coûteux à acheter et à tirer.

 Comme nous l’avons vu,  le calibre .338 RUM entre en compétition directe avec les calibres .338 Win Mag, le .338 Lapua Mag, le .338  Weath. Mag, le .338 Edge,  et même, le .338-378 Weath. Mag.  J’avoue ne pas être un très grand fan de ces cartouches, car elles n’offrent qu’un faible rapport bénéfice / coût par rapport à la .338 Winchester Magnum. Alors, bien évidemment, ces cartouches .338  « Super magnum » offrent des performances balistiques légèrement meilleures qu’elle,  mais ce serait oublier que c’est avec beaucoup plus de bruit, de recul, une disponibilité réduite sur le marché, et un coût considérablement accru. Blague dans le coin, le prix des munitions d'usine de .338 RUM commence aux environs de 4€ la cartouche.  Sans parler du problème de la disponibilité limitée ou sporadique de ces cartouches. Ceci dit, à chacun ses nécessités et ses contingences … .

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

http://www.bergerbullets.com/reloading-data/338-remington-ultra-magnum/

 

https://load-data.nosler.com/load-data/338-remington-ultra-magnum/

 

https://www.norma.cc/en/Ammunition-Academy/Loading-Data/338-Remington-Ultra-Magnum/

 

http://guide.sportsmansguide.com/ballisticscharts/

 

http://www.accuratereloading.com/338rum.html

 

http://www.rifleshootermag.com/editorial/ammunition_short_action_ultra_mag/83426

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=B7TBCLHyz0Y

 

https://www.youtube.com/watch?v=CN8OxhT_jVE

 

https://www.youtube.com/watch?v=L_5-YTTkF8I

 

https://www.youtube.com/watch?v=DoIoeqa0ZVY

 

https://www.youtube.com/watch?v=xdcoUbMKItc

 

https://www.youtube.com/watch?v=iwXjAWeXwjI

 

 

 

Pour accéder à la table des matières des articles déjà parus dans le blog, cliquer ici

 

 

 

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 09:37

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Une fois n’est pas coutume, je vous livre un article qui certes ne sera pas exhaustif, mais qui aura quand même le mérite de passer en revue huit des dernières nouveautés du marché en matière de carabines tactiques et/ou de précision sorties cette année et dont certaines pourraient faire la joie des tireurs TLD. Je m’attarderai davantage sur une d’entre elles,  car à mon sens, celle-ci dispose d’atouts vraiment déterminants. Il s’agit de la Sabatti Urban Sniper.

  

Bonne lecture

 

 

 

 

 

 

 

Les 8 carabines sorties récemment et aptes au TLD méritant d’être passées en revue

 

 

 

Le Lithgow Arms LA105 Woomera

 

 

 

Également connu sous le nom de «Woomera», le mot aborigène pour «lanceur de lance», le LA105 a été construit avec l'aide et les conseils de tireurs d'élite expérimentés des forces armées américaines et australiennes.

Calibre: .308 Win.

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 42,5 à 45 pouces

Poids: 11 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=J5Npi-MG-Y4

https://www.youtube.com/watch?v=65aMhR6kgbI

 

 

 

Le PRS Overwatch BAMF XL Cobalt Kinetics

 

 

 

 

Le PRS est la nouvelle référence en fusil semi-automatique à longue portée. Cette carabine est dotée d’un  déclencheur de qualité supérieure et de nombreuses autres améliorations et options haut de gamme, la carabine BAMF XL Overwatch PRS n'a besoin que d'une bonne lunette de tir pour vous accompagner sur un site de TLD.

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 46 pouces

Poids: 12 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et/ou ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=FCsuAg8X6_A

https://www.youtube.com/watch?v=GbJabb5Imaw

 

 

 

Le DoubleStar STAR10-BX

 

 

 

 

 

Désormais disponibles en 6.5 Creedmoor et 260 Remington, ces modèles STAR10-BX utilisent un canon en acier inoxydable de 22 pouces pour obtenir une vélocité accrue, et un très bon déclencheur CMC de 3,5 lb. Le STAR10-BX offre un bon exemple de la polyvalence de la plate-forme AR sans encombrement superflu.

Calibre: 6 mm Creedmoor ou . 260 Remington

Capacité du magasin: 20 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 45,5 pouces

Poids: 10 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=9sL9ovwu7ug

https://www.youtube.com/watch?v=cir1xw-TWP8

 

 

 

Le Kimber Advanced Tactical SOC II (FDE)

 

 

 

 

 

Bien qu’il s’agisse d’un fusil de type tactique, il a fait ses preuves dans les domaines de la chasse. Fait  main et offrant une multitude d’options conçues pour adapter le fusil à l’opérateur, l’Advanced Tactical SOC II bénéficie d’une garantie de précision inférieure à 0,5 MOA.

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 5 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 40 à 43 pouces

Poids: 11 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=tsJgEJ8mhlc

https://www.youtube.com/watch?v=iTHNmn-8LHU

 

 

 

Le Savage, modèle 10 GRS

 

 

 

 

 

Construit pour la précision sur de longues distances, ce fusil est doté de nombreuses caractéristiques qui améliorent la précision, notamment une crosse GRS entièrement ajustable, un canon lourd à cannelures et aussi sa détente Savage AccuTrigger réglable par l'utilisateur. Il existe dans les calibres 6.5 Creedmoor et .308 Win.

Calibre: 6 mm Creedmoor

Capacité du magasin: 4 cartouches

Longueur du canon: 26 pouces

Longueur totale: 46 pouces

Poids: 9 livres, 8 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=NVOynFMkENw

https://www.youtube.com/watch?v=caO2JMZuuA4

 

 

 

Le Springfield Armory Loaded M1A 6.5 Creedmoor

 

 

 

 

 

Réputée depuis longtemps pour son exactitude et sa précision, la série Loaded M1A propose désormais une variante 6.5 Creedmoor pour ceux qui aiment le calibre et cette cartouche. Entièrement réglable pour s'adapter au tireur, le Loaded M1A convient parfaitement aux longues distances.

 

Calibre: 6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 22 pouces

Longueur totale: 45 à 46,25 pouces

Poids: 11 livres, 6 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=54JMqe1bQsc

https://www.youtube.com/watch?v=J-guroZlWhY

 

 

 

Le Ruger Precision Rifle

 

 

 

 

 

Ce bijou  de précision est construit sur un châssis moulé en une pièce et est associé à une crosse entièrement ajustable, et à un canon forgé à froid, en outre, il possède un rail Picatinny de 30 MOA pour accueillir le montage lunette. C’est une très bonne carabine raison pour laquelle, j’envisage de lui consacrer un petit article dans les publications à venir.

 

Calibre:  6.5 Creedmoor

Capacité du magasin: 10 cartouches

Longueur du canon: 24 pouces

Longueur totale: 43.25 à 46.75 pouces

Poids: 10.7 livres

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=iV19nIPxJYU

https://www.youtube.com/watch?v=-pLSptz9fTY

 

 

 

Le Sabatti Urban Sniper

 

 

 

 

 

Sabatti n’est certes pas un nouveau venu dans le secteur, et il  produit d’ailleurs des armes à feu depuis 400 ans. Située à Gardone Val Trompia, dans le Nord de l’Italie, la famille Sabatti a créé sa marque dans les années 1700 en fabriquant des pistolets à silex et des canons de fusil. Aujourd'hui, Sabatti est toujours une entreprise familiale qui fabrique une gamme impressionnante de fusils de chasse, de compétition et tactiques, ainsi que des fusils de haute qualité pour les chasseurs.

Le nouveau Sabatti Urban Sniper est conçu pour la compétition, la précision et les tireurs à longue distance qui recherchent des capacités longues distances avec un fusil plus court. Pour les chasseurs, il sera idéal pour la chasse au sanglier.

Plus court, grâce à son canon de 20 pouces forgé à froid,  ce fusil est conçu et basé sur le système révolutionnaire de la géométrie multi-radiale de Sabatti (MMR). Le système MRR utilise deux rayons décalés qui donnent l'effet à la balle. Ce processus permet à la balle d’être  insérée de manière plus précise et sécurisée dans les rainures et de la « faire coller » plus parfaitement à l'alésage, l’"obligeant" ainsi à un meilleur alignement avec l'axe du canon, ce qui lui permet de stabiliser la balle en vol en réduisant ainsi les contraintes sur le projectile, et en produisant moins d'encrassement de cuivre,  tout en offrant une meilleure précision et une vitesse initiale accrue (jusqu’à 10 % de plus par rapport à un canon à rayure conventionnelle)  et ce,  sans trop de variations de pression. La réduction du frottement augmente également la durée de vie du canon et ralentit ainsi la dégradation de sa précision avec le temps.

Il incarne la nouvelle génération de carabine à verrou en matière de précision,  il est livré d’origine avec un frein de bouche et le système d’éjection latérale des gaz empêche la poussière ou d’autres éléments de gêner la vue de la cible après un premier tir.

 

 

Disponible dans les deux calibres .308 Win. et 6.5 Creedmoor, le fusil intègre une crosse composite « trou de pouce » réglable en nylon haute résistance chargé à 30% de fibre de verre qui augmente la résistance et réduit les vibrations. Celle-ci permet également de régler la hauteur de joue pour un ajustement parfait et des options de montage qui concourent à optimiser la précision du tir à la cible et de la chasse, et si vous devez porter le fusil à l'épaule, vous n'en souffrirai pas non plus.

Le fusil comprend une base de 20 MOA, et peut en outre, facilement être équipé d’un rail picatinny pour le montage d'un bipied et il est doté d'une poignée tactique interchangeable ainsi que d'un levier de dégagement de magasin externe particulièrement adapté aux rythmes plus rapides des compétitions. En effet, il s’agit d’un magasin tactique MD rapide avec un système externe de libération rapide.

 Il est livré dans un étui rigide et avec un chargeur de sept cartouches spécialement conçu pour le tir de précision. La carabine accepte d'ailleurs les magasins AICS et on peut parfois (selon les pays) se le procurer avec un chargeur 10 cartouches compatible Accuracy International ou en 5 cartouches sur le marché italien.

Sa crosse est assez courte pour que le tireur puisse l'adapter (surtout pour les personnes petites) et améliorer ses performances, en particulier pour le placement de tirs à partir d'une position couchée. La détente est calibrée à 1,2 kg,  et il offre des groupes de tir très compacts avec une dispersion de tir minimale et ce, même avec des munitions standard. Par ailleurs, il reste très compatible avec une grande variété d'accessoires (supports, etc.).

Enfin, last but not least, vous pourrez vous offrir cette carabine sans pour autant devoir casser votre tirelire puisqu’elle est vendue aux environs de 1.300€.

 

Caractéristiques :

 

Calibre: 6.5 Creedmoor et .308 Win.

Capacité du magasin: 7 cartouches

Longueur du canon: 20 pouces

Longueur totale: 41,5 pouces - 51 cm

Poids: 9 livres, 6 onces

 

Voir le fusil et ses caractéristiques : cliquer ici et ici

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=ZGaq1QC61cw

https://www.youtube.com/watch?v=QSYZNNEyzDk

 

 

 

Fin d'article - Info

 

Voilà,  je terminerai cet article en faisant un petit coucou à Nicolas qui se reconnaîtra, et en vous signalant que vous trouverez désormais, et systématiquement en fin d’article,  le lien qui vous permettra de basculer vers une page contenant une table des matières de tous les sujets (et de leurs liens) que j’ai traité depuis l’existence de mon blog.

Je pense que cela vous permettra d’éviter une recherche laborieuse,  de page en page, pour aller lire ou relire un de ces articles. Au surplus, certains d’entre vous m’ont fait remarquer que parfois les publicités apparaissent,  ça et là, et qu’elles entravent votre progression vers mes anciens articles, et ce notamment, à cause de certains navigateurs Internet (ou plutôt, de leurs add-ons) qui bloquent lesdites publicités mais également les autres matières. Je mettrai à jour cette table des matières au fur et à mesure des publications.

J’espère donc que ce nouvel outil permettra de vous assurer une navigation plus rapide et plus agréable tout au long mon blog.

 

 

Pour accéder à la table des matières des articles déjà parus dans le blog, cliquer ici

 

 

 

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:56

 

 

 

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Aujourd’hui, nous allons passer en revue une des cartouches qui fut longtemps considérée comme l’une des plus puissantes du marché. Il s’agit de la .300 Weatherby Magnum. La Weatherby reste néanmoins très populaire en tant que cartouche de chasse pour le gibier moyen à lourd, mais elle est également devenue une cartouche de chasse ou de tir à longue portée qui peut-être utilisée tant dans des fusils « d’usine » que dans des carabines personnalisées et destinées au TLD. Cette cartouche est devenue la plus populaire de toutes les cartouches Weatherby,  et on peut d'ailleurs dire à cet égard que la Weatherby .300  avait 50 ans d’avance sur son temps. Nous verrons le pourquoi du comment dans cet article.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Souvenez-vous, comme nous l’avons déjà évoqué lors de l’un ou l’autre article précédent, le .300 H & H Magnum sorti en 1925 a été considéré comme le premier magnum de calibre .30 à avoir réussi sur le plan commercial.  En effet,  à l'origine, le concept d'un gros calibre .30 cherchait à étendre la portée et à aplanir la trajectoire des balles destinées aux gros gibiers ainsi que d’augmenter la puissance vulnérante.

Quelques années après, un certain Roy Weatherby, universitaire de l’Université de Wichita de son état, travaillait pour la Southwestern Bell company avant de créer sa propre entreprise qui était une agence d'assurance performante,  mais en dehors de ses heures de bureau,  il s’intéressait également à fabriquer des fusils et des cartouches dans un petit atelier situé au sous-sol et qui n’était équipé que d'un tour Sears et d'une perceuse à colonne. Son premier projet devenu un vrai succès a été celui de la .220 Rocket.

Au milieu des années 40, Weatherby a cherché à développer d'autres idées, d’autres concepts, et d’autres cartouches, car si les vitesses pouvaient être augmentées de manière significative,  il pensait également pouvoir développer l’effet de choc hydrostatique d’une cartouche totalement innovante, avec comme corolaire, l'augmentation de sa capacité de destruction sur pas mal de gibiers tout en occasionnant également une perturbation majeure du système nerveux, et une augmentation conséquente du pouvoir létal de ladite cartouche.

Pour ce faire, il a élargi la douille de la .300 H & H, diminué la conicité du corps, conçu un épaulement à double rayon, et l’a « gonflée » pour qu’elle atteigne sa capacité maximale de poudre. C’est ainsi qu’il est parvenu à augmenter sa charge de poudre d’environ 16% et qu’il va appeler le résultat obtenu :  la .300 Weatherby Magnum, cartouche qu’il va introduire sur le marché en 1944.  Les munitions commerciales définitives deviendront disponibles dès 1948 … toutes chargées manuellement par Roy dans son magasin !

Ce faisant, Weatherby a créé ce qui allait devenir une entreprise américaine de référence dans le domaine des munitions et des armes à feu, … une entreprise familiale, qui porte d’ailleurs toujours son nom.          Son fils, Ed, ayant passé également sa vie dans l'entreprise familiale, a repris le flambeau dès les années 1980 et s'est imposé en traduisant la passion de son père en une entreprise prospère et tournée vers l'avenir, et c’est d’ailleurs grâce aux efforts de Ed, que la firme Weatherby a pu sortir l'un des premiers fusils à crosse synthétique sur le marché américain.

En fait, avec l’obtention de la vitesse plus élevée de sa cartouche, l’objectif de Roy Weatherby était atteint : la trajectoire était plus plate, ce qui aidait incontestablement les chasseurs à mieux placer leurs tirs sur de plus longues distances. En conséquence, le .300 Weatherby Magnum a attiré les chasseurs de gros gibiers du monde entier,  et le fait d’ailleurs toujours.

Elle a été testée avec succès pour le tir des grands mammifères africains. Des antilopes jusqu’au buffle en passant par les grands fauves, elle va se révéler très efficace. Sa véritable limite sera celle des pachydermes. Sur d’autres continents, elle a fait merveille sur les sangliers, les cerfs et autres élans. Malgré cette limite, la .300 Weatherby Magnum restera toujours une cartouche « virile », et est même devenue la cartouche la plus populaire de toute la gamme Weatherby. D’ailleurs, elle va se révéler historiquement responsable de l’initiation de la tendance générale aux cartouches ultra-rapides.

Par la suite, des modifications ont été apportées aux fusils Weatherby Mark V Magnum, augmentant encore leur efficacité, grâce notamment à un canon plus long (26 pouces en standard) avec un pas de rayure plus rapide (10 pouces) en lieu et place des anciens canons de 24 pouces qui avaient un pas de 12 pouces.

Weatherby a toujours affirmé qu’il s’agissait du fusil de calibre .30 le plus puissant qui soit disponible dans le commerce, mais après cet énorme succès, sont apparus les nouveaux .300 RUM et .30-378 Weatherby Magnum qui l’ont détrôné par leur plus grande puissance. Mais de fait, jusqu'à ce que John Lazzeroni annonce son Warbird 7,82 en 1995, et bien entendu,  l'apparition du Weatherby .30-378 en 1997, on pouvait effectivement dire que le Weatherby .300 était le plus puissant .30 chargé en usine.

