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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 15:17
La .22-250 Remington
La .22-250 Remington

 

 

 

Chers lecteurs,

 

Comme vous le savez, je compte de très nombreux chasseurs parmi mes fidèles lecteurs et par conséquent, comme je le fais de temps en temps pour eux, je vous propose de passer en revue une autre cartouche de calibre .224 :  la .22-250 Remington (5,6 x 49mm) qui est sans doute la plus polyvalente de toutes les cartouches .22 à percussion centrale.

En effet, la .22-250 Remington est une cartouche à grande vélocité pour carabine de calibre .22 à action courte, principalement utilisée pour la chasse au varmint et le petit ou moyen gibier, elle est aussi parfois connue sous le nom de .22 Varminter.  Néanmoins, celle-ci constitue également le choix de tireurs qui veulent obtenir une haute vitesse combinée à une précision et à des performances extrêmes ce qui la conduit à être très appréciées des tireurs sportifs « mid-range ».

 

Bonne lecture

 

 

 

 

 

Quelle est son origine et sa spécificité ?

 

 

 

La cartouche .22-250 Remington a une longue et riche histoire aux racines centenaires, et c'est probablement encore la cartouche de taille moyenne la plus populaire actuellement.

Le personnage clé qui est à l'origine de certaines premières cartouches de chasse à haute vitesse est le dénommé Charles Newton. En 1912, il crée la cartouche .22 Hi Power pour la Savage Co.  Cette .22 tirait une balle de 70 grains à 2790fps ce qui était extrêmement rapide pour l’époque !  Savage croyait que la .22 Hi Power serait idéale pour le gibier de taille moyenne toutefois, Newton n’en n’était pas aussi convaincu. C’est pourquoi, peu de temps après, il créa ce qu'il considérait être une .22 encore plus efficace, basée sur l’étui de la 30.06 réduit de 1/4 de pouce, et rétréci pour prendre en charge une longue balle de 90 grains. Historiquement, cette cartouche, la .22 Newton, a été l’inspiration de ce qui a conduit à l’avènement de la .22-250.

En 1915, la 250 Savage fait son apparition. Conçue par Charles Newton et introduite dans l'excellent fusil Savage Model 99 lever action, la cartouche originale utilisait une balle de 87 grains à la vitesse « modique » de 3000 fps (pieds par seconde). Et c’est pour cette raison que Savage l'appelait la 250-3000.

Bien que la modification de cette nouvelle cartouche ait peut-être commencé peu de temps après son introduction, nous ne savons pas grand-chose sur ce qui s’est passé avant les années 1930, lorsque certains expérimentateurs de munitions connus sous le nom de « wildcatters » passèrent un temps et des efforts considérables à « retravailler » la .250 Savage. Ceux qui sont parvenu à « resserrer » l’étui en laiton pour recevoir une balle de calibre .22 sont parvenus à mettre au point une cartouche qui sera connue plus tard sous le nom de la .22-250 Remington. Après la Grande Guerre, tout le monde se mit également à travailler sur le concept des projectiles plus petits (pour pouvoir en emporter plus), plus rapides et surtout plus précis en fonction des progrès rapides enregistrés par les poudres pyroxylées dites « sans fumée ».

Pendant que Charles Newton développait ses cartouches, le capitaine Grosvener Watkyns, un ingénieur en balistique qui travaillait comme consultant pour Winchester dans les années 1930, recherchait l’équilibre ultime entre puissance et performance de manière scientifique dans le but de mettre au point la méthode la mieux équilibrée et la plus efficace possible sur le plan balistique pour cette cartouche et il décida de créer sa .22 sur base de la .250-3000. Watkyn rechercha ensuite les dimensions optimales de la conicité du corps, des angles des épaules, des vitesses et des pressions. Néanmoins, lorsque le moment est venu pour Winchester d’adopter une nouvelle .22 haute vitesse, la firme a opté pour une autre réalisation utilisant le boîtier 6mm Lee Navy. Watkyn découragé a quand même continué à travailler sur sa nouvelle wildcat, appelée à l'origine Swift. C'était à peu près à cette époque que Watkyn commença à travailler avec l'arsenal Jerry Gebby qui expérimentait aussi avec la Newton .22.

