Chers lecteurs,
Dans les moments de terreur que l’Europe connaît actuellement, et plus singulièrement à la suite des souffrances et des traumatismes occasionnés à la France lors de ces attentats, Je vous avoue que j’ai longuement hésité à publier un article en cette fin de mois et sachez par ailleurs que je m’associe bien évidemment au deuil ainsi qu’à la douleur des personnes qui ont été touchées de près ou de loin par ces événements.
Après en avoir discuté avec Benoît qui venait de terminer son article sur le test à 600m de son Mosin-Nagant, nous avons néanmoins décidé de ne pas interrompre nos publications notamment parce qu’il n’est aucunement question de céder aux tentatives d’intimidation visant nos démocraties mais également parce que notre blog n’a que pour vocation de partager notre intérêt pour ce sport et le tir récréatif.
Il ne sera sans doute pas inutile de rappeler au lecteur que nous ne tirons que sur du carton et que nous pratiquons notre sport dans le plus grand respect des législations et en appliquant les consignes de sécurité les plus strictes ! Il était important que ce soit dit pour éviter tout amalgame malheureux.
Je cède donc la plume à Benoît pour faire suite à son article précédent.
Bonne lecture.
Rappel sur l’origine et la spécificité de ce fusil
A l’origine, le Mosin-Nagant Modèle 1891 est une carabine à verrou d’une conception simple élaborée par le capitaine russe Sergei Mosin montée avec un magasin de cinq cartouches conçu par les Belges Émile et Léon Nagant. En service en Russie à partir de 1892, il est resté longtemps le standard de l'infanterie russe à travers la guerre russo-japonaise, la première guerre mondiale et, dans avec son amélioration de 1930, il a servi également lors de la seconde guerre mondiale. Malgré ses lacunes, le modèle 1891 à 1830 était robuste, fiable et précis (moins d'un pouce à 100 mètres).
Mais c’est en 1932, que l'Armée rouge a tiré des Mosin-Nagants des lignes d'assemblage pour les modifier pour en faire des fusils de sniper. Les armuriers ont allégé la pression sur la détente à une gamme de 4,4 à 5,3 livres (1 livre = 0,45 kg) et reconfiguré le levier de culasse pour faire place à un viseur télescopique de 3.5-4X, permettant ainsi à un tireur d'élite de l’utiliser sur des cibles à 600 mètres.
En fait, il semblerait que les tireurs d'élite allemands l’auraient même préféré à leurs propres Mauser Karabiners K98 et bien que les soviétiques avaient adopté le Tokarev SVT-40 semi-automatique pour l'utilisation en fusil de sniper, il s’est avéré moins précis que le Mosin-Nagant, qui est finalement resté en usage jusqu'à ce qu’il soit remplacé par le Dragunov SVD en 1963. La Russie a ainsi produit quelques 330.000 fusils Modèle 1891/30 tireurs d'élite entre 1941 et 1943.
Conditionnement militaire de cinq Mosin-Nagants en coffre en bois
Caractéristiques de l’arme :
Calibre: …………………………………… 7.62 x 54R
Longueur du canon : ……………………… 20.2 ou 28.7 in. (729mm)
Longueur totale : …………………………. 39.9 ou 50.7 in. (1288mm)
Poids: ……………………………………... 3.9kg
Capacité du chargeur : …………………….. 5 cartouches
Le Mosin-Nagant 1891/1930 Sniper en 7.62 X 54R
Et celui de Benoît ;-)
Entrons dans le vif du sujet …
Depuis mon dernier article sur le Mosin, j’étais resté « légèrement frustré » de ne pas avoir pu réaliser de groupement à 600m. Je me suis donc remis à la recherche d’une charge groupant à plus haute vitesse.
L’escalier de charge a été fixé à 47,5 grains de T5000 tout en restant sur l’ogive 150gr HPBT de chez Sierra et en restant sur le même protocole de rechargement. La balle sort maintenant à une vitesse de 728m/s avec un essai à la température de 15° (je sais, j’ai eu de la chance ;-)) et un temps couvert avec un vent arrière quasi nul bref, l’idéal !
Après une petite séance de « cailloutage » sur la butte à 600m pour éviter de perdre trop de cartouches, je me décide à faire des groupements sur ma C200.
Le tir sur C200 avec ce genre de réticule en pointe est, comme je l’avais déjà signalé dans mon premier article, assez ennuyeux et plus adapté au tir sur silhouette « humanoïde » que sur des cibles sportives, et sans vouloir me trouver d’excuse, ceci explique un peu l’allongement de mes groupements en hauteur. Je pense que je vais me mettre à des visuels de couleurs claires ... .
Les groupements sont de 5 cartouches (impacts en rouge) mais, comme je vieillis et que je suis passé du terrain au bureau, vous m’excuserez, mais c’est sans doute pour cela qu’il en manque une à chaque fois ;-)
Voici donc mon premier carton avec les 4 impacts
Et voici mon 2ème carton après une légère correction
Après 2 semaines, une bonne séance de rechargement et ne voulant pas en rester là, je me décide à refaire une bonne séance de tirs. Les conditions sont optimales car identiques à celles d’il y a 2 semaines !!!
Et ce, sur l’un de mes endroits préféré :
Suite à mes derniers tirs sans point de visée précis, j’ai ajouté pour ceux-là, une cible pistolet 10m qui m’a permis de « caler » mon réticule en pointe ….
La visée est sans aucun doute beaucoup plus nette mais le carton pistolet 10m à 600m n’est pas grand et il ne faut tout de même pas se relâcher !!!
Légèrement décalé vers le bas, je me décide à faire une très légère correction avec précaution car je le rappelle, la PU ne possède pas de clicks de réglage …
Ma correction s’avère bonne puisque mon groupement est centré (malgré un impact un peu haut) ce qui était bien le but recherché.
Conclusion
Pour conclure, je dirai que :
L’arme est conforme à son emploi et ce à quoi elle était originellement destinée. En effet, bien que ça ne soit pas un vrai fusil sniper russe, cette arme produit pratiquement les mêmes résultats et accompli le « travail » qui lui est demandé.
Rappelons qu’un Mosin Sniper est une arme sensée atteindre une cible humaine jusqu' à 800m et que ce n’est évidemment pas une arme capable de faire du bench comme certaines carabines modernes sont capables de le faire de nos jours. Elle n’est donc pas destinée aux concours à moins que ce ne soit à l’ordonnance.
Néanmoins, c’est une arme très adaptée au tir militaria et récréatif . Personnellement, je ne m’en lasse pas, et notamment, de jouer de la tourelle et de passer d’une distance à une autre sur des silhouettes pivotantes. Ce fusil me procure donc beaucoup de plaisir et tout autant que de tirer avec des armes modernes.
Pour aller plus loin, voici une série de liens relatifs au sujet traité
https://en.wikipedia.org/wiki/Mosin%E2%80%93Nagant
http://www.geocities.ws/Pentagon/Bunker/4064/PersCollection/M9130page.html
http://www.photos-albums.com/3-historical-rifles-with-anatomies-and-animations-album24766/
https://medium.com/war-is-boring/the-mosin-nagant-never-stopped-fighting-5122644b0d2c
http://7.62x54r.net/MosinID/MosinTheOp.htm