On notera enfin qu’on ne retrouvera jamais ce prodigieux calibre chambré dans une arme à canon court et encore moins dans une arme semi-automatique pour lesquelles il n’est pas absolument pas fait ! Une arme chambrée en .300 Weatherby Magnum a presque toujours un canon long (indispensable pour une munition à poudre lente) et est toujours une arme à verrou.

 

 

La cartouche

 

 

 

Roy Weatherby a initialement mis au point trois cartouches au milieu et/ou la fin des années 1940. Il s’agissait de la .220 Rocket, basée sur la douille de la .220 Swift, et des deux premières de la gamme de magnums Weatherby,  à savoir la .257 WM, et la .270 WM. Par la suite, Weatherby a également développé la .300 WM avec une vitesse initiale de plus de 3500 fps avec une balle de 150 grains,  près de 3400 fps avec la 165 grains,  3250 fps de vitesse en sortie de bouche avec la 180 grains, et plus de 3.050 fps avec l’ogive de 200 grains. Ces cartouches transportaient plus d’énergie que ses concurrentes avec des énergies d'impact supérieures à une tonne à 500Yds, et surtout, luttaient plus efficacement contre le vent que la plupart des autres .30.

On retiendra également que le recul de la .300 Weatherby, bien qu’il soit substantiel voire même excessif pour de nombreux tireurs, reste gérable sans frein de bouche,  et notamment, grâce à la crosse du fusil Mark V et son canon standard de 26 pouces qui contient le souffle. Mais à chacun sa conviction … .

Ces dernières années, Remington, Winchester et Ruger ont fabriqué des carabines de ce calibre, et la plupart des grands fabricants de munitions fournissent maintenant des cartouches Weatherby d’usine. Contrairement aux autres calibres Weatherby. Les cartouches originales Weatherby étaient chargées chez Norma, et Norma fabrique d’ailleurs des douilles de très bonne qualité.  Mais depuis 2016, et c’est la première fois depuis plus de 60 ans,  les munitions sont à nouveau chargées et produites au siège de la société. Enfin, des douilles Remington et Federal sont également disponibles dans ce calibre.

Bien que les fusils Weatherby aient été fabriqués en Californie, au Danemark, en Finlande, en Allemagne et au Japon,  les Mark V sont désormais fabriqués exclusivement aux États-Unis depuis 2011. Aujourd'hui, l'usine de Paso Robles assemble tous les fusils Mark V.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

 

 

 

Comparaison de la .300 Weatherby Magnum avec ses cartouches concurrentes

 

 

Avec de G à D: la 30-06 Springfield, la .300 Ruger Compact Magnum, la .300 WSM, la .300 Winchester Magnum, la .300 Weatherby Magnum et une .300 Remington Ultra Mag.

 

 

Ici sa comparaison avec de droite à gauche :

Une .308 Win, une 30-06 Springfield, une .300 Weatherby Magnum et une .300 Remington Ultra Mag.

 

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

 

 

 

Ici, une boîte de .300 WBY MAGNUM en 165 grains

 

 

 

Rechargement

 

Il existe une grande variété de choix pour les « reloaders » qui souhaitent fabriquer leurs  cartouches et que ce soit pour des distances proches ou pour la chasse ou le tir à longue distance. Notons que les balles lourdes ne doivent pas nécessairement être enfoncées profondément dans l'étui .300 Weatherby Magnum, comme c'est le cas avec les cartouches Magnum courtes, ou même avec la longueur standard de la .300 Win. Mag.

Comme avec la plupart des calibres Weatherby,  les poudres fonctionnent généralement mieux avec des poudres à combustion moyenne ou lente du type VIHT N-165, IMR 4831, H4350, H4831, et RL-22 qui seront des bons choix pour les balles dans la gamme des 150-180 grains.

Utilisées avec un canon standard de 26 pouces, les vélocités réalistes produites pour la .300 Weatherby sont respectivement de 3450fps avec des balles de 150gr, de 3300fps avec des balles de 165-168gr, de 3250fps avec des balles de 178-180gr, de 3150fps avec 190 gr, de 3050fps avec une 200 gr, de 3000fps avec une 210gr, et de 2900fps avec une 220 grains.

Comme à l’accoutumée, il vous est fortement conseillé de consulter au préalable votre armurier ainsi que les tables de rechargement adéquates avant de faire toute tentative hasardeuse, et par conséquent, potentiellement dangereuse !

Mon conseil est toujours de commencer avec des charges d’au moins 5 % en dessous des minima indiqués dans les tables de rechargement. De plus, si votre canon mesure 24 pouces, ne soyez pas surpris si les vitesses ne sont pas égales à celles obtenues avec des canons de 26 pouces, ceux-ci occasionnant une différence considérable, en particulier avec les poudres à combustion lente. En moyenne, les munitions de l’usine Weatherby sont chargées à des pressions de chambre plus élevées que les cartouches Remington ou Winchester Magnum. La cartouche Remington peut être chargée à la main pour l'égaler voire, dépasser la puissance de la .300 Weatherby.

Enfin, et contrairement aux petits .300 Magnums,  le .300 Wby. est un véritable calibre d’ultra longue portée lorsqu'il est utilisé avec des balles de 150 à 165 grains.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Pendant près de 50 ans, la Weatherby Magnum .300 a remporté le titre de cartouche commerciale de calibre .30  la plus rapide, dépassant la .300 Winchester Magnum et égalant la valeur balistique du gros Remington Magnum de 8 mm. Plus récemment, on a assisté à l'introduction de plusieurs nouveaux calibres concurrents, mais qui sont souvent considérés comme de véritables « brûleurs » de canon. Les versions .30-378, .300 Pegasus et Lazzeroni 7.62 de Weatherby sont plus rapides que notre .300 WBY Mag. Nous avons connu aussi l’avénement de la .300 Remington Ultra Mag et de la .300 Dakota qui sont à peu près égales du point de vue balistique à la .300 Weatherby avec un canon de 26 pouces.

La .300 Weatherby Magnum est une cartouche très puissante, chargée d’une balle à 220 grains, elle délivre 2 tonnes d’énergie en sortie de bouche, vous permettant ainsi de chasser en toute sécurité tous les gibiers.

Malheureusement, elle est bien connue aussi pour son recul important et ne fera pas le bonheur des tireurs  qui anticipent mal un tel recul. Une bonne idée pour continuer à tirer avec cette carabine est de la charger dans la fourchette de poids d’ogives des 130 grains,  et de faire quelques exercices de tirs avant de se rendre sur le terrain. Ceci dit, son recul est tout à fait tolérable pour un homme de grande taille ou un homme plus petit avec un coussinet de recul sur le fusil ou porté à l'épaule.

 

Ici, un tableau comparatif de son potentiel avec ceux de ses concurrents les plus connus.

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

Ici, une chasseuse en situation de « Long Range Hunting »

 

Réalisant que le .300 Weatherby est avant tout une cartouche pour le gros gibier, la sélection des balles appropriées au gibier et au terrain est de la plus haute importance. La question de la taille, du poids et de la ténacité d'un animal est bien sûr, primordiale mais ne constitue guère la seule considération. La distance à laquelle le tir est susceptible d'être fait, et par conséquent, la vitesse et l'énergie restantes de la balle imposent également des contraintes à la construction de la balle.  En effet, si les balles ont une gaine trop fine, elles risquent de se désintégrer prématurément, surtout si la vitesse est élevée et que l'animal est proche, et trop lourdement gainée,  elle peut glisser jusqu'au bout de sa trajectoire sans expansion suffisante.

Alors que certains modèles de balles comme le SST de 165 grains peuvent s'avérer être des tueurs spectaculaires  du gibier léger, les résultats sont souvent les mêmes que ceux obtenus avec la .308 Win et le .30-06,  et a fait ses preuves sur tout gibier compris entre 80 et 150kg.

D’autre part et à titre d’exemple, avec une 180 grains,  lorsque la balle touche la poitrine d’un cerf à 300 mètres, elle crée une pression hydrostatique suffisante que pour le faire tomber, sans pour autant ruiner la viande,  tandis qu'un chasseur qui tire un cerf à l'épaule avec une .243 va abîmer beaucoup plus la viande, et encore plus s'il y a nécessité de prendre un deuxième ou un troisième coup final. D’autre part, on peut dire que cette cartouche est la balle dont vous avez besoin de tirer un cerf jusqu'à 500 Yds de distance. Enfin, chargée d'une balle de 150 grains, la .300 Weatherby  est un tueur spectaculaire pour le gibier léger à moyen et chargée d'une ogive de 200 à 220 grains, elle peut être utilisée avec succès sur les très gros gibiers, et ce, jusqu’à plus de 1.100 Yds de distance !

L’intérêt majeur de la .300 Weatherby Mag.  réside dans sa capacité à neutraliser efficacement une grande variété d’espèces de gibiers et des poids corporels allant même au-delà de 1.000 kg. Cependant, il faudra toujours garder à l’esprit que la  .300 Weatherby ne peut pas faire tout cela avec une seule charge, et qu’elle ne peut être exploitée que pour une précision combinée à des projectiles adaptés au travail à effectuer.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

La .300 Weatherby Mag  a une balistique plus plate que n’importe quelle autre cartouche non « wildcat » et aujourd'hui, nous assistons à un renouvellement de sa popularité, car elle est prisée et tirée par une nouvelle génération de tireurs cherchant à maximiser leur précision sur des distances de plus en plus longues (voir liens vidéos joints en fin d’article).

Les tireurs de cette catégorie testent leurs compétences sur les champs de tir où se déroulent des compétitions de tireurs d'élite et/ou de tireurs de type tactique, ou encore sur des terrains de chasse au gros gibier qui, en raison des conditions environnementales et de distances étendues,  offraient anciennement peu de chances de réussite.

 

 

Ici, une cible avec 3 tirs à 100 Yds

On voit effectivement le beau groupement réalisé

 

 

Ici, cinq autres tirs bien groupés à 100 Yds

Il n'est pas rare d'obtenir une précision de 1/2 de MOA avec cette cartouche

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

 

 

Ses performances balistiques basées sur cinq types de poids d’ogive donnent les couples vitesses-poids suivants : 3 550 pieds / s (150 gr), 3 390 pieds / s (165 gr), 3 250 pieds / s (180 gr), 3 060 pieds / s (200 gr) et 2 845 pieds / s (220 gr) ce qui fait du .300 Weatherby Magnum,  un favori pour les chasseurs au gibier de taille  moyenne à grande à travers le monde. Jouissant d’un coefficient de balistique élevé (BC), cette cartouche est également connue pour sa popularité auprès de certains clubs de tir Bench-rest et lors de compétitions de pratiquants du TLD sur 1.000 yds.

Quant aux chasseurs qui pratiquent le LRH (Long Range Hunting), ils sont ravis que les balles de 150 grains peuvent neutraliser un gibier de taille moyenne à des distances inférieures à 300 mètres et que les ogives les plus lourdes, comme les 180 grains, peuvent neutraliser du plus gros gibier sur des distances allant de 300  à 1.000 Yds !

 

 

Ici, le tableau de l’étendue de la balistique pour une 180gr jusqu’à 600 Yds

 

 

 

 

 

Ici, le drop d’une .300 Weatherby Mag Nosler Partition 150gr versus  celui d’une .308 Win. Ultramax150gr.

 Zérotage fait à 100Yds

On remarque la très nette supériorité de la .300 Weatherby Mag  sur la .308 Win à partir des 300Yds.

 

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org (site)

Ici, on peut voir la supériorité de la .300 Weatherby Mag  tant du point de vue de la vitesse que de l’énergie

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Le .300 Weatherby est incontestablement la cartouche Weatherby la plus réussie, la plus équilibrée de la gamme, la plus populaire, et en même temps, l’une des plus controversées de ces 50 dernières années. Avec cette cartouche, le gibier moyen à lourd peut être chassé sur pratiquement toute distance, y compris sur les très longues distances ... ce qui, pour celui qui veut chasser partout dans le monde et n’emporter qu'un seul fusil, peut constituer un choix déterminant, pratique et logique.

L’amélioration de sa balistique à longue portée suscite un intérêt toujours croissant et est d’ailleurs alimentée depuis quelques années par l’introduction de nouvelles cartouches toujours plus efficaces. En effet, les balles modernes de haute qualité,  caractérisées par des coefficients balistiques élevés améliorent encore ses performances.  Exemple,  Weatherby a lancé sur le marché la cartouche de 6,5 mm la plus rapide au monde, … la cartouche de 6,5 en .300 Wby. Mag.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

http://www.weatherby.com/300-wby-mag.html

https://www.barnesbullets.com/files/2014/11/300WbyMagWeb.pdf

https://www.safariclub.org/what-we-do/media/hunt-forever-blog/hunt-forever/2017/02/09/hunting-with-the-new-weatherby-6.5-300

https://www.vihtavuori.com/reloading-data/rifle-reloading/?cartridge=24

https://www.magzter.com/articles/7147/191493/5863be93d1ee0

http://www.petersenshunting.com/gear-accessories/versus/300-wby-mag-vs-375-hh-whats-the-best-elk-cartridge/

http://bulletin.accurateshooter.com/2009/05/ken-brucklacher-sets-1000-yard-score-record-100-8x/

https://www.chuckhawks.com/all_around_cartridges.htm

http://www.bergerbullets.com/barnes-tests-proves-why-berger-hunting-vlds-are-so-successful/

https://gunnewsdaily.com/300-win-mag-vs-308-win-mag/

http://www.rifleshootermag.com/ammo/comparing-american-and-european-rifle-cartridges/

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=t_ujHLEvBeI

https://www.youtube.com/watch?v=AxTAP_aiRV8

https://www.youtube.com/watch?v=xgn2jOPClBU

https://www.youtube.com/watch?v=JRrM1e38XqQ

https://www.youtube.com/watch?v=UgIWDpxvFJU

https://www.youtube.com/watch?v=hDSLu0RNjoU

https://www.youtube.com/watch?v=-ZOuXv3STcs

 

 

 

 

A bientôt,

 

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 18:32
La 7mm Remington Magnum
La 7mm Remington Magnum
La 7mm Remington Magnum

Chers lecteurs,

 

 

Nous voici arrivé à un moment où les vacances commencent déjà à se faire oublier, toutefois et si on veut positiver,  c’est aussi le moment de la reprise de nos entraînements de tir et/ou de la chasse,  et donc l’occasion d’évoluer davantage dans nos passions. Pour vous accompagner dans cette évolution, je vous propose un nouvel article qui est consacré à l’étude du 7mm Remington Magnum, calibre que nous avions quelque peu laissé de côté jusqu’à présent. Cet article est donc censé s’adresser tant aux chasseurs qu’aux tireurs TLD.

 

 

 

 

 

Bonne lecture et encore merci pour votre fidélité.

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

 

Il n'y a aucune cartouche actuelle avec autant de passé et de prestige que la 7mm Rem Mag. En effet, les histoires qui se cachent derrière cette munition unique remontent aux débuts du XXe siècle, époque à laquelle les inventeurs dans le domaine de l'armement recherchaient une cartouche de 7 mm capable de grande vitesse et de rechargement rapide. Mais il faudra attendre longtemps avant que le 7mm Rem Mag ne prenne vraiment vie en 1962.

Souvenez-vous lors d’articles précédents, nous avions vu que les frères Mauser avaient conçu la cartouche 7x57 pour l'utiliser dans leur fusil militaire M93 à verrou, les excellentes qualités inhérentes au diamètre d'alésage de 7 mm sont vite apparues très intéressantes aux yeux des concepteurs de cartouches partout dans le monde. Il s'agissait d'une cartouche qui produisait une trajectoire plus plate que la plupart de ses concurrentes,  avec une dérive de vent minimale,  et une performance potentielle terminale optimale sur des distances plus importantes. À la suite de ces découvertes, d’autres concepteurs de cartouches ont commencé à l’expérimenter avec des étuis (douilles) plus grands pour en maximiser les performances.

Les anglais étaient également très intéressés d’obtenir des balles de 7 mm à des vitesses maximales.  Holland & Holland a présenté le .275 H & H Magnum en 1912, et l'armée britannique a tenté de poursuivre avec la création de sa cartouche prototype .276 Enfield et le fusil P14 pour mieux charger ce grand magnum de 7mm. Malheureusement pour les concepteurs d'Enfield, la guerre a stoppé toute expérimentation ultérieure.

Le design de calibres métriques en Amérique a toujours semblé poser problème à nos amis anglo-saxons. C’est sans doute parce qu'ils ne s’en sortent pas très facilement avec notre système décimal. Peu importe la raison, les premiers 7mm Magnum vraiment puissants furent les 7x61 Sharp et Hart ainsi que le 7mm Weatherby Magnum, deux inventions américaines, introduites au début des années 1950 sauf que, même si c’étaient des cartouches de très bonne qualité,  aucune d'entre elles n’a fait l’objet d’une offre grand public, limitant ainsi la disponibilité de ces munitions, et par conséquence, un prix prohibitif.

Par la suite, l'auteur américain Warren Page du magazine des armes à feu « Field & Stream » a promu l'idée que l'Amérique avait nécessairement besoin d'une cartouche Magnum 7mm standardisée qui devait pouvoir être tirée facilement avec n'importe quel magasin dans un fusil de production standard qui serait disponible à l'achat dans la plupart des magasins d'armes à feu à travers tous les États-Unis.