Afin de continuer à améliorer la cartouche, Jerry Gebby, armurier et champion de tir, et le célèbre handloader, J. Bushnell Smith, ont fait équipe ensemble et leur version de 1937 est généralement acceptée comme étant le parent du .22-250 d’aujourd’hui. Ils l'ont appelé :  22 Varminter. D’ailleurs, Gebby a protégé ce nom par un copyright. La .22 Varminter a été plébiscitée pour ses performances élevées et sa précision à tous les niveaux de vitesse. Parce que le nom " Varminter " avait été protégé par le droit d'auteur, alors que des armuriers voulaient fabriquer des fusils pour la nouvelle vedette en .22, ils apportèrent de légères modifications à la chambre du fusil et l'appelèrent simplement la .22-250 pour éviter tout litige et en marquant les armes avec la désignation générique, mais sûre de "22-250". Pour être complet, sachez qu’en 1937, c’est Phil Sharpe qui a été l’un des premiers armuriers à avoir construit un fusil pour le constructeur de fusils de calibre .22-250.

Entre 1934 et 1937, les différentes versions de cartouches .22-250 ont été retravaillées par Harvey Donaldson, Grosvenor Watkins, Jerry E . Gebby, JB Smith et John Sweany alors que le .22 Varminter attendait toujours de voir le jour en tant que tel lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté, elle l’a empêché de progresser, interrompant ainsi le développement des cartouches pendant près de 10 ans. Toutefois, plusieurs années après la guerre, les fusils, les munitions et les composants sont redevenus disponibles.

Encore plus de problèmes se sont produits en 1950 lorsque Remington a présenté sa .222 Rem. Le .222 a rapidement conquis un grand public et a acquis une belle réputation dans la nouvelle discipline de tir Bench-Rest. La seule cartouche qui menaçait la popularité du .222 restait la wildcat qui ne disparaîtrait pas : la .22-250. Finalement, en 1963, Browning décida d’utiliser ses fusils pour la Wildcat .22-250, ce qui était risqué si on ne disposait pas de munitions.

L’arrivée du .243 Winchester en 1955, calibre encore plus polyvalent n’y changea rien, le 22-250 gardait son cercle de fans.

En 1964, Winchester venait d’arrêter la .220 Swift et de sortir l’originale .225 Winchester, conçue pour la remplacer. La .225 était une cartouche cerclée de 55 grains à 1067 m / s et qui était destinée au fusil modèle standard 70, mais qui a disparu en moins d’une décennie. En effet, la .225 n'a jamais atteint la popularité souhaitée car en 1965, un an après sa sortie, la 22-250 de Remington l'avait déjà complètement éclipsée.

Un à deux ans après l’introduction du modèle Browning, la Remington Arms Company a adopté le calibre et la cartouche est entrée dans la production générale en 1965 sous le nom de .22-250 Remington. La société a simplement ajouté " Remington " au nom original. Remington l’adopta officiellement pour qu’elle puisse être chambrée dans son fusil modèle 700 et normalisa la cartouche avec l'indicateur .22-250, optant pour un angle d'épaule de 28 degrés. L'étalon de vitesse avec une balle à 55 grains est de 3 650 fps et la pression moyenne maximale (MAP) est de 65 000 psi. Mais finalement, comme on l’a vu précédemment, Remington n’a absolument rien à voir avec la conception de la .22-250.  Néanmoins, en la normalisant et en devenant la première firme à la fabriquer en usine, elle a saisi l’opportunité d’ajouter son nom à ladite cartouche.

La 22-250 a fait face à de nombreux rivaux au cours des huit dernières décennies environ, et elle s’est pour la plupart du temps imposée comme l’une des cartouches de petit diamètre des plus flexibles et des plus précises du marché. L’un de ses premiers rivaux a été la 220 Swift, qui a été pendant des décennies la cartouche commerciale la plus rapide au monde. Mais, les 22-250 ont gagné la course principalement parce que ses caractéristiques et ses vitesses étaient plus raisonnables, tandis que les .220 Swift, quant à elles, souffraient d’un trop grand battage médiatique, mais … avec mauvaise presse !

Depuis son adoption officielle, la .22-250 est reconnue pour son utilisation dans une large gamme de types et de poids de projectiles avec une vitesse élevée (4.000 fps ou 1.220 m / s) et une précision exceptionnelle. C’est également la plus populaire des cartouches à longue portée qui reste efficace jusqu’à 400 mètres. La cartouche est également réputée pour sa tolérance aux variations des charges de poudre et de poids de balles, allant des balles fragiles de 35 g à des balles à longue portée de 80 grains.

 

 

La cartouche

 

 

 

Cent ans après l'introduction de sa cartouche mère et un demi-siècle après sa standardisation, la popularité du 22-250 est loin de décliner et est toujours aussi apprécié et performant. Savage Arms propose d’ailleurs encore actuellement 26 modèles dans ce calibre, et encore à l’heure actuelle, tous les principaux fabricants d’armes américains et européens fabriquent des fusils à verrou dans le calibre .22-250.

La .22-250 Remington présentent un recul à peine perceptible et bien inférieur à la .243 Win et donc, tout le monde aime la tirer. Cependant, elle émet un souffle excessif en raison de la vitesse élevée de sa balle et donc, il est donc recommandé de porter une protection auditive. En dépit du mythe populaire relatif à la durée de vie moins longue des canons des .22-250 par rapport au .220 Swift ou à d’autres chambrages, l’usure est directement liée aux habitudes du tireur, et si on permet au canon de se refroidir entre les tirs et qu’on ne choisit pas les cartouches à la plus haute vélocité et ce, en les tirant à grand volume, la précision du canon restera correcte presqu’aussi longtemps que celle d’une .223 Rem.

Notons que la norme SAAMI .22-250 Rem reprend le pas de rayures de 1:14. C'est parfait pour les balles traditionnelles jusqu'à 55 grains. Aujourd'hui, les balles sont plus longues que les balles traditionnelles du même poids. Néanmoins, les fabricants de fusils pourraient mieux adapter leurs .22-250 aux conceptions de balles modernes en offrant un taux de 1:12.

Enfin, l'une des principales causes de sa popularité est également qu'il est assez facile de fabriquer des douilles de .22-250, alors que d'autres nécessitent un peu plus de travail, juste pour retravailler l’étui afin de le préparer au rechargement. En plus, de nombreuses charges en .22-250 sont actuellement disponibles sur le marché, avec des balles à 60 et 64 grains, les plus lentes à 3 500 fps, et des balles plus légères à 40 grains qui sortent à la vitesse impressionnante de 4150 fps. Les plus courantes de 50 et 55 grains quittent le canon à environ 3600-3800 fps. Pas étonnant qu'elle soit connue sous le nom de cartouche « souple ».

En outre, on notera également qu’elle a / ou connu des applications tactiques. L’adoption de la cartouche à faible diamètre de calibre .22-250 visait à minimiser la pénétration excessive et à éliminer les ricochets dans les interventions urbaines ainsi que dans des opérations de lutte contre le terrorisme en milieu urbain dans les années 1980. Un certain nombre de fusils de ce calibre étaient notamment utilisés par le British SAS Regiment.

 

Rechargement

A titre d’exemples, les charges d’usine chez Remington incluent la UMC 45 grains à 4 000 fps, la UMC 50 grains à 3 820 fps, l'Accutip 50 grains à 3725 fps, la 55 grains Power-lokt à 3 680 fps et une balle à pointe souple de 55 grains également. Hornady produit également des charges à expansion très douce. Celles-ci incluent la V-Max 40 grains à 4150 fps, la V-Max 50 grains à 3 800 fps, la V-Max 55 grains.

Disons-le d’emblée, ce calibre nécessite une charge de poudre moins importante que bien d’autres, ce qui en fait une cartouche très économique pour le rechargement des balles.

Le .22-250 Rem. atteint des vitesses maximales avec la plupart des agents propulseurs (poudres) pour carabines à vitesse moyenne. Les vitesses optimales de combustion de la poudre pour le .22-250 sont celles de la gamme 4064 / Varget bien que le H414, plus lente, fonctionne également bien.