Page avait écrit l'article à la suite de son expérimentation avec Art Mashburn. Il a demandé à ce dernier de personnaliser son fusil pour pouvoir charger le 7mm Mashburn Super Magnum. Mashburn s'est conformé à ses désirs et le résultat a débouché sur un fusil parfait pour la chasse au gros et moyen gibier, car son nouveau mécanisme a permis de sortir une balle de 160 grains à une vitesse d'environ 3600 fps.

Impressionné par l'idée de Warren Page,  Les Bowman a également eu l’idée de transformer l'une de leurs cartouches en  un 7mm. Plus précisément, il a transformé le .338 Win Mag en 7mm. Le résultat a été nommé le .280 Remington Magnum. Les niveaux de recul étaient à peu près les mêmes que ceux du populaire .30-06, mais le 7mm produisait une trajectoire beaucoup plus plate et une excellente performance. Bowman a ensuite montré la cartouche modifiée à son ami Mike Walker de chez Remington qui a aussi aimé l'idée et qui l'a expérimentée pendant un bon moment.

En 1962, après de nombreuses expériences au ranch Bowman, Remington sortit le 7 mm Remington Magnum. La cartouche est rapidement devenue un succès, surpassant ainsi les concurrents de longue date sur le marché tels que la .264 Winchester Magnum, et est même devenue l'une des cartouches des plus populaires des États-Unis, mais également avec une forte présence partout ailleurs dans le monde.

Le 7 mm est disponible  dans une large gamme de configurations de fusils.  Les longueurs de canon diffèrent également d'un fabricant à l'autre. Pendant de nombreuses années, une longueur de canon commune pour les fusils sportifs était de 24 pouces mais celui-ci est légèrement trop court pour en obtenir une performance optimale, non seulement en raison de la réduction de 70 fps de sa vitesse, mais aussi parce qu’un canon un peu plus court provoque à la fois plus du bruit et plus de recul. Plusieurs fabricants continuent de produire des canons magnums de 24 " alors que la longueur optimale du canon est, pour une utilisation normale,  de 26" et jusqu'à 28 " pour les chasseurs de LRH (Long Range Hunting) et les amateurs de TLD.

La 7 mm Remington Magnum reste actuellement une cartouche de chasse au gibier de taille moyenne extrêmement populaire qui fonctionne exceptionnellement bien sur de longues distances. Elle a même été utilisée à un moment donné par les services secrets américains pour des opérations spéciales. Aujourd’hui, elle est encore très appréciée par les tireurs TLD comme vous pourrez le voir dans les vidéos proposées en fin d’article.

 

 

La cartouche

 

 

Comme vu précédemment, elle est apparue en 1962, introduite avec le fusil Remington modèle 700.          En comptant sur le succès du trio des Winchester Magnums - .264, .338 et .458 - qui ont été introduits dans les années 1950, Remington a utilisé la même formule pour son 7mm Rem. Mag. Utilisant l’étui de la .375 H & H mais en plus épais et à forte inclinaison laissant beaucoup plus de place pour la poudre, offrant ainsi une augmentation considérable de la vélocité par rapport au 7x57 mm Mauser, ainsi qu'une amélioration de la balistique par rapport à la .280 Remington.

Elle peut tirer pleinement parti des balles les plus lourdes de la gamme 7mm, avec des ogives de 175 grains et un peu moins de 2800 fps de vitesse en sortie de bouche, ce qui constitue une bonne charge pour les plus gros gibiers. Son recul est juste un peu moindre que celui de la .300 Magnum. La 7mm Rem. Mag. convient parfaitement à n'importe quelle type d’action au format général .30-06. À ce jour, et pour ces raisons,  elle se classe toujours très haut dans les records de ventes de la plupart des fabricants de munitions.

D’ailleurs, l'un des objectifs de Remington dans la conception de cette cartouche était de reproduire les niveaux de puissance et de recul du .30-06 afin d’en garantir l’assentiment général des chasseurs.

Les chargements traditionnels commerciaux de la 7mm Rem. Mag, et qui font unanimité dans les choix des chasseurs, sont la 140 grains Core-Lokt annoncée à 3175fps, la Core-Lokt 150 grains à 3110fps, et la Core-Lokt 175 grains annoncée à 2860fps. La Core-Lokt traditionnelle est l'une des meilleures balles conventionnelles qu’on trouve facilement sur le marché. Elle est peu coûteuse tout en offrant une mise à mort rapide ainsi qu’une une pénétration adéquate. La balle de 150 grains est polyvalente et fiable,  mais a un faible coefficient BC.  La balle de 175 grains fait également de l’excellent travail et constitue une bonne charge pour le plus gros gibier.

 

Rechargement

Les vélocités supérieures avec des balles plus lourdes sont obtenues avec des propulseurs à combustion très lente dans la catégorie des H-1000 / IMR-7828 / Reloder 25, et autres plus lentes. Les balles plus légères aux environs des 150 grains vont mieux avec des poudres lentes normales, exemple,  la catégorie 4831.

Il est toujours conseillé aux reloaders de commencer leur expérimentation avec des propulseurs à grains compacts, ou même avec des versions à billes. Je ne peux que vous conseiller de vous en référer aux conseils de votre armurier ainsi qu’aux manuels de rechargement qui contiennent toutes les données mais toujours en respectant toutes les normes de sécurité !

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison (à gauche) avec une 7mm-weatherby, une 300 Win Mag et une 300-weatherby

 

 

Ici, la cartouche avec une ogive de 150, 160, 165 et 175 grains

 

 

Ici sa comparaison avec une 7x57 et une 7 WSM.

 

Ici, la cartouche, son ogive et son culot

 

La douille

 

 

Le culot

 

 

Ici, une boîte de Express Core-Lokt en 150 grains

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

Il n'aura pas fallu longtemps pour que la 7mm Rem Mag gagne en popularité dans le monde de la chasse après son introduction sur le marché. Les chasseurs se sont rapidement rendu compte que le 7 mm RM était en mesure d'égaler et d'exceller dans plusieurs catégories balistiques par rapport aux autres cartouches populaires de l'époque,  y compris le .30-06, et d'autres magnums apparus dans la décennie précédente. Il est d’ailleurs encore resté pertinent après l'introduction son plus grand rival, le .300 Win. Mag,  tant ce petit magnum offre aux tireurs d'excellentes performances balistiques, et que sa charge de poudre accrue fournit également la puissance d’arrêt nécessaire pour les gros gibiers.

Avec un large choix de projectiles, la 7mm Remington Magnum est un calibre très polyvalent et plat qui a maintenu sa popularité de manière constante. Néanmoins, sa popularité est principalement axée sur la chasse au gibier de taille moyenne à grande. La 7mm Remington Magnum trouve également quelques amateurs parmi ceux qui apprécient sa bonne balistique pour pratiquer le TLD ou encore le Bench-Rest.

Balistiquement parlant, elle est plus puissante que la cartouche Springfield 30-06 et utilise une balle de diamètre légèrement plus petit. À des distances extrêmes, la conception des balles est très importante, et les balles avec un coefficient balistique élevé amortissent mieux le vent et perdent de la vélocité plus lentement que les balles à faible BC. La .30-06 est, comme son nom l'indique, une balle de calibre 30 avec une balle de .308 " de diamètre tandis que la 7mm Rem mag est légèrement plus petite à .284 ".

La longueur de l’étui  de ces deux cartouches ne diffèrent que de 0,006 ", mais la 7mm Rem Mag a une base beaucoup plus large que la cartouche Springfield .30-06. Cela permet au 7mm Rem Mag  de prendre une quantité plus généreuse de poudre. Cet espace supplémentaire et l'augmentation de la charge de poudre du 7mm Rem Mag qui tire des balles de taille similaire au .30-06 améliorent beaucoup ses caractéristiques balistiques.

 

 

Comparaison des vitesses par poids d’ogive et calibre

 

 

 

 

Ici la comparaison de son drop avec celui d’une .300Win Mag

 

On constate que les deux cartouches ont des trajectoires identiques jusqu’à 700Yds !

 

 

Tableau comparatif de son potentiel long range avec ceux de ses concurrents les plus connus.

 

La 7mm Rem. Mag. est une grande cartouche pour la chasse au cerf, par exemple. La plus grande capacité de la cartouche signifie qu'elle est capable de tirer un projectile beaucoup plus vite qu'une cartouche plus petite et plus efficace, comme la 7mm -08 Rem. Mais cette puissance supplémentaire a un prix, et parce qu'elle est plus efficace, la plus petite 7mm-08 a une courbe de trajectoire qui est très proche du magnum mais hélas, jusqu'à seulement 200 yards.

Comme beaucoup de ses calibres frères, le 7mm Rem Magnum met à rude épreuve le canon qui le tire, ce qui contribue également à réduire sa durée de vie mais aussi à une consommation de poudre importante.  L'érosion du canon commencera déjà à se faire sentir après environ les 1500 coups, et les pessimistes évaluent sa durée de vie généralement entre les 1500 et 3000 coups en fonction de la charge des munitions tirées et de la qualité  du canon. Cela dit, à moins d'utiliser votre fusil sans arrêt pendant des dizaines de jours, cela pourrait facilement s'étendre sur une durée de 15 ans de chasse !

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

Ici, une belle carabine en situation de « Long Range Hunting »

 

La 7 mm Remington Magnum est définitivement l'une des cartouches de moyenne portée des plus efficaces et polyvalentes disponibles pour les chasseurs du monde entier car elle est la plus à l'aise en pleine campagne, tout comme dans les plaines et les montagnes, où les tirs à longue portée et la distribution substantielle  d'énergie vers le bas sont essentiels. C'est sans aucun doute la norme qui permet de la juger comme très bonne parmi tous les calibres à gros gibiers de longue portée, et qui jouissent d'une bonne réputation.

Exemple, avec une ogive de 140 grains, entraînée à des vitesses comprises entre 3200 et 3300fps, la 7mm RM occasionne  un traumatisme extrême sur gibier à corps léger et sur des distances supérieures à 400 Yds (366m). Ce poids de balle a tendance à perdre sa capacité à produire de larges blessures à des distances d'environ 650 mètres. Dans le cas d'un gibier de taille moyenne, la balle de 140 grains peut produire des performances inférieures à la performance idéale, mais la blessure et la pénétration peuvent néanmoins être adéquates, même si les résultats peuvent parfois être erratiques.

Chargée de balles de 150-154 grains et tirée entre 3100 et 3200fps, la 7mm RM est dévastatrice sur une large gamme de distances et parfois mêmes supérieures à 900 yards. Ce poids de balle est plus polyvalent que le poids plus léger de 140 grains, mais il est encore quelque peu limité sur un grand gibier à corps épais, bien que la blessure et la pénétration soient plus uniformes. Ce poids de balle convient mieux au gibier pesant moins de 80 kg.

Les ogives allant de 160-180 grains sont les balles les plus polyvalentes. Les projectiles de 7 mm lourds peuvent être utilisés sur les animaux les plus légers jusqu'à 320 kg, pour une neutralisation rapide jusqu'à 1.000 mètres, et sont capables de produire une pénétration adéquate mais pas de blessure importante par rapport aux poids corporels. Pour cette raison, si le 7mm doit être utilisé sur de gros animaux lourds, les coups de cou et de tête sont les moyens les plus éthiques d'obtenir des morts rapides. Pour les coups de poitrine ordinaires, le calibre .30 et les alésages moyens fournissent des blessures beaucoup plus larges à travers les tissus vitaux. Un choix souvent unanime est la 168gr HSM Trophy Gold VLD de chez Berger car elle couvre à peu près tout ce qu'on peut chasser en Europe. Elle a également un recul très correct pour une magnum. En ce qui concerne la balistique, cette balle a des notes supérieures dans les catégories vitesse, BC et trajectoire par rapport à bien d'autres. Cela en fait un très bonne cartouche pour chasser un plus gros gibier à de plus grandes distances. La balle VLD Berger est excellente pour une expansion contrôlée et une pénétration profonde.

Quant aux autres balles situées entre 110 et 150 grains, leur vitesse varie de 3200 à plus de 3300 fps. Elles sont recommandées pour chasser le gibier léger, mais pas à plus de 650 Yds, car c'est à cette distance-là qu'elle perd un peu de son punch.

Enfin, si vous souhaitez utiliser des balles plus légères sur des espèces plus petites, les balles à 139 et 140 grains font un excellent choix.

Comprendre l'efficacité balistique et la conception des cartouches est important pour les chasseurs. Dans n'importe quelle situation de chasse, ils sont confrontés à plusieurs variables qui, lorsqu'elles sont combinées, se traduisent par le succès ou l'échec d'un tir. Le tout sera donc d’adapter au mieux sa munition à la situation de chasse !

 

Tableau indicatif des polyvalences des cartouches par type de gibier

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

 

Alors que la Remington Magnum est plus considérée comme une cartouche de chasse, il y a également une place pour elle sur cibles. Grâce à ses caractéristiques balistiques, il lui est possible de réaliser de beaux cartons y compris à longue portée et ce, même avec des cartouches d'usine. A titre d’exemple,  la  Hornady Superformance SST 162gr donne de très bons résultats. Avec sa vitesse de 3030fps et son haut BC (0,55), elle est une excellente balle d'usine que l’on peut même utiliser en compétition. Comme toute charge d'usine, sa trajectoire diminue un peu lorsque l’on atteint la barre des 600-700 Yds, mais c'est normal. En ce qui concerne son recul, il est plus que gérable. Mais pour obtenir de bonnes performances à des distances supérieures ou égales à 1000 yards, vous devrez impérativement recharger vos propres cartouches.

La trajectoire de la balle est ce que chaque tireur de compétition ou chaque chasseur de chaque niveau se doit de connaître, et notamment, en comparaison  de cartouches différentes. Plus importante encore, est la façon dont une balle plane sur une distance donnée. Moins une balle tombe pendant son vol, plus il est facile de faire des ajustements précis pour les coups de plus longue distance. Corollaire, cela peut aussi occasionner un peu plus d'erreurs, surtout dans les situations où vous n'avez pas le temps de mesurer la distance exacte à la cible, comme c'est souvent le cas dans les situations de chasse.  Au plus le coefficient balistique (BC) est élevé, au plus la balle est à même de résister aux effets du vent pendant le vol. Théoriquement, plus une balle est efficace pour couper le vent,  plus elle sera précise.

 

Ici, une cible avec trois tirs d’une 180 grains à 100Yds

 

On voit effectivement le beau groupement réalisé

 

 

 

Ici, trois autres tirs bien groupés

 

Il n'est pas rare d'obtenir une précision de ¼ de MOA avec de très petits groupes à 100 Yards

 

 

Ici, un groupe de 3 coups réalisés avec une Berger Hunting VLG 168gr.

 

 

 

 

 

La balistique en quelques chiffres 

 

 

 

 

 

Toute cartouche de calibre .30 fournit plus d'énergie qu'une cartouche de 7 mm comparable. Exemples, une 7mm-08 contre .308, une .280 Rem. versus une .30-06, une 7mm STW versus  une .300 Wby ou encore,  une 7mm Ultra Mag versus une .300 Ultra Mag. Cependant, cette augmentation d'énergie s'accompagne d'une augmentation du recul qui peut même atteindre 30% de plus que pour une 7mm.

Si vous poussez une balle de .308 de densité sectionnelle et de coefficient balistique comparable, et sur la même trajectoire qu’une .284,  elle arrivera avec environ 15% d'énergie en plus, mais elle génèrera aussi près de 30% de recul en plus, en supposant par ailleurs pour la comparaison, des fusils de poids égal.

Au final, c’est vous qui verrez, car la seule raison logique qui vous poussera à choisir un calibre .28 plutôt qu’un .30  sera directement en relation avec la question de savoir de quelle performance balistique vous aurez besoin pour faire le travail, et bien sûr, ce que vous serez prêt à payer pour obtenir une diminution du recul. Mais, encore une fois, d'un point de vue purement balistique, tout ce que le 7mm peut faire, le .30 peut le faire en mieux. C’est-à-dire, avec un plus grand trou et plus d'énergie délivrée, toutes choses égales par ailleurs.

 

Ici, le tableau de l’étendue de sa balistique

 

 

 

 

Ici,  sa comparaison (vitesse et coef. bal.) par marque avec la 300 Wing. Mag

 

 

Drops d’une 7mm Rem. Core-Lokt 175gr et d’une 300 Win. Mag 180gr - Zérotage à 100Yds

 

Tableau balistique comparatif tiré sur Gundata.org (site)

 

Ici, on peut voir l’équivalence des drops jusqu’aux environs des 500 yards avec l’avantage pris par la .300 Win. Mag. à partir des 600Yds,  pour la suite.  Ce qui lui donnera donc un grand avantage sur la .308 Win  à mesure que la distance augmente ! À des distances extrêmes, la conception des balles est aussi très importante,  car des balles avec un coefficient balistique élevé amortissent mieux le vent et perdent de la vélocité plus lentement que les balles à faible BC.

 

Ici, le graph comparatif des drops de deux 7mm Rem Mag avec deux 30-06

 

 

 

 

Conclusion

 

 

 

 

Il ne fait aucun doute que le calibre .30 a dominé du début du siècle dernier au milieu des années 1960. Aujourd'hui, le .30 reste toujours un sacré calibre, mais il a été sérieusement remis en cause par celui du 7mm. Ceci dit, même si les produits plus récents,  et qui lui ont fait suite rencontrent les besoins de pas mal de tireurs, je crois que la 7mm Remington Magnum reste l'une des meilleures cartouches disponibles pour les chasseurs occidentaux. Elle est également très appréciée par les tireurs Bench-Rest et le TLD.

La 7mm Rem Mag produit une puissance élevée mais à un niveau de recul relativement tolérable par nos chasseurs,  et au surplus,  elle reste adéquate et polyvalente dans beaucoup de situations de chasse et de tirs à longues portées.  D’un point de vue pratique, cela signifie qu’avec elle,  les chasseurs peuvent aussi emporter un fusil plus léger,  doté d’un canon plus court (choses très appréciées des chasseurs en montagne) , et de s'attendre aux mêmes résultats qu'ils n’auraient pu obtenir qu'avec des canons plus long et plus lourds qu’ils ne l’étaient, il y a seulement quelques années d’ici. En effet, du point de vue de son efficacité, cette cartouche peut presque correspondre à la trajectoire d’une magnum plus ancienne mais avec moins de souffle, de recul et de poudre brûlée ou consommée.

La cartouche peut se recharger facilement et donc, tout en assurant un faible recul, elle peut quand même produire un maximum de blessures au gibier malgré des tirs parfois plus rapides et sur des distances très étendues. Néanmoins, la 7mm Rem Mag ne sera pas un bon choix pour les tireurs moins expérimentés, et vous l’aurez compris,  elle n'est certainement pas non plus la plus puissante de toutes les 7mm. Ceci dit, elle est polyvalente et très bonne sur moyennes et grandes distances. Cependant, de nos jours, le marché se tourne de préférence vers des cartouches qui offrent encore un peu moins de recul mais avec d’avantage de précision.

 

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

https://images.remington-catalog.com/586d201b19ffc

 

https://www.buffalobore.com/index.php?l=product_detail&p=521

 

https://ronspomeroutdoors.com/blog/long-range-rifle-budget/

 

http://precisionrifleblog.com/2012/08/23/custom-7mm-rem-mag/

 

http://closefocusresearch.com/calculating-barrel-pressure-and-projectile-velocity-gun-systems

https://rifleshooter.com/2015/04/7mm-remington-magnum-7-rem-mag-barrel-length-versus-velocity/

 

http://www.bergerbullets.com/7mm-195gr-extreme-outer-limits-elite-hunter/

 

http://precisionrifleblog.com/2012/10/19/7mm-rem-mag-load-dev-part-3-optimal-charge-weight/

 

http://www.accurateshooter.com/cartridge-guides/7mm/

 

https://www.norma.cc/us/Products/our-brands/norma-strike/ecostrike---rethinking-impact/ecostrike---recensioner/ecostrike-7mm-rem-mag/

 

https://thegunzone.com/7mm-remington-magnum/

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=68g7OP7EHfM

 

https://www.youtube.com/watch?v=Vjp7SdjMZGA

 

https://www.youtube.com/watch?v=EJIC6qL8Zec

 

https://www.youtube.com/watch?v=5aX2rzKmfJw

 

https://www.youtube.com/watch?v=2Y8FJDqx1cw

 

https://www.youtube.com/watch?v=_ajBzsRC2kg

 

https://www.youtube.com/watch?v=cpGpkvU8EbM

 

https://www.youtube.com/watch?v=z8CDVgvmlx0

 

https://www.youtube.com/watch?v=FhRlOrS69oE

 

https://www.youtube.com/watch?v=AA6jo2b87Sw

 

https://www.youtube.com/watch?v=KLCigxaQnYE

 

 

 

 

A bientôt,

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 19:06
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)
Les fusils à visée intelligente et guidage de précision (PGF)

Chers lecteurs,

 

La parution de cet article couronne la huitième année d’existence du blog. Et oui, vous avez bien lu, cela fait déjà huit ans que nous nous retrouvons régulièrement autour des thèmes qui nous passionnent avec, et je n’en suis pas peu fier,  des statistiques de fréquentation des plus honorables en affichant pas moins de 1.775.000 visiteurs uniques et plus de 3.000.000 de pages vues au compteur !

Permettez-moi donc de vous adresser tous mes vifs remerciements pour votre fidélité ainsi que pour tous vos messages de soutien que vous m’avez adressé tout au long de ces années.

Pour l’occasion, je souhaitais vous soumettre un petit article consacré aux fusils à visée intelligente et à guidage de précision (Precision Guided Firearm - PGF). Un équipement destiné à la fois aux débutants et aux tireurs d'élites, et qui semble devenir un « must » pour certains chasseurs mais pas vraiment chez les tireurs en TLD alors que le système connait un développement formidable dans le domaine de l’armement militaire.

En vous souhaitant d’ores et déjà de très bonnes vacances, je vous refixe rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures journalistiques.

 

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

Au fil du temps, les poudres autant que les armes à feu se sont améliorées, donnant aujourd’hui les cartouches en métal et les armes semi-automatiques et automatiques à très grandes cadences de tir telles que nous les connaissons.

Les armes à feux ont ainsi évolué partant de « très peu précises » à l’extrême précision délivrées par des armes beaucoup plus sophistiquées. Ces dernières se différencient des armes anciennes car elles nécessitent peu de connaissances pour pouvoir être utilisées, et ne nécessitent plus d’aller au contact direct avec le gibier ou encore avec l’ennemi pour les soldats.

 

 

Ce qui a permis d’aller encore plus loin dans la sophistication, c’est la technologie et plus singulièrement, de la technologie de « TrackingPoint » qui est née de la frustration d’un chasseur. En effet, le fondateur de l'entreprise TrackingPoint (société de technologie appliquée basée à Austin, au Texas qui compte environ 75 employés, dont plus de la moitié sont des ingénieurs), John McHale, a eu l'idée d'une carabine intelligente après être revenu d'un voyage de chasse en Tanzanie, où il n'avait pas réussi à neutraliser une gazelle alors qu’il était à moins de 300 mètres de l'animal et ce, bien qu’il l’avait tiré à plusieurs reprises. McHale (56 ans) aurait déclaré qu'il ne pouvait pas rester assez stable pour atteindre une zone de tir de 4 pouces sur la gazelle visée. En rentrant chez lui au Texas, il a réfléchi à la façon dont la technologie pourrait aider à faire des tirs à longue distance pour les tireurs moyens. Considérant que la lunette de tir avait été inventée en 1835, il est clair qu'il y avait de la marge pour en améliorer la précision grâce aux nouvelles technologies du XXIème siècle.

Or, précisément, la combinaison des armes à feu et de la technologie paraissait naturelle à McHale qui a travaillé pendant des décennies dans ce domaine. Il a fondé et dirigé plusieurs start-ups qui ont développé des produits permettant d'accéder à Internet à haute vitesse pour les entreprises et les foyers. L'utilisation de la technologie pour aider les gens à gérer les variables de visée à longue distance telles que le vent, la chute de la balle voire même, les mains tremblantes, correspondait à son approche de la résolution des problèmes. C’est ainsi que John McHale a développé et créé le premier PGF chez TrackingPoint en mars 2011.

 

 

 

Soutenue par un financement de 33 millions de dollars provenant en partie de McHale lui-même, la jeune entreprise texane a lancé son premier produit en 2013. Le premier fusil coûtait entre 22.000 $ et 27.000 $. Ce modèle n'a pas pourtant pas atteint son objectif. En effet, les premiers testeurs ont signalé des performances inconstantes, mais les vidéos démontrant l'arme intelligente sont tellement devenues virales que bien qu’imparfait, ce premier modèle a fait un véritable tabac alors qu’il était clairement trop cher pour qu’un chasseur moyen puisse se l’offrir !

Dans sa lancée et pour aller de l’avant dans ses projets, McHale a alors recruté des talents y compris des ingénieurs et des cadres de chez Remington et a demandé l'aide d'une entreprise de conception qui avait construit des logiciels pour Siemens et Motorola et la société a continué à développer le système ainsi qu’à faire baisser son prix. Par la suite, la société a déployé un deuxième produit disponible au public, le fusil intelligent semi-automatique AR Series, en janvier 2014.

En avril 2016, la société a sorti le M1400, un fusil de calibre .338 Lapua capable d'engager des cibles à        1.280 m. Le système peut atteindre des cibles se déplaçant à 32 km / h en un temps d'acquisition à l'engagement de 2,5 secondes !

 

 

Ce qui est totalement inédit et remarquable, c’est que grâce à des entreprises telles que TrackingPoint, qui fabriquent des fusils de précision dits à «visée intelligente» et aux lunettes de réalité augmentées telles que les Oculus Rift, un tireur peut toucher une cible sans pour autant que celle-ci soit dans son champ de vision, en compensant automatiquement la distance, les conditions météorologiques telles que le vent et les différences de pression et si l’on ajoute à cela, par exemple, le projectile EXACTO, développé en calibre .50 BMG par le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et qui est capable de rectifier sa trajectoire après le tir, nous sommes en possession d’une arme capable de toucher une cible alors que le tireur ne la voit pas et vise délibérément à côté !

Bien entendu, les premiers intéressés par ces armes ont été les militaires américains car ces nouvelles technologies ont apporté un changement dans la forme de la guerre, et ont dans un certain sens,  « facilité » la manière dont la guerre sera pratiquée dans le futur par les soldats.

Enfin, pour être complet, signalons que bien que la société TrackingPoint ait connu une croissance phénoménale en 2014, et qu’elle ait connu de gros problèmes précisément à cause de cette trop forte croissance qui l’ont conduite pratiquement au dépôt de bilan, celle-ci a dû être restructurée. Par la suite, la société a conclu un accord avec Remington, qui cherchait à collaborer avec TrackingPoint sur un projet appelé Remington 2020.

Voici le kit complet.

 

TrackingPoint a aussi produit des lunettes d'une nouvelle série de fusils à guidage de précision, mais selon des sources proches du projet, cela s'est transformé en fiasco. Mais en dépit de l'échec de TrackingPoint, McHale affirmait que l'attrait d'un fusil intelligent était trop puissant pour que les militaires abandonnent ce type de projets pour la défense, et il avait raison !

Pour l’heure, il semble que le marché des armes civiles n'est tout simplement pas encore prêt à payer un prix aussi élevé, même si l'arme est capable de prouesses incroyables. Aux dernières nouvelles, il ne semble pas que TrackingPoint fermera complètement ses portes et qu’elle pourrait continuer à fournir des armes à feu aux organismes gouvernementaux, par contre, les ventes au grand public ne seront plus acceptées, du moins plus en masse, et pour un moment. Avec le temps, et si des contrats plus importants peuvent être remplis par TrackingPoint, il pourrait y avoir assez de ventes que pour qu’elle puisse en revenir aux ventes civiles et, avec un peu de chance pour les clients, abaisser le prix de quelques centaines (ou milliers) de dollars.

Ceci dit, et même si TrackingPoint a pratiquement coulé, elle ne disparaitrait pas sans laisser une sorte d'héritage en la matière puisque d’autres sociétés se sont également lancées dans ce genre de produits-services. Exemple, un projet d’association McMillan / TrackingPoint pour un fusil .50 BMG (PGR) guidé et considéré comme étant le  « Super Gun » précis jusqu’à 2.800 mètres et doté de la technologie XactSystem Smart Rifle Scope.

Par ailleurs, TrackingPoint continue également ses recherches et développements dans des armes expérimentales à longue portée car une fois que vous avez dépassé le kilomètre, vous obtenez une solution balistique beaucoup plus complexe car les effets négatifs et la complexité balistique sont multipliés par six. Des paramètres comme la rotation de la terre et le comportement du projectile tiré pendant la transition entre les vitesses supersoniques et subsoniques deviennent des facteurs importants qui doivent être modélisés et pris en compte de façon très précise. A titre d’exemple, grâce à sa technologie «Super Gun», la compagnie a réussi à atteindre une cible de la taille d'une plaque avec un .338 Lapua Magnum à une distance de 3.12km (2.12 miles), un exploit qui a nécessité l'élévation du canon bien haut au dessus de l'horizontale. La balle a mis près de sept secondes pour atteindre la cible !

 

 

Description du système

 

La firme TrackingPoint appelle son PGF, le « XactSystem », système qui intègre un fusil personnalisé, des munitions conventionnelles de précision, une lunette avec suivi en réseau avec affichage « tête haute » et un déclencheur guidé par un système en boucle fermée. Le XactSystem calcule et met à jour une solution balistique pour chaque tir à la cadence de 54 fois par seconde, le système contrôle le déclenchement et ne tire que lorsque les viseurs sont correctement alignés sur la cible prédéfinie ("taguée") par le tireur, éliminant ainsi les erreurs de visée, des déclenchements, des intrants environnementaux, et l’erreur de calcul de distance, quel que soit le niveau de compétence ou d'expertise du tireur.

 

Ici, le système

 

Au cœur même du système TrackingPoint se trouve un ordinateur, un calculateur balistique modélisé avec les munitions spécifiques fournies avec le XactSystem arrivant de l'usine « zéroté » et prêt à l'emploi. Un système de référence « Barrel » détecte la relation de l'optique avec l'alésage du canon et ajuste tout décalage d'alignement entre le canon et la lunette. Parce que les changements microscopiques (dus à l’usure du canon après X coups) entre la relation canon / optique peuvent être mesurés par le BRS, le zéro est automatiquement réajusté au besoin. Le système tient donc compte du nombre de coups tirés et ajuste la vitesse à laquelle la vitesse initiale sera affectée en raison de l'usure du canon. Incroyable, n’est-ce pas ?

 

Ici, une coupe du système

 

Pour l'utiliser, il suffit d’allumer l'appareil, la cible pointée est zoomée et mise au point. Selon le modèle, le XactSystems possède un zoom optique d’origine de 30x à 35x. La séquence à engager est « tag, track, shoot », appelée TTX (Tag, Track, Xact). Quand une cible est localisée, le tireur "l'étiquette" en la recouvrant avec le réticule et en maintenant le bouton d'étiquette à côté du pontet. L'étiquette, indiquant le point d'impact, est représentée par un point rouge. Cette étiquette peut être retirée en appuyant à nouveau sur le bouton.

 

 

Une fois que l'étiquette est au bon endroit, le déclencheur est maintenu enfoncé, armant le système. À tout moment, le tireur saisit manuellement la vitesse du vent effectif, c’est le seul facteur environnemental qui n’est pas compensé par le système en automatique. Le calculateur balistique ajuste la distance, la température, la pression barométrique, la dérive de spin, le dévers, l'inclinaison et l'apport de vent, etc. Un réticule de visée apparaît basé sur la solution balistique nécessaire pour aligner l'alésage et obtenir le « bon » coup. Tout en maintenant la détente enfoncée, le tireur suit le réticule de visée sur le point d'étiquette qui peint la cible. Le mouvement de la cible, du fusil, ainsi que la distance et les facteurs environnementaux sont surveillés en permanence et la solution balistique est mise à jour 54 fois par seconde.

Le déclencheur de l'arme n'est pas un simple système mécanique, mais plutôt un système intelligent qui ne propulsera le percuteur vers une cartouche que si l'arme décide que c'est le bon moment de le faire. Lorsque le réticule de visée croise le point d'étiquette sur la cible, et si le déclencheur est toujours maintenu enfoncé, le système actionne la détente et déclenche le tir lorsque le système détecte un alignement correct.

 

 

 

 

Une fois que la cible est verrouillée et suivie, le système de contrôle du tir aide le tireur à faire des tirs qui étaient auparavant presque impossibles, même pour les tireurs d'élite. Les cibles sont suivies à moins de 0,38 pouce à un demi-mille pour le .300WM et le .308 Win et à 0,25 pouces à un tiers pour le .260Rem.

Le XactSystems est mis en réseau et est capable de diffuser de la vidéo depuis et vers l'optique à partir d'un périphérique externe. L'application ShotView diffuse la vidéo depuis l'affichage tête haute de l'optique vers un Smartphone ou une tablette, permettant aux guides ou spotters d'encadrer les tireurs et de partager la vue, en temps réel ou l’enregistrer en vidéo. Une séquence de tir de l'étiquette jusqu'à dix secondes après la prise de vue peut être enregistrée sous forme de vidéo ou d'images fixes.

La société TrackingPoint a trois PGF XactSystem disponibles. Tous sont construits avec des fusils personnalisés (avec une précision standard de 0,5 MOA), des canons Krieger, et incluent 200 munitions Barnes Bullets XactShot ainsi qu’un Apple iPad Mini avec un logiciel chargé dans un étui Pelican personnalisé, et une tige de nettoyage et des accessoires.

 

Les systèmes de XactSystem PGFs sont vendus complets, avec le fusil, la lunette, le logiciel, le système de pistage et les munitions dans un package complet.