À partir d’un canon de 24 pouces, les balles de 50 grains peuvent être entraînées dans des vitesses situées entre 3650 et 3700 fps, tandis que des charges manuelles soigneusement développées ou avec des canons plus longs peuvent atteindre plus de 3 800 fps. Les balles de 55 grammes peuvent être conduites en toute sécurité à 3600 fps dans la plupart des fusils. Les charges maximales donnent des vitesses légèrement supérieures aux spécifications d'usine avec environ 3700 fps. Les balles de 60 grains produisent des vitesses situées entre les 3500 et 3600fps.

Un rechargement qui fonctionne également bien est celui de la Sierra 53 grains MatchKing à base plate, avec une charge appropriée de poudre H380 de Hodgdon. Les données de rechargement en ligne d'Hodgdon indiquent que seuls les IMR 4007SSC, IMR 4166, IMR 8208XBR et Hodgdon CFE 223 dépassent les 3750 fps avec une balle à 55 grains tirée dans un canon de 24 pouces.

La sélection du propulseur est essentielle pour atteindre cette plage de vitesses tout en maintenant une bonne précision. Pour une vitesse plus lente, sélectionnez un agent propulseur à combustion plus rapide.

La longueur de cartouche maximale établie par SAAMI pour les .22-250 Rem. est de 2,350 pouces (59,69mm). Placer une balle sur une longueur totale plus longue peut augmenter la pression car elle a peu ou pas de départ libre vers les rayures du canon. Inversement, une balle d’une longueur totale plus courte peut également augmenter la pression car la balle pénétrerait dans la poudre. C'est pourquoi il est toujours prudent, quel que soit le poids de la balle et la longueur totale de la cartouche sur laquelle vous vous préparez à recharger, de commencer le développement de la charge de plusieurs grains en dessous du maximum indiqué dans les manuels de chargement manuel.

Mais quoi qu’il en soit, souvenez-vous toujours bien que dans tous les cas, le rechargement n’est pas une affaire d’amateur auquel cas, je vous déconseille vivement de vous y essayer et qu’il convient toujours d’observer la plus grande prudence dans ce type d’opération et ce, même pour des personnes aguerries notamment, en respectant scrupuleusement les limites de sécurité fournies dans les tables de rechargement des différents fournisseurs !

 

Ses dimensions (avec 1 pouce = 25,4mm)

 

 

 

Ses caractéristiques :

 

 

Comparaison de ses dimensions avec les calibres concurrents

 

 

De G à D - Comparaison d’une .22-250 Rem, 22 HORNET, .223 Rem

 

 

A gauche, une .22-250 Rem, à droite, une .223 Rem

 

 

 

Ici, la douille et son culot

 

 

Ici, une boîte de Remington UMC en 45 grains

 

 

Ici, une boîte de Winchester 45 grains

 

 

 

Quid de la chasse avec cette cartouche ?

 

 

 

Dans l’ensemble, c’est une munition exceptionnelle bien connue pour être « La cartouche » pour pratiquer la chasse au coyote aux U.S.A. ainsi qu’au nuisible, mais aussi pour le petit ou moyen gibier (max. 40kg), et bien que cela ne soit pas du tout recommandé par certains, il peut également être utilisé, pour la chasse au cerf.

La cartouche propose 12% de rapidité de plus que la 222 Rem, et surtout 20% d’énergie supplémentaire avec la même balle. La trajectoire très plate permet de faire du « varminting » ou du tir aux nuisibles de petit gabarit (corvidés, mais aussi marmottes, chiens de prairies) jusqu’à 400 m voire plus, mais comme pour tous les petits calibres il sera sensible au vent.  Par contre à ces distances, elle sera rédhibitoire pour de plus gros animaux comme le chevreuil, par exemple puisqu’à 300 mètres, il ne produit en général plus que 780 Joules, et encore moins (358) à 500 mètres !

Donc, la .22-250 est essentiellement une cartouche varmint, mais elle est couramment utilisée sur les gibiers de poids légers à moyen, où son utilisation est autorisée. Cette cartouche convient parfaitement au gibier pesant jusqu'à 40 kg et jusqu'à un maximum de sécurité de 60 kg. L'ultra vélocité de cette .22 produit ses performances les plus spectaculaires à moins de 125 mètres, puis les performances de blessure diminuent progressivement. La .22-250 produit la mort la plus propre à moins de 275 mètres (au-dessus de la vitesse d’impact de 2600 ips).