 

A titre d’exemples, la carabine XS1 est un .338 Lapua Magnum dotée d’un canon de 27 ", un frein de bouche AAC, une lunette au zoom 6-35X et des balles à la capacité maximale de 1.100 mètres. Le XS2 est un .300 Winchester Magnum avec un canon de 22 ", un frein de bouche AAC, un zoom 6-30X et des balles de 220 grains. Il est calibré jusqu'à une précision de 1000 yards minimum. Le XS3, également un .300 Win Magnum, est un McMillan A5 avec une « joue » ajustable et un canon de 22 ", un zoom 6-30X, des Barnes de 190 gr LRX  et une puissance de 685m. Les prix sont respectivement de 19.995 $, 17.500 $ et 14.995 $.

Chaque modèle est connecté à Internet via Wi-Fi. Les compagnons des chasseurs peuvent ainsi voir ce que le tireur voit. Les amis et la famille peuvent se connecter en toute sécurité à distance au fusil de tir avec un téléphone intelligent, une tablette, un ordinateur portable ou une télévision intelligente et profiter de la voix et de la vidéo en direct sur le terrain.

Les tireurs peuvent faire des coups cachés et des coups aveugles en utilisant des lunettes de tir numériques. Les lunettes de tir numériques sont issues d’une collaboration entre TrackingPoint et Recon Instruments de Vancouver, en Colombie-Britannique. L'application ShotGlass ™ de TrackingPoint fonctionne sur les lunettes intelligentes Jettm de Recon. La vidéo est diffusée depuis n'importe quelle arme à feu à guidage de précision jusqu'aux lunettes, ce qui permet aux tireurs de marquer et de tirer sur des cibles sans même à avoir à exposer leur tête ou leur corps (très intéressant, dans le cas d’application militaire). TrackingPoint vend des lunettes ShotGlass et Recon Jet, qui utilisent le logiciel Android de Google, pour 995$.

Nota bene :

Pour bien comprendre le fonctionnement du système, je vous invite à aller regarder les vidéos et les liens que je vous ai mis en fin d’article.

 

 

Quid de la balistique de ces armes ?

 

 

Le tir à longue distance implique beaucoup de calculs mathématiques et balistiques. Dès qu'une balle sort du canon, elle tombe et se trouve sous l’influence de bien d'autres facteurs qui déterminent également son comportement en vol, tels que l'élévation, le dévers, la distance à la cible, l'inclinaison, etc. La plupart des chasseurs à longue distance expérimentés tiennent d’ailleurs un journal avec toutes ces variables pour chaque tir réalisé avec un fusil spécifique en vue de perfectionner leurs tirs futurs.

Ce qui est tout à fait innovant avec le système Tracking Point, c’est que toutes ces informations sont recueillies en temps réel par le fusil lui-même, et puis transmises au tireur via l'écran du rifle scope de l'arme. Cela signifie que des gens qui n’ont aucune connaissance en balistique extérieure peuvent atteindre une cible à longue distance avec la même acuité qu'un pro !

Le système permettrait en théorie aux novices de réaliser des tirs longue distance dans des situations très complexes et de toucher des cibles dès le premier tir à plus de 900 mètres avec 70 % de chances de réussite et ce, grâce à un matériel qui est garanti pour une précision de 0.5 MOA en format standard.

Le TrackingPoint .300 Winchester Magnum PGF est précis à 100% dans une portée allant jusqu'à 950 yards (870m), mais la version non modifiée n’est seulement à 100% précise que jusqu'à 300 yards (274m). Bien entendu, vous aurez besoin d'utiliser des munitions spéciales et assez coûteuses faites pour TrackingPoint mais la société dit que vous finirez par économiser de l'argent grâce à sa précision accrue et donc,  de moins de munitions utilisées.

 

 

Ici, une boîte de cartouche Trackingpoint

 

À des distances pareilles, même les soldats entrainés n'ont qu'un taux moyen de réussite de l'ordre de 30 % sur le premier tir, c'est pourquoi l'armée américaine s’est montrée très intéressée par le système et en a acquit directement six exemplaires pour pouvoir leur faire passer une série de tests « grandeur nature » au sein de ses rangs. TrackingPoint a précisé qu’un mode réseau serait proposé à l'armée, permettant ainsi de connecter les 6 fusils ensemble pour réaliser un tir contrôle à distance en simultanée par un seul tireur. Un tel procédé peut jouer un rôle décisif pour une équipe de snipers militaires/policiers recherchant les meilleures solutions de tir en environnement urbain. Les derniers développements permettent, entre autres, de cibler un ennemi se trouvant derrière un coin, sans s'exposer. Ceci renforce certainement davantage l'attrait de ces produits pour le personnel militaire.

 

 

Par ailleurs, un responsable marketing de TrackingPoint affirme que leur modèle « Mile Maker » peut atteindre environ 70% de ses cibles d'une manière impeccablement précise, à environ 1 000 mètres même lorsque ce sont des utilisateurs inexpérimentés avec des balles .338TP (similaires à la .338 de Lapua Magnum) !

Mais soyons clairs, même les PGF ne rendent pas le fusil plus précis ou plus puissant, ceux-ci facilitent son utilisation et la capacité du tireur, surtout s'il est moins habile, mais le système ne le lâchera pas à moins qu'il ne soit vraiment pas sur la cible avec toutes les variables balistiques prises en compte.

 

 

Utilisation pour la chasse

 

La chasse à longue distance (Long Range Hunting) gagne en popularité, et de nombreux chasseurs étendent la portée de leur fusil grâce aux progrès de l'optique assistée par laser. Beaucoup de ces systèmes ont un logiciel qui leur permet d’éliminer les erreurs de l'utilisateur et de neutraliser un gibier d’un coup d'arrêt rapide et précis. Nous pouvons maintenant tirer plus précisément, voir mieux en basse lumière (ou pas de lumière du tout !) et ainsi améliorer nos chances de succès lors d'une chasse.

Comme chacun le sait, notre monde est dominé par la technologie. Nous en sommes même venus à utiliser nos téléphones, ordinateurs portables, iPads et autres appareils électroniques pour toute une foule d'utilisations professionnelles et personnelles, et bien entendu, le domaine de la chasse et du tir n’y ont pas échappé avec notamment et comme nous l’avons vu, le système innovant développé par TrackingPoint.

 

 

 

Jusque là, les télémètres étaient souvent volumineux et simplistes, avec des réticules foncés et des capacités de télémétrie en visibilité directe qui ne tenaient pas compte de l'altitude. Aujourd'hui,  les télémètres sont beaucoup plus complexes et peuvent fournir un large éventail d'informations, y compris les points d'atteinte de l’animal et même, la compensation d'angle pour la chasse en montagne.

 

 

 

Avec l'augmentation des progrès technologiques qui poussent l'industrie de la chasse dans le monde du numérique 2.0, la course pour trouver un équilibre entre les derniers gadgets et les règles éthiques peut aussi paraître complexe. En effet, pour les responsables de la réglementation de la chasse, c’est un vrai sujet de préoccupation que de savoir si les armes à feu à guidage de précision éliminent l'aspect équitable de la chasse et si elles procurent un avantage injuste à ceux qui peuvent se les payer, et si oui, s’il faut les interdire ou fortement les réglementer?

En effet, si vous en arrivez au point où la compétence impliquée dans la chasse est réduite à la simple recherche d'un gibier, et s’il faut très peu de compétences pour tirer sur l'animal à des distances extraordinaires alors, le concept de la chasse équitable commence vraiment à dériver. D’un autre côté, leurs supporters disent que cette technologie va justement permettre de réduire les blessures et dès lors, pourquoi ne pas l'utiliser? D’autres disent que la compétence du chasseur et la précision sont toujours nécessaires même avec une technologie intégrée pour vous aider à tirer et que quelque soit l'arme à feu utilisée par un chasseur, la gravité, la résistance à l'air et le vent peuvent encore affecter la trajectoire de sa balle.

D’autres considèrent que les fusils « intelligents » sont plus sûrs que les armes à feu traditionnelles et que moins de chasseurs seront blessés ou tués grâce cette technologie. Le processus de tir est cognitif et nécessite une pré-désignation de la cible avant qu'un tir ne puisse être fait, ce qui permet au tireur de s'assurer que personne n'est pas en danger. Dans un proche avenir, on y ajoutera même un système d'alerte de proximité qui fournira un indicateur si un autre chasseur ou spectateur se trouvait à moins de 1.500m de la trajectoire de la balle. Comme on le remarque ici, les avis sont très partagés sur le sujet !

Aux States, plusieurs Départements ou Etats l’ont interdit alors que d’autres prévoient de continuer à surveiller les progrès de la technologie de la carabine intelligente afin de savoir s'ils doivent créer un règlement ou une loi spécifique afin que l'utilisation d'une arme à feu de précision ne contrevienne pas à l'éthique de la chasse équitable ou au fair-play.

 

 

Utilisation par les forces armées et les forces de l'ordre

 

Nonobstant ce qui a été dit pour la chasse, la Défense et les militaires quant à eux, n’y voient que des avantages. Même si ce type de technologie existe depuis longtemps, et qu’elle a déjà été utilisée dans de plus grands systèmes d'armement comme ceux de la force navale, les chars, et les avions de combat ici, il s’agit de l’utiliser à l’échelle du simple combattant. En effet, à l'avenir, des soldats pourraient repousser les ennemis à 1.000 mètres sans entraînement particulier, et ce grâce à des fusils équipés de cette technologie qui finalement devient très abordable pour le budget de la Défense.

 

 

 

Comme l’avait déclaré Oren Schauble, le responsable du marketing de TrackingPoint à NBC News : « Cela ne remplacera pas le soldat entraîné qui doit être à l'aise sous le feu mais cela ajoutera un degré de précision qui pourra être le facteur décisif dans des scénarios de combat complexes ». Un soldat peut normalement atteindre une cible qui se trouve à 1.000 mètres de distance avec une précision d’environ 20%, mais avec la technologie TrackingPoint, cela passera à 70%, a-t-il déclaré.

Cela pourrait permettre aussi des temps d'entraînement beaucoup plus courts. Il pourrait également permettre aux soldats de se connecter numériquement sur le champ de bataille, en les laissant se coordonner, suivre plusieurs ennemis, et se « passer » des cibles, les uns aux autres. Si les soldats sont plus précis dans leurs cibles, cela signifie qu'ils sont moins susceptibles de frapper autre chose, comme un civil tout comme un tireur d’élite de la police sera plus assuré que son tir ne fera que neutraliser le méchant, et non pas l'otage !

Mais certains vétérans militaires américains affirment qu'un dispositif qui, en substance, ne permet pas de brader les compétences, ne devrait pas être vendu aux civils allant jusqu’à dire qu’un tireur d'élite est un soldat très spécialisé, et que cela nécessite beaucoup d'entraînement alors que maintenant avec ces armes « intelligentes »,  tout le monde peut devenir un tueur précis y compris à longue distance. Soulignant néanmoins le fait que le danger ne se présenterait effectivement que lorsque ce fusil tomberait entre les mains de ceux qui ne sont, ni des chasseurs, ni des tireurs d'élite militaires.

Trevor Burrus, un chercheur spécialisé dans le droit des armes à feu à l'Institut Cato aux USA, dit quant à lui que les fusils sont rarement utilisés dans la criminalité. « En raison de leurs nombreuses caractéristiques, en particulier la difficulté de dissimulation, les fusils ne sont pas préférés par les criminels ». Ajoutant que le fusil de calibre militaire .50 Barrett, qui est légal aux États-Unis depuis des décennies, n'a presque jamais été utilisé dans des crimes, et qu’il n'y a aucune raison de croire que la toute nouvelle technologie serait utilisée de manière moins responsable, surtout avec son prix exorbitant.

A l’origine, les responsables de l'armée américaine ont d’abord acheté six de ces armes à feu à guidage de précision (pour une valeur comprise entre 10.000 et 27.000 dollars chacune !) pour passer des tests avant d’en commander davantage. Les unités achetées par les militaires ont été utilisées pour vérifier si les soldats pouvaient rivaliser avec des tireurs qualifiés lorsqu'ils sont équipés d'armes supérieures.

 

Photo extraite de PCWorld

 

Le système de fusil intelligent permet à un tireur de suivre et de frapper des cibles en mouvement à des distances extrêmes. Les utilisateurs peuvent partager leurs clichés les plus impressionnants réalisés avec le système Xact grâce au Wi-Fi intégré et à ShotView ™. L'utilisation de l'ordinateur intégré permet un suivi dynamique des cibles mobiles, avec des ajustements en temps réel de l'étiquette et du point d'impact calculé, ce qui simplifie grandement le tir sur des cibles réelles telles que du personnel ennemi, qui reste rarement statique.

 

 

Ces fusils peuvent donc communiquer entre eux ce qui peut permettre un combat plus axé sur l'information dans le sens où l’on peut marquer des cibles. Vous pouvez passer ces cibles à quelqu'un d'autre avec cette la lunette via un système informatique sous Linux qui collecte des données balistiques, des images de champs de bataille et qui enregistre les conditions atmosphériques telles que le dévers, l'inclinaison et même l'inclinaison de la terre à ce moment précis, en utilisant ces informations, l'ordinateur peut verrouiller sur une cible qui a été marquée par l'utilisateur.

L'ordinateur montrera ensuite à l'utilisateur où viser le meilleur coup avant d'appuyer sur la détente. La lunette intelligente effectue les ajustements appropriés pour la distance, le vent et les autres paramètres (une vingtaine de variables). Le fusil se déclenche automatiquement au moment précis où la visée est alignée sur la cible et au surplus, ces informations peuvent être diffusées en direct sur un téléphone intelligent, une tablette ou un ordinateur portable. C'est comme dans un jeu vidéo. Mais ici, c'est différent: vous appuyez sur la détente, mais le système décide quand tirer au mieux. En effet, il ne tire que lorsque l'arme a été pointée exactement au bon endroit. Chaque tir est enregistré afin qu'il puisse être rejoué, ou transféré aux autres tireurs.

La firme TrackingPoint a commencé avec des modèles de fusil à verrou avant d'introduire des fusils AR-15. Son fusil le moins cher est un AR-15 semi-automatique en calibre 5,56 mm qui coûtait 7.495$. Il peut suivre les cibles se déplaçant à 16km/h jusqu’à une distance de 528 yards. À l'extrémité supérieure, le nouveau fusil à verrou .338 TP coûte 49.995$. Il est surnommé le "Mile Maker", comme son nom l'indique, il peut atteindre une cible à un mile de distance, offrant la possibilité de verrouiller sur des cibles situées jusqu’à 1.280m.

 

 

 

Il y a quelques temps, la gamme de produits comprenait des plates-formes AR chambrées en 5.56, 7.62 × 51, .300 WM, et .300 Blackout pour des fusils semi-automatiques tandis que la gamme à verrou utilisait des plates-formes Drake Stalker chambrées en .300 WM, .300 WM-T, . 338 LM et .338 TP.

A titre d’exemple, une carabine à verrou M1400 .338LM en dotation au niveau d’une escouade pourra engager des cibles fixes et mobiles (jusqu'à 32 km/h) jusqu'à 1280 mètres de distance. Le M1400 représente une véritable percée en termes de performances, de coût et de poids par rapport aux armes à feu traditionnelles.  Il a été conçu pour fournir des capacités de stand-off de bataille sans précédent. Le M1400 offre une expertise en tir de précision à des distances qui dépassent les capacités des tireurs d'élite qualifiés.

Et donc, in fine, la létalité à distance extrême n'est plus du domaine exclusif des tireurs d'élite formés. En effet, avec une formation minimale, n'importe quel soldat peut délivrer de façon fiable la létalité bien au-delà de ce qui est possible pour les tireurs d'élite d'aujourd'hui. Quand un soldat appuie sur la détente, la cible est automatiquement acquise et suivie. Lorsque le déclenchement du déclencheur est terminé, la cible est instantanément éliminée (le temps total de mort (TTK) est d'environ 2,5 secondes). Le M1400 est vendu au prix de 16.995$, et en plus de ses capacités uniques de combat et de protection, les économies en temps d'entraînement et en munitions font de lui une arme très rentable.

Au surplus, le M1400 diffuse la vidéo vers les lunettes portables ShotGlass de TrackingPoint. Le soldat peut ainsi voir le champ de bataille sans mettre la tête derrière le fusil. Il n’est plus complètement exposé et peut voir et éliminer des cibles exactement comme s'il regardait à travers sa lunette ce qui lui permet de tirer dans les coins avec un taux de réussite extrêmement élevé et même sur des cibles en mouvement situées à des distances extrêmes. La lunette du fusil transmet aux Google Glass ce qu'elle « voit » et permet ainsi au tireur de neutraliser une cible tout en restant à couvert. Un concept qui renforce encore l'idée que certains « soldats du futur " seront de moins en moins exposés à la réalité matérielle de la guerre, voire à la guerre elle-même.

 

TrackingPoint ShotGlass

 

Quant à la carabine de service en calibre 5.56 à guidage de précision dénommée M600 SR, elle a été conçue pour remplacer le M4A1, le M600 SR et est destinée à changer la face de la guerre. Avec le système d'acquisition de cibles RapidLok ™, des soldats peuvent neutraliser très facilement des combattants adverses avec jusqu'à 87% de probabilité de réussite au premier tir (FSSP) sur 600 yards. C'est 40 fois le taux de destruction par rapport aux M4A1 existants !