Cette cartouche a développé une réputation d'effet de blessure à distance connu sous le nom de choc hydrostatique. Tout comme le calibre .308, le calibre .22-250 Rem s’appuie sur l’effet de choc hydrostatique qu’il crée lorsqu’il frappe une cible, les ondes de choc étant envoyées à travers les fluides corporels de la proie pour produire une blessure et une incapacité rapide à courte et moyenne distance. Les inconditionnels de la 22-250 Remington vous la conseilleront pour son efficacité, sa précision, sa fiabilité et sa facilité d'utilisation. Des qualités qui rendent également ce calibre idéal pour les chasseurs débutants.

En raison de sa vitesse initiale élevée, elle excelle par rapport aux cartouches de calibre .22 plus petites, telles que les .223 Remington et la 22 Hornet. Ce qui rend cette cartouche plus polyvalente que vous ne le pensez, c’est son énergie cinétique de 1 600 lb-pi en sortie de bouche. Avec de bonnes munitions, cette cartouche est une jumelle de balistique terminale avec les cartouches Winchester 30-30 et la 7.62x39mm. Mais, il est important de savoir qu'avec la .22-250 Remington, il est préférable d’utiliser des munitions à pointe fine, pour placer vos tirs directement du côté opposé à la cible, là où les organes vitaux sont situés au plus près de la peau de l’animal. Le calibre 22-250 propose une quarantaine de rechargements dont les plus classiques sont la Remington Powerlokt en 55 grains, et la Hornady en 60 grains. C’est donc un redoutable outil de régulation des prédateurs comme le renard et d’approche-affût pour les caprinés dans la limite énoncée plus haut.

 

 

Quid de la balistique de cette cartouche ?

 

 

Sa capacité de tir à moyenne portée (mid-range) et son faible recul soulignent les avantages du 22-250 Remington. Plus bruyant, et avec un poil plus de recul que le 222 Rem, il est aussi un peu plus cher, et a la réputation de plus « bouffer » les canons, rançon qu’il faut souvent payer pour des vitesses élevées et surtout, si on l’utilise pour tirer beaucoup au stand de tir. En règle générale, il est conseillé d'éviter le tir rapide et prolongé, de laisser le canon refroidir entre les tirs et de surveiller son encrassement.

L’étui de la .22-250 peut contenir juste assez de poudre pour obtenir toutes les performances possibles des balles de calibre .224 sans avoir besoin d’être tirée dans des canons excessivement longs. Cet équilibre a fait du 22-250 un favori tant parmi les chasseurs varmint que chez les tireurs sportifs.

Avec un 22-250, vous pouvez faire monter en vitesse des balles plus légères jusqu'à 4000 fps, ce qui satisfait pleinement les amateurs de vitesse. Cependant, vous pouvez également ralentir les balles lourdes jusqu'à environ 3 400 fps, ce qui allonge la durée de vie du canon. Cette cartouche de calibre .224 est vraiment la seule .22 ultra-rapide qui a connu autant de succès.

Dans un fusil au canon doté en général d’un pas de rayures de 1.14, et malgré les progrès fait dans le domaine des poudres et des balles à fort coefficient balistique, l’arme supporte mal les balles « lourdes » au-dessus de 50-60 grains, et proscrit les balles légères au-dessous, ce qui oblige les chasseurs à tirer surtout des animaux de 40 à 60 kg dans la limite des 125 mètres, là où la balle sera encore dans les hautes vélocités (900m/s) et avec 1600 Joules d’énergie. Cependant, il faudra s’attendre à une réduction extrême de la précision si des cartouches plus grosses sont utilisées.

Ceci dit, une balle de 75 grains, telle que la Hornady ELD-Match, la Hornady A-Max (remplacée par la ELD-Match) avec un coefficient balistique supérieur à 0,400 et une vitesse de chargement à la main de 3 200 ips, a des facteurs de stabilité d’environ 1,2 et 1,5 lorsqu’elle est tirées dans des canons respectivement de 1: 9 et de 1: 8 pouces.

Sur 500 mètres, la trajectoire de ces balles plus lourdes est essentiellement identique à celle de la balle de 55 grains. Cependant, la déflection du vent pour la balle à 75 grains varie d’environ 1/2 pouce par tranche de 1,6 km/h (mille/h) de vitesse de vent de travers à 300 mètres, et à 2 pouces à 500 mètres et ce, par rapport à des valeurs d'environ 1 pouce et 3 pouces pour la balle à 55 grains ! Mais l'énergie cinétique de la balle de 75 grains à 300 mètres est environ 40% supérieure à celle d’une balle à 55 grains, et supérieure d'environ 80% à 500 mètres, rendant ainsi la balle à 75 grains appropriée pour le tir d’un cerf à environ 200 mètres.

 

Sa balistique en quelques chiffres :

Comparaison vitesse, énergie, tenue au vent avec ses concurrents

 

 

Autres balles :

 

Tableau comparatif avec d’autres calibres concurrents

 

 

 

 

 

 

 

Résultats sur cible au stand

 

 

 

L’intérêt pour le tir à moyenne et longue distance sur cibles a considérablement augmenté ces dernières années. Cela est dû en grande partie à la disponibilité de carabines de précision, de nouvelles cartouches optimisées pour le TLD et de superbes lunettes à puissance variable et à grossissement élevé avec des réticules balistiques très élaborés. Sans oublier les logiciels ou applications balistiques peu coûteux, des balles lourdes pour les calibres à coefficient balistique élevé et des canons personnalisés de qualité avec des pas de rayures conçus pour stabiliser au mieux les balles.

Des sociétés telles que Berger, Lapua, Sierra, Hornady, et d’autres proposent désormais des balles avec des coefficients balistiques supérieurs à 0,250. Ces balles offrent des trajectoires plus plates, une déviation réduite du vent et des énergies de frappe supérieures et qui peuvent produire des groupements sous le MOA, à plus de 300 mètres voire même sous le ½ MOA sur 200 mètres.

La plupart des carabines varmint à verrous de calibres .22 sont livrées d'usine avec des canons au pas de rayures relativement lents tels que les 1: 12 ou 1: 14 pouces qui conviennent davantage aux balles pesant jusqu’à environ 55 grains, et pouvant être utilisés avec des balles en plomb à gaine de cuivre.

Afin de garantir une stabilité adéquate avec des balles plus lourdes, un pas de rayures de 1: 9 ou 1: 8 pouces est requis. En effet, des balles à 55 grains telles que les Hornady V-Max avec un coefficient balistique d’environ 0,265, chargées à une vitesse de 3 680 fps ont un facteur de stabilité d’environ 0,8 à 1,10 lorsqu’elles sont tirées dans des canons au pas de 1: 14 ou 1: 12 pouces. La vitesse initiale des munitions d’usine variant d’environ 3 000 à plus de 4 000 pieds par seconde avec des coefficients balistiques d’environ 0,170 à 0,260.

Toutefois, au-delà de 300 mètres, l’énergie cinétique diminue rapidement et les effets combinés de la chute de balle et de la déflexion du vent réduisent les bonnes probabilités de toucher la cible avec grande précision. Afin d’aplatir la trajectoire, de minimiser la déviation du vent et de maximiser l’énergie de frappe à longue portée, il est nécessaire de disposer de balles épurées et de canons à rotation rapide qui les stabilisent. Ceci dit, la vitesse élevée (souvent supérieure à 1000m/s) augmente malheureusement l’usure du canon qui doit être d’excellente qualité.

 

Voici quelques exemples de groupements réalisés avec ce calibre :

 

Cible avec 1 groupe de 5 tirs à 100 Yds. Il n’y a pratiquement qu’un trou !

 

 

Ici, un groupe de 5 coups réalisés à 300 yards

 

 

 

 

 

 

La balistique pour le tir sportif et le mid-range :

 

 

A titre d’exemples, voici des simulations balistiques tirées du simulateur du site gundata.org entre la .22-250, une .223 Rem et une .243 Win en 55 grains de manière à pouvoir opérer des comparaisons en conservant la même masse d’ogive, mais également avec une .243 Win en 95 grains, pour la différencier.