Enfin, il existe également une version en calibre 7.62 appelé M800 DMR (Squad Designated Marksman) conçue pour remplacer les M110 et M14 et qui atteignent leurs cibles avec jusqu'à 89% de probabilité de réussite au premier tir (FSSP) sur 800 yards. C'est 33 fois plus rapide que les tireurs d'élite et les tireurs d'élite opérationnels utilisant les M110 et M14 existants. Vous pourrez visualiser certaines de ces armes, ici.

 

 

Conclusion

 

 

La technologie intelligente est maintenant une réalité y compris pour les armes légères et nul ne pourra l’ignorer à l’avenir. Mais nous faudrait-il délaisser nos armes « traditionnelles » pour autant ?

Pour l’heure, ma réponse est non ! Les armes à feu de précision « guidées » ne remplaceront probablement jamais nos bonnes vieilles carabines tant appréciées jusqu’à présent car elles constituent simplement une catégorie d'équipement entièrement nouvelle à laquelle certains feront appel mais d’autres pas ! Néanmoins, le but de tout l'équipement de tir « intelligent » est quand même de rendre la cible plus facile à atteindre, et en cela, on peut dire que l’objectif poursuivi grâce à ces nouvelles technologies est bel et bien atteint.

Une différence majeure entre ces fusils à haute technologie et les fusils conventionnels est la portée optique. La majorité des lunettes à longue portée sont manuelles, comme les jumelles. Mais le système type Tracking Point est arrivé avec une lunette numérique avec un objectif de puissance x35 qui minimise les secousses et la réfraction de la chaleur, permettant aux utilisateurs de zoomer à des distances extrêmes sans perdre le focus. Avec ces optiques, les tireurs peuvent frapper des objets que l'œil nu peut à peine voir.

 

 

 

A mon sens, ils pourraient très vraisemblablement plaire davantage à certains chasseurs car ils faciliteront grandement l’acquisition rapide d’un gibier sur longue distance et leur précision devrait contribuer à obtenir une chasse réussie y compris en cas de compétences médiocres du chasseur, ce qui devrait plaire aux chasseurs novices qui pourront se permettre de dépenser un tel budget. Alors que les « vrais » chasseurs sont des gars qui adorent chasser, passer leur temps à la chasse et qu’ils détestent tout système automatique. Ceci dit, au fil du temps, les prix vont probablement baisser suffisamment pour que tout un chacun puisse se l’offrir, et peut-être même de finir pas séduire les inconditionnels des carabines conventionnelles.

Pour l’instant, seuls certains amateurs de TLD se montrent très intéressés mais ils font plutôt partie des tireurs tactiques ou militaires car enfin, le vrai plaisir du TLD, c’est quand même de travailler son habileté, ses fondamentaux, et ses facultés de tireur d’élite plutôt que de se transformer en « sniper » de jeux vidéos, non ?!

Au final, on peut dire que ces armes sont donc davantage appréciées par les militaires et les groupes d’intervention des forces de l’ordre. Tout au long de l'histoire, l'armement a subi des évolutions majeures, et l'arrivée des armes intelligentes pourrait être l'une de ces avancées révolutionnaires. Mais l’avènement de ces armes à feu futuristes, a sans surprise, déjà soulevé pas mal de préoccupations auprès des réfractaires aux armes à feu, et notamment, sur le fait qu’elles pouvaient tomber dans de mauvaises mains ou encore que celles-ci allaient rendre trop facile le « sniping » aux novices ou au premier terroriste venu.

A chacun ses opinions mais signalons quand même que le système de Tracking Point est protégé par un mot de passe et que cela signifie qu'à chaque démarrage, l'utilisateur doit entrer un code PIN pour pouvoir l'utiliser. Et qu’au surplus, et contrairement aux Smartphones, cette fonctionnalité ne peut pas être désactivée et que donc, le fait de tirer sur la détente ne déclenchera pas le départ d’une balle, mais le risque « zéro » n’existe évidemment pas, surtout lorsque l’on sait qu’un hacker pourrait pénétrer le système informatique de l’arme, … sauf que celle-ci n'étant pas directement connectée à Internet, mais seulement à l'application du smartphone, le piratage n'est possible que dans un rayon d'une trentaine de mètres, et à condition que le système informatique du fusil soit bien allumé !

 

 

Voici une série de liens relatifs à l’article

 

 

 

 

https://www.tracking-point.com/technology/how-it-works/

https://www.tracking-point.com/weapons/mi338-338-lapua-magnum/

https://www.objetconnecte.net/black-hat-2015-hackers-fusil-1008/

http://weaponsman.com/?p=37052

http://sofreakingcool.com/18844/trackingpoint-smart-rifle-point-kinda-and-shoot/

http://www.tested.com/tech/458291-tracking-points-rifle-takes-skill-out-sniping/

http://www.guns.com/2014/04/01/trackingpoint-unveils-new-smart-scope-rifle-can-see-walls/

https://militaryleak.com/2018/01/25/trackingpoint/

https://coreykasperski.artstation.com/projects/QJ0m4

https://huntforever.org/tag/tracking-point/

https://www.ignatius-piazza-front-sight.com/2016/11/09/front-sight-sniper-membership-with-m1500-laser-guided-rifle-makes-you-the-greatest-marksman-in-the-world/

http://www.recoilweb.com/trackingpoints-shotglass-digital-shooting-glasses-51839.html

http://gadgetmagique.ru/militaire/17807-guid-la-balle-de-sniper-de-la-darpa-change-chemin.html

http://www.gamefair.fr/nouveautes-optiques/swarovski-ds-la-lunette-intelligente/1744

https://be.swarovskioptik.com/chasse/lunette-de-visee-ds-5-25x52-p-c20050901/dS-5-25x52-P-L-p5380527

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=MYR01aQkhE8

https://www.youtube.com/watch?v=HBTZ8pEaXz8

https://www.youtube.com/watch?v=AtRHNHqykUM

https://www.youtube.com/watch?v=1_LinQn9wBo

https://www.youtube.com/watch?v=Yev2maF5oYM

https://www.youtube.com/watch?v=LvbyAcYjzlc

https://www.youtube.com/watch?v=LZ_YErIg1Ps

https://www.youtube.com/watch?v=yGh1jB2ffiI

https://www.youtube.com/watch?v=KRoh6lrbBQw

https://www.youtube.com/watch?v=npOfuPPXLQQ

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=JbEg608GO80

https://www.dailymotion.com/3f6b1d04-9ead-4243-816c-1828fd1cdb8a

https://www.youtube.com/watch?v=pdwuPierJlQ

https://www.youtube.com/watch?v=LvbyAcYjzlc

https://www.youtube.com/watch?v=bSw4XMOzk4I

https://www.lematin.ch/high-tech/pirater-fusil-precision-possible/story/12701073

https://www.youtube.com/watch?v=oTnqHq3gwQM

 

 

 

 

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 15:31
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Dans la suite de la série consacrée à nos amis chasseurs, et comme promis dans l’article précédent, je reviens vers vous avec un article consacré à l’étude de la .300 Winchester Short Magnum (.300 WSM) qui est parfois appelée la 7,62 x 53mm. C’est une cartouche qui est également très appréciée parce qu’elle permet de faire du LRH (Long Range Hunting), et qu’elle produit d’excellents résultats.

Sachez d’ores et déjà que, vu mon prochain voyage sous une autre latitude, je ne serai pas en mesure de publier au mois de mai, par conséquent,  je vous fixe rendez-vous en fin juin pour le prochain article.

 

Bonne lecture.

 

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

Dans les années 1990, il commence à avoir énormément de carabines à action courte sur le marché de la chasse, et si on y ajoute la résurgence des safaris, ce qui a ravivé l’intérêt pour les anciennes cartouches « africaines », y compris le .404 Jeffery, les entreprises productrices de cartouches se sont intéressées à retravailler des projets sur base de la douille de la .404 car ils savaient que les « wilcatters » cherchaient à créer  une "nouvelle" douille, balle qui rencontrerait les revendications des chasseurs visant à obtenir une cartouche puissante  avec notamment une capacité accrue de la douille mais tout en conservant une longueur qui leur permette de l’utiliser dans des fusils plus légers grâce à leur action courte, mais aussi d’obtenir des vitesses plus élevées qui seraient dues notamment, à une poudre brûlant plus efficacement. Un sacré cahier des charges à honorer ! Mais, on savait depuis longtemps que les cartouches courtes et grosses brûlent leurs colonnes de poudre plus efficacement, produisant ainsi plus d'énergie par grain brûlé, et que cette efficacité de combustion est propice à la précision.

Techniquement, si l'on veut augmenter la capacité en poudre d'une cartouche donnée, tout en limitant sa longueur pour qu'elle fonctionne dans une action courte, la seule façon de le faire est de rendre l’étui plus gros. Une colonne de poudre plus courte et plus grosse met plus de poudre plus près de la flamme de l'amorce, et donc,  la combustion se termine plus près de la chambre que dans le cas des colonnes de poudre plus longues. Avec cette efficacité de combustion, cela permet l'utilisation de quantités moindres de poudres mais à combustion plus rapide et qui occasionnent moins de recul. En clair, avec des charges plus légères de poudre brûlant plus rapidement, une plus grande partie est brûlée dans le canon, et donc il y a moins d'éjectas. En d'autres termes, il y a moins de poudre imbrûlée qui sort de la bouche du canon. Ceci, à son tour, diminue la turbulence à la bouche ainsi que le recul de l’arme. La solution de l’équation étant trouvée, il fallait développer le projet … .

Souvenez-vous, lorsque je vous ai présenté l’article relatif à la Short Action Ultra Mag de Remington, nous avions vu que c’était en 1997 et 1998 que les techniciens de chez Remington travaillaient à l'élaboration de deux nouvelles cartouches de calibre .30 sur base de l'étui de la Jeffery .404, dont l'une était appelée la .300 Ultra Mag, qui reproduirait à peu près les performances du Weatherby Magnum .30-378. Dès lors, les techniciens de chez Remington ont raccourci son étui de 0,735 pouce, et ont créé la .300 Short Action Ultra Mag.

Leur business plan prévoyait l'introduction des deux cartouches en 1999, mais quelqu'un a décidé de retarder l'introduction du .300 SAUM pendant environ un an. Ce fût une erreur car ce retard a permis à Winchester de prendre Remington de vitesse en introduisant son .300 WSM.

En 2001, la Winchester Repeating Arms Company a donc sorti le calibre .300 WSM qui a été le premier de la famille des magnums de Winchester.

La douille (plus épaisse) de la .300 WSM a été conçue pour résister à des pressions beaucoup plus élevées que celle des magnums traditionnels, ce qui a permit de dupliquer voire même, de surpasser les charges d'usine de la .300 Winchester Magnum. Quoi qu'il en soit, la .300 Winchester Short Magnum a démontré sa capacité à être remarquablement précise et à reproduire les vitesses de la .300 Winchester Magnum, tout en consommant légèrement moins de poudre, avec environ 10 % en moins.

La possibilité d'utiliser ces charges à grande vitesse d'usine sans avoir à les recharger à la main était devenu un aspect très intéressant pour les chasseurs qui ont ainsi adopté la .300 WSM. L'un des facteurs des plus attrayants du calibre .300WSM était le fait qu’il permettait l’usage de fusils légers et plus facilement portables sur le terrain. Néanmoins, pour de nombreux chasseurs, c'était tout simplement l'attrait d'une nouvelle conception de cartouche qui les a poussé et à l’expérimenter.

A l’origine, les charges initiales de Winchester comprenaient les balles de 150 grains tirées de 3.270 jusqu’à 3300 fps en sortie de bouche et des balles de 180 grains tirées de 2.970 jusqu’à 3.010fps, toutes fonctionnant selon les spécifications annoncées pour des fusils d'usine au canon de 24 pouces. Olin (munitions de marque Winchester) a fournit à la fois des chargements hautement frangibles et extrêmement robustes, offrant un large éventail de performances. Le calibre .300 WSM offre l'avantage de munitions disponibles non seulement de Winchester mais aussi de Remington et de Federal, et c’est pour cette raison qu’on trouve une large sélection de projectiles. C’est ainsi que la .300 WSM a « décollé » rapidement et qu’elle a continué à jouir d'une certaine popularité parmi les chasseurs de gros gibiers tandis que malheureusement, le .300 SAUM de Remington n’a pas connu le succès escompté.

Au fil du temps, la .300 WSM a gagné en popularité (y compris, grâce aux nombreuses créations plus récentes) et cette cartouche s'est avérée être un grand succès. Quant aux tireurs sur cibles, ceux-ci l’ont également adopté et ont aimé l’utiliser dans toute une variété de configurations, et notamment pour le TLD ou le Bench-Rest,  et donc, que soit avec des carabines ultralégères ou avec des fusils plus lourds à long rayon d'action, cette cartouche est très appréciée !

 

 

La cartouche

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Les producteurs de munitions, après une pause de plus de trois décennies, ont finalement repris le développement de calibres de haute performance pour les fusils à verrou, avec une nouvelle classe de cartouches magnum "courtes" qui permet la construction d'armes légères, de petit calibre, une meilleure manipulation, et sans sacrifices significatifs en termes de puissance et de trajectoire.

La .300 Winchester Short Magnum est une cartouche commerciale basée sur l’étui de la cartouche .404 Jeffery, en la raccourcissant à 2.1pouces et en descendant jusqu'au calibre .30, tout en réduisant l'angle de l'épaule à 35 degrés, ce qui lui donne beaucoup de capacité pour y loger l'ensemble des ogives offert sur le marché.

Comme nous l’avons vu, basée sur une balle .308 Win. pour un pas de rayure de 1:10 et une grande amorce magnum, elle a fait ses débuts et a été présentée au public fin 2000. La nouvelle cartouche se logeait à l’origine dans le modèle 70 de Winchester (fusil à verrou). La cartouche .300 WSM est une cartouche Winchester très bien pensée tout comme ses trois « sœurs » précédentes en calibre .30 qui ont connu un grand succès (30-30 Winchester en 1895, la .308 Win. en 1952, et la .300 Win.Mag. en 1963) car la .300 WSM offre un bon équilibre de puissance avec un recul gérable et pour la chasse de la plupart des espèces de gibier européen.

Les munitions .300 WSM d'usine offrent une vitesse de 3,300 pieds par seconde pour une balle de 150 grains, ce qui est parfait pour la chasse au chevreuil et ce, avec un recul modéré pour le tireur.  Pour ce qui concerne les autres balles, leurs performances balistiques sont basées sur quatre types d’ogives avec, pour la vitesses, 3,313 pieds / s pour la 150 grains, 3,223 ft / s  pour la 165 gr, 3,095 ft / s pour la 180 gr, et 2,822 ft / s pour la 200 grains.

En fonction de la cartouche choisie, la .300 WSM pourra être utilisée sur une variété de gibiers allant de légers à lourds, et à des distances allant de 250 Yds  à plus de 1000 Yds, notamment  en LRH ou en TLD.

 

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Ses caractéristiques :

 

 

La longueur totale de la cartouche est de 72,64 mm, l’étui de la cartouche mesure 53,34 mm (par rapport à aux 66mm de la .300 Winchester magnum et légèrement plus long que la .308 Win. à 51,81 mm),  le diamètre de la balle est de 0,308 pouce (7,62 mm), et profite des nombreux avantages des balles disponibles dans ce calibre. Grâce  à ces proportions, la .300 WSM a une plus grande capacité interne que la .308 Winchester (qui a à peu près la même longueur que les calibres WSM), et qui est juste inférieure à celle de la longue cartouche de .300 Winchester magnum.

Le principe mis en œuvre dans cette cartouche à magnum court est de placer de plus gros volumes de poudre à proximité du puits d’amorce, ce qui permet d'obtenir un allumage uniforme et rapide.Sa balistique est presque identique à la .300 Winchester Magnum, mais ceci dans un fusil plus léger avec une action plus courte et au surplus, elle s'adapte bien aux charges à vitesse réduite. Exemple, En utilisant 58 grains de W760,  la .300 WSM propulse une balle de 150 grains à 2800 fps pour imiter parfaitement une .308 Win. mais la diminution du poids de la balle en amortit davantage le recul. Les balles de 150 à 165 grains imitent à peu près l'ancienne norme .300 Win.Mag. Dans la plupart des charges, la .300 WSM est presque aussi rapide - la différence est généralement inférieure à 50 pieds par seconde.

 

Les charges d'usine :

La charge d'usine Power Point de 180 grains est presque parfaite pour n'importe quel gibier (moyen à lourd). Et, par exemple, la Nosler Accubond 180 grains d'Olin est idéale pour les gibiers pesant plus de 90 kg et jusqu'à 320 kg. C'est un peu lourd pour les cerfs, mais sur une plus longue distance, elle aura un excellent pouvoir de pénétration.

La  PowerPoint de 150 grains a un faible BC de .294 mais grâce à sa vitesse initiale élevée de 3270fps, elle tire à plat et frappe dur sur des animaux de moins de 70kg et sur des étendues de chasse ordinaires.. Le BST 150 grains fonctionne exceptionnellement bien dans le WSM. Avec une vitesse de .424, le BST est un projectile frangible, produisant des morts spectaculaires lorsqu'il est adapté de manière appropriée aux poids du gibier et à la distance de tir.

 

Le rechargement :

L’étui de la .300 WSM est assez spacieux que pour contenir plus de 70 grains de propulseur !

Comme pour toutes les cartouches de calibre .30, il existe une vaste gamme de balles allant de 100 à 250 grains disponibles pour celui qui voudra recharger de la .300 WSM. Cependant, les balles très légères 100-125 grains n'ont pas de sens dans une cartouche 300 Magnum. Par ailleurs, la .300 WSM ne gère pas très efficacement les balles de plus de 180 grains. Donc, les balles de 150-180 grains sont généralement le meilleur choix pour recharger de la .300 WSM.

Toutefois, il sera difficile de dépasser de beaucoup les vitesses d'usine de la cartouche. Les poudres de fusil à combustion moyenne à lente fonctionnent le mieux dans la .300 WSM. Par exemple, les  H380, H414, H4831, IMR 4064, IMR 4350, IMR 4831, VIHT N550 et W760. Accurate, IMR et Hodgdon, sont parmi les meilleures poudres que l’on puisse trouver pour la recharger mais la Vihtavuori N550 est également très bonne. En outre, le marché offre toutes les facilités de chargement (amorces, etc.) pour la .300 WSM, ce qui  la destine à devenir une cartouche magnum encore plus populaire dans la prochaine décennie.

 

Remarque importante:

La .300 WSM est une cartouche à delta L problem. Ce qui signifie qu'elle peut présenter des problèmes inattendus de chambre et/ou d'alimentation. La .300 Remington Short Action Ultra Magnum a des dimensions de cartouche très similaires mais n'est pas interchangeable et donc, les tireurs devront être bien attentifs de ne jamais tirer une cartouche .300 Remington Short Magnum qui est légèrement plus courte et physiquement similaire dans une carabine .300 WSM, car cela pourrait leur causer des blessures ou endommager leur arme.

 

Ici, la douille .300 WSM et son culot

 

Ici, une boîte de Federal 180gr Soft Point

Ici, une boîte de Federal 180gr Soft Point

 

A titre de comparaison, voici une série de magnums et de calibres biens connus :

 

Photo de D. P. Chatsworth - Law School Grad

 

 

Ici, la comparaison d’une série de magnum et de calibres .30

De gauche à droite : la .30-06 Springfield, la .300 Ruger Compact Magnum, la .300 WSM, la .300 Winchester Magnum, la .300 Weatherby Magnum, et la .300 Remington Ultra Mag.

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

 

 

La .300 Winchester Short Magnum est similaire à la .300 Winchester Magnum, mais elle est plus courte pour que l’on puisse l'utiliser dans un fusil à action courte. Utilisant la balle de 0.308 pouce qui nous est familière, la .300 Winchester Short Magnum offre une balistique qui dépasse de loin, du moins pour ce qui concerne son énergie déployée, la .308 Winchester et la .30-06 Springfield.

Pour avoir une meilleure idée de l'avantage à longue distance de la  .300 WSM,  jetons un coup d'œil à la courbe de l'énergie cinétique de la balle de sa sortie de bouche aux 500 yards (457,2m).

 

 

 

 

On distingue immédiatement que l’énergie cinétique déployée par la courbe rouge qui est celle de la .300WSM est supérieure à la bleue qui est celle de la 30-06. Cela rend la cartouche bien adaptée à la  chasse du gibier moyen sur de très longues distances. Néanmoins, la longueur réduite du canon et la réduction de la charge de poudre rendent la .300 WSM un peu moins précise que certains autres calibres .30 de sa catégorie. Mais à titre d’exemple, à 500 Yards, la .300 Winchester Short Magnum 180gr SP est équivalente à une 7.62x39mm en sortie de bouche.

Et, à titre de comparaison, la .308 Win a une vitesse initiale de 2.620 fps et une énergie initiale de 2.743 pieds-livres avec une balle de 180 grains, la 30-06 Springfield sort à 2.750 fps avec 3.022 fp d'énergie et la vénérable .300 Win. Mag. sort jusqu'à 2.950 fps avec 3.478 fp d'énergie alors que la .300 WSM, quant à elle,  augmente légèrement à 3.010 fps avec 3.621 fp d'énergie.

Au-delà des avantages balistiques évidents du concept WSM, les fusils qui tirent ces cartouches puissantes présentent d'énormes avantages également car ils sont tout simplement plus légers et plus rapides à manipuler que leurs homologues à longue action grâce aux actions et canons plus courts et plus rigides. Le recul est également réduit grâce au boîtier d’action court qui produit une combustion de poudre plus efficace.

 

Comparaisons des performances des cartouches concurrentes avec la .300 WSM 

Cartouche

Poids de la balle (en gr)

Vitesse initiale (m/s)  

L'énergie boucheJ )

.300 WSM

12,96

860.15

4794.28

.300 RSAUM

12,96

850.39

4686.10

.300 Win Mag

12,96

868,68

4889.84

.300 Wby Mag

12,96

932.69

5637.02

.300 RUM

12,96

961,34

5988.65

.30-06 Springfield

12,96

783.03

3973.12

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

Ici, sur le terrain pour un tir de précision.

 

 

 

 

Ici, une cible réalisée par un champion LTD avec un superbe groupe tiré à 1.000Yds

 

 

 

Ici, de très jolis groupes de 3 coups réalisés à 200Yds

 

 

 

 

 

La précision obtenue avec toutes ces charges quasi-maximales sont sous le MOA pour 3 coups. Ce qui est particulièrement intéressant avec cette cartouche, et contrairement à la plupart des autres magnums à étui  long, c’est que sa précision est excellente avec des charges réduites. Par exemple, le SST Hornady 150 grains à 3100 fps groupera 3 coups pratiquement dans un seul grand trou !

 

 

 

Que ce soit dans un fusil Winchester ou un Browning, on sait grouper 3 coups dans moins d'un pouce à 100 mètres.

 

 

La balistique en quelques chiffres :

 

 

Drops comparatifs d’une 180 gr Black Hills Nosler AccuBond avec une 180gr Ballistic Silvertip. Zérotage à 100Yds

 

Drops tracés pour des distances allant jusque 500 Yards. On ne constate pas de différence jusqu’à 250Yds  puis,  on remarque une légère supériorité de la 180gr Ballistic Silvertip de 300 à 500Yards.

 

Tableau des caractéristiques balistiques tiré sur gundata.org pour les deux cartouches

 

En clair, si vous tirez une Winchester 180gr XP3 qui a un BC de .527 avec un canon de 24 pouces, qui sort avec une MV de 3010 fps en sortie de bouche, et que vous avez « zéroté » votre fusil à 250 mètres, alors aucun arc de balle (drop) ne sera supérieur à plus de 3 pouces sur votre trajectoire jusqu’à 400m, et donc, cette balle ne tombera pas de plus de 3 pouces au-dessous de votre point de visée jusqu'à 300 mètres, cela couvrira la majorité de vos coups de chasse. Ces chiffres sont vérifiables dans ce tableau balistique :

 

 

 

Ici, la balistique de la 180 gr. Black Hills Nosler AccuBond - zérotage à 100Yds

 

 

Drops des différents calibres Nosler AccuBond allant de la .270 Win à la .338Win Mag.

 

 

 

Bien qu'il s'agisse d'une cartouche relativement récente, le .300 WSM a déjà connu un certain succès dans le domaine du TLD et du Bench-Rest. Vous pourrez visualiser quelques belles performances réalisées sur cibles dans la section des liens vidéos, en fin d’article.

Pour la chasse, la balle est capable d'atteindre des vitesses comprises entre 2650 et 2730fps en offrant un excellent potentiel de blessure avec des projectiles en expansion contrôlés ainsi que des blessures étendues, et si elle est chargée avec des projectiles A-Max, elle est capable de produire des blessures au gibier au-delà des 1.000 yards ! A ce jour, cette cartouche reste un must pour tirer toutes les espèces de cerfs, de sangliers, et de plusieurs espèces de chèvres, ainsi qu’une pléthore d'autres animaux sauvages du monde entier.

 

 

Conclusion

 

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)

 

Promue comme une mise à niveau de performances pour les fusils à verrou à action courte, la .300 WSM offre à peu près la même vitesse que la .300 Winchester Magnum originale sauf qu’elle peut être chambrée sur des carabines de type action courte comme la .308 Winchester, et peut même s’employer dans des fusils semi-automatiques de type AR-15. En réalité, la .300 WSM est une .300 Winchester Magnum reconditionnée pour être utilisable dans une action courte. On pourrait dire qu’un fusil .300 WSM pèse le même poids qu’un fusil en .308 Winchester, mais qu’il équivaut à un  .300 Win. Mag. en performances.

Un fusil de chasse, par opposition à un fusil-cible, doit être léger et compact pour pouvoir être porté toute la journée à travers les broussailles, les collines et les enchevêtrements or, avec ce calibre, il est possible d’avoir de la puissance avec des fusils plus légers qui peuvent parfois même être portés dans un sac à dos, et qui vous apporteront malgré tout un confort de tir et la précision avec un recul plus léger que ses aînés.

Alors, pourquoi faudrait-il faire le choix de cette magnum? Pour certains, c'est le confort supplémentaire de savoir que vous frapperez avec certitude des moyens à gros gibiers avec un maximum de punch grâce à son énergie déployée. Une autre raison est sa vitesse. Avec un télémètre laser, une courbe de trajectoire mémorisée, et un réticule balistique (ou une tourelle de numérotation), les chasseurs d'aujourd'hui peuvent facilement compenser la chute de leur balle (drop) car elle offre des trajectoires plus plates à toutes les distances. Clairement, les .300 magnums de Winchester ont un grand avantage pour le tir à longue portée.

La sélection de balles d'usine dans la gamme de poids de 150 à 180 grains est la clé du succès de cette cartouche offrant un recul modéré avec une énergie de balle élevée dans la zone inférieure. Néanmoins, le vrai point fort des .300 magnums est sur le gibier de taille moyenne, sur toutes les gammes de distances

Si vous aimez les actions courtes et rapides, alors n’hésitez pas, choisissez la .300 WSM. Toutefois, si une action standard comme celle de la .30-06 ne vous rebute pas alors, restez ou optez pour l'ancien 300 Win. Mag. Avec l'un ou l'autre, vous pourrez de toute manière neutraliser n'importe quel gibier jusqu’à 300Yds.

Si vous tirez sur longues distances, je vous recommande une balle de 180gr voire, plus lourde encore, car vous pourrez conserver une plus grande énergie cinétique sur 500 yards et plus par rapport aux balles de 165gr ou celles qui sont encore plus légères.

 Comme toujours, les clés du succès avec la .300WSM comme avec toutes autres cartouches de chasse,  le secret de la meilleure efficacité-précision réside dans le choix d’un bon fusil, d’une bonne technique de tir,  du choix de balles assorties aux poids du gibier ainsi qu’ à sa bonne distance de tir.

 

 

Voici une série de liens relatifs à la .300 WSM

                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
                                           La Winchester Short Magnum (.300 WSM)
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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 09:50
La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

Chers lecteurs,

 

Vous avez été nombreux à me demander davantage d’articles relatifs au LRH (Long Range Hunting), c’est-à-dire, le pendant du TLD pour la chasse et de fait, je ne peux que me réjouir du succès que mon blog rencontre auprès de nos amis chasseurs qui viennent d’ailleurs le visiter de plus en plus fréquemment.

Par conséquent, j’ai décidé de leur offrir l’article du mois qui est consacré à l’étude de la  .300 Remington Ultra Magnum (RUM). Une cartouche qui est très appréciée pour la pratique du LRH, et dans une certaine mesure aussi par les aficionados du TLD du moins, aux U.S.A., comme en témoignent les vidéos proposées en fin d’article.

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Le développement des cartouches au cours des 150 dernières années a surtout consisté à obtenir plus de puissance et de vélocité de la balle. Comme nous l’avons déjà vu dans des articles précédents, le plus grand pas en avant a été franchi avec la poudre sans fumée vers 1890. Puis, les recherches ont conduit à des améliorations significatives dans les matériaux des balles, leur construction et leurs formes.

Et puis, il s'en est encore passé du temps et de l'évolution pour qu’en 1913, Charles Newton sorte la première cartouche de calibre .30 de la plus haute capacité au monde, et qui était basée sur la cartouche Mauser de 11,2 mm rétrécie au calibre .30 !  Rappelez-vous, la capacité de la douille de la .30 Newton était à tous égards similaire aux cartouches modernes de 7 mm, .308 Norma et .338 Winchester magnum que nous avons connues depuis lors.

Un autre fait important à signaler dans le développement de ce type de cartouches se situe dans les années 1980, et pendant lesquelles, Aubrey White et Noburo Uno de North American Shooting Systems (NASS), basée au Canada, avaient commencé le développement de cartouches de capacité magnum basées, quant à elles, sur le .404 Jeffery's Nitro Express.

Et ce n’est qu’en 1999 que la Remington Arms Company  a sorti pour son fusil modèle 700,  le magnum .300 Remington Ultra basé lui aussi sur la conception de la douille de .404 Jeffery puisque son étui a été conçu en rétrécissant son cou pour s'adapter à une balle de .308 (7.8mm). La création du .300 Remington Ultra Magnum (RUM) a contourné le statut exclusif des cartouches à base des .404 existantes tout en engendrant une concurrence majeure avec Winchester.

Le .300 RUM a rapidement gagné en popularité auprès des chasseurs du monde occidental car c’est une cartouche puissante, produisant une vitesse impressionnante et qui permet de neutraliser un gibier de taille moyenne à des distances extrêmement longues, cette cartouche était pour beaucoup une introduction à l'idée de la chasse à longue distance, c’est-à-dire, à la fameuse LRH (Long Range Hunting) que nous connaissons aujourd’hui.

Les techniciens de chez Remington avaient également travaillé en 1997-1998 à l'élaboration d'une autre cartouche de calibre .30,  plus courte, et toujours sur base de l'étui Jeffery .404 en la raccourcissant de 0,735 pouce, et avaient ainsi créé le tout aussi célèbre .300 Short Action Ultra Mag (SAUM). Mais, alors qu'il était prévu d'introduire les deux cartouches presque simultanément en 1999, quelqu'un a décidé de retarder l'introduction du .300 SAUM pendant environ un an.

Ce fût une erreur de stratégie commerciale car ce retard a permis à Winchester de battre en vitesse son concurrent en introduisant rapidement son .300 WSM. Une autre très bonne cartouche que nous aurons l’occasion d’étudier dans un avenir proche. Le .300 WSM a rapidement décollé et a continué à jouir d'une certaine popularité parmi les chasseurs de gros gibier tandis que le .300 SAUM est retombé rapidement.

C'est triste à dire, mais le .300 SAUM de Remington a connu un déclin trop prématuré et pour s’en convaincre, il suffit de voir les calibres des fusils offerts par la société pour se rendre compte que déjà dans le catalogue Remington de 2010, on ne comptait déjà plus qu'une seule variation du modèle 700 disponible en .300 SAUM tandis que pas moins de quatre autres étaient proposées en .300 WSM.

 

 

La cartouche

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme vu précédemment, la .300 Remington Ultra Magnum fait partie d'une série de cartouches qui sont basées sur la vénérable .404 Jeffery, une cartouche de grande chasse britannique (éléphant, etc.) qui a été effilée, modifiée avec une douille dotée d’un nouvel épaulement et d’une plus grande capacité de poudre.  Le bord de l'Ultra Magnum est légèrement plus petit que celui de la .404 Jeffery (0,534 pouces contre 0,543 pouces), et la longueur a été raccourcie de 2,875 pouces à 2,850 pouces. La longueur de douille 300 RUM est exactement la même que celle du 300 magnum H & H. Cela signifie qu'elle nécessite un fusil à action de grande taille.

En raison de la grande capacité de sa douille, la plupart des charges d'usine utilise une balle lourde (généralement de 180 grains, voire plus) mais certaines balles ne seront chargées qu'avec une ogive de 150 grains pour pouvoir s'adapter à différentes situations de chasse.

Le principal attrait du .300 Remington Ultra Magnum réside dans sa trajectoire plate et le fait qu'il génère une énorme énergie cinétique. Par exemple, une .300 Remington Ultra Magnum tirant une balle de 200 grains à 3100 fps (une balle très populaire) génère 4 000 pi-lb. d'énergie en sortie de bouche. Ce deuxième point est sans doute beaucoup moins apprécié du fait que vous pouvez vous attendre à un recul impressionnant. Il n’est pas rare que le recul écrase l'épaule du tireur avec 38,4 pi lb. (54,72kg) d'énergie !   A titre de comparaison, le recul d'une 30-06 tirant une balle de 180 grains dans un fusil de 8 livres, produit un recul de 21 pi lb. (29,93kg). C’est dans des situations pareilles que l'utilisation d'un frein de bouche prend tout son sens.