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .223 Rem

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage fait à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Nous voyons clairement apparaître que jusque 160 yards (146 m), le drop des deux cartouches est strictement identique et que la .22-250 Rem prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’aux 300 yds, et aussi que la balistique de la .22-250 Rem reste supérieure à la .223 Rem en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie. En tant que telle, la .22-.250 Rem. pourrait être chargée pour dupliquer voire même, surpasser la .223 Rem ! On notera quand même que vous ne pouvez pas vous attendre à ce que la vitesse plus élevée d'une balle plus légère compense complètement un faible coefficient balistique.

Enfin, pour tirer pleinement parti de la cartouche .223 Remington, il vaut mieux vous équiper d’un fusil avec un canon aux pas de rayures de 1: 7 ou de 1: 9 pouces et d’utiliser des balles de 55 grains et plus avec des coefficients balistiques supérieurs à 0.260.  Mais ceci n’est pas toujours vrai non plus !

 

Ici, le tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem.

 

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons qu’à masse égale, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste strictement identique sauf qu’au-delà de cette distance, la tendance va s’inverser puisque cette fois, le drop de la .243 Win prend le dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais attention, la balistique de la .243 Win lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne les paramètres de la vitesse et de l’énergie.

 

Tableau balistique d’une Hornady V-Max 55 grains avec son homologue en .243 Rem 95gr

 

Drop, vitesse, énergie, tenue au vent pour des distances de 0 à 500 Yds

Pour un zérotage à 100Yds

 

Ici, les drops comparatifs

 

Ici, nous constatons que malgré la masse supérieure (95 grains) de la .243 Win, l’allure des drops jusque 160 yards (146m) reste de nouveau pratiquement identique sauf que la tendance va se ré-inverser puisque cette fois, le drop de la .22-250 Rem va reprendre dessus avec une +/- bonne tenue jusqu’à 300 yds, mais aussi que sa balistique lui reste supérieure dès sa sortie de bouche en ce qui concerne la vitesse. Par contre, la .243 Win lui sera toujours supérieure tout au long de sa trajectoire en ce qui concerne l’énergie déployée.

 

 

 

Conclusion générale

 

 

 

La cartouche .22-250 était le calibre de tir le plus utilisé pendant de très nombreuses années, jusqu'à ce que notamment, le 6 mm PPC la déclasse quelque peu. Ce calibre conçu en 1950 a connu un succès immédiat partout, et même chez les militaires puisqu’il s’est même substitué sous sa forme voisine (223 Rem) rapidement au 7,62 OTAN.

La .22-250 continue d'offrir d'excellentes performances et une bonne précision aux tireurs d'aujourd'hui. C'est une cartouche très polyvalente et flexible, offrant une gamme de poids de balles et de spectres de vélocité. Avec une bonne gamme de munitions d’usine, de composants de rechargement, et pas si chers, ce calibre sera encore disponible pendant de nombreuses années.

La plupart des propriétaires de .22-250 sont d’accord pour dire que leur cartouche convient parfaitement au gibier moyen et donc, certains chasseurs la trouveront sans doute idéale pour certaines espèces locales jusqu’à une portée supérieure à 300 mètres puisqu’il existe tout simplement des dizaines d’espèces de gibier dont le poids corporel rentre dans la catégorie des 40 kg.

Les tireurs, sportifs quant à eux, la trouveront redoutable de précision et pour s’en servir pour performer en mid-range à faible coût.

Comme beaucoup d'autres choses, son choix dépendra vraiment de ce que les gens préfèreront et de ce avec quoi ils se sentiront le plus à l'aise. Certains préfèreront une vitesse plus élevée ou moins de recul et une meilleure précision, d'autres une plus grande puissance de feu. Encore une fois, ce sera à vous de voir … Une chose est sûre, c’est que personne ne peut affirmer avec certitude qu’un calibre ou une arme est meilleur que l’autre, car tout se résume à une préférence personnelle.

 

 

Voici une série de liens relatifs au sujet développé dans cet article

 

 

 

 

 

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