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum

 

Les charges d'usine :

 

Tous ceux qui ne rechargent pas leurs cartouches trouveront beaucoup de choix dans les cartouches manufacturées se trouvant sur le marché puisque la quantité de munitions d'usine pour le .300 Remington Ultra est plutôt impressionnante. Qui plus est, sachant par ailleurs que le recul de ce type de cartouche est totalement inacceptable pour la plupart des tireurs, Remington a également introduit dans sa gamme des munitions "Power Level" pour leurs cartouches Ultra Mag. Dans le cas du .300 Ultra Mag, cela signifie des charges d'usine réduites qui reproduisent la balistique du .30-06 Springfield (niveau 1), le second à un niveau équivalent à celui du .300 Winchester Magnum (Niveau 2), et le dernier comportant une pleine charge (Niveau 3).

Et donc finalement, les performances balistiques des Remington sont réparties sur cinq types de poids d’ogive pour la vitesse, et sont respectivement : une 150 grains (3,456 pi / s), une 168 gr (3,326 pi / s), une 180 gr. (3,256 pi / s), une 200 gr .(3,119 pi / s), et même une 220 grains (2,970 pi / s).

Nosler a récemment pris part à l’offre des munitions d'usine en offrant sa balle AccuBond longue portée de 210 grains à 2,920 fps pour une grande balle de chasse à longue portée. En outre, la 180 grains de Nosler produit d'excellentes performances sur les gros cerfs.

La BTSP 180 grains de Speer est un projectile exceptionnel. Avec un BC de .545, cette balle occasionne une large blessure d'un MV de 3300fps, et à des distances d'environ 940 yards.

La Hornady InterBond est un bon projectile pour des gibiers jusqu'à 80kg mais atteint ses limites à moyenne portée. La mise à mort rapide est maintenue jusqu'à 400 yards (2600fps), pour diminuer par la suite, et surtout aux environs des 500 yards (2400fps).

Enfin, même les amateurs de TLD ne seront pas en reste puisqu’à titre d’exemple, la nouvelle munition d’Hornady, la Precision Hunter, et munie de la balle ELD-X à 200 grains, offre une précision proche du ½ MOA quand elle est tirée avec une bonne carabine.

Les munitions chargées en usine peuvent neutraliser rapidement toute une variété de gibiers de taille moyenne en fonction du choix du poids des ogives. A titre d’exemples, les 150 grains peuvent abattre une cible allant jusqu’à un poids de 200 livres, tandis que les 200 grains peuvent être utilisées pour des animaux bien plus gros.

Mais on retiendra qu’en règle générale, les balles légères de 150 grains ne sont pas parfaitement adaptées à la conception de l’alésage des canons de .300 RUM qui sont au pas de rayures de 1:10. De plus, les charges élevées de poudre peuvent générer une chaleur excessive, et donc, une usure inutile dudit canon. Inutile de dire que pour en tirer le meilleur, il est souhaitable d’utiliser des poudres très lentes et des balles lourdes.

Pour atteindre une bonne précision, les canons des fusils .300 Ultra Mag doivent mesurer au moins 26 pouces, et d'ailleurs, des longueurs de canon de 28 ou 30 pouces ne sont pas rares et sont même franchement conseillées.

 

Le rechargement :

 

Le rechargement de la .300 Remington Ultra Magnum va vraiment permettre de révéler le vrai potentiel de cette cartouche. En effet, c'est l'un des rares cas où le rechargeur manuel peut réellement dépasser les vitesses d'usine et travailler finement à sa précision. Et donc, un rechargement manuel peut produire une plage de vélocité plus développée avec, par exemple, une 150 grains à 3550 pieds / s et une 200 grains à 3150 pieds / s, selon le type de poudre utilisé pour le rechargement.

Une poudre très lente donnera les meilleurs résultats avec, par exemple,  la Reloder 25 et 33, et la IMR7828, mais il existe d'autres choix de poudre tels que la Hodgdon H1000, l’Alliant 4000-MR et la nouvelle Enduron IMR 7977. Désolé, mais je ne dispose malheureusement pas des données concernant les meilleures poudres européennes pour ce calibre.

Attention, la .300 Remington Ultra Magnum peut facilement brûler 100 grains de poudre, et nécessitera donc une étincelle plus chaude avec une grande amorce pour magnum afin d’enflammer une telle colonne de poudre. Exemple, les amorces GM215M Federal Gold Medal Match.

La .300 Remington est connu par les chasseurs comme étant une lame à double tranchant. Les balles peuvent produire des blessures pénétrantes rapides sur n'importe quel gibier moyen sur très longues distances, exemple, sur des cibles allant jusqu'à 900 livres et à une distance de 300 mètres mais d’un autre côté, le canon ne peut garder sa grande précision qu’avec une durée de vie d’environ 600 à 1000 coups avant qu’une usure excessive ne commence à se produire. Mais en réalité, la plupart des chasseurs qui choisissent une cartouche Magnum veulent simplement obtenir la meilleure performance disponible et peu d’entre eux ne réfléchissent deux fois à l’usure du canon surtout quand celui-ci n’est utilisé que pour tirer quelques balles par an lors de la chasse au cerf, par exemple. Le même raisonnement ne serait plus du tout rationnel chez un tireur sur cible TLD qui « brûlerait » des centaines de cartouches lors d’une seule saison !

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, la douille .300 RUM et son culot

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, une boîte de Remington 180gr. Scirocco Bonded

 

 

 

A titre de comparaison, voici une série de calibres .30 magnum

La .300 Remington Ultra Magnum

De G à D : .300 H & H Magnum, .30 Newton, .300 Weatherby Magnum, .308 Norma Magnum, .300 Winchester Magnum, .300 WSM, .300 Remington SAUM, .300 Remington Ultra Mag, .30-378 Weatherby Magnum

 

 

 

La 300 Remington Short Action Ultra Magnum (300 Rem SA Ultra Mag)

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme nous l’avons vu en début d’article, après avoir lancé avec succès le 300 Ultra Magnum qui était destiné à concurrencer directement la suprématie du 300 Weatherby Magnum, la société Remington a démontré son savoir faire en sortant la .300 Remington Short Action Ultra Magnum. Nous allons la décrire brièvement car cette cartouche demanderait à faire l’objet d’un article à elle-seule.

Ici, nous sommes en présence d’une cartouche dont la longueur totale est de l’ordre de 69,60 mm, ce qui la rapproche d’une .243 Winchester ou encore d’une 7-08 Remington. Cependant, les prétentions de ce nouveau calibre étaient toutes autres puisqu’il s’agit en effet d’un Magnum court dont les performances se veulent équivalentes, voire supérieures, à celles d’un chargement magnum courant mais à poids de projectile égal. La longueur totale de cette munition étant proche de calibres déjà existants, permet d’utiliser des armes dotées de boîtier de culasse de dimensions standards. Ce facteur a non seulement un intérêt pour le fabricant d’armes, mais aussi pour le consommateur.

La vocation première du 300 Rem SA Ultra Magnum étant de concurrencer directement les magnums classiques en faisant jeu égal, ou parfois mieux, dans des armes dotées d’un canon court. Avec une quantité de poudre moindre. La cartouche de 300 Rem SA Ultra Magnum (ou RSAUM ) permet donc d’être utilisée dans des armes comportant un boîtier de culasse court tel qu’on le rencontre avec une arme chambrée en .243 Winchester ou en 7-08 Remington.

 En effet, la longueur totale de ces deux munitions qui utilisent la même base de douille qui est aussi celle du .308 Winchester, ainsi que de celle du 30-06 et de bien d’autres encore, tel que le .280 Remington, se trouve comprise entre 68,83 mm (243 Win) et 71,12 mm (7-08 Rem).

Par contre, la douille plus large,  possède un volume de 4,18 cm³ utile. Si l’on procède au même calcul avec pour comparaison le 300 WSM (4,566 cm³) on constate que la douille du 300 Rem SA Ultra Magnum est plus courte de 2,16 mm. L’épaulement de cette dernière (30°) placé légèrement plus bas lui confère également un volume plus réduit de 8,43 %. Nous sommes donc assez éloignés des caractéristiques générales d’un magnum courant.

Si l’on prend pour référence la plus populaire d’entre eux qui est la 300 Winchester Magnum, on remarque que la douille possède  une contenance moyenne de 5,127 cm³, ce qui représente une différence de 0,946 cm³.  La douille du 300 Rem SA Ultra Magnum possède donc un volume plus réduit de 18,45 % que celle du calibre de référence.

 

Ses caractéristiques :

Longueur totale de la cartouche : 69,6 mm

Longueur totale de la douille : 51,18 mm

Longueur de la douille à la base du collet : 43,28 mm

Longueur de la douille à la base de l’épaulement : 39,06 mm

Diamètre du culot de la douille : 13,56 mm

Diamètre de la base du corps de la douille : 13,97 mm

Diamètre du corps de la douille à la base de l’épaulement : 13,58 mm

Diamètre du collet avec le projectile en place : 8,73 mm

Diamètre maximum du projectile : 7,85 mm

Epaisseur du culot de la douille : 5 ,08 mm

Angle d’épaulement : 30° 

Pression admissible : 4500 Bars

 

 

Comparaison entre .300 RSAUM (Gauche) et .300 Rem Ultra Magnum

 

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

La spécificité du .300 RUM réside dans sa capacité à conduire des projectiles longs et lourds de calibre .30 à des vitesses extrêmement élevées. Le RUM peut lancer des balles de 180 grains à plus de 3300fps, et des 200-210 grains à 3100fps. Cette puissance peut essentiellement être utilisée de deux façons. Soit sur un gibier de taille moyenne pesant entre 90 kg et environ 400 kg en utilisant des projectiles à expansion contrôlée, où le .300 Rum peut être utilisé pour infliger des blessures extrêmement traumatisantes dans les zones de chasse habituelles ou encore, en utilisant des projectiles à expansion rapide ou frangibles, pour la chasse à longue portée pour les animaux d'un poids de 400kg maximum.   La capacité à produire une mise à mort rapide sur un corps de taille moyenne à grande et pesant entre 90 et 320kg donne au .300 RUM (et autres magnums .300) un avantage sur le 7mm RUM.

Comme nous l’avons vu dans d’autres articles, il y a fondamentalement deux paramètres qui définiront la façon dont une balle se comporte: la forme de la balle et sa construction. Il est généralement entendu que la forme affecte sa trajectoire, sa vitesse, et le vol tandis que sa construction affecte sa pénétration et son expansion. Ceci est vrai, mais la forme des balles a également un effet sur la transition de la balistique externe à la balistique terminale.

Un critère déterminant généralement retenu pour la balistique terminale est la vitesse d'impact des balles. La plupart des fabricants ont testé leurs balles pour qu’elles fonctionnent bien à différentes vitesses. Les balles vraiment dures peuvent avoir une vitesse proche de 2500 fps à 4000 fps. Le nombre qui nous intéresse pour le tir à longue distance reste celui de la vélocité la plus faible à laquelle cette balle peut « travailler » efficacement et être fiable sur le terrain, c’est-à-dire, pour la chasse : performer, pénétrer, élargir pour faire des cavités de plaies adéquates et « éthiques » en un seul coup. La raison en est que la vitesse terminale et l'expansion résultante sont dictées par la vitesse initiale des balles et leur forme.

L’industrie manufacturière a également concentré ses efforts autour de la capacité des douilles qui est de plus en plus importante pour savoir contenir plus de poudre afin d’augmenter la vitesse initiale. C’est ainsi que la .300 RUM 165 grains d'usine démarre, en sortie de bouche, à 3360 fps, et arrive encore à environ 1598 fps à 1000 yards.

Et si on affine encore la balistique, nous pouvons obtenir un peu plus de vitesse et d'énergie avec 25% moins de recul ! Et de fait, le coefficient balistique d'une balle a un effet significatif sur la vitesse de descente de celle-ci. Le coefficient balistique décrit essentiellement la forme des balles et la manière dont elles volent.

En poussant un projectile de 180 grains, avec un coefficient balistique G1 d'environ 0.500 à une vitesse de 3.300 fps, vous pouvez « zéroter » votre fusil à 300 yards, et maintenir une élévation moyenne de moins de 4 pouces - généralement de 150 à environ 175 yards, ce qui rend la frappe d'une cible éloignée beaucoup plus facile et sûre que si vous tiriez avec un .308 ou une .30-'06. C’est précisément ce que recherche la plupart des chasseurs qui n’ont ni le temps de régler leur lunette, ni encore moins de calculer le nombre de klicks à mettre avant de tirer le gibier convoité !

Les balles plus légères et plus rapides rendent la trajectoire encore plus plate, tandis que les balles plus lourdes conserveront leur énergie un peu mieux à des distances plus longues, et offriront toujours un avantage définitif sur l'autre.

Comme déjà signalé auparavant, cette cartouche occasionne un recul sévère et il faudra de la discipline pour savoir garder un excellent niveau de précision si plusieurs coups devaient être consécutifs et donc, un frein de bouche vous aidera très certainement ainsi d’ailleurs qu’un pad de crosse pour absorber les chocs.  

Et en TLD, une .300 RUM entre les mains d'un tireur expérimenté, prend seulement tout son sens dans les distances extrêmes de 1200 à 1400 Yds.

Mais attention, même si la .300 RUM est manifestement une cartouche puissante,  tout le défi consistera à comprendre comment utiliser son pouvoir vulnérant et sa précision de la manière la plus productive.

 

 

Résultats sur cible au stand

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, sur le terrain pour un tir à 100 yards pour faire des réglages.

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, une cible comportant un beau groupe de 3 coups tirés à 300Yds

 

 

La .300 Remington Ultra Magnum

Ici, un autre très joli groupement réalisé sur la même distance

 

 

On le sait, la .300 RUM comporte aussi des aspects négatifs tels que notamment, l'usure excessive du canon qui est un problème qui peut survenir très rapidement. Utilisé dans de mauvaises conditions (surchauffe due à trop de coups successifs, mauvais entretien, …), les premiers signes de perte de précision peuvent déjà apparaître dès les 300 coups. Mais avec du soin et une attention particulière à la chaleur du canon, à la prévention au frottement, et à la finition de l'alésage, une précision optimale peut être maintenue pendant environ jusqu’à 600 coups. Avec beaucoup de soin, la durée de vie du canon peut être prolongée jusqu' à 1.000 coups. Les tireurs TLD y seront particulièrement attentifs !

Et d’autre part, dans certains cas, le poids des fusils peut être un facteur important, les carabines plus légères perdant de leur précision en raison de l'inertie sévère de recul.

 

 

 

La balistique en quelques chiffres :

Ici, les drops comparatifs des cartouches similaires ou proches. On remarque la suprématie de la .300 Rem Ultra magnum – Courbe rouge.

 

 

Ici, un tableau comparatif des vitesses déployées par la cartouche et ses concurrentes de 0 à 500Yds. On constate que la .300 RUM arrive seconde après la .30-378WM

 

Ici, un tableau comparatif des énergies déployées par la cartouche et ses concurrentes en fonction de la distance parcourue. On constate que la .300 RUM arrive seconde après la .30-378WM

 

Ici, les drops comparatifs d’une 180 gr Federal Barnes avec une Remington 150 gr Swift Scirocco. Drops tracés pour des distances allant jusque 500 Yards - Pas de différence jusqu’à 140Yds.

 

Comparatif vitesses pour une 180gr. avec ses principales concurrentes par marque.

 

 

Comme pour beaucoup de cartouches, la .300 RUM a ses forces et ses faiblesses. L'astuce consiste à être capable de comprendre et de travailler ses points forts, en exploitant tout son potentiel disponible. Un niveau élevé de discipline personnelle est nécessaire pour tirer des magnums avec précision.

Vous pourrez consulter quelques tableaux balistiques relatifs à la .300 RUM en cliquant ici

 

 

 

Conclusion

 

La .300 Remington Ultra Magnum

 

Comme mentionné tout au long de cet article, vous l’avez compris, la .300 RUM est une cartouche extrêmement puissante. Cependant, afin de savoir exploiter tout son potentiel, le fusil qui la tirera devra être précis et la balle devra être particulièrement bien adaptée au travail à accomplir.

Il est indéniable que la .300 Remington Ultra Magnum est un outil efficace à longue portée, et qu’elle dépasse le niveau de confort attendu par la plupart des tireurs qu’ils soient chasseurs ou tireurs TLD.

Indépendamment de cela, la .300 RUM est encore appréciée par de très nombreux chasseurs pour son large éventail d’efficience, de pouvoir vulnérant vis-à-vis des différents types de gibiers et des distances de tir atteignables, et continuera probablement à conserver cette grande popularité dans les décennies à venir.

Malheureusement, cette magnum comporte également pas mal d’inconvénients. Elle érode davantage votre canon, elle coûte plus cher, elle est plus lourde, plus volumineuse, elle occasionne un recul plus fort et fait plus de bruit que la plupart des cartouches .30.  Il est un fait que pour de nombreux chasseurs, ces facteurs négatifs représentent des obstacles majeurs.

La bonne question à se poser est de savoir si cette .300 Remington Ultra Magnum va répondre à l’ensemble de vos besoins, dans les conditions de chasse ou de tir qui sont les vôtres ?

Reste à savoir aussi si vous êtes prêt à investir et si vous êtes assez compétent pour utiliser un tel outil ? Si la réponse à cette question est affirmative, alors,  c'est certainement une cartouche qui est faite pour vous !

 

 

Voici une série de vidéos relatives au tir avec la .300 RUM

 

La .300 Remington Ultra Magnum
La .300 Remington Ultra Magnum
